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Sarkozy et les Rroms : une erreur politique de trop?

30 avril 2012

Sarkozy et les Rroms : une erreur politique de trop?

Nicolas Sarkozy n’a sans doute jamais eu dans son cœur le peuple rrom se déplaçant en Europe depuis des siècles avec sa musique, ses danses, et sa misère. Les gitans depuis longtemps en Espagne ou en France, forment une partie de ce peuple, ils et elles ont souvent été surnommés par erreur ‘tsiganes’. Les ancêtres des Rroms ont quitté l’Inde du Nord il y a environ 800 ans. Pendant la seconde mondiale, les nazis les ont tenté de les exterminer: le génocide ou « Samudaripen » a fait 500 000 morts. Ils ont profité de la chute du mur de Berlin pour fuir dans les années 1990 la guerre de Yougoslavie et d’autres pays dans les années 2000. Des familles se sont réparties dans des campements de fortunes, des bidonvilles, et la confrontation avec la police française instrumentalisée est devenu fréquente. Les Rroms de Yougoslavie arrivés nombreux avaient obtenu des asiles politiques, mais les autres Rroms d’Europe de l’Est, surtout venus de Roumanie, n’ont ensuite pas eu droit aux papiers. Ils parlent peu et mal le français et scolarisent les enfants dès que possible. Ils ne sont pas autorisés à travailler et se débrouillent. Pour arriver au pouvoir en 2007 en s’appuyant sur la police, Sarkozy a joué sur le racisme et la xénophobie de la population française malheureusement bien ancré depuis la colonisation. Accompagné de ses conseillers et ministres, Hortefeux et surtout Guéant, il s’en est pris aux Rroms sans logement, comme aux autres sans-papiers, en augmentant la répression méprisante et médiatique. L’histoire retiendra peut-être comme symbole de la politique xénophobe d’Etat, le dérapage du président français de l’été 2010. Suite à un accident entre gendarmes et quelques rroms, sans doute incapable de contrôler les excès de son caractère, voulant de nouveau jouer la surenchère sécuritaire pour des raisons électorales, il s’en est pris au peuple rrom dans la totalité, de manière injurieuse et discriminatoire, en accusant aussi les Français d’origine étrangère et les étrangers d’être la source de l’insécurité. Bien mal lui a pris, car devant lui s’est dressé une levée de bouclier : toutes les associations de droits humains, les media, et finalement l’église. La Ligue des Droits de l’Homme l’a accusé de « menacer les fondements mêmes de la République ». Les critiques sont venues de toute l’Europe. Il a surtout provoqué la réprobation de l’église catholique française, choquée, et du pape : Benoît XVI y a fait allusion en recommandant l’accueil des «légitimes diversités humaines». Déjà, le mépris du président pour la vie intellectuelle française et sa capacité à rabaisser les problématiques à des simplifications grossières, avaient sapé le moral, exacerbé, irrité au maximum, mais là, ce fût la goutte qui a fait déborder le vase, il était allé trop loin. La campagne électorale de 2012, montre de nouveau que la grosse ficelle de la xénophobie sert de base à un président sortant en manque d’idées. Espérons que la leçon de l’été 2010 aura été comprise par suffisamment d’électeurs et électrices. L’élection française se gagne à quelques points et la bourde honteuse de l’été 2012 pèsera peut-être dans l’histoire plus lourd qu’il n’y paraît dans l’agitation de la campagne.

Régis Marzin

Article écrit pour le journal Tribune d’Afrique (Togo, Bénin, …), 24 mars 2012

Photo : Régis Marzin, Paris, 4 septembre 2010, les Rroms à la manifestation contre la xénophobie

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