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Gabon – Revue de presse coup d’Etat électoral – media français et internationaux + Ping

4 septembre 2016

Revue de presse sur le coup d’Etat électoral au Gabon

Partie 1 : media français et internationaux, interviews de Jean Ping

Régis Marzin, blog Regard * Excentrique,

4 septembre 2016, mis à jour le 5.9 à 16h30 et 23h55, le 6.9 à 23h, le 7.9 à 14h30, le 8.9 à 13h30, le 9.9 à 19h30, le 12.9 à 15h30, le 14.9 à 14h, le 17.9 à à 23h, , le 19 à 17h, le 20 à 13h, le 21 à 22h, le 22 à 19, le 26 à 22h, le 27 à 13h, le 30 à 23h59, le 2.10 à 16h, le 4 à 23h30, le 10 à 23h. + le 23.10, 19h pour presse française uniquement.

Lire aussi sur R*E :

Revue de presse partie 2 : media gabonais et réseaux sociaux

Résumé de l’actualité, jour par jour + Bilan des victimes + Réactions internationales

* * *

  1. Media français. 24

Interviews et déclarations de Jean Ping. 24

18.10. 101

17.10. 102

16.10. 104

15.10. 105

14.10. 105

13.10. 107

12.10. 107

11.10. 100

10.10. 100

9.10. 104

8.10. 105

7.10. 106

6.10. 107

5.10. 108

4.10. 108

3.10. 83

2.10. 83

1.10. 85

30.9. 82

29.9. 88

28.9. 94

27.9. 60

26.9. 60

25.9. 61

24.9. 61

23.9. 61

22.9. 61

21.9. 56

20.9. 56

19.9. 57

18.9. 57

17.9. 57

16.9. 58

15.9. 67

14.9. 46

13.9. 46

12.9. 46

11.9. 47

10.9. 51

9.9. 26

8.9. 26

7.9. 26

6.9. 26

5.9. 27

4.9. 34

3.9. 46

2.9. 55

1.9. 83

1.9 : 3 directs le lendemain du coup d’Etat électoral 83

31.8. 110

  1. Media internationaux. 115

Lire aussi sur R*E :

Résumé de l’actualité, jour par jour + Bilan des victimes + Réactions internationales

 

*

2. Media français

Interviews et déclarations de Jean Ping et de son équipe

*

16.10, Jean Ping : message à la diaspora gabonaise à travers le monde cité par RFI

http://www.rfi.fr/afrique/20161016-gabon-jean-ping-dit-comme-residence-surveillee-autorites-dementent

« Nous rencontrons une situation ici dramatique. Je suis considéré par ceux qui ont usurpé le pouvoir comme quelqu’un qui est en résidence surveillée. Je ne peux pas sortir d’ici. Et c’est vous qui pouvez prendre un certain nombre de décisions, délivrer votre pays, nous délivrer de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons. De nombreux Gabonais sont morts, parmi lesquels beaucoup de jeunes. Ils ne peuvent pas avoir perdu la vie pour rien. Quel que soit ce qui va être fait, nous avons décidé de ne pas reculer. Nous ne reculerons pas. Le peuple gabonais nous regarde, nous ici, et vous regarde là-bas. Que vous puissiez, avec l’aide de la communauté internationale, rétablir la démocratie, la bonne gouvernance, la liberté et la paix »,

*

7.10

Mail 8.10, 16h28

http://info241.com/jean-ping-annonce-la-creation-d-un-conseil-gabonais-de-la,2260

PRESIDENTIELLE 2016 –JEAN PING
DECLARATION DU 7 OCTOBRE 2016
Dans une adresse récente à la nation, j’ai porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir et l’autorité de monsieur Ali BONGO
ONDIMBA, désigné Président de la république par la Cour constitutionnelle suite à un coup d’État militaro-électoral
Par conséquent, j’invite l’ensemble des partis, personnalités politiques et amis du Gabon à poursuivre les efforts engagés en vue du respect de la souveraineté du peuple gabonais et
partant, le rétablissement de la légalité républicaine.
Face à ce coup d’État militaro-électoral intervenu suite à l’élection présidentielle du 27 août 2016, il apparaît donc nécessaire d’organiser la résistance au régime d’Ali BONGO ONDIMBA,
à travers toute l’étendue du territoire et partout dans le monde.
Celle-ci s’amorcera, à mon initiative, par l’organisation d’un dialogue national ouvert à tous : partis politiques, société civile et diaspora. Les mouvements associatifs, les organisations
patronales et internationales amies du Gabon et préoccupés par la grave crise politique que notre pays traverse seront invités à apporter leurs précieuses contributions en faveur de la
construction d’un cadre institutionnel fort et crédible, garant d’une véritable démocratie.
Nonobstant les initiatives et les actions qui seront entreprises sur le territoire national, et hors du Gabon, je recommande vivement de discipliner et coordonner l’action de tous les patriotes
démocrates et partisans du changement. Ainsi, sur le territoire de l’union européenne et des États unis d’Amérique notamment, les actions suivantes seront entreprises :
1°-Unifier, structurer, conférer un statut légal et officialiser la création d’un Conseil Gabonais de la Résistance rassemblant, dans le cadre d’une structure unique, l’ensemble des patriotes et
des amis du Gabon opposés au régime illégitime d’Ali BONGO ONDIMBA, et favorable à l’alternance démocratique au Gabon ;
2°-Appeler la communauté internationale à ne pas reconnaître le pouvoir et le régime illégitimes d’Ali BONGO ONDIMBA issu d’un coup d’État militaro-électoral ;
3°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
– dans les instances parlementaires (Assemblée nationale, Sénat) ;- dans les exécutifs locaux (Conseils municipaux, Conseils généraux) ;- dans la communauté des affaires : MEDEF, CIAN (Conseil français des Investisseurs en Afrique Noir), patronat allemand, américain, etc.
4°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
– au sein de la Commission de l’Union européenne – au sein du parlement européen
– au sein de l’exécutif et du Congrès américain – au sein du parlement allemand et les autres
5°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
– au sein de la commission des droits de l’homme de l’O.N.U – au sein de la Cour Pénale Internationale (C.P.I)
6°- Saisir Amnesty international et tous les mouvements des droits de l’homme sur les évènements post-électoraux ; intimidations, arrestations arbitraires, exactions, assassinats, entraves aux libertés individuelles et collectives et plus généralement en ce qui concerne les droits humains au Gabon ;
7°- Contacter et mobiliser les associations des droits de l’homme dans les pays scandinaves, en raison du rôle certain que ces pays jouent, en la matière, dans les instances diplomatiques et les organisations internationales;
8°-Entretenir inlassablement, à l’exemple de la Syrie, une exposition médiatique de notre pays par le biais de nombreux relais déjà identifiés (journalistes africains, européens et américains notamment).
Enfin, tout en envisageant les mesures d’isolement de ce régime dictatorial, illégitime et totalement discrédité au sein de la communauté internationale, j’estime urgent et prioritaire de promouvoir toute action visant à faire prendre des sanctions ciblées à l’encontre des auteurs et complices de ce coup d’État militaro-électoral. Sans être exhaustifs, sont visées par les mesures précitées, les personnalités dont les noms suivent : – Ali BONGO ONDIMBA – Marie Madeleine MBORANTSOUO – René ELLA ABOGHE – Alain Claude BILIE BI NZE – Pacôme MOUBELE MOUBEYA – Lambert Noel MATHA – Mathias OTOUNGA OSSIBADJO – Frédéric BONGO ONDIMBA – Hervé Patrick OPIANGA – Général d’armée Jean EKOUA
Libreville, le 07 octobre 2016

Le Président de la république élu

Jean PING

*

1.10 Jean Ping : vidéo message à la diaspora

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/10/jean-pings-message-to-gabonese-diaspora.html

«  résidence surveillée… que vous puissiez avec l’aide de la communauté internationale faire rétablir dans notre pays la démocratie, la bonne gouvernance, la liberté et la paix »

*

30.9, Jean Ping sur RFI

Je ne peux pas être KO. On ne peut pas être KO quand on sait qu’on a le peuple avec soi, le droit avec soi et la communauté internationale avec soi. On ne peut pas être KO… nous avons en face de nous quelqu’un qui a usurpé les résultats des élections, qui a fait un coup d’Etat militaro-électoral, qui a pris le pouvoir, qui veut le conserver encore sept ans. Ça veut dire 57 ans de pouvoir. Et ils utilisent tous les moyens pour y arriver. Et je crois que, cette fois-ci, le peuple ne veut plus de ça. .. Non. Moi, je ne place pas le Gabon dans une impasse totale. C’est lui qui place le Gabon dans une impasse totale. Il n’a pas gagné les élections, il le sait. Il procède à un « hold-up » militaro-électoral, il cherche à se faire légitimer par tous les moyens, voilà… C’est simple : le dialogue est quelque chose qu’on ne peut pas négliger. Surtout lorsque le pays traverse une crise aussi grave. Je pense simplement que le dialogue doit être organisé par celui qui a gagné les élections, avec tous les Gabonais. Pas par celui qui n’a pas gagné et qui cherche un dialogue juste pour se faire légitimer ! Et de surcroît, il vous appelle au dialogue revolver sur la tempe, les Mirage qui terrorisent les populations à basse altitude, les hélicoptères d’attaque, les emprisonnements, les tueries… Est-ce un dialogue, ça ? Ce n’est pas un dialogue ! … Ali Bongo ne tient pas compte de ma victoire ! Quels 47 % des voix ? Les 47 % des voix qu’il a annoncés et préfabriqués ? Vous connaissez la vérité ! Donc, ne nous dites pas des choses qui sont contraires à la vérité. .. La violence est pratiquée par Ali, pas par nous ! Vous étiez ici à Libreville. Les avions à réaction qui volent à basse altitude, c’est contre qui ? Les hélicoptères d’attaque, c’est contre qui ? Les arrestations arbitraires, c’est contre qui ? Les morts qui ne cessent de s’accumuler, c’est contre qui ? Il y a une volée de violence disproportionnée de l’Etat. Nous, nous n’avons tué personne, nous n’avons pas d’armes… Nous avons pensé que, pour une fois, il pourrait céder à la volonté populaire unanime. Mais nous connaissons l’homme. Il a voulu en 1985 se faire proclamer prince héritier, faire passer le président Bongo pour un roi. Et il est dans cette posture. Il pense qu’il va régner à perpétuité sur le Gabon et, après lui, ce sera son fils. Mais on n’entre pas au XXIe siècle à reculons. Tous ceux qui ont tenté de jouer à ce jeu-là ont fini par perdre. Qu’ils s’appellent Idi Amin Dada ou tout ce que vous voulez. Q : La communauté internationale vous a conseillé lourdement de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle. Vous l’avez fait. Le regrettez-vous aujourd’hui ? Oui et non. Non, parce que si nous ne l’avions pas fait, la communauté internationale nous aurait accusés de ceci ou de cela, de ne pas vouloir respecter les règles. Nous l’avons donc fait en pensant que la communauté internationale jouerait à son tour son rôle. Et ça n’a pas été le cas. Nous pensons que la communauté internationale doit maintenant jouer son rôle….La communauté internationale nous a forcé la main en nous disant : cette fois-ci, ça pourrait bien se passer. Nous avons dit oui, parce que les communiqués de la communauté internationale sont clairs, les engagements pris étaient clairs. L’Union européenne a fait tout ce qu’elle pouvait et, malheureusement, ce que nous craignions est arrivé ! Nous, qui connaissons ces gens et nous, qui avons dit que la Cour constitutionnelle, c’est la tour de Pise qui penche toujours du même côté… Vous pouvez employer tous les mots que vous voulez, vous pouvez employer tous les mots que vous voulez… Nous savons simplement que la direction qu’on nous a demandé de prendre n’était pas la bonne. Nous avons fait ce qu’on nous demandait de faire. Aux autres de faire ce qu’ils ont promis de faire. .. Non, le Gabon n’est pas coupé en deux ! Le Gabon, c’est le Gabon, avec une bande de voyous qui ont pris le Gabon en otage. Et la population gabonaise dans son ensemble est en danger. Elle appelle la communauté internationale à une assistance à population en danger. Voilà, c’est clair.

http://www.rfi.fr/emission/20160930-gabon-jean-ping-ali-bongo-coup-etat-hold-up-militaro-electoral-presidentielle

 

29.9, Jean Ping en conférence à son domicile

Vidéo

http://info241.com/une-journee-de-receuillement-en-hommage-aux-civils-assassines,2255

Texte intégral

http://www.gabonmediatime.com/jean-ping-je-suis-habite-par-la-responsabilite-de-veiller-sur-le-peuple-gabonais-qui-ma-elu-le-27-aout-2016/

« J’affirme ma détermination à assumer mes responsabilités de président élu par le peuple souverain », Il a également demandé à la communauté internationale de prendre des sanctions ciblées. « Je réaffirme ubi et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo qui a les mains souillées par le sang de nos compatriotes … Je vous demande de rejeter massivement ce pouvoir et de ne lui accorder aucun crédit », Avant de prôner « une résistance active jusqu’à la fin de la forfaiture » et d’appeler à une « journée nationale de recueillement pour les familles endeuillées » jeudi 6 octobre. « Voilà que l’imposteur appelle au dialogue. Je ne m’associerai pas à cette veine tentative de légitimation (…) », a ajouté Jean Ping, appelant en lieu et place à un dialogue national inclusif placé sous son égide. « Je ne céderai pas, je ne reculerai pas », a-t-il enfin ajouté, demandant à « la communauté internationale de prendre des sanctions ciblées » et au procureur de la Cour pénale internationale de se rendre au Gabon.

http://www.jeuneafrique.com/361437/politique/gabon-jean-ping-appelle-a-nouveau-a-communaute-internationale/

Il a de nouveau dénoncé ce qu’il appelle un « coup d’Etat militaro-électoral » du pouvoir. Et il a affiché sa détermination à assumer ses responsabilités de président élu… Il ne reconnaitra pas la victoire du président Ali Bongo qui, dit-il, a les mains souillées du sang des Gabonais. Quant au gouvernement d’union proposé par le pouvoir, sans surprise, il l’a balayé d’un revers de main. « Quel dialogue ? Avec qui, et dans quel but ? Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peuple et battu par les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l’élection de venir dialoguer avec lui. Il le demande de surcroit le revolver sur la tempe, les hélicoptères d’attaque et les Mirage volant à basse altitude au-dessus de nos maisons. Nous n’irons à aucun dialogue sous l’égide de cet imposteur », a lancé Jean Ping. A l’inverse, Jean Ping appelle les Gabonais à une « résistance active ». Pour lui, le peuple doit faire obstacle « avec la plus grande détermination » à ce qu’il nomme « cette nouvelle imposture ». Jean Ping estime que les victimes des violences ne doivent pas être mortes pour rien. Pour autant il demande un engagement dans le respect des normes internationales en matière de démocratie et en accord avec l’éthique républicaine. Il a donc listé une série d’initiatives. Il a invité le peuple à observer le 6 octobre une journée nationale de recueillement pour les morts et de compassion pour les familles endeuillées. Jean Ping n’exige plus seulement de la communauté internationale qu’elle prenne ses responsabilités ; il lui demande cette fois des sanctions ciblées contre les responsables du « coup d’Etat militaro-électoral ». Il invite même les organisations humanitaires et la procureure de la CPI à venir au Gabon enquêter sur les violations des droits de l’homme. En sachant bien que le gouvernement vient justement de déposer un dossier en ce sens à La Haye. …Il propose donc un dialogue national inclusif organisé à son initiative. Se considérant comme président élu, c’est lui dit-il, qui doit œuvrer à la réconciliation.

http://www.rfi.fr/afrique/20160929-gabon-jean-ping-appelle-partisans-une-resistance-active

Dans cette allocution en ouverture de la réunion, l’opposition l’a répété : pas question de reconnaitre Ali Bongo Ondimba comme président et son premier mandat se termine le 15 octobre. Pas question non plus de cautionner des « arrangements d’arrière-boutique », une référence au gouvernement d’union évoquée par le pouvoir. Dans son discours, l’opposition a estimé que « viendra le temps de la réconciliation, qui passera par le dialogue. Mais tant que la vérité des urnes ne sera pas restituée, rien de cela ne sera possible ou tenable ». Jean Ping appelle toujours les Gabonais à la « mobilisation et la vigilance », peut-on lire dans un communiqué de l’opposition, malgré l’investiture d’Ali Bongo Ondimba.

http://www.rfi.fr/afrique/20160928-gabon-ping-jean-ali-bongo-investiture-reunion-ambassadeur

*

25.9 Jean Ping sur RFI

« Je veux dire au peuple gabonais d’être fier de lui, de garder la tête haute, et de rester mobilisé. Nous ne pouvons laisser certains liquider définitivement cet idéal démocratique, pour lequel tant des nôtres ont consenti au sacrifice suprême en perdant leur vie. Pour cela, je ne reculerai pas. Président clairement élu par les gabonais, je demeure à vos côtés pour défendre votre vote et votre souveraineté. Ce sont les idéaux de la démocratie qui sont en jeu. C’est en conséquence l’ensemble de la communauté internationale qui doit se sentir interpellé par cette grave menace contre les valeurs universelles. Qu’elle veuille bien songer aux menaces que le déni de démocratie fait peser sur la stabilité des nations. Les élections truquées et l’absence de transparence constitue le terreau sur lequel éclose les menaces nouvelles contre le monde libre. »

http://www.rfi.fr/afrique/20160924-gabon-presidentielle-libreville-bongo-ping-cour-constitutionnelle-verdict-decompte

24.9 sur TV5monde

« … La communauté internationale sait très bien que c’est une mascarade… la justice finira par triompher…»

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/09/jean-ping-on-tv5-jean-ping-sur-tv5.html

 

24.9, Jean Ping en conférence de presse

Vidéo

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/09/video-of-jean-pings-speech-video-du.html

Texte intégral, Publié le 24 septembre 2016 à 19h39min :

Mes chers compatriotes, La nuit dernière, la Cour constitutionnelle a désigné Monsieur Ali Bongo vainqueur de l’élection présidentielle du 27 août 2016. En agissant ainsi, elle a choisi de retirer au peuple gabonais le droit constitutionnel de choisir, par le suffrage universel, le Président de la République, et donc la construction de notre destinée commune. En introduisant un recours devant la Cour constitutionnelle, j’ai voulu être légaliste. De bonne foi je me suis prêté à l’exercice, prenant la communauté internationale à témoin. Mais une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, devant l’évidence du verdict des urnes la Cour a montré ses limites à travers son incontestable parti pris. Ce faisant, elle a hélas, manqué l’opportunité de s’inscrire positivement dans l’histoire de notre pays. La nation entière consternée, a assisté à un déni de droit, à travers une parodie de procédure qui s’est achevée par une grossière manipulation de chiffres, visant à améliorer la présentation du ministre de l’Intérieur et à créer une avance factice au profit de son candidat. Hier, la Cour a pris sa décision envers et contre tous, foulant au pied la souveraineté du peuple gabonais, ignorant ostensiblement les pressants appels à la transparence lancés par la communauté nationale et internationale. Mais cette décision ne rassemble pas les gabonais et ne les apaise pas, car le peuple du Gabon ne s’y reconnait pas. Pas plus que la communauté internationale qui n’y accorde aucun crédit. Devant cette décision inique, antidémocratique et porteuse d’incertitudes, je pense d’abord à ces femmes et hommes, jeunes pour la plupart, morts, disparus ou blessés durant ce processus électoral aussi critiqué que heurté. C’est à ces derniers et à toutes celles et tous ceux qui souffrent dans leur chair et leur dignité, que la Cour constitutionnelle a exprimé tout son mépris. Je pense aussi à celles et à ceux de nos compatriotes arbitrairement arrêtés. J’exige leur libération immédiate et sans conditions et tout particulièrement, celle du Président Léon Paul NGOULAKIA, candidat à la dernière élection présidentielle. Le 27 août denier, le peuple Gabonais a clairement exprimé son choix dans les urnes. Aucun Gabonais ne peut oublier le vote qui a été le sien. Aucune décision d’aucune instance, ne pourra jamais rien changer à cette réalité. À toutes et tous, avec gravité, je vous renouvelle dans une profonde humilité, ma gratitude et vous assure de ma détermination à faire triompher l’alternance et l’idéal démocratique dans notre pays. Au cours de cette élection présidentielle, toutes les institutions chargées d’organiser les élections ainsi que de très importants moyens de l’État, ont été employés pour concrétiser le passage en force et le déni de démocratie. Malgré les appels à la transparence de la Communauté internationale, la Cour constitutionnelle s’est illustrée comme à son habitude. Hélas ! Dans ce contexte, les exactions, menaces et intimidations ont supplanté le débat contradictoire. Ces collusions incestueuses, conjuguées aux dérives antidémocratiques, ont fatalement débouché sur une décision inique. Je veux dire au Peuple gabonais d’être fier de lui, de garder la tête haute et de rester mobilisé. A la diaspora tout particulièrement qui a tant porté sur la scène internationale, la voix et l’espoir du Gabon profond, je veux dire toute ma gratitude. Nous ne pouvons laisser certains liquider définitivement cet idéal démocratique pour lequel tant des nôtres ont consenti au sacrifice suprême en perdant leurs vies ! Pour cela, je ne reculerai pas. Comme je vous l’ai promis, Président clairement élu par les Gabonais, je demeure à vos côtés pour défendre votre vote, et votre souveraineté. J’invite le peuple gabonais à rester vigilant et mobilisé pour qu’ensemble nous puissions relever les défis qui nous attendent. En ce jour de deuil pour le Gabon, il n’est point question de mon sort personnel. Ce sont les idéaux de la République et de la Démocratie qui sont en jeu. C’est, en conséquence, l’ensemble de la communauté internationale qui doit se sentir interpellée par cette grave menace contre des valeurs universelles. Qu’elle veuille bien songer aux menaces que le déni de démocratie fait peser sur la stabilité des nations. Avec force et conviction, j’affirme ici à son adresse, que les élections truquées et l’absence de transparence, constituent le terreau sur lequel éclosent les menaces nouvelles contre le monde libre. La menace d’instabilité à tous les niveaux politique, économique et social. La menace, dans cette instabilité, d’un pays parallèle avec son cortège de dangers. Les exemples sont nombreux et récents en Afrique, parce que l’on aura privilégié les hommes forts au détriment des Etats forts et de la souveraineté des peuples. J’invite la communauté internationale à prendre toute la mesure de la situation du Gabon aujourd’hui. Un Gabon démocratique, où la transparence et l’État de droit sont de mise, prendra toute sa part dans la recherche de solutions aux défis de notre temps. Pour ce faire, il doit commencer par respecter le verdict des urnes. J’en appelle donc à tous les démocrates du Gabon et d’ailleurs. Avec leur concours et grâce à leur mobilisation, nous allons faire respecter le choix du peuple gabonais. Aux Gabonaises et Gabonais, je redis : 2016 n’est et ne sera pas 2009. Regardons la vérité en face. Battons-nous pour faire respecter le choix du peuple souverain. Que Dieu bénisse le Gabon ! Je vous remercie.

http://info241.com/verdict-de-la-cour-constitutionnelle-la-declaration-integrale-de,2229

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/09/the-manuscript-of-jean-pings-speech-le.html

Jean Ping a dénoncé « un déni de droit » et une « décision inique » de la Cour constitutionnelle… En déposant un recours devant la Cour constitutionnelle, j’ai voulu être légaliste, de bonne foi, en prenant la communauté internationale à témoin. Mais une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, devant l’évidence du verdict des urnes, la Cour a montré ses limites à travers son incontestable parti pris … Je ne renoncerai pas (…) Je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté »,

http://www.jeuneafrique.com/360248/politique/gabon-jean-ping-denonce-decision-inique-de-cour-constitutionnelle/

« Aucun Gabonais ne peut oublier le vote qui a été le sien. Aucune décision d’aucune instance, ne pourra rien changer à cette réalité. »… la communauté internationale « qui doit se sentir interpellée par cette grave menace contre des valeurs universelles. »

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/24/au-gabon-ali-bongo-officiellement-reelu-son-rival-en-appelle-a-la-communaute-internationale_5002986_3212.html

« Je ne reculerai pas. Président clairement élu des Gabonais, je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté »,

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/24/97001-20160924FILWWW00106-reelection-d-ali-bongo-au-gabon-son-rival-ping-denonce-un-deni-de-droit.php

 

21.9, 19h34 Mail à la presse parisienne : communiqué de presse du Comité de campagne de Jean Ping

(correspond à une conférence de presse à Libreville le matin du 21.9)

« … Aujourd’hui, nous sommes en mesure de livrer à l’opinion nationale et internationale les résultats réels, ceux issus des urnes dans cette province. Ces résultats de la province du Haut-Ogooué, que détient également la Cénap, montrent que Jean Ping totalise 5.703 voix, soit 10,19% contre 49.892 voix, soit 89,17% pour Ali Bongo. Le taux de participation annoncé de 99,93% est en réalité de 81,67%. Il ressort de ces résultats du Haut-Ogooué que Jean Ping totalise, au niveau national, 174.760 voix, soit 51,17% contre 159.550 voix, soit 46,71% pour Ali Bongo. Ce sont ces résultats qui, en principe, doivent être proclamés par la Cour constitutionnelle…Dans la situation actuelle, consécutive à un scrutin dont les résultats annoncés par le ministre de l’Intérieur ont manifestement été falsifiés, avec le cortège d’assassinats perpétrés par le pouvoir et avec les moyens de l’État, le Peuple gabonais attend : 1- Que la vérité des urnes soit rétablie par la Cour constitutionnelle à travers le recomptage des suffrages dans la province du Haute-Ogooué, bureau de vote par bureau de vote, sur la base des procès-verbaux détenus par les parties et clairement authentifiés et confrontés, en présence des experts internationaux ; 2- L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires, des arrestations arbitraires et la libération sans conditions des prisonniers d’opinion ; 3- L’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide des Nations-Unies, pour faire toute la lumière sur les nombreux morts et disparus enregistrés depuis le 31 août 2016.

 

NB : 19.9 Communiqué en France du Porte-parole de Jean Ping, Mengue M’Eyaà

http://www.gabonlibre.com/France-Communique-de-Porte-parole-de-Jean-Ping-en-charge-des-Affaires-etrangeres_a32902.html

« … Nous avons aussi que la Cour constitutionnelle a refusé la présence d’observateurs européens, mais a accepté, de manière contradictoire et absurde, la présence d’observateurs africains de l’Union africaine, dont l’impartialité est sujette à caution… Nous savons que le régime exerce des menaces sur les membres de la Cour constitutionnelle, car il exige d’eux une validation du coup d’Etat électoral, et le maintien de M. Bongo au pouvoir. Aussi, nous préconisons que les Nations Unies organisent une sécurisation des membres de la Cour constitutionnelle afin qu’ils soient soustraits de toute menace physique de la part du régime… »

 

14.9, Le point, interview par envoyé spécial Claire Meynial

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-jean-ping-je-sais-que-j-ai-gagne-les-elections-14-09-2016-2068348_2365.php

« … Nous, nous vous disons, allez visiter les morgues. Aujourd’hui, on nous a dit qu’à Casep-Ga il y a 158 morts. Et lui, il avance trois morts. Vous regardez tout ce qui circule sur Internet, maintenant que c’est libéré… 158 morts à la morgue de Casep-Ga, seulement ! Et on ne peut pas y accéder, justement, parce qu’il ne veut pas qu’on les voie. Il va les retirer avant, dit-on, pour les cacher… Ça veut dire une chose très simple, bâtir un État de droit. Une démocratie, la liberté de la presse, les institutions indépendantes, une justice indépendante, des droits de l’homme respectés. Une vraie démocratie avec une vision qui conserve les valeurs que nous avons en partage avec le reste du monde entier. Les valeurs qu’on appelait avant les valeurs du monde occidental. Qui sont maintenant acceptées par l’Union africaine… Beaucoup de gens imaginent, même la communauté internationale, que le Gabon est divisé en deux. Le Gabon n’est pas divisé en deux. Le Gabon ne veut plus d’Ali, c’est tout. Tout le Gabon. Quelques-uns, ceux qu’on a appelés les profito-situationnistes, défendent leurs positions, bon, c’est un peu normal. Mais le Gabon n’est pas divisé en deux. Les Gabonais veulent entrer dans la modernité, c’est tout. C’est simple.»

 

9.9, Jean Ping devant partisans dans la cour de son quartier général de campagne

Vidéo : http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/09/jean-pings-press-conference-conference.html

http://www.jeuneafrique.com/356229/politique/gabon-jean-ping-met-garde-cour-constitutionnelle-cas-de-rejet-de-recours/

9.9, 19h46, Jeune Afrique avec AFP : « Oui, je crains fort qu’un nouveau faux pas de la Cour constitutionnelle soit le facteur d’une instabilité profonde et durable du Gabon … Il ne fait aucun doute qu’en cas de non-respect de la réalité du vote des Gabonais par la Cour constitutionnelle, le peuple, qui n’aurait dans ce cas plus rien à perdre (…) prendra son destin en mains », s’est de nouveau présenté comme le « président élu », qualifiant son rival de « président sorti ». .. Les avocats de Jean Ping demandent une confrontation des procès-verbaux en présence d’experts internationaux. La cour dispose de quinze jours pour donner son verdict. … Jean Ping a reconnu qu’il avait saisi avec des « appréhensions légitimes » la Cour constitutionnelle « que les Gabonais appellent désormais la Tour de Pise, parce qu’elle penche toujours du côté du pouvoir », a-t-il dit. « 2009 n’est pas 2016 »

http://info241.com/jean-ping-maintient-la-pression-sur-la-cour-constitutionnelle,2197

Jean Ping promet de se mettre « aux côtés du peuple pour exiger le respect de l’article 9 de la Constitution, qui indique (…) que l’élection du président de la République est acquise à celui des candidats qui aura obtenu le plus de suffrages ».

12.9, Jean Ping au QG le 9.9 ? (ou entre 9 et 12.9)

http://gabonmediatime.com/jean-ping-la-cour-constitutionnelle-a-maintenant-le-choix-entre-la-stabilite-et-linstabilite-du-gabon/

Jean Ping a convenu que les voies légales devraient être épuisées avant d’engager une quelconque solution de sortie de crise au Gabon. Lors de sa déclaration faite à son QG…, il affirme « malgré toutes les appréhensions légitimes, j’ai décidé d’aller jusqu’au bout de ma démarche républicaine ». Il n’a pas manqué d’interpeller vivement la Cour Constitutionnelle qui, aujourd’hui comme le répète différents médias nationaux et internationaux, détient le sort du Gabon entre ses mains. … « 2016 n’est pas 2009 … la Cour Constitutionnelle a maintenant le choix entre la stabilité et l’instabilité du Gabonje me suis engagé à défendre le vote des Gabonais, je tiendrai ma promesse et mes engagements, je ne reculerai pas. »

 

6.9, avant 15h, France 24 par téléphone

http://www.france24.com/fr/20160906-video-exclusive-jean-ping-gabon-violences-electorales-morts-bongo-libreville

Jean Ping : « Je ne suis pas contre la grève générale mais je l’ai pas demandé ».

Joint par téléphone, le candidat à la présidentielle, qui conteste la victoire de son adversaire Ali Bongo Ondimba, a d’abord affirmé ne pas être « libre de [ses] mouvements ». Il a ensuite nié être à l’origine de l’appel à la grève générale pourtant publié sur ses comptes Facebook et Twitter. « Je n’ai pas demandé une grève générale. Les documents qui circulent n’émanent pas de moi. […] Les syndicats de la société civile sont les seuls habilités à demander une grève générale. […] Et oui, je pense que ce sont des manipulations probablement qui sont faites par les uns ou par les autres. D’ailleurs le pouvoir est habitué à ce type de manipulations. » Jean Ping a par ailleurs estimé que le bilan des violences électorales s’élève à « entre 50 et 100 morts ». « Vous voyez, a-t-il interpellé, le pouvoir tue tous les jours. L’ONU, la France, l’Union européenne, l’Union africaine, m’ont demandé de lancer un appel au calme. Je l’ai fait, et immédiatement, les difficultés que l’on observait ici et là, se sont arrêtées. […] On a fait le même appel du côté d’Ali, au pouvoir, et il a continué à tuer nuit et jour. » … Concernant la médiation proposée par l’Union africaine (UA), qui a annoncé être prête à envoyer une délégation « composée de chefs d’État africains, accompagnés par de hauts responsables de la Commission de l’UA et des Nations unies » au Gabon, Jean Ping a dit être prêt à participer à toutes médiations : « Nous acceptons toutes les médiations ! Parce que nous voulons que la démocratie et la paix triomphent ».

 

5.9.5 <5h29 au Gabon, Déclaration Jean Ping : appel à la grève générale : démenti sur France24 le 6.9 !

https://fr-ca.facebook.com/jeanping2016/posts/542579302607136:0

http://www.gabonlibre.com/Gabon-Le-President-Elu-Jean-Ping-s-adresse-aux-Gabonais-et-Gabonaises_a32784.html

« Votre choix s’est porté majoritairement sur moi avec un taux de 58%. …Les manifestations de ces derniers jours ont été un carnage: des dizaines de nos compatriotes ont été tués par ce régime sanguinaire, des centaines, voire des milliers blessés dans tout le paysLes coupures internet et la destruction de nos moyens de communication satellitaire ne permettent pas pour l’instant de montrer au monde l’ampleur des atrocités commises par ce régime. Néanmoins, nous informons heure par heure, minute par minute, de la situation du Gabon et l’opinion internationale n’est pas dupe sur la nature violente de ce régime… Afin de préserver les vies humaines, je vous demande à partir d’aujourd’hui de ne pas user de violence, mais de résister par le blocage économique du pays. Je vous propose de cesser toute activité et de commencer une grande grève générale. Puisqu’Ali Bongo veut tuer les Gabonais, je déclare le Gabon Pays Mort. … faites-moi confiance, nous travaillons avec nos partenaires pour mettre un terme à ce régime qui nous a fait trop souffrir. .. Jean Ping Président élu de la République du Gabon

 

4.9, 5h05, RFI, porte-parole de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi

http://www.rfi.fr/afrique/20160904-gabon-loi-electorale-interdit-pas-recomptage-voix-affirme-jean-ping

Gabon: la loi électorale «n’interdit pas» un recomptage, selon le camp Ping

« Il n’est pas question d’aller à la Cour constitutionnelle parce que la Cour constitutionnelle est une zone de non-droit pour tout Gabonais, et surtout quand il a en face de lui Ali Bongo, affirme-t-il. C’est encore pire parce que la Cour constitutionnelle est présidée par la belle-mère d’Ali Bongo, qui refuse de se récuser. Le processus électoral a été interrompu au niveau de la Cénap [la commission électorale, ndlr] dès lors que l’on a refusé de regarder la réalité des urnes. Revenons à la Cénap et ressaisissons-nous. .. Il y a une province qui est en cause, celle du Haut-Ogooué, pointe le porte-parole de Jean Ping. Nous acceptons les résultats des autres provinces. Pour cette province, il y a moins de 400 bureaux de vote, donc moins de 400 procès-verbaux. En moins d’une demi-journée, la question est réglée. Et M. Jean Ping s’est engagé à accepter le résultat qui sortirait de ce recensement des procès-verbaux des bureaux de vote du Haut-Ogooué. … Non seulement, la loi ne l’interdit pas, mais en réalité, l’article 112 du code électoral permet ce décompte, bureau de vote par bureau de vote. Dès lors qu’on dit que les procès-verbaux doivent être accompagnés d’annexes, les annexes ce sont les décomptes des bureaux de vote si l’on regarde bien, donc c’est possible, c’est même ouvert. Il suffit d’accepter qu’on le fasse, la loi ne l’empêche pas. Il n’y a pas de difficulté, sauf à vouloir admettre dans le camp du président sortant que l’on peut devenir président sans être élu. Ce qui n’est pas notre conception de la démocratie. Mais c’est très facile à faire. »

 

2.9

http://www.nytimes.com/2016/09/05/opinion/save-gabon-from-election-fraud.html?_r=0

traduit de l’anglais au français le 3.9

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/09/jean-ping-editorial-in-new-york-times.html

Extrait du texte : « Dans les rapports que je l’ai entendu, au moins une douzaine sont morts – probablement plus – et des centaines de blessés; des milliers de personnes ont été arrêtées, dont 23 de mes travailleurs de campagne… le nombre total d’électeurs dans cette province dépassait de plusieurs milliers de personne le nombre de personnes qui vivent réellement dans la province… Nous avons déjà vu des «résultats» comme ceux-ci auparavant, mais seulement dans des simulacres d’élections, le plus souvent dans les dictatures. .. Nous exigeons qu’il publie les résultats des élections bureau de vote par bureau de vote, afin que des observateurs indépendants puissent vérifier un recomptage de tous les votes et confirmer la volonté de notre peuple. ..»

 

1.9, 16h54, Le Monde :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/01/jean-ping-qu-ali-bongo-cesse-de-tuer-le-peuple-gabonais_4991185_3212.html

« Vers 1 heure du matin, un hélicoptère a bombardé le quartier général. Puis la police, la garde présidentielle et des mercenaires ont attaqué la résidence. Ils ont tout cassé à l’intérieur. Nous avons enregistré deux morts et plusieurs blessés… Ensuite, qu’il accepte le verdict des urnes. Il doit accepter le recomptage des voix, bureau par bureau, en présence d’observateurs internationaux. C’est simple… Tout cela, c’est de la spéculation. J’aurai voulu qu’Obiang Nguema me donne un penny. Il ne m’a pas donné un seul penny. S’il me le donnait par hasard, devrais-je le refuser ? Ali n’a-t-il pas bénéficié des financements d’Obiang Nguema en 2009 ? Il a bénéficié des financements de tous ces chefs d’Etat. Moi non. Pourquoi et comment voulez-vous que Denis Sassou-Nguesso finance ma campagne ? Si vous avez des éléments, donnez-les ! Je sais qu’il a financé la campagne d’Ali à hauteur d’un milliard de francs CFA [1,5 million d’euros]. Il suffit de le leur demander… Est-ce qu’il y a une légalité au Gabon ? Quelle est la voie légale de la contestation au Gabon ? Nous avons épuisé tout ce qui est légal. Nous avons commencé il y a longtemps par entreprendre une action judiciaire auprès de la Cénap [la commission électorale] et de la Cour constitutionnelle. Nous savions que ces gens étaient à la solde du régime. Nous l’avons quand même fait pour ne pas qu’on nous accuse de ne pas avoir épuisé les voies dites légales. Evidemment, comme à l’accoutumée, ces instances à la solde du régime se sont prononcées en faveur du régime. Puis nous avons lancé des marches pacifiques. Les leaders politiques qui étaient en avant des cortèges ont été gazés, maltraités. Quelle est la légalité dont vous parlez ?…le monde : Cela signifie que vous n’allez pas faire de recours devant de la Cour constitutionnelle ? C’est ce que nous sommes en train de faire. La Cénap a accepté de publier des résultats bidons préfabriqués par le ministre de l’intérieur. Nous avons protesté, nous avons demandé qu’on recompte sous la supervision des organisations internationales, bureau par bureau. C’est ça la légalité qui est toujours bafouée. »

 

1.9, 15h02, RFI

http://www.rfi.fr/afrique/20160901-exclu-rfi-jean-ping-bongo-attaque-qg-respecter-urnes-2009

1.9, 13h37, FranceTVinfo

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/presidentielle-au-gabon/gabon-pour-jean-ping-les-resultats-de-la-presidentielle-sont-tellement-grossiers_1804939.html

1.9.16, 7h46, Europe 1 : Ping parle de CPI

http://www.europe1.fr/politique/gabon-pour-jean-ping-la-communaute-internationale-doit-aider-le-peuple-gabonais-2834815

https://www.youtube.com/watch?v=efzKUQCAyKw

« Il y a déjà deux morts ». « Notre siège est attaqué par hélicoptère et au sol par des éléments de la garde présidentielle, la police et des mercenaires », explique d’abord Jean Ping. « Les autorités ont décidé, comme à l’accoutumée, d’agresser les populations. Il y a déjà deux morts et plusieurs blessés… Je ne sais pas s’ils savent où je me trouve ». « Ma vie est menacée en permanence. On m’attaque par la justice, par le blocage de mon compte en banque, je ne sais pas s’ils savent où je me trouve… Aider le Gabon par tous les moyens ». la communauté internationale doit « aider le peuple gabonais ». « Nos gens sont encerclés, bombardés, tués par la garde présidentielle, des mercenaires, par la police. » A Ali Bongo, Jean Ping demande d’arrêter le peuple gabonais. « Ce qui devait arriver est arrivé. C’est un Etat voyou et c’est connu. » Selon lui, aucun doute sur l’élection : « Tout le monde sait qu’il [Ali Bongo, ndlr] a fraudé. Demandez en Europe, tout le monde le sait. »

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18.10

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18.10, 11h51

http://www.rfi.fr/afrique/20161018-gabon-rentree-academique-heurts-libreville-appel-greve

Gabon: une rentrée académique sans heurts à Libreville

Par RFI Publié le 18-10-2016 Modifié le 18-10-2016 à 11:51

Lundi 17 octobre, c’était jour de rentrée académique à Libreville. Jeudi dernier, le gouvernement avait fixé cette date pour la reprise des cours à l’université et dans les grandes écoles du Gabon. Concernant les écoles primaires, les collèges et lycées, ce lundi était un jour de rentrée administrative pour préparer la rentrée scolaire prévue le 31 octobre prochain. Cette reprise des activités académique et scolaire se déroule dans un climat postélectoral délétère doublé d’un appel à la perturbation lancé par le principal syndicat des fonctionnaires.

Chaude ambiance devant le portail central de l’université Omar Bongo. Les anciens sont venus spécialement bizuter les nouveaux bacheliers. « Nous on veut leur donner l’esprit de la faculté en fait. Avant d’accéder à l’université, il faut passer par là », explique un étudiant.

A l’intérieur du campus, les cours n’ont pas repris. Le personnel administratif s’affairait à relancer la machine. Les enseignants ne sont presque pas venus. Juste en face se trouve le lycée Nelson Mandela. L’établissement est bien propre et quelques élèves errent dans la cour : « C’est un plaisir de revenir. Je suis venue accompagner les autres pour s’inscrire ».

Ilagou Mboumba le proviseur est fier d’avoir ouvert son lycée. « Ce matin, sur 110 professeurs que nous avons, on a reçu à peu près 80 ».

La rentrée administrative a été un succès, selon le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou : « Nous avons pu noter avec satisfaction que l’appel du gouvernement a été entendu. Donc nous pensons, en tout cas à notre niveau, que les choses se passent bien ».

Les enseignants sont restés chez eux. Notre appel a été suivi, s’est réjoui pour sa part Jean Remy Yama, président de Dynamique unitaire, le syndicat qui a demandé de perturber la rentrée.

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17.10

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17.10, 23h

https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/10/17/gabon-pour-lafrique-quelles-lecons-deja-tirer-le-la-presidentielle-gabonaise

http://regismarzin.blogspot.fr/2016/10/15-octobre-2016-paris-gabon.html

15 octobre 2016, Paris, Gabon, manifestation pour la fin du mandat d’Ali Bongo,

quelles premières leçons déjà  tirer le la présidentielle gabonaise ?

Ce 15 octobre 2016, Ali Bongo a terminé son mandat et devrait, s’il respectait le résultat du vote, laisser la place à Jean Ping à la Présidence. C’est le message principal qu’a décidé de transmettre la diaspora gabonaise dans sa nouvelle manifestation entre le Trocadéro et l’ambassade du Gabon.

Après un mois et demi de manifestation, la mobilisation parisienne ne faiblit pas. Ils et elles sont de nouveaux 2000 personnes dans la rue, de mieux en mieux organisées, même si la Préfecture de police de Paris commence à leur restreindre les possibilités, en particulier de rester manifester dans la soirée.

Partisan-e-s affirmé-e-s de Jean Ping et militant-e-s plus motivé-e-s par le respect des règles de la démocratie et de la vérité des urnes se rejoignent pour reconnaître la victoire de Jean Ping. Parmi les revendications, revient particulièrement l’exigence que les acteurs de la communauté internationale ne reconnaissent pas le second mandat de l’auteur des coups d’Etat électoraux de 2009 et 2016.

Plusieurs scénettes illustrent le passage à un seuil supplémentaire d’illégalité du président sortant : une nouvelle Cour constitutionnelle après la chute d’Ali Bongo énonce la condamnation à la prison des membres de la Cour constitutionnelle complice du chef de l’Etat déchu. Une statue du chef de l’Etat en bois et en carton est jetée à terre et piétinée.

Dans le parc devant l’ambassade, au milieu des banderoles, plusieurs prises de paroles ont lieu. Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président de l’Union du Peuple Gabonais, l’UPG loyaliste, de passage en France, rappelle que la « Cour constitutionnelle ne peut pas nous obliger, car la volonté du peuple est consignée dans les Procès verbaux ». Il explique que le président de la CENAP a réalisé «  une rétention des Procès verbaux intermédiaires » des villes, départements, et provinces, et que « le résultat de la CENAP et du ministère de l’intérieur n’est pas opposable ».

Au même moment, alors que les regards des diplomates et de la presse se sont détournés du Gabon, se dessine un changement de période dans la crise électorale. Le 7 octobre, Jean Ping a annoncé la création d’un Conseil gabonais de la résistance. Depuis, la diaspora discute à Paris de la création de la branche française du Conseil. La lutte s’installe dans un autre rythme, sans renoncements à aucune revendication. Le Conseil de la diaspora va travailler rapidement à « identifier les objectifs de lutte ».

Jean Ping intervient en direct en visioconférence projetée sur un écran. Il demande à la diaspora à Paris d’« informer la communauté internationale », de « revendiquer la victoire par une stratégie d’actions », de « poursuivre la lutte sur tous les plans » et de « participer à la promotion de la démocratie ».

La manifestation se termine par l’intervention de plusieurs artistes. Le poing levé, une première chanteuse répète « parce que l’on a pas le courage de se taire ». Après un second chanteur, c’est le célèbre groupe Movaizhaleine qui met un point final à la journée de lutte.

Pour l’Afrique, déjà quelques leçons à tirer de la présidentielle gabonaise ?

(Ajout du 23.10.16) La 71e Assemblée générale de l’ONU a eu lieu du 20 au 26 septembre. La délégation des faux  juristes de l’Ua envoyé par Idriss Déby a commencé à arriver à Libreville le mercredi 21. La cour constitutionnelle avait jusqu’au vendredi 23 pour donner son avis. C’est dans la nuit du vendredi à samedi minuit et 1h30 à Paris, qu’un juge de la cour constitutionnel a lu un jugement. Entre le 20 et le 23, les présidents et des diplomates étaient donc présent à New-York et auraient pu rappeler à la Cour constitutionnelle ses obligations. Même si le Gabon n’était pas à l’ordre du jour, il y avait aussi des discours ouverts à des thèmes multiples. Il aurait suffi de quelques phrases dans certains discours pour faire comprendre à Idriss Déby et Ali Bongo qu’une forfaiture de la cour Constitutionnelle ne se serait pas acceptée. Par exemple, les dirigeants français François Hollande et Jean-Marc Ayrault auraient eu plusieurs occasions entre le 20 et le 22 pour parler de Gabon, comme le montre la communication officielle de l’exécutif français : la conférence de presse de François Hollande du 20, où celui-ci a parlé du Congo Kinshasa, l’entretien de Jean-Marc Ayrault   avec «BFMTV» le 21, où il a été surtout question des migrations, ou encore le discours de Jean-Marc Ayrault à l’Université Columbia le 22, dont les thèmes principaux étaient  l’Ue, les États-Unis, la Paix et la sécurité, l’Économie, et le Développement.

Le 24 septembre, après le ‘jugement’ de la Cour Constitutionnelle aux ordres du ‘président élu’ du Haut-Ogooué, selon le Ministère des Affaires étrangères français, « la France (a) souhait(é) continuer de se concerter avec ses partenaires africains, européens et internationaux. Elle (a) encourag(é) notamment l’Union africaine à poursuivre sa mobilisation ». Après le silence précédent, cette phrase de cautionnement de l’action de l’Ua signifiait l’abandon des démocrates gabonais. On ne peut pas reprocher à chacun des acteurs en particulier de ne pas avoir parlé officiellement du Gabon à l’Assemblée générale de l’ONU, mais on peut constater a posteriori un silence collectif. On peut voir dans ce silence des acteurs internationaux sur le Gabon à New-York un certain accord implicite préalable à la poursuite du coup d’Etat électoral par la Cour Constitutionnelle avec l’appui de la présidence de l’Ua. Ce message ne pouvait pas ne pas être compris comme tel par le ‘président élu’ du Haut-Ogooué.

Si la situation au Gabon n’a pas fait l’objet de communication officielle, elle a sans doute par défaut été discutée de manière plus officieuse. Sur l’Afrique, pendant toute l’Assemblée générale, il a surtout été question de la RDC, un pays extrêmement surveillé par les acteurs internationaux, où les 19 et 20 septembre avait eu lieu un nouveau massacre d’opposants. Le sort d’Ali Bongo s’est sans doute joué à New-York. Idriss Déby a-t-il tenté de sauver Ali Bongo dans les couloirs de l’ONU ? A-t-il été soutenu par d’autres présidents africains, en particulier parmi ceux qui se montreront ensuite à l’investiture ? Il n’y avait personne pour enquêter et surveiller cela sur place. (Fin ajout du 23.10.16)

Parmi les nombreuses leçons que l’on peut tirer de la présidentielle gabonaise, au niveau processus électoraux dans les dictatures contemporaines d’Afrique, il y a les conditions nécessaires à une alternance par les urnes face à un président ou une famille arrivé-e par une élection fraudée. 60% à 70% des voix semblent nécessaires pour passer la barre des 50%, si une partie des fraudes ne peut pas être démontrée dans des conditions de répression élevée. Une seconde condition est de se trouver dans une dictature où l’armée et la police n’imposeront pas le résultat. Une troisième condition est d’être un candidat reconnu à l’international pour que des acteurs internationaux puissent mettre en place un arbitrage diplomatique réel et non factice.

Autant dire que, si une force extérieure positive n’intervient pas, ces trois conditions ne seront jamais réunies une nouvelle fois dans une des 22 dictatures d’Afrique. Alors que le dernier président non démocratiquement installé qui a accepté de perdre une présidentielle, l’a fait il y a 13 ans, au Kenya en décembre 2002, les élections continueront d’être factices, instrumentalisées pour aider des dictatures à se maintenir. Les missions d’observations continueront de proposer des réformes qui ne seront jamais appliquées. Toute l’Afrique centrale restera enfermée dans le cercle vicieux des élections aux résultats inversés, de la répression, de l’impunité, et des nouvelles élections aux résultats inversées garantissant l’impunité.

Le coup d’Etat électoral gabonais a été démontré d’une manière particulièrement évidente, juste après 3 coups d’Etat électoraux consécutifs au Congo Brazzaville, au Tchad et à Djibouti, alors que l’opposition était forte et suivie par la majorité de la population. C’est pourquoi il vient encore prouver le blocage total depuis 2005 du processus de démocratisation du continent africain.

Si une mobilisation supra-nationale ne vient pas maintenant stimuler un redémarrage du contrôle de la qualité technique des processus électoraux, alors l’Afrique repart, après la crise autour des limitations de mandat dans les constitutions entre 2014 et 2016, vers un nouveau cycle de prolongation des dictatures à moyen terme.

En particulier en Afrique centrale, les populations n’en peuvent plus d’attendre la démocratie depuis 1990. La réaction de la communauté internationale qui a accepté d’être consciemment piégée par la fausse légalité de dictature de la Cour constitutionnelle gabonaise, soutenue par des faux juristes envoyés par le dictateur tchadien allié de François Hollande et de Jean-Yves Le Drian, semble montrer pour l’instant que cette communauté internationale, en réalité divisée, semble prête à attendre passivement la mort au pouvoir des vieux dictateurs Idriss Déby, Sassou Nguesso, Paul Biya, Téodoro Obiang Nguéma, alors la mort de ces présidents ne résoudra rien.

Les décideurs internationaux semblent largement dépassés par la situation, ils observent le pourrissement d’un ensemble d’Etats, privilégiant le levier improbable de la démocratisation potentielle du Congo Kinshasa en 2017, jouant la montre en attendant d’être eux-mêmes remplacés au pouvoir, en France en mai 2017, à la tête de l’Onu en janvier 2017, ou attendant un changement incertain à la tête de l’Union africaine début 2017.

Les élections législatives qui suivront au Gabon, si elles ne sont pas une mascarade totale à l’ombre des véhicules de l’armée, comme les élections législatives prévues au Tchad et au Congo Brazzaville, montreront si les acteurs internationaux continuent de contempler le pourrissement en cours en Afrique centrale, de se faire-valoir dans la gestion des crises en cercle vicieux, d’admirer les chiffres d’affaires des multinationales pétrolières, ou s’ils acceptent enfin de travailler à mettre en place une diplomatie active pour installer un système de prévention dissuasif ferme en amont des processus électoraux dans les dictatures africaines.

Attendre quelques années que l’Union africaine s’améliore d’elle-même revient à ne rien faire. Pour l’Union européenne, cela reviendrait à mettre fin à des années de soutien à la démocratisation de l’Afrique, pour se plier hypocritement à des règles de fonctionnement des institutions internationales, la subsidiarité (l’Onu laisse la priorité à l’Ua) et la complémentarité (l’Ue laisse la priorité à l’Ua), détournées au profit des dictateurs.

Le pire, ce n’est pas une certaine impuissance et une certaine lâcheté des décideurs démocratiques, le pire c’est que depuis longtemps, les dictateurs ont appris à gérer les intérêts des acteurs internationaux, leurs contradictions, leurs mensonges, leurs compromis inassumables, leurs paresses intellectuelles et leurs faiblesses structurelles, pour en tirer un maximum de profits politiques et se maintenir, glissant de plus en plus vers un fonctionnement monarchique et criminel. Les populations observent les différents aspects de cette relation ambivalente entre pouvoirs démocratiques et non démocratiques et n’oublieront sans doute rien.

Régis Marzin, Paris, écrit et publié le 17 octobre 2016

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16.10

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16.10, 21h30

http://www.rfi.fr/afrique/20161016-gabon-jean-ping-dit-comme-residence-surveillee-autorites-dementent

Gabon: Jean Ping se dit «comme en résidence surveillée», les autorités démentent

Jean Ping, lors d’une conférence de presse, deux jours après la réélection d’Ali Bongo, le 2 septembre 2016.
© STEVE JORDAN / AFP

Par RFI Publié le 16-10-2016 Modifié le 16-10-2016 à 21:30

C’était hier, samedi 15 octobre, officiellement le dernier jour du premier mandat d’Ali Bongo à la présidence. Il a déjà prêté serment pour son second mandat fin septembre, suite à sa réélection contestée, mais néanmoins validée par la Cour constitutionnelle gabonaise. Son adversaire à la présidentielle Jean Ping, qui continue de se déclarer vainqueur, a donc choisi cette journée symbolique pour adresser un message à la diaspora gabonaise dans lequel il s’affirme « comme en résidence surveillée », restreint donc dans sa liberté. Des accusations catégoriquement démenties par les autorités gabonaises.

Jean Ping se déclare « comme quelqu’un qui est en résidence surveillée »

« Nous rencontrons une situation ici dramatique. Je suis considéré par ceux qui ont usurpé le pouvoir comme quelqu’un qui est en résidence surveillée. Je ne peux pas sortir d’ici. Et c’est vous qui pouvez prendre un certain nombre de décisions, délivrer votre pays, nous délivrer de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons. De nombreux Gabonais sont morts, parmi lesquels beaucoup de jeunes. Ils ne peuvent pas avoir perdu la vie pour rien. Quel que soit ce qui va être fait, nous avons décidé de ne pas reculer. Nous ne reculerons pas. Le peuple gabonais nous regarde, nous ici, et vous regarde là-bas. Que vous puissiez, avec l’aide de la communauté internationale, rétablir la démocratie, la bonne gouvernance, la liberté et la paix », déclaré Jean Ping dans son message à la diaspora gabonaise à travers le monde.

Jean Ping « tente de se faire passer pour une victime », déclare le porte-parole du président en exercice Ali Bongo

« La résidence surveillée est un statut juridique qui est délivré et qui est notifié à la personne mise en cause. Aujourd’hui, monsieur Jean Ping ne fait pas l’objet d’une telle décision de la justice gabonaise et donc c’est un statut qu’il se fabrique pour tenter de se faire passer pour une victime. Une victime de rien. Il a perdu une élection, et il a du mal à se faire à cette réalité. Aujourd’hui, monsieur Ping doit se faire à la vérité qu’il a perdu une élection et qu’Ali Bongo a été réélu et reconnu par le Gabon et la communauté internationale. (…) Personne ne restreint les libertés de monsieur Ping. Monsieur Ping s’est lui-même reclus dans sa résidence et il ne veut pas en sortir parce qu’il a honte d’avoir perdu cette élection, après tout ce qu’il a dit. Donc, il est dans un déni et un mensonge permanent. Personne aujourd’hui n’empêche que monsieur Ping aille où il veut, comme il veut, quand il veut », déclare Alain-Claude Bilie Ny Nze, porte-parole du président en exercice Ali Bongo.

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Note R*E : il y avait à peu près 2000 manifestants.

http://www.rfi.fr/afrique/20161016-gabon-rassemblement-partisans-jean-ping-paris-manifestation-ambassade

Gabon: des centaines de partisans de Jean Ping rassemblés à Paris

Plusieurs centaines de Gabonais se sont rassemblés devant l’ambassade du Gabon à Paris pour écouter la déclaration de Jean Ping, qui continue de se déclarer vainqueur, le 15 octobre 2016, au dernier jour du premier mandat d’Ali Bongo.
© RFI/David Baché

Par RFI Publié le 16-10-2016 Modifié le 16-10-2016 à 01:37

Plusieurs centaines de Gabonais se sont rassemblés samedi 15 octobre devant l’ambassade du Gabon à Paris pour écouter la déclaration de Jean Ping, qui continue de se déclarer vainqueur.

Ce samedi 15 octobre était officiellement le dernier jour du premier mandat d’Ali Bongo à la présidence du Gabon. Il a déjà prêté serment pour son second mandat fin septembre, à la suite de sa réélection contestée, mais néanmoins validée par la Cour constitutionnelle gabonaise.

Son adversaire à la présidentielle Jean Ping, qui continue de se déclarer vainqueur, a donc choisi cette journée symbolique pour adresser un message à la diaspora gabonaise à travers le monde.

En France, ils étaient plusieurs centaines à s’être rassemblés devant l’ambassade du Gabon à Paris pour écouter cette déclaration et réaffirmer une mobilisation initiée au soir du jour du vote, le 27 août dernier.

Je vous encourage à poursuivre la lutte sur tous les fronts

Jean Ping s’adresse à la diaspora gabonaise à Paris – Reportage

16-10-2016 – Par David Baché

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15.10

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http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/14/la-can-2017-pourra-t-elle-se-tenir-au-gabon_5013691_3212.html

Compte rendu

La CAN 2017 pourra-t-elle se tenir au Gabon ?

Dans trois mois, la Coupe d’Afrique des nations devrait avoir lieu au Gabon. Mais la situation politique du pays et le retard des travaux font peser de nombreuses incertitudes.

Par Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique)

LE MONDE Le 14.10.2016 à 11h41

Le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2017, qui se tiendra du 14 janvier 2017 au 5 février 2017, aura bien lieu mercredi 19 octobre à Libreville. Officiellement, le tournoi se déroulera au Gabon. En effet, le Marocain Hicham El Amrani, secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), a déclaré récemment à France Football « qu’il n’y a pas de plan B à l’heure où je vous parle », alors que le Maroc et même l’Algérie ont été cités pour suppléer le pays organisateur, secoué par de graves violences après la réélection d’Ali Bongo.

Mais la situation politique du Gabon, combinée au retard pris dans l’avancée des travaux nécessaires à la bonne tenue de la compétition, fait encore peser plusieurs incertitudes. Car la CAF, même si elle le dément, a bien envoyé discrètement au Maroc ses émissaires, chargés de vérifier que le royaume dispose de toutes les infrastructures indispensables.

Pour les partisans de Jean Ping, le samedi 15 octobre marquera constitutionnellement la fin du premier mandat d’Ali Bongo en tant que président de la République. Et sur les réseaux sociaux, des appels à l’incivisme constitutionnel et politique circulent, confirmant le climat particulier qui règne au Gabon.

Un calme inquiétant

« Il est de plus en plus question d’une marche de l’opposition le 16 octobre à Libreville, mais aussi dans la plupart des autres villes du pays, le climat est particulier. La situation est calme, mais il y a beaucoup de policiers et de militaires dans les rues. Et les Gabonais estiment qu’il va se passer quelque chose très bientôt », estime une source proche de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité. « Si cette marche a bien lieu, on peut craindre des incidents. Et cela ferait peser de nouvelles incertitudes sur la capacité du Gabon à accueillir un événement comme la CAN », précise-t-elle.

Au lendemain du tirage au sort du 19 octobre, et si rien ne vient bousculer d’ici là l’agenda officiel, la délégation de la CAF et celle des quinze équipes qualifiées pour la phase finale (le Gabon est qualifié d’office en tant que pays organisateur) seront invitées à visiter les sites retenus. Cinq stades – deux à Libreville, un à Franceville, un à Port-Gentil et un à Oyem – avaient été choisis.

« Les délégations risquent d’avoir de mauvaises surprises », poursuit cette source. Ainsi, les travaux de rénovation du stade Omar-Bongo, supposé abriter le match d’ouverture et la finale, ont pris tellement de retard qu’il a finalement été disqualifié par le comité d’organisation. A Franceville, la pelouse actuelle est tellement abîmée que la pose d’une nouvelle aire de jeu semble inévitable. Mais c’est à Port-Gentil et surtout à Oyem que les regards se focalisent.

Travaux retardés

Sur ces deux sites, où de nouveaux stades sont en construction (20 000 places à Oyem, 25 000 places à Port-Gentil), les travaux ont été retardés à cause des événements post-électoraux. « Le stade d’Oyem est situé à 15 kilomètres du centre-ville. Il est construit par les Chinois et, ici, il se dit qu’ils le font gratuitement. En échange, ils peuvent exploiter certaines ressources naturelles du Gabon, comme le bois ou le manganèse. A Oyem, il faut aussi savoir qu’il y a très peu d’hôtels. Seulement trois. Cela signifie qu’il faudra installer deux équipes dans le même établissement, ce qui n’est pas idéal. Et il va falloir trouver des solutions pour accueillir les officiels de la CAF, la presse et les supporters étrangers. » Dans cette ville du nord du Gabon, la situation sanitaire est également inquiétante, puisque l’hôpital n’est plus aux normes internationales.

Les troubles politiques et économiques qui sévissent au Gabon ont un peu plus éloigné la population locale du premier événement sportif africain, un sentiment renforcé par les résultats médiocres de la sélection nationale. « Les Gabonais sont assez nombreux à penser qu’organiser une CAN actuellement n’est pas une priorité vu la situation du pays. Construire des stades ou les rénover coûte beaucoup d’argent », ajoute notre interlocuteur.

L’Etat gabonais entretient d’ailleurs lui-même les rumeurs sur les difficultés qu’il rencontre pour être prêt le jour J. Le comité local d’organisation a récemment demandé à la CAF de décaler le coup d’envoi de quelques jours, afin de pouvoir achever tous les travaux. L’instance a refusé de bouleverser son calendrier. Le Maroc, qui dispose de toutes les infrastructures nécessaires (sportives, hôtelières, sanitaires…), se tient prêt. Au cas où.

Alexis Billebault contributeur Le Monde Afrique

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13.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161013-gabon-inquietudes-le-sort-colonel-prison

Gabon: inquiétudes sur le sort d’un colonel en prison

Par RFI Publié le 13-10-2016 Modifié le 13-10-2016 à 23:11

Que reproche-t-on au colonel Remanda Ndinga ? Officier d’état-major à la marine nationale et directeur adjoint de l’école des armées, il est en prison depuis bientôt trois semaines aux services de la contre-ingérence et de la sécurité militaire, appelés communément le B2 au Gabon. Le militaire avait été convoqué le 13 septembre au secrétariat général de la Défense pour être questionné. Malade, il a été hospitalisé jusqu’au 21 avant d’être de nouveau emmené au B2 le 25 septembre. Depuis, il est aux arrêts. Sa famille elle, est dans le flou le plus total.

Le colonel Christian Remanda Ndinga a une santé fragile. Selon ses proches, il n’a pas d’accès aux soins et seule sa femme est autorisée à le voir. Son entourage s’inquiète d’autant que l’officier est de la même famille que Jean Ping. Ce lien avec l’opposant est-il la raison de son incarcération ?

Le révérend Wilfried Rozogue représente ses proches. Il n’a pas de réponse et ne peut que s’interroger. « Vous savez qu’il appartient à un corps, c’est « la grande muette »… Les informations que nous avons ce sont des journaux qui nous donnent l’impression qu’il y a tentative de coup d’Etat donc nous sommes surpris et nous demandons à savoir ce qu’il se passe vraiment. C’est un professionnel, nous ne l’avons jamais vu impliqué dans une quelconque affaire politique, il sert la nation point barre », assure-t-il.

Interrogé sur cette affaire, le ministre de la Communication dément toute arrestation politique. « Vous savez le Gabon est un Etat de droit, ce n’est pas une dictature donc si les gens estiment que c’est une détention arbitraire, il y a des voies de droit pour dénoncer les détentions arbitraires. Il y a un barreau qui existe, il y a des avocats. Donc que les avocats soient saisis, ils accéderont aux dossiers des uns et des autres », affirme Alain-Claude Bilie Bi Nzé.

La famille du colonel Remanda Ndinga a rencontré le chef d’état-major. Il a confirmé qu’une enquête était en cours. Sans en dire plus. Les proches demandent désormais une audience au président Bongo.

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12.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161012-gabon-avocats-bertrand-zidi-abeghe-demandent-aide-etats-unis

Gabon: les avocats de Bertrand Zidi Abéghé demandent l’aide des Etats-Unis

Par RFI Publié le 12-10-2016 Modifié le 12-10-2016 à 10:30

Au Gabon, les avocats de Bertrand Zibi Abéghé se tournent vers les Etats-Unis. Le député qui avait démissionné du parti au pouvoir devant Ali Bongo lors d’un meeting, a été arrêté durant l’attaque du QG de Jean Ping fin août. L’ancien élu ayant la double nationalité américaine, ses défenseurs viennent d’écrire à Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, pour lui demander officiellement d’intervenir.

Bertrand Zibi Abéghé est détenu à la prison centrale dans un quartier disciplinaire. Il est accusé de détention illégale d’armes, d’association de malfaiteurs et d’instigation à exercer des violences et des voies de faits. Pour Maître Jean-Paul Méthode Imbong Fady, le dossier contre son client est vide. Il s’agit pour lui d’une affaire politique.
La détention est liée à sa démission fracassante

Jean-Paul Méthode Imbong Fady

12-10-2016 – Par RFI

Maître Imbong Fady dit avoir obtenu le droit de communiquer avec son client et doit lui rendre visite ce mercredi 12 octobre à la prison centrale. L’affaire est en cours d’instruction et les avocats attendent d’être auditionnés par le juge d’instruction.

Par ailleurs, une pétition pour sa libération a rassemblé près de 600 signatures à Paris la semaine dernière.

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Canard enchaîné 12/10/16 (pas de site internet)

Paris Douteux pour Bongo

Exactions policières et militaires, tortures, disparitions, arrestations arbitraires. Le bilan de l’après-élection présidentielle au Gabon est sinistre : les chiffres vont de 3 à … une centaine de morts. Auteure d’un rapport sur les viloences postélectorales, la pédiatre Sylvie Nkoghe-Mbot, présidente de l’Ong Hippocrate, a été arrêtée le 6 octobre. Sa famille n’a aucune nouvelle.

Ali Bongo, qui a proclamé sa réélection en dépit de résultats ubuesques, ne perd pas pour autant son sens de l’humour. Il vient d’annoncer qu’il engageait le pays dans le « processus exigeant de la démocratie »!

Et surtout, il ajoute qu’il mandate un trio d’avocats français pour déposer une plainte pour crimes contre l’humanité à l’encontre de son challenger, Jean Ping!

Piquante accusation, alors que Bongo contrôle d’une main de fer, et ce depuis 7 ans, l’appareil répressif. Parmi les 3 défenseurs d’Ali, précise « L’express » (23/09, se trouve Me Patrick Klugman. Un véritable spécialiste des démocraties étrangères puisqu’il est l’adjoint (PS) chargé des relations internationales de la mairie de Paris, Anne Hidalgo. »

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11.10

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10.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161010-gabon-nouvelles-sylvie-nkoghe-mbot-violences-post-electorales

Gabon: pourquoi est-on sans nouvelles de Sylvie Nkoghe-Mbot?

Par RFI Publié le 10-10-2016 Modifié le 10-10-2016 à 23:14

Au Gabon, on est sans nouvelles de Sylvie Nkoghe-Mbot, médecin, pédiatre et président de l’ONG Hippocrate, depuis le jeudi 6 octobre. Sylvie Nkoghé-Mbot recueille témoignages et constats des violences post-électorales avec photos de blessés et clichés de personnes décédées. Elle est co-rédactrice d’un rapport qui a été remis à Maitre Altit qui instruit un dossier devant la Cour pénale internationale (CPI) pour le compte de Jean Ping. Sylvie Nkoghe-Mbot a été arrêtée, jeudi, à l’hôpital d’Instruction militaire alors qu’elle poursuivait ce travail de constats.

La famille de Sylvie Nkoghe-Mbot est très inquiète. Dominique Nkoghe, sa sœur, est persuadée qu’elle est détenue depuis cinq jours au B2, la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire.

« Je le sais, quelqu’un sur place me l’a dit », affirme-t-elle. Samedi, puis lundi, elle s’est rendue au B2 avec quelques affaires, du linge et de la nourriture, mais à chaque fois, c’est la même réponse, à savoir, aucune visite n’est autorisée.

Pour Maître Eric Moutet, un des défenseurs de Sylvie Nkoghe-Mbot, le lien entre l’arrestation et la mise au silence de sa cliente ne fait aucun doute. Elle se savait dans le collimateur des Services gabonais et son seul tort est d’avoir enquêté sur les violences post-électorales commises par les forces de l’ordre et la garde républicaine, photos et témoignages à l’appui qui seront très vite déposés sur le bureau des juges de la CPI.

« Tout laisse à penser qu’il y a effectivement un rapport, ne serait-ce que la manière et le lieu de son interpellation puisque c’est à l’occasion, encore une fois, de ses constats qu’elle mène maintenant depuis plusieurs semaines, avec un rapport qui a circulé et qui sera utilisé évidemment à la Cour pénale internationale. On peut comprendre la crainte des autorités. C’est un des documents qui sera utilisé par le confrère Emmanuel Altit qui est en charge du dossier CPI pour le président Ping », a-t-il déclaré à RFI.

Le procureur de la République de Libreville était injoignable, ce lundi.

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10.10, 11h39

http://www.rfi.fr/afrique/20161010-gabon-rentree-scolaire-encore-reportee-sine-die

Gabon: la rentrée scolaire encore reportée sine die

Par RFI Publié le 10-10-2016 Modifié le 10-10-2016 à 11:39

A quand la rentrée scolaire au Gabon ? La question préoccupe les élèves et leurs parents. Les cours reprennent généralement la première quinzaine d’octobre, mais cette année rien. Les parents se préparaient pour une rentrée le 3 octobre puis pour le 17. Enfin, un communiqué officiel vendredi dernier a annoncé un nouveau report sine die. Un report qui inquiète tout le monde.

A la librairie de l’ancienne gare routière de Libreville quasiment tous les vendeurs sont oisifs : « Il n’y a pas de client. Les parents sont dubitatifs. Ils ne savent pas si les enfants vont aller à l’école ou pas ».

Les parents d’élèves qui s’aventurent ici sont dans le doute. Ils sont inquiets et s’interrogent sur la date exacte de la prochaine rentrée scolaire : « Ça nous embête et ça nous inquiète. Nous voulons que l’école reprenne ».

Les écoliers, à l’image de cette jeune fille, aussi ont perdu la sérénité : « Ça ne me fait pas plaisir parce que ça repousse le calendrier. On doit passer le bac et on ne sait même pas quand on va passer le bac. On est fatigués de rester à la maison ».

Reconduit dans ses fonctions, le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou reconnait que cette rentrée sera particulière, mais il se veut rassurant : « Il n’y a rien qui coince. Elle aura lieu. Je voudrais rassurer l’ensemble des parents et des élèves par rapport à la volonté du gouvernement de faire que les choses se passent dans les meilleures conditions possible ».

Malgré ces assurances, la Conasysed, le principal syndicat de l’Education nationale a déjà posé plusieurs préalables : libération de tous les syndicalistes en prison, paiement des primes dues et construction de nouvelles salles de classe. Des revendications qui annoncent une année scolaire très difficile.

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http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/10/l-economie-gabonaise-traverse-une-zone-de-fortes-turbulences_5011317_3212.html

L’économie gabonaise traverse une zone de fortes turbulences

Par Christophe Châtelot

LE MONDE Le 10.10.2016 à 17h08

Ali Bongo Ondimba, le président gabonais récemment réélu dans le bruit et la fureur, rêvait que la zone économique spéciale de Nkok soit le reflet de l’économie nationale : créatrice d’emplois industriels et de services, innovante, technologique, écologique… Hélas, à ce jour, ce n’est qu’un îlot de dynamisme posé au milieu d’un océan économique déprimé par l’effondrement des cours de l’or noir dans ce pays qui s’est trop longtemps reposé sur ses rentes pétrolières…

A cette crise des cours mondiaux se superpose dorénavant un environnement national incertain depuis l’explosion de violence qui a accompagné l’annonce de la réélection d’Ali Bongo, début septembre, au terme d’un processus électoral entaché de suspicions de fraudes. La société française d’assurance-crédit Euler Hermes s’inquiète ainsi des conséquences du « tumulte politique qui agite actuellement le Gabon et qui représente, à terme, un réel danger pour la stratégie de diversification entamée par le gouvernement. L’incertitude politique n’est guère appréciée par les investisseurs, et joue négativement sur leur confiance. Or, sans ces investisseurs, il sera difficile pour le Gabon de financer la diversification de l’économie nationale. D’ailleurs, les Investissements directs étrangers (IDE) ont déjà diminué de 38 % en 2015 ». Rien ne dit que le nouveau gouvernement, nommé début octobre et issu de ce scrutin contesté, disposera de la légitimité suffisante pour relever ce double défi : rétablir la confiance auprès de ses partenaires étrangers et de sa population.

Christophe Châtelot

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10.10

Note R*E : media et journaliste peu fiables, globalement trop proches d’Ali Bongo

http://www.jeuneafrique.com/mag/361871/politique/gabon-systeme-construit-omar-bongo-ondimba-a-failli-se-retourner-contre-successeur/

Gabon : comment le système construit par Omar Bongo Ondimba a failli se retourner contre sons successeur

Publié le 10 octobre 2016 à 15h02

Par Georges Dougueli

La Cour constitutionnelle a tranché, Ali Bongo Ondimba a été réélu. Ce n’était pas gagné : abandonné par son parti, lâché par ses anciens alliés, confronté à des opposants plus remontés que jamais, le chef de l’État revient de loin.

Il a été réélu in extremis. Avec 50,66 % des voix contre 47,24 % pour son principal rival, Jean Ping, selon la Cour constitutionnelle. « Le boulet n’est pas passé loin », a confié Ali Bongo Ondimba (ABO) à l’un de ses proches. À Libreville, le président gabonais a poussé un « ouf » de soulagement, mais son entourage – ou du moins ce qu’il en reste – en frémit encore d’effroi. Comment imaginer que le « système » construit par Omar Bongo Ondimba se soit ainsi retourné contre son successeur ?

Comment cette vaste nébuleuse, mêlant haute administration, Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), poids lourds de son fief du Haut-Ogooué et une partie de la puissante franc-maçonnerie locale, a-t-elle pu tenter de se débarrasser du président qu’elle avait contribué à installer en 2009 ?

Une opposition mobilisée et un gouvernement absent

Le score relativement serré est bien sûr le fruit de la mobilisation de l’opposition. Mais il est aussi la conséquence directe de la défection de ceux qu’ABO considérait comme faisant partie de son propre camp. Constat inhabituel en Afrique : lors de la campagne électorale et même le jour du scrutin, le parti au pouvoir n’a rien montré de la puissance et de l’efficacité qui fut la sienne pendant quatre décennies. Le PDG a tout simplement abandonné le terrain à l’opposition, ses électeurs s’étant faiblement mobilisés. Les ténors de la majorité n’ont pas brillé. Jamais campagne électorale n’avait vu un gouvernement aussi absent et si peu désireux de faire reluire la marque de son champion, à l’exception de quelques fidèles.

Fait troublant, le parti le plus riche du pays n’avait pas d’argent, en dépit de la fortune de certains de ses cadres ; et la formation politique la mieux implantée sur l’ensemble du territoire était absente de nombreux bureaux de vote. Des mandataires injoignables au téléphone, d’autres qui ont été vus incitant les électeurs à voter contre leur propre camp… Résultat des courses : à l’échelle du pays, ABO s’en est tiré grâce à la mobilisation d’un électorat jeune, mais aussi grâce à un fort réflexe identitaire dans le Haut-Ogooué.

« Ses adversaires ont retourné des fidèles du président, infiltré le parti pour entraver de l’intérieur la gouvernance du chef de l’État, plomber sa popularité et utiliser le système contre lui », se lamente un ministre. À l’en croire, ils auraient même noyauté les services de sécurité et les forces de l’ordre.

Départ des ténors de la majorité

Il est d’ailleurs un fait qui contribue à alimenter le doute : on n’a pas encore fait toute la lumière sur l’incendie criminel, le 31 août, d’une aile de l’Assemblée nationale par de supposés émeutiers, alors que le bâtiment était protégé par une escouade de gendarmes. Plus troublant encore, le feu s’est déclaré à la questure de la représentation nationale, un service où sont conservés les documents comptables de l’institution présidée jusqu’à mars par Guy Nzouba-Ndama, qui, après vingt ans au perchoir, a démissionné pour se porter candidat, avant de se désister au profit de Jean Ping.

Trois anciens questeurs l’ont suivi dans son passage à l’opposition : Séraphin Moundounga (en poste de 1997 à 2009, l, Jonathan Ignoumba (brièvement arrêté en avril alors qu’il tentait de quitter le bâtiment avec une quantité importante de documents) et Martin Moulengui Mabende – ces deux derniers ayant été respectivement premier et deuxième questeurs pendant la mandature en cours.

Réfugié politique

Dans cette élection, affinités personnelles, retournements d’alliances et affaires d’argent sont étroitement imbriqués. Mais en coulisses, un homme, irréductible adversaire du président, a pensé et orchestré le scénario qui a manqué le faire chuter : Félix Bongo, un homonyme également originaire de Bongoville, dans le Haut-Ogooué, mais qui n’a pas de lien de parenté avec la famille présidentielle, même s’il est lui aussi issu du système. À première vue, difficile de croire que ce quadragénaire charmeur a conçu le « coup d’État électoral » auquel le président gabonais vient d’échapper.

Sanglé dans une chemise blanche et sirotant un Coca glacé, Félix Bongo n’a rien de l’opposant africain complotant à longueur de journée dans les cafés parisiens. Il vit dans une banlieue de la capitale française depuis 2008, avec le statut de réfugié politique après que Paris a rejeté une demande de transfèrement formulée par la justice gabonaise.

À ses interlocuteurs, il raconte son parcours pour expliquer son engagement. Cet ancien agent du Trésor, qui a démissionné de la fonction publique pour se consacrer aux affaires, ne digère pas d’avoir été « le premier Gabonais à faire l’objet d’un mandat d’arrêt international ». C’était en 2008, à la suite de l’affaire dite des « fourgons blindés » : un marché public pour la livraison de quinze véhicules de transport de fonds avait été réglé 3,6 milliards de F CFA (5,5 millions d’euros) par l’État ; la justice avait conclu à une surfacturation.

Félix Bongo a quitté le Gabon pour la France, a été arrêté puis remis en liberté, faute de preuve, par la cour d’appel de Versailles. Bien qu’il s’en défende, le ressentiment semble être sa motivation première.

Libéré de prison, il rejoint l’opposition et devient l’un des cerveaux de cette conspiration qui a retourné le système mis en place par Omar Bongo Ondimba. Le plan d’attaque est ambitieux : convaincre une par une les personnalités écartées des affaires par ABO de rompre avec le régime et de rallier une plateforme souterraine. Il s’agit de frapper les esprits en provoquant une hémorragie au sein du PDG et d’isoler le pouvoir. L’idée folle finit par prendre corps à partir de 2012, grâce à l’entregent de cet activiste dont le père, Martin Bongo, fut ministre des Affaires étrangères sous Bongo père.

Perte de soutiens 

Le contexte lui est d’autant plus favorable qu’ABO a déçu les classes aisées qui l’ont fait roi. Après son arrivée au pouvoir, en 2009, il a mis le fief familial du Haut-Ogooué à la diète. « Vous avez obtenu beaucoup de privilèges pendant quatre décennies. Il est temps de penser aux autres », a répété le chef de l’État aux habitants de la province. Ce faisant, il s’est créé de féroces inimitiés, notamment parmi les cadres « emblématiques » du Haut-Ogooué : Pascaline Bongo Ondimba, chassée de la présidence, Christian Bongo Ondimba, viré de la Banque gabonaise de développement, Philibert Andzembé, écarté de la Beac par le scandale des détournements du bureau extérieur de Paris.

Suivront Marcel Abéké, remplacé à la tête de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog, filiale d’Eramet), Antoine Yalanzèle, limogé de la Caisse nationale de sécurité sociale… L’un après l’autre, ABO ferme les robinets, de nouveaux visages apparaissent, et le mécontentement monte à mesure que les prébendes s’amenuisent.

Voici le président privé du soutien des grandes familles et d’une partie de la haute administration, ce qui ne l’empêche pas de s’attaquer à un nouveau nid de frelons : en 2014, il décide de supprimer les fonds communs – les cadres des régies financières engrangeaient jusqu’à 20 000 euros mensuels de « primes » – pour les redistribuer à tous les fonctionnaires sous la forme d’une augmentation générale des salaires.

S’ébranle alors une machine infernale qui va finir par échapper à son créateur, Félix Bongo. « Nous voulions au départ mettre sur orbite une candidature de Jacques Adiahénot [ancien ministre de la Marine marchande qui s’est mis en retrait du PDG en 2009], un homme que nous considérons comme le plus honnête de cette classe dirigeante », confie un journaliste proche de l’opposition et qui a pris part aux discussions. Mais l’ambition d’envoyer Adiahénot à la conquête du pouvoir est contrariée, le 21 février 2014, par Jean Ping, qui le prend de vitesse en démissionnant le premier. Adiahénot fait de même un mois plus tard, mais il est déjà éclipsé par le coup d’éclat de Ping.

Un désamour collectif au sein de la classe politique

Les départs se multiplient : Jean Norbert Diramba (ancien ministre, ancien sénateur, directeur général de la société publique Spin jusqu’en juillet dernier, avant de démissionner), Dominique Guy Noël Nguieno (ancien ministre, ancien conseiller spécial du chef de l’État), Martin Zoguélé Mensah (ancien ministre, ancien député), Gabriel Pambo (ancien membre du secrétariat exécutif du PDG), Joseph Bill Mamboungou (universitaire, ancien ambassadeur), Martin Moulengui Mabende (député de la Ngounié), Charles Mba (ancien ministre), Jean-François Ntoutoume Emane et Raymond Ndong Sima (tous deux anciens Premiers ministres)…

Il faut également compter treize députés démissionnaires après l’exclusion du parti au pouvoir d’Alexandre Barro Chambrier, de Michel Mboumi et de Michel Menga, les frondeurs du courant Héritage et Modernité.

Inspiré par la même nébuleuse, Pierre Péan publie en octobre 2014 son brûlot Nouvelles Affaires africaines (Fayard), où il ravive la polémique sur les origines d’ABO. Pendant ce temps, le clan Myboto – réuni autour de Zacharie, le leader de l’Union nationale – demande à consulter l’extrait de naissance du président, avant de déposer une plainte pour « faux et usage de faux » dans le but de prouver qu’il a menti sur sa filiation.

Isoler et affaiblir ABO, dresser les Gabonais contre la « légion étrangère »… Le cocktail, détonant, devait aboutir à une insurrection ou à un coup d’État. C’est pour cette raison qu’au congrès de Paris, en décembre 2014, les opposants travaillent dans l’hypothèse qu’Ali ne finira pas son mandat. Et pour gérer la « transition », il leur faut un chef de file.

Ping joue des coudes pour endosser le rôle. Il commence par tenter d’éliminer définitivement Adiahénot de la course, en l’impliquant dans une affaire d’argent prétendument reçu du Congo et détourné avec la complicité de Félix Bongo, qui dément catégoriquement. Le bureau de l’avocat Robert Bourgi – remis en scène par Chantal Myboto, la fille de Zacharie – devient le passage obligé des opposants séjournant à Paris ; il leur parle des vertus de la candidature unique. Myboto père manœuvre quant à lui pour retarder la déclaration de candidature de Casimir Oyé Mba, avant de l’encourager à se rallier à Ping.

Ce dernier fait alliance avec le patriarche Marcel Eloi Rahandi Chambrier pour court-circuiter Guy Nzouba-Ndama et devenir le candidat « consensuel ». La fin du processus s’est déroulée sur les décombres du PDG et d’un système politique qu’Ali Bongo Ondimba, au cours de son second septennat, va devoir réformer de fond en comble.

Georges Dougueli

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9.10

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9.10

http://gabonenervant.blogspot.fr/2016/10/dr-sylvie-nkoghe-mbots-arrest-spoken.html

Vidéo TV5 monde : arrestation Sylvie Nkoghe-Mbot

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9.10 AFP soirée

http://www.romandie.com/news/Gabon-arrestation-dune-femme-medecin-auteure-dun-rapport-sur-les-violences/743251.rom

Gabon: arrestation d’une femme médecin auteure d’un rapport sur les violences

Libreville – Une femme médecin, auteure selon son avocat d’un rapport sur les violences post-électorale a été arrêtée au Gabon, a annoncé dimanche le mouvement Dynamique unitaire, alors qu’un syndicaliste a été libéré.

Sylvie Nkoghe-Mbot, 56 ans, pédiatre et présidente de l’ONG Hippocrate, a été arrêtée en fin de semaine, ont indiqué à l’AFP la vice-présidente et le secrétaire général du mouvement phare de la société civile gabonaise Dynamique unitaire, Chantale Matkosso et Louis-Patrick Mombo.

Selon une information circulant sur un groupe Whatsapp proche de l’opposant Jean Ping, Mme Nkoghe-Bot a un rapport sur les violences post-électorales qui ont secoué le Gabon après l’annonce de la réélection d’Ali Bongo le 31 août. Bilan: trois morts selon la version officielle, des dizaines selon Jean Ping.

Je viens d’être désigné (ndr: avocat) par la famille de Sylvie Mbot, co-auteur d’un rapport accablant sur les victimes des exactions de la Garde républicaine (GR), a également déclaré l’avocat français Eric Moutet, déjà défenseur de Jean Ping.

Je vais intervenir demain (lundi) auprès des autorités canadiennes car ses enfants sont de nationalité canadienne, ajoute Me Moutet, dans un SMS à l’AFP.

Dynamique unitaire a par ailleurs annoncé la libération jeudi d’un de ses membres, Jean-Rémy Yama.

Président du Syndicat national des enseignants chercheurs, M. Yama avait été arrêté le 9 juillet à Libreville en marge d’un rassemblement des partisans du président Ali Bongo Ondimba, qui venait de déposer son dossier de candidature à l’élection du 27 août.

  1. Yama était accusé de trouble à l’ordre public, d’incitation à la violence et de destruction des biens publics et privés. Ils n’ont apporté aucune preuve, selon M. Mombo.

Deux autres syndicalistes arrêtés le même jour, Roger Ondo Abessolo et Koumba Mba Essiane, sont toujours en détention, d’après Dynamique unitaire.

Un millier de personnes avaient été arrêtées dans les violences post-électorales début septembre. Environ 70 personnes, dont plusieurs figures de l’opposition, étaient toujours détenues fin septembre, avait indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Son avocat -Me Moutet- et ses proches s’inquiètent par ailleurs des conditions de détention d’un ancien député du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Bertrand Zibi Abéghé, qui avait démissionné fin juillet en défiant en public le président Bongo dans un discours.

J’interviens également demain lundi par écrit auprès du président du congrès américain pour Bertrand Zibi Abéghé puisque nous avons obtenu plusieurs centaines de signatures sur la pétition demandant sa libération, a indiqué Me Moutet, selon qui l’ex-député a la double nationalité américaine.

L’ex-patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président passé à l’opposition, a bénéficié d’une liberté provisoire. Il reste cependant mis en examen pour incitation à la révolte et détention (…) de tracts de nature à troubler la paix publique.

(©AFP / 09 octobre 2016 23h51)

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9.10, 18h29

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/10/09/97001-20161009FILWWW00128-gabon-la-rentree-scolaire-toujours-reportee.php

Gabon: la rentrée scolaire toujours reportée

Par Lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 09/10/2016 à 18:31 Publié le 09/10/2016 à 18:29

La rentrée scolaire au Gabon, déjà décalée en raison de la crise post-électorale, a été reportée à une date indéfinie, a indiqué aujourd’hui de sources officielles et syndicales.

La rentrée scolaire dans l’enseignement public de ce petit pays d’Afrique centrale (1,8 million d’habitants) a généralement lieu le 1er octobre, 15 jours après la rentrée administrative, a indiqué à un enseignant. Cette date avait été reportée au 17 octobre en raison de la crise post-électorale entre le scrutin du 27 août et la proclamation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba le 23 septembre par la cour constitutionnelle, qui a rejeté le recours de son rival Jean Ping.

Le ministre de l’Education Florentin Moussavou a fait part jeudi d’un nouveau report le temps de régler des problèmes administratifs et matériels, selon le site d’information Gabonreview. De son côté, la Confédération nationale des syndicats du secteur éducation conditionne la rentrée scolaire au versement d’un arriéré de prime d’incitation à la performance pour le deuxième trimestre 2015. Les syndicalistes enseignants demandent aussi la libération de tous les syndicalistes emprisonnés, alors que le pays se remet à peine de la crise post-électorale, a indiqué l’un d’entre eux, Louis-Patrick Mombo, du mouvement Dynamique unitaire.

Détenu depuis le 9 juillet, le président du syndicat national des enseignants-chercheurs Jean-Rémy Yama a été libéré jeudi sans aucune charge à son encontre, a indiqué Louis-Patrick Mombo précisant que deux autres syndicalistes arrêtés le même jour étaient toujours en prison.

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8.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161008-gabon-jean-ping-ali-bongo-resistance-strategie-communique

Gabon: l’opposant Jean Ping veut organiser la résistance au régime Bongo

Par RFI Publié le 08-10-2016 Modifié le 09-10-2016 à 07:22

Au Gabon, Jean Ping précise sa stratégie. L’opposant ne reconnaît pas la réélection d’Ali Bongo. Dans un nouveau communiqué, il dit vouloir organiser une résistance au régime Bongo à travers tout le pays et dans le monde. Quelles sont les actions qui seront menées ?

Jean Ping continue à demander des sanctions internationales ciblées, mais cette fois l’opposant dit contre qui. Il vise dix personnes : le président Bongo lui-même et un de ses frères, la présidente de la Cour constitutionnelle et le président de la Commission électorale.

Il cible également plusieurs ministres ou ex-ministres, comme ceux de la Communication, de l’Intérieur et de la Défense.

Face à ces menaces, Alain-Claude Bilie Bi Nze, porte-parole du gouvernement gabonais et ministre de la Communication se dit totalement serein. Il estime que l’opposition est aux abois, qu’elle invente des histoires chaque jour et tente d’exister par l’outrance.

Non seulement moi-même je suis serein, mais tous ceux qui sont cités sont parfaitement sereins…

Alain-Claude Bilie Bi Nze

09-10-2016 – Par Sébastien Nemeth

Jean Ping se tourne vers la diaspora

Alors que tous ses recours sont épuisés au Gabon, Jean Ping se tourne à plusieurs reprises vers la diaspora en Europe et aux Etats-Unis.

Il lui demande de coordonner et discipliner son action à travers une structure qui sera baptisée Conseil gabonais de la résistance. Il l’appelle aussi à « mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser » en faveur de sa cause à travers les instances politiques des différents pays étrangers, mais également à la Commission et au Parlement européens, au Parlement allemand, au Congrès américain, à la Commission des droits de l’homme de l’ONU et enfin à la Cour pénale internationale.

L’opposant promet de saisir Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits de l’homme, pour des faits d’arrestations arbitraires, d’exactions ou encore assassinats. Des accusations démenties par le pouvoir qui lui, a déjà saisi la CPI pour « incitation à commettre un génocide » et « crimes contre l’humanité ».

Clay Martial Obame: «Nous cherchons seulement que la vérité des urnes soit rétablie»

09-10-2016 – Par Sébastien Nemeth

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8.10, 10h52

http://www.rfi.fr/afrique/20161008-gabon-liberation-syndicaliste-jean-remy-yama-fonctionnaires

Gabon: libération du syndicaliste Jean Remy Yama après 89 jours de détention

Des Gabonais devant un tableau sur lequel figure le signalement de personnes décédées ou disparues dans les violences post-électorales, le 19 septembre à Libreville.
© REUTERS/Edward McAllister

Par RFI Publié le 08-10-2016 Modifié le 08-10-2016 à 10:52

Au Gabon, le syndicaliste Jean Remy Yama a été libéré, au soir du jeudi 6 octobre, sans être jugé, après avoir été détenu pendant 89 jours. Il avait été arrêté le 8 juillet dernier alors qu’il tentait d’organiser une assemblée générale de la société civile, à Libreville, proche du rond-point de la Démocratie là où le président Ali Bongo avait également rassemblé ses partisans pour un meeting.

Jean Remy Yama, président de la Dynamique Unitaire, principal syndicat des fonctionnaires, est libre et sa détention n’a pas altéré sa détermination. Alors qu’Ali Bongo vient d’être réélu pour un second mandat, il veut poursuivre son combat pour obtenir la libération de ses compagnons toujours en prison.

La barbe très dense et les cheveux en vrac, Jean Remy Yama est sorti de prison avec un look de rebelle. « Après ces 89 jours de détention, je sors de là très fort, dix fois plus fort qu’avant, pour poursuivre le combat de la justice et de la vérité ! », a-t-il déclaré à RFI.

Officiellement, l’universitaire a été arrêté pour avoir lancé des cailloux contre des policiers. Une accusation qu’il a toujours rejetée.

« Il n’y a aucun élément. On ne m’a jamais présenté – même à l’instruction – un seul élément qui prouverait que j’ai lancé des cailloux aux policiers. J’ai toujours dit que j’ai été arrêté pour des raisons politiques », a-t-il précisé.

Jean Remy Yama reconnaît que ses conditions de détention étaient acceptables. Il n’oublie cependant pas que ce 9 juillet, la police avait arrêté 24 personnes dont deux autres syndicalistes.

« Nous étions vingt-quatre, le 9 juillet. Il y en a eu onze qui ont été libérés et il en reste encore treize qui sont en détention. Je me joins à ce combat pour exiger leur libération avant quoi que ce soit », a tenu à souligner Jean Remy Yama.

Le message des syndicalistes est clair : la rentrée scolaire, dont la date n’est pas encore fixée, n’aura pas lieu tant que leurs camarades ne sont pas tous libérés.

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7.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161006-gabon-journee-recueillement-opposition-diversement-suivie-libreville

Gabon: la journée de recueillement de l’opposition diversement suivie à Libreville

Par RFI Publié le 06-10-2016 Modifié le 07-10-2016 à 06:06

Les messages circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux au Gabon, des appels à ne pas aller travailler, à ne pas ouvrir les commerces pour cette journée de recueillement à l’appel de l’opposition. Le camp de Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle, veut rendre ainsi hommage aux victimes des violences postélectorales. Un appel diversement suivi dans la capitale.

Le constat général, c’est que Libreville ne ressemble pas ce jeudi à une ville morte. Quasiment tous les commerces, les cafés du centre-ville sont ouverts, les taxis circulent, il y a du monde un peu partout.

Ecoutez le reportage de notre correspondant dans la soirée de jeudi dans les quartiers de Libreville

07-10-2016 – Par Yves-Laurent Goma

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Cependant, les avis sont partagés d’un camp à l’autre. Un haut cadre proche de Jean Ping estime que dans l’administration publique trois quarts des travailleurs sont restés chez eux. Dans le privé, 60% d’ouvriers n’ont pas travaillé.

Ces personnes ont respecté les consignes de rester à la maison, se recueillir en silence à la mémoire des Gabonais morts pour défendre la liberté et la démocratie. Un autre cadre proche de Jean Ping confie que la journée de recueillement n’est pas un appel à une ville morte. Pour lui, toutes les personnes en activité sont des étrangers qui n’ont rien compris.

C’est un appel qui a été très largement suivi malgré les menaces de perte d’emploi que le gouvernement brandissait

Clay Martial Obame: «Il faut faire une différenciation entre le mot d’ordre de recueillement et celui de ville morte : il ne s’agissait pas de ville morte»

07-10-2016 – Par Sébastien Nemeth

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« Un échec cuisant » pour le pouvoir

Du côté du pouvoir, on se frotte quasiment les mains. « C’est un échec cuisant », s’est régalé le ministre de la Communication Alain-Claude Bilie Bi Nzé. Le porte-parole du gouvernement regrette, par contre, que les adversaires d’Ali Bongo surfent sur la douleur des parents qui ont perdu des proches pour en faire un projet politique.

Le gouvernement, et plus exactement le ministre du Travail, avait souligné ce mercredi dans un communiqué que ce jeudi restait un jour ouvrable. Une mise en garde, en quelque sorte. Une menace assez claire. Dans le privé, pas question de manquer le pointage, au risque de voir son salaire coupé. Difficile par contre d’évaluer la fonction publique.

Le code du travail rend illicite toute manoeuvre visant à entraver la liberté de travailler. Il est donc regrettable de constater que les grands commis de l’Etat qui occupent de hautes fonctions dans l’administration, veulent agir en marge de la loi.

Eloi Nzondo: «Le mot d’ordre n’a pas été suivi, les Gabonais et les Gabonaises ont vaqué à leurs occupations professionnelles»

07-10-2016 – Par Sébastien Nemeth

00:00 00:00

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6.10

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http://www.rfi.fr/afrique/20161006-gabon-journee-recueillement-victimes-appel-jean-ping-violences-disparus

Gabon: «journée de recueillement» pour les victimes à l’appel de Jean Ping

Des Gabonais devant un tableau sur lequel figure le signalement de personnes décédées ou disparues dans les violences post-électorales, le 19 septembre à Libreville.
© REUTERS/Edward McAllister

Par RFI Publié le 06-10-2016 Modifié le 06-10-2016 à 05:52

Après les violences post-électorales, Jean Ping a appelé les Gabonais à observer ce jeudi 6 octobre une «journée nationale de recueillement» pour les morts et de compassion pour les familles endeuillées. L’opposant a invité les Gabonais à rester chez eux. L’occasion de faire le point sur les victimes.

Cinq semaines après le début des violences, deux versions continuent de s’opposer. Le pouvoir parle de quatre morts, dont un policier et plus d’une centaine de blessés, dont près de 70 appartiendraient aux forces de l’ordre. L’opposition a elle plusieurs fois parlé de 50 à 100 tués.

Depuis plusieurs semaines, elle a d’ailleurs créé une sorte de cellule des disparus basée au QG de Jean Ping. Un numéro de téléphone a été diffusé pour encourager les familles à se faire connaître. Jusqu’à présent, 22 personnes tuées par balle ont été recensées. « Il s’agit de corps clairement identifiés par les parents venus nous voir », explique Annie-Léa Méyé. Avec environ huit personnes, c’est elle la responsable de ce PC crise. « On vérifie la filiation, on collecte aussi des photos ou les actes de décès », explique-t-elle. Elle ajoute que cinq autres victimes ont été signalées par téléphone et sont en attente de confirmation.

La plupart des cadavres ont été retrouvés à la Casep-Ga, l’une des morgues de Libreville, interdite aux journalistes, ainsi qu’à la Gabosep.

Mais le bilan pourrait s’alourdir. L’opposition a comptabilisé 41 blessés, dont huit dans un état grave encore hospitalisés. « On parle de corps encore non identifiés dans les morgues ainsi que de cadavres dans les hôpitaux, mais là-bas c’est motus et bouche cousue », dit Annie-Léa Méyé. Enfin, le PC crise a recensé 47 disparus. Plus d’un mois après les émeutes, leurs proches continuent à les chercher partout, sans succès pour l’instant.

A la veille de cette « journée de recueillement » souhaitée par Jean Ping, Ali Bongo a lancé une mise en garde. Le président gabonais précise que la journée de jeudi reste « ouvrable ».

On parle de beaucoup de choses : de corps qui auraient été enterrés, de fosses communes, de choses comme ça. Mais je n’ai pas de preuves.

Des familles à la recherche de leurs proches

06-10-2016 – Par Sébastien Nemeth

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5.10

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4.10

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4.10, matin

http://www.rfi.fr/emission/20161004-mariya-gabriel-deputee-ue-afrique-observateurs-presidentielle-gabon-bongo-ping

Affaire des écoutes au Gabon: «Inacceptable» pour la chef des observateurs de l’UE

Par Christophe Boisbouvier

Diffusion : mardi 4 octobre 2016

Les observateurs de l’Union européenne ont-ils été mis sur écoute pendant la présidentielle gabonaise du 27 août dernier ? C’est ce qu’affirme notre confrère français Le Journal du Dimanche avec plusieurs extraits de ces écoutes à l’appui. Réaction ce mardi 4 octobre de la députée européenne Mariya Gabriel, qui dirigeait la mission de quelque 60 observateurs européens au Gabon. La députée bulgare répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

« Première chose, évidemment, nous prenons note de la publication d’écoutes illégales qui reproduiraient des conversations privées entre membres du personnel de la mission d’observation électorale au Gabon. C’est inacceptable, tout comme les différentes campagnes d’intimidation par rapport à certains de nos membres que nous observons depuis un certain moment. Moi, je voudrais être très claire : il n’y avait aucun besoin de procéder à une écoute, puisque nous avons respecté notre mandat… »

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3.10

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3.10, 14h41

http://www.jeuneafrique.com/362054/politique/gabon-de-figures-de-lopposition-sein-nouveau-gouvernement/

Gabon : peu de figures de l’opposition au sein du nouveau gouvernement

03 octobre 2016 à 02h39 — Mis à jour le 03 octobre 2016 à 14h41

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Premier ministre gabonais Emmanuel Issoze Ngondet a dévoilé dimanche soir la composition du nouveau gouvernement. Malgré les annonces répétées en faveur d’une « large ouverture » prônée par Ali Bongo Ondimba après sa réélection contestée, de rares personnalités de l’opposition y font leur entrée.

L’équipe composée de 40 membres compte un peu plus de 30% de femmes, a précisé le Premier ministre lors d’un point presse au palais présidentiel après plusieurs jours de tractations. Si le gouvernement se voulait « largement ouverte aux forces vives de la nation », peu d’opposants ont été nommés.

Entrée de l’opposant Bruno Ben Moubamba

Principale figure de l’opposition à intégrer le gouvernement, l’ancien candidat Bruno Ben Moubamba (0,59%) est nommé vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement.

Pendant la campagne, Bruno Ben Moubamba avait été l’un des adversaires les plus virulents au président sortant. Exclu de la table des négociations lors du ralliement de Guy Nzouba-Ndama et de Casimir Oyé Mba à la candidature de Jean Ping, l’ancien candidat avait ensuite été l’un des premiers à accepter le dialogue proposé par Ali Bongo après sa victoire contestée.

Autre personnalité issue des rangs de l’opposition, Estelle Ondo. La vice-présidente d’un des principaux partis d’opposition, l’Union nationale (UN) devient quant à elle ministre de l’Économie forestière, de la pêche et de l’Environnement. « L’Union nationale ne fait pas partie de ce gouvernement », a réagi Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre et membre de l’UN, contacté par Jeune Afrique.

La Défense rattachée à la présidence

Dans l’entourage proche du président, le secrétaire général de la présidence, Étienne Massard Kabinda Makaga, conserve son poste tout en récupérant le portefeuille de la Défense nationale, qu’Ali Bongo a occupé pendant 10 ans avant de succéder à son père en 2009. C’est d’ailleurs l’un des autres faits notables de ce gouvernement : le portefeuille stratégique de la Défense est désormais rattaché au secrétaire général de la Présidence.

D’autres hommes-clés de la réélection d’Ali Bongo conservent leur place au gouvernement. À l’image du porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Alain-Claude Bilie-By-Nze, reconduit, ou de l’ancien ministre de l’Intérieur Pacôme Moubelet Boubeya, nommé aux Affaires étrangères.

« Ils ont juste récupéré les crève-la-faim »

« C’est donc cela « l’ouverture ? » La montagne a visiblement accouché d’une souris (…) Ils ont juste récupéré les crève-la-faim », a ironisé le directeur de communication de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Emane.

Près d’une semaine après la prestation de serment de Ali Bongo à un deuxième septennat, le bras de fer se poursuit entre le palais du bord de mer et Jean Ping. Jeudi, l’ancien patron de l’Union africaine, qui se proclame toujours « président élu », a appelé le 6 octobre prochain les Gabonais à respecter « une journée nationale de recueillement pour les familles endeuillées ».

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3.10, 13h11

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/03/gabon-ali-bongo-ondimba-echoue-a-constituer-un-gouvernement-d-ouverture_5007311_3212.html

Gabon : Ali Bongo Ondimba échoue à constituer un gouvernement d’ouverture

Par Christophe Châtelot

LE MONDE Le 03.10.2016 à 13h11

Réélu au terme d’un scrutin controversé et marqué par des émeutes, le président gabonais Ali Bongo Ondimba avait promis, lors de son investiture, un gouvernement « de large ouverture » pour lancer son deuxième septennat. Finalement, l’équipe présentée dimanche 2 octobre par le nouveau premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, est marquée par l’absence de toute figure de l’opposition que Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle, avait rassemblée derrière lui.

Seuls quelques acteurs mineurs de l’opposition ont sauté le pas. C’est le cas de Bruno Ben Moubamba, arrivé troisième lors du vote du 27 août, avec un score négligeable (0,59 %), qui a décroché le poste de vice-premier ministre et ministre de l’urbanisation. Estelle Ondo, vice-présidente d’un des principaux partis d’opposition, l’Union nationale, devient quant à elle ministre de l’économie forestière, de la pêche et de l’environnement.

Observateurs européens espionnés par le pouvoir

Ali Bongo Ondimba a été déclaré vainqueur avec quelques milliers de voix d’avance, à l’issue d’un scrutin très probablement entaché de fraudes. « Un coup d’état militaro-électoral », résume Jean Ping. Sans aller aussi loin, la mission d’observation de l’Union européenne déployée au Gabon avait relevé de « graves anomalies » lors de l’annonce des résultats du scrutin. Une prise de position critique que connaissaient les autorités gabonaises avant même qu’elle ne soit rendue publique, si l’on en croit les révélations publiées dans la dernière édition du Journal du dimanche. Le journal, citant des propos très détaillés, affirme en effet que les services de renseignement gabonais avaient placé les observateurs sur écoute. Cet article n’est qu’un « contre-feu » et même « de l’enfumage pour maquiller l’implication de certains observateurs en faveur de l’opposition et le jeu trouble de certains diplomates », a répondu le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, sans nier le fond de l’affaire.

L’annonce des résultats avait été suivie par 48 heures de manifestations, violemment réprimées qui s’étaient soldées par la mort de plusieurs personnes (trois selon le gouvernement, des dizaines d’après l’opposition) et des centaines d’arrestations. Un mois plus tard, environ 70 personnes sont toujours en détention, dont l’ex-député Bertrand Zibi Abeghe, qui avait démissionné en provoquant publiquement Ali Bongo pendant un rassemblement organisé par ce dernier fin juillet et l’ex-patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président passé à l’opposition, mis en examen pour « incitation à la révolte ».

Des membres en nombre du PDG de Bongo

Dans l’entourage proche du président, le secrétaire général de la présidence, Etienne Massard Kabinda Makaga, conserve son poste tout en récupérant le portefeuille de la défense nationale, qu’Ali Bongo Ondimba a occupé pendant dix ans avant de succéder à son père en 2009. D’autres hommes clés restent au gouvernement comme le porte-parole du gouvernement et ministre de la communication Alain-Claude Bilie-By-Nzé, reconduit à son poste et qui se voit adjoindre l’économie numérique, la culture et les arts. Ou encore l’ancien ministre de l’intérieur Pacôme Moubelet Boubeya, nommé aux affaires étrangères. Au bout du compte la plupart des quarante membres du gouvernement sont issus des rangs du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ex-parti unique gabonais dirigé pendant plus de quarante ans par « le président fondateur » (et père d’Ali), Omar Bongo Ondimba. « C’est donc cela l’ouverture ? La montagne a visiblement accouché d’une souris (…) Ils ont juste récupéré les crève-la-faim », se moque le directeur de communication de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi.

Le nouveau chef du gouvernement aura donc la lourde charge – outre la relance d’une économie ébranlée par la chute des cours du pétrole – de pacifier un paysage politique en ruines. Il devra pour cela faire appel à tous ses talents de diplomates, domaine dans lequel il a effectué l’essentiel de sa carrière. Né il y a 55 ans, Emmanuel Issoze Ngondet fut en effet ambassadeur en Corée du Sud avant de partir pour le siège de l’Union africaine à Addis Abeba, puis devenir le représentant du Gabon auprès des Nations unies. Jusqu’à sa dernière nomination, il occupait le poste de ministre des affaires étrangères.

Christophe Châtelot

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3.10, 8h03

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-un-nouveau-gouvernement-qui-ne-fait-pas-l-unanimite-03-10-2016-2073066_2365.php

Gabon : un nouveau gouvernement qui ne fait pas l’unanimité

La nouvelle équipe ne comprend aucun ténor de l’opposition, et peine déjà à convaincre dans cette période post-crise électorale.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

Publié le 03/10/2016 à 08:03 | Le Point Afrique

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3.10, 5h39

http://www.rfi.fr/afrique/20161003-gabon-gouvernement-ouverture-mais-pas-trop-bruno-moubamba

Gabon: un nouveau gouvernement d’ouverture, mais sans ténors de l’opposition

Par RFI Publié le 03-10-2016 Modifié le 03-10-2016 à 05:39

Au Gabon, le nouveau Premier ministre Franck Emmanuel Issoze-Ngondet a rendu public son nouveau gouvernement. Il compte 40 membres, exactement le même nombre que la précédente équipe. Le nouveau gouvernement est-il véritablement un gouvernement d’ouverture comme promis par Ali Bongo ?

C’est bien un gouvernement d’ouverture. Le numéro deux est Bruno Ben Moubamba, un jeune opposant arrivé en troisième position lors du scrutin présidentiel du 27 août dernier. Il est propulsé vice-premier ministre en charge de l’Habitat et du Logement. En revanche, aucun poids lourd ayant soutenu Jean Ping n’a intégré l’équipe. Celui qui se considère toujours comme le président élu peut se frotter les mains, son entourage politique reste soudé.

Le gouvernement compte 30 % de femmes. Il a été remanié à 50 %. Les proches d’Ali Bongo tiennent les postes clefs. Le secrétaire général de la présidence de la République, Etienne Massard Makaga, cumulera ses fonctions avec celles de ministre de la Défense. L’ex-ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya prend du galon, il est promu ministre d’Etat, chargé des Affaires étrangères.

Alain Claude Bilie By Nze grimpe aussi d’un cran : il est ministre d’Etat chargé de l’Economie numérique, de la Communication et de la Culture, et porte-parole du gouvernement. A ce titre, il s’est réjoui de ce nouveau départ pour l’équipe gouvernementale. « C’est un gouvernement qui compte des hommes et des femmes issus de l’opposition, de la société civile, mais également de la majorité républicaine qui soutient Ali Bongo. C’est un gouvernement qui a pour mission de traduire le projet de l’égalité des chances, mais également et surtout d’ouvrir ce dialogue avec toutes les forces vives de la nation », a-t-il détaillé. Un gouvernement d’ouverture donc, mais pas un gouvernement d’union nationale. « Là, on est sur l’ouverture et on verra plus tard comment amener l’opposition à intégrer encore plus ou la majorité à s’ouvrir davantage. »

Le pétrole reste entre les mains d’Etienne Ngoubou. Mathias Otounga Ossibadjouo quitte la Défense pour le Budget.

Les principaux sortants sont l’opposant Mathieu Mboumba Nziengui, ministre d’Etat et le général Flavien Nzengui Nzoundou, vice-premier ministre.

Du côté de l’opposition et du clan de Jean Ping, déclaré perdant du second tour de la présidentielle, la réaction est cinglante.

D’ouverture, il y a eu ce qu’Ali Bongo a pu obtenir. On a rarement vu un gouvernement aussi médiocre que celui-là, mais cela n’étonne personne : personne n’a voulu d’Ali Bongo comme président et personne n’a voulu de son ouverture.

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi

03-10-2016 – Par David Baché

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2.10

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2.10, 15h11

http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Les-observateurs-de-l-Union-europeenne-au-Gabon-sur-ecoute-2016-10-02-1200793217

Les observateurs de l’Union européenne au Gabon sur écoute

Dorian Malovic, le 02/10/2016 à 15h11

Selon les révélations de l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche (JDD), les services secrets d’Ali Bongo avaient mis sur écoute les observateurs de l’UE qui avaient de lourdes suspicions sur les résultats de la présidentielle.

Les membres de la mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE) envoyés au Gabon pour la présidentielle étaient sur écoute téléphonique. Pendant près d’un mois, entre le 27 août, date de l’élection et le 23 septembre, jour de la proclamation des résultats, les services secrets d’Ali Bongo n’ont rien ignoré des moindres faits et gestes des observateurs de l’UE mais surtout de leurs conversations téléphoniques. Et notamment de leur conviction profonde au terme du processus électoral : l’élection a été truquée par le camp d’Ali Bongo afin qu’il obtienne la victoire.

« Watergate au Gabon »

Sur une double page intitulée « Watergate au Gabon », Le Journal du dimanche (JDD) publie une enquête sur cette affaire étonnante, révélant des extraits des conversations échangées entre plusieurs membres de l’UE à partir d’une vingtaine d’enregistrements, « un échantillon puisé dans un ensemble certainement plus vaste ».

Alors qu’Ali Bongo a prêté serment mardi 27 septembre à Libreville après sa réélection contestée par l’opposition menée par Jean Ping, l’Union européenne devrait d’ici à deux mois publier un rapport de synthèse sur le processus électoral gabonais et le JDD de se demander « jusqu’où osera aller la Commission européenne dans la dénonciation du scrutin».

La manipulation des listes dans le Haut-Ogooué

Quelques jours à peine après le scrutin, les premiers résultats tombent, encore incomplets et non officiels. Le chef de la délégation européenne tient alors une conférence de presse qui ménage les deux camps, Ali Bongo et Jean Ping, tout en déplorant « un accès inégal lors des procédures de consolidation des résultats ».

Déjà des chiffres avancent la victoire à l’opposant Jean Ping mais les voix du Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo, ne sont toujours pas parvenus à Libreville. Les responsables de l’UE parlent entre eux, s’inquiètent et sentent déjà la manipulation des listes électorales dans le Haut-Ogooué qui feront pencher la balance en faveur d’Ali Bongo.

Les « grandes oreilles » du président Bongo

« Ils ont fait ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire », confie au téléphone Polyna Lemos, de l’UE, lorsque tout bascule en faveur d’Ali Bongo. Tout le monde craint une explosion de colère de l’opposition et envisage même un scénario violent à la congolaise. Les « grandes oreilles » du président Bongo entendent tout. Ce dernier lance une campagne d’insultes et même de menaces de mort contre un des membres de l’UE qui va devoir être « évacué d’urgence ». Fin de partie pour la mission de l’UE.

Un dénommé « Pierre », responsable de la sécurité de la délégation européenne, organise le départ des observateurs fin septembre. Le JDD dévoile une de ses conversations avec un responsable de Bruxelles et les deux hommes ne ménagent pas leurs critiques sur les observateurs : « J’ai l’impression d’être dans une ONG, dit Pierre, ce sont des gens qui ont eu des accidents de la vie. » Et son interlocuteur de confirmer  : « Oui, c’est un peu le bas de gamme. »

L’UE a dénoncé des irrégularités

Pour autant, en dépit de la naïveté de la délégation européenne qui aurait pu se douter que leurs échanges téléphoniques pouvaient être sur écoute dans un pays comme le Gabon, l’Union européenne a joué les trouble-fêtes en mettant en cause la transparence du processus électoral gabonais. Reste que les autorités gabonaises ont encore quelques révélations à faire sur les observateurs de l’UE.

Vendredi 30 septembre, la ministre de la Justice, Denise Mekam’ne, a annoncé dans un communiqué, « l’ouverture d’une enquête par les autorités judiciaires » sur la mission d’observation électorale de l’Union européenne. Venus à l’invitation du gouvernement, les observateurs européens s’étaient montrés très critiques à l’issue du processus électoral, affirmant notamment que l’analyse des résultats de la présidentielle en faveur d’Ali Bongo révélait « une évidente anomalie ».

« Nous avons récemment pu prendre connaissance d’éléments laissant apparaître des dysfonctionnements dommageables » de la mission d’observation, a prévenu la ministre gabonaise, précisant que les autorités « communiqueront aux instances de l’Union européenne l’ensemble des éléments en leur possession afin de lui permettre de diligenter à son tour les mesures qui s’imposent ». Il semble que les écoutes téléphoniques cachent encore quelques secrets.

Dorian Malovic

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2.10, 13h19

http://www.rfi.fr/afrique/20161002-gabon-observateurs-europeens-ecoute-pendant-presidentielle-bongo-ondimba-ping

Gabon: les observateurs européens sur écoute pendant la présidentielle

Par RFI Publié le 02-10-2016 Modifié le 02-10-2016 à 13:19

Les observateurs européens au Gabon étaient sur écoute pendant l’élection présidentielle 2016. Une révélation de l’hebdomadaire français le Journal du Dimanche (JDD) : on y apprend que le pouvoir gabonais suivait de près les échanges entre les experts européens.

Le Journal du Dimanche (JDD) de ce 2 octobre 2016 dit avoir récupéré une vingtaine d’enregistrements clandestins mais il y en a sans doute davantage. Des appels où l’équipe fait part de ses doutes concernant la transparence du scrutin. Plus que des doutes d’ailleurs : dans ces conversations informelles et censées rester secrètes, les Européens utilisent des termes bien moins diplomatiques que dans leurs communiqués officiels.

L’un d’entre eux explique clairement que si la publication des résultats traîne, c’est parce que « Ali Bongo sait qu’il a perdu » puis il s’interroge, « Comment vont-ils faire pour annoncer qu’il a gagné ? »

Agir par le biais des médias

Le Journal du Dimanche assure que ces écoutes n’ont pas seulement permis au pouvoir gabonais de surveiller les observateurs, elles ont également permis d’agir contre eux par le biais des médias. Par exemple, au lendemain d’un échange entre un observateur et son chef concernant une rencontre avec l’opposition, plusieurs journaux dénoncent un scandale, parlent même de corruption en citant seulement « des sources des services gabonais. »

Pour Le JDD, il ne fait aucun doute que ces sources se sont appuyées sur les écoutes téléphoniques pour cibler les observateurs et tenter de les décrédibiliser aux yeux du grand public.

Pour l’instant, la présidence gabonaise ne souhaite pas commenter ces révélations. Mais dans l’entourage du chef de l’Etat, on nuance déjà leur importance en disant – avec un sourire – que des écoutes téléphoniques, c’est finalement très banal aujourd’hui.

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2.10, 12h22

http://www.jeuneafrique.com/depeches/362024/politique/observateurs-de-lue-gabon-etaient-ecoute-assure-hebdo-francais/

Les observateurs de l’UE au Gabon étaient sur écoute, assure un hebdo français

02 octobre 2016 à 11h33 — Mis à jour le 02 octobre 2016 à 12h22

Par AFP

Les services secrets gabonais ont placé sur écoute des membres de la mission d’observation déployée par l’Union européenne pour l’élection du 27 août et les conversations attestent de leurs doutes sur la sincérité du résultat, affirme l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

Dans un article intitulé « Watergate au Gabon », le JDD publie des extraits d’une vingtaine d’enregistrements, sans préciser comment il les a obtenus, et écrit qu’une des personnes écoutées a « formellement identifié sa propre voix ».

Pour le journal, « les conversations enregistrées révèlent de lourdes suspicions de trucage des résultats », qui ont donné gagnant le président sortant Ali Bongo Ondimba face au candidat de l’opposition Jean Ping.

« Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voit pas trop », déclare fin août un membre de la mission de l’UE, non identifié, selon un de ces extraits. « Des urnes sont en cours d’acheminement à Libreville et vont faire la différence », ajoute-t-il.

Le 30 août, le responsable de la sécurité de la mission européenne, un certain Pierre B. qui est « la principale cible des services gabonais » selon le JDD, signale à un interlocuteur qu’il y a eu « des modifications de chiffres cette nuit sur Wikipedia ». « Ils ont gonflé la population du Haut-Ogooué ! C’est pas encourageant », poursuit-il.

Le lendemain, la victoire d’Ali Bongo est proclamée avec moins de 6.000 d’avances, grâce à un score de 95% dans le Haut-Ogooué (sud-est), fief de la famille Bongo, où la participation annoncée est de 99,93% des voix.

« Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’il n’allait pas faire », commente le jour-même la chef adjointe de la mission de l’UE dans un échange avec Pierre B. cité par le JDD.

Pendant deux jours, des émeutes et des pillages ont éclaté dans le pays faisant trois morts selon le gouvernement et plusieurs dizaines selon l’opposition. Jean Ping avait alors saisi la Cour constitutionnelle qui a rejeté son recours et Ali Bongo a officiellement été investi mardi pour un deuxième mandat.

Venus à l’invitation du gouvernement, les observateurs européens s’étaient montrés très critiques à l’issue du processus électoral, affirmant officiellement que l’analyse des résultats de la présidentielle en faveur d’Ali Bongo révélait « une évidente anomalie ».

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2.10, 1h31

http://www.rfi.fr/afrique/20161002-gabon-incendie-ravage-grand-marche-franceville-potos-haut-ogooue

Gabon: des questions après l’incendie d’un marché de la capitale du Haut-Ogooué

Par RFI Publié le 02-10-2016 Modifié le 02-10-2016 à 01:31

Au Gabon, le marché de Potos à Franceville au sud-est du pays est parti en fumée dans la nuit de vendredi à samedi. Le feu qui s’est déclaré vers 2h du matin a consumé près de la moitié de sa surface. Une enquête a été ouverte, mais l’incendie suscite des interrogations.

Les flammes ont été particulièrement impressionnantes. Tout Franceville a observé impuissant ce feu qui a ravagé le plus grand marché de la capitale de la province du Haut-Ogooué. Les témoins affirment que le feu est parti de la zone des dépôts. Il s’est rapidement propagé vers les magasins pour ravager ensuite les étals des petits détaillants.

Les sapeurs-pompiers arrivés une heure et demie après ont eu tout le mal du monde à circonscrire les flammes. Le marché construit de façon anarchique avec des tôles et du bois s’est consumé comme une boite d’allumettes. Plusieurs jeunes ont profité du chaos pour voler des marchandises.

Les causes exactes de ce sinistre ne sont pas encore connues. En cette période de crise post-électorale, de nombreux Francevillois parlent d’un incendie volontaire pour punir cette province qui a favorisé la réélection d’Ali Bongo.

Un haut cadre de la localité privilégie un incendie accidentel. « C’est le troisième incendie du genre », explique ce dirigeant qui reconnaît aussi que plusieurs jeunes ont été interpellés, mais tous ont été libérés faute de preuves. Une enquête a été ouverte.

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1.10

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1.10

NB : http://info241.com/IMG/pdf/jdd_gabon.pdf

http://www.lejdd.fr/International/Afrique/EXCLUSIF-Ali-Bongo-a-fait-espionner-les-observateurs-europeens-813781

International  |  1 octobre 2016  |  Mise à jour le 2 octobre 2016

INFO JDD. Ali Bongo a fait espionner les observateurs européens

Le JDD révèle que le régime d’Ali Bongo avait placé sous surveillance plusieurs membres de la délégation européenne. Selon les observateurs écoutés, la triche électorale ne fait aucun doute.

Ali Bongo lors d’une allocution télévisée le 27 septembre dernier (Reuters)

Les observateurs de l’Union européenne au Gabon étaient sur écoute. Anne, Jean-Jacques, Poylna, Xavier, Pierre, Magdalena… Pour le régime gabonais, ce sont des prénoms, mais aussi des voix. Pendant ces heures tragiques entre le 27 août, date de l’élection, et le 23 septembre, jour de la proclamation des résultats, les services secrets d’Ali Bongo savaient tout de leurs faits et gestes, mais aussi de leurs convictions : l’élection a été truquée. « Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire », réagit à chaud, le 31 août, la chef adjointe de la mission, en découvrant les scores d’Ali Bongo. En privé, comme ces écoutes en témoignent, on est loin du langage diplomatique…

Notre retour, en frise chronologique, sur un mois de crise post-électorale

Menacé de mort, un observateur a dû être exfiltré du Gabon

Le JDD révèle une vingtaine d’enregistrements clandestins, un échantillon puisé dans un ensemble certainement plus vaste, qui dévoilent l’existence de ce Watergate gabonais. D’ici à deux mois, les émissaires de Bruxelles doivent rendre un rapport de synthèse. Alors qu’Ali Bongo a prêté serment en début de semaine, s’estimant élu pour un nouveau mandat de sept ans, jusqu’où osera aller la Commission européenne dans la dénonciation du scrutin? La révélation de ces écoutes, et de leur contenu, éclairent d’un jour particulier le climat qui a entouré l’élection et les agissements du pouvoir pour en maîtriser l’issue.

D’autant que le régime gabonais ne s’est pas contenté d’écouter…  Les informations collectées par ses services secrets semblent avoir permis de cibler des observateurs de l’Union européenne et de lancer contre eux de violentes accusations dans des journaux gabonais. L’un des observateurs, jugé « hostile » aux autorités de Libreville, a même été menacé de mort et a dû être exfiltré du Gabon. Ces écoutes permettent de comprendre pourquoi. Elles entrouvrent la porte sur les méthodes d’un pouvoir de plus en plus contesté.

Laurent Vadiguié – Le Journal du Dimanche

Pour lire notre enquête exclusive, retrouvez le JDD en kiosques, sur iPad ou sur Internet.

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1.10, 13h35

http://www.rfi.fr/afrique/20161001-gabon-reseaux-sociaux-retablis-retour-progressif-normale

Gabon: des réseaux sociaux rétablis et un retour progressif à la normale

Par RFI Publié le 01-10-2016 Modifié le 01-10-2016 à 13:05

Au Gabon, les réseaux sociaux tels que Facebook, Whatsapp, Viber, Skype et les autres qui avaient été totalement coupés sans explication durant près d’un mois, viennent d’être rétablis. C’est le grand soulagement pour les internautes. Par ailleurs, l’opposant Féfé Onanga, proche de Jean Ping, a été remis en liberté provisoire.

Margot est soulagée. Elle peut à nouveau faire des appels vidéo avec le père de son enfant qui est en France.

La coupure d’internet et surtout le verrouillage des réseaux sociaux est l’un des mauvais souvenirs que les Librevillois gardent de la crise post-électorale qui a secoué le Gabon comme l’illustrent ces témoignages : « On était vraiment éprouvés à ces moments-là ». « Nous étions énervés ; nous étions tristes. On nous a coupé la liberté d’expression, en fait. C’est vraiment dommage ».

« De toute façon, j’avais Facebook. J’ai contourné la censure ». « Mon téléphone n’avait plus de sens. C’était vraiment embêtant pour nous ». « Toutes les maisons de téléphone mobile devraient, au moins, faire un communiqué pour présenter des excuses aux consommateurs ».

François Ndjimbi est patron de Gabonreview. Son journal en ligne a gravement souffert durant cette période. « Quand le net se coupait à 18 heures, on n’avait pas mis en ligne toute la livraison. C’était quand même compliqué. J’aimerais juste qu’on me justifie pourquoi on a coupé ça. Qu’est-ce qu’on voulait cacher ? Qu’est-ce que cela pouvait permettre ? », se demande-t-il.

Selon une source officielle, la coupure d’internet et des SMS a provoqué une perte d’environ 8 milliards de francs CFA auprès des quatre opérateurs de téléphonie mobile.

Un proche de Jean Ping en liberté provisoire

Au Gabon, « soixante-dix personnes environ sont toujours en détention au dont plusieurs figures de l’opposition », selon les chiffres donnés par l’Agence France Presse (AFP) et « une trentenaire de personnes » ayant fait l’objet d’un jugement en comparution immédiate sont toujours incarcérées, « le temps de l’instruction ». Elles devraient être fixées sur leur sort lors d’une audience prévue mardi 4 octobre.

Plusieurs autres opposants ont bénéficié de libérations conditionnelles. C’est le cas de Féfé Onanga, président de l’association Mouvement populaire des radicaux (MPR) et coordonnateur de la campagne de Jean Ping. Il avait été arrêté à Port-Gentil le 23 septembre, accusé d’incitation à la violence. Il a été libéré, le matin du vendredi 30 septembre, mais son dossier a été renvoyé devant un juge d’instruction. Féfé Onanga dit avoir été détenu pour des motifs politiques. Il se décrit comme un bouc émissaire et demande des preuves de ce dont on l’accuse.

« Moi, j’attends la preuve, si vous avez un témoin à charge, si vous avez les éléments sonores, si vous avez des photos qui justifient que j’ai tenu une réunion et que j’étais là, devant les gens en train de dire : cassez, brûlez. C’est de manière spontanée que les gens, ici, réagissent. Il n’y a pas quelqu’un qui les incite à faire cela. Ce sont juste des rumeurs et on m’arrête suite à cela… Ce sont des supputations. Je suis toujours poursuivi. Ce sont des cabales politiques pour empêcher de faire entendre la voix de Jean Ping, dans l’Ogooué-Maritime. C’est ma mobilisation qui est très gênante. Rien ne me fera reculer. J’ai dit à monsieur Jean Ping que s’il avance, nous avançons. C’est clair. Nous irons jusqu’au bout de sa logique. Je ne veux pas enfreindre la loi mais je ne me laisserai pas intimider », a déclaré, à RFI, Féfé Onanga.

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30.9

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30.9, 23h45

http://regismarzin.blogspot.fr/2016/10/1er-octobre-2016-paris-les-gabonais-e-s.html

1er octobre 2016, Paris : les gabonais-e-s demandent à Hollande de dire la vérité 

Ils et elles étaient ce matin à 11 heure devant l’Elysée, et, sont venu-e-s à 2000 marcher et protester contre le second coup d’Etat électoral d’Ali Bongo. La manifestation, de nouveau de Trocadéro à l’ambassade, est très jaune, affichant son soutien à Jean Ping, le président élu, même si beaucoup défendent beaucoup plus les principes démocratiques que le leader lui-même. La foule est aussi toujours concentrée sur les nombreux prisonniers politiques, dont les noms sont affichés sur différentes pancartes : Bertrand Zibi, Ngoma, Rodney Ekorezok, Jean-Rémy Yama,… La référence à la CPI est très visible.

Deux jours après le scandale de la déclaration du Ministre des affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault : « Ce que nous voulons ce n’est pas la déstabilisation du Gabon ; et pour ça il y a besoin que l’Union africaine, qui a commencé à le faire, joue son rôle pour encourager Bongo à chercher une politique de rassemblement parce que je pense que c’est l’intérêt du Gabon mais c’est aussi l’intérêt de toute l’Afrique.», le Parti socialiste se retrouve totalement divisé par cette validation surprise du coup d’Etat électoral par le gouvernement. Les gabonais-es de France exigent rapidement une prise de position de François Hollande. Ils et elles l’affichent : « François Hollande, le tribunal de l’histoire t’attend au Gabon », et le crient : « François Hollande : dit la vérité ! ».

Ce qui choque le plus les analystes avertis, c’est que le dérapage de Jean-Marc Ayrault a provoqué un conflit inutile avec l’exécutif européen. En propageant l’injonction paradoxale absurde d’une réconciliation des victimes avec leur bourreau et voleur récidiviste, il s’est attaqué à la position européenne ferme sur la question technique du processus électoral. Si l’on peut regretter que Fédérica Moghérini ait renvoyé la poursuite de la gestion de la crise vers l’Onu impuissante et l’Union africaine dominée par les dictateurs, on ne peut que constater sa fermeté sur la qualité du processus électoral en raison de sa Mission d’observation, surtout que cette mission d’observation européenne, le 25 septembre, a regretté que « la Cour Constitutionnelle n’ait pas été en mesure de rectifier de manière satisfaisante les anomalies observées lors du recensement des votes. »

Jean-Yves le Drian a pris sur lui de se salir au maximum dans le gouvernement en s’affichant constamment depuis 4 ans dans l’alliance avec le dictateur tchadien Idriss Déby. Le ministre de la défense est connu pour son indifférence à la lutte pour la démocratie en Afrique. En février 2014, François Hollande, Laurent Fabius et lui avaient dû faire venir Idriss Déby à Paris pour lui imposer de retirer ses soldats de Centrafrique alors qu’ils y étaient manifestement pour soutenir la Séléka, accusée de nombreux massacres. Aujourd’hui, une nouvelle position ferme contre Idriss Déby serait nécessaire, d’autant plus qu’il a instrumentalisé son mandat de président de l’Union africaine pour travailler pour son intérêt personnel : le maintien des dictatures menacées par les élections en Afrique centrale.

Le président tchadien est venu sauver le tyran gabonais de la noyade, en envoyant des juristes dans un théâtre de fausse légalité évident, plaçant ainsi le pays dans une impasse, dans le cercle vicieux de l’impunité, de la répression, et des élections fraudées. Alors qu’il vient lui-même de commettre son propre coup d’Etat électoral, il est venu sauver Ali Bongo à la manière de Nicolas Sarkozy en 2009. Il est probable que Jean-Yves Le Drian, très silencieux, tente en coulisse d’empêcher le gouvernement français d’être ferme face à la nouvelle catastrophe annoncée provoquée par son allié.

François Hollande est de plus en plus distant vis-à-vis des crises africaines, se concentrant dernièrement sur le Congo-Kinshasa plus simple pour lui. Pourtant, s’il disait la vérité sur les massacres au Gabon, la vérité sur la Cour constitutionnelle, qui n’a ni vérifié les procès verbaux, ni recompté, et qui a ainsi avoué sa complicité dans l’inversion du résultat, il ferait d’une pierre deux coups. Il arbitrerait les différentes positions internes du PS et montrerait le soutien du gouvernement français à la démocratie en Afrique. Le PS peut-il supporter un clivage interne des plus sensibles pour les diasporas africaines ? Celles-ci n’ont pas oublié le coup de couteau dans le dos du peuple congolais en octobre 2015.

Aujourd’hui, certain-e-s mettent en jeu leur vote en 2017: « Mon vote en France contre Ali », « Si la France ne retire pas les paroles du ministre Ayrault, le PS peut dire adieu à nos votes ». Cette position est contestée par d’autres, mais au Gabon, la réaction à la trahison française, si elle se confirme, ne sera peut-être pas si rationnellement étayée. Les ministres français ont-ils bien mesuré la volonté du peuple gabonais d’en finir avec la famille Bongo, quel que soit le temps que cela prendra ?

Régis Marzin, Paris, 1er octobre 2016. Plus d’informations à suivre…

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30.9 matin

http://www.rfi.fr/emission/20160930-gabon-jean-ping-ali-bongo-coup-etat-hold-up-militaro-electoral-presidentielle

Jean Ping sur RFI: Ali Bongo «procède à un hold-up militaro-électoral» au Gabon

Par Jean-Jacques Louarn

Diffusion : vendredi 30 septembre 2016

Au lendemain de la présidentielle du 27 août, le Gabon est confronté à une crise post-électorale. Jean Ping a demandé jeudi 29 septembre à la communauté internationale de « prendre des sanctions ciblées » contre les responsables de ce qu’il appelle un « coup d’Etat militaro-électoral », réaffirmant qu’il ne « reconnaîtrait pas le pouvoir d’Ali Bongo ». Jean Ping sort de son silence. Est-il « KO debout » ? A-t-il cru réellement pouvoir accéder au fauteuil suprême ? Quel va être sa stratégie désormais ? Quelles initiatives va-t-il prendre ? A toutes ces questions, Jean Ping répond ce matin.

RFI : Certains vous disent KO, sonné. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? KO ou combatif ?

Jean Ping : Je ne peux pas être KO. On ne peut pas être KO quand on sait qu’on a le peuple avec soi, le droit avec soi et la communauté internationale avec soi. On ne peut pas être KO.

Vous appelez chacun à la résistance active, c’est-à-dire ? Des grèves nationales ? Des journées « ville morte » ? Des marches ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Ça veut dire, tout simplement, que nous avons en face de nous quelqu’un qui a usurpé les résultats des élections, qui a fait un coup d’Etat militaro-électoral, qui a pris le pouvoir, qui veut le conserver encore sept ans. Ça veut dire 57 ans de pouvoir. Et ils utilisent tous les moyens pour y arriver. Et je crois que, cette fois-ci, le peuple ne veut plus de ça.

Le nouveau Premier ministre Issoze-Ngondet a annoncé la formation d’un gouvernement d’ouverture, en direction des partis et de la société civile. Ne craignez-vous pas qu’il débauche certains qui vous ont rallié ?

Oh, mais c’est certain, c’est certain ! Ça se passe toujours comme ça, ici comme chez vous ! Ça se passe toujours comme ça. Il va à la pêche, il va « pêcher » les gens. Nous le savions depuis le départ. Il n’y a rien d’étonnant à cela.

Aujourd’hui, vous dites quoi ? « Je suis le président, le mandat d’Ali Bongo va s’achever » ? Ne placez-vous pas ainsi le Gabon dans une impasse totale ?

Non. Moi, je ne place pas le Gabon dans une impasse totale. C’est lui qui place le Gabon dans une impasse totale. Il n’a pas gagné les élections, il le sait. Il procède à un « hold-up » militaro-électoral, il cherche à se faire légitimer par tous les moyens, voilà.

Vous annoncez organiser un dialogue inclusif. Avec qui ? C’est-à-dire ?

C’est simple : le dialogue est quelque chose qu’on ne peut pas négliger. Surtout lorsque le pays traverse une crise aussi grave. Je pense simplement que le dialogue doit être organisé par celui qui a gagné les élections, avec tous les Gabonais. Pas par celui qui n’a pas gagné et qui cherche un dialogue juste pour se faire légitimer ! Et de surcroît, il vous appelle au dialogue revolver sur la tempe, les Mirage qui terrorisent les populations à basse altitude, les hélicoptères d’attaque, les emprisonnements, les tueries… Est-ce un dialogue, ça ? Ce n’est pas un dialogue !

Diriez-vous qu’Ali Bongo ne tient pas compte de vos 47 % de voix ?

Ali Bongo ne tient pas compte de ma victoire ! Quels 47 % des voix ? Les 47 % des voix qu’il a annoncés et préfabriqués ? Vous connaissez la vérité ! Donc, ne nous dites pas des choses qui sont contraires à la vérité.

Ecartez-vous toute violence, M. Jean Ping ?

La violence est pratiquée par Ali, pas par nous ! Vous étiez ici à Libreville. Les avions à réaction qui volent à basse altitude, c’est contre qui ? Les hélicoptères d’attaque, c’est contre qui ? Les arrestations arbitraires, c’est contre qui ? Les morts qui ne cessent de s’accumuler, c’est contre qui ? Il y a une volée de violence disproportionnée de l’Etat. Nous, nous n’avons tué personne, nous n’avons pas d’armes.

Aviez-vous pensé sincèrement, à un moment donné, pouvoir gagner l’élection et qu’Ali Bongo quitterait le pouvoir ?

Bon, nous l’avons réellement pensé. Nous avons pensé que, pour une fois, il pourrait céder à la volonté populaire unanime. Mais nous connaissons l’homme. Il a voulu en 1985 se faire proclamer prince héritier, faire passer le président Bongo pour un roi. Et il est dans cette posture. Il pense qu’il va régner à perpétuité sur le Gabon et, après lui, ce sera son fils. Mais on n’entre pas au XXIe siècle à reculons. Tous ceux qui ont tenté de jouer à ce jeu-là ont fini par perdre. Qu’ils s’appellent Idi Amin Dada ou tout ce que vous voulez.

La communauté internationale vous a conseillé lourdement de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle. Vous l’avez fait. Le regrettez-vous aujourd’hui ?

Oui et non. Non, parce que si nous ne l’avions pas fait, la communauté internationale nous aurait accusés de ceci ou de cela, de ne pas vouloir respecter les règles. Nous l’avons donc fait en pensant que la communauté internationale jouerait à son tour son rôle. Et ça n’a pas été le cas. Nous pensons que la communauté internationale doit maintenant jouer son rôle.

Diriez-vous que vous avez été dupe à un moment donné ?

Non, je viens de vous dire ! Dupe, ce n’est pas le mot qui convient. La communauté internationale nous a forcé la main en nous disant : cette fois-ci, ça pourrait bien se passer. Nous avons dit oui, parce que les communiqués de la communauté internationale sont clairs, les engagements pris étaient clairs. L’Union européenne a fait tout ce qu’elle pouvait et, malheureusement, ce que nous craignions est arrivé ! Nous, qui connaissons ces gens et nous, qui avons dit que la Cour constitutionnelle, c’est la tour de Pise qui penche toujours du même côté.

Je retire le mot « dupe ». Pourrait-on dire que vous avez été à un moment donné ou que vous êtes aujourd’hui – pardonnez-moi l’expression – le « dindon de la farce » ?

Vous pouvez employer tous les mots que vous voulez, vous pouvez employer tous les mots que vous voulez… Nous savons simplement que la direction qu’on nous a demandé de prendre n’était pas la bonne. Nous avons fait ce qu’on nous demandait de faire. Aux autres de faire ce qu’ils ont promis de faire.

Le Gabon se réveille coupé en deux ?

Non, le Gabon n’est pas coupé en deux ! Le Gabon, c’est le Gabon, avec une bande de voyous qui ont pris le Gabon en otage. Et la population gabonaise dans son ensemble est en danger. Elle appelle la communauté internationale à une assistance à population en danger. Voilà, c’est clair.

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30.9, 18h25

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/30/97001-20160930FILWWW00305-gabonviolences-un-hebdo-suspendu-un-mois.php

Gabon/violences: un hebdo suspendu un mois

Par lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 30/09/2016 à 18:25 Publié le 30/09/2016 à 18:22

Un hebdomadaire a été suspendu pour un mois au Gabon pour un article publié le 20 septembre évoquant des « escadrons de la mort » à l’oeuvre pendant le pic des violences post-électorales de fin août.

« Le Mbandja » a été suspendu par le Conseil national de la communication (CNC) le 22 septembre deux jours après la parution de son article « Crise post-électorale: un officier de la GR (Garde républicaine) charge Ali Bongo« , selon un communiqué du CNC dont l’AFP a eu connaissance aujourd’hui.

Sous couvert de l’anonymat, l’officier de la GR y parlait d' »escadrons de la mort » censés à l’oeuvre pour réprimer les violences dans la capitale sur des « instructions reçues d’Ali Bongo et de Frédéric Bongo », demi-frère du président et directeur général des Services spéciaux (renseignements et sécurité nationale). L’article affirmait que « le nombre exact des morts s’élevait à 212 » pendant les violences post-électorales du 31 août au 4 septembre. Le gouvernement parle de trois morts, l’opposition de plusieurs dizaines.

Le même témoignage cité par le journal affirme que plusieurs corps devaient être enterrés dans une « fosse commune » à la Cité de la démocratie, un vaste complexe sécurisé de Libreville, tandis qu’une autre partie des cadavres devaient être « transportés » dans une des trois morgues de la capitale, Casepga, à laquelle des journalistes se sont vu interdire l’accès à plusieurs reprises.

Selon le CNC, les allégations relayées par le journal « sont de nature à inciter au soulèvement populaire contre le président de la République Ali Bongo Ondimba, toutes choses ‘interdites par les dispositions des articles 94 de la Constitution et 3 du Code de la communication' ». « Dans le cas où le comportement dénoncé persistait, le CNC se réserve le droit d’infliger à l’organe de presse Le Mbandja, une interdiction provisoire de paraître d’une durée de trois mois », a averti le Conseil national de la communication.

lefigaro.fr avec AFP

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30.9, 17h35

http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Au-Gabon-enquete-bras-silence-2016-09-30-1200793004

Laurent Larcher, le 30/09/2016 à 17h35

La Cour pénale internationale (CPI) se penche sur la crise gabonaise. Alors qu’un nouveau premier ministre a été nommé, le principal opposant, Jean Ping, entre en résistance

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi 29 septembre, qu’elle allait procéder à un examen préliminaire concernant la situation au Gabon « afin de déterminer si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis », a-t-elle précisé dans un communiqué.

La CPI saisi par le camp d’Ali Bongo

Compétente pour poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, la CPI avait été saisi par le gouvernement gabonais le 21 septembre contre le camp de son principal opposant, Jean Ping. Il lui attribue des « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité ».

D’après un collectif d’avocats qui comptait aussi saisir la CPI, deux plaintes de ressortissants franco-gabonais ont aussi été déposées en France le 21 septembre, mais cette fois pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité ».

Des violences post-électorales

Plusieurs personnes ont été tuées au Gabon depuis le 31 août, date de la première proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août qui a donné la victoire à Ali Bongo. Selon les sources, le bilan varie de 3 à une centaine de tués. « Une majorité a été tuée au début du mois de septembre », assure l’abbé Bruno Ondo Mintsa, responsable du site Gabon witness qui recense les victimes et les disparitions au Gabon. « Les exécutions politiques et extrajudiciaires ont continué ensuite, poursuit-il. Avec mon réseau, nous avons établi qu’il y avait une centaine de tués et une centaine de disparus. Ce qui se passe chez nous est très grave. »

Jean Ping en appelle à la Communauté internationale

Silencieux depuis dimanche 25 septembre, Jean Ping a pris la parole jeudi 29 septembre pour appeler la communauté internationale à « prendre des sanctions ciblées à l’encontre des personnes qui se sont rendues coupables de ce coup d’État militaro-électoral ». Il a refusé de dialoguer avec le pouvoir et a appelé les Gabonais à une journée ville morte, le 6 octobre. Mais plus le temps passe, plus Jean Ping semble à son tour isolé sur la scène internationale. Nombre de présidents africains, notamment tous les ténors de l’Afrique francophone, ont félicité Ali Bongo pour sa victoire.

Incapable de se désolidariser de ses précieux alliés africains, la France elle-même joue la carte de l’apaisement par la voix du ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Ce dernier, jeudi 29 septembre, a clairement demandé à Jean Ping d’accepter le fait accompli : « Il y avait des doutes. Il en reste encore. Maintenant il y a un président qui a été proclamé élu (…) Ce que nous encourageons maintenant, c’est le dialogue pour la suite de l’histoire du Gabon. »

Emmanuel Issoze Ngondet, nouveau premier ministre

Au lendemain de sa prestation de serment, Ali Bongo a nommé Emmanuel Issoze Ngondet, premier ministre. Diplomate pendant une vingtaine d’années, le nouveau chef de gouvernement a été successivement ministre de l’énergie, des relations avec le Parlement, du budget. Depuis 2012, il était le responsable de la diplomatie gabonaise. Il est chargé par Ali Bongo de composer un « gouvernement d’ouverture ». La liste de ce prochain gouvernement devrait être annoncée dimanche 2 octobre.

Silence de la hiérarchie catholique

Depuis l’arrêt de la Cour constitutionnelle confirmant la victoire d’Ali Bongo, dans la soirée du vendredi 24 septembre, la hiérarchie catholique n’a pas pris position. Pourtant, le 20 septembre, elle avait demandé dans une déclaration officielle, que la vérité des urnes doit être respectée. Dans un entretien accordé à La Croix, le 5 septembre, Mgr Madega, le président de la conférence épiscopale était très claire sur le sujet. « Mgr Madega est à Rome depuis plusieurs jours. Il lui est difficile, dans ces conditions, de prendre la parole au nom de l’église gabonaise », explique le P. Bruno Ondo Mintsa.

Laurent Larcher

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30.9, 16h12

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/30/a-libreville-tant-qu-on-ne-voit-pas-de-corps-on-ne-peut-rien-dire_5006304_3212.html

A Libreville : « Tant qu’on ne voit pas de corps, on ne peut rien dire »

Par Cyril Bensimon (Libreville, envoyé spécial)

LE MONDE Le 30.09.2016 à 16h12 • Mis à jour le 30.09.2016 à 16h40

Où est Gildas ? Assis à l’ombre d’un manguier aux côtés de Pierre, son cadet, Serge cherche des réponses à l’absence de leur jeune frère de 33 ans, « un enfant calme qui s’occupait de son petit métier d’ébéniste ». Libreville, la capitale du Gabon, bruisse d’inquiétantes rumeurs sur l’existence d’un charnier, d’escadrons de la mort, mais ce chef d’entreprise refuse d’envisager le pire. Gildas est porté disparu depuis un mois.

« Le 31 août, nous étions là à parler de tout et de rien, raconte calmement Serge en désignant la demeure familiale. Quand les résultats [de l’élection présidentielle soldée par la réélection contestée du président sortant, Ali Bongo Ondimba] sont tombés, il a décidé d’aller au quartier général de Jean Ping », le candidat déçu de l’opposition. Ce « partisan de l’alternance » était alors accompagné de son cousin, mais celui-ci l’a abandonné en cours de route pour aller recharger son téléphone portable. « Je me dis qu’il était parti sur le boulevard Triomphal pour la manifestation devant l’Assemblée nationale et la RTG [télévision nationale]. Il était environ 18 heures, 19 heures », poursuit Serge.

Aucun signe de vie depuis. « On a essayé de l’appeler, mais son téléphone ne passait plus. Trois jours plus tard, on a appris qu’il y avait eu des arrestations après l’incendie de l’Assemblée nationale. Nous sommes allés dans les commissariats, mais on nous a dit qu’il n’était pas là. Puis dans les hôpitaux. Puis à la morgue de Casep GA [une société de pompes…

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30.9, 13h09

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-la-cpi-declenche-sa-machine-judiciaire-30-09-2016-2072566_2365.php

Gabon : la CPI déclenche sa machine judiciaire

C’était une demande du gouvernement gabonais. La Cour pénale internationale annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les violences postélectorales.

Par Source AFP

Publié le 30/09/2016 à 13:09 | Le Point Afrique

La procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi qu’elle allait procéder à un examen préliminaire concernant la situation au Gabon, pays divisé par des violences postélectorales, qui ont engendré des morts et des arrestations par centaines.

Il faut déjà réunir les critères

Le gouvernement de la République gabonaise lui a demandé le 21 septembre de « bien vouloir ouvrir sans délai une enquête », faisant part de « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité » qu’il attribue aux militants favorables au candidat d’opposition Jean Ping. « Mon bureau procédera à un examen préliminaire de la situation afin de déterminer si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis », a précisé dans un communiqué Fatou Bensouda. Le Gabon a connu un pic de violences de quarante-huit heures après l’annonce, le 31 août, de la victoire du chef de l’État sortant Ali Bongo Ondimba, qui a prêté serment mardi pour un deuxième septennat.

S’autoproclamant « président élu » et dénonçant des fraudes électorales dans un fief de M. Bongo, Jean Ping avait saisi la Cour constitutionnelle, qui a rejeté son recours. Des centaines de personnes avaient été arrêtées début septembre, 407 avaient été relâchées, 393 déférées au parquet de Libreville et 31 incarcérées, avait indiqué le procureur. D’autres personnalités avaient été arrêtées fin septembre de façon plus ciblée avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. Dans sa requête adressée au bureau de la procureur signée par la ministre de la Justice Denise Mekamne Edzidzie, la République gabonaise souligne que « les propos tenus par monsieur Jean Ping à l’occasion d’un meeting constituent une incitation au crime de génocide », évoquant une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux où le candidat disait vouloir « se débarrasser des cafards ». L’examen préliminaire permet de déterminer, « en toute connaissance de cause, s’il existe ou non une base raisonnable pour ouvrir une enquête », a précisé Mme Bensouda, c’est-à-dire si elle a compétence pour enquêter, si l’affaire est recevable ou si la situation ressort de sa juridiction, notamment.

Deux requêtes pour un pays ?

Le 21 septembre, deux plaintes de ressortissants franco-gabonais avaient été déposées en France à la suite des violences postélectorales au Gabon après la victoire de M. Bongo à la présidentielle, selon un collectif d’avocats qui comptait aussi saisir la CPI. Les plaintes avaient été déposées pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité ». Basée à La Haye, la CPI est compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002. Au total, 123 États, dont le Gabon, ont à ce jour adhéré au statut de Rome, traité fondateur de la Cour.

Des examens préliminaires ont pour l’instant été ouverts en Afghanistan, en Colombie, en Guinée, en Irak, au Nigeria, en Palestine, en Ukraine et récemment au Burundi.

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30.9, 10h36

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/30/duel-gabonais-en-vue-a-la-cpi_5005956_3212.html

Duel gabonais en vue à la CPI

Par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

LE MONDE Le 30.09.2016 à 10h36

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a annoncé, jeudi 29 septembre, l’ouverture d’un examen préliminaire sur la situation au Gabon. Une décision qui ne vaut pas enquête, loin s’en faut, mais constitue plutôt un accusé de réception à la requête déposée le 21 septembre par la ministre de la justice, Denise Mekamne Edzidzie, au nom du gouvernement gabonais.

A la suite de l’élection présidentielle du 27 août, et de la victoire revendiquée deux jours plus tard par Jean Ping, l’adversaire d’Ali Bongo Ondimba, « le Gabon a été le théâtre d’émeutes et d’exactions graves », écrit Libreville dans sa plainte à la cour, et n’hésite pas à parler « d’incitation au génocide » et de « crimes contre l’humanité ».

Le pays a été secoué par des violences post-électorales qui ont fait au moins 27 morts, des dizaines de blessés et de disparus. La réélection d’Ali Bongo Ondimba, finalement validée par le Conseil constitutionnel le 24 septembre, est contestée par l’opposition et a été froidement accueillie à l’étranger.

Dans sa plainte, le gouvernement du président Bongo évoque un meeting du candidat de l’opposition au cours duquel il aurait invité la foule à se « débarrasser des cafards », dans le but « d’éliminer une partie de la population gabonaise ». La plainte dénonce aussi, pêle-mêle, le saccage de bâtiments publics, un piratage informatique « destiné à fausser les résultats des élections », une conversation téléphonique entre Jean Ping et Mamadi Diané, un membre du cabinet du président ivoirien Alassane Ouattara – écarté après cet épisode – conseillant de mettre « la pagaille totale » au Gabon. Enfin, le gouvernement n’hésite pas à qualifier de « crime contre l’humanité » la présence « d’un individu ligoté » dans les locaux de campagne de Jean Ping et découvert par des gendarmes.

Aveu d’échec

Les faits relatés dans le document ne relèvent, juridiquement, ni de génocide, ni de crimes contre l’humanité, mais, comme pour pallier cette faiblesse, le Gabon demande à la procureure « de mobiliser d’ores et déjà vos services concernant les actes susceptibles de survenir ».

Lorsque les Etats se tournent officiellement vers la CPI, le bureau du procureur ouvre systématiquement un examen préliminaire, qui consiste d’abord à déterminer si des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre ou un génocide ont été commis. Puis à vérifier si l’Etat ne peut, pour des raisons politiques ou logistiques, en juger les auteurs devant ses propres tribunaux. En se tournant vers la CPI, les autorités gabonaises font aveu de l’échec de leurs propres institutions et prennent le risque qu’elle se retourne contre elles. Dans le communiqué annonçant l’ouverture de son examen préliminaire, le bureau du procureur précise d’ailleurs que lorsque des documents « identifient des responsables potentiels », il n’est « ni lié ni contraint par les informations qu’il contient » pour déterminer d’éventuelles cibles.

Après la répression des émeutes qui ont suivi le scrutin, Jean Ping avait lui-même menacé d’un recours à la CPI. « Cette saisine constitue un contre-feu à nos propres enquêtes, conduites depuis plusieurs semaines, estime Me Emmanuel Altit, l’un de ses avocats. Notre enquête remonte aux violences post-électorales de 2009, et aux crimes commis contre des dizaines de civils, jusqu’en 2016. C’est un continuum de répression. » L’avocat parisien a l’intention de déposer des éléments devant la Cour, mais n’a pas indiqué de date. « L’Etat gabonais s’est piégé lui-même », commente-t-il, se félicitant de pouvoir alimenter un dossier ouvert par la cour grâce à l’initiative du gouvernement gabonais.

Stéphanie Maupas La Haye, correspondance

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29.9

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29.9, 22h32,

http://www.rfi.fr/afrique/20160929-gabon-jean-ping-appelle-partisans-une-resistance-active

Gabon: Jean Ping appelle ses partisans à une «résistance active»

Par RFI Publié le 29-09-2016 Modifié le 29-09-2016 à 22:32 + Modifié le 30-09-2016 à 10:28

Le bras de fer continue au Gabon entre pouvoir et opposition. Ce jeudi 29 septembre, Jean Ping s’est de nouveau adressé à ses partisans. L’opposant reste toujours sur ses positions. Il sera l’invité Afrique de RFI ce vendredi, à partir de 6h43, heure de Paris.

Alors que coup sur coup, son camp a subi le verdict de la Cour constitutionnelle et l’investiture d’Ali Bongo, Jean Ping résiste et lance même une offensive. A son domicile, devant les caméras et ses partisans rassemblés autour de sa piscine, l’opposant est arrivé sourire aux lèvres, en esquissant quelques pas de danse. Mais dès qu’il a pris le micro à la tribune, le ton a changé. Il a de nouveau dénoncé ce qu’il appelle un « coup d’Etat militaro-électoral » du pouvoir. Et il a affiché sa détermination à assumer ses responsabilités de président élu.

Jean Ping a donc campé sur ses positions. Il ne reconnaitra pas la victoire du président Ali Bongo qui, dit-il, a les mains souillées du sang des Gabonais. Quant au gouvernement d’union proposé par le pouvoir, sans surprise, il l’a balayé d’un revers de main. « Quel dialogue ? Avec qui, et dans quel but ? Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peuple et battu par les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l’élection de venir dialoguer avec lui. Il le demande de surcroit le revolver sur la tempe, les hélicoptères d’attaque et les Mirage volant à basse altitude au-dessus de nos maisons. Nous n’irons à aucun dialogue sous l’égide de cet imposteur », a lancé Jean Ping.

Ces propos contrastent avec ceux prononcés quelques heures plus tôt par le nouveau Premier ministre. Emmanuel Issoze-Ndonget a confirmé que son équipe serait dévoilée dimanche. Il déclare que les contacts sont en cours en vue de former un gouvernement d’ouverture. « J’ai été instruit de proposer un gouvernement largement ouvert aux forces vives de la nation qui répondent aux exigences d’une République plus juste et plus solidaire. Les consultations relatives sont en cours, en particulier avec toutes les forces politiques du pays, ainsi qu’avec la société civile », a indiqué Emmanuel Issoze-Ndonget.

A l’inverse, Jean Ping appelle les Gabonais à une « résistance active ». Pour lui, le peuple doit faire obstacle « avec la plus grande détermination » à ce qu’il nomme « cette nouvelle imposture ». Jean Ping estime que les victimes des violences ne doivent pas être mortes pour rien.

Pour autant il demande un engagement dans le respect des normes internationales en matière de démocratie et en accord avec l’éthique républicaine. Il a donc listé une série d’initiatives. Il a invité le peuple à observer le 6 octobre une journée nationale de recueillement pour les morts et de compassion pour les familles endeuillées.

Jean Ping n’exige plus seulement de la communauté internationale qu’elle prenne ses responsabilités ; il lui demande cette fois des sanctions ciblées contre les responsables du « coup d’Etat militaro-électoral ». Il invite même les organisations humanitaires et la procureure de la CPI à venir au Gabon enquêter sur les violations des droits de l’homme. En sachant bien que le gouvernement vient justement de déposer un dossier en ce sens à La Haye.

Enfin, Jean Ping veut prendre la main sur la politique d’ouverture. Il propose donc un dialogue national inclusif organisé à son initiative. Se considérant comme président élu, c’est lui dit-il, qui doit œuvrer à la réconciliation.

Jean Ping sur RFI : Ali Bongo « procède à un hold-up militaro-électoral » au Gabon

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29.9, 21h12

http://www.lepoint.fr/monde/gabon-ping-rejette-l-appel-au-dialogue-lance-par-bongo-29-09-2016-2072387_24.php

Gabon: Ping rejette l’appel au dialogue lancé par Bongo

AFP

Publié le 29/09/2016 à 21:12 | AFP

Le chef de l’opposition gabonaise Jean Ping à Libreville, le 26 septembre 2016

Opposition appelant à des sanctions internationales, ouverture d’un examen préliminaire à la Cour pénale internationale: la crise politique post-électorale au Gabon entre le président Ali Bongo Ondimba et Jean Ping se trouvait toujours dans l’impasse jeudi, malgré les appels répétés du pouvoir au « dialogue ».

L’opposant et ancien cacique du régime Jean Ping, qui se déclare le « président élu » depuis le scrutin du 27 août, a réaffirmé jeudi qu’il ne « reconnaitrait pas le pouvoir d’Ali Bongo », officiellement investi mardi pour un second septennat et désormais favorable à un « gouvernement d’ouverture ».

Dans une atmosphère de meeting électoral devant plusieurs centaines de partisans autour de sa piscine, l’ancien diplomate a appelé la communauté internationale à « prendre des sanctions ciblées à l’encontre des personnes qui se sont rendues coupables de ce coup d’Etat militaro-électoral », notamment à travers le gel de leurs avoirs à l’étranger et des interdictions de voyager.

L’ex-patron de l’Union africaine a aussi demandé à Amnesty international et à la CPI « de venir au Gabon faire toute la lumière sur les assassinats, les disparitions et les violations des droits de l’homme » lors des violences qui avaient suivi l’annonce des résultats provisoires en faveur du président sortant le 31 août.

Jeudi, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a justement annoncé qu’elle allait procéder à un « examen préliminaire » sur la situation au Gabon, « afin de déterminer si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis ».

Le gouvernement gabonais lui avait demandé le 21 septembre « de bien vouloir ouvrir sans délai une enquête », faisant part de « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité » qu’il attribue aux militants de Jean Ping.

– ‘Il y avait des doutes. Il en reste encore’ –

« On ne peut que se réjouir », a déclaré à l’AFP l’avocat français de Jean Ping, Eric Moutet. « Une telle saisine imaginée par le régime (…) risque maintenant de se retourner contre lui juridiquement ».

De son côté, le nouveau Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a annoncé jeudi que la composition de son gouvernement serait connue dimanche. « C’est un gouvernement d’ouverture, largement ouvert aux forces vives de la nation » conformément aux instructions du président Bongo, a-t-il dit.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a lui aussi renouvelé jeudi soir son appel au dialogue politique, devant des étudiants.

« Il y avait des doutes. Il en reste encore. Maintenant il y a un président qui a été proclamé élu (…) Ce que nous encourageons maintenant, c’est le dialogue pour la suite de l’histoire du Gabon ».

En vain, Jean Ping refusant catégoriquement la main tendue d’Ali Bongo: « Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peuple et battu dans les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l’élection de venir dialoguer avec lui ! (…) Nous n’irons à aucun dialogue sous l’égide de cet imposteur », a asséné l’opposant.

Le Gabon a connu un pic de violences de 48 heures après l’annonce le 31 août de la victoire du chef de l’État sortant Ali Bongo, 57 ans, qui a prêté serment mardi pour un deuxième septennat.

Dénonçant des fraudes électorales dans le fief ethnique du président, Jean Ping avait saisi la Cour constitutionnelle, qui a finalement validé le 24 septembre la victoire d’Ali Bongo (50,66%) contre son rival (47,24%).

Des centaines de personnes avaient été arrêtées début septembre, 407 avaient été relâchées, 393 déférées au parquet de Libreville et 31 incarcérées, avait indiqué le procureur. Des arrestations plus ciblées d’opposants avaient eu lieu juste avant la décision de la Cour constitutionnelle.

29/09/2016 21:10:22 –  Libreville (AFP) –  © 2016 AFP

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29.9, 20h35

http://www.jeuneafrique.com/361437/politique/gabon-jean-ping-appelle-a-nouveau-a-communaute-internationale/

Gabon : Jean Ping en appelle à nouveau à la communauté internationale

29 septembre 2016 à 20h35

Par Claire Rainfroy

« J’affirme ma détermination à assumer mes responsabilités de président élu par le peuple souverain », a déclaré Jean Ping lors d’une conférence de presse jeudi à Libreville, deux jours après l’investiture d’Ali Bongo Ondimba. Il a également demandé à la communauté internationale de prendre des sanctions ciblées.

« Je réaffirme ubi et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo qui a les mains souillées par le sang de nos compatriotes », a déclaré l’ancien patron de l’Union africaine jeudi 29 septembre devant ses partisans, venus en nombre à son domicile de Libreville pour écouter sa déclaration.

La proclamation des résultats provisoires le 31 août avait entraîné une flambée de violence meurtrière inédite au Gabon. Selon les autorités, quatre personnes avaient été tuées lors des heurts post-électoraux. L’opposition évoque pour sa part un bilan bien plus élevé, fixé à au moins 26 morts selon les déclarations à l’AFP de la « cellule des disparus » au QG de Jean Ping.

Rejet de l’appel au dialogue  

« Je vous demande de rejeter massivement ce pouvoir et de ne lui accorder aucun crédit », a-t-il poursuivi. Avant de prôner « une résistance active jusqu’à la fin de la forfaiture » et d’appeler à une « journée nationale de recueillement pour les familles endeuillées » jeudi 6 octobre.

L’ancien ministre d’Omar Bongo, 73 ans, a également rejeté l’appel au dialogue lancé par Ali Bongo Ondimba, alors que le nouveau Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet enchaîne les consultations en vue de former un gouvernement d’ouverture dimanche 2 octobre.

« Voilà que l’imposteur appelle au dialogue. Je ne m’associerai pas à cette veine tentative de légitimation (…) », a ajouté Jean Ping, appelant en lieu et place à un dialogue national inclusif placé sous son égide.

« Je ne céderai pas, je ne reculerai pas », a-t-il enfin ajouté, demandant à « la communauté internationale de prendre des sanctions ciblées » et au procureur de la Cour pénale internationale de se rendre au Gabon.

Claire Rainfroy

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http://www.jeuneafrique.com/361424/politique/gabon-procureure-de-cpi-va-ouvrir-examen-preliminaire-crise-politique/

Gabon : la procureure de la CPI va ouvrir un examen préliminaire sur la crise postélectorale

29 septembre 2016 à 18h47 — Mis à jour le 29 septembre 2016 à 18h52

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un communiqué rendu public jeudi, la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, affirme que son bureau procédera à un examen préliminaire de la situation qui a prévalu au Gabon depuis mai 2016, en réponse à la demande des autorités gabonaises.

Cet examen préliminaire, prévient la procureure, « ne peut être assimilé à une enquête », mais il permettra de déterminer si les critères imposés pour l’ouverture d’une telle procédure sont réunis. « Après un examen minutieux de tous les renseignements dont je dispose, je ferai connaître ma décision en temps opportun », conclut Fatou Bensouda.

Cette annonce fait suite à une demande des autorités gabonaises datant du 21 septembre. Elles avaient saisi la cour au sujet de « la situation se rapportant aux événements qui se produisent au Gabon depuis mai 2016 », en exigeant l’ouverture d’une enquête. Le gouvernement gabonais a notamment fait part de « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité » qu’il attribue aux militants favorables au candidat d’opposition Jean Ping.

Nombreuses arrestations 

Le Gabon a connu un pic de violences de 48 heures après l’annonce le 31 août de la victoire du chef de l’État sortant Ali Bongo Ondimba, qui a prêté serment mardi pour un deuxième septennat. Des centaines de personnes avaient été arrêtées début septembre, 407 avaient été relâchées, 393 déférées au parquet de Libreville et 31 incarcérées, avait indiqué le procureur de la République. D’autres personnalités avaient été arrêtées fin septembre de façon plus ciblée avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle.

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29.9, 18h15

http://www.jeuneafrique.com/361233/politique/gabon-emmanuel-issoze-ngondet-nouveau-premier-ministre-gabonais/

Gabon : qui est Emmanuel Issoze-Ngondet, le nouveau Premier ministre ?

29 septembre 2016 à 18h09 — Mis à jour le 29 septembre 2016 à 18h15

Par Claire Rainfroy

Au lendemain de l’investiture d’Ali Bongo Ondimba, dont la réélection est toujours contestée par l’opposition, Emmanuel Issoze-Ngondet a été nommé mercredi 28 septembre Premier ministre en remplacement de Daniel Ona Ondo. Éléments de portrait d’un diplomate réputé discret.

… C’est d’ailleurs depuis la tribune de l’ONU qu’Emmanuel Issoze-Ngondet a défendu la réélection d’Ali Bongo face aux nombreux doutes émis par la communauté internationale, montrant une fois de plus son investissement en faveur du président sortant. Samedi 24 septembre, il avait invité la communauté internationale à soutenir la proposition d’Ali Bongo « à la réconciliation et à l’unité ». Un appel tièdement accueilli le lendemain par Ban Ki-moon, qui « s’est félicité de l’appel à un dialogue national » tout en appelant à « la libération des personnes détenues de façon arbitraire ».

Dans les jours à venir, le nouveau Premier ministre devra mettre en pratique sa carrière de diplomate pour remplir sa mission : constituer d’ici dimanche un « gouvernement d’ouverture« .

« Les consultations sont en cours, en particulier avec toutes les forces politiques du pays, ainsi qu’avec la société civile », a-t-il déclaré après sa prise de fonction, affirmant que son gouvernement serait dévoilé dimanche 2 octobre.

Une tâche très délicate, alors que son ancien ministre de tutelle Jean Ping se déclare toujours « président élu » et refuse le dialogue. « Je ne m’associerai pas à cette veine tentative de légitimation », a d’ailleurs déclaré Jean Ping lors d’une conférence de presse à Libreville jeudi 29 septembre. Avant d’affirmer qu’il organiserait « un dialogue national inclusif qui sera organisé à (son) initiative ». La tâche d’Emmanuel Issoze-Ngondet s’annonce donc très compliquée.

Claire Rainfroy

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29.9, 17h51

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/29/97001-20160929FILWWW00265-gabonelections-la-cpi-va-ouvrir-une-enquete.php

Gabon/élections: la CPI va ouvrir une enquête

Par lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 29/09/2016 à 17:51

Publié le 29/09/2016 à 17:47

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé aujourd’hui qu’elle allait procéder à un examen préliminaire concernant la situation au Gabon, pays divisé par des violences post-électorales, qui ont engendré des morts et des arrestations par centaines.

« Mon bureau procédera à un examen préliminaire de la situation afin de déterminer si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis », a précisé dans un communiqué Fatou Bensouda, à qui le gouvernement de la République gabonaise a notamment fait part de « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » et de « crimes contre l’humanité » qu’il attribue aux militants favorables au candidat d’opposition Jean Ping.

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29.9, 13h46

http://www.rfi.fr/afrique/20160929-gabon-emmanuel-issoze-ngondet-nomme-poste-premier-ministre

Gabon: Emmanuel Issoze-Ngondet nommé au poste de Premier ministre

Par RFI Publié le 29-09-2016 Modifié le 29-09-2016 à 13:46

Au Gabon, le nouveau gouvernement doit être annoncé au plus tard ce dimanche 2 octobre. Deux jours après son investiture, le président Ali Bongo s’est choisi un Premier ministre : Emmanuel Issoze-Ngondet, qui était jusqu’à alors en charge des Affaires étrangères.

Emmanuel Issoze-Ngondet est un pur produit de la diplomatie gabonaise. L’ancien énarque entre au ministère des Affaires étrangères comme conseiller dès 1988. S’ensuivront 20 ans de carrière dans les ambassades du Gabon au Cameroun, au Royaume-Uni, au Canada, en Corée du Sud ou encore au Kenya. Avant d’accéder en 2008 au poste de représentant à l’ONU.

Vient ensuite l’expérience gouvernementale. D’abord comme ministre de l’Energie, puis des Relations avec le Parlement, puis du Budget. Jusqu’à 2012, où il est enfin nommé chef de la diplomatie gabonaise. Emmanuel Issozet-Ngondet est alors député, depuis son élection dans sa ville natale de Makokou, fin 2011.

Ancien collègue de Jean Ping

La nomination d’Emmanuel Issozet-Ngondet à la primature confirme, en tout cas, le changement de pratique politique d’Ali Bongo par rapport à son père. Sous Omar Bongo, les chefs de gouvernement étaient systématiquement des Fangs de l’Estuaire. Son fils avait pour sa part nommé un Premier ministre du Woleu-Ntem dès son premier mandat.

En voilà désormais un autre, de l’Ogooué-Ivindo cette fois-ci. Une première dans l’histoire du pays. Certains y voient d’ailleurs une forme de récompense pour Emmanuel Issozet-Ngondet, qui s’est beaucoup investi pour la campagne présidentielle dans l’Ogooué-Ivindo, province qu’Ali Bongo a remportée.

Sa tâche s’annonce toutefois délicate. Il doit former une équipe d’ouverture alors que l’opposition refuse tout dialogue et toute participation à un gouvernement d’union. L’homme est toutefois bien connu de ses adversaires. Durant sa carrière, Emmanuel Issozet-Ngondet a eu comme ministre de tutelle, durant une dizaine d’années, un certain Jean Ping.

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29.9

http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/PIOT/56406

Violente répression postélectorale Au Gabon, la mécanique du népotisme s’enraye

Contrairement à un scénario bien ficelé depuis des décennies, la France n’a pas reconnu immédiatement l’élection, contestée et suivie d’émeutes, du président gabonais le 31 août dernier. Que M. Ali Bongo parvienne ou non à se maintenir au pouvoir, il s’agit d’un tournant dans l’histoire de ce petit pays d’Afrique centrale, symbole d’une « Françafrique » vacillante.

par Olivier Piot

«On n’organise pas des élections pour les perdre. » Bien connue des Gabonais, cette formule attribuée à Omar Bongo, qui dirigea le pays de 1967 à 2009, résonne avec une acuité toute particulière à Libreville. La crise postélectorale qui a débuté le le 31 août 2016 apparaît comme une réplique quasi parfaite de celles qui ont régulièrement embrasé le Gabon depuis 1990, date de l’instauration du multipartisme. Avec une différence de taille : l’Union européenne, la France et l’Organisation des Nations unies (ONU) ont, cette fois, d’emblée appelé au respect de la « transparence » des résultats, se départissant ainsi du silence qui avait tant pesé lors de l’élection de 2009. À l’époque, la succession de feu Omar Bongo, doyen des chefs d’État africains et grand ami de la France, était à l’ordre du jour. L’annonce de la victoire de M. Ali Bongo avait aussitôt suscité les plus vives critiques de l’opposition, qui dénonçait des fraudes dans le décompte des voix. Missions internationales d’observation (Union européenne, Union africaine, Organisation internationale de la francophonie), manifestations réprimées, plaintes déposées devant la Cour constitutionnelle… rien n’y fit. Le fils présumé succéda donc au père, sous le regard bienveillant du président français de l’époque, M. Nicolas Sarkozy, qui félicita son « ami » avant même la décision de la Cour constitutionnelle.

Avec un score officiel de 41,79 % lors d’un seul et unique tour, M. Bongo avait alors officiellement devancé ses deux concurrents, MM. Pierre Mamboundou (25,64 %) et André Mba Obame (25,33 %). Par la suite, plusieurs enquêtes attestèrent que les scores avaient été truqués. Dans un documentaire diffusé sur la chaîne de télévision France 2 en décembre 2010, M. Michel de Bonnecorse, ex-conseiller Afrique du président Jacques Chirac, accrédita cette version des faits.

Quelques mois plus tard, en février 2011, les câbles WikiLeaks la confirmaient : « Octobre 2009, Ali Bongo inverse le décompte des voix et se déclare président », (…)

Taille de l’article complet : 3 540 mots.

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28.9

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28.9

http://www.voaafrique.com/a/le-gabon-solde-toujours-sa-crise-post-electorale-apres-l-investitutre-de-bongo/3528960.html

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/le-gabon-solde-toujours-sa-crise-post-electorale-28-09-2016-6158807.php

http://information.tv5monde.com/en-continu/le-gabon-solde-toujours-sa-crise-post-electorale-130950

Le Gabon solde toujours sa crise post-électorale après l’investiture de Bongo

28.9

Des familles qui dénombrent 26 morts, des opposants toujours aux prises avec la justice, le rétablissement complet des connexions internet, le Gabon continuait mercredi de solder sa crise post-électorale, au lendemain de l’investiture du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba.

Des centaines de personnes avaient été arrêtés dans les violences post-électorales début septembre, 407 avaient été relâchées, 393 déférées au parquet de Libreville et 31 incarcérées, avait indiqué le procureur.

D’autres personnalités avaient été arrêtées fin septembre de façon plus ciblée avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle.

Parmi elles, l’ex-patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président passé à l’opposition, « vient d’être libéré », a indiqué son avocat français Eric Moutet à l’AFP. « Il est en liberté provisoire le temps de l’instruction du dossier, il rentre chez lui ce soir » (mercredi).

  1. Ngoulakia avait été arrêté vendredi alors qu’il « circulait à bord d’un véhicule avec une forte somme d’argent et des tracts appelant à la sédition », selon une source sécuritaire.

Un autre opposant, l’ex-député Bertrand Zibi, qui avait démissionné en provoquant publiquement Ali Bongo dans un discours fin juillet, « est toujours emprisonné à Gros-Bouquet (centre de détention à Libreville, NDLR). On va déposer une plainte à New York dans 15 jours parce qu’il a la nationalité américaine ».

La loi gabonaise prévaut au Gabon pour les binationaux, avait prévenu le gouvernement pour des binationaux français interpellés pendant les troubles.

« D’autres personnes ont été arrêtées la semaine dernière mais je n’ai pas encore les mandats (de défense) », a poursuiviM. Moutet, qui est également l’avocat du rival d’Ali Bongo, Jean Ping. « Les gens commencent à avoir peur. Il y a une espèce de chape de plomb qui est en train de s’installer sur le Gabon », selon lui.

Une « cellule des disparus » au QG de Jean Ping a par ailleurs enregistré « 26 décès déclarés par des parents, qui ont identifié les corps. Tous ont été tués par balles entre le 31 août et le 4 septembre », a déclaré à l’AFP l’une de ses responsables.

Le gouvernement a fait état de trois morts dans l’éruption des violences qui a suivi la première proclamation de la victoire d’Ali Bongo le 31 août.

– L’internet de retour le soir –

Cette victoire a été validée vendredi dernier par la Cour constitutionnelle qui a rejeté la requête de Jean Ping dénonçant des fraudes. Ce dernier parle d’un « déni de justice » et s’autoproclame toujours le « président élu », mais ne dispose plus d’aucun recours légal après la décision de la Cour.

Une campagne intitulée « Tournons la page » a demandé « la libération » de « tous les détenus politiques », ainsi qu' »une enquête internationale indépendante sous égide des Nations unies pour faire la lumière sur les massacres, les disparitions et les arrestations arbitraires ».

Animée par un acteur de la société civile gabonaise, Marc Ona, et le Secours catholique en France, « Tournons la page » demande aussi à la communauté internationale « de ne pas reconnaître le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba ».

Pour la première fois depuis le 31 août, l’internet était disponible après 18h00 (17h00 GMT), alors que les connexions étaient impossibles depuis quatre semaines toutes les nuits jusqu’à environ 06h30 du matin. Aucune explication officielle n’a jamais été donnée. Le réseau de messagerie instantanée Whatsapp était également de nouveau disponible.

Le président Bongo a prêté serment mardi pour un second septennat en répétant dans son discours d’investiture son appel à un dialogue politique. Un appel auquel M. Ping n’a pas répondu.

  1. Bongo apparaît à la tête d’un pays divisé et relativement isolé. Seuls quatre chefs d’Etat africains ont assisté à son investiture (Sao Tomé, Mali, Togo, Niger). D’autres pays, comme le Cameroun, le Sénégal et le Maroc, l’ont aussi félicité pour sa réélection.

L’Union africaine n’a fait que « prendre acte » de la décision de la Cour constitutionnelle. La France et les observateurs électoraux de l’Union européenne ont regretté que la Cour n’ait pas dissipé tous les doutes entourant le scrutin à un tour du 27 août.

Des diplomates – France, Etats-Unis, Union européenne et Nations unies – ont rencontré M. Ping mardi après-midi après avoir assisté à la prestation de serment d’Ali Bongo.

Avec AFP

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28.9, 17h56

http://afriqueeducation.com/politique/gabon_un_militaire_fran_ais_aurait_particip_au_bombardement_du_qg_de_jean_ping

Un militaire français aurait participé au bombardement du QG de Jean Ping

Publié le Mercredi 28 septembre 2016 à 17:56

Bongo Ondimba Ali (BOA) a été habile en soutirant les cadavres à mesure que se poursuivait son opération d’extermination, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, dans le QG de Jean Ping. Contrairement à son souci d’occulter la vérité, en parlant de « trois morts », Jean Ping, lui, avait estimé le nombre de tués, cette nuit, de « 50 à 100 personnes ». Une estimation basse que certains n’hésitent pas à multiplier par deux, voire, même, par trois. Certaines sources, à Libreville, estiment à 220 morts, le « nettoyage » des forces de défense et de sécurité de BOA, dont beaucoup auraient été enterrés dans des charniers. C’est pour ne pas occulter ces faits gravissimes que Dr Séraphin Moundounga, ministre de la Justice du Gabon, a démissionné du gouvernement de BOA, après avoir refusé de cautionner cette situation. Il vit, actuellement, en exil, en France, et fait partie des personnes qui rassemblent des éléments pour faire parvenir, rapidement, un dossier à charge, sur la situation au Gabon, à la Cour pénale internationale (CPI). Pour amuser la galerie, le pouvoir de Libreville, s’est, de son côté, empressé d’inviter la procureur de la CPI, Fatou Bensouda, afin qu’elle envoie une mission d’enquête au Gabon. On se demande si cette mission viendra pour enquêter sur les « trois morts » du gouvernement alors qu’une mission d’Amnesty International a été jugée persona non grata au Gabon. Volonté d’instrumentalisation quand tu me tiens ! Cela dit, à la CPI, les magistrats ne sont pas nés de la dernière pluie.

Au Gabon, les langues commencent à se délier, ce qui permet de mettre les premiers noms sur le carnage qui a été effectué dans le QG de Jean Ping. En effet, selon l’hebdomadaire gabonais, L’Aube, dans son numéro 139 du 23 septembre 2016, un militaire français était bien à bord de l’hélicoptère qui avait tiré sur le QG de Ping cette nuit du 31 août. Chef du Bureau des opérations à la Garde républicaine (présidentielle), le commandant, Stéphane Chiron, (c’est son nom) aurait fait ce sale job aux côtés du colonel Tsiba, qui, lui, est de nationalité gabonaise. Le colonel Tsiba occupe le poste de directeur de l’armurerie centrale à la Garde républicaine (notre photo montrant le défilé d’un de ses détachements).

Pendant qu’ils tiraient de leur hélico, en pleine nuit, l’attaque de la Garde républicaine (au sol), à l’intérieur du QG de Jean Ping, était coordonnée par les commandants Amvane et Vivien Oyini.

Aide de camp de BOA, le commandant Amvane, qui n’a pas fait dans la dentelle, est le chef du Groupement sécurité rapprochée de BOA. Quant au commandant-adjoint du Groupement d’intervention parachutiste (GIP), Vivien Oyini, il est, tout simplement, le petit cousin de BOA. Son père, le général 5 étoiles, André Oyini, fut chef d’état-major de la Garde républicaine sous le patriarche Ondimba. Mais on rappellera qu’à cette époque, ce n’est pas un (illustre) amateur qui trônait au Palais du Bord de Mer comme aujourd’hui.

Ces quatre individus, déjà, clairement, listés n’ont qu’à bien se tenir. C’est la CPI qui risque de régler leur compte.

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28.9, 22h12

http://actu.orange.fr/monde/le-gabon-solde-toujours-sa-crise-post-electorale-CNT000000umSya/photos/ceremonie-d-investiture-du-chef-de-l-etat-gabonais-ali-bongo-ondimba-d-le-27-septembre-2016-a-libreville-db67f4e24d785bdef856f95bd6b12e22.html

AFP, publié le mercredi 28 septembre 2016 à 22h12

Gabon: le pays solde toujours sa crise post-électorale après l’investiture du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba

Un nouveau Premier ministre pour un « gouvernement d’ouverture », des familles qui dénombrent 26 morts, des opposants toujours aux prises avec la justice, le rétablissement complet des connexions internet, le Gabon continuait mercredi de solder sa crise post-électorale.

Le président Ali Bongo Ondimba a nommé par décret un nouveau Premier ministre pour « former un gouvernement d’ouverture », a annoncé mercredi soir la présidence au lendemain de l’investiture du chef de l’Etat. Son rival Jean Ping conteste toujours sa réélection.

« Ce gouvernement pourrait être annoncé au plus tard dimanche », selon le ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

C’est le ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze Ngondet, qui remplace Daniel Ona Ondo à la tête du gouvernement. Samedi, M. Issoze Ngondet avait demandé aux Nations unies d’aider le Gabon à reconstruire « l’unité du pays » après l’appel au dialogue lancé par Ali Bongo.

Sa nomination et l’annonce d’un « gouvernement d’ouverture » ont laissé de marbre les partisans de Jean Ping.

« Je m’en fiche. Cela ne change rien. Il (Ali Bongo) doit partir », a déclaré à l’AFP son directeur de cabinet, John Nambo. Jean Ping prendra la parole jeudi après-midi, a-t-il ajouté.

La victoire d’Ali Bongo a été validée vendredi dernier par la Cour constitutionnelle qui a rejeté la requête de Jean Ping dénonçant des fraudes.

Ce dernier parle d’un « déni de justice » et s’autoproclame toujours le « président élu », mais ne dispose plus d’aucun recours légal après la décision de la Cour.

Une vie normale a repris en apparence au Gabon après un moins de tensions depuis le scrutin à tour unique du 27 août.

 – « Chape de plomb » –

Pour la première fois depuis le 31 août, l’internet était disponible mercredi le soir après 18h00 (17h00 GMT), alors que les connexions étaient impossibles depuis quatre semaines toutes les nuits jusqu’à environ 06h30 du matin. Aucune explication officielle n’a jamais été donnée. Le réseau de messagerie instantanée Whatsapp était également de nouveau disponible.

Des opposants étaient toujours enre les mains de la justice. Parmi eux, l’ex-patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président passé à l’opposition, « vient d’être libéré », a indiqué son avocat français Eric Moutet à l’AFP. « Il est en liberté provisoire le temps de l’instruction du dossier ».

L’ex-député Bertrand Zibi, qui avait démissionné en provoquant publiquement Ali Bongo dans un discours fin juillet, « est toujours emprisonné à Gros-Bouquet (centre de détention à Libreville, NDLR). On va déposer une plainte à New York dans 15 jours parce qu’il a la nationalité américaine ».

« D’autres personnes ont été arrêtées la semaine dernière mais je n’ai pas encore les mandats (de défense) », a poursuivi  M. Moutet, qui est également l’avocat de Jean Ping. « Les gens commencent à avoir peur. Il y a une espèce de chape de plomb qui est en train de s’installer sur le Gabon », selon lui.

Une « cellule des disparus » au QG de Jean Ping a par ailleurs enregistré « 26 décès déclarés par des parents, qui ont identifié les corps. Tous ont été tués par balles entre le 31 août et le 4 septembre », a déclaré l’une de ses responsables consultée par l’AFP mercredi.

Le gouvernement a fait état de trois morts dans l’éruption des violences qui a suivi la première proclamation de la victoire d’Ali Bongo le 31 août.

Une campagne intitulée « Tournons la page » a demandé « la libération » de « tous les détenus politiques », ainsi qu' »une enquête internationale indépendante sous égide des Nations unies pour faire la lumière sur les massacres, les disparitions et les arrestations arbitraires ».

Animée par un acteur de la société civile gabonaise, Marc Ona, et le Secours catholique en France, « Tournons la page » demande aussi à la communauté internationale « de ne pas reconnaître le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba ».

  1. Bongo apparaît à la tête d’un pays divisé et relativement isolé. Seuls quatre chefs d’Etat africains ont assisté à son investiture (Sao Tomé, Mali, Togo, Niger). D’autres pays, comme le Cameroun, le Sénégal et le Maroc, l’ont aussi félicité pour sa réélection.

La France et les observateurs électoraux de l’Union européenne ont regretté que la Cour n’ait pas dissipé tous les doutes entourant le scrutin à un tour du 27 août.

Des diplomates – France, Etats-Unis, Union européenne et Nations unies – ont rencontré M. Ping mardi après-midi après avoir assisté à la prestation de serment d’Ali Bongo.

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28.9, 21h50

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/28/97001-20160928FILWWW00420-gabon-un-nouveau-premier-ministre-nomme.php

Gabon: un nouveau premier ministre nommé

Par lefigaro.fr avec AFP Mis à jour le 28/09/2016 à 21:50 Publié le 28/09/2016 à 21:41

Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a nommé un nouveau premier ministre, l’actuel ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze Ngondet, pour former un « gouvernement d’ouverture », a annoncé la présidence aujourd’hui.

« Le président de la République a nommé par décret M. Emmanuel Issoze Ngondet au poste de premier ministre, chef du gouvernement et lui a demandé de former un gouvernement d’ouverture », a indiqué la direction de la communication présidentielle (DCP) dans un communiqué publié au lendemain de la prestation de serment d’Ali Bongo, 57 ans, pour un second septennat.

« Le gouvernement pourrait être annoncé au plus tard dimanche. Puisque c’est un gouvernement d’ouverture, il faut le temps des consultations », a précisé à l’AFP le ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze. M. Issoze Ngondet est nommé en remplacement de Daniel Ona Ondo, cinq jours après la validation de la réélection d’Ali Bongo par la Cour constitutionnelle qui a rejeté la requête de son rival, Jean Ping, dénonçant des fraudes.

La nomination d’un nouveau premier ministre et les appels au dialogue et à l’ouverture « ne changent rien. Il (M. Bongo) doit partir », a déclaré à l’AFP John Nambo, le directeur de cabinet de Jean Ping. M. Ping devait prendre la parole jeudi après-midi, a précisé M. Mambo.

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28.9, 20h50

http://www.jeuneafrique.com/361200/politique/gabon-nouveau-gouvernement-sera-forme-dimanche-plus-tard/

Gabon : le nouveau gouvernement sera formé dimanche

28 septembre 2016 à 20h50 — Mis à jour le 29 septembre 2016 à 16h49

Par Jeune Afrique avec AFP

Après avoir nommé le nouveau Premier ministre de son gouvernement d’ouverture mercredi, Ali Bongo Ondimba s’apprête à choisir ses futurs ministres, a indiqué le ministre de la Communication Alain-Claude Bilie-By-Nze. Un retour à la normale politique qui n’empêche pas Jean Ping et ses partisans de continuer de contester l’élection.

C’était l’une de ses premières grandes décisions depuis sa réélection contestée. Mercredi, Ali Bongo Ondimba a désigné Emmanuel Issoze Ngondet, son ancien ministre des Affaires étrangères, comme chef de son nouveau gouvernement. Une nomination accompagnée de messages qui se voulaient conciliants pour le chef de l’État, qui a prêté serment mardi.

Ce dernier a en effet déclaré vouloir construire un « gouvernement d’ouverture » avec l’opposition, dont la composition sera rendue publique dimanche 2 octobre, a-t-il fait savoir après sa prise de fonctions.

Pas de quoi amadouer le camp de Jean Ping, qui a répliqué sur un ton lapidaire par l’intermédiaire de son directeur de cabinet John Nambo : « Je m’en fiche. Cela ne change rien. Il doit partir. »

Le candidat malheureux à la présidentielle du mois d’août dernier prendra la parole ce jeudi après-midi, presque une semaine après la validation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba par la Cour constitutionnelle. Depuis, Jean Ping continue à contester la légitimité du résultat : il parle de « déni de justice » et se proclame toujours seul vainqueur crédible du scrutin.

Les opposants toujours dans le collimateur

Bien que la vie des institutions ait repris son cours au Gabon, la situation n’est pas encore tout à fait revenue à la normale. Outre les contestations de Jean Ping, de nombreux opposants, arrêtés depuis le vote du 27 août dernier, sont toujours entre les mains de la justice. Parmi eux, l’ex-patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, cousin du président passé à l’opposition, « vient d’être libéré », a indiqué son avocat français Eric Moutet. « Il est en liberté provisoire le temps de l’instruction du dossier ».

« D’autres personnes ont été arrêtées la semaine dernière mais je n’ai pas encore les mandats », a poursuivi Eric Moutet, qui est également l’avocat de Jean Ping. « Les gens commencent à avoir peur. Il y a une espèce de chape de plomb qui est en train de s’installer sur le Gabon », selon lui. Une « cellule des disparus » au QG de Jean Ping a par ailleurs enregistré « 26 décès déclarés par des parents, qui ont identifié les corps. Tous ont été tués par balles entre le 31 août et le 4 septembre », a déclaré l’une de ses responsables mercredi.

Retour d’Internet

Du côté des libertés publiques, pour la première fois depuis le 31 août, internet était accessible aux Gabonais après 18 heures mercredi soir. Depuis un mois, le réseau était coupé jusqu’à 6 heures 30 le matin, sans qu’aucune explication officielle n’ait jamais été donnée. Ce qui devrait permettre aux activistes toujours engagés contre Ali Bongo Ondimba comme les militants de la campagne « Tournons la page » de faire entendre leur voix plus facilement.

Cette campagne exige « la libération » de « tous les détenus politiques », ainsi qu’ « une enquête internationale indépendante sous égide des Nations unies pour faire la lumière sur les massacres, les disparitions et les arrestations arbitraires ». Animée par un acteur de la société civile gabonaise, Marc Ona, et le Secours catholique en France, « Tournons la page » demande aussi à la communauté internationale « de ne pas reconnaître le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba ». Signe que le retour définitif à la normale n’est pas pour tout de suite.

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28.9, 17h26

http://www.rfi.fr/afrique/20160928-gabon-ping-jean-ali-bongo-investiture-reunion-ambassadeur

Election d’Ali Bongo au Gabon: Jean Ping reste ferme face aux diplomates

Par RFI Publié le 28-09-2016 Modifié le 28-09-2016 à 17:26

Au Gabon, alors que Ali Bongo Ondimba a fait appel au dialogue et à l’unité lors de son investiture mardi 27 septembre, l’opposant Jean Ping conteste toujours les résultats. Le candidat malheureux à la présidentielle a rencontré les ambassadeurs de France, des Etats-Unis, de l’Union européenne ainsi que le représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale.

Dans cette allocution en ouverture de la réunion, l’opposition l’a répété : pas question de reconnaitre Ali Bongo Ondimba comme président et son premier mandat se termine le 15 octobre. Pas question non plus de cautionner des « arrangements d’arrière-boutique », une référence au gouvernement d’union évoquée par le pouvoir.

Dans son discours, l’opposition a estimé que « viendra le temps de la réconciliation, qui passera par le dialogue. Mais tant que la vérité des urnes ne sera pas restituée, rien de cela ne sera possible ou tenable ». Jean Ping appelle toujours les Gabonais à la « mobilisation et la vigilance », peut-on lire dans un communiqué de l’opposition, malgré l’investiture d’Ali Bongo Ondimba.

Plusieurs personnalités d’opposition se sont d’ailleurs exprimées pour conforter cette position. Selon des participants, les diplomates ont rappelé leurs positions officielles, sachant que la réélection d’Ali Bongo avait été accueillie froidement par plusieurs chancelleries.

Chercher une issue politique

Les ambassadeurs ont à nouveau invité l’opposition à chercher une issue politique. « C’est difficile de leur demander d’aller plus loin. Ce ne sont pas des Etats. Ils consulteront leur hiérarchie et de nouvelles rencontres se tiendront », confie un témoin.

Jean Ping est resté sur la même ligne : dire non au dialogue et refuser le fait accompli. « La communauté internationale a poussé pour qu’il y ait un recours à la Cour constitutionnelle, à elle de prendre ses responsabilités », indique un participant.

« C’est l’impasse », conclut une source, ajoutant que le camp de Jean Ping « doit persévérer, rester uni dans cette phase de débauchage ». En effet, l’opposition voit ce gouvernement d’union comme une tentative d’Ali Bongo pour la diviser.

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28.9, 11h54

http://www.rfi.fr/afrique/20160928-gabon-investiture-ali-bongo-ondimba-affaires-etrangeres-diplomatie

Gabon: la France reconnaît-elle la réélection de Ali Bongo Ondimba?

Ali Bongo Ondimba lors d’une interview à Libreville au Gabon, le 24 septembre 2016.
© REUTERS/Reuters TV

Par RFI Publié le 28-09-2016 Modifié le 28-09-2016 à 11:54

Alors que l’investiture d’Ali Bongo Ondimba se déroulait mardi 27 septembre à Libreville au Gabon, la France a tenu à rappeler sa position sur l’élection et le processus en cours par le biais d’une source diplomatique du ministère français des Affaires étrangères.

Chaque mot est pesé. La France reconnaît un Etat et des institutions. Mais Paris reconnaît-il Ali Bongo président pour autant ? « C’est un fait. » Le commentaire se veut sec.

Une source au ministère des Affaires étrangères réaffirme que l’examen des recours de la Cour constitutionnel n’a pas levé « tous les doutes » sur l’élection d’Ali Bongo, sur lequel « ne tombe pas une pluie de félicitations ».

« Je ne crois pas qu’on puisse dire  » voilà, tout est fini, ça continue comme avant, c’est toujours les Bongo qui gagnent  » », poursuit cette source au Quai d’Orsay.

« Si Jean Ping est sonné, KO, Ali Bongo n’est pas en position de force politique. » La petite phrase du porte-parole du gouvernement gabonais, Alain Claude Bilie By Nze, a fait mouche en France.

« La balle est dans le camp de Bongo »

Alain Claude Bilie By Nze accuse Paris de s’être déplacé à Bruxelles. Le Quai d’Orsay répond : c’est Bruxelles qui s’est déplacé à Paris.

Sous-entendu : la France a soutenu la mission d’observation européenne dans son analyse très critique du scrutin. « La balle est dans le camp de Bongo et de l’Union africaine, dont on attend une initiative », poursuit-on dans la diplomatie française.

Que penser d’un gouvernement d’union ? « Si c’est avec des seconds couteaux, nous le dirons », rétorque-t-on au Quai d’Orsay.

Paris répète son rejet de toute violence et affiche cette certitude : « Notre position est assez largement comprise par les Gabonais. »

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28.9, 1h23

http://www.rfi.fr/afrique/20160927-gabon-le-president-bongo-investit-nouveau-mandat-sept-ans

Gabon: le président Bongo investi pour un nouveau mandat de sept ans

Par RFI Publié le 27-09-2016 Modifié le 28-09-2016 à 01:23

C’est donc reparti pour sept ans, au Gabon, avec l’investiture d’Ali Bongo, ce mardi 27 septembre 2016. Une cérémonie qui est intervenue après la confirmation des résultats de la présidentielle par la Cour constitutionnelle, et qui s’est tenue au Palais du bord de mer de Libreville.

Ali Bongo a prêté serment en tenue d’apparat, et il a pris place sous les applaudissements dans le fauteuil de président de la République, chef de l’Etat. Puis vingt-et-un coups de canon ont retenti. M. Bongo a ensuite prononcé son discours de circonstance : « Je suis le président de tous les Gabonais », a-t-il déclaré avant d’insister sur l’importance du dialogue.

Investiture d’Ali Bongo – reportage

27-09-2016 – Par Carine Frenk

« Pour ma part, j’ai compris le sens du vote des Gabonais. J’ai bien compris le doute de certains. J’ai bien perçu la déception d’autres encore. » Et d’ajouter : « Nous avons tous le devoir de ne point ériger un mur entre nous. » Ce dialogue, il le souhaite ouvert, qu’il s’agisse des élections à deux tours, de la limitation de la durée des mandats présidentiels, sans tabou ni soupçon, a enfin déclaré le chef de l’Etat.

Cinq chefs d’Etat présents

Parmi les invités à cette cérémonie d’investiture, il n’y avait que quatre chefs d’Etat africains : Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Faure Gnassingbé du Togo et Evaristo Carvalho de Sao Tomé. Aucun chef d’Etat de la sous-région d’Afrique centrale n’a fait le déplacement. Le Tchadien Idriss Déby, président en exercice de l’Union africaine, a été représenté par son Premier ministre.

De même, aucun ministre français n’était présent ce mardi matin. La France a été représentée par son ambassadeur, comme celui de l’Union européenne et des Etats-Unis. La cérémonie devait se terminer par une petite parade militaire dans la cour d’honneur du Palais du bord de mer.

L’appel au dialogue rejeté par l’opposition

Ali Bongo a donc notamment évoqué un « processus démocratique » et réitéré son appel au dialogue. Un appel rejeté par l’opposition qui ne reconnaît toujours pas la défaite de Jean Ping au second tour de cette élection. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi est le porte-parole de Jean Ping. Il réaffirme de son côté la mobilisation de l’opposition, contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.

« Toute participation à un quelconque gouvernement d’ouverture est exclue, en tout cas de la part de Jean Ping, c’est clair. Il y a eu une prestation de serment en catimini. Il y a un appel au dialogue parce qu’en réalité on n’a aucune légitimité politique. Donc, du côté de l’opposition, la mobilisation se poursuit et se renforce. Ils ont souillé nos institutions en truquant les résultats des élections. Les Gabonais ont quand même voté le 27 août et tout le monde sait ce qu’il s’est passé le 27 août. Malgré cela ils veulent s’imposer par la force au pouvoir. Bien que gantés de blanc, ces mains sont souillées de sang. Il faut dire les choses comme elles se sont déroulées. Il y a quand même de nombreux jeunes gabonais qui sont morts le 31 août. Ils ne sont pas morts d’accident, ils ont été tués par l’armée, ils ont été tués par une milice. On ne peut pas dire qu’il a prêté serment, on appelle au dialogue, on rentre au gouvernement, c’est faire injure à nos populations que d’agir comme ça. C’est refuser que le Gabon puisse devenir une démocratie un jour. On ne peut pas accepter ça (…) Là, monsieur Ping est en train de se concerter avec l’ensemble des forces de l’opposition qui l’ont soutenu, il prendra la parole pour dire ce qui va être fait. »

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28.9, 7h12

http://www.rfi.fr/afrique/20160928-gabon-ali-bongo-ondimba-investiture-defis-ouverture-dialogue-opposition-reconstruct

Gabon: derrière l’économie, les défis politiques d’Ali Bongo

Par RFI Publié le 28-09-2016 Modifié le 28-09-2016 à 07:12

Le président du Gabon, Ali Bongo, a prêté serment mardi 27 septembre 2016 pour son deuxième mandat de sept ans. La cérémonie d’investiture a eu lieu au Palais du bord de mer, en présence de quatre chefs d’Etat et de plusieurs premiers ministres africains. La France, l’Union européenne et les Etats-Unis étaient représentés par leur ambassadeur. Dans son discours, Ali Bongo a renouvelé l’offre d’un dialogue politique. Quels sont ses défis ?

Le président Ali Bongo entame son deuxième septennat dans un contexte délicat. Même si la proclamation des résultats définitifs n’a donné lieu à aucune violence, la crise post-électorale n’est pas encore terminée. Et Jean Ping estime toujours qu’il est le président élu, même si l’opposition paraît quelque peu désemparée.

Selon plusieurs observateurs de la vie politique gabonaise, le président Ali Bongo semble isolé sur la scène internationale. Seulement quatre chefs d’Etat ont fait le déplacement ce mardi 27 septembre, aucun de la sous-région. La France et l’Union européenne ont simplement pris acte de sa réélection.

« Un gouvernement d’ouverture est exclu »

Au-delà des questions économiques, l’autre grand défi pour le chef de l’Etat est donc politique. Il faudra aussi reconstruire son parti, le PDG. D’importants ténors ont rejoint le camp de Jean Ping. Dans ces conditions, quelle sera la marge de manœuvre d’Ali Bongo pour diriger un pays profondément divisé ? Sera-t-il en mesure d’ouvrir son gouvernement, comme il le souhaite ? Parviendra-t-il à séduire quelques leaders de l’opposition ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le porte-parole de Jean Ping, a réaffirmé mardi la mobilisation de l’opposition contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral. « Toute participation à un quelconque gouvernement d’ouverture est exclue. En tout cas, de la part de Jean Ping, c’est clair. Il y a eu une prestation de serment en catimini. Il y a un appel au dialogue parce qu’en réalité on n’a aucune légitimité politique », a-t-il déclaré.

Prise de conscience ?

Pour Alain-Claude Bilie-By-Nzé, le porte-parole du gouvernement, Ali Bongo a conscience de l’enjeu que constitue le rétablissement de la confiance et du lien social entre les Gabonais. Le président tiendra ses engagements et le rang du Gabon.

Lors de sa cérémonie d’investiture, le chef d’Etat gabonais a, en effet, prononcé un discours engagé. Il a notamment jugé nécessaires les réflexions devant aboutir à des réformes constitutionnelles concernant les élections à deux tours, la limitation et la durée des mandats électifs. Et c’est la première fois qu’il est aussi précis sur la question du dialogue.

J’invite les forces vives de la nation à s’asseoir ensemble afin de trouver les solutions qui satisfassent nos compatriotes

Ecoutez Ali Bongo Ondimba lors de son investiture

28-09-2016

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27.9

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27.9, 15h20

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-dynastie-bongo-au-gabon-de-1967-a-2016-une-question-de-survie_1834956.html

La dynastie Bongo au Gabon de 1967 à 2016: « une question de survie? »

Wilson-André Ndombet, publié le 27/09/2016 à 15:20

Samedi 24 septembre, la Cour constitutionnelle gabonaise validait la réélection du président Ali Bongo, fils de l’ancien chef de l’Etat Albert-Bernard Bongo. A eux deux, ils cumulent près d’un demi-siècle à la tête du pays. L’historien et politilogue Wilson-André Ndombet revient sur cette dynastie.

On ne peut bien comprendre l’avènement au pouvoir de la dynastie Bongo au Gabon, en 1967, sans la mettre en rapport, d’une part avec l’histoire des crises institutionnelles du territoire colonial français du Gabon avant son indépendance (1960), d’autre part avec le rôle joué jusqu’à sa mort par le président Léon Mba en faveur d’Albert-Bernard Bongo.

Celui-ci n’était-il qu’une invention du « commandement de la post-colonie« ? Disparu en 2009, après un règne de 41 ans, le futur Omar Bongo Ondimba s’était-il assuré des modalités d’accession au pouvoir de son fils Ali? Ce dernier s’est-il imposé à la classe politique gabonaise pour préserver, comme son père, les intérêts de la lignée familiale?

Albert-Bernard, dauphin privilégié

Avant son décès, Léon Mba s’est attaché à éteindre tous ses rivaux politiques majeurs, dans l’opposition comme dans son propre camp. Du fait de cette dérive dictatoriale, un climat politique délétère s’est fatalement installé, interdisant tout renouvellement des élites politiques du pays en dehors du système Mba.

Dès la proclamation des résultats des élections pour l’Assemblée territoriale surgit un contentieux électoral, jamais soldé, qui sape la vie politique du pays jusqu’à l’indépendance. On assiste donc, dès mai 1957, au premier hold-up électoral de l’histoire du Gabon. Le parti Union démocratique et sociale (UDSG) de Jean-Hilaire Aubame ayant conquis la majorité des sièges de conseillers territoriaux (22), il aspire naturellement à diriger le Conseil du gouvernement.

Or, contre toute attente, Léon Mba du Bloc démocratique gabonais (BDG), pourvu du soutien du lobby forestier français, se voit promu vice-président dudit conseil. Un épisode douloureux pour l’opposition, prélude à un malaise persistant. Un compromis émerge néanmoins en faveur d’élections générales sur la base d’un programme commun, en février 1961.

À l’issue de ce scrutin, Léon Mba devint président et chef d’un gouvernement associant tous les partis signataires dudit programme, préfiguration d’un gouvernement d’union nationale. Initiative saluée par la majorité de la classe politique, convaincue que la pérennité de l’Etat naissant exigeait de taire les divergences susceptibles de le fragiliser. Mais le deal ne dure que le temps d’une rose. Cette alliance contre-nature explose en moins de trois ans. La crise politique atteindra son apogée avec le coup d’Etat militaire des 18 et 19 février 1964, auquel se mêlent des membres de l’opposition. Complicité attestée par leur participation au l’éphémère cabinet -48 heures…-, dirigée par leur chef de file Aubame.

D’où vient Albert-Bernard Bongo?

Le projet de renversement du président Léon Mba échoue à la suite de l’intervention militaire française à Libreville, le 19 février 1964, au titre des accords de coopération censés assurer la sécurité intérieure et extérieure du Gabon. Cette intervention permet de rétablir Léon Mba dans ses fonctions au sommet de l’État, en même temps qu’elle promet un avenir radieux à son chef de cabinet, qualifié de fidèle parmi les fidèles. Mais d’où vient Albert-Bernard Bongo?

En réalité, personne ne sait s’il rentra au Gabon de lui-même ou s’il fut rapatrié du Congo-Brazzaville, comme d’autres compatriotes, à la suite d’un match de football conflictuel qui, en 1962, faillit déclencher une guerre entre les deux pays. En revanche, les circonstances semblent offrir au jeune Albert-Bernard un tremplin propice à son ascension vertigineuse vers les hautes sphères du pouvoir. En moins de cinq ans, il monte en puissance et prend progressivement du galon, au point de devenir rapidement le n°2 de l’État, alors que Léon Mba, déclaré malade dès 1966, s’absente souvent de Libreville et finit par s’éteindre à Paris, le 27 novembre 1967.

Aussi, Albert-Bernard Bongo parachève-t-il ainsi sa cavalcade vers le sommet: chef de cabinet du président de la République, en octobre 1962, ministre de l’Information, ministre de la Défense nationale, puis en septembre 1965, ministre délégué à la présidence de la République. Un an plus tard, un nouvel échelon est franchi avec son accession au poste de vice-président, titre assorti des portefeuilles de la Coordination, de la Défense, du Plan, de l’Information et du Tourisme. Lorsque le sortant Léon Mba présente en mars 1967 sa candidature, il devient naturellement son colistier.

« Pas de grande formation, mais de la volonté »

Ce parcours sans embûches doit beaucoup à Jacques Foccart, le conseiller Afrique de Charles de Gaulle, qui le présente au Général. Sans doute Foccart avait-il encouragé Léon Mba à choisir Albert-Bernard Bongo, « un homme, note-t-il dans son journal, qui n’a pas une grande formation, mais qui a de la volonté et du courage ».

Etranger au BDG de Mba, redoutant de tomber sous l’emprise de ses derniers apparatchiks, Albert-Bongo crée quelques mois après, le 12 mars 1968, sa propre formation politique: le Parti démocratique gabonais, ou PDG, bientôt promu au rang de parti unique, puis de parti-Etat, comme l’atteste l’adoption de la loi n°2/68 du 28 juillet 1972, qui institutionnalise l’absence de tout pôle de contestation.

Ce maillage des institutions de l’Etat aura des conséquences immenses sur les instruments de contrôle de l’appareil étatique. Progressivement, l’Etat voit ses prérogatives confisquées et ses ressources « patrimonialisées ». Pendant que le régime surfe allègrement sur la rente pétrolière, le pays est organisé sur la base de la cooptation et des rapports de clientèles. Ce système gangrènera toutes les élites gabonaises les mieux formées, notamment des années 1970 aux années 2000. Avec toutefois une exception: le sursaut patriotique éphémère à l’origine de la conférence nationale et des « Accords de Paris », fruits de la contestation née du verdict officiel du scrutin présidentiel de décembre 1993, où Omar Bongo fut déclaré élu.

Ali Bongo, dernier maillon de la chaîne

Quels sont les facteurs et qui sont les acteurs qui contrarient la poursuite du règne de la dynastie Bongo? Alors même que le président sortant, contesté par une opposition déterminée à l’empêcher de rempiler après sept ans de pouvoir sans partage, se trouve accusé de hold-up électoral. Ali Bongo accède lui aussi au pouvoir à marche forcée, avec la bénédiction d’un père en fin de règne puis, après la mort de celui-ci, le soutien des apparatchiks du PDG. Sans oublier le rôle joué par les réseaux extérieurs. Si le défunt Bongo Senior se montrait fidèle à de tels soutiens, Ali Bongo a-t-il maintenu le cap? Ou a-t-on assisté à une dérive progressive du pouvoir?

Dans un premier temps, l’héritier s’attelle à mieux se positionner à la tête du PDG, avant de le vider brutalement de ses « caciques », terme appliqué aux militants de la première heure, pionniers de l’implantation et de l’ancrage du parti sur l’échiquier national. Il place aux postes-clés ses propres partisans, pour la plupart membres de sa génération et dépourvus d’expérience préalable probante. Ensuite, Ali Bongo, désireux de contrôler l’administration et l’ensemble de ses ressources administratives et financières, s’emploie à « purger » l’appareil d’Etat de responsables accusés de corruption.

L’ambition affichée aurait pu être salutaire si le « nouveau régime » avait rompu avec les anciennes pratiques de recrutement et de nominations dans la haute administration, les cabinets ministériels ou présidentiels par cooptation et clientélisme; et ce pour les remplacer par de une nouvelle vague moins vorace, dotée de profils scolaires et universitaires irréprochables. Or, il n’en fut rien! In fine, la gestion de l’État est devenue des plus calamiteuses. La machine censée imposer de nouvelles politiques publiques de développement n’a guère cessé de foirer. Et personne ne sait où sont passés les milliers de milliards [de francs CFA] du budget de l’Etat affectés année après année aux investissements

Une crise politique inédite

Sur le plan institutionnel, le Gabon est en train de vivre une crise politique inédite. Ali Bongo a dû faire face principalement à d’anciens cadres démissionnaires du PDG, regroupés autour du candidat Jean Ping. Lequel l’a largement battu dans les urnes, d’après les procès-verbaux originaux des suffrages exprimés. Le sortant s’est déclaré malgré tout victorieux, au grand dam du plus grand nombre. Avec, à la clé, des conséquences dramatiques en terme de troubles, de violence et d’instabilité du pays.

Le Gabon est au bord de la guerre civile. Il encourt le risque d’un basculement vers les extrémismes, propice à la quête de boucs-émissaires. A commencer par les ressortissants du Haut-Ogooue?, province instrumentalisée par le pouvoir afin de gonfler les suffrages portés sur son candidat. Comment imaginer que les nouveaux leaders d’opinions du Haut-Ogooue?, formés dans les mêmes universités que leurs compatriotes, souvent unis à des conjoints venus d’autres communautés, confrontés au même quotidien difficile, ne puissent éclairer leurs parents et amis? La bêtise politique que met en évidence de scrutin, ne saurait être imputée à la majorité des Altogovéens, dont le vote a été manipulé.

Faut-il choisir de sacrifier le Gabon pour maintenir la pérennité de « la dynastie Bongo » et assouvir l’égocentrisme et la volonté de puissance du monarque Ali Bongo? Les générations ont changé et avec elles les moeurs sociales. A commencer par leur imaginaire politique, formatés par la nouvelle économie du savoir que diffusent instantanément les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et ce sous l’écho persistant des sirènes de la liberté, ressource essentielle du modèle de l’État moderne et démocratique, plus que jamais universalisé. Cette fois-ci, c’est peut-être bien terminé! 

Par Wilson-André Ndombet, historien, politologue, professeur des universités.

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https://rcf.fr/actualite/investiture-dali-bongo-les-gabonais-noublient-pas

Investiture d’Ali Bongo: les Gabonais n’oublient pas

Présentée par Stéphanie Gallet

mardi 27 septembre à 9h03

Durée émission : 55 min

Ali Bongo prête aujourd’hui serment pour un nouveau mandat de président du Gabon, alors que ses milices dissimulent les traces de la sanglante répression. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Ce qui se passe au Gabon est très grave. « Nous sommes en train de de vivre des choses d’une atrocité inouïe« , témoigne Laurence Ndong. Un mois après les élections le calme semble revenu. Mais personne n’oublie les violences qui ont suivi. Une partie du Parlement incendiée, les locaux du principal opposant Jean Ping saccagés, ses militants menacés et arrêtés… Aujourd’hui l’avenir du Gabon est incertain. Malgré tout, il y a, d’après l’auteur de « Gabon, pourquoi j’accuse » (éd. L’Harmattan), « une unité » et « une solidarité » entre les Gabonais.

Climat tendu autour de la cérémonie d’investiture

Quatre jours après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle du Gabon, Ali Bongo s’apprête à prêter serment ce mardi 27 septembre pour un deuxième mandat présidentiel. La cérémonie d’investiture a lieu au palais présidentiel de Libreville. « Une mascarade, juge Laurence Ndong, comme Ali Bongo sait très bien les organiser« . Des propos sans appel, appuyés sur le bilan de son mandat précédent: « Ali Bongo n’a mis en œuvre que 30% du programme avec lequel il était venu pendant sept ans ; en sept ans, pas une école, pas une université, pas une maternelle, pas une bibliothèque. »

Lors de la cérémonie, l’opposition ne sera pas de la partie. Elle dénonce des élections truquées et la mainmise du clan Bongo sur le pays. Du côté des chancelleries étrangères, les représentations se font a minima. Beaucoup ont regretté les conditions du scrutin, les violences et la mise à l’écart des observateurs européens.

« Sous Omar Bongo on n’a pas eu de répression d’une telle envergure. »
Laurence Ndong

« On parle de charniers »

« Sous Omar Bongo [président de 1967 à 2009] on se plaignait d’une dictature: on n’imaginait pas que son fils ferait mille fois pire. » Laurence Ndong dénonce « des centaines de morts » dont les cadavres sont dissimulés, « on parle de charniers ». Difficile d’avoir des chiffres exacts, car les moyens de communication sont bouclés. Laurent Duarte évoque des coupures d’Internet, « une volonté de black out ». La pasteur évoque des familles qui cherchent en vain les leurs. « Sous Omar Bongo on n’a pas eu de répression d’une telle envergure. »

On constate un important décalage entre les informations officielles et celles données par les informateurs de terrain. « On sait que les violences au Gabon sont extrêmes aujourd’hui et pourtant les images officielles qui circulent donnent une autre réalité« , confirme Jean-Christophe Ploquin. Qui rappelle la nécessité « d’une enquête internationale » par des observateurs de l’ONU ou de grandes organisations de défense des droits de l’homme. Or, les demandes de visas de la FIDH ou d’Amnesty International ont été refusées.

En France et aux Etats-Unis, la diaspora gabonaise mobilisée.

Quels moyens de pression?

La diaspora gabonaise en France et aux Etats-Unis tente de faire pression en recueillant des informations sur les réalités du terrain. Le site Gabon witness tente de recenser le nombre de victimes. La pasteur gabonaise Laurence Ndong garde malgré tout espoir: « On sait que ce n’est pas la volonté de Dieu que le pays soit dans un tel chaos, cela nous aide à nous battre. »

D’autres pays d’Afrique subissent le népotisme et la corruption d’hommes politiques au pouvoir. En novembre prochain, la République démocratique du Congo (RDC) va devoir élire un président. L’actuel Joseph Kabila « souhaite prolonger son règne à Kinshasa« , prévient Jean-Christophe Ploquin.

Invités

  • Laurent Duarte , coordinateur de la campagne du collectif « Tournons la Page »
  • Jean-Christophe Ploquin , journaliste, rédacteur en chef au journal La Croix, spécialiste des questions internationales
  • Laurence Ndong , enseignante-chercheur en didactique des langues, pasteur, membre du collectif « Tournons la Page »

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27.9, 16h44

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/27/au-gabon-ali-bongo-isole-prete-serment_5004329_3212.html

Au Gabon, Ali Bongo, isolé, prête serment

Par Cyril Bensimon (Libreville, envoyé spécial)

LE MONDE Le 27.09.2016 à 16h44 • Mis à jour le 28.09.2016 à 09h41

Etait-ce pour chasser les mauvais esprits ? Une entêtante odeur d’encens flottait, mardi 27 septembre, à l’intérieur du salon d’honneur du Palais du bord de mer à Libreville, le siège de la présidence. Ali Bongo Ondimba, 57 ans, a été officiellement réinvesti pour un second septennat à la tête du Gabon. Moins de quatre jours après que la Cour constitutionnelle eut, au cœur de la nuit, validé sa réélection, la prestation de serment a été organisée en toute hâte. La veille encore, dans l’entourage du président, de nombreuses incertitudes demeuraient sur l’heure de la cérémonie, la liste des invités. « On veut aller vite parce qu’il y a des problèmes urgents. Il faut mettre en place le dialogue, un gouvernement que nous espérons d’ouverture qui pourrait être formé d’ici à la fin de semaine », justifie le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie By-Nze.

Mardi, le Palais du bord de mer a fait salle comble, mais Ali Bongo Ondimba n’a jamais paru aussi seul. Parmi ses pairs africains, seuls le Togolais Faure Gnassingbé Eyadema, un autre héritier, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, le Nigérien Mahamadou Issoufou ou le Sao-Toméen Evaristo Carvalho ont fait le déplacement à Libreville. En revanche, aucun des principaux voisins n’était là. Le Congolais Denis Sassou-Nguesso avec qui les relations sont exécrables, l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, le Camerounais Paul Biya étaient absents. Tout comme le président en exercice de l’Union africaine, le Tchadien Idriss Déby Itno, qui a dépêché son premier ministre. Allié indéfectible, le Maroc a, lui, envoyé son chef du gouvernement en pleine période électorale, Abdelilah Benkirane. « On ne peut pas dire que les messages de félicitations, y compris africains, pleuvent », ironise un diplomate français.

« A la hussarde »

Parmi les chancelleries occidentales, les ambassadeurs de France, des Etats-Unis, de l’Union européenne se sont rendus à la cérémonie, mais après la publication de leurs communiqués qui n’accordent que peu de crédit à la réalité de la victoire dans les urnes d’Ali Bongo Ondimba. L’accueil qui leur a été réservé fut glacial. « Les Américains ? Ce ne sont pas des amis traditionnels du Gabon. Les Français ? Qu’ils viennent ou pas, ça ne change rien puisque la France n’a plus de diplomatie. On pensait que la France nous connaissait mieux que les Européens mais on a compris que l’Europe avait son candidat et qu’elle fait tout pour ne pas le lâcher alors que Jean Ping a perdu l’élection », s’agace Alain-Claude Bilie By-Nzé.

Entre Paris et Libreville, les relations n’ont jamais atteint ce point de refroidissement. « La proclamation des résultats est un fait, mais on ne prend pas acte, on ne prend pas bonne note de cette élection », explique-t-on à Paris. « Je ne pense pas qu’il [Ali Bongo] en sorte renforcé ni sur le plan politique ni sur le plan diplomatique, y compris sur son propre continent », ajoute cette source. Les diplomates français ne cachent pas leurs inquiétudes pour la stabilité future de cet allié historique sur le continent africain. Le seul point sur lequel s’accordent les deux capitales est la nécessité d’un dialogue politique. « Nous avons tous le devoir de ne point ériger un mur entre nous. (…) Je veux que ce dialogue nous sorte définitivement de la logique du conflit permanent qui dénature fortement nos valeurs, nos relations et notre vivre-ensemble », a déclaré Ali Bongo Ondimba lors de sa prestation de serment. Les craintes dans son camp sont réelles. « Nous sommes assis sur le bord d’un volcan et l’on ne sait encore pas de quel côté coulera la lave », confie l’un de ses conseillers.

Reste à savoir avec qui le chef de l’Etat gabonais ouvrira ces discussions. Trois candidats à l’élection, Bruno Ben Moubamba, Raymond Ndong Sima et Dieudonné Minlama Mintogo, se sont rendus à la cérémonie d’investiture. A eux trois, ils n’ont pas recueilli plus de 1,5 % des suffrages. La veille, Jean Ping a feint de ne pas être au courant de l’événement. Plus prolixe, son porte-parole, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, a dénoncé « une prestation à la hussarde, un coup de force ».

Cyril Bensimon Libreville, envoyé spécial

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27.9, 15h45

http://www.jeuneafrique.com/360578/politique/gabon-ali-bongo-ondimba-a-prete-serment-deuxieme-septennat/

Gabon : Ali Bongo Ondimba a prêté serment pour un deuxième septennat

27 septembre 2016 à 14h03 — Mis à jour le 27 septembre 2016 à 15h45

Par Claire Rainfroy

Quatre jours après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo Ondimba a été investi ce mardi midi pour un deuxième septennat.

La main droite levée vers le drapeau gabonais et l’autre posée sur la Constitution, Ali Bongo a prêté serment pour un deuxième mandat mardi 27 septembre, un mois après le seul et unique tour de l’élection gabonaise.

« Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais », a affirmé le chef de l’État lors d’une cérémonie très solennelle, introduite par la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo.

Nouvel appel au dialogue

Dans son discours d’investiture, Ali Bongo a une nouvelle fois invité ses opposants au dialogue. « J’invite toutes les forces vives de la Nation à s’asseoir ensemble afin de trouver les solutions », a-t-il déclaré, déplorant « les événements malheureux » ayant suivi la proclamation des résultats. Le 31 août, des violences meurtrières inédites avaient éclaté dans le pays, où des centaines d’arrestations avaient eu lieu.

Le chef de l’État a également mis en avant ses promesses de campagne : placer la jeunesse au cœur de son prochain septennat, mettre en oeuvre son programme d’« égalité des chances » et parvenir à l’« émergence » de l’économie gabonaise, malmenée par la chute des cours du pétrole. Son gouvernement sera nommé « dans les prochains jours », a-t-il également précisé.

Quatre chefs d’État 

Quelque 600 personnes avaient fait le déplacement au palais du bord de mer, expliquait mardi le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie By Nzé.

Seuls quatre chefs d’État étaient présents : le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le Togolais Faure Gnassingbé, le Nigérien Mahamadou Isssoufou et le nouveau président de São Tomé-et-Príncipe, Evaristo Carvalho. En 2009, ils étaient une dizaine pour la première investiture d’Ali Bongo.

Premiers ministres marocain, tchadien et congolais

Le Maroc, le Tchad, le Congo-Brazzaville, le Sénégal, et la Centrafrique étaient représentés par leurs Premiers ministres. Le Rwanda avait pour sa part dépêché le président du Sénat à Libreville ; la RDC et la Guinée-Équatoriale avaient envoyé les présidents de leurs Assemblées nationales.

Quant au Cameroun et à la Côte d’Ivoire, ils étaient représentés par le ministre de la Justice camerounais et le médiateur de la République ivoirienne.

Pas de ministre français 

La France, comme les États-Unis, avaient envoyé leurs ambassadeurs respectifs au palais du bord de mer. Contrairement à l’investiture d’Idriss Déby Itno en août dernier, allié stratégique de Paris, aucun ministre français n’avait donc fait le déplacement.

Depuis la proclamation des résultats provisoires le 31 août, Washington et Paris n’avaient pas ménagé leurs critiques concernant le processus électoral et le verdict de la Cour constitutionnelle. La décision de la Cour n’a « pas permis de lever tous les doutes », avait ainsi affirmé le Quai d’Orsay.

Jean Ping absent 

Du côté de l’opposition, certains anciens candidats avaient fait le déplacement, dont Raymond Ndong Sima, Bruno Ben Moubamba ou encore Dieudonné Minlama Mintogo.

Jean Ping, qui dénonçait samedi la décision « inique » de la Cour constitutionnelle, n’était pas présent. « Nous ne sommes pas concernés par cette cérémonie », avait un peu plus tôt déclaré son porte-parole.

Le Premier ministre du dernier gouvernement, Daniel Ona Ondo, était également présent, tout comme Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et Michel Essonghé, conseiller politique du président. Ali Bongo a également prêté serment sous les yeux de plusieurs membres de sa famille, dont sa mère Patience Kama Dabany.

Claire Rainfroy

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27.9, 8h27

http://www.jeuneafrique.com/360504/politique/gabon-linvestiture-de-ali-bongo-aura-lieu-mardi/

Gabon : l’investiture de Ali Bongo Ondimba a lieu ce mardi

26 septembre 2016 à 17h10 — Mis à jour le 27 septembre 2016 à 08h27

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba est investi pour un second septennat ce mardi, quatre jours après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle, a annoncé la présidence lundi.

L’investiture aura lieu au Palais présidentiel du bord de mer, ce mardi 27 septembre, a précisé la présidence. La Cour Constitutionnelle a validé vendredi l’élection d’Ali Bongo en rejetant la requête de son rival Jean Ping, qui a dénoncé un déni de droit et continue de se proclamer le président élu. Pourtant la cour a entériné l’avance d’Ali Bongo, affirmant qu’il avait été élu avec 172 990 voix (50,66%) devant Jean Ping (161 287 voix, 47,24%).

De son côté, lundi après-midi, Jean Ping devait recevoir à son domicile le corps diplomatique présent au Gabon. L’opposant a lancé samedi un appel à la communauté internationale, sans préciser ce qu’il en attend, après avoir épuisé tous les recours légaux au Gabon.

Accueil froid

La même communauté internationale a accueilli froidement la réélection d’Ali Bongo. Les observateurs électoraux de l’Union européenne ont sévèrement critiqué dimanche les travaux de la Cour, qui n’a pas rectifié selon eux les évidentes anomalies qu’ils ont constatées lors du scrutin à tour unique du 27 août.

La première proclamation de la victoire d’Ali Bongo, le 31 août, avait entraîné des manifestations, des émeutes, des morts et des interpellations par centaines.

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27.9, 5h00

http://www.rfi.fr/afrique/20160927-gabon-ali-bongo-preter-serment-deuxieme-mandat-septennat

Gabon: Ali Bongo va prêter serment pour un deuxième mandat

Par RFI Publié le 27-09-2016 Modifié le 27-09-2016 à 05:00

Trois jours seulement après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle, le président gabonais Ali Bongo Ondimba sera investi pour un second septennat ce mardi 27 septembre. La cérémonie de prestation de serment aura lieu au palais présidentiel du bord de mer.

La Cour constitutionnelle a tranché, la cérémonie d’investiture peut avoir lieu. Le président Ali Bongo Ondimba va prêter serment devant la Cour ce mardi, en présence des deux chambres du Parlement.

Six cents invités sont attendus. Selon le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie Bi Nzé, le Tchadien Idriss Déby, président en exercice de l’Union africaine, sera représenté par son Premier ministre, comme le Congo-Brazzaville, le Maroc et le Sénégal. Le Cameroun par un ministre d’Etat. Le Rwanda par le président du Sénat. Toujours selon le ministre gabonais, seuls deux chefs d’Etat avaient confirmé leur présence lundi soir, celui de Sao Tomé et Principe et Ibrahim Boubacar Keïta du Mali.

Aucun ministre français ne devrait faire le déplacement, selon une bonne source, qui précise : « Une décision en cohérence avec la position exprimée par l’Union européenne et la France à la suite de la décision de la Cour constitutionnelle ». Le porte-parole du gouvernement de son côté défend le processus électoral gabonais, regrettant que « le Quai d’Orsay, qui connaît si bien (les Gabonais), depuis si longtemps, se soit aligné sur le point de vue de l’Union européenne, qui nous connaît si mal. »

« On ne prête pas serment à la hussarde »

L’opposition gabonaise dénonce quant à elle une cérémonie à huis clos. « On ne prête pas serment à la hussarde, on ne prête pas serment en cachette. C’est la logique du fait accompli », regrette Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, rival malheureux du président sortant à l’élection.

Faut pas que certains pensent qu’ils peuvent bander les muscles et faire ce qu’ils veulent.

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi

27-09-2016 – Par Carine Frenk

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26.9

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http://www.rfi.fr/afrique/20160926-est-certainement-recherche-plus-soutien-part-france-le-premier-ministre-gouvernemen

Réélection d’Ali Bongo: le changement de ton de la France entre 2009 et 2016

Par RFI Publié le 26-09-2016 Modifié le 26-09-2016 à 23:32

La France constate que « l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, suite à la réélection du président sortant Ali Bongo. C’est dans la nuit du 24 septembre que la Cour constitutionnelle du Gabon a proclamé les résultats définitifs. « Nous déplorons que le quai d’Orsay se soit déporté à Bruxelles », a répondu Libreville. 2016 n’est pas 2009. En 2009, en effet, Paris s’était félicité de l’élection d’Ali Bongo.

Quelques mois avant la mort d’el hadj Omar Bongo, Ali Bongo est reçu à l’Elysée. Nous sommes en 2008. Poignée de main chaleureuse entre le Gabonais et Nicolas Sarkozy. La photo fait le tour du Gabon.

En 2009, Paris se félicite de la victoire d’Ali Bongo. Pour l’opposition, Paris a imposé son candidat. Le consulat de France est incendié ; des stations-service de Total sont pillées. C’est encore l’époque du village franco-gabonais. L’ombre d’Omar Bongo plane, le « vieux » qui sera passé avec adresse du pompidolisme jusqu’au sarkozysme. Les présidents français font alors le voyage à Libreville.

François Hollande n’est pas allé au Gabon et c’est le premier président français à ne pas faire le déplacement pendant son mandat, depuis Charles de Gaulle. Hollande maintient les intérêts français au Gabon mais le socialiste se méfie de la Françafrique. Le dossier des biens mal acquis conforte Hollande dans sa position. Et puis, Ali n’est pas Omar. Ali, lui, est bien moins francophile.

Cette fois, Paris n’a pas applaudi. La France a émis des doutes sur les résultats du 27 août. Ali Bongo a répliqué en déclarant que « l’ingérence n’est pas une bonne chose ». Changement de ton, changement d’époque.

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26.9, 14h25

http://www.rfi.fr/afrique/20160926-gabon-calme-silence-assourdissant-rues-libreville

Gabon: à Libreville, «le silence est aussi une bonne manière de parler»

Par RFI Publié le 26-09-2016 Modifié le 26-09-2016 à 14:25

Le calme règne à Libreville depuis la proclamation vendredi par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs qui confirment la victoire du président Ali Bongo Odimba. Mais la crise politique n’est pas encore réglée. Le chef de l’Etat propose un dialogue national, proposition que rejette Jean Ping qui appelle ses partisans à rester mobilisés. A Libreville, l’atmosphère est particulière.

A Libreville, la vie reprend doucement son cours. Au marché Mont Bouet, le plus grand de la capitale, l’activité a repris, mais quelques boutiques restent fermées et il y a beaucoup moins d’affluence que d’habitude, comme l’observe ce vendeur : « L’ambiance est étrange. En temps normal, on ne peut pas circuler parce qu’il y a tellement de gens, et ils vivent dans la joie. Là, ce n’est pas ça. »

Ce lundi matin, il y avait des embouteillages dans le centre-ville, les employés reprennent du service dans les bureaux, l’administration, et beaucoup l’ont constaté : « Tout le monde s’est levé de bon matin pour aller au travail. Les gens veulent reprendre leur vie, les choses ont changé. Il y a de nombreux magasins qui ouvrent, alors qu’ils étaient fermés auparavant ! Au niveau de l’économie, la vie commerciale reprend ».

Le coeur n’y est pas

Reste qu’il y a tout de même moins de monde que d’ordinaire et pour certains le cœur n’y est pas : « Déjà, on est carrément quadrillés par les policiers un peu partout. Ce n’est pas normal. Je ne pense pas que tout le monde accepte cette situation. C’est à dire que beaucoup de gens sont frustrés par la situation, donc je ne pense pas que tout va bien dans le pays. Ce n’est pas normal, l’atmosphère n’est pas normale du tout ».

Tout le monde a en effet remarqué le calme qui prévaut dans les quartiers. « [Cela] signifie tout simplement que nous sommes en deuil. Nous sommes en train de pleurer notre victoire qui a été volée une fois de plus. C’est pourquoi, on s’est résolu à rester dans nos maisons », explique cette femme.

« Comme nous sommes enfermés dans un étau, qu’est-ce qu’on peut bien faire ?, s’interroge un jeune homme. Le peuple a manifesté déjà. On est abattu. On a peur. »

Le silence qui règne dans la capitale n’est pas l’expression d’une résignation, selon plusieurs habitants. « Ce silence, c’est aussi une bonne manière de parler. Je peux vous affirmer que ça ne veut pas dire qu’on est d’accord avec les résultats », décrypte cette Librevilloise.

La crise politique est dans toutes les conversations comme au quartier Okala. « Je suis sûr que dans les jours qui viennent la situation va reprendre quand même. Nous, on ne veut pas le pillage, on ne veut pas le bruit. On veut seulement la paix. Ping doit rester tranquille maintenant. Tout est plié. Ali a gagné. C’est lui le vainqueur. Maintenant, c’est fini », assène un jeune du quartier. « Non, non, non, lui répond son voisin. L’affaire n’est pas pliée. Nous restons mobilisés, mais nous sommes simplement dans une position d’attente. »

Qu’est ce que la France fait pour nous ?

Micro-trottoir: les Gabonais et le rôle de la France

26-09-2016 – Par RFI

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26.9, 11h36

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/26/l-opposition-gabonaise-desemparee-apres-la-reelection-d-ali-bongo_5003408_3212.html

L’opposition gabonaise désemparée après la réélection d’Ali Bongo

Par Cyril Bensimon (Libreville, envoyé spécial)

LE MONDE Le 26.09.2016 à 11h36 • Mis à jour le 26.09.2016 à 13h35

Libreville ne s’est pas enflammée. La validation de la réélection d’Ali Bongo Ondimba par la Cour constitutionnelle, dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 septembre, n’a donné lieu à aucune célébration de joie ou mouvement de colère. La rue appartient aux militaires et aux policiers, et la capitale gabonaise semble étourdie par la peur de connaître de nouvelles violences.

Dans le quartier de Rio, Christian prévient : « C’est un calme trompeur. Le président a donné comme mot d’ordre de rester calme, alors rien ne se passe. Mais regardez tout de même, si Ali Bongo avait vraiment gagné avec plus de 50 % des voix, il devrait y avoir de la joie, or, là, c’est une ambiance de cimetière ! » Pour ce chauffeur comme pour tous ceux qui l’entourent, le « président » n’est pas celui que la plus haute juridiction du pays a reconduit à la tête de l’Etat pour un second septennat, mais bien Jean Ping qui, dès samedi, a rappelé qu’il demeure, selon lui, « le président clairement élu par les Gabonais. » Pour Christian comme pour ses acolytes, qui martèlent que « le Gabon n’est pas un royaume où le pouvoir se transmet de père en fils », se pose désormais la question : que faire ?

L’idée de reprendre les manifestations semble, au moins provisoirement, abandonnée. « On ne peut pas aller dans les rues avec des cailloux contre des kalachnikovs », dit-il. Le 31 août, après l’annonce des résultats provisoires, des émeutes avaient éclaté à Libreville et dans plusieurs villes de province avant d’être sévèrement réprimées. Le poids de l’histoire et des liens entretenus avec la France fait naître des espoirs… qui ont toutes les chances d’être déçus. « L’Union européenne [qui a observé le processus électoral et n’a pas caché ses suspicions sur sa transparence] a les vrais résultats. Maintenant, nous attendons une réaction de la communauté internationale. Il faut que la France, mandatée par les Nations unies, intervienne militairement comme en Côte d’Ivoire », ose croire Paterne, un badaud.

Lourds soupçons

Ali Bongo Ondimba n’a reçu aucun message de félicitations des principaux partenaires du Gabon après l’annonce de sa réélection. L’Union africaine et le Maroc ont dit « prendre acte » du verdict. Tout comme les Nations unies, l’ambassade américaine à Libreville « a noté la décision de la Cour constitutionnelle », appelant celle-ci à « publier les détails de ses procédures, par souci de transparence ». Quant à la diplomatie française, par la voix de Jean-Marc Ayrault, elle a constaté que « l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », mais demande « à ceux qui continuent de contester les résultats de récuser l’action violente ». Les chancelleries affichent en langage feutré leur mécontentement, mais n’offrent, pour l’heure, aucune autre solution pour sortir de l’impasse que celle du dialogue proposé par M. Bongo au soir de sa victoire entachée de lourds soupçons de fraude.

« Quel dialogue peut-on avoir quand il y a encore des arrestations arbitraires ? », peste Sylvère, un jeune mécanicien. « C’est seulement pour se partager le gâteau, ajoute Christian. On veut un changement radical, une nouvelle vision. Il faut que nos politiciens pensent l’impensable, imaginent l’inimaginable. » Sont-ils en mesure de le faire ? Casimir Oyé Mba, ancien premier ministre d’Omar Bongo, rallié à la candidature de Jean Ping, avoue sa perplexité. S’il ne manque pas une occasion d’égratigner Ali Bongo Ondimba – « un médiocre », « un tocard » –, cet homme, qui a été dix-neuf années ministre de son père, se montre bien en peine de dessiner une issue à la crise actuelle. Désemparé, il dit ne pas croire à « ce dialogue dont parle Ali », avant d’admettre quelques minutes plus tard : « Pour sortir de cette crise, il faut qu’on se parle, mais c’est à Ali de prendre des initiatives »…  telles que la libération des leaders et des partisans de l’opposition arrêtés ces dernières semaines.

La résignation semble gagner peu à peu l’esprit des dirigeants de l’opposition. Samedi, si Jean Ping a assuré ses partisans de « sa détermination à faire triompher l’alternance et l’idéal démocratique », ses mots étaient pour l’essentiel destinés à la communauté internationale, invitée « à prendre toute la mesure de la situation du Gabon aujourd’hui ». En tant qu’ancien ministre des affaires étrangères de son pays, président de l’Assemblée générale de l’ONU, puis de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping connaît trop bien les arcanes diplomatiques pour ne pas être conscient des limites d’un tel appel.

Cyril Bensimon Libreville, envoyé spécial

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26.9, 10h09

http://www.rfi.fr/afrique/20160926-gabon-reelection-ali-bongo-union-europeenne-mache-pas-mots

Gabon: l’Union européenne ne mâche pas ses mots après la réélection d’Ali Bongo

Par RFI Publié le 26-09-2016 Modifié le 26-09-2016 à 10:19

Après l’Union africaine, les Etats-Unis, la France et le Maroc, l’Union européenne a réagi dimanche 25 septembre à la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle du Gabon, qui a vu la réélection du président sortant Ali Bongo. La mission d’observation européenne avait déjà regretté que la Cour n’ait pas rectifié «de manière satisfaisante les anomalies observées». Et la réaction de la haute représentante pour les relations extérieures, Federica Mogherini, ne ménage pas le gouvernement.

Dans son communiqué, la diplomatie de l’Union européenne exprime une certaine amertume envers le gouvernement gabonais.

D’abord, Federica Mogherini et le commissaire à la Coopération internationale, Neven Mimica, « regrettent » le fait que la mission d’observation n’ait eu qu’un accès « très limité » au processus de traitement des contentieux électoraux. Et ce, dit le communiqué, « contrairement au protocole d’accord » signé avec Libreville. Elle regrette aussi que la mission de l’équipe de juristes dépêchés par l’Union africaine « n’ait pu être exploitée davantage ».

Dans ces conditions, estiment les hauts diplomates européens, le verdict est sévère : « La confiance du peuple gabonais concernant l’intégrité du processus électoral, dit leur texte, peut légitimement être mise en doute. »

L’Union européenne appelle les acteurs politiques à faire preuve de retenue et à refuser la violence. Elle estime que seule « une réponse politique » peut restaurer la confiance et « donner une véritable légitimité aux institutions ». Pour elle, il faudra à l’avenir réformer le système électoral gabonais dans le but de le « rendre plus crédible ».

Pour finir, l’UE formule le vœu que l’Union africaine et l’ONU recherchent avec le Gabon « une solution pacifique et juste ».

Réaction du PDG

Suite au communiqué des observateurs de l’Union européenne, le parti d’Ali Bongo n’a pas tardé à réagir.

Nous sommes désagréablement surpris par l’attitude des observateurs de l’Union européenne qui tiennent à embraser le Gabon.

Faustin Boukoubi

26-09-2016 – Par RFI

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26.9, 9h50

Note R*E :RFI oublie de dire que Paul Biya soutient Ali Bongo et qu’il manipule les informations

http://www.rfi.fr/afrique/20160926-gabon-le-cameroun-satisfait-victoire-ali-bongo

La victoire d’Ali Bongo au Gabon saluée au Cameroun

Par RFI Publié le 26-09-2016 Modifié le 26-09-2016 à 09:50

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26.9

http://www.rfi.fr/emission/20160926-gabon-avalanche-critiques-apres-reelection-ali-bongo-cour-constitutionnelle

A la Une: avalanche de critiques après la réélection d’Ali Bongo

Par Frédéric Couteau

Diffusion : lundi 26 septembre 2016

Trois jours après la confirmation par la Cour constitutionnelle gabonaise de la victoire d’Ali Bongo à l’élection présidentielle, c’est un sentiment de dépit, voire de colère, qui anime la plupart des médias du continent ce matin.

A commencer par les sites d’informations gabonais. « La rue ne manifeste pas de joie, soupire GabonEco, c’est dire que beaucoup de Gabonais n’ont pas adhéré au projet de société du président sortant ! Ali Bongo, lui-même, l’a ouvertement reconnu. C’est pourquoi il s’est engagé pour ce nouveau septennat à ne ménager aucun effort pour rendre à ses compatriotes leur dignité longtemps réclamée. Ce qui suppose qu’il lui faut aujourd’hui plus que jamais travailler à la réalisation de son projet de société, lequel a pendant sept ans tardé à prendre ses marques. »

GabonReview, autre site gabonais, hausse le ton : « comme à chaque élection présidentielle, le dernier mot est revenu à une Cour constitutionnelle qui n’a de sens que pour ceux qui croient encore aux institutions gabonaises bien que foncièrement corrompues. […] Les Gabonais n’ont jamais été aussi décidés à reprendre leur pays, s’exclame encore Gabonreview, et ceux qui ne l’ont pas compris finiront par comprendre qu’il n’y a pas eu de mot d’ordre, que c’est au fond de nous que “Ça suffit” résonne. Nous ne sommes pas une génération de moutons. »

Coup de semonce

Les critiques fusent également dans la presse ouest-africaine… Le quotidien Aujourd’hui au Burkina renvoie dos à dos les deux protagonistes de la crise : « en vérité, écrit le journal, opposants et gens du pouvoir gabonais se disputent le gâteau national, qui s’amenuise du reste, depuis que le baril de pétrole a quitté les 100 dollars pour descendre à 50 dollars. Le septennat de Bongo fils, dont chaque jour s’apparentera à un chemin de croix, devra être réservé à tracer les sillons d’une gouvernance vertueuse et à l’avènement d’une nouvelle classe politique, dont les Bongo, Ping et Cie ou leurs rejetons ne devront pas nécessairement jouer les premiers rôles. Le Gabon est malade de toutes ces familles dont le métier est la politique et dont le pays a tout fait pour eux, mais qui, se sont avérés de véritables sangsues pour la patrie. »

Pour Ledjely.com en Guinée, « c’est maintenant que les choses sérieuses commencent pour Ali Bongo. Ayant volé la légalité, il devra se préparer à affronter le manque de légitimité. D’ailleurs, c’est comprenant ce handicap congénital de son second mandat qu’il s’empresse de solliciter le dialogue et de proposer un gouvernement d’union nationale. Sauf que rien de tout cela ne saura combler le vide laissé par l’adhésion authentique des électeurs. »

En tout cas, pointe L’Observateur Paalga à Ouga, qu’« Ali Bongo ait vaincu à la régulière ou pas, que son challenger soit un mauvais perdant ou pas, une chose est sûre, ça ne peut pas continuer comme ça, surtout que la contestation de la confiscation du pouvoir, et de l’avoir par un clan s’accompagne d’une lame de fond sociale et économique qui rend le cocktail encore plus explosif. Et Ali aurait tort de prendre ce coup de semonce à la légère. »

L’influence de la Françafrique ?

Une autre voix, une autre opinion, celle de Mutations au Cameroun : « beaucoup de personnes ont fait l’amalgame entre Bongo père et Bongo fils. Ils portent le même nom certes, mais ils sont de tempérament opposé, estime le quotidien camerounais. Ali gère le patronyme, mais pas les options politiques d’Omar. Il a la volonté de faire ses marques, de prendre ses distances avec le paternalisme français au plan économique et au plan politique. Ce souci déplait à Paris, et il enthousiasme les masses africaines, affirme encore Mutations. Elles créent de par le continent des tribunes pour encourager et soutenir Ali Bongo. […] Personne ne voulait d’une alternance voulue par la Françafrique. La France, une fois de plus, n’a rien compris de l’Afrique, conclut le quotidien camerounais. Elle a trop misé sur le cheval Ping, maladroit et irrespectueux. La France a fait d’Ali “le résistant” au diktat colonial. C’est pour cela qu’il a été soutenu partout en Afrique. »

Enfin, cette charge de Liberté au Togo : « à la suite du coup de force électoral spectaculaire perpétré par Ali Bongo, est-il encore nécessaire, s’interroge le quotidien togolais, d’organiser des élections dans certains pays d’Afrique, surtout francophones ? […] La mascarade électorale gabonaise est typique, poursuit Liberté, de ce qui se passe dans nombre de pays africains francophones : le Togo, le Congo, le Tchad, le Cameroun etc. où les institutions impliquées dans l’organisation des élections sont toutes aux ordres du Palais. »

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25.9

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25.9, 23h30

http://www.rfi.fr/afrique/20160925-reaction-reelection-ali-bongo-gabon-art-prendre-acte-feliciter

Réélection d’Ali Bongo au Gabon: de l’art de «prendre acte» sans féliciter

Par RFI Publié le 25-09-2016 Modifié le 25-09-2016 à 23:30

Les principaux «amis» du Gabon ont accueilli froidement ce week-end la validation de la réélection du président Ali Bongo Ondimba. Aucun grand pays n’a encore félicité publiquement Ali Bongo pour sa réélection. La plupart ont pris acte et ont lancé des mises en garde. Mais le « prendre acte » est une formule diplomatique qui cache bien des nuances.

Idriss Déby, le président en exercice de l’Union africaine, a pris acte samedi de la validation de la réélection d’Ali Bongo à la présidence gabonaise. Mais derrière cette formule diplomatique peut se cacher soit un soulagement soit une gêne démocratique, que l’on soit à Rabat, Washington, Paris, à l’ONU ou à l’UA.

L’axe Rabat Libreville est historiquement fort. Le palais royal est satisfait, mais cache sa joie, voulant s’inscrire dans le concert international des réactions en demi-teintes. L’UA, elle aussi prend acte après avoir observé dans le plus grand secret le travail de la Cour constitutionnelle et après avoir remis un rapport tout aussi secret à Idriss Déby. Le patron de l’UA, compagnon de route d’El Hadj Omar Bongo, dit-on, sourirait en privé des remontrances faites au fils Ali, « élu grâce à quelques milliers de voix seulement ».

Pour Washington, Paris, Bruxelles, « l’essentiel, c’est que la crise post-électorale ne se transforme pas en un foyer de tension. Il ne faudrait pas que le Gabon s’ajoute à la RDC et au Burundi. »

Ban Ki-moon, lui, affirme avoir pris note. « Face à cette mollesse diplomatique imposée, dit un observateur, Ali Bongo a beau jeu de marteler que l’ingérence n’est pas une bonne chose. Le locataire du palais a compris que la pilule du 27 août serait digérée, assortie de la promesse d’un dialogue national. »

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25.9, 18h21

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/25/le-gabon-a-son-tour-victime-de-la-lachete-internationale_1510072

Le Gabon à son tour victime de la lâcheté internationale

Par Maria Malagardis — 25 septembre 2016 à 18:21

  • Le Gabon à son tour victime de la lâcheté internationale

Au Gabon, la Cour constitutionnelle a donc tranché : rejetant les recours pour fraude déposés par l’opposition, elle a confirmé la victoire du président sortant Ali Bongo, avec 50,66 % des voix, contre 42,24 % pour son adversaire Jean Ping. La décision a été annoncée dans la nuit de vendredi à samedi. C’est commode, les décisions en pleine nuit : ça évite les débordements. Même dans une ville quadrillée par les forces de l’ordre, alors qu’un leader de l’opposition et plusieurs activistes venaient d’être arrêtés.

Au lendemain du scrutin du 27 août, les premières contestations s’étaient soldées par une répression violente. Cette fois-ci, ceux qui ne sont pas satisfaits du verdict de la cour ont été peu encouragés à l’exprimer, face au déploiement policier. Mais les autres ? Les 50 % qui auraient soutenu Ali Bongo ? Pas un applaudissement, pas une seule marche pour exprimer leur joie ? Personne n’est surpris de la modestie des vainqueurs. Car personne n’est dupe. Dimanche, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, reconnaissait que «l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes». Tout en demandant à l’opposition de «récuser l’action violente». On mesure toute la subtilité de cette critique audacieuse.

C’est sous la pression de la communauté internationale que Jean Ping avait déposé des recours devant une Cour constitutionnelle surnommée «la tour de Pise» puisqu’elle penche toujours du côté du pouvoir. Sauf qu’après avoir épuisé les «voies légales», il est à craindre que la même communauté internationale soit pressée d’en finir avec le casse-tête gabonais. Ainsi l’Union Européenne, ouvertement bafouée puisque ses observateurs n’ont pu assister aux «travaux» de la Cour, exprime elle aussi des «doutes». Mais désormais, elle s’intéresse surtout «aux solutions pacifiques»… en «vue des prochaines élections».

Et que penser de l’ambassade des Etats-Unis sur place, qui a si vite reconnu le verdict de cette Cour présidée depuis 1998 par une ancienne maîtresse du père d’Ali Bongo ? Ou encore de l’Union africaine qui invite «au respect de la décision souveraine de la Cour constitutionnelle» par la voix de son président en exercice, Idriss Déby, qui règne sans partage sur le Tchad depuis 1990 ?

Déby qui a envoyé une équipe de juristes africains au Gabon jouer les observateurs de l’Union africaine. Très discrets, juste là pour cautionner le verdict de la «tour de Pise», avant qu’on ne tourne la page. Comme ce fut le cas déjà cette année au Congo-Brazzaville, à Djibouti, et bien sûr au Tchad. Autant de pays où l’abandon de la communauté internationale fait figure d’ultime trahison. On en mesurera un jour les conséquences.

Maria Malagardis

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25.9

http://www.dailymotion.com/video/x4tdi42_elections-au-gabon-vers-la-fin-de-la-francafrique_news

Survie : Thomas Bart : « … Coopérants militaires sous uniforme gabonais dans la Garde Républicaine … mercenaires tchadiens et burundais… France pour Ping : pas pour des raisons démocratiques … »

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25.9

http://afriqueeducation.com/politique/gabon_mengue_m_eyaa_nous_demandons_le_d_part_du_pouvoir_de_m_bongo

GABON : MENGUE M’EYAA : « Nous demandons le départ du pouvoir de M. Bongo »

Publié le Dimanche 25 septembre 2016 à 18:55

Afrique Education : La séquence électorale au Gabon a été tumultueuse. Elle est formellement achevée par l’avis de la Cour constitutionnelle. Pensez vous qu’il faille arriver à une « paix des braves » dont avait parlé Pierre Louis Agondjo Okawé ?

Mengue M’Eyaa : Comme l’a dit le président élu, Jean Ping, la démocratie est en « deuil » car nos idéaux de République, de concorde, de richesses partagées, et de démocratie, sont menacés. La Communauté internationale a pris position mais il lui faut faire davantage face aux menaces que le déni de démocratie fait peser sur la stabilité des nations. Le Gabon en est une illustration.

Vous reprenez l’expression utilisée, en 1990, par Pierre Louis Agondjo Okawé, que j’ai bien connu, puisque j’ai été sa conseillère spéciale à la mairie de Port-Gentil et au PGP.

En 2016, nous ne sommes plus dans le même contexte qu’en 1990. Le peuple gabonais est exaspéré de voir ce clan au pouvoir depuis presque 50 ans. Dans quelle grande démocratie verrait-on ce genre d’occupation du pouvoir dans un pays ? Vous imaginez : un demi-siècle !

Il n’est pas possible de faire l’impasse sur ce qui s’est passé avant et après le 27 août dans tout le pays. Le régime a déployé une violence inouïe, rappelant les événements de septembre 2009 à Port Gentil. Des populations désarmées ont été la cible des milices armées du pouvoir. Des femmes, des hommes et des enfants, ont été blessés, et il y a eu des morts qu’on estime à plus de 50 personnes, selon des méthodes génocidaires.
A Paris, un cabinet d’avocats, mené par Me William Bourdon, est en train de collecter les informations.Une plainte est déposée en France et auprès de la Cour pénale internationale (CPI), signe de l’extrême gravité des répressions du régime (selon une épêche AFP du 21 septembre 2016).

Au moment où je vous parle, un des leaders de l’opposition, Léon-Paul Ngoulakia, a été arrêté en raison du fait qu’il détenait, soi-disant, des photos des exactions commises par le régime dans son véhicule. Il n’est pas le seul à avoir été arrêté. Des personnes dont la notoriété est moindre, ont, elles aussi, été arrêtées sans autre raison que le fait d’avoir exprimé leur soutien au changement démocratique. Où sommes-nous en termes de gouvernance démocratique ? A chacun d’en juger.

Afrique Education : Pensez-vous que M. Ping a été trop rapide en s’auto-proclamant élu avant même la fin des opérations de dépouillement ?

Mengue M’Eyaa : Il n’a pas été trop rapide. Il l’a fait parce que le président Ping avait les remontées officielles des résultats de toutes les provinces du Gabon. Des copies des procès-verbaux, réalisées par nos ami-e-s présent-e-s dans les bureaux de vote, ont été transmises au quartier général du président Ping, qui lui ont permis de dire qu’il était élu. Les doubles des procès verbaux collectés avaient été communiqués aux observateurs européens.
C’était évidemment sans compter sur la fraude industrielle qui règne au sein du régime et qui a été très vite repérée et mise en exergue. Elle a permis de montrer, comme l’a confirmé une enquête du journaliste, Christophe Châtelot, dans le Monde, comment a été « fabriqué » le PV du Haut Ogooué. En effet, les résultats ont été revus de façon par le régime à restituer une avance suffisante à M. Bongo pour lui permettre de passer devant son adversaire. Deux jours d’allers retours ont été nécessaires au pouvoir pour opérer ces trucages électoraux dont je n’ai pas besoin de dire qu’ils sont inacceptables, et bien sûr, illégaux et punissables au plan pénal.
Alors, de quel côté sont les délinquants au Gabon ? Du côté des manifestants en faveur de la
démocratie ou du côté des commanditaires des fraudes multiples au plan électoral, et des massacres commis lors de l’assaut du QG de Jean Ping à Libreville ? Je vous laisse deviner la réponse qui s’impose à tous et à toutes. Tous les meurtres et assassinats devront trouver une traduction en termes de justice pénale.
Les observateurs de l’Union européenne (UE), malgré les entraves de la part du régime, ont immédiatement signalé les graves problèmes du Haut Ogooué, amenant Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE et vice-présidente de la Commission, à prendre une position officielle au nom de l’UE, demandant le ré-comptage des bulletins du Haut Ogooué. La France, les Etats-Unis, les Nations-Unies, et même l’ Union africaine (UA) ont, également, fait la même demande.
La plupart des partis de gauche (dont le PS), des partis de l’opposition française (dont l’UDI) et quelques personnalités ont, également, demandé ce ré-comptage.
En tout logique, et dans le cadre de la liberté d’expression, permise à tout responsable politique, il était dans l’ordre des choses que M. Ping s’exprime dans le sens de sa victoire, qui est réelle et avérée. La démocratie, c’est aussi afficher la transparence la plus totale dans tout le processus électoral.
Au lieu de cela, la Cour constitutionnelle annule des résultats favorables à Jean Ping, à Libreville, afin d’amoindrir son résultat, et majore ceux de M. Bongo. Dans une véritable mise en scène provocatrice, la Cour constitutionnelle indique qu’il n’est pas interdit à un candidat d’obtenir 100 % des voix dans une élection. Elle ignore du coup le contentieux lourd du Haut Ogooué, finissant, sans doute, de mettre une touche à son image d’assujettissement au clan Bongo.

Afrique Education : On dirait que la position de la communauté internationale semble insuffisante à vos yeux ? Pourtant, au Gabon, il y a eu des observateurs européens qui ont pu relever ce qui se passait et même faire un rapport critique sur le processus électoral.

Mengue M’Eyaa : Je tiens à le préciser. Le travail mené par les observateurs européens a été remarquable, précis et utile pour mettre en évidence les mécanismes de fraudes dans un rapport complet. Le régime n’a d’ailleurs pas réussi à le contredire en raison de sa solide argumentation et de sa documentation.
Comme je l’ai dit, les exigences de démocratie ont été posées par l’UE et la plupart des grands Etats.
A la demande de ceux-ci, alors que nous n’avions absolument pas confiance dans l’impartialité de la Cour constitutionnelle, le président élu, Jean Ping, a donc déposé un recours. On en voit aujourd’hui le destin, à savoir qu’il est rejeté, et que l’essentiel, à savoir, la fraude du Haut Ogooué est un sujet évité par ceux-là mêmes qui sont en principe les « gendarmes » de la légalité constitutionnelle. C’est dire l’Etat de non-droit dans lequel le Gabon est plongé désormais.
Donc, nous invitons la communauté internationale à faire respecter le choix du peuple gabonais, à savoir l’élection du président Ping, à envisager rapidement une protection physique des opposants au régime par une résolution des Nations-Unies.

Afrique Education : que pensez-vous des appels au dialogue du Président Bongo ?

Mengue M’Eyaa : Nous ne reconnaissons pas « l’élection » de M. Bongo, donc, disserter sur ses pseudos initiatives ne nous intéresse pas.

La présence de milices armées dans les rues de Libreville, la garde présidentielle, appelée « garde républicaine », et les arrestations arbitraires, sont, sans doute, un gage de sa sincérité.

Cet appel n’a pas de sens pour ce qui est du président élu, Jean Ping. Il est sans doute fait, sur conseil de ses quelques amis restants, pour l’extérieur, et pour tenter d’amadouer la communauté internationale, et la détourner de la vraie nature meurtrière et liberticide de ce régime cinquantenaire.

Le Gabon est dans une spirale du déclin. A la crise économique maintenant visible, s’ajoute une crise politique créée par la non-reconnaissance de l’alternance comme un mode de gestion du pouvoir légitime. La tâche est donc immense pour relever le pays. Nous sommes prêts pour cela, et nous sommes disposés à dialoguer, avec la communauté internationale, sur les conditions du départ rapide de M. Bongo, afin que le pays puisse retrouver la sérénité et la voie du développement avec, à sa tête, son président élu.

En ce qui nous concerne, nous continuons à nous battre sans relâche dans cette finalité.

Afrique Education : En tant qu’actrice de l’opposition depuis une vingtaine d’années, quel regard portez-vous sur une telle mobilisation des Gabonais-e-s, y compris à l’extérieur du Gabon ? Par exemple, on voit de jeunes Gabonais très courageux, ne pas hésiter à perturber les meetings de Nicolas Sarkozy, pour lui demander d’aller récupérer (son) Bongo qu’il avait fourgué au peuple gabonais en 2009 sans lui demander son avis ?

Mengue M’Eyaa : C’est surtout la détermination des jeunes Gabonais et Gabonaises qui est marquante. Beaucoup n’étaient pas nés ou étaient très jeunes en 1990. Ils reprennent pourtant cet enthousiasme qui avait failli renverser Omar Bongo, sauvé, in extremis, par l’armée française.

Ces jeunes générations sont modernes, utilisent les nouvelles technologies de l’information et de la communication, et ne comprennent pas le régime féodal, qui existe au Gabon depuis si longtemps. Ceux qui ont la double nationalité comparent l’exercice de la citoyenneté en France, ou aux Etats- Unis, et ce qui se passe au Gabon. Cet immense écart leur est insupportable.

Ce d’autant qu’on leur explique l’importance du continent africain, un réservoir pour la sauvegarde écologique du monde. Au lieu de considérer le Gabon, pensent-ils, la France continue à leur «imposer » le régime archaïque de Bongo, au nom d’intérêts inavoués.

Ils ont, aussi, la mémoire de l’élection présidentielle de 2009 où la France de Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait imposé M. Bongo au détriment d’André Mba Obame. Cette situation se reproduit à leurs yeux en 2016, et ils n’entendent pas, cette fois-ci, se laisser faire.

J’ajouterai que la dimension femmes, à laquelle je suis attachée en tant que féministe et auteure d’un livre collectif en hommage à Antoinette Fouque, co-fondatrice du MLF (Mouvement de Libération des Femmes), publié à la maison des Editions des Femmes Antoinette Fouque. Elle était mon amie. Elle était une théoricienne du féminisme, qui ne se limitait pas à la France. De nombreuses intellectuelles du monde entier apportent une contribution à ce livre, dont plusieurs Prix Nobel de la Paix et l’actuelle directrice générale de l’Unesco.
Loin des schémas utilitaristes du régime, les femmes, quel que soit leur âge, prennent place, au même titre que les hommes, aux combats en faveur de la démocratie et du développement, preuve en est qu’elles ont été la cible des répressions menées par le régime.

Alors, tous et toutes, nous voulons une société du bien commun, une société réconciliée, une société de la Concorde, une République fraternelle où les droits fondamentaux de tous sont respectés, ainsi que, les institutions, au-delà des clivages ethniques exacerbés depuis 50 ans.

Au Gabon, comme à l’extérieur du pays, nous sommes en train de connaître une révolution des esprits qui se traduit dans les actes dont l’objectif est de faire entrer notre pays dans la modernité démocratique.
Une chose est à retenir : Jean Ping est président du Gabon et nous ne discutons pas sous occupation militaire ou de celle des milices armées dans l’espace public ou privé !

La seule chose à négocier est le départ de M Bongo.

Avec le président Ping, nous sommes fiers de nos héros tombés pour l’alternance. Je suis fière de la dignité du peuple gabonais qui se bat pour un tournant historique, d’une nouvelle politique africaine de la France en Afrique centrale. C’est le réveil des consciences des peuples d’Afrique centrale !

Propos recueillis par Maxime Genet
Paris, le 25 septembre 2016

Mengue M’Eyaà
est Porte-parole de Jean Ping, en charge des Affaires étrangères, de la Communication du Président élu de la République gabonaise, Conseillère spéciale de Guy Nzouba Ndama, Présidente du conseil exécutif du mouvement Civique du Gabon, Présidente du Mouvement Civique des Femmes.

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25.9 matin

http://www.rfi.fr/emission/20160925-ali-bongo-ondimba-nous-avons-besoin-personne-parler-probleme-gabon-jean-ping-cour

Ali Bongo: «J’espère un dialogue avec tous ceux qui saisiront la main que je tends»

Par Carine Frenk, Richard Riffonneau

Diffusion : dimanche 25 septembre 2016

Notre invité ce matin est le président Ali Bongo Ondimba. Un entretien réalisé alors que la Cour Constitutionnelle vient de confirmer sa réélection. Ali Bongo propose un dialogue national et dévoile l’état d’esprit dans lequel il se trouve au lendemain de sa réélection – qui reste controversée. Il était au micro de nos envoyés spéciaux à Libreville, Carine Frenk et Richard Riffonneau.

Votre victoire vient d’être confirmée par la Cour constitutionnelle. Il n’y a aucune fête en ville ni de klaxons pour saluer votre réélection. C’est le silence. Comment l’expliquez-vous ?

Ali Bongo: Tout simplement par les recommandations qui ont été faites par le ministère de l’Intérieur. Nous avons d’abord un souci qui était donc celui de la sécurité de tous les citoyens. Par rapport à ce qui s’est passé, il y a maintenant 15 jours, nous avons préféré d’abord être sûrs que l’ordre puisse régner. Rassurez-vous, mes partisans avaient envie effectivement de descendre dans la rue pour célébrer. Nous leur avons dit que nous allons reporter la chose et que nous ferons cela dans quelques jours.

Pourquoi un tel dispositif sécuritaire ?

Vous savez quand même ce qui s’est passé dans ce pays. Vous préférez que l’on laisse brûler, que l’on laisse casser et que l’on laisse piller ? C’est ce que vous êtes en train de me dire ? Il fallait laisser faire ?

Comment expliquez-vous les arrestations de ces derniers jours, comme celle de Léon-Paul Ngoulakia ?

Je pense que les autorités font leur travail et que nous avions des consignes bien précises pour faire en sorte que la paix puisse être de mise dans notre pays et que tous ceux qui pouvaient avoir un comportement qui allait dans l’autre sens puissent répondre de leurs actes.

Mais vous me parlez de monsieur Ngoulakia. La semaine dernière, j’étais à une cérémonie pour les obsèques d’un policier sur qui on a tiré dessus. Aujourd’hui, j’ai des officiers et des policiers sur qui on a tiré dessus et des Gabonais qui ont été blessés.

Il y a plusieurs cas d’arrestations. Il y a le colonel Makita, plusieurs personnalités…

Encore une fois, je voudrais que l’on se penche aussi sur ceux qui ont souffert et les victimes. Chaque fois que je vous rencontre – vous et vos confrères – c’est pour me parler uniquement de certaines arrestations. On ne me parle jamais des victimes. Or, il y a des responsables, il y a des gens qui ont décidé d’envoyer des gens dans la rue pour casser, pour piller, pour aller attaquer des prisons, pour libérer des prisonniers. Il y a des gens qui ont décidé de faire cela.

Mais vous parlez de Jean Ping, aussi ?

Je parle de tous ceux qui sont responsables et qui sont aujourd’hui déférés devant la justice.

Il y a ce climat-là et, dans le même temps, vous proposez un dialogue. Un dialogue avec qui ? Un dialogue pourquoi ?

L’élection est maintenant derrière nous. Il s’agit de regarder le futur. Je ne peux pas ignorer qu’il y a une grande partie de la population qui n’a pas voté pour moi et donc, je ne suis pas sourd. Pour tous ces Gabonais et Gabonaises qui n’ont pas voté pour moi, je leur dis que je les ai quand même entendus et que je souhaite qu’ils puissent participer à la construction de ce pays.

Un dialogue avec qui ?

Mais avec tous ceux qui voudront bien et qui saisiront la main que je tends. Nous avons déjà un certain nombre de contacts. Je veux dire que nous avons déjà connu des situations de crise.

Mais que proposez-vous au juste ? C’est un gouvernement d’ouverture, un gouvernement d’union nationale ?

Le gouvernement n’est pas une fin en soi. Il s’agit seulement d’inviter des personnes à s’asseoir pour mettre en place une politique, pour mettre en place quelque chose, comme je me suis engagé à le faire pendant la campagne. J’avais alors indiqué que, après l’élection, je voulais ouvrir un débat, un dialogue national pour que nous puissions discuter des problèmes et voir comment nous pouvons faire évoluer notre système politique, par rapport par exemple au code électoral, vu que nous sortons d’une élection. S’il faut le modifier, il faut qu’on se retrouve, qu’on en discute.

Comme la question du mandat présidentiel ?

Oui, la question du mandat présidentiel. Tout est sur la table et nous allons discuter de tout.

Pour vos opposants, accepter un dialogue, aujourd’hui, c’est accepter le fait accompli, votre victoire. Pour eux, ce n’est pas le moment de ce dialogue.

Mais alors quand sera le moment ?

D’autres disent que ce n’est pas à vous d’organiser ce dialogue et qu’il faudrait, dans ce cas-là, faire appel à un médiateur extérieur.

Je vous ai déjà dit que ce n’est pas la première fois que nous nous retrouvons entre Gabonais pour régler ces problèmes-là et que nous n’avons besoin de personne pour parler du problème du Gabon. Chacun se mêle de ce qui se passe dans son pays.

Est-ce qu’on ne risque pas d’aller vers une impasse ?

Il n’y aura pas d’impasse. Nous allons discuter entre nous. L’ingérence n’est pas une bonne chose et lorsqu’on est des personnes de bonne volonté, avec un petit brun de patriotisme, on met de côté un peu son égo, on met de côté un certain nombre de choses pour parler du futur de son pays. Et c’est ce que je vais faire.

On a l’impression de deux positions irréconciliables. Comment vous allez sortir de…

Encore une fois, je crois que ce qui est important, c’est que nous avons voulu qu’il y ait des lois dans ce pays et des institutions. Il faut donc les respecter. Lorsque l’on aspire à vouloir diriger un pays, eh bien on commence par dire qu’on accepte d’appliquer les lois et de respecter les institutions. Donc voilà ce que j’ai à dire.

Est-ce que vous êtes confiant pour l’avenir, pour le proche avenir ?

Très. Je suis très confiant. Je suis optimiste. Ce n’est pas la première fois que nous sommes dans une situation post-électorale et nous allons, ensemble, trouver les voies et moyens pour sortir de cette situation-là.

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26.9, 12h24

http://www.jeuneafrique.com/360349/politique/gabon-validation-de-victoire-dali-bongo-ondimba-suscite-reactions-mitigees-sein-de-communaute-internationale/

Gabon : la validation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba suscite des réactions mitigées au sein de la communauté internationale

26 septembre 2016 à 12h24

Par Barthélémy Gaillard et Jeune Afrique avec AFP

Vendredi, la Cour constitutionnelle gabonaise a validé la victoire d’Ali Bongo à la très contestée élection présidentielle du 27 août. Une décision qui a suscité des réactions très froides au sein de la communauté internationale ces derniers jours.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la confirmation de la victoire d’Ali Bongo n’a pas provoqué un enthousiasme débordant chez les organisations et chefs d’État étrangers. Après la validation vendredi par la Cour constitutionnelle des résultats, les réactions se sont multipliées un peu partout en Afrique, en Europe ou encore aux États-Unis. Avec un point commun : dans leur grande majorité, ils sont restés très froids et mesurés.

Pour l’UE, les doutes subsistent sur les résultats dans le Haut-Ogooué

Les premiers à réagir ont été les observateurs de l’Union européenne dépêchés sur place pour assurer le bon déroulement du scrutin et la transparence des résultats. Une mission loin d’être remplie, ce qui explique la réaction critique de Marya Gabriel, l’observatrice en chef. Cette dernière a en effet déclaré dimanche : « La Mission d’observation électorale regrette que la Cour constitutionnelle n’ait pas été en mesure de rectifier de manière satisfaisante les anomalies observées lors du recensement des votes », déplorant que « les doutes sérieux sur les résultats du Haut-Ogooué n’aient pas été levés de manière satisfaisante ».

En Europe justement, Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires Étrangères français, ne s’est pas privé de faire part de sa déception à la suite de la décision rendue par la Cour constitutionnelle : « La France constate que l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », a-t-il déclaré dans la foulée. Côté américain, l’ambassade représentant Washington a donné dans le lapidaire, déclarant peu après la décision que « l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Libreville notait la décision de la Cour constitutionnelle gabonaise ».

Mutisme de la plupart des chefs d’État africains…

Comme au lendemain de l’élection, les chefs d’État du continent sont restés très discrets, même si Idriss Deby Itno, chef de l’État tchadien et actuel président de l’Union africaine, s’est exprimé. Sans plus d’enthousiasme, puisqu’il a simplement publié un communiqué affirmant que « le président de la république du Tchad, président en exercice de l’Union africaine Idriss Deby Itno, prend acte de la décision de la Cour constitutionnelle proclamant la victoire de Ali Bongo et invite toute la classe politique gabonaise au respect de la décision souveraine de la Cour constitutionnelle ». Même Mohammed VI, pourtant grand ami d’Ali Bongo, s’est contenté de « prendre acte » de la réélection de ce dernier.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a néanmoins adressé ses « très vives et chaleureuses félicitations » au lauréat, en espérant que le « peuple gabonais reconnu pour sa tolérance et sa détermination construise son avenir dans une vision démocratique. » Le président sénégalais Macky Sall a de son côté souhaité à son « cher frère » ses « meilleurs vœux de réussite » pour le maintien « de la paix et du dialogue » au Gabon.

… et vives réactions du côté des médias et des citoyens

En revanche, les citoyens et médias africains ont vivement réagi à l’annonce de la confirmation de la victoire d’Ali Bongo. Ainsi, Aujourd’hui au Faso dénonce l’incurie des deux camps opposés lors de l’élection : « opposants et gens du pouvoir gabonais se disputent le gâteau national. (…) Le Gabon est malade de toutes ces familles dont le métier est la politique et dont le pays a tout fait pour eux, mais qui se sont avérés de véritables sangsues pour la patrie. »  En Guinée, Ledjely.com n’est pas plus tendre avec Ali Bongo : « Ayant volé la légalité, il devra se préparer à affronter son manque de légitimité. »

Si l’actualité gabonaise passionne autant les autres nations africaines, c’est que les mécanismes qui sont à l’oeuvre à Libreville sont les mêmes dans beaucoup d’autres États voisins. C’est du moins l’analyse faite dans les colonnes de Liberté, au Togo : « La mascarade électorale gabonaise est typique de ce qui se passe dans nombre de pays africains francophones : le Togo, le Congo, le Tchad, le Cameroun etc. où les institutions impliquées dans l’organisation des élections sont toutes aux ordres du Palais. »

Barthélémy Gaillard

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25.9, 10h48

http://www.jeuneafrique.com/360262/politique/presidentielle-gabon-lexamen-recours-na-permis-de-lever-doutes-selon-ayrault/

Présidentielle au Gabon : « L’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », selon Ayrault

25 septembre 2016 à 10h48

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a regretté samedi que l’examen des recours n’ait pas levé « tous les doutes » sur la réélection du président gabonais Ali Bongo Ondimba, tout en appelant l’opposition à « récuser l’action violente ».

« La France constate que l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », a-t-il dit dans une déclaration écrite. Elle « demande à ceux qui continuent de contester les résultats de récuser l’action violente et de poursuivre leurs revendications selon des voies qui ne remettent pas en cause la paix et le bien-être du pays », a-t-il ajouté.

Le gouvernement gabonais a appelé de son côté à la tribune de l’ONU la communauté internationale à l’aider à rétablir l’unité du pays après la réélection contestée du président sortant Ali Bongo.

« Reconstruire le lien et l’unité du pays »

S’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères gabonais Emmanuel Isozet Ngondet a rappelé l’appel lancé par Ali Bongo « à un dialogue inclusif, à la réconciliation et à l’unité ».

« Reconstruire le lien et l’unité du pays est l’exigence du moment, préserver la paix et la stabilité du pays est le défi du moment », a-t-il estimé. Le Gabon « invite donc la communauté internationale à l’accompagner dans cet effort ».

Il a remercié « les pays amis qui ont été présents à nos côtés », citant la France, le Maroc et les Etats-Unis.

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25.9, 10h29

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-reelection-d-ali-bongo-pour-jean-ping-un-deni-de-droit-25-09-2016-2071166_2365.php

Gabon – Réélection d’Ali Bongo : pour Jean Ping, « un déni de droit »

L’opposant Jean Ping se déclare « président clairement élu des Gabonais » et accuse la Cour constitutionnelle d’avoir pris une décision « inique ».

Le Point Afrique (avec AFP)

Publié le 25/09/2016 à 10:29 | Le Point Afrique

Jean Ping lors de sa déclaration le 24 septembre 2016 à Libreville. « Un déni de droit », a-t-il dit à propos de la décision de la Cour constitutionnelle de valider la réélection d’Ali Bongo Ondimba. © AFP PHOTO / SAMIR TOUNSI

Jean Ping, candidat de l’opposition gabonaise, avait déposé un recours devant le juge constitutionnel contre les résultats provisoires de l’élection donnant Ali Bongo vainqueur. L’annonce de ces résultats provisoires le 31 août avait déclenché des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans le pays, faisant craindre à de nombreux Gabonais une nouvelle explosion de violence à l’annonce du verdict de la Cour. Ce samedi 24 septembre, à la suite de la validation par la Cour constitutionnelle de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, l’opposant gabonais Jean Ping a dénoncé un « déni de droit » alors que Libreville était quadrillée par un imposant dispositif sécuritaire. Pour rappel, la haute juridiction a donné Ali Bongo Ondimba vainqueur avec 50,66 % de suffrages exprimés, contre 47,24 % pour son principal rival Jean Ping, arrivé en seconde position.

Refus de Ping dans un environnement de haute sécurité

« Je ne reculerai pas. Président clairement élu des Gabonais, je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté », a lancé Jean Ping devant la presse à l’intention de ses partisans, en dénonçant une décision « inique » et le « parti pris » de la Cour. Aucun incident n’a cependant été signalé dans la journée à Libreville dont les rues étaient quasi désertes, ont rapporté des journalistes de l’AFP. La situation était identique dans la capitale économique du pays, Port-Gentil. Dès l’aube, les accès au centre de Libreville étaient jalonnés de barrages de police, de gendarmerie et de l’armée. Les accès au palais présidentiel, sur le front de mer, étaient bloqués par la garde républicaine. La ville était régulièrement survolée par un hélicoptère militaire.

Ce qui s’est passé à la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président Bongo, 57 ans, en rejetant l’essentiel du recours de Jean Ping. La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué que M. Bongo gardait une avance sur son rival, qui s’était proclamé élu après l’élection. Lors de l’audience, la Cour a indiqué que M. Bongo avait recueilli 50,66 % des suffrages, contre 47,24 % à M. Ping, avec 11 000 voix d’avance, contre moins de 6 000, selon les résultats officiels provisoires.

Appel d’Ali Bongo Ondimba…

Après le verdict, Ali Bongo, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, a appelé à un « dialogue politique », dans une allocution télévisée. « J’entends réunir très rapidement les conditions d’un dialogue politique ouvert à tous ceux qui le voudront », a-t-il assuré, en appelant « tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux de la présidentielle, à travailler avec moi, dans le respect de nos différences ».

… après le rejet du recours de Jean Ping

  1. Ping, ancien cacique du régime passé dans l’opposition, avait déposé un recours devant la Cour constitutionnelle le 8 septembre, tout en jugeant l’institution inféodée au pouvoir. Il demandait notamment un nouveau comptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué. Dans ce fief de la famille Bongo, le président sortant avait obtenu, selon les résultats de la commission électorale qui ont mis le feu aux poudres le 31 août, 95 % des voix pour 99 % de participation, lui garantissant au plan national une avance de 5 000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs.

L’opposition mise sous la menace d’interpellations

Les observateurs de l’Union européenne au scrutin avaient fait état d’une « anomalie évidente » dans les résultats. Mercredi, l’exécutif avait averti M. Ping qu’il serait arrêté s’il franchissait « la ligne rouge » dans l’hypothèse où il n’obtiendrait pas gain de cause en justice. Un ancien patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, par ailleurs cousin du président Bongo, récemment rallié à M. Ping, a été interpellé vendredi à Libreville, quelques heures avant le verdict de la Cour. À Port-Gentil, l’opposition a fait état de plusieurs interpellations dans ses rangs ces derniers jours. « Nous sommes préoccupés par ce qui paraît être des arrestations arbitraires de supporteurs de l’opposition », a indiqué l’ambassade des États-Unis au Gabon, qui « prend note » de la décision de la Cour.

La France regrette « tous les doutes » non levés

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a regretté que l’examen des recours n’ait pas levé « tous les doutes » sur la réélection du président gabonais. La France demande « à ceux qui continuent de contester les résultats de récuser l’action violente et de poursuivre leurs revendications selon des voies qui ne remettent pas en cause la paix et le bien-être du pays ». De leur côté, les autorités gabonaises doivent « prendre les initiatives qui restaurent la confiance des Gabonais en leurs institutions et n’éloignent pas le Gabon des normes internationales en matière de droits de l’homme et d’État de droit », a-t-il dit.

L’Union africaine « prend acte »

Par la voix du Tchadien Idriss Déby Itno, qui avait vu sa réélection en avril à un cinquième mandat à la tête de son pays contestée par son opposition, l’Union africaine, dont il assure la présidence en exercice, a elle aussi « pris acte » du verdict. Rappelant que « l’intégrité du processus électoral peut légitimement être mise en doute », l’UE a, elle, appelé « l’ensemble des parties prenantes » à « s’abstenir de recourir à la violence », souhaitant que « la sécurité des responsables politiques » soit « garantie ».

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25.9, 4h27

http://www.rfi.fr/afrique/20160925-gabon-reactions-validation-reelection-ali-bongo-deby-france-etats-unis

Gabon: les réactions après la validation de la réélection d’Ali Bongo

Le président en exercice de l’UA, Idriss Déby, a pris acte de la décision de la Cour constitutionnelle.
© REUTERS/Tiksa Negeri

Par RFI Publié le 25-09-2016 Modifié le 25-09-2016 à 04:27

Après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo à la tête du Gabon par la Cour constitutionnelle, l’Union africaine, dont le président tchadien Idriss Déby assure la présidence en exercice, a fait savoir qu’elle avait «pris acte» du verdict. Du côté des capitales influentes, la France, les Etats-Unis et le Maroc se sont aussi exprimés. Des réactions formulées en termes choisis.

La première grande capitale à s’être exprimée a été Washington par la voix de son ambassade à Libreville. La délégation américaine au Gabon « note la décision de la Cour constitutionnelle ». Elle appelle par ailleurs celle-ci à « publier les détails de ses procédures, par souci de transparence ». Les Etats-Unis appellent les deux parties au dialogue pour « panser les blessures d’un pays divisé ». Enfin, Washington s’inquiète des arrestations signalées dans les rangs de l’opposition, ainsi que de la perturbation du réseau Internet.

A Paris, la formule est savamment pesée : le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault « regrette » que l’examen des recours n’ait pas « levé tous les doutes » sur la réélection d’Ali Bongo. La France demande toutefois à l’opposition de « récuser l’action violente » et au gouvernement de « prendre des initiatives » pour « restaurer la confiance des Gabonais en leurs institutions ».

→ A (RE)ECOUTER : Une victoire sortie des ténèbres

Au Maroc, un allié fidèle du Gabon, la diplomatie a dit « prendre acte » de la réélection du président sortant et se dit confiante dans le fait que les Gabonais choisiront la voie du dialogue pour résoudre la crise.

Idriss Déby appelle à un « dialogue politique »

C’est par un communiqué que le chef de l’Etat tchadien de retour de New York a pris acte de la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Il invite « le président réélu à créer les conditions nécessaires et propices à un dialogue politique regroupant tous les fils du Gabon, gage de paix et de stabilité, exhorte l’opposition politique à plus de responsabilités ».

Idriss Déby, dont la présence a été annoncée à Libreville il y a quelques semaines au début de la crise post-électorale, n’a finalement pas fait le déplacement. Il a préféré attendre, les voies de recours n’étant pas épuisées, indique un de ses proches.

Le Tchad était tout de même à Libreville pour la fin du contentieux post-électoral. Nagoum Yamassoum, président du Conseil constitutionnel a fait partie de la délégation de l’Union africaine qui a assisté le Conseil constitutionnel gabonais.

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25.9, 0h20

Note : Pas de trace sur internet de la proposition de gouvernement d’union nationale par Ali Bongo. Ali Bongo a parlé sur RFI de mettre des opposants au gouvernement ce qui est très différent.

http://www.rfi.fr/afrique/20160925-gabon-calme-precaire-libreville-validation-reelection-ali-bongo-cour

Gabon: calme précaire et proposition d’un gouvernement d’union nationale

Par RFI Publié le 25-09-2016 Modifié le 26-09-2016 à 00:20

Au Gabon, un peu plus de 24 heures après la validation par la Cour constitutionnelle de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, un calme précaire régnait ce dimanche 25 septembre, à Libreville, la capitale. Beaucoup commentent les propos d’Ali Bongo qui propose un dialogue national.

C’est un dimanche pas tout à fait ordinaire à Libreville où règne un mélange de tranquillité et d’inquiétude. De nombreux Gabonais sont allés à la messe et au marché Mont-Bouet, le plus grand de la capitale.

L’activité reprend, mais quelques boutiques restent fermées. Il n’y a pas l’affluence habituelle. « Normalement ici, on ne peut même pas circuler. Là, vous voyez les voitures qui passent », observe un commerçant.

On entend beaucoup de commentaires sur les propos d’Ali Bongo qui propose un dialogue national, ainsi que sur la déclaration de Jean Ping, chef de file de l’opposition, qui appelle ses partisans à rester mobilisés.

Un vendeur regrette que Jean Ping refuse la main qui lui est tendue : « S’il n’accepte pas, on va rester dans le mauvais temps », explique-t-il.

Un autre, au contraire, affirme que Jean Ping a raison : « Le dialogue, ce n’est pas le moment. Un gouvernement d’union nationale ne nous intéresse pas. Nous réclamons notre victoire », dit-il.

Rappelons que Jean Ping refuse le verdict de la Cour constitutionnelle et se présente toujours comme le président élu. Une position intransigeante vivement critiquée par Anoué Kiki, porte-parole du Parti démocratique gabonais (PDG), parti au pouvoir.

Joint par RFI, il dit de Jean Ping que celui-ci est un mauvais perdant. « C’est un mauvais perdant. Il faut être fairplay et qu’il laisse les Gabonais se remettre au travail. Vous savez, le président Ali Bongo est un homme de dialogue. Il a parlé de la main tendue, de l’ouverture. Il a demandé à tous ceux de l’autre camp de venir le rejoindre. Il doit saisir cette opportunité », a déclaré Anoué Kiki.

Pour Alexandre Barro Chambrier, président du Rassemblement Héritage et Modernité et partisan de Jean Ping, ce n’est pas du tout la priorité. « Si c’est une stratégie, elle nous paraît de mauvais goût et mal venue. En ce qui nous concerne, nous sommes unis devant Jean Ping qui est élu et donc, nous ne voyons pas en quoi nous serions concernés par un appel à un soit-disant gouvernement d’union nationale. La Cour ayant montré ses limites, il y a là une opportunité historique de s’inscrire dans l’Histoire qui a été manquée. Le Gabon connaît une crise politique, une crise morale très grave. Ce qui nous importe aujourd’hui, c’est de poursuivre la bataille pour l’alternance », a déclaré, de son côté, Alexandre Barro Chambrier.

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24.9

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24.9, 23h59 sur ce blog

https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/09/24/le-gabon-entre-dans-une-terreur-durable-que-fait-la-communaute-internationale/

Le Gabon entre dans une terreur durable : la communauté internationale face à sa responsabilité historique concernant la démocratie en Afrique

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant, spécialisé dans les élections en Afrique,

Paris, 24 septembre 2016

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24.9 soirée ? + 25.9 5h11

http://www.rfi.fr/afrique/20160924-gabon-presidentielle-libreville-bongo-ping-cour-constitutionnelle-verdict-decompte

Gabon: Jean Ping dénonce un «déni de droit»

Malgré l’annulation des scrutins dans 21 bureaux de vote, le calme était de mise samedi matin à Libreville.
© photos-gratuites.org

Par RFI Publié le 24-09-2016 Modifié le 25-09-2016 à 05:11

Dans une déclaration à la presse cet après-midi, Jean Ping a déploré la décision de la Cour constitutionnelle validant la victoire d’Ali Bongo, prise selon lui « envers et contre tous, foulant au pied la souveraineté du peuple ». De son côté, le président réélu a lancé un appel au dialogue. Le calme régnait ce samedi à Libreville où un important dispositif sécuritaire restait en place.

A écouter : Ali Bongo est l’invité de RFI ce dimanche matin

Lors d’une déclaration à la presse prononcée dans l’après-midi, Jean Ping a dénoncé le « parti pris » de la Cour. « Je ne reculerai pas. Président clairement élu des Gabonais, je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté », a-t-il lancé à l’intention de ses partisans, en dénonçant une décision « inique ».

« Le 27 août le peuple gabonais a exprimé son choix dans les urnes. Aucune décision d’aucune instance ne pourra jamais changer cette réalité », a proclamé l’opposant, qui a promis à ses partisans de s’assurer « que le choix du peuple gabonais est respecté ». En référence à la précédente élection, entachée de soupçons, qui avait conduit Ali Bongo au pouvoir, Jean Ping a martelé que « 2016 ne sera pas 2009 ». Prenant la communauté internationale à témoin, Jean Ping l’a invité  « à prendre toute la mesure de la situation du Gabon aujourd’hui ».

Je veux dire au peuple gabonais d’être fier, de garder la tête haute et de rester mobilisé.

Ecouter la déclaration de Jean Ping

25-09-2016 – Par Carine Frenk

« Je veux dire au peuple gabonais d’être fier de lui, de garder la tête haute, et de rester mobilisé. Nous ne pouvons laisser certains liquider définitivement cet idéal démocratique, pour lequel tant des nôtres ont consenti au sacrifice suprême en perdant leur vie. Pour cela, je ne reculerai pas. Président clairement élu par les gabonais, je demeure à vos côtés pour défendre votre vote et votre souveraineté. Ce sont les idéaux de la démocratie qui sont en jeu. C’est en conséquence l’ensemble de la communauté internationale qui doit se sentir interpellé par cette grave menace contre les valeurs universelles. Qu’elle veuille bien songer aux menaces que le déni de démocratie fait peser sur la stabilité des nations. Les élections truquées et l’absence de transparence constitue le terreau sur lequel éclose les menaces nouvelles contre le monde libre. »

Ali Bongo a de son côté déclaré samedi que le nouveau gouvernement comprendrait très vraisemblablement des personnalités de l’opposition, sans exlure la participation de Jean Ping qui pourrait être convié à faire partie de ce futur gouvernement. Un appel au dialogue et une main tendue à l’opposition.

« Si c’est une stratégie, elle nous paraît de mauvais goût et malvenue, a réagi Alexandre Barro Chambrier, président du Rassemblement Héritage et modernité. En ce qui nous concerne, nous sommes unis derrière Jean Ping qui est élu, donc nous ne voyons pas en quoi nous serions concernés par un appel à un soi-disant gouvernement d’union nationale. »

Arrestation de Léon-Paul Ngoulakia

Jean Ping a par ailleurs exigé la libération de Léon-Paul Ngoulakia. L’ancien candidat à l’élection présidentielle est retenu depuis vendredi par la gendarmerie nationale, arrêté après que les forces de l’ordre ont trouvé dans sa voiture des photographies de victimes des violences de ces dernières semaines qui circulent sur Internet.

Son épouse Karine Ngoulakia dénonce « une arrestation arbitraire ». Elle rappelle que cet ancien président des services de renseignement gabonais s’était rallié à Jean Ping après avoir été longtemps membre du parti présidentiel. Pas de commentaire à ce propos pour l’instant de la part des autorités gabonaises contactées par RFI.

La peur de manifester

L’ambiance était très calme ce matin dans la capitale alors que ce n’était pas tout à fait un samedi ordinaire. Une bonne partie des boutiques restaient fermées, d’autres avaient quand même ouvert leur porte. Les taxis avaient repris du service mais la circulation tournait encore au ralenti. Quant au dispositif sécuritaire, il était encore visible mais il n’avait rien à voir avec la présence policière renforcée de la nuit précédente. Dans la nuit de vendredi à samedi de très nombreux barrages de police et de gendarmerie avaient en effet été dressés et des patrouilles mobiles circulaient dans une capitale qui avait alors des allures de ville morte avec ses rues et ses avenues désertées.

Ce samedi matin, certains habitants affirmaient ne plus vouloir vivre de nouvelles émeutes. « Le match est joué, game over, on passe à autre chose. Ali est notre président », lançait par exemple un jeune. D’autres, en revanche, manifestaient leur mécontentement, affirmant que la décision de la Cour « ne les surprenait pas », qu’ils n’avaient « aucune confiance en cette institution ». Mais ils s’empressaient d’ajouter aussi qu’ils avaient « peur de manifester » : « Ils ont les armes, nous on a rien », une phrase souvent entendue à Libreville.

11 700 voix séparent Ali Bongo et Jean Ping

Par rapport aux résultats provisoires, c’est un score légèrement en hausse pour Ali Bongo qui ressort, après le rejet du recours de Jean Ping par la Cour constitutionnelle. S’il y avait un peu moins de 6 000 voix d’écart selon les résultats de la commission électorale, désormais, au regard de ces résultats définitifs, ce sont 11 700 voix qui séparent les deux hommes, Ali Bongo étant crédité de 50,66% des votes contre 47,24% à Jean Ping.

D’après la décision lue par l’un des juges, la Cour – qui a passé en revue l’ensemble des procès-verbaux – a rectifié les résultats de la province du Haut-Ogooué et annulé ceux de 21 bureaux de vote du 2ème arrondissement de Libreville, ceux où Jean Ping était en tête.

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24.9, 21h35

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/24/97001-20160924FILWWW00137-gabonreelection-l-examen-des-recours-n-a-pas-permis-de-lever-tous-les-doutes-ayrault.php

Gabon/réélection: « l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes » (Ayrault)

  • Par Lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 24/09/2016 à 21:35
  • Publié le 24/09/2016 à 21:12

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a regretté aujourd’hui que l’examen des recours n’ait pas levé « tous les doutes » sur la réélection du président gabonais Ali Bongo Ondimba, tout en appelant l’opposition à « récuser l’action violente ».

« La France constate que l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », a-t-il dit dans une déclaration écrite. Elle « demande à ceux qui continuent de contester les résultats de récuser l’action violente et de poursuivre leurs revendications selon des voies qui ne remettent pas en cause la paix et le bien-être du pays », a-t-il ajouté.

Le gouvernement gabonais a appelé aujourd’hui à la tribune de l’ONU la communauté internationale à l’aider à rétablir l’unité du pays après la réélection contestée du président sortant Ali Bongo.

S’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères gabonais Emmanuel Isozet Ngondet a rappelé l’appel lancé par Ali Bongo « à un dialogue inclusif, à la réconciliation et à l’unité ». « Reconstruire le lien et l’unité du pays est l’exigence du moment, préserver la paix et la stabilité du pays est le défi du moment », a-t-il estimé. Le Gabon « invite donc la communauté internationale à l’accompagner dans cet effort ».

Il a remercié « les pays amis qui ont été présents à nos côtés », citant la France, le Maroc et les Etats-Unis.

Lefigaro.fr avec AFP

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24.9, 21h13

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/24/au-gabon-ali-bongo-officiellement-reelu-son-rival-en-appelle-a-la-communaute-internationale_5002986_3212.html

Au Gabon, Ali Bongo officiellement réélu, son rival en appelle à la communauté internationale

Par Cyril Bensimon

LE MONDE Le 24.09.2016 à 19h52 • Mis à jour le 24.09.2016 à 21h13

C’est au cœur de la nuit, samedi 24 septembre, peu avant une heure du matin, que le verdict est tombé. Dans une capitale déserte, étroitement quadrillée par les militaires et les policiers, la Cour constitutionnelle a validé la réélection d’Ali Bongo Ondimba.

Sans la moindre surprise, la plus haute juridiction du Gabon n’a pas inversé les résultats provisoires proclamés fin août par la Commission électorale. Ceux-ci donnaient une très courte avance de moins de 6 000 voix au président sortant devant Jean Ping, son principal adversaire. Poussé par les diplomates occidentaux et africains, ce dernier s’était résolu, sans grande illusion, à déposer un recours devant « la tour de Pise qui penche toujours du côté du pouvoir », selon la formule des opposants gabonais. L’objectif était d’obtenir un recomptage des voix dans la province du Haut Ogooué, où le chef de l’Etat aurait réalisé des scores qui suscitent de très forts doutes – plus de 95 % des suffrages avec un taux de participation flirtant avec les 100 %.

Offre de « dialogue politique »

La requête de Jean Ping n’a finalement pas été entendue et Ali Bongo Ondimba, par le jeu des diverses annulations de bureaux de vote, peut désormais se prévaloir d’une victoire plus large : selon les résultats définitifs, il l’emporte avec 50,66 % des suffrages contre 47,24 % à son beau-frère et rival, soit une différence de 11 700 voix.

Conscient de l’étroitesse de son succès et des suspicions de fraudes qui l’entoure, Ali Bongo Ondimba a aussitôt après appelé « tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l’élection du 27 août, à travailler avec lui. » Reste que son offre de « dialogue politique », une pratique dont son père feu Omar Bongo était passé maître pour éteindre les contestations, s’inscrit dans un climat de répression des opposants. Vendredi, Léon Paul Ngoulakia, cousin germain du chef de l’Etat et ancien patron des services de renseignement récemment rallié à Jean Ping, a été arrêté à Libreville. Les craintes d’une révolution de palais, d’un coup d’état ou d’une grande mobilisation populaire ne sont manifestement toujours pas levées.

Se présentant encore et toujours comme « le président clairement élu par les Gabonais », Jean Ping n’a pour l’heure pas donné suite à cette main tendue. Samedi après midi, devant quelques dizaines de militants et les leaders politiques qui s’étaient ralliés à sa candidature, il a fustigé « en ce jour de deuil » la Cour constitutionnelle qui « une fois encore, une fois de plus, une fois de trop (…) a montré ses limites à travers son incontestable parti pris. » « Aucun Gabonais ne peut oublier le vote qui a été le sien. Aucune décision d’aucune instance, ne pourra rien changer à cette réalité », a-t-il martelé depuis le perron de la pagode qui jouxte sa demeure sous la surveillance de drones du pouvoir. Son message était au moins autant destiné à ses partisans qu’il invite à rester mobilisés qu’à la communauté internationale « qui doit se sentir interpellée par cette grave menace contre des valeurs universelles. »

En réaction à la décision de la Cour constitutionnelle, le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a jugé que que l’examen des recours n’avait pas levé « tous les doutes » sur la réélection du président. Il a ajouté : la France « demande à ceux qui continuent de contester les résultats de récuser l’action violente ».

La capitale reste calme

A la différence du 31 août où Libreville, comme plusieurs villes de province, avait basculé dans la violence, la capitale est cette fois restée calme. Aucun pneu brûlé, aucune pierre lancée. L’important déploiement de forces de l’ordre à tous les carrefours de la ville et le souvenir de la répression – qui fit 4 morts selon le bilan officiel, entre 50 et 100 selon l’opposition – n’ont pas éteint la colère mais ils ont dissuadé tous ceux qui voulaient prendre la rue.

Devant son étal d’avocats du marché d’Akébé, un quartier populaire de Libreville, Marie-Thérèse Melongué clame sa désespérance. Ici, les supporters d’Ali Bongo Ondimba ne sont pas nombreux ou se font discrets. Dans la bouche de cette dame de 55 ans s’agrègent la colère contre son « vote bafoué » et les conditions de vie misérables dans ce qui devrait être un pays de cocagne recelant de pétrole et de minerais.

« Ici, nous sommes comme des rats, dit-elle. Il y a des robinets, on paye des factures mais il n’y a pas d’eau. Si tu vas à l’hôpital, on te demande 100 000 francs CFA (environ 150 euros). Où vais-je les trouver ? Ma fille a eu le bac il y a deux ans, mon fils il y a un an mais je n’ai pas les moyens de payer l’université. »

Sous le regard approbateur de ses quelques clientes, Marie-Thérèse Melongué interroge : « On va faire quoi ? On a quelle force ? Quand tu veux parler, on vient te menotter et te tuer. C’est maintenant l’état de siège. Comment parler face à un fusil ? », dit-elle en mimant la posture d’un soldat prêt à tirer. Puis comme on lance une bouteille à la mer sans la moindre certitude que celle-ci atteindra un rivage, cette mère de « neuf gosses » supplie : « L’Union européenne a bien vu ce qui s’est passé. Ne nous abandonnez pas. »

Cyril Bensimon

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24.9, 19h33

http://www.jeuneafrique.com/360248/politique/gabon-jean-ping-denonce-decision-inique-de-cour-constitutionnelle/

Gabon : Jean Ping dénonce la décision « inique » de la Cour constitutionnelle

24 septembre 2016 à 19h33 — Mis à jour le 24 septembre 2016 à 19h35

Par Claire Rainfroy – envoyée spéciale à Libreville

Jean Ping a réagi samedi à la décision de la Cour constitutionnelle du Gabon de valider la réélection du président sortant, Ali Bongo Ondimba. Le principal rival du président sortant a dénoncé un « déni de droit ».

Lors d’une conférence de presse à son QG de Libreville, samedi 24 septembre en fin de journée, Jean Ping a dénoncé « un déni de droit » et une « décision inique » de la Cour constitutionnelle. Il s’agissait de sa première prise de parole depuis le délibéré de l’institution, qui a rejeté dans la nuit sa requête et validé la réélection d’Ali Bongo Ondimba pour un second septennat avec 50,66% des voix, contre 47,24% pour son principal rival.

« En déposant un recours devant la Cour constitutionnelle, j’ai voulu être légaliste, de bonne foi, en prenant la communauté internationale à témoin. Mais une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, devant l’évidence du verdict des urnes, la Cour a montré ses limites à travers son incontestable parti pris », a déclaré l’ancien ministre d’Omar Bongo, 73 ans.

« Je ne renoncerai pas (…) Je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté », a lancé Jean Ping, affirmant à nouveau être le président « clairement élu ».

La requête d’ABO validée

Dans la nuit de vendredi à samedi, la Cour constitutionnelle a rejeté la requête de l’ancien patron de l’Union africaine. Ce dernier demandait le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote en présence d’observateurs internationaux et d’une commission paritaire des deux parties adverses dans la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo.

Après un long délibéré, la cour a rejeté sa requête. Elle a en revanche validé celle d’Ali Bongo, qui demandait l’annulation des résultats dans une vingtaine de bureaux du deuxième arrondissement de Libreville. Une décision qui a en conséquence accru l’avance du président sortant, qui dispose désormais de plus de 11 000 voix d’avance sur son rival.

Calme précaire

Dans la foulée du délibéré de la cour, Ali Bongo avait proposé à ses adversaires l’ouverture d’un dialogue nationaln dans une allocution prononcée depuis le Palais du bord de mer, dont les abords sont quadrillés par les forces de l’ordre, comme l’ensemble de la capitale.

Une présence militaire et policière qui se veut dissuasive. Objectif : empêcher que le pays ne connaisse à nouveau des violences meurtrières, comme ce fut le cas après la proclamation des résultats provisoires, le 31 août. Samedi en fin d’après-midi, le calme régnait à Libreville comme à Port-Gentil.

Mais l’ambiance reste très tendue. L’opposition dénonce une vague d’arrestations de ses partisans. A l’image de Léon-Paul Ngoulakia, ancien candidat rallié à Jean Ping et cousin germain d’Ali Bongo, interpellé vendredi à Libreville. De leur côté, les autorités affirment que ce dernier « circulait à bord d’un véhicule avec une forte somme d’argent et des tracts appelant à la sédition ». « J’exige leur libération immédiate et sans condition », a exhorté Jean Ping.

Claire Rainfroy

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24.9, 17h58

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/24/97001-20160924FILWWW00106-reelection-d-ali-bongo-au-gabon-son-rival-ping-denonce-un-deni-de-droit.php

Réélection d’Ali Bongo au Gabon: son rival Ping dénonce un « déni de droit »

  • Par Lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 24/09/2016 à 17:58
  • Publié le 24/09/2016 à 17:52

L’opposant Jean Ping a qualifié aujourd’hui la validation de la réélection du président gabonais Ali Bongo Ondimba par la Cour constitutionnelle de « déni de droit ».

Dénonçant devant la presse le « parti pris » de la Cour, Jean Ping, qui avait déposé un recours devant le juge constitutionnel contre les résultats provisoires de l’élection donnant Ali Bongo vainqueur, a qualifié le verdict de « déni de droit ». L’annonce des résultats provisoires le 31 août avait déclenché des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans le pays.

« Je ne reculerai pas. Président clairement élu des Gabonais, je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté », a-t-il lancé à l’intention de ses partisans, en dénonçant une décision « inique ».

La Cour constitutionnelle a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président Bongo, 57 ans, en rejetant l’essentiel du recours de son rival, l’opposant Jean Ping. La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué que Ali Bongo gardait une avance sur son rival, qui s’était proclamé élu après l’élection.

La capitale gabonaise était quadrillée samedi par un imposant dispositif des forces de sécurité. Aucun incident n’était signalé en fin d’après-midi à Libreville dont les rues étaient quasi désertes. La situation était identique dans la capitale économique du pays, Port-Gentil. Redoutant une nouvelle vague de violences après l’annonce de la Cour, de nombreux Gabonais s’étaient calfeutrés chez eux dès jeudi soir.

Après le verdict de la Cour, Ali Bongo, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, a appelé à un « dialogue politique », dans une allocution télévisée.

Lefigaro.fr avec AFP

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24.9, 17h10

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/24/97001-20160924FILWWW00096-election-gabon-l-ua-et-les-usa-prennent-acte.php

Election Gabon: l’UA et les USA prennent acte

  • Par Lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 24/09/2016 à 17:10
  • Publié le 24/09/2016 à 17:05

Le président en exercice de l’Union africaine (UA) et l’ambassade des Etats-Unis au Gabon ont pris acte aujourd’hui de la victoire d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle. Ce sont les premières réactions internationales après la décision de la Cour constitutionnelle dans la nuit de vendredi à samedi.

« Le président de la république du Tchad, président en exercice de l’Union africaine Idriss Deby Itno, prend acte de la décision de la Cour constitutionnelle proclamant la victoire de Ali Bongo », selon un communiqué de la présidence tchadienne. Idriss Deby « invite toute la classe politique gabonaise au respect de la décision souveraine de la Cour constitutionnelle ».

Le président tchadien invite par ailleurs « le président réélu à créer les conditions nécessaires et propices à un dialogue politique regroupant tous les fils du Gabon, gage de paix et de stabilité », ainsi que l’opposition « à plus de responsabilité et à privilégier le dialogue et la concertation ».

Pour sa part, « l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Libreville note la décision de la Cour Constitutionnelle Gabonaise », selon sa page Facebook. « Nous exhortons la Cour à publier les détails de ces procédures publiquement, par souci de transparence », ajoute l’ambassade. « Même si la décision de la Cour peut sembler problématique pour certains, il est temps, à présent, de panser les blessures d’un pays divisé. Les deux parties doivent s’unir dans le dialogue et établir les indispensables réformes que le peuple Gabonais recherche depuis de longues années ».

L’ambassade se déclare inquiéte par « ce qui paraît être des arrestations arbitraires » d’opposants et par la coupure de l’internet toujours en vigueur pendant la nuit.

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24.9, 16h21

http://www.jeuneafrique.com/360238/politique/gabon-libreville-quadrillee-forces-de-securite/

Gabon : Libreville quadrillée par les forces de sécurité

24 septembre 2016 à 16h21

Par AFP

La capitale gabonaise était quadrillée samedi par un imposant dispositif des forces de sécurité après la validation dans la nuit par la Cour constitutionnelle de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, dont l’annonce le 31 août avait déclenché des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans le pays.

« Aucun incident n’était signalé à la mi-journée à Libreville dont les rues étaient quasi-désertes », a constaté un journaliste de l’AFP. La situation était identique dans la capitale économique du pays, Port-Gentil.

Dès l’aube, les accès au centre de Libreville étaient jalonnés de barrages de police, de gendarmerie et de l’armée, alors que les accès au palais présidentiel, sur le front de mer, étaient bloqués par la Garde républicaine. Le dispositif a été allégé dans la matinée.

La Cour constitutionnelle a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président Bongo, 57 ans, en rejetant l’essentiel du recours de son rival, l’opposant Jean Ping.

La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué que M. Bongo gardait une avance sur son rival, qui s’était proclamé élu après l’élection.

Appel au « dialogue politique »

Lors de l’audience, dans une salle quasiment déserte, la Cour a indiqué que M. Bongo avait recueilli 50,66% des suffrages contre 47,24% à M. Ping, avec 11.000 voix d’avance, contre moins de 6.000 selon les résultats officiels provisoires.

Peu après le verdict, Ali Bongo, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, a appelé à un « dialogue politique », dans une allocution télévisée.

  1. Ping n’avait pas réagi samedi midi à la décision de la Cour. Selon son porte-parole, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, il devait s’exprimer dans la journée.

« J’entends réunir très rapidement les conditions d’un dialogue politique ouvert à tous ceux qui le voudront », a assuré le président Bongo dans son allocution.

« J’appelle donc tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux de la présidentielle du 27 août dernier, à travailler avec moi, dans le respect de nos différences certes, mais animés de la volonté de situer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de nos intérêts particuliers et partisans », a-t-il ajouté.

Le 31 août, la proclamation de la réélection d’Ali Bongo avait provoqué des émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province, traumatisant un pays plutôt habitué à la paix civile.

Avertissement à l’opposition 

S’étant lui même proclamé élu, Jean Ping, ancien cacique du régime passé dans l’opposition, avait déposé un recours devant la Cour constitutionnelle le 8 septembre, tout en jugeant que l’institution était inféodée au pouvoir.

  1. Ping demandait notamment un nouveau comptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué.

Dans ce fief familial de la famille Bongo, le président sortant avait obtenu, selon les résultats de la commission électorale qui ont mis le feu aux poudres le 31 août, 95% des voix pour 99% de participation, lui garantissant au plan national une avance de 5.000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325.000 électeurs.

Les observateurs de l’Union européenne au scrutin avaient fait état d’une « anomalie évidente » dans les résultats.

« Nul ne peut contester le fait que Jean Ping a largement gagné cette élection », a réagi auprès de l’AFP dans la nuit de vendredi à samedi son porte-parole Jean Gaspard Ntoutoume Ayi après l’annonce de la Cour.

Redoutant de nouvelles violences à l’annonce du verdict de la Cour en cas de confirmation de la victoire de M. Bongo, de nombreux Gabonais s’étaient calfeutrés chez eux dès jeudi soir.

Mercredi, l’exécutif avait mis en garde Jean Ping, l’avertissant qu’il serait arrêté s’il franchissait « la ligne rouge » dans l’hypothèse où il n’obtiendrait pas gain de cause en justice.

Un ancien patron du renseignement, Léon-Paul Ngoulakia, par ailleurs cousin du président Bongo, récemment rallié à M. Ping, a été interpellé vendredi à Libreville, quelques heures avant le verdict de la Cour.

A Port-Gentil, l’opposition a fait état de plusieurs interpellations dans ses rangs ces derniers jours.

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24.9, 15h32

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/gabon-ali-bongo-reelu-le-simulacre-cote-cour_1833969.html

Gabon: Ali Bongo réélu, le simulacre côté Cour 

Par Vincent Hugeux, publié le 24/09/2016 à 10:24 , mis à jour à 15:42

La Cour constitutionnelle gabonaise valide l’élection d’Ali Bongo avec 50,66% des suffrages. Ici le 8 avril 2014 à l’Elysée à Paris.

Comme prévu, la Cour constitutionnelle a validé nuitamment la « réélection » du sortant Ali Bongo Ondimba. Consacrant ainsi une victoire à la Pyrrhus.

C’est donc au coeur de la nuit, à l’heure des cambriolages et des monte-en-l’air, que la Cour constitutionnelle (CC) a rendu son verdict. Et pour le coup, la « Tour de Pise » -surnom que lui vaut sa propension chronique à pencher du côté du pouvoir en place– n’aura pas failli à sa réputation. Bien sûr, pour draper son forfait dans les oripeaux du droit, la juridiction suprême du Gabon a infligé à une salle quasiment déserte un long exposé des motifs. Manière, aussi, de prolonger le simulacre, de laisser la fatigue plonger Libreville, Port-Gentil, Lambaréné et Mouila dans un sommeil inquiet.

Le dénouement était écrit

Pour faire bonne -ou mauvaise- mesure, les neuf juges emmenés par la présidente Marie-Madeleine Mborantsuo ont amplifié la maigre avance dont la Commission électorale, la fameuse Cénap, avait gratifié le sortant Ali Bongo Ondimba. De près de 6000 voix d’avance, on passe ainsi à environ 11000. Ce qui permet au prophète d’une introuvable « émergence » de franchir en appel le seuil symbolique des 50%. En l’occurrence, 50,66 contre les 49,80 officiellement décernés le 31 août, quatre jours après le scrutin. Son rival Jean Ping perdant quant à lui 1 point dans la bataille.

Il y a toujours quelque chose de vain et de dérisoire à se citer. Mais difficile cette fois de résister à la tentation. Qu’écrivions-nous hier vendredi à la même heure ? Ceci: « Hasardons le pari suivant: pour revêtir des atours du légalisme un arbitrage d’essence politique, la CC va apporter diverses corrections aux chiffres de la Cénap. Réduisant à la marge l’ampleur du triomphe d’Ali dans son fief altogovéen [référence à la province du Haut-Ogooué]. Rognant les performances de Ping dans L’Estuaire et ailleurs. Et, prodige, la combinaison des retouches entérinera la victoire de l’héritier… ». Ni boule de cristal, ni marc de café: pour qui connaît un peu les moeurs politique de la principauté pétrolière d’Afrique équatoriale, le dénouement était écrit.

Une trahison de l’impératif démocratique

D’autant que le Palais avait pris la précaution de déployer la Garde républicaine et la Gendarmerie dans les secteurs réputés sensibles de la capitale. Et de coffrer plusieurs figures de l’opposition, à commencer par l’ex-cador du renseignement Léon-Paul Ngoulakia, cousin d’Ali et ancien patron du Conseil national de sécurité.  

Du côté des partisans de Jean Ping, l’accablement semble à ce stade l’emporter sur la colère. Il se peut que Bongo Junior et les faucons qui l’entourent aient, au moins en apparence, gagné leur pari: celui de la force, de l’usure et du pourrissement. Reste que ce second septennat commence sous les pires auspices qui soient: une légitimité en berne, une base sociale effritée, une assise amoindrie et verrouillée par les sécurocrates, un PDG -le parti du chef- miné par les défections…

Lors d’une allocution nocturne et néanmoins télévisée, le sortant miraculé a lancé cette invite surréaliste: « J’appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l’élection du 27 août, à un dialogue politique. » Soit, mais pour parler de quoi, avec qui et où? Au parloir? « Lorsqu’au sortir d’un scrutin, a-t-il poursuivi, des familles pleurent des morts, c’est une trahison de la démocratie. Plus jamais ça! » Plus jamais quoi? Plus jamais de fraude et de dévoiement du suffrage universel? Au demeurant, il y a mille manières de trahir l’impératif démocratique. Avec ou sans vies fauchées.

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24.9

http://www.rfi.fr/emission/20160924-victoire-sortie-tenebres-gabon-bongo-ondimba-cour-constitutionnelle-jean-ping

Une victoire sortie des ténèbres

Par Jean-Baptiste Placca

Diffusion : samedi 24 septembre 2016

A chaque peuple son histoire, à chaque nation son seuil de tolérance de l’intolérable… On attendait le Gabon avec anxiété, et c’est la République démocratique du Congo qui surgit avec frayeur…

Anthony Lattier : Au fin fond de la nuit, la Cour constitutionnelle du Gabon a proclamé la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle du 27 août dernier. Il n’y a donc pas eu de miracle…

Jean-Baptiste Placca : Imaginez donc que cette Cour se soit prononcée pour la victoire de Jean Ping. L’Afrique se serait réveillée, ce samedi 24 septembre 2016, avec le sentiment de vivre un moment historique, la fin d’un régime en place, de père en fils, depuis bientôt un demi-siècle. A la différence de l’audience de la veille, la présidente de la Cour constitutionnelle n’avait plus ses lunettes teintées. Comme si elle voulait regarder les Gabonais, bien dans les yeux, pour leur dire qu’elle assumait pleinement cette décision qui relance les incertitudes et les inquiétudes… Car les opérations qui ont abouti à cette victoire n’ont rien de convaincant, et nul ne peut prévoir ce qui va advenir, désormais, dans ce pays.

Les peuples africains ont soif, plus que jamais, de démocratie vraie et d’alternance, et pas seulement les peuples qui vivent sous le joug de régimes dont ils craignent de ne jamais pouvoir se défaire.

Pour faire l’histoire, il faut des hommes – et des femmes – de grand courage, capables, ne serait-ce qu’un instant, dans leur vie, de faire preuve d’une hardiesse héroïque. Ce n’est pas exactement ce qui s’est produit, cette nuit, à Libreville.

Le courage était si peu présent que les membres de la Cour constitutionnelle, avant même de rendre leur arrêt, se sont fendu d’un message, d’une… « communication », à l’endroit des Gabonais, pour leur dire qu’ils avaient repéré ceux qui, parmi eux, voudraient éventuellement s’en prendre à eux ou à leurs familles. C’est inhabituel de voir des juges menacer, à mots à peine couverts, tous ceux qui voudraient réagir négativement par rapport aux décisions qu’ils s’apprêtent à rendre. Le courage du magistrat convaincu d’être juste dans sa décision, est de rendre ses jugements, sans préalablement se prémunir contre d’hypothétiques représailles des justiciables.

L’Histoire s’écrira une autre fois, lorsque les Gabonais auront décidé qu’il est vraiment temps de passer à autre chose.

Sauf que, en général, cela se règle ailleurs que dans les urnes…

Hélas, oui ! Mais il n’en est ainsi que dans les pays où l’alternance dans les urnes devient impossible. Comme au Burkina, ou en Tunisie, pays dans lequel Ben Ali, deux ans à peine après s’être fait réélire à près de 90 % des voix, a perdu le pouvoir à la suite d’une injustice ordinaire, sur un modeste vendeur ambulant. A chaque peuple son histoire, à chaque nation son seuil de tolérance de l’intolérable…

Revenons à la Cour constitutionnelle du Gabon. Elle n’a fait, après tout, que procéder aux redressements qu’elle a jugés nécessaires.

Et c’est là, tout le problème. On aurait pu revoir tous les votes, en détail. Le cas du Haut-Ogooué semblait trop embarrassant, alors, cela a été réglé avec une gymnastique qui a semblé sauver les apparences. Le candidat Ali Bongo n’avait introduit aucun recours. Mais, en réponse à ceux de Jean Ping, il a glissé quelques contestations sur des bureaux de vote à Libreville et à Port-Gentil, et c’est de ces cas que la Cour constitutionnelle s’est saisie pour, par un jeu d’annulations et de soustractions peu convaincantes, arriver comme par miracle aux chiffres qu’il faut pour entériner la réélection d’Ali Bongo. On est mal à l’aise. Très, très mal à l’aise.

Un mot sur la RD Congo, tristement endeuillée à la suite d’une simple manifestation pour le respect des délais constitutionnels quant à la tenue de l’élection présidentielle…

On attendait le Gabon avec anxiété, et c’est la RD Congo qui surgit avec frayeur. Une centaine de morts, dit l’opposition, « une trentaine », réplique le pouvoir. Et lorsque François Hollande, comme d’autres dirigeants du monde libre, s’en émeut, le porte-parole du gouvernement congolais lui rétorque que la République démocratique du Congo n’est pas un département d’Outre-mer français. L’on s’en serait douté. Car en France, tout chef d’Etat qui entre en fonctions sait, à un dimanche près, à quelle date se tiendra l’élection pour sa succession, et ne peut donc, à l’approche de l’échéance, se mettre à ruser pour proroger sa présence à la tête de l’Etat.

Figurez-vous que, en France métropolitaine ou dans les départements d’outre-mer, une simple manifestation revendiquant le respect des dates prévues pour la tenue d’une élection ne peut se solder par 30 à 100 morts, sans incidence pour le pouvoir que protègent ceux qui tirent sur la foule, qu’ils soient en uniforme ou en civil. Donc, oui, la RD Congo n’est pas, ne peut pas être un département d’Outre-mer français.

Il est évident que jamais aucun officiel français ou portugais n’aurait parlé du Botswana ou du Cap Vert de la manière dont le pouvoir congolais déplore que l’on parle de lui.

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24.9, 15h20

http://www.rfi.fr/afrique/20160924-gabon-presidentielle-libreville-bongo-ping-cour-constitutionnelle-verdict-decompte

Gabon: situation calme à Libreville; comment va réagir Jean Ping?

Malgré l’annulation des scrutins dans 21 bureaux de vote, le calme était de mise samedi matin à Libreville.
© photos-gratuites.org

Par RFI Publié le 24-09-2016 Modifié le 24-09-2016 à 15:20

Après la décision de la Cour constitutionnelle validant la victoire d’Ali Bongo sur Jean Ping par 11 700 voix d’avance, le calme régnait ce samedi matin à Libreville où un important dispositif sécuritaire restait en place. Reste à savoir quelle sera la réaction de Jean Ping qui devait faire une déclaration dans l’après-midi.

Par rapport aux résultats provisoires, c’est un score légèrement en hausse pour Ali Bongo qui ressort, après le rejet du recours de Jean Ping par la Cour constitutionnelle. S’il y avait un peu moins de 6 000 voix d’écart selon les résultats de la commission électorale, désormais, au regard de ces résultats définitifs, ce sont 11 700 voix qui séparent les deux hommes, Ali Bongo étant crédité de 50,66% des votes contre 47,24% à Jean Ping. D’après la décision lue par l’un des juges, la Cour – qui a passé en revue l’ensemble des procès-verbaux – a rectifié les résultats de la province du Haut-Ogooué et annulé ceux de 21 bureaux de vote du 2ème arrondissement de Libreville, ceux où Jean Ping était en tête.

La peur de manifester

Malgré cette décision contraire, l’ambiance était très calme ce matin dans la capitale alors que ce n’était pas tout à fait un samedi ordinaire. Une bonne partie des boutiques restaient fermées, d’autres avaient quand même ouvert leur porte. Les taxis avaient repris du service mais la circulation tournait encore au ralenti. Quant au dispositif sécuritaire, il était encore visible mais il n’avait rien à voir avec la présence policière renforcée de la nuit précédente. Dans la nuit de vendredi à samedi de très nombreux barrages de police et de gendarmerie avaient en effet été dressés et des patrouilles mobiles circulaient dans une capitale qui avait alors des allures de ville morte avec ses rues et ses avenues désertées.

Ce samedi matin, certains habitants affirmaient ne plus vouloir vivre de nouvelles émeutes. « Le match est joué, game over, on passe à autre chose. Ali est notre Président », lançait par exemple un jeune. D’autres, en revanche, manifestaient leur mécontentement, affirmant que la décision de la Cour « ne les surprenait pas », qu’ils n’avaient « aucune confiance en cette institution ». Mais ils s’empressaient d’ajouter aussi qu’ils avaient « peur de manifester » : « Ils ont les armes, nous on a rien », une phrase souvent entendue à Libreville. Reste maintenant à connaître la réaction de Jean Ping qui devait faire une déclaration dans l’après-midi. Va-t-il accepter ces résultats ou au contraire les rejeter, lui qui s’était dit « sûr et certain » de sa victoire ?

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24.9, 13h02

http://www.jeuneafrique.com/360227/politique/calme-precaire-gabon-apres-validation-de-reelection-dali-bongo-ondimba/

Calme précaire au Gabon après la validation de la réélection de Ali Bongo Ondimba

24 septembre 2016 à 12h46 — Mis à jour le 24 septembre 2016 à 13h02

Par Claire Rainfroy – envoyée spéciale à Libreville

La Cour constitutionnelle du Gabon a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président sortant, Ali Bongo Ondimba, pour un second septennat. Un important dispositif sécuritaire a été déployé à Libreville pour prévenir tout nouveau déferlement de violence.

« Est proclamé élu Ali Bongo Ondimba avec 50,66% des voix« , a déclaré dans la nuit de vendredi à samedi Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la cour constitutionnelle du Gabon. Une annonce suivie par un calme précaire se poursuivant ce samedi en milieu de journée à Libreville, après une nuit sans échauffourées.

Selon les résultats définitifs, Jean Ping arrive ainsi en deuxième position, avec 47,24% des voix. Au total, Ali Bongo Ondimba (ABO) obtient donc 172 990 voix, contre 161 287 pour son principal rival. Séparés par environ 6 000 bulletins de vote lors des résultats provisoires, ils sont désormais départagés par 11 703 voix.

« J’appelle les candidats malheureux au dialogue »

« J’appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l’élection du 27 août, à un dialogue politique », a annoncé dans la foulée Ali Bongo. Une déclaration faite depuis le Palais du bord de mer, dont les abords étaient quadrillés par la garde présidentielle, et où une poignée de militaires en armes célébraient vendredi soir la victoire du président sortant.

Samedi matin, un important dispositif sécuritaire était toujours déployé à Libreville. L’objectif est avant tout dissuasif : empêcher une nouvelle flambée de contestation dans la capitale, où des violences meurtrières inédites avaient éclaté après la déclaration des résultats provisoires, le 31 août. En dépit du calme relatif qui semblait régner dans la capitale, l’opposition dénonce plusieurs arrestations de ses partisans et représentants. Parmi eux, Léon-Paul Ngoulakia, ancien candidat et cousin germain d’Ali Bongo, interpellé vendredi à Libreville.

Rejet du recours de Jean Ping

Samedi matin Jean Ping n’avait pas encore réagi à l’annonce de la Cour constitutionnelle. Depuis le dépôt de son recours, le 8 septembre, son équipe de campagne n’avait pas caché le peu de crédit qu’elle accordait à l’impartialité de l’institution chargée de vider le contentieux électoral, surnommée par l’opposition la Tour de Pise en raison de sa propension présumée à toujours pencher du côté du pouvoir.

Samedi matin, des membres de l’opposition assuraient que la cour n’avait ainsi pas fait mentir son surnom. Au terme d’une longue audience, l’instance a rejeté vendredi le recours déposé par Jean Ping concernant le Haut-Ogooué.

L’ancien patron de l’Union africaine y avait demandé un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote en présence des deux camps et d’observateurs internationaux.

Le score d’ABO légèrement revu à la baisse dans le Haut-Ogooué

Les chiffres provisoires proclamés dans cette province, fief de la famille Bongo, sont au cœur des tensions. Le chef de l’Etat y avait obtenu selon les résultats provisoires plus de 95% des voix pour un taux de participation de plus de 99%. Un score que la mission d’observation de l’Union européenne avait qualifié « d’anomalie évidente ». « Il n’est pas illégal d’obtenir 100% des suffrages », avait rétorqué le camp présidentiel.

Après le recomptage effectué dans cette province par la Cour sur la base des procès-verbaux de la commission électorale (Cenap) – une modalité que conteste l’opposition -, sous l’œil d’experts de l’Union africaine,  le score d’Ali Bongo y a été revu légèrement à la baisse. Ce dernier y obtient désormais 83,20% des voix contre 4,60% pour Jean Ping, avec un taux de participation à peine moins élevé à 98,60%.

Autre dossier tranché par la cour : le recours déposé par Ali Bongo pour faire annuler les résultats dans une vingtaine de bureaux de vote de Libreville. Une requête acceptée par la cour, qui a donc permis de creuser l’écart au profit d’Ali Bongo. Si ces résultats sont désormais définitifs, reste désormais une inconnue majeure : la réaction populaire, alors que les habitants redoutent de nouvelles violences.

Claire Rainfroy

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24.9, 10h33

http://www.marianne.net/gabon-cour-constitutionnelle-valide-reelection-ali-bongo-tour-passe-passe-100246613.html

Gabon : la Cour constitutionnelle valide la réélection d’Ali Bongo par un tour de passe-passe

Samedi 24 Septembre 2016 à 10:33

Alain Léauthier

La nouvelle est tombée après plus d’une journée de conciliabules à huis clos : la Cour constitutionnelle gabonaise valide la réélection d’Ali Bongo contre son rival Jean Ping. Par un évident tour de passe-passe, la Cour lui a même rajouté plus de 10 000 voix et a revu à la baisse le score de son adversaire…

Sans surprise, la Cour constitutionnelle gabonaise a validé la réélection d’Ali Bongo contre Jean Ping. – SIPA

La Tour de Pise, surnom moqueur donné à la Cour constitutionnelle gabonaise pour son indécrottable tendance à pencher du côté du pouvoir, ne s’est pas redressée. Après plus d’une journée de conciliabules à huis clos, comme le redoutaient la plupart des opposants, dans la nuit de vendredi elle a rejeté les recours des avocats de Jean Ping et validé la réélection d’Ali Bongo pour sept nouvelles années de présidence.

Mieux : ce dernier est crédité de 50,66% des voix alors que le score de son rival malheureux a été revu à la baisse, passant de 48,23% à 47,24%. Accusée de partialité en raison du profil de sa présidente Marie-Madeleine Mborantusuo, une ancienne maîtresse de feu Omar Bongo avec lequel elle a eu trois enfants, on s’attendait à ce que la Cour modifie sensiblement les résultats précédents, en particulier dans la province du Haut-Ogooué, le fief du clan Bongo. Grâce à une participation record de 99,93% et 95,46% des suffrages en sa faveur, alors qu’il était pourtant devancé de 60 000 voix dans le reste du pays, Ali Bongo y avait miraculeusement rattrapé son retard et décroché les clés de la victoire avec, au final, 5594 de voix de plus que Jean Ping.

11 700 voix supplémentaires

 La « correction » de la Cour lui en accorde désormais 11 700 de plus car elle a raboté les scores de Ping dans l’Estuaire (où se situe Libreville la capitale) et d’autres provinces. Pour réussir ce magnifique tour de passe-passe, les magistrats ont suivi à la lettre les exigences des avocats d’Ali Bongo, soit une révision des procès-verbaux de tous les bureaux de vote mais en se basant exclusivement sur ceux transmis par la Commission électorale (Cenap), institution pareillement suspectée de partialité pro-Ali. Jusqu’au dernier moment, l’opposition a pour sa part demandé que ne soient pris en compte que les PV originaux, en clair avant tripatouillages divers et variés… Elle n’a évidemment pas été entendue.

>> Gabon : le scénario de la triche à la présidentielle bien en marche

En réalité, personne dans l’entourage de Jean Ping ne croyait sérieusement à une inversion des résultats. Dans une interview accordée à Jeune Afrique peu avant l’ouverture des délibérations, Marie-Madeleine Mborantusuo s’en était pris sans le nommer au candidat unique de l’opposition lui reprochant à mots couverts son outrecuidance à se proclamer le « président élu ».

Dès jeudi, des unités de la garde présidentielle, totalement inféodée au clan Bongo, s’étaient déployées à proximité de son domicile et de son QG de campagne alors que le porte-parole du gouvernement le menaçait d’une arrestation immédiate en cas de regain des violences. D’ailleurs, vendredi, sans même attendre l’annonce du résultat, deux de ses représentants étaient interpellés à Port-Gentil, la capitale économique qui s’était violemment soulevée en 2009.

Exécutions sommaires

A Libreville même, redoutant un nouvel embrasement, la population avait littéralement dévalisé boulangeries, supérettes comme les petits commerces de quartiers qui vendent de tout et de rien. A l’heure où Marianne bouclait cet article, la ville semblait encore calme. Nombre de ses habitants restent sous le choc des scènes de répression survenues dans la nuit du 30 août dernier au QG de Jean Ping, peu après l’annonce de la victoire controversée du président sortant. Depuis, malgré les démentis du gouvernement et même s’ils restent difficiles à vérifier, de nombreux témoignages ont permis de reconstituer les heures terribles vécues par des dizaines de militants ou simples badauds réfugiés dans le bâtiment. Ils vont tous dans le même sens, celui d’un massacre d’ampleur, ponctué par des exécutions sommaires.

Réfugié en France, Séraphin Moudounga, le Garde des Sceaux d’Ali Bongo jusqu’au 5 septembre a d’ailleurs interpellé le Cour pénale internationale (CPI) pour qu’elle enquête au plus vite sur les événements. Ayant eu la mauvaise idée de critiquer la fraude et la triche avant de démissionner, il aurait selon ses dires été plusieurs fois menacé de mort. Une chose est sûre : au cours des trois semaines écoulées, le clan de l’héritier a multiplié les messages d’intimidation, à l’égard de la population comme envers Jean Ping et ses amis, ouvertement accusés d’entretenir des cellules armées en divers lieux du pays. Une manière, peut-être de préparer à l’avance un grand nettoyage de toute dissidence.

Magnanime, Ali Bongo a néanmoins invité son rival malheureux au dialogue « pour éviter que le sang ne coule à nouveau. » Message parfaitement cynique mais reçu cinq sur cinq. Pour le vaincu, deux fois vaincu, les heures à venir ne vont pas être faciles…

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24.9, 8h33

http://www.rfi.fr/afrique/20160924-gabon-reelection-ali-bongo-ondimba-validee-cour-constitutionnelle-ping

Gabon: la réélection d’Ali Bongo Ondimba validée par la Cour constitutionnelle

Par RFI Publié le 24-09-2016 Modifié le 24-09-2016 à 08:33

La Cour constitutionnelle gabonaise a validé dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24  la réélection du président Ali Bongo Ondimba. La plus haute instance du pays a rejeté l’essentiel du recours de Jean Ping. A Libreville, la nuit a, par ailleurs, été calme.

Article régulièrement actualisé,

Après un très long exposé des motifs, vendredi soir, la Cour constitutionnelle a annoncé qu’elle rejetait la requête de Jean Ping sur le fond.

Tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, la Cour constitutionnelle a indiqué qu’Ali Bongo gardait une avance sur son rival. Lors de l’audience, elle a affirmé que le président sortant avait obtenu 50,66% des suffrages contre 47,24% à Jean Ping. Un score en baisse par rapport aux résultats provisoires puisque l’opposant avait obtenu 48,23% des voix. Il y avait un peu moins de 6 000 voix d’écart. Désormais, au regard de ces résultats définitifs, 11 700 voix séparent les deux hommes.

Le rival du président sortant demandait le recompte des voix pour la province du Haut Ogooué, fief d’Ali Bongo où ce dernier avait obtenu 95% des voix pour 99% de participation.

Ecoutez un extrait de l’allocution d’Ali Bongo

24-09-2016 – Par RFI

Ali Bongo appelle à un « dialogue politique »

A l’annonce de cette décision, Ali Bongo Ondimba a rapidement réagi. « J’appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l’élection du 27 août, à un dialogue politique », a-t-il déclaré dans une allocution retransmise à la télévision.

Maintenant, tous les regards vont se tourner vers l’opposition, et surtout vers les jeunes militants de l’opposition. Le 31 août, à l’annonce des résultats provisoires, des émeutes d’une violence inédite avaient éclaté dans la capitale, mais aussi en province. Les images de l’Assemblée nationale en feu avaient circulé sur les réseaux sociaux. Et vendredi, dans l’attente du verdict de la Cour, les rues de Libreville sont restées vides, les habitants redoutant de nouvelles violences.

Nuit calme à Libreville

La nuit a, par ailleurs, été calme. Sur le front de mer, à l’ancienne gare routière, au Carrefour Rio, jusqu’au PK8, les rues et les avenues étaient désertées. Quasiment aucune voiture, de rares taxis, mais en revanche de nombreux barrages de police et de gendarmerie.

Impossible de savoir ce qui peut se passer dans les heures qui viennent. La répression lors des émeutes du 31 août a été dure, un millier de personnes ont été arrêtées, même si la plupart ont été relâchées depuis.

L’attaque du QG de Jean Ping a aussi affecté les militants. Beaucoup ont peur pour leur sécurité. Reste que de nombreux jeunes se disent déterminés. La victoire de Jean Ping pour eux, ne fait aucun doute. Alors dans ces conditions, on ne sait pas quel sentiment va l’emporter : celui de la prudence ou celui de la révolte.

Mercredi dernier, Alain-Claude Bilie Bi Nzé, le porte-parole du gouvernement, avait adressé une sérieuse mise en garde à l’opposition. « Si Jean Ping franchit la ligne rouge et qu’il y a des violences, il en répondra personnellement », a-t-il averti. Les ministres de l’Intérieur et de la Défense ont rappelé que les forces de sécurité avaient pour mission de protéger les insititutions.

« On n’envoie aucun message, ni pour faire ni pour ne pas faire »

« Peiné » pour le pays, mais pas « surpris ». Voilà le sentiment de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. « Comme on dit chez nous, la tour de Pise a encore penché du même côté, comme toujours, a réagi, le chargé de la communication de Jean Ping. Mais on n’oubliera jamais que les Gabonais sont allés voter le 27 août, on n’oubliera jamais comment les Gabonais ont voté le 27 août ».

Sur ce point, le porte-parole de Jean Ping est clair : « Il n’y a pas de message qu’on envoie ce soir aux militants de l’opposition, il y a un sentiment de dégoût par rapport à ce qui s’est produit, qu’on exprime, c’est tout, insiste-t-il. On n’envoie aucun message, ni pour faire ni pour ne pas faire. La violence au Gabon est une violence d’Etat qui s’exerce sur les Gabonais, ce n’est pas la violence de M. Ping. »

Il s’agit du deuxième mandat pour Ali Bongo Ondimba, 57 ans, élu en 2009 à la mort de son père, Omar Bongo, lors d’une élection déjà controversée.

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http://www.rfi.fr/afrique/

24.9, 2h00

Urgent

Gabon: la Cour constitutionnelle valide la réélection d’Ali Bongo Odimba

La plus haute instance du Gabon a tranché le contentieux électoral. La Cour constitutionnelle a confirmé les résultats de l’élection présidentielle du 27 août et la victoire du président sortant Ali Bongo Odimba face à Jean Ping. A l’approche de sa décision, vendredi, la tension est montée à Libreville. Les rues se sont vidées dans la peur de nouvelles violences. Le 31 août dernier, l’annonce des résultats, qui donnaient une courte victoire au président sortant, avait provoqué des émeutes meurtrières dans la capitale et dans plusieurs villes du pays.

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23.9

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http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/afrique/massacre-gabon-silence/

« Comment le massacre qui se déroule au Gabon peut-il être passé sous silence ? »

23 septembre 2016

Le 31 août, la proclamation de la réélection d’Ali Bongo, au Gabon, avait provoqué des manifestations, des émeutes, des morts, des pillages, des assauts policiers et des arrestations par centaines.

Questions au P. Bruno Ondo Mintsa, président de la plate-forme « Réagir », membre de la coalition « Tournons La Page », soutenue par le Secours catholique.

U & O Africa. Vous présentez, vendredi 23 septembre à Paris, un rapport sur les violations des droits de l’homme au Gabon. Que contient-il ?

  1. Bruno Ondo Mintsa. Le Gabon est en train de vivre l’un des plus grands massacres de son histoire récente. Depuis plusieurs jours, les événements qui se déroulent dans le pays montrent que nous avons plusieurs dizaines de morts, voire une centaine de morts. Pour un petit pays comme le Gabon, c’est énorme.

Depuis les élections, véritable mascarade électorale, la violence a redoublé : une dictature ne peut pas organiser des élections démocratiques. Les enlèvements d’opposants sont fréquents. Au total, nous recensons 120 familles ayant identifié des personnes qui ont disparu. Des militaires et des citoyens nous rapportent également des témoignages de l’existence de fosses communes… Comment un tel massacre peut-il être passé sous silence dans le monde entier ? Actuellement, l’attention internationale se focalise sur le contentieux électoral. Nous souhaitons déplacer cette attention sur le drame humanitaire que nous vivons actuellement au Gabon.

> A lire aussi. Les évêques gabonais remercient le pape pour son soutien

Que demandez-vous ?

  1. Bruno Ondo Mintsa. Nous demandons une enquête indépendante et internationale sur les événements en cours. Les grands organismes internationaux comme Amnesty International ou la Fédération internationale des Droits de l’homme ne sont pas présentes dans le pays. Quant à ceux qui pleurent leurs morts, ils n’osent rien dire, de peur des représailles.

Nous voulons disposer d’une expertise crédible, pour avoir des éléments beaucoup plus probants. Par exemple, l’accès à la maison mortuaire, où sont rapatriés la plupart des corps. Celle-ci appartient à la tante d’Ali Bongo. Elle est gardée par les forces de sécurité et de défense, et les observateurs ne peuvent pas y entrer.

Il faut mettre les auteurs de ces drames devant leurs responsabilités. Nous avons besoin de connaître les coupables. Nous en connaissons, et disposons par exemple des noms de ceux qui se trouvaient dans l’hélicoptère qui a bombardé le quartier général de Jean Ping, l’opposant d’Ali Bongo. Par ailleurs, le chef d’État est le chef suprême des armées : sa responsabilité dans ces drames est totalement engagée.

> A lire aussi. DOCUMENT Message des évêques gabonais à la suite de la crise post-électorale

Dans ce contexte, quel est le rôle de l’Église catholique ?

  1. Bruno Ondo Mintsa. D’abord, je voudrais rappeler que l’Église catholique ne se limite pas à la hiérarchie. Il s’agit aussi des prêtres qui animent les communautés et les paroisses sur le terrain.

À sa tête, l’Église, durant la phase préparatoire des élections, a péché par le silence. Mais nous sommes dans une dictature et l’Église catholique n’a pas toujours sa liberté de parole. Par ailleurs, par certains aspects, elle est très proche, voire trop proche du pouvoir. Cela dit, la hiérarchie vient de prendre très clairement la parole sur le contentieux électoral. Mais à mon sens, elle ne s’exprime pas assez sur la situation humanitaire.

Sur le terrain, les communautés locales ont joué un rôle de veilleur, c’est-à-dire qu’elles ont conscientisé les communautés chrétiennes, ont dénoncé les exactions, ont essayé d’aider les gens à construire un projet viable pour l’avenir. Aujourd’hui, l’Église doit appeler au calme.

Recueilli par Loup Besmond de Senneville

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23.9, 20h35

http://www.jeuneafrique.com/360076/politique/gabon-lopposant-cousin-dali-bongo-ondimba-leon-paul-ngoulakia-interpelle-a-libreville/

Gabon : l’opposant et cousin d’Ali Bongo Ondimba, Léon-Paul Ngoulakia, interpellé à Libreville

23 septembre 2016 à 19h41 — Mis à jour le 23 septembre 2016 à 20h35

Par Jeune Afrique avec AFP

Un ancien patron du renseignement du Gabon, Léon-Paul Ngoulakia, par ailleurs cousin du président Ali Bongo Ondimba, récemment passé à l’opposition, a été interpellé vendredi à Libreville, a-t-on appris de sources concordantes.

Léon-Paul Ngoulakia a été interpellé alors qu’il « circulait à bord d’un véhicule avec une forte somme d’argent et des tracts appelant à la sédition », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire sous couvert d’anonymat. « Il a été arrêté et transporté à la direction du renseignement. Des perquisitions sont en cours à son domicile », a confirmé son avocat parisien Éric Moutet, défenseur de plusieurs membres de l’opposition gabonaise.

« Je suis en audition à la DGR », avait déclaré plus tôt M. Ngoulakia joint par téléphone avant que l’appel ne soit interrompu.

Ralliement à Jean Ping

  1. Ngoulakia a dirigé le Conseil national de sécurité de 2009 à 2013. Cousin germain du président Ali Bongo Ondimba, il a rompu début 2016 avec lui et a présenté sa candidature à la présidentielle du 27 août, avant de rallier M. Ping avant l’élection, qui s’est proclamé élu face à M. Bongo, déclaré vainqueur par la Commission électorale.

L’annonce de cette interpellation intervient alors que le Gabon attend anxieusement la décision de la Cour constitutionnelle, qui doit se prononcer sur le recours de Jean Ping contre la réélection d’Ali Bongo.

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23.9,  18h34

http://www.rfi.fr/afrique/20160923-gabon-inquietude-tension-libreville-attente-verdict-cour-constitutionnelle-ali-bong

Gabon: inquiétude et tension à Libreville dans l’attente du verdict de la Cour

A Libreville, dans l’attente des résultats, les boutiquiers ont préféré fermer.

Par RFI Publié le 23-09-2016 Modifié le 23-09-2016 à 18:34

C’est en principe bientôt la fin du suspense au Gabon après la présidentielle du 27 août, et la réélection annoncée mais contestée d’Ali Bongo, suivie du recours de l’opposition. La Cour constitutionnelle est censée trancher et annoncer les résultats définitifs ce vendredi 23 septembre. Dans la capitale, il règne une ambiance de faux calme.

A Libreville, les guichets automatiques sont pris d’assaut. C’est jour de paie ce vendredi pour les fonctionnaires. Le dispositif sécuritaire reste discret, sauf devant la Cour constitutionnelle.

L’ambiance est moins tendue qu’elle ne l’était hier, jeudi, en fin de journée. Beaucoup de rumeurs avaient circulé selon lesquelles les résultats définitifs tomberaient dans la nuit. Le fait que la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, ait annoncé que ces résultats seraient publiés en principe ce vendredi 23 septembre ou un peu plus tard a eu pour effet de calmer un peu les esprits.

L’opposition a envoyé ce matin une note à la Cour pour lui demander deux choses : si elle décide un recomptage sur l’ensemble du pays, comme l’a demandé hier le ministère public, alors qu’il y ait confrontation des procès-verbaux, car selon elle, ces PV de l’administration comportent des faux ; deuxième chose : quand la Cour annoncera sa décision, que tous les résultats de tous les bureaux de vote soient publiés pour que chacun puisse vérifier.

Du côté du parti au pouvoir, on se dit serein. Le président du groupe parlementaire Parti démocratique gabonais (PDG), André-Dieudonné Berre, affirme qu’il fait confiance à la Cour : « Le Gabon est notre pays, rien ne sert de le casser, car il faudra reconstruire ».

La crainte de nouvelles violences

Beaucoup de Gabonais ont fait des stocks de provisions pour ce week-end par crainte de violences, des émeutes, des pillages comme cela a été le cas à l’annonce de la réélection d’Ali Bongo. A Libreville, les boulangeries et les supérettes ont été prises d’assaut. On vient faire des stocks juste au cas où.

L’ambassade de France recommande d’ailleurs a ses ressortissants d’éviter tout déplacement dès la proclamation des résultats. Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU lance un appel à la retenue durant cette période « difficile » au Gabon et à s’abstenir de toute forme de violence. « Toute perte supplémentaire en vie humaine serait inacceptable », a-t-il dit.

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23.9, 14h26

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/23/camarades-gabonais-m-sarkozy-a-raison-n-attendez-rien-de-la-france-retournez-au-pays_5002490_3212.html

« Camarades Gabonais, M. Sarkozy a raison : n’attendez rien de la France, retournez au pays ! »

Par Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)

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23.9, 9h08

http://afrique.lepoint.fr/actualites/le-gabon-bientot-dans-le-viseur-de-la-cpi-23-09-2016-2070676_2365.php

Le Gabon bientôt dans le viseur de la CPI

Deux avocats lancent deux plaintes contre le pouvoir gabonais auprès du tribunal de grande instance de Paris et iront jusqu’à la Cour pénale internationale.

Par Claire Meynial

Publié le 23/09/2016 à 09:08 | Le Point Afrique

Des traces de balles dans le poste de garde du quartier général du candidat de l’opposition Jean Ping le 3 septembre.   © AFP/Marco Longari

Marie s’est accroupie, le doigt contre la moustiquaire de la porte-fenêtre, pointé vers la rue imaginaire. « Regardez, ils embarquent les gens », chuchote-t-elle. Et soudain, elle n’est plus sur cette terrasse de Libreville, près des vagues qui se brisent sous les palmiers, où elle raconte en sécurité. Soudain, elle est à nouveau cachée au QG du candidat opposant à la présidentielle Jean Ping, dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Tout à l’heure, elle s’endormait, elle est allée prendre une douche. Comme pour se laver, se laver encore des horreurs qu’elle a vues cette nuit-là. Quand ce qui devait être une fête a tourné au cauchemar.

Un pas vers la CPI

Hier, c’est à cause de ce qu’elle et quelque cinq cents personnes ont vécu que maître William Bourdon et maître Éric Moutet ont déposé deux plaintes auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris. Elles visent des faits d’arrestation et de détention arbitraire, de torture, d’actes de barbarie, de tentative d’assassinat et de crime contre l’humanité. En plus des traces visibles au QG, ce que racontent 16 témoins, âgés de 25 à 69 ans, est le scénario d’un film d’épouvante.

Le 31 août, le Gabon est suspendu aux derniers résultats de la présidentielle, ceux de la neuvième province du pays, le Haut-Ogooué. Quand ils tombent, vers 15 heures, c’est la stupeur : alors que Ping semblait l’emporter, c’est le sortant, Ali Bongo Ondimba, qui gagne grâce à un taux de participation supérieur à 99 % et plus de 95 % des voix. Aussitôt, le pays s’enflamme. À Libreville, les manifestations mêlent des opposants de tous les âges. Il y a des jeunes, comme Marc, leader étudiant : « Il était question qu’on fasse une marche pacifique. Ils nous ont stoppés à un kilomètre de l’échangeur et ont commencé à verser de l’eau et des mélanges chimiques qui blessent. Alors, la foule a pris des cailloux. Ils ont des lacrymos, de l’eau et des produits chimiques, et nous, des cailloux ! On va vers le rond-point de la Démocratie et la Cenap. Ils ont tiré sur nous. Le premier mort, c’est un étudiant. » Il y a des moins jeunes, venus dans l’espoir de fêter la victoire. « Je suis arrivée à 15 heures, on a été bloqués vers la station Pétro-Gabon, après le Lycée français, raconte Charlotte, technicienne de radio, 51 ans. Il y avait des lacrymos, des projectiles. Je fais marche arrière, il y a une mémé, je vais la soulever, elle a 83 ans. Et je fonce au QG. » On dit que l’Assemblée nationale brûle.

Des partisans du candidat de l’opposition Jean Ping protestent contre les résultats de l’élection présidentielle donnant le président Ali Bongo vainqueur. © AFP/Marco Longari

Basculement

Dans le quartier des Charbonnages, le QG est situé dans une contre-allée qui longe la voie express, dont elle est séparée par un talus arboré. Il jouxte l’ambassade de Guinée équatoriale, est proche du domicile de Jean Ping et du camp de Gaulle, où sont basées les forces françaises. Dans le bâtiment de six étages, ceint par un mur et un portail, certains appartements sont loués à des particuliers, à des entreprises. C’est dans une salle du premier qu’on place les blessés. Marie s’en occupe comme elle peut. Puis, c’est le calme : « Entre 21 heures et 22 heures, M. Ping a pris la parole. Il a dit : Les enfants, calmez-vous, j’ai vu ce que vous avez fait et ils ont aussi vu ce dont nous étions capables, reposons-nous et demain on verra. Chacun était tranquille, papa avait parlé. La femme de ménage avait nettoyé le sang, j’ai même pris une douche parce qu’il n’y avait plus de blessés. Chacun se racontait ce qu’il avait vécu, c’était la détente. » Makaya, 31 ans, chauffeur de poids lourd qui a manifesté avec un drapeau du Gabon, a le même souvenir : « J’avais lavé mes chaussettes que j’avais étendues sur la tente de la sono, et pris deux-trois cartons pour me reposer. Je me suis pris la tête avec les mecs de la sécurité pour changer l’angle d’un projecteur pour dormir. » Étant donné le chaos à l’extérieur, il devient irréaliste de rentrer chez soi, les cinq cents personnes qui sont là décident de rester. Les « mamans » s’étendent où elles peuvent. « On est restées pour dormir quand on a vu qu’il faisait noir. On était là pour contribuer par la force morale, pas physique, vous pensez, on a 65 et presque 70 ans ! » témoignent Rose, architecte, et Charlotte, banquière à la retraite.

Attaque en règle

Le 31 août, des soldats prennent position pour bloquer la manifestation qui tente de rejoindre le bâtiment de la commission électorale. © AFP/Marco Longari

Et soudain, la nuit inquiète bascule. « J’ai à peine le temps de poser mes cartons, j’entends les hélicos. Vers 23 heures. Ils ont fait un ou deux tours, à basse altitude. Ils ont balancé des grenades assourdissantes, direct », se rappelle Makaya. Les témoins décrivent un sauve-qui-peut généralisé, chez les militants qui n’ont jamais connu ce genre de violence. « Ils étaient encore à l’extérieur. J’ai fait un écran de fumée devant le portail, avec un extincteur. Et j’ai vu en sortir un bloc de mecs cagoulés habillés en noir, par rangées de quatre. Je me suis mis à genoux, les mains sur la tête et là, paf ! un coup de crosse dans la bouche. Deux ou trois coups. Ensuite, ils m’ont allongé, j’ai mis mes mains dans le dos et ils m’ont pointé deux armes sur la tête. Une au-dessus du crâne et l’autre dans la nuque. Ils ont crié : Où sont les armes ? J’ai crié : On n’a pas d’armes ! » raconte Makaya, dont le récit se termine puisqu’il a été embarqué vers son lieu de détention. Ces « mecs » sont probablement les membres de la garde républicaine, « la GR ». Certains fuient par l’ambassade de Guinée équatoriale, d’autres par un mur bas, au fond de la cour. La plupart se ruent à l’intérieur. Paul, ingénieur pétrolier, vient de rentrer de la clinique Chambrier, où il a amené des blessés de la manifestation : « Vers minuit et demi, je m’allonge dans mon véhicule côté chauffeur pour me reposer. Et paf ! Des lacrymos tombent, une devant mon pneu. Je sors de mon véhicule, j’ouvre ma portière. Un qui tirait le portail a pris une balle dans la gorge. Il est mort. » Tous parlent des morts parmi les jeunes qui assurent la sécurité, au portail, mais leur nombre varie. Michel, autre témoin, dit par exemple en avoir vu neuf, mais l’absence de corps empêche de les comptabiliser.

La sœur d’un homme arrêté lors des affrontements est conduite à l’hôpital après s’être évanouie. © AFP/Marco Longari

Plongé dans le noir

La plupart décrivent également un « bombardement », ce que rien ne permet d’attester dans la cour. Les piliers du portail sont bien criblés d’impacts de balles, de même que les vitres du bâtiment, et les pare-brise des voitures sont tous éclatés. « J’ai entendu une grosse détonation. L’hélico a balancé quelque chose qui est tombé sur le véhicule bleu qui est là, ça a détruit le pare-brise », montre Annie-Léa Méyé, vice-présidente du parti souverainiste écologiste, rallié à Ping. Ce qui est sûr, c’est que ça tire, et beaucoup. À nouveau, les blessés affluent à l’intérieur du bâtiment, Marie ne peut plus faire face. « Ils ont visé les fenêtres, alors on a descendu les blessés du premier dans le parking. Là je vois Marie et le mec descendu du premier, M. Kondé. Mais on décide de l’amener au deuxième étage, c’est difficile parce que son pied droit bouge… Il pèse 80 kilos, on était trois », relate Makaya. Simon Kondé meurt d’une hémorragie au pied, dans une mare de sang. M. X. aussi, comme l’appelle Marie, peut-être touché dans le dos, qui vomissait du sang. L’ascenseur en est encore maculé.

Le QG est maintenant plongé dans le noir, et lorsque Marie veut appeler pour faire évacuer les blessés, on tire d’en bas, vers elle. On décide de ne plus utiliser les téléphones, dont les écrans sont trop visibles. Thomas, un jeune Franco-Gabonais, est avec Marie, au deuxième : « Ce qui me fait repartir dans la salle des blessés, c’est le cri d’une jeune femme qui n’a plus de compresses et de sparadrap. Et là c’était terrible. Des pieds arrachés, une main arrachée, des fronts ouverts, un œil droit d’un jeune arraché, un tibia fendu en deux, une clavicule brisée en deux et sortie. » Et toujours, les tirs. Suivant un rythme qui semble étudié. « Ça a duré jusque vers 4 heures. Parfois, ils arrêtaient. Il y a eu une accalmie, puis ça a repris », se souviennent Rose et Charlotte. Entre-temps, ceux qui ont une vue sur l’extérieur aperçoivent des scènes glaçantes : « Je me cache au deuxième, je vois le boulevard. Je vois des gars tout en noir qui tiraient sur les gens cachés dans les plantes du talus, et disaient : Put it in the bag. J’en ai vu six, sûr. Ils traînent un sac, ils les mettent tout de suite dedans », assure Paul, l’ingénieur pétrolier. Rose et Charlotte aussi ont entendu « Put it in the bag », sans comprendre. Marie, elle, ne voit pas mais elle entend : « D’après les cris, c’était côté jardinet, près de l’ambassade de Guinée équatoriale. J’entendais Au secours ! Pardon !, puis Chut ! Tais-toi ! Si tu cries, tu vas voir ! Puis un gros coup de fusil, puis plus de bruit… À trois reprises. »

Une supportrice de l’opposant Jean Ping, à Libreville, le 4 septembre 2016. © AFP/Marco Longari

Au fur et à mesure de l’attaque, les valides montent les étages : « Vers 2 heures, les gars de la sécurité nous disent : Vous n’êtes plus en sécurité, montez ! On monte au troisième. On tombait, on marchait sur les autres, dans le noir. Puis c’était le silence, puis ça a repris. Peu avant 5 heures, il arrivait encore des gens, mon tee-shirt était trempé parce qu’un homme se vidait de son sang », se rappelle Rose. Certains se cachent sous des cadavres, attendent. D’autres sont entrés dans les appartements, se cachent dans les cuisines, les salles de bains. Au troisième, un avocat, maître Meré, tente d’appeler à l’aide. « Dans la salle, les gens disaient : Comment la France, à un kilomètre du Camp de Gaulle, ne vient pas nous aider ? Pourquoi l’armée française ne vient pas nous aider ? Certains disaient : Mais, non, sinon on va parler d’ingérence… On priait le Bon Dieu pour qu’il intervienne », se souvient Yves, étudiant en droit.

Deux versions

Vers 6 heures, la gendarmerie débarque. « Ils m’ont demandé : Où sont les armes ? Où est le sous-sol ? Mais il n’y a pas de sous-sol et j’ai dit qu’on n’avait pas d’armes. Ils m’ont dit : Vous allez en prison pour dix ans », raconte Annie-Léa Meyé. La fouille est minutieuse. « Ils ont récupéré des documents, du matériel TV, ils ont emmené les informaticiens, les techniciens de TV », souligne Chantal Myboto, opposante célèbre qui a eu une fille avec Omar Bongo. Les gendarmes font sortir tout le monde, certains sans tee-shirt. Ceux qui descendent à la fin ont la surprise de découvrir le sol de la cour jonché de vêtements. En revanche, alors qu’ils ont entendu tirer toute la nuit, il n’y a pas un corps. À part vingt-six leaders, dont Chantal Myboto et Annie-Léa Meyé, qui sont retenus 48 heures, tous sont emmenés au commissariat, avant une détention d’une semaine. Les conditions, décentes pour certains, sont épouvantables et accompagnées de mauvais traitements pour d’autres. Le bilan officiel, de trois morts dans le pays, est peu crédible. À la morgue Gabosep, deux morts sont notés comme venant « du cugé de Ping », mais trois autres sont morts par balle. Celle de la Casep-Ga refuse de communiquer. Mais, au QG, une liste où les parents qui ont reconnu les corps de leurs enfants peuvent s’inscrire compte vingt-six noms. Une autre comptabilise les disparus, ils sont cinquante-sept.

Un autel à la mémoire des victimes des émeutes post-électorales est dressé sur une place à Libreville le 6 septembre. © AFP/Marco Longari

Alain-Claude Bilié By Nze, ministre de la Communication, justifie ainsi l’assaut : « On a trouvé des armes lourdes. Les forces de l’ordre ont essuyé des tirs de kalachnikovs. » L’opposition, elle, jure toujours qu’elle n’avait pas d’armes. « Certains éléments pillaient, puis rentraient au QG », insiste le procureur de la République, Steeve Ndong. Quelques jeunes reconnaissent avoir « lapidé le mall », proche du QG. L’un confie avoir pris « un jus, un sandwich et un pot de glace à la vanille ».

La réponse du pouvoir justifie, aux yeux de William Bourdon, les plaintes. « En termes de logistique, organisation, structuration, préméditation face à une population civile désarmée, assassinée, torturée et la magnitude, la qualification de crime contre l’humanité peut être retenue… Ali Bongo doit le savoir, le comprendre et mesurer en responsabilité ce que ça peut signifier », développe-t-il. Les plaintes concernent deux Franco-Gabonais, dont l’un était au QG et l’autre est toujours emprisonné au Gabon. Un dossier sera ensuite soumis à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu’elle lance une enquête. Le jour même, le pouvoir a riposté en saisissant la procureur de la CPI. « Le Gabon appuie sa requête sur une série d’éléments faisant apparaître la commission de crimes contre l’humanité, en l’espèce : des actes de privation graves de liberté, de persécutions, et des propos incitant à la commission de génocide », a tweeté Alain-Claude Bilié By Nze. En attendant, Libreville retient son souffle, dans l’attente du verdict de la Cour constitutionnelle qui doit confirmer, ou non, l’élection d’Ali Bongo Ondimba.

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23.9, 9h39

Jeune Afrique oublie de parler du ‘recomptage’ basé sur les faux procès verbaux du Haut-Ogooué !

http://www.jeuneafrique.com/359532/politique/gabon-tensions-a-veille-verdict-de-cour-constitutionnelle/

Gabon : le pays sous tension à l’approche du verdict de la Cour constitutionnelle

22 septembre 2016 à 16h51 — Mis à jour le 23 septembre 2016 à 09h39

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Gabon se réveille vendredi avec la peur de nouvelles violences et dans l’incertitude la plus totale alors que la Cour constitutionnelle doit trancher sur le contentieux électoral entre le président sortant Ali Bongo Ondimba et son rival Jean Ping.

Aux abois depuis des semaines, les Gabonais ne savent même pas si la Cour rendra sa décision ce vendredi, dans les délais prévus par la Constitution, soit quinze jours après le recours de Jean Ping contre la réélection d’Ali Bongo.

La présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, a laissé elle-même planer le suspense jeudi soir à l’issue d’une séance publique, où les avocats d’Ali Bongo et Jean Ping ont procédé à une dernière passe d’armes.

« L’affaire est mise en délibéré. En principe, la décision pourrait être rendue à l’audience du 23 septembre, mais je demande au greffier de communiquer la date exacte, l’heure exacte aux conseils des deux partis », a déclaré la femme qui tient entre ses mains l’avenir du pays.

Précaution 

Par crainte de nouvelles violences qui pourraient éclater à la suite de la décision de la Cour, si celle-ci venait à être prononcée ce vendredi, dans la capitale Libreville, les commerçants s’affairent déjà à protéger leurs commerces. Certains vident même leur stock de marchandises, par peur que les pillages massifs ne se répètent.

Dans les cliniques et hôpitaux du centre-ville ayant accueilli début septembre des blessés par balle, la peur d’une nouvelle vague de violences meurtrières est palpable.

Après la proclamation des résultats contestés le 31 août, le pays s’était enflammé. Les principales émeutes avaient eu lieu à Libreville, où le ministère de l’Intérieur avait annoncé 800 arrestations à Libreville et 300 dans les provinces.
 
Deux plaintes en France après l’assaut du QG de Jean Ping

Point d’orgue des violences, l’assaut donné contre le QG de Jean Ping dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Selon l’opposition, des dizaines de personnes y avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées. Un bilan impossible à confirmer, alors que le pouvoir fait pour sa part état de quatre morts.

À Paris, l’assaut contre le QG de Jean Ping a donné lieu au dépôt de deux plaintes de Franco-Gabonais mercredi 21 septembre pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité », a affirmé à l’AFP William Bourdon, l’un des avocats saisis. Ce dernier compte également  saisir la Cour pénale internationale (CPI) à ce sujet, a-t-il précisé.

Déclarations interposées

Alors que le pays retient son souffle à 24h de la proclamation de la Cour constitutionnelle, les deux camps continuent de s’affronter par déclarations interposées. Lors d’une conférence de presse mercredi, le porte-parole du gouvernent, Alain-Claude Bilie-By-Nze, assurait que « des éléments indiquaient que de nouvelles violences se préparent ».

« Nous ne sommes pas dans un état d’esprit tel que nous arrêterons Jean Ping. Mais s’il franchit la ligne rouge, il sera arrêté », prévenait-il.

L’équipe de Jean Ping ferme la porte au dialogue proposé par ABO 

Quelques heures plus tard, l’équipe de Jean Ping avait fermé la porte au dialogue proposé par Ali Bongo Ondimba. « Comment envisager une rencontre si la vérité des urnes n’est pas rétablie ? », répondait le porte-parole de l’ancien patron de l’Union africaine.

Preuve du climat de tension, deux camions militaires campaient jeudi midi devant le domicile de Jean Ping, selon son équipe de campagne. Un climat de vive tension, alors que la Cour constitutionnelle s’apprête à rendre une audience publique, préalable à sa décision cruciale, attendue pour vendredi.

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23.9, 9h29

http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2016/09/23/gabon-ministre-de-la-justice-pas-de-la-justesse/

Gabon: ministre de la Justice, pas de la Justesse

Vincent Hugeux, publié le 23/09/2016 à 09:29

Voilà ce qu’on appelle des débuts fracassants. Nommée dans l’urgence au lendemain de la démission de Séraphin Moundounga, la nouvelle ministre de la Justice et des Droits humains du Gabon a donné lecture hier à Libreville d’un communiqué ubuesque, généreusement diffusé par les autorités. Lequel communiqué mérite à l’évidence une séance de décryptage. Le préambule hésite entre la grandiloquence et la maladresse. « Le président Ali Bongo, martèle Denise Mekam’ne, a confirmé il y a quelques jours une décision lourde, forte, celle d’engager pleinement le pays dans ce qu’il appelle ‘le processus exigeant de la démocratie’ ». Comment, déjà ? Après un septennat de pouvoir sans partage ? Tout vient à point à qui sait attendre…

Passons, car le pire est à venir. Celle qui fut tour à tour -prenez votre élan- ministre de Communication, des Relations avec les institutions constitutionnelles et porte-parole du gouvernement, puis titulaire du portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, claironne ensuite ceci : « Le Gabon demande instamment à la Procureure près la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête et d’envoyer dans les plus brefs délais des enquêteurs sur place. » « Ceux-ci, poursuit la Garde des Sceaux, auront pour mission de constater les crimes déjà commis et de prévenir dans un proche avenir la survenance d’actes de déstabilisation du pays et de recours à la violence. » A en croire Mme Mekam’ne, les partisans de Jean Ping -et aux seuls- se sont rendus coupables lors de la flambée de violence du 31 août de « crimes contre l’humanité ». De même, ils auraient proféré des « propos incitant à la commission de crimes de génocide ».

Bien, par où commencer ? Un, il ne revient pas, sauf erreur, à Libreville de fixer le calendrier ni de définir le mandat de la CPI de La Haye. Deux, si la Gambienne Fatou Bensouda, patronne du tribunal planétaire, décide de dépêcher ses limiers au Gabon, tout porte à croire que le régime en place aurait bien vite à s’en mordre les doigts. Certes, le noyau dur des « anti-Ali » et les pillards que charrie par effet d’aubaine tout chaos ont commis des actes intolérables; reste que la brutalité des forces de l’ordre, notamment lors de l’assaut sur le QG de Jean Ping, pourrait bien conduire plus d’un caïd du pouvoir jusqu’au centre pénitentiaire de Scheveningen. Trois, cette charge apparaît comme un contrefeu malhabile à la requête adressée à la même CPI par les avocats du camp Ping.Tous les stratèges du ballon rond le savent : la meilleure défense, c’est l’attaque. Soit, mais de là à laisser ses cages ainsi dégarnies…

A propos de robes noires à jabot, la ministre de la Justice tient à préciser que l’Etat gabonais a fait appel à un collectif d’avocats, dont trois Français –Patrick Klugman, Ivan Terel et Christophe Ingrain-, étrangers aux « dérives de ce que l’on nomme la ‘françafrique’ ». Allusion transparente à l’engagement de Me Robert Bourgi aux côtés du challenger et ex-beau-frère d’Ali. L’ennui, c’est que ledit Bourgi, jadis porte-coton empressé de Bongo Père, adouba publiquement Bongo Fils au nom de la Sarkozye lors du scrutin pour le moins douteux de l’été 2009.

Une certitude : peu après avoir hérité d’un maroquin brûlant, la très fidèle Denise Mekam’ne a ainsi donné les gages de loyauté attendus d’elle. Et peut-être un peu plus. Donc beaucoup trop.

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23.9, 7h10
http://www.rfi.fr/afrique/20160923-gabon-suspendu-decision-cour-constitutionnelle-ping-bongo-haut-ogooue

Le Gabon suspendu à la décision de la Cour constitutionnelle

Le juge rapporteur s’exprime devant la Cour constitutionnelle à l’issue de la procédure d’instruction, le 22 septembre, à Libreville.© RFI/Richard Riffonneau

Par RFI Publié le 23-09-2016 Modifié le 23-09-2016 à 07:10

Au Gabon, on attend la décision de la Cour constitutionnelle qui doit valider ou non la réélection d’Ali Bongo. En principe, la décision est attendue ce vendredi 23 septembre. Jeudi soir avait lieu une audience publique à la plus haute instance du pays. Une séance qui marque la fin de la procédure d’instruction.

Pendant plus d’une heure et demie, le juge rapporteur a égrené les arguments et les contre-arguments des deux camps. « Un rapport très, très, très long », a conclu la présidente de la Cour constitutionnelle dans un sourire. Puis les avocats ont fait leurs observations.

Celui de Jean Ping tout d’abord, venu avec des piles de procès-verbaux. « Qu’on ne vienne pas nous amener des histoires de faux procès-verbaux fabriqués pour faire croire qu’il y a des histoires d’irrégularités, parce que ce sont eux qui fabriquent ces PV ! A prévenu Maître Jean-Rémy Bantsantsa. Je note également que tout s’est passé dans une opacité incroyable. L’instruction d’une affaire veut dire qu’on écoute tout le monde, on entend tout le monde, on procède à des confrontations. Et ce que nous avons demandé, c’est la confrontation des PV. » L’avocat de Jean Ping, candidat à la présidentielle face au président sortant, estime que l’analyse du rapporteur n’est pas suffisante.

Puis au tour de l’avocat d’Ali Bongo Odimba, Maître Francis Nkéa. « Vous êtes le médecin de ce pays ! » a-t-il lancé en s’adressant à la présidente de la Cour. Et de brandir lui aussi des PV. Avant de s’exclamer : « Il n’y a pas un droit pour le Haut-Ogooué et un autre droit électoral pour les autres provinces. Si nous utilisions les procès-verbaux de la Cénap [la commission électorale, ndlr] pour les huit provinces que les deux parties ont acceptées, il est tout à fait normal que pour le Haut-Ogooué on utilise aussi les mêmes procès-verbaux ! »

Quant au ministère public, il propose que la Cour accepte un recomptage des voix.

Dans la province du Haut-Ogooué, fief familial de la famille Bongo, le président sortant a officiellement obtenu 95% des voix pour 99% de participation, lui garantissant à l’échelle du pays une avance de quelque 5 000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs.

L’affaire est à présent mise en délibéré, annonce la présidente Marie-Madeleine Mborantsuo. « En principe, la décision pourrait être rendue à l’audience du 23 septembre, mais Maîtres, veuillez être attentifs, le greffier en chef se fera le devoir de vous communiquer le jour et l’heure du délibéré », a-t-elle indiqué.

La Cour constitutionnelle annoncera alors sa décision et publiera les résultats définitifs de la présidentielle du 27 août.

Jusqu’au dernier moment, beaucoup de Gabonais prennent leurs précautions. Les caddies sont bien remplis dans les supermarchés de Libreville…

A Libreville, la pression est encore montée d’un cran et de nombreux habitants se préparent à revivre des scènes d’émeutes

23-09-2016 – Par RFI

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22.9

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http://afrique.lepoint.fr/actualites/les-gabonais-a-bout-de-nerfs-attendent-le-verdict-de-la-cour-constitutionnelle-22-09-2016-2070584_2365.php

Les Gabonais à bout de nerfs attendent le verdict de la Cour constitutionnelle

Dans quelques heures, le contentieux électoral qui oppose Ali Bongo à Jean Ping doit connaître son épilogue. Autant dire que c’est tout le pays qui a les nerfs à vif.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

Publié le 22/09/2016 à 19:36 | Le Point Afrique

Magasins pris d’assaut, forces de sécurité déployées, « couvre-feu numérique » toujours en vigueur, le Gabon à bout de nerfs attend le verdict de la Cour constitutionnelle vendredi ou samedi pour tenter de sortir d’une crise post-électorale sans précédent entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping.

La Cour constitutionnelle doit trancher

Le droit pourra-t-il empêcher une nouvelle éruption de violence ? Cette question est loin d’être théorique dans cet État pacifique (1,8 million d’habitants) traumatisé par les morts, les manifestations, les émeutes, les pillages, les assauts policiers et les arrestations par centaines qui ont suivi la proclamation de la victoire d’Ali Bongo le 31 août. Une audience publique était prévue en fin d’après-midi à la Cour en présence des avocats de MM. Bongo et Ping. Il s’agit de la première audience publique depuis que M. Ping, 73 ans et « président élu » autoproclamé, a déposé un recours le 8 septembre contre la réélection du président sortant Ali Bongo, 57 ans. Rapporteurs, audition des requérants, puis de la défense : cette audience permettra d’en savoir plus sur la demande principale de Jean Ping, à savoir recompter les voix dans la province du Haut-Ogooué.

Dans ce fief familial de la famille Bongo, le président sortant a officiellement obtenu 95 % des voix pour 99 % de participation, lui garantissant à l’échelle du pays une avance de quelque 5 000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs. M. Ping, ex-enfant chéri du régime de l’ex-président Omar Bongo, estime que ces chiffres ont été gonflés par la fraude et qu’il est de fait le nouveau président du Gabon avec 174 760 voix (soit 51,17 %) contre 159 550 (46,71 %) pour Ali Bongo. Les travaux de la justice ne se déroulent pas en toute sérénité. L’équipe de Jean Ping a accusé jeudi la Cour et sa présidente, Marie-Madeleine Mborantsuo, de se rendre déjà coupables d’un « déni de justice », en citant son entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique le 15 septembre.

ChastitySiffre @SiffreChastity  « l’élection n’était qu’un alibi » pour la violence, dit Mme la Juge Mborantsuo #Gabon #Gabon2016 http://bit.ly/2d7JoTf 13:11 – 22 Sept 2016

Marieadeleine Mborantsuo : « La Cour constitutionnelle du Gabon… Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, revient sur les derniers développements du processus électoral gabonais. Interview exclusive. jeuneafrique.com

2580 PV

« Je dois dire qu’il est rare que la voie de l’inversion [des résultats, NDLR] soit utilisée », avait déclaré la femme qui tient entre ses mains l’avenir du Gabon. Une petite phrase qui hérisse les pro-Ping. « La Cour va procéder au contrôle de la régularité de tous les 2 580 procès-verbaux de cette élection », avait-elle ajouté. Les partisans de Jean Ping rappellent qu’il a saisi la Cour pour « le recomptage des résultats dans la province du Haut-Ogooué. La Cour ne saurait aller au-delà. »

Mercredi, pas moins de trois ministres régaliens (Intérieur, Justice, Défense) ont prévenu Jean Ping qu’il devrait rendre compte de ses actes en cas de nouvelles violences si son recours était rejeté. Selon la Constitution, la Cour dispose de 15 jours pour vider le contentieux, soit jusqu’au vendredi 23 (la date du samedi 24 est évoquée, soit quinze jours après le début effectif des travaux de la Cour). En attendant, Libreville revit les mêmes scènes qu’il y a trois semaines quand le pays battait le compte à rebours de la proclamation des résultats par le ministre de l’Intérieur.

L Y A D I S H @Lyadish Gabon: Jean Ping sera arrêté en cas de nouvelles violences, prévient le gouvernement http://f24.my/2cSyHG6  via @FRANCE24 #Gabon 19:21 – 22 Sept 2016 Gabon : l’opposant Jean Ping sera arrêté en cas de nouvelles violences, prévient le gouvernement -…Alors que la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur le résultat de la présidentielle au Gabon, le gouvernement de Libreville a indiqué que l’opposant Jean Ping serait arrêté en cas de nouvelles…france24.com

Les forces de sécurité commencent à se déployer doucement dans toute la ville, au lendemain d’une conférence de presse où le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il ferait tout pour maintenir l’ordre. Au moins trois camions de gendarmes ont pris place au rond-point Charbonnages, avec des hommes équipés de fusils et de boucliers antiémeute, à mi-chemin entre le domicile privé de Jean Ping et son siège de campagne, a constaté l’AFP. Par mesure de sécurité, le Lycée français, dans une impasse juste à côté de la maison de M. Ping, a fermé ses portes jeudi et vendredi. Dans les magasins, les Gabonais attendent patiemment en file d’attente pour faire des provisions en prévision d’un long week-end qui pourrait commencer dès vendredi avec des rues abandonnées aux check points.

L’économie qui tourne au ralenti depuis trois semaines va sans doute complètement s’arrêter. Dans la capitale économique Port-Gentil, le syndicat des salariés du pétrole (Onep) a demandé aux employeurs la possibilité de « rester à la maison, auprès des familles » pour les personnels aussi bien off que onshore.

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22.9, 18h32

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/compte-a-rebours-a-haut-risque-au-gabon_1833293.html

Compte à rebours à haut risque au Gabon

Par Vincent Hugeux, publié le 22/09/2016 à 15:09 , mis à jour à 18:32

La Cour constitutionnelle doit rendre son verdict au plus tard demain vendredi. Et les partisans de Jean Ping, rival malheureux du sortant Ali Bongo Ondimba, ont du souci à se faire. Voici pourquoi.

Une bonne dose de fatalisme, une mesure de rage rentrée, une pincée de folle espérance, le tout nimbé d’un halo de peur diffuse, rançon des émeutes meurtrières et des pillages d’hier: telle est la recette du cocktail hautement volatil qui fermente de Libreville à Port-Gentil à la veille de la décision de la Cour constitutionnelle (CC).

Sauf report, la plus haute juridiction gabonaise livrera demain vendredi, au terme des deux semaines d’instruction réglementaires, son verdict: il s’agit de valider ou pas la « réélection » miraculeuse du chef de l’Etat sortant Ali Bongo Ondimba, à la faveur du scrutin à un seul tour du 17 août dernier. Autant dire que règne une ambiance de veillée d’armes. Même si nul acteur doué de raison n’aspire à prendre au pied de la lettre une formule à ce point martiale.

Une audience publique attendue

L’ultime acte de la tragi-comédie amorcée le 8 septembre, avec le recours déposé « sans illusions » par le challenger officiellement vaincu, Jean Ping? L’audience publique programmée ce jeudi à 15H00 heure locale, soit 16H00 à Paris. Les rapporteurs de la Cour constitutionnelle sont supposés présenter leurs conclusions, avant de céder brièvement la parole aux avocats des deux parties, Me Francis Nkéa pour « Ali » et son confrère Jean-Rémy Bantsara pour le rival malheureux.

Puis les neufs magistrats de la Cour, conduits par sa très abrupte présidente Marie-Madeleine Mbarantsuo, alias « 3M », se retireront pour délibérer. Pour peu qu’il y ait encore matière à discussion…

Depuis ce mercredi après-midi, le « Club des 9 » et ses juges assistants examinent, armés de calculettes, les procès-verbaux émis par les 2579 bureaux de vote du pays. Sans les émissaires des candidats, mais en présence d’une délégation de cinq juristes dépêchés par la Commission de l’Union africaine. Le clan de Bongo Junior a-t-il beaucoup à craindre de ces observateurs supposés neutres ? Pas sûr. L’un d’eux vient du Togo, nation dont le président, Faure Gnassingbé, passe non sans raison pour un allié fidèle du locataire du Palais du Bord de Mer. Quant à son collègue tchadien, on le voit mal jouer les boutefeux contestataires au regard des usages politiques en vigueur dans sa patrie d’origine. 

Intenses pressions sur la Cour constitutionnelle

Un oeil maintenant sur les pièces du dossier. L’opposition a fourni les 174 procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué, épicentre du contentieux électoral du fait de ses résultats ubuesques. Quant au camp du sortant, il a déposé ce qu’il considère comme les preuves d’irrégularités imputées à son adversaire dans plusieurs autres provinces, dont celle de L’Estuaire. L’ennui, c’est qu’il y a litige sur les modalités du « recomptage ». Les pro-Bongo réclament la révision des PV de TOUS les bureaux. Quand les pro-Ping concentrent le tir sur le Haut-Ogooué et exigent l’examen des registres originaux, et non ceux validés par la Cenap, commission électorale suspecte de partialité.

Cela posé, tout porte à croire que l’issue de l’épreuve de force ne dépend pas, stricto sensu, de la validité des arguments juridiques échangés. Elle résultera selon toute vraisemblance du solde des pressions intenses et contradictoires exercées sur la Cour constitutionnelle. Etant entendu qu’en vertu de la loi de la proximité, les plus immédiates, donc les plus efficaces, émanent du régime en place.

Amateurs ou professionnels, les « gabonologues » ont beaucoup glosé sur l’inconnue familiale et les tropismes consanguins de l’équation constitutionnelle, comme sur la fraîcheur alléguée des relations entre Bongo Junior et « 3M ». A cet égard, le pointage proposé par La Lettre du Continent dans son édition du 21 septembre, laisse supposer que la « Tour de Pise », surnom peu flatteur décerné à la Cour pour sa propension à pencher du côté du pouvoir, n’a guère de chance de malmener la tradition.

Quitte à se voir démenti par les faits dans quelques heures, hasardons le pari suivant: pour revêtir des atours du légalisme un arbitrage d’essence politique, la CC va apporter diverses corrections aux chiffres de la Cenap. Réduisant à la marge l’ampleur du triomphe d’Ali dans son fief altogovéen. Rognant les performances de Ping dans L’Estuaire et ailleurs. Et, prodige, la combinaison des retouches entérinera la victoire de l’héritier…

Le Gabon retient son souffle

Tandis que le Gabon, qui tourne au ralenti, retient son souffle, le noyau dur du Palais brandit dans un même élan la carotte et le bâton. Si le sortant se dit « prêt à rencontrer » son ex-beau-frère Jean Ping « afin que plus aucun Gabonais ne trouve la mort », le ministre de l’Intérieur Pâcome Moubelet Boubeya soutient que l’opposition organise des « cellules de coordination » appelées à orchestrer des commandos de guérilla urbaine à Libreville, Lambaréné, Oyem ou Port-Gentil. Quant à Alain-Claude Bilie By-Nze, porte-voix zélé du gouvernement, il juge utile de préciser que « si [Ping] franchit la ligne rouge, il sera arrêté ». Pourvu que la ligne en question ne soit pas rouge du sang des citoyens gabonais…

Dans sa dernière livraison en date, le magazine Jeune Afrique rapporte cette anecdote instructive: à Mouila, le 17 août 2008, jour de la fête nationale, le patriarche Omar Bongo Ondimba, pourtant affecté par le mal qui ronge alors son épouse Edith-Lucie, réserve la première danse de la soirée à « Marie-Madeleine », cette ex-maîtresse qu’il a placée dix-sept ans plus tôt aux commandes de la Cour constitutionnelle. Imagine-t-on vraiment celle qui ouvrit le bal avec le père fermer le ban avec le fils?

« La Cour, avance Me Nkéa, l’avocat de Bongo Fils, est le médecin de l’élection. Elle doit le désinfecter de tout ce qui la pollue. » Chiche? Hélas, on a vu, depuis le Diafoirus de Molière, tant de patients périr guéris…

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http://www.france24.com/fr/20160922-gabon-jean-ping-violences-gouvernement-arrete-ali-bongo-cour-constitutionnelle-presidentiel

Gabon : l’opposant Jean Ping sera arrêté en cas de nouvelles violences, prévient le gouvernement

© Steve Jordan, AFP | Jean Ping au siège de son parti à Libreville, le 22 septembre.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/09/2016

Alors que la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur le résultat de la présidentielle au Gabon, le gouvernement de Libreville a indiqué que l’opposant Jean Ping serait arrêté en cas de nouvelles violences.

Le gouvernement de Libreville a fait savoir au chef de l’opposition, Jean Ping, qu’il risquait d’être arrêté en cas de nouvelles violences au Gabon. « M. Ping a dit clairement que si la Cour constitutionnelle ne le déclarait pas vainqueur de l’élection présidentielle, il y aura des troubles. Eh bien, s’il franchit la ligne, il sera arrêté », a déclaré le ministre de la Communication, Alain-Claude Bilié-By-Nzé, lors d’une conférence de presse, mercredi 21 septembre.

Début septembre, des émeutes avaient éclaté après l’annonce de la très courte victoire, par 6 000 voix d’écart seulement, du président sortant Ali Bongo Odimba à la présidentielle du 27 août. Les violences ont fait six morts, selon le gouvernement, et 100 morts, selon le camp de Jean Ping, qui se présentait contre le chef de l’État.

Le chef de l’opposition a déposé une requête devant la Cour constitutionnelle pour demander un recomptage des bulletins de vote dans le Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo où il a été crédité de 95 % des suffrages sur un taux de participation de 99,9 %.

La Cour constitutionnelle a jusqu’à vendredi pour se prononcer sur la plainte de Jean Ping. Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans Libreville. L’armée et la police ont pris position, mercredi, aux principaux carrefours de la capitale.

Le ministre de l’Intérieur a lui aussi mis en garde contre de nouvelles violences. « Aujourd’hui, nous entendons parler de plus d’appels au trouble par certains compatriotes. Nous savons qui ils sont, nous savons où ils sont. Nous ne les laisserons pas faire », a déclaré Pacôme Moubelet Boubeya lors de la même conférence de presse.

Anomalies

La mission de l’Union européenne (UE), chargée d’observer l’élection présidentielle du 27 août dernier, a déclaré avoir constaté des anomalies dans les résultats de la province du Haut-Ogooué. La France, ancienne puissance coloniale, a recommandé un nouveau comptage, tandis que l’Union africaine (UA) devait envoyer des observateurs pour suivre le travail de la Cour constitutionnelle.

Le porte-parole de Jean Ping, Jean Gaspard, a déclaré à la presse mercredi que les résultats en possession de son équipe de campagne montraient certes qu’Ali Bongo avait remporté le Haut-Ogooué mais de 89,17 % avec un taux de participation de 81,67 %. Ces chiffres font de Jean Ping le gagnant au niveau national avec 51,17 % des voix, contre 46,71 % à Ali Bongo, a ajouté Jean Gaspard. « En principe, ce sont les résultats qui doivent être proclamés par la Cour constitutionnelle », a-t-il dit.

Les partisans du président sortant ont présenté des éléments à la Cour rejetant les affirmations de Jean Ping et affirmant que le chef de l’opposition avait lui-même organisé une fraude électorale.

Mercredi, à Paris, deux Franco-Gabonais ont déposé des plaintes contre X pour arrestation et détention arbitraires lors des violentes émeutes, qui ont suivi la réélection contestée du président Ali Bongo.

Avec AFP

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22.9, 17h23

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/22/mais-pourquoi-les-etudiants-gabonais-en-veulent-ils-a-sarkozy_1506493

Mais pourquoi les étudiants gabonais en veulent-ils à Sarkozy ?

Par Maria Malagardis — 22 septembre 2016 à 17:23

Nicolas Sarkozy et Ali Bongo à l’Elysée en 2011. Photo Eric Feferberg. AFP

Les Gabonais qui ont perturbé le meeting du candidat à la primaire mercredi n’ont pas oublié les compromissions de l’ancien président avec le régime Bongo.

  • Mais pourquoi les étudiants gabonais en veulent-ils à Sarkozy ?

C’est moche de se faire interrompre, hors propos et hors cadre, alors qu’on est engagé dans une compétition sérieuse (les primaires à droite). Nicolas Sarkozy n’a visiblement guère apprécié que des étudiants gabonais viennent perturber, mercredi soir, son meeting à Marcq-en-Barœul (Nord) en scandant : «Sarko, viens chercher Ali !» Une référence très explicite au président gabonais, Ali Bongo, qui ces jours-ci essaye de persuader ses concitoyens et le monde entier qu’il a bien gagné pour la deuxième fois l’élection présidentielle du 27 août. Sollicitée sur les cas de fraude dénoncés par l’opposition, la Cour constitutionnelle, présidée par une belle-mère d’Ali (ex-maîtresse de son père Omar), doit d’ailleurs rendre son verdict d’ici à ce vendredi.

Mais quel rapport avec la course de la primaire à droite, ou encore avec l’entreprise Holder (boulangeries Paul) que le candidat à la primaire venait de visiter ? «Ici c’est la France, ce n’est pas le Gabon», a rétorqué Sarkozy face aux agitateurs, rapidement expulsés, et auxquels l’ancien président a conseillé de «rentrer chez eux». Sous les applaudissements de ses supporteurs.

Rappeler à Sarkozy quelques mauvais souvenirs

Ce n’est pourtant pas la première fois que la diaspora gabonaise, majoritairement proche de l’opposition locale, s’attaque à Sarkozy. Au début du mois, elle avait de la même façon organisé une manifestation devant le siège des Républicains à Paris. Et semble bien décidée à rappeler à Nicolas Sarkozy quelques mauvais souvenirs.

En septembre 2009, lors de la précédente présidentielle au Gabon, Nicolas Sarkozy était lui-même président de la France. A ce titre, il avait fait preuve d’une célérité impressionnante pour féliciter Ali Bongo, élu alors pour la première fois, lors de ce scrutin qui se tenait quelques mois après le décès de son père Omar. Lequel régna pendant quarante-deux ans sur ce petit émirat pétrolier. La passation de relais dynastique du père au fils avait même été qualifiée, sans rire, de «rupture» par le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet.

Une situation qui avait d’ailleurs beaucoup amusé l’humoriste Stéphane Guillon, à l’époque sur France Inter: «Il y a des émeutes à Port-Gentil [la capitale économique du Gabon, ndlr], la terreur régne. Et Sarko envoie un télégramme de félicitations ?» avait-il fait mine de s’interroger, avant de poursuivre : «C’est quand même bizarre que les Gabonais se disent : le père nous a ruinés, élisons le fils !» Allusion à la fameuse «rupture» évoquée par le secrétaire d’Etat à la Coopération.

«La Françafrique moribonde»

Rappelons qu’Alain Joyandet a été nommé en 2008. Juste après que son prédécesseur, Jean-Marie Bockel, se soit fait débarquer du même poste. Sur demande expresse d’Omar Bongo, lequel n’avait guère apprécié les propos de Bockel sur «la Françafrique moribonde». Sarkozy avait alors dépêché Claude Gueant et le fidèle Joyandet à peine nommé, au Palais du bord de mer à Libreville, faire amende honorable auprès d’Omar Bongo.

Dont on sait qu’il fut non seulement le symbole de la Françafrique mais aussi le pourvoyeur de fonds de tous les partis politiques français. C’est une vieille histoire, révélée et confirmée par tant d’intermédiaires et de courtisans qu’il n’y a même plus débat.

Amis d’hier, fantômes d’aujourd’hui

Sauf qu’en 2011, certains transfuges vont également accuser Nicolas Sarkozy d’avoir profité des fonds de ce pays riche en pétrole, manganèse et uranium – mais qui manque de routes, d’hôpitaux et d’écoles. Un ancien conseiller personnel d’Omar Bongo, Mike Jocktane, va révéler que Sarkozy aurait bénéficié de remises d’espèces pour financer sa campagne de 2007. Expliquant au passage que les remises de malettes étaient filmées à la présidence gabonaise, sans que les intermédiaires français soient au courant. Ambiance.

Aujourd’hui, certes, Sarkozy est moins proche d’Ali Bongo. Comme beaucoup d’anciens briscards de la Françafrique, à commencer par l’avocat Robert Bourgi très lié à Sarkozy, et longtemps aussi à Ali Bongo. Jusqu’à leur rupture récente. Les amis d’hier, les fantômes d’aujourd’hui. Les mauvais souvenirs reviennent toujours en boomerang. Pour nous rappeler aussi les fausses promesses envolées : «La Françafrique, c’est fini», avait déclaré Sarkozy à la veille de son élection. Mais sur ce sujet-là, il est vrai, le parjure frappe tous les présidents français.

Maria Malagardis

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22.9, 14h28

http://www.rfi.fr/afrique/20160922-gabon-decompte-termine-cour-constitutionnelle-heure-verdict-approche

Gabon: décompte terminé à la Cour constitutionnelle, l’heure du verdict approche

Par RFI Publié le 22-09-2016 Modifié le 22-09-2016 à 14:28

Au Gabon, on est tout près de savoir si Ali Bongo a, oui ou non, bien été réélu à la tête du pays lors de la présidentielle du 27 août. Le camp de son adversaire Jean Ping avait déposé un recours devant la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, pour obtenir un recomptage des voix dans le Haut-Ogooué. Dans cette province, le chef de l’Etat a obtenu 95 % des voix et arraché sa victoire. Depuis, l’opposition crie à la fraude. Cet après-midi, le juge rapporteur qui a instruit ce recours doit présenter son rapport final.

Selon une source bien informée, la Cour aurait terminé ce jeudi matin la vérification des procès-verbaux de tous les bureaux de vote du pays. Il y en a environ 2 800. L’opération avait commencé hier après-midi en présence des neuf juges de la Cour, de juges assistants et d’observateurs étrangers.

Elle est composée du président de la Cour constitutionnelle du Tchad et d’un membre du Conseil constitutionnel du Togo. Un troisième expert serait en chemin et deux autres qui étaient attendus, n’ont pas pu arriver à temps. Mohamed el-Hacen ould Lebatt est le leader de cette délégation. Chef de la mission de l’UA en Afrique centrale et ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, il explique la mission de son équipe : « Les observateurs sont là en vertu d’un accord qui donne la possibilité d’observer le processus juridictionnel du traitement des recours qui sont pendant devant cette honorable Cour et en particulier, la vérification des procès-verbaux de l’élection. Le rapport qu’ils vont établir, qui constate ce qu’il y a de bon, les lacunes, les anomalies éventuelles, ils n’en feront pas état publique et il sera adressé à l’Union africaine. On peut dire que ça ne répond pas à toutes les attentes de garantie de transparence, de garantie que les choses se passeront normalement, ça c’est l’affaire de la Cour elle-même qui est jalouse de son indépendance et qui est souveraine dans sa décision. Maintenant, le rapport il a une grande utilité. Il va fonder la conviction des autorités supérieures de l’Union africaine pour le suivi de la situation dans le pays ».

Procédure opaque pour l’opposition

Ce jeudi après-midi, vers 15h, aura lieu une audience publique, retransmise en direct. Dans la salle, il y aura tous les autres juges de la Cour. L’un d’eux aura été détaché afin d’être commissaire à la loi, c’est-à-dire pour défendre les textes législatifs et les intérêts de la société. Le juge rapporteur, qui a instruit ce recours, présentera alors son rapport.

Opposition et majorité pourront ensuite faire des observations. Enfin, le commissaire à la loi donnera des recommandations. Ce sera alors pour les juges le moment de délibérer pour rendre leur verdict et confirmer ou non la victoire d’Ali Bongo.

L’opposition dénonce déjà une procédure opaque de la Cour. Maître Bantsantsa, avocat de Jean Ping, souhaitait qu’une commission avec représentants des candidats soit créée pour recompter les PV du Haut-Ogooué. L’avocat se demande si les juges ont examiné simplement les PV de la Commission électorale, qui ont abouti à la victoire d’Ali Bongo. Des documents que maître Bantsantsa estime truqués. L’opposition demandait à ce qu’ils soient confrontés avec les PV que l’opposition avait elle-même rapportés du terrain et qui selon elle donnait une victoire à Jean Ping. Maître Nkéa, avocat d’Ali Bongo, juge l’instruction normale et il se dit serein à l’approche du verdict.

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22.9, 12h13 Vision de Jeune Afrique media non neutre

http://www.jeuneafrique.com/359398/politique/gabon-cour-constitutionnelle-finalise-recompte-voix-regard-de-lunion-africaine/

Gabon : la Cour constitutionnelle finalise le recomptage des voix sous le regard de l’Union africaine

22 septembre 2016 à 12h13 — Mis à jour le 22 septembre 2016 à 13h06

Par Claire Rainfroy

À la veille du délai fixé à la cour constitutionnelle gabonaise, pour rendre son verdict sur le contentieux électoral, l’instance poursuit jeudi son travail de recomptage sous le regard d’une équipe de juristes de l’Union Africaine.

Trois sont arrivés à Libreville mercredi 21 septembre pour observer les travaux des 9 conseillers de la Cour constitutionnelle gabonaise. Deux autres, retenus par la crise en RDC, sont attendus jeudi après-midi, fait savoir l’instance. L’équipe se composera également d’un juge togolais, mais aussi du président de la Cour constitutionnelle tchadienne, assure l’institution gabonaise.

Depuis la veille, les premiers observateurs scrutent le recomptage des voix des 2 580 bureaux de vote du scrutin présidentiel du 27 août. Une opération systématique en cas de litige, effectuée sur la base des procès verbaux établis par la commission électorale (CENAP), explique un avocat du camp présidentiel.

Audience publique de la Cour attendue jeudi

« Nous ne sommes pas d’accord si ce recomptage a lieu sur la base des procès verbaux que nous estimons falsifiés dans le Haut-Ogooué », affirme Maître Jean Rémy Bantsantsa, l’un des avocats de Jean Ping.

Cette province, fief de la famille Bongo, est au cœur des débats. Le 8 septembre, l’équipe de Jean Ping avait déposé des recours pour demander le recomptage des voix dans le Haut-Ogooué, où Ali Bongo Ondimba avait obtenu selon les chiffres officiels 95,46 % des voix, avec un taux de participation de 99,93 %. Un score que la mission européenne d’observation avait alors qualifié d’ « anomalie évidente ».

En attendant la décision de la cour, le calendrier s’accélère. Au terme de ce recomptage, l’instance doit tenir une audience publique jeudi après-midi et entendre une dernière fois les deux camps. Les neuf conseillers de la Cour constitutionnelle se retireront ensuite pour délibérer, avant de rendre leur décision, attendue pour vendredi.

Claire Rainfroy

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22.9, 12h06

http://www.rfi.fr/afrique/20160922-gabon-le-pouvoir-met-garde-opposition-avant-declaration-resultats

Gabon: «Si Jean Ping franchit la ligne rouge, il en répondra personnellement»

Par RFI Publié le 22-09-2016 Modifié le 22-09-2016 à 12:06

Le Gabon retient son souffle puisque c’est vendredi au plus tard que la Cour constitutionnelle doit valider ou non l’élection contestée d’Ali Bongo. Ce mercredi, les ministres de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice et de la communication ont donné une conférence de presse conjointe pour mettre en garde Jean Ping et les responsables de l’opposition avec ce message : le gouvernement et les forces de défense et de sécurité ne tolèreront pas une quelconque tentative de déstabilisation des institutions après la proclamation des résultats définitifs.

« Nous savons ce qu’ils font, nous savons où ils sont» Le gouvernement gabonais met en garde l’opposition. Mathias Otounga Ossibadjouo, ministre de la Défense, sort pour la première fois de son silence : « Nous constatons aujourd’hui que ce processus démocratique tend à se transformer en processus insurrectionnel militaire. Et dans ces conditions, nous devons agir parce que ces enfants, à qui on apprend à fabriquer des objets explosifs, une fois qu’ils auront appris, ils vont s’en servir. Et les forces de défense et de sécurité ont pour mission de garantir la paix et la sécurité sur l’étendue du territoire. »

Et le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie By Nze, de préciser : « Nous n’avons pas l’intention aujourd’hui d’arrêter qui que ce soit, mais si Jean Ping franchit la ligne rouge et qu’il y a des violences, il en répondra personnellement. »

L’opposition rejette l’offre de dialogue

Après ses propos, la réplique de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte de Jean Ping, ne s’est pas fait attendre : « Est-ce que ce n’est pas ce qu’ils préparent en réalité ? Est-ce que ce n’est pas qu’ils veulent, s’imposer au pouvoir. Ils veulent déjà prendre de l’avance en disant : « dès le matin de l’annonce des résultats, on mettra des militaires dehors. On sortira la garde républicaine à tous les carrefours ». Ce n’est pas à Monsieur Ping que ça s’adresse, c’est aux Gabonais. Ils disent aux Gabonais : le premier qui met la tête dehors, on dégaine. »

L’opposition rejette l’offre de dialogue du président Ali Bongo et explique : « Viendra le temps de la réconciliation, mais pour le moment, les Gabonais attendent que la vérité des urnes soit rétablie. »

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22.9, 10h06

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/22/la-crise-gabonaise-une-chance-inesperee-pour-la-france_5001723_3212.html

La crise gabonaise, une chance inespérée pour la France

Par Marie-Roger Biloa

LE MONDE Le 22.09.2016 à 10h06

Fraudes et répressions massives, populations meurtries, mais un vent de révolte qui gronde en continu : c’est l’aboutissement d’une élection censée être démocratique au Gabon, où la mobilisation souterraine parvient à s’amplifier malgré l’asphyxie des réseaux sociaux et le harcèlement policier.

A l’heure où le pays tout entier retient son souffle en attendant, vendredi 23 septembre, le résultat du recours déposé par Jean Ping auprès de la Cour constitutionnelle –  vous savez, la fameuse « tour de Pise » qui penche toujours du même côté, celui du pouvoir –, il est urgent de rappeler à la France que sa place est clairement au côté des Gabonais en lutte pour un idéal démocratique, de manière affirmée et sereine. Plus qu’un devoir, c’est une dette.

Adoubé par Nicolas Sarkozy

Très récemment, j’étais invitée par un grand parti politique qui planchait sur une « nouvelle politique africaine de la France » face à sa perte d’influence manifeste et au désamour, voire à l’antagonisme des générations montantes en Afrique, francophones en particulier. Devinez ce qui est apparu – en fait : a été rappelé – comme la raison la plus constante du rejet de la France ? Le « double langage » ou « l’hypocrisie » face à la marche vers la démocratie. Qui n’a pas lu ou entendu mille fois que la France « soutient les dictateurs », tout en ayant mis en scène le Sommet de La Baule, en 1990, qui promettait le contraire ? L’épisode de la précédente élection présidentielle au Gabon, après la mort en 2009 d’Omar Bongo Ondimba, quarante-deux ans de pouvoir, n’a rien fait pour ébranler cette certitude. Le « vieux » a mis en selle son fils adoptif, Ali, qui fut sans doute battu dans les urnes par André Mba Obame mais adoubé par Nicolas Sarkozy.

2009 n’est pas 2016 et la France n’a plus le même président. Le gouvernement de François Hollande n’a pas seulement la conscience tranquille sur l’Afrique, il s’est jusqu’à présent plutôt illustré par des actes forts et reconnus : stopper les djihadistes au Mali, les contenir au Nigeria, au Niger et ailleurs.

Le Gabon, de ce point de vue, est une chance inespérée pour la France.

Non pas qu’il lui appartienne « d’apporter la démocratie en Afrique », une démarche hégémoniste et néocoloniale violemment critiquée lorsqu’elle est identifiée comme telle. Et pour cause. Nul ne niera aux Gabonais le mérite exclusif d’avoir vaillamment œuvré pour atteindre l’objectif démocratique d’élire un président. Pendant deux ans, Jean Ping, le candidat en tête, a sillonné son pays pour aller au-devant de ses compatriotes ; les principaux leaders politiques, tous candidats, ont réussi le tour de force, si rare au sein des oppositions africaines, de se regrouper derrière un candidat unique pour déjouer un mode électoral prévoyant un seul tour ; et la société civile s’est mobilisée pour surveiller la régularité du scrutin. Bref, ces Africains « ont fait le job » !

Comme dans d’autres pays, le Ghana, la Zambie, la Tanzanie, le Cap-Vert, le Ghana et le même le Nigeria. Pourquoi, en zone dite francophone, doit-on se satisfaire des échecs programmés, des simulacres électoraux ou des éruptions révolutionnaires comme au Burkina Faso ? A quoi aurait alors servi la mobilisation exemplaire des Gabonais ? Pour obtenir quoi ? Encore une fraude grossière, véritable insulte à l’intelligence ? Des morts, des charniers, des blessés, des prisonniers, des disparus, des pleurs, du sang ? Du sang et encore du sang ! Que peut faire une foule désarmée face à des mercenaires encagoulés, recrutés pour tuer afin de maintenir au pouvoir un président mal élu, mal aimé, et dont on doute de l’origine ? D’où cette pancarte, qui a fait florès pendant les manifestations, « Ali Bongo est-il vraiment Gabonais ? ».

Tombés sous les balles

La frilosité de la France est compréhensible à certains égards – mais injustifiée dans le cas d’espèce. En 2009, des jeunes en colère s’en étaient pris à des intérêts économiques français, mais c’était en réaction au soutien affiché par le président français de l’époque à celui qui, déjà, avait sans doute perdu les élections. En 2016, il est facile de parier que les mêmes acclameront les présidents français comme des héros, leur feront des haies d’honneur, si la France d’aujourd’hui se range clairement du côté de la recherche de la légitimité démocratique, de la protection des citoyens, de TOUS les citoyens.

A travers toute l’Afrique, cette France-là récoltera reconnaissance et respect. La France n’est donc pas face à une « menace » pour les siens au Gabon, mais à une main tendue par tout un peuple, à un boulevard à emprunter vers cette « nouvelle politique » qui romprait, enfin, avec la Françafrique si décriée. En clair, les signaux à envoyer ne devraient pas tourner autour du retrait de la France, lorsqu’on attend sa présence et son soutien.

La France de Nicolas Sarkozy a loupé le coche en Tunisie… et au Gabon. Celle de François Hollande tient là une chance inespérée de revoir la copie de 2009, sans coup férir, et de convaincre les Africains de la pertinence de ses fameuses « valeurs », celles qui sont censées guider sa politique internationale. Est-il encore besoin de souligner que la consolidation des processus démocratiques et de l’Etat de droit fait partie de la solution aux crises à répétition qui désespèrent la jeunesse, l’installent dans la précarité et nourrissent l’envie de quitter un continent apparemment incapable de lui donner un avenir ? Envoyer des troupes pour stopper des fous de Dieu, c’est bien. Ancrer la vie politique dans l’espérance et la participation citoyenne, c’est mieux. Au Gabon, des dizaines d’hommes, des femmes et d’enfants sont tombés sous les balles. Sans perdre l’espoir.

Marie-Roger Biloa est directrice et éditorialiste du mensuel Africa International ainsi que présidente du groupe Africa International.

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22.9, 5h15

http://www.rfi.fr/afrique/20160922-assaut-qg-jean-ping-gabon-deux-plaintes-deposees-france

Assaut du QG de Jean Ping au Gabon: deux plaintes déposées en France

Par RFI Publié le 22-09-2016 Modifié le 22-09-2016 à 05:15

Deux plaintes ont été déposées ce mercredi 21 septembre au matin auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris. Deux avocats accusent le pouvoir gabonais d’arrestations et détentions arbitraires, torture, tentative d’assassinat et même de crime contre l’humanité.

Maître Eric Moutet et maître William Bourdon représentent deux franco-gabonais ayant vécu l’attaque du QG de l’opposant Jean Ping par les forces de l’ordre le soir du 31 août. L’un est en France, l’autre toujours emprisonné au Gabon. C’est à ce titre qu’ils saisissent la justice française. L’assaut du QG avait fait des victimes. Plusieurs centaines de personnes avaient ensuite été arrêtées.

Maître Moutet et maître Bourdon n’y vont pas par quatre chemins pour dénoncer l’attaque. Ils parlent d’un massacre, d’une opération commando, de tirs sur une population désarmée. Maître William Bourdon explique n’avoir aucun doute sur la gravité et la qualification des faits.

« Quand des personnes, en général cagoulées, lourdement armées, débarquent à flots continus de camions et tirent de façon non discriminée, achèvent des personnes qui les supplient de les épargner, quand dans une deuxième strophe ces personnes sont emmenées dans un camp pour un interrogatoire accompagné de torture et de mauvais traitement, tout cela s’inscrit dans un épisode qui a été caractéristique d’un crime contre l’humanité », lance l’avocat.

Troisième plainte

Une troisième plainte devrait être bientôt déposée aux Etats-Unis suite à l’arrestation de l’ancien député Bertrand Zibi Abéghé, qui a aussi la nationalité américaine. Maître Eric Moutet explique que la procédure se fera par l’intermédiaire d’un avocat américain. Pour lui, les actions judiciaires dans différents pays vont accentuer la pression sur Libreville.

« C’est vrai que faire intervenir les Etats-Unis dans ce dossier, c’est un message fort, aussi fort que de faire intervenir la France ou d’autres Etats européens, et que la communauté internationale se mobilise ! » dit-il au micro de RFI.

L’avocat accuse également la France de non assistance à personne en danger, puisque certains Franco-Gabonais étaient dans le QG lors de l’assaut. Et l’offensive judiciaire ne s’arrête pas là. Une action va être lancée pour demander à la procureure de la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquète.

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21.9

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21.9

La LdC a publié la liste des noms des 9 juges.

https://www.africaintelligence.fr/LC-/pouvoirs-et-reseaux_politique/2016/09/21/l-avenir-du-pays-entre-les-mains-de-marie-madeleine-mborantsuo,108182143-ART

L’avenir du pays entre les mains de Marie-Madeleine Mborantsuo

Proche parente d’Ali Bongo, la présidente de la Cour constitutionnelle dirige une institution aux ordres du Palais.

Marie-Madeleine Mborantsuo (depuis 1991) +2 doyens : Hervé Moutsinga (82 ans, depuis 1991), Louise Angué (65 ans, depuis 1991), depuis 2012 : Christian Baptiste Quentin (59 ans), François de Paul Andiwa-Antony (58ans), Afriquita Dolorès Agondjo (49 ans, nièce de Jean Ping), Claudine Mvoula Me Nzé (59 ans), Christian Bignoumba Fernandes (57 ans), Jacques Lebama (52 ans).

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21.9, 22h47

http://www.rfi.fr/afrique/20160921-gabon-le-recomptage-voix-commence-cour-constitutionnelle

Gabon: opération de recomptage des voix à la Cour constitutionnelle

Par RFI Publié le 21-09-2016 Modifié le 21-09-2016 à 22:47

Les choses s’accélèrent au Gabon. Le recomptage des résultats de la présidentielle a commencé à la Cour constitutionnelle. Un moment très attendu, alors que la réélection du président Ali Bongo est contestée par l’opposition. Le camp de Jean Ping exigeait un recomptage des procès-verbaux dans le Haut Ogooué, la province où le chef de l’Etat a obtenu 95% des voix.

Depuis le début d’après-midi, calculette en main, les 9 juges constitutionnels et plusieurs juges assistants passent en revue les PV des quelque 2 800 bureaux de vote du pays. L’opération se fait finalement sous le regard d’observateurs étrangers. Une délégation de 5 juristes de l’Union africaine (UA) participe au recomptage. Ils viennent du Tchad, du Niger, du Cap-Vert et du Togo et sont supervisés par un envoyé spécial de la présidence de la commission de l’UA.

Trois sont arrivés ce mercredi matin. Les deux autres sont attendus dans la soirée. Le recomptage se fait donc sans représentants des candidats, alors que l’opposition avait demandé la création d’une commission paritaire pour suivre la procédure. « Chaque camp est partial, alors que les observateurs étrangers, eux, sont neutres. Leur mandat dit bien qu’ils sont témoins, objectifs et responsables », confie une source à la Cour constitutionnelle.

Les magistrats ont toutefois en main les éléments versés par les deux camps. L’opposition a notamment transmis 174 PV du Haut-Ogooué démontrant, selon elle, la victoire finale de Jean Ping.

Le pouvoir lui a déposé des PV de différentes régions, notamment de l’Esturaire, sur des irrégularités présumées du camp de Jean Ping. Après le recomptage, le juge rapporteur doit présenter ce jeudi après-midi son rapport final en audience publique. Les 9 juges se retireront ensuite pour délibérer avant de rendre leur verdict d’ici vendredi.

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21.9, 21h06

http://www.20minutes.fr/politique/1928975-20160921-france-gabon-lance-nicolas-sarkozy-etudiants-gabonais

«Ici c’est la France, c’est pas le Gabon», lance Nicolas Sarkozy à des étudiants gabonais

Opposés à l’élection d’Ali Bongo, des jeunes sont venus manifester lors d’un meeting du candidat à la primaire de la droite et du centre…

Le meeting de Nicolas Sarkozy à Marcq-en-Baroeul dans le Nord. – FRANCOIS LO PRESTI

  1. B. avec AFP
    • Publié le 21.09.2016 à 21:06
    • Mis à jour le 21.09.2016 à 21:25

« Ici c’est la France, c’est pas le Gabon ». Après « Nos ancêtres, les Gaulois », nul doute que cette petite phrase, prononcée ce mercredi soir par Nicolas Sarkozy, va encore beaucoup faire parler… Le meeting du candidat à la primaire de droite à Marcq-en-Baroeul (Nord) a été perturbé ce mercredi par une dizaine d’étudiants gabonais opposés à leur président élu Ali Bongo.

Alors que l’ancien chef de l’Etat s’exprimait devant un millier de partisans, ces étudiants, portant des drapeaux du Gabon, ont fait irruption dans la salle en scandant « Sarko, vient chercher Ali ! » Après plusieurs dizaines de secondes de flottement, Nicolas Sarkozy a répliqué au micro à l’intention des étudiants. « Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez parler du Gabon, retournez-y ! », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de la salle.

Sarkozy accusé d’avoir favorisé le maintien au pouvoir d’Ali Bongo

Les étudiants gabonais ont ensuite été expulsés par la sécurité. Ils accusent Nicolas Sarkozy d’avoir, lorsqu’il était président de la République, favorisé le maintien au pouvoir d’Ali Bongo, a expliqué un membre de ce collectif, « Lille refuse », après le meeting.

Plus tôt dans l’après-midi de mercredi, Nicolas Sarkozy avait été accueilli par des « Sarkozy en prison » scandés par une dizaine de militants de gauche radicale, devant une librairie de Tourcoing (Nord) où il venait dédicacer son nouveau livre. Ses partisans avaient répondu par « Sarkozy, président ! ».

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21.9,

http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/21/nicolas-sarkozy-gabon-manifestants_n_12121760.html

Nicolas Sarkozy : « Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez parler du Gabon, retournez-y! »

Le HuffPost avec AFP  |  Par Nabil Touati

Publication: 21/09/2016 20h23

NICOLAS SARKOZY – Le meeting de Nicolas Sarkozy à Marcq-en-Barœul (Nord), qui clôturait une journée de déplacement commencée à Calais, a été perturbé mercredi 21 septembre par une dizaine d’étudiants gabonais opposés à leur président élu Ali Bongo.

Alors que le candidat à la primaire de la droite et du centre s’exprimait devant un millier de partisans, ces étudiants, portant des drapeaux du Gabon, ont fait irruption dans la salle en scandant « Sarko, vient chercher Ali! ».

Après plusieurs dizaines de secondes de flottement, Nicolas Sarkozy a répliqué au micro à l’intention des étudiants. « Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez parler du Gabon, retournez-y! », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de la salle. Les étudiants gabonais ont ensuite été expulsés de la salle par la sécurité.

» Voir la vidéo en tête d’article

Plus tôt dans l’après-midi de mercredi, Nicolas Sarkozy avait été accueilli par des « Sarkozy en prison » scandés par une dizaine de militants de gauche radicale, devant une librairie de Tourcoing (Nord) où il venait dédicacer son nouveau livre. Ses partisans avaient répondu par « Sarkozy, président! »

Déjà lundi à Franconville

C’est la deuxième fois cette semaine que des opposants à Ali Bongo s’invitent dans une réunion publique de Nicolas Sarkozy, comme on peut l’entendre à celle de Franconville (Val-d’Oise) lundi dans la vidéo ci-dessous:

Vidéo

Täre Evivi Nguema @EviviNguema

#Gabon Sarkozy viens chercher Ali Bongo

22:16 – 19 Sept 2016

A l’origine de ces reproches, les affirmations (sans preuve) d’un ancien proche du clan Bongo, Mike Jocktane, qui avait assuré en 2011 que Nicolas Sarkozy aurait « bénéficié de remises d’espèces pour financer sa campagne de 2007 et régler une situation dans l’entre-deux tours ». A en croire l’ancien avocat et intermédiaire occulte Robert Bourgi, le système des « mallettes » gabonaises s’était au contraire interrompu avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir.

En 2009, l’ancien président avait félicité Ali Bongo après son accession au pouvoir à la suite de son père Omar Bongo, au pouvoir pendant 41 ans. Sept ans plus tard pour sa réélection contestée dans les comptages, Nicolas Sarkozy est resté cette fois-ci muet depuis la fin du mois d’août.

Désormais, la Cour constitutionnelle gabonaise doit se prononcer au plus tard vendredi sur le recours du battu Jean Ping –un ancien cacique du régime d’Omar Bongo décédé en 2009 après avoir dirigé le pays pendant 41 ans– contre la réélection d’Ali Bongo au scrutin à un tour du 27 août.

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http://www.francetvinfo.fr/politique/les-republicains/primaire-de-la-droite/video-le-meeting-de-nicolas-sarkozy-perturbe-par-des-militants-proches-de-l-opposition-gabonaise_1835453.html

VIDEO. « Ici c’est la France, ce n’est pas le Gabon ! » : Sarkozy réagit à l’irruption de militants gabonais dans son meeting

L’ex-chef de l’Etat tenait, mercredi, un meeting à Marcq-en-Barœul (Nord). Des militants de l’opposition gabonaise ont perturbé son discours.

FRANCE 3 franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 21/09/2016 | 21:16
publié le 21/09/2016 | 20:32

« Sarkozy, va chercher Ali ! » Quelques militants proches de l’opposition gabonaise ont fait entendre leur voix lors du meeting de Nicolas Sarkozy, mercredi 21 septembre Marcq-en-Barœul (Nord). Les manifestants, qui brandissaient un drapeau gabonais, ont rapidement été évacués de la salle par les services d’ordre.

Des journalistes présents sur place ont tweeté la réponse du candidat à la présidentielle, qui est était alors en plein discours.

L’équipe de reporters de France 3 ne filmait pas à ce moment-là, mais elle a pu enregistrer les paroles de l’ancien chef de l’Etat.

Thibaut Pézerat @ThibPez Sarkozy à des militants gabonais à son meeting: « Ici c’est la France, c’est pas le Gabon, si vous voulez retourner au Gabon, retournez-y ! »

19:02 – 21 Sept 2016 313 313 Retweets 68

L’élection présidentielle gabonaise, remportée officiellement par Ali Bongo devant son opposant Jean Ping, s’est invitée en France. Les résultats (une élection sur le fil pour Ali Bongo, avec quelques milliers de voix d’avance) sont contestés par les partisans de Jean Ping. Les militants de l’opposition gabonaise accusent Nicolas Sarkozy d’avoir soutenu Ali Bongo lors de sa première élection à la tête de l’Etat gabonais, en 2009.

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http://www.bfmtv.com/politique/sarkozy-a-des-anti-bongo-ici-c-est-la-france-pas-le-gabon-si-vous-voulez-retourner-au-gabon-allez-y-1039613.html

http://www.leparisien.fr/politique/nicolas-sarkozy-chahute-en-plein-meeting-par-des-etudiants-gabonais-21-09-2016-6139531.php

http://www.lepoint.fr/politique/dans-le-nord-le-meeting-de-sarkozy-perturbe-par-des-etudiants-gabonais-21-09-2016-2070294_20.php

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21.9, 19h17

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-moundounga-pour-une-action-judiciaire-devant-la-cpi-contre-le-pouvoir-21-09-2016-2070271_2365.php

Gabon : Moundounga pour une action judiciaire devant la CPI contre le pouvoir

ENTRETIEN. Refugié à Paris, le ministre démissionnaire de la Justice du gouvernement d’Ali Bongo s’engage à aider les familles des victimes.

Propos recueillis par Viviane Forson

Publié le 21/09/2016 à 19:17 | Le Point Afrique

Dans une déclaration publiée le 15 septembre sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de la Justice appelle Ali Bongo à la sagesse au nom de la paix et de la démocratie et à la gloire du peuple gabonais. © Le Point Afrique

Après une fuite rocambolesque qui l’a fait quitter le Gabon pour le Cameroun, puis la France début septembre, Séraphin Moundounga, ministre de la Justice gabonaise jusqu’au 5 septembre dernier, réclame un retour rapide à la paix. Au Point Afrique, il explique tout, y compris son intention de lancer une action judiciaire d’envergure contre le pouvoir.

Le Point Afrique : avez-vous des nouvelles du pays ?

Séraphin Moundounga : Oui, nous en avons et elles sont terribles. En ce moment avec mon ONG UNITÉ que j’ai lancée récemment pour accompagner les parents et familles de victimes, nous sommes en train de rechercher toutes les personnes disparues, recherchées, mortes ou assassinées, car sachez qu’il y a eu plus de morts que ce qu’annonce le camp au pouvoir. Nous allons les retrouver et si nous atteignons le seuil critique de plaintes des familles alors nous allons déposer des dossiers auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour pouvoir enquêter et obtenir des réponses sur le plan national et international.

Vous n’y allez pas un peu fort ? La CPI… tout de suite.

Non, madame, avec le nombre de morts que nous commençons tout juste à dénombrer et toutes les familles qui nous contactent, tout cela nous fait penser que nous allons vers un nombre de victimes encore plus grand, malheureusement. Et, vous savez, moi je prends mes responsabilités, nous avons la lourde tâche de les aider et ce jusqu’au bout. Vous ne mesurez pas combien la répression a été violente, la brutalité policière s’est manifestée sans fioriture. Il faut commencer ce travail de recensement dès à présent afin de formuler des preuves concrètes pour aller vers les tribunaux internationaux.

Pourquoi faites-vous tout cela ?

Comme vous le savez, j’ai été victime de plusieurs tentatives dont une d’assassinat et plusieurs d’enlèvement. La première tentative a eu lieu le 30 août juste après la publication de ma première déclaration dans laquelle j’appelle le président Ali Bongo à entendre raison pour le recomptage des voix. Le pouvoir l’a très mal pris et donc j’ai eu la visite des agents des forces de sécurité en tenue militaire qui sont venus à mon domicile. La deuxième fois, j’étais déjà en partance pour un troisième lieu secret. Et à la troisième tentative, ils n’ont rien volé, ce qui signifie que ce n’est pas le matériel qui les intéresse. Et pour effacer les preuves de leur passage, ils ont brûlé et saccagé les bandes de vidéosurveillance mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que ces images sont stockées à l’extérieur du Gabon. Et nous allons nous en servir dans le cadre d’une plainte qui sera déposée par ma personne.

Vous craignez pour votre vie ?

Je suis responsable. Et j’ai pris fait et cause pour le peuple gabonais. Je ne pense pas qu’il y ait un seul Gabonais qui soutienne la fraude, s’il savait. Je ne pense pas qu’il y ait un seul Gabonais qui puisse croire qu’une élection qui se déroule sur support papier peut faire l’objet d’une fraude informatique par un hacker. Quand je pense que nous n’avons pas su gérer l’héritage politique que nous a transmis le président Omar Bongo, je crois que ma seule mission désormais est de faire en sorte que la sécurité des Gabonais soit assurée de nouveau.

Des fraudes, il y en a eu dans chaque camp…, non ?

Oui, je le sais. D’ailleurs je ne suis ni pour le pouvoir, ni pour l’opposition. Je ne rejoins aucun camp.

Pourquoi insister sur les fraudes dénoncées par le camp du pouvoir ?

Au Gabon, dans l’état actuel des choses, l’élection présidentielle ne peut pas faire l’objet d’un piratage à moins que le piratage ait eu lieu au moment de la confection des listes électorales. En effet, comment pirater des résultats qui sont recensés manuellement ? Le dépouillement est manuel, les résultats sont consignés dans des procès-verbaux manuels, en autant d’exemplaires qu’il y a de candidats, et pour lequel chaque représentant de candidats reçoit le procès-verbal qui est sur support papier, sur le lieu même du bureau de vote en public et donc en présence des électeurs et des observateurs de tous les camps possibles, lorsque le bureau de vote en dispose.

Pourtant M. Mamadi Diané a été congédié par le président Alassane Ouattara.

Ils n’ont aucune preuve, c’est juste de la subversion. Mais la réaction du président Ouattara est tout à fait normale. Dés l’instant qu’un Ivoirien qui se trouve être l’un de ses conseillers se retrouve mêlé à une affaire de cet ordre, eh bien il prend les premières mesures pour éviter tout amalgame. C’est une mesure purement préventive en attendant de découvrir la vérité. Et lorsqu’il y aura une commission d’enquête internationale, la vérité éclatera car un véritable informaticien démontrera qu’en état actuel d’organisation des élections au Gabon, il ne peut y avoir de fraudes électorales informatiques.

D’où sortent les preuves de la présidence, il existe bien un enregistrement sonore, et le candidat Ping n’a rien nié des faits ?

Les conversations téléphoniques, c’est comme la correspondance, ça fait partie des droits fondamentaux de la personne humaine, des droits inviolables de la personne humaine protégés par la Constitution de la République, également par les conventions internationales. Il ne peut être autorisé que des conversations téléphoniques dans le cadre d’une enquête judiciaire donc les écoutes sauvages constituent une grave violation des droits fondamentaux de la personne humaine. Et il sera prouvé que ce monsieur qui est censé être un pirate hacker ne connaît même pas le système électoral gabonais. Dans l’esprit actuel du président Ali Bongo, il croit dur comme fer que des pirates hackers ont agi sous l’ordre de Jean Ping pour pirater les résultats de la présidentielle et inverser les chiffres. Je lui apprends que cela est impossible dans l’actuel système électoral gabonais.

Pourquoi avoir démissionné aussitôt ?

J’ai d’abord appelé au recomptage des voix dès le 28 août. J’ai dit au président : prenons tous les procès-verbaux un à un, bureau par bureau et vérifions les chiffres. J’ai réitéré cette demande le mardi 30 avant que le pouvoir ne décide de rendre des résultats précipitamment le mercredi 31 août. L’équipe du pouvoir et le président ont refusé et moi qui étais convaincu que cette fraude ne pouvait pas exister à ce stade de l’enregistrement et de la publication du recensement des résultats, j’ai fait appel à la sagesse du président Ali Bongo pour qu’il accepte le recomptage bureau par bureau sur la base des procès-verbaux. S’il est établi sur la base de ces procès-verbaux et sur la base du comptage transparent qu’il a été réélu, cela l’aurait conforté et l’opposition n’aurait pas pu contester, et le peuple n’aurait pas eu besoin de se soulever.

Vous pouviez quand même attendre le recours de l’opposition…

Il y a eu une implosion dans le pays que le Gabon n’a jamais connue auparavant avec des pertes en vies humaines que nous aurions pu éviter, avec des destructions importantes de matériels, des biens des Gabonais.

Et pas sous Omar Bongo ?

Des violences de cette extrémité, nous n’en avons jamais connu, des morts nous n’en avons jamais connu. En 90, il y a bien eu un soulèvement de même qu’en 1993, mais en 2016 il y a eu des morts et cela n’est pas terminé ! Parce que tout le monde attend la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, pour laquelle il est fortement demandé par la population gabonaise rejointe par la communauté internationale qu’il y ait un recomptage suffisamment transparent en présence des représentants de l’opposition, des représentants de la majorité et de la communauté internationale.

Qu’attendez-vous aujourd’hui de la Cour constitutionnelle ?

La question maintenant est de savoir si ce recomptage se fait en toute transparence. Vous savez quand les gens disent que dans la province du Haut-Ogooué il y a eu 95,93 % des voix sur les 174 procès-verbaux ou 247 bureaux de vote pour le pouvoir, eh bien c’est faux. Les abstentions qui sont consignés dans ces procès-verbaux sont de plus de 10 000, là où le ministre de l’Intérieur sur le rapport du président de la Commission électorale n’en a mentionné que 47, il y a une différence extrêmement grave et vous voyez bien que tout ceci a participé à décrédibiliser la parole gouvernementale. Il faut rétablir l’ordre constitutionnel.

Vous attaquez directement Ali Bongo ?

On voit bien que l’édifice d’Ali Bongo est en train de s’effondrer et l’ensemble de tous les apprentis sorciers et des architectes politiciens qui l’entourent sont les mêmes qui l’ont amené vers cette voie, cette impasse dans laquelle il se retrouve aujourd’hui. Avec le risque d’apparaître dans le temps comme quelqu’un qui a tenté de frauder et comme quelqu’un qui a corrompu. Aujourd’hui, se retrouvant dans une impasse, Ali Bongo s’est retranché à la présidence, alors qu’habituellement il n’y réside pas. Sachez madame qu’aujourd’hui même à l’instant et au moment où nous parlons il y a des tentatives de fraude. Il suffirait de produire et de mettre en place un vaste système d’édition de pièce d’identité et même des vrais faux procès-verbaux pour créer des doutes entre les procès-verbaux.

Pourtant le président ne fait que lancer des appels au calme.

Si le président Ali Bongo voulait réellement lancer un appel à l’apaisement, il aurait tout simplement demandé le recomptage depuis le début, ça aurait été la véritable preuve qu’il recherche la paix au Gabon. La Constitution gabonaise permet au président Ali Bongo de faire autant de mandats qu’il veut, donc Ali Bongo peut faire tous les mandats qu’il veut pourvu que les résultats des urnes soient respectés et que le recomptage des voix se fasse de manière transparente.

Il n’y a pas de démocratie sans transparence. Sans le savoir, on est en train de développer un terrain de violence et de conflits. Parce que, comme vous le savez, l’accumulation de frustrations aboutit toujours à une révolution là où vous avez vu une première implosion, ce n’est pas terminé. C’est l’ensemble de la sous-région d’Afrique centrale qui risque d’imploser car le Gabon a toujours été la soupape, l’îlot de sécurité en Afrique centrale pour le moment et depuis plusieurs décennies, donc un embrasement du Gabon entraînerait une instabilité durable de l’ensemble de la région d’Afrique centrale, compromettant durablement le développement de toute activité économique et la paix des populations.

Mais le débat le plus important maintenant, que l’on soit gabonais ou pas, ou gabonais d’adoption, si on remplit les conditions de participer à une élection, qu’on le fasse et qu’on sorte des résultats dans la transparence pour diriger le Gabon dans la paix et enfin répondre aux aspirations de ce peuple.

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21.9, 19h11

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/21/gabon-tout-le-monde-s-est-jete-a-terre-on-tentait-de-se-cacher-sous-les-cadavres_1505465

Gabon : «Tout le monde s’est jeté à terre, on tentait de se cacher sous les cadavres»

Par Maria Malagardis — 21 septembre 2016 à 19:11

Alors que la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur le recours de Jean Ping, un Franco-Gabonais réfugié à Paris raconte l’offensive de forces loyales à Bongo contre le QG de l’opposant le soir de l’annonce des résultats.

  • Gabon : «Tout le monde s’est jeté à terre, on tentait de se cacher sous les cadavres»

Le flingue sur la tempe, Martin essayait de ne pas vaciller. De rester à genoux, les yeux baissés comme l’avaient ordonné les hommes cagoulés. Ce jour-là, juste avant l’aube, ils étaient une cinquantaine de «prisonniers» comme lui, dans cette cour maculée de sang. Les hommes cagoulés hurlaient : «Vous êtes dans la merde ! Vos vies sont terminées !» C’est à ce moment-là que Martin a soudain senti «ce métal froid contre son oreille». Pourquoi lui ? Pourquoi l’avait-on choisi pour ce simulacre d’exécution, après une nuit d’horreur ? Il n’en sait rien. Lorsqu’il a entendu une sorte de déclic, il a fermé les yeux. Mais l’homme a levé son arme, avant de partir en courant : on venait de découvrir les leaders de l’opposition eux aussi cachés dans l’immeuble. Une prise plus importante pour les hommes cagoulés, un répit inespéré pour Martin dont le calvaire va pourtant continuer plusieurs jours.

Journée tendue et nuit meurtrière

Martin, ce n’est pas son vrai nom. Car il a peur. Même en France où il est arrivé depuis quelques jours, profitant de sa double nationalité franco-gabonaise pour fuir ce cauchemar. Désormais à l’abri, il semble encore inquiet. Jette des coups d’œil furtifs aux clients qui s’installent à côté de lui dans ce café parisien où le quadragénaire en chemise blanche pourrait facilement passer pour un cadre de l’une des nombreuses banques qui ont pignon sur rue aux alentours.

Lui vient pourtant d’un autre monde : il se trouvait dans le QG de Jean Ping, le leader de l’opposition gabonaise, dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Le président sortant, Ali Bongo, venait tout juste de se déclarer vainqueur à l’issue des élections du 27 août. La journée avait été tendue, l’opposition refusant le verdict officiel de ces «résultats provisoires». Mais personne ne s’attendait à l’assaut des forces de l’ordre cette nuit-là.

Le récit de Martin peut bien sûr être contesté. Mais il semble confirmé par bien d’autres témoignages, alors que de nombreuses familles cherchent encore leurs proches disparus. Mercredi, le journal gabonais d’opposition Echos du Nord affirmait même avoir recueilli les témoignages de membres de la garde républicaine, qui est pourtant un commando d’élite du pouvoir, à propos d’un charnier dont les corps auraient été récemment déterrés pour être déplacés dans un endroit plus discret. Vrai ou faux ? «Même au sein de la garde républicaine, il y a des éléments qui considèrent que le pouvoir va trop loin», soutient un journaliste d’Echos du Nord.

Le charnier serait situé au sein d’un vaste complexe baptisé la Cité de la démocratie. Un nom bien choisi pour un pays dirigé par la même dynastie depuis un demi-siècle : d’abord le père Omar et, depuis 2009, le fils Ali qui affirme donc avoir été réélu fin août avec un peu plus de 5 000 voix d’avance sur son adversaire Jean Ping. La Cour constitutionnelle, accusée de «pencher toujours du côté du pouvoir» et rebaptisée pour cette raison «la tour de Pise», a jusqu’à vendredi (lire ci-contre) pour valider ou non les recours déposés par l’opposition. Mais au même moment, une autre bataille de chiffres fait rage : celle des victimes de cette dernière journée du mois d’août qui a vu ce petit pays d’Afrique centrale basculer dans une violence «jamais égalée», de l’aveu même du ministère de l’Intérieur qui brandit ses propres morts, notamment un policier, accusant l’opposition de jouer la carte d’une «instabilité durable».

Martin soupire. Il ne saurait chiffrer le nombre de victimes, mais les morts qui le hantent encore sont ceux au milieu desquels il a passé cette nuit du 31 août. «Je ne suis militant d’aucun parti, affirme-t-il. Mais j’avais voté pour l’alternance du pouvoir.» Ce dernier mercredi d’août, il se rend à la manifestation contre ce qu’il perçoit comme un «hold-up électoral». Très vite, elle est violemment réprimée. Sans l’avoir prévu, Martin se retrouve à aider au transport des blessés au sein du QG de l’opposition, tout proche. Il se décide à y rester. «On disait qu’il y avait de la casse en ville et comme j’avais garé mon véhicule assez loin, j’ai préféré attendre là que les choses se calment. On devait être au moins 500 personnes dans la cour de l’immeuble. On se croyait protégés : c’était une concession privée», rappelle encore Martin.

Vers minuit soudain, les premiers tirs retentissent : cette fois, c’est bien l’immeuble qui est pris d’assaut. Martin se rue à l’intérieur, juste avant que le bâtiment ne soit bombardé par hélicoptère. «C’était la panique générale, les gens se bousculaient dans les escaliers. Je me suis caché dans un couloir, au premier étage, il y avait plein de gens qui pleuraient», explique encore Martin, qui finit par rejoindre en rampant une pièce voisine. «Il y avait une centaine de corps sur le sol. Des morts, des blessés qui agonisaient. Jamais de ma vie je n’avais vu un tel spectacle : des mains amputées, des os qui semblaient transpercer la peau.» Avec une infirmière et une médecin, Martin tente alors de secourir ceux qu’on transporte par vagues ininterrompues depuis le rez-de-chaussée. D’autres gens viennent s’y cacher.

Des «casseurs» et des disparus

Puis tout à coup, ce cri : «Ils entrent dans l’immeuble !» «Tout le monde s’est jeté à terre, on tentait de se cacher sous les cadavres. Les bombes faisaient vibrer les murs.» Depuis les fenêtres aux vitres brisées, Martin affirme avoir aussi entendu des suppliques : «Des gens qui imploraient « pardon, pardon ». Puis à chaque fois, j’entendais des rafales et les voix se taisaient.» Terrorisé comme les autres, Martin passera plusieurs heures dans le vacarme des armes. Jusqu’à ce que «vers 4 h 30 du matin», quatre gendarmes, dont un seul à visage découvert, surgissent. «Il est où le Chinois ?» enragent les hommes cagoulés, en évoquant Jean Ping dont le père est asiatique. Mais le leader de l’opposition n’était pas à son quartier général ce soir-là.

Après un temps «infini» passé à genoux dans cette cour, Martin est emmené en camion vers le camp militaire de Gros Bouquet, qui se remplit peu à peu d’une foule compacte. Encore quelques heures d’attente avant de repartir «avec 115 autres personnes» à la Direction générale de la documentation et de l’immigration, la DGDI, un bâtiment administratif réputé abriter les services secrets. «On s’est retrouvé entassés dans deux cellules. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre.» Ils y resteront six jours, pendant lesquels deux jeunes hommes disparaîtront, après la découverte d’une puce de téléphone. Les détenus seront interrogés plusieurs fois. «On ne cessera de me demander : « Pourquoi tu n’aimes pas le Président ? Tu sais pourtant qu’il a gagné les élections ? »»

La veille de leur libération, le colonel, toujours en civil, qui est chargé de leur détention débarque soudain, furieux : «Il paraît qu’il y a des binationaux ici ? Je veux la liste, mais je vous préviens, même si le Premier ministre français proteste, il ne peut rien pour vous. Ici c’est le Gabon.» Le lendemain, ils sont enfin conduits dans un tribunal bondé, où ils se font sermonner par le procureur Steve Ndong Essame Ndong. «Il nous traitait de « casseurs », nous avertissait : « je vous relâche, mais désormais vous êtes fichés, je vous ai à l’œil ». Nous avons protesté en vain, les avocats présents nous incitaient à nous taire, de peur qu’on nous coffre à nouveau.»

Martin a revu l’infirmière avec laquelle il a passé une partie de cette nuit terrible. Mais impossible de retrouver l’autre femme, médecin, également présente sur les lieux. Sur Facebook, des groupes ont été créés où chacun peut poster des photos de proches disparus. Des visages souvent jeunes, qui en disent un peu plus de ces journées tragiques. Dans ce pays traumatisé, le pire est peut-être encore à craindre. Car désormais, chacun redoute de nouvelles violences au lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle. Martin et un autre Franco-Gabonais ont porté plainte ce mercredi en France, après ces violences post-électorales.

Internet bloqué, médias écartés

L’issue de la bataille électorale gabonaise se déroulera-t-elle à huis clos ? Les neuf sages de la Cour constitutionnelle ont jusqu’à vendredi soir pour se prononcer sur les recours pour fraudes, présentés par l’opposition : dans le Haut-Ogooué, fief de Bongo, le taux de participation a atteint un improbable 99,83 %, avec 95,46 % des votes en sa faveur… Mais alors que le clan Ping se méfie ouvertement de la Cour constitutionnelle, présidée par une ancienne maîtresse du père de l’actuel président, les risques de nouveaux dérapages sont réels. Ils se dérouleront alors dans un pays où Internet est partiellement bloqué, et auquel de nombreux médias, dont Libération, n’ont pas accès, faute de visa. Celui-ci n’est certes jamais ouvertement refusé. Le dossier est «toujours en cours», via les services officiels ou les officines de communication qui jouent les intermédiaires.

Maria Malagardis

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21.9, 16h 11 Reuters

http://www.boursorama.com/actualites/deux-franco-gabonais-portent-plainte-a-paris-pour-detention-arbitraire-ecd194b80a3fcb85106717a3bf25b875

Deux Franco-Gabonais portent plainte à Paris pour détention arbitraire

Reuters le 21/09/2016 à 16:11

PARIS, 21 septembre (Reuters) – Deux Franco-Gabonais ont déposé mercredi à Paris des plaintes pour arrestation et détention arbitraires lors des violentes émeutes qui ont suivi la réélection contestée du président Ali Bongo, a-t-on appris auprès de leur avocat. L’un des deux plaignants se trouvait dans le quartier général de l’opposant Jean Ping quand il a été arrêté, a précisé William Bourdon à Reuters. Les plaintes visent des faits d’arrestation et détention arbitraires en bande organisée, torture et mauvais traitement en bande organisée, tentative d’assassinat et crimes contre l’humanité, a indiqué l’avocat. D’autres binationaux devraient bientôt se joindre à leur démarche, a-t-il assuré. « On prépare aussi une demande d’enquête qu’on va déposer auprès de la Cour pénale internationale prochainement », a-t-il dit à Reuters.  Jean Ping affirme que l’élection présidentielle a été entachée de fraudes de la part du camp d’Ali Bongo, et il a saisi la Cour constitutionnelle pour réclamer un recomptage dans le Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo dans le sud-est du pays. La Cour constitutionnelle doit rendre son arrêt le 23 septembre. (Chine Labbé, avec Emma Farge à Dakar, édité par Sophie Louet)

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21.9, 15h57 AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/21/97001-20160921FILWWW00240-gabonviolences-2-plaintes-deposees-en-france.php

Gabon/violences: 2 plaintes déposées en France

  • Par lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 21/09/2016 à 15:57
  • Publié le 21/09/2016 à 15:47

Deux plaintes de ressortissants franco-gabonais ont été déposées aujourd’hui en France à la suite des violences post-électorales au Gabon après la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle, a annoncé un collectif d’avocats qui compte aussi saisir la Cour pénale internationale.
Les plaintes ont été déposées pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité », a indiqué l’un des deux avocats du collectif, Me William Bourdon, lors d’une conférence de presse à Paris.
A l’issue du dépôt de plaintes auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, les avocats espèrent que le Parquet demande l’ouverture d’une information judiciaire « dans les plus brefs délais ».

L’un des plaignants, un Franco-Gabonais d’une trentaine d’années qui souhaite garder l’anonymat, a été arrêté la nuit du 31 août au 1er septembre au quartier général de l’opposant gabonais Jean Ping, qui revendique la victoire à l’élection présidentielle du 27 août. Ce plaignant a décrit aujourd’hui lors de la conférence de presse une nuit d' »horreur et de carnage » au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été blessées ou tuées par des hommes cagoulés dans l’attaque « méthodique » du QG de Jean Ping.
L’autre plaignant, un ressortissant franco-gabonais domicilié en France, a été arrêté à son arrivée à Libreville le 28 août et est toujours détenu arbitrairement à la prison centrale de la capitale, selon le collectif d’avocats.
D’autres familles franco-gabonaises devraient déposer plainte dans les semaines à venir, a-t-il ajouté.

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21.9, 11h16

http://www.jeuneafrique.com/359047/politique/gabon-ali-bongo-ondimba-propose-rencontre-a-jean-ping/

Gabon : pas de dialogue en vue entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping

21 septembre 2016 à 11h16 — Mis à jour le 21 septembre 2016 à 20h35

Par Jeune Afrique avec AFP

L’équipe de Jean Ping a fermé la porte à la proposition de dialogue d’Ali Bongo Ondimba, lors d’une conférence de presse mercredi à Libreville.

« Comment envisager une telle rencontre, alors que la vérité des urnes n’est pas rétablie ? », a affirmé  le porte-parole de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume, mercredi 21 septembre à Libreville.

« Jean Ping est une personnalité rompue au dialogue et convaincue de sa pertinence », a-t-il tenu à souligner.

Appel au dialogue

La veille au soir, le chef de l »État, dont la réélection est contestée par l’opposition, avait par l’intermédiaire de son porte-parole appelé son rival au dialogue.

Ali Bongo « est prêt à rencontrer tous les candidats de la dernière élection présidentielle, y compris Jean Ping, afin que plus aucun Gabonais ne trouve la mort sous prétexte d’une revendication démocratique dont les mécanismes de résolution sont prévus par la loi et connus de tous », avait assuré mardi soir à la télévision nationale le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, en référence au contentieux électoral en cours d’examen par la Cour constitutionnelle.

Lors de la conférence de presse de mercredi, le porte-parole de Jean Ping a également demandé l’ «ouverture d’une enquête internationale pour faire toute la lumière sur les nombreux morts enregistrés depuis le 31 août », évoquant des « dizaines de Gabonais tués » lors des violences postélectorales et l’assaut du QG de Jean Ping. Le gouvernement évoque de son côté un bilan de quatre morts.

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21.9, 1h40

http://www.rfi.fr/afrique/20160920-presidentielle-gabon-mission-observation-union-africaine-annulee

Gabon: la Cour constitutionnelle refuse la venue d’experts de l’UALa Cour constitutionnelle du Gabon ne veut pas de l’aide de l’Union africaine dans le processus.

Par RFI Publié le 20-09-2016 Modifié le 21-09-2016 à 01:40

Au Gabon, la Cour constitutionnelle rendra vendredi 23 septembre au plus tard son verdict sur la validation ou non de la réélection contestée du président Ali Bongo. L’opposition demande la mise en place d’une commission d’experts pour surveiller le recomptage des procès-verbaux du Haut-Ogooué, la province où Ali Bongo a obtenu 95 % des votes et arraché sa victoire. Le camp de Jean Ping espérait d’ailleurs la venue de juristes de l’Union africaine. L’UA, qui était en contact avec Libreville pour envoyer ses spécialistes, n’aura finalement pas de droit de regard sur le processus.

« Les juges de la Cour constitutionnelle rendent leur verdict au nom du peuple. Ils prêtent serment. Ce que ne font pas les juristes de l’Union africaine », assure un représentant de l’institution pour expliquer le refus d’un droit de regard de l’Union africaine sur le processus en cours. Il ajoute même qu’il n’y aura pas de recomptage des procès-verbaux, mais un contrôle de leur régularité. « Un travail pour lequel la venue d’experts de l’UA n’est pas nécessaire », précise-t-il.

L’Union africaine explique, de son côté, que des notes avaient été envoyées à Libreville pour expliquer le travail de ses juristes. Sans succès. « La Cour ne veut pas de notre équipe », confie un représentant du département Paix et sécurité.

L’opposition ne se formalise pas. Jean-Rémy Bantsantsa, un des avocats de Jean Ping, estime que l’important est qu’une commission d’experts représentant les deux parties puisse suivre le recomptage des voix du Haut-Ogooué. Mais l’avocat s’inquiète tout de même. La procédure n’en est qu’à l’échange de courriers entre chaque camp, avec arguments et contre-arguments.

Le pouvoir, lui, est d’accord pour le recomptage des voix, mais pas pour cette commission. Me Francis Nkéa, un des avocats d’Ali Bongo, se dit serein. Selon lui, la Cour est le médecin de l’élection. Elle doit désinfecter tout ce qui pollue et annuler les PV irréguliers. Des irrégularités dont l’opposition serait coupable un peu partout dans le pays, dit-il.

D’ici vendredi, le juge rapporteur doit présenter ses conclusions en audience publique, avant le verdict final.

Appel au dialogue

De son côté, Ali Bongo propose à Jean Ping d’ouvrir un dialogue. Proposition faite mardi soir à la télévision nationale par la voix du porte-parole du gouvernement, Alain Claude Bilie By Nze. Mais le cadre de ce dialogue, si l’opposition l’accepte, reste à définir. Interrogé par RFI, Alain Claude Bilie By Nze estime que l’important est déjà d’apaiser les tensions.

Le président de la République considère que nous avons atteint un niveau de violence au cours des derniers événements que personne ne souhaite revivre.

Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole du gouvernement gabonais

21-09-2016 – Par RFI

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20.9

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20.9, 8h

http://www.jeuneafrique.com/mag/356326/politique/gabon-entre-ali-bongo-ondimba-jean-ping-difficile-pascaline-mferri-bongo-de-choisir/

Gabon : entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, difficile pour Pascaline Mferri Bongo de choisir

Publié le 20 septembre 2016 à 08h00

Par Georges Dougueli

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20.9, 20h58

http://www.rfi.fr/afrique/20160919-gabon-lambarene-activite-economique-est-point-mort

[Reportage] Gabon: à Lambaréné, l’activité économique est au point mort

Par RFI Publié le 20-09-2016 Modifié le 20-09-2016 à 09:58

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19.9

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19.9, 23h27

http://www.rfi.fr/afrique/20160919-gabon-accusations-procureur-hacker-ivoirien-yeo-sifowah-namogoh-ping-cote-ivoire

Gabon: les accusations contre le présumé hacker ivoirien se précisent

Par RFI Publié le 19-09-2016 Modifié le 19-09-2016 à 23:27

Au Gabon, les charges se précisent contre le hacker ivoirien présumé, accusé par les autorités d’avoir aidé l’opposant Jean Ping à essayer de falsifier les résultats de la présidentielle. Le procureur de la République a listé ce lundi 19 septembre les chefs d’inculpation. Association de malfaiteurs, crime contre la paix publique ou encore diffusion de nouvelles fausses et de pièces fabriquées ayant troublé l’ordre public, la liste des accusations contre Yéo Sifowah Namogoh est longue. Le procureur lui reproche encore d’avoir utilisé frauduleusement un réseau de télécommunication. Pour les autorités, le jeune informaticien aurait fabriqué de faux procès-verbaux et truqué les résultats à l’aide d’un système informatique. Le gouvernement a plusieurs fois affirmé que du matériel avait été saisi lors de son interpellation au QG de Jean Ping. Mais selon l’opposition, l’homme de 35 ans était simplement chargé de compiler et de centraliser à Libreville les chiffres provenant des bureaux de vote à travers le pays. Pour son frère, cette liste de charges suscite l’incompréhension. Selon lui, toutes ces accusations sont fausses. « Quelles sont les preuves ? » demande-t-il. « En quoi est-ce un crime d’utiliser un téléphone satellitaire ou un ordinateur ? » Quant à son cousin, il continue de répéter que Yéo Sifowah Namogoh n’est pas un cybercriminel, qu’il est une victime colatérale d’un conflit politique. Il s’inquiète maintenant d’un éventuel procès qu’il décrit déjà comme une mascarade dont l’issue est connue d’avance. L’informaticien ivoirien a déjà été entendu une fois et placé sous mandat de dépôt. Malgré la demande de son avocat, la justice a refusé sa libération provisoire. Désormais c’est l’attente. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

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19.9, 20h52

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/19/bongo-co_5000300_3212.html

Au Gabon, le pouvoir est une affaire de famille

Par Christophe Châtelot (Libreville, envoyé spécial)

LE MONDE Le 19.09.2016 à 20h52 • Mis à jour le 20.09.2016 à 10h20

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19.9, 13h30 AFP

http://information.tv5monde.com/en-continu/gabon-deux-semaines-apres-les-violences-post-electorales-la-quete-des-disparus-continue

Gabon: deux semaines après les violences post-électorales, la quête des disparus continue

19 sep 2016

Mise à jour 19.09.2016 à 13:30

Par Celia LEBUR

Plus de deux semaines après le début des violences post-électorales meurtrières qui ont secoué le Gabon, des familles continuent leur quête macabre et angoissée de proches qui n’ont plus donné signe de vie.

Les yeux hagards après des jours de recherche désespérée, Olivier a fini par retrouver son frère cadet dans le tiroir d’une chambre froide mortuaire de la capitale, entassé pêle-mêle avec deux autres corps identifiés sous X, faute de place.

Les photos qu’il montre à l’AFP sont insoutenables: visage, maillot aux couleurs de la Juventus et bras de la dépouille sont maculés de sang. Prosper Mesmin N’nang Allogo, topographe de 40 ans, est mort en laissant une veuve et cinq orphelins.

Les agents de la morgue Casepga ont refusé de laisser son frère examiner le corps pour voir s’il portait des impacts de balle. Officiellement, il a été « ramassé » par le SAMU vers 2H00 dans une rue du PK5, à la sortie de Libreville.

C’était dans la nuit du 31 août au 1er septembre, point d’orgue des émeutes et des pillages qui ont éclaté après l’annonce de la réélection d’Ali Bongo face à son rival Jean Ping. « Sa femme était restée au village à Oyem (nord) et n’arrivait pas à le joindre, personne ne savait où il était passé », explique son aîné.

Olivier ne sait pratiquement rien des circonstances de sa mort, mais reste persuadé qu’elle est liée aux « événements » politiques.

Plusieurs proches lui ont affirmé avoir croisé Prosper au QG de l’opposant Ping, juste avant l’assaut des forces de l’ordre qui a fait des morts et plusieurs blessés ce soir-là.

Drapée dans une longue robe blanche, Solange Ntsame Obiang, 56 ans, éclate en sanglot à l’évocation de son neveu. Ils étaient ensemble au QG le soir de l’attaque, elle ne l’a jamais revu.

La militante pro-Ping explique avoir été détenue six jours avec « 65 autres femmes ». « Une d’elle était enceinte, elle a perdu son bébé », raconte-t-elle, effondrée sur une table. Quand Solange est finalement libérée, elle apprend la mort de son neveu: « je ne mange plus, je ne dors plus ».

– Peur des représailles –

Le bilan officiel des violences est toujours de trois morts. L’opposition parle d' »au moins 50″ personnes tuées, sans apporter de preuves.

« Le nombre de morts qu’on nous donne est inférieur à la réalité », affirme Georges Mpaga, figure de la société civile proche de l’opposition.

Au QG de Jean Ping, un comité de crise a été mis en place avec un « numéro vert » à disposition des familles pour recenser le nombre exact de victimes et de personnes portées disparues.

Noms, photos et vidéos de cadavres ensanglantés sont minutieusement collectés. Selon le registre du comité de crise qu’à pu consulter l’AFP, 21 corps ont été identifiés par leurs familles dans différentes morgues et hôpitaux après les violences et 19 personnes sont toujours portées disparues.

« Ce n’est pas exhaustif, beaucoup de parents n’osent pas venir jusqu’à nous car ils sont terrorisés à l’idée de subir des représailles », affirme une responsable du comité qui tient à rester anonyme.

Samuel Moulili cherche toujours son petit frère de 21 ans, lui aussi disparu pendant l’attaque du QG. « J’ai fait les hôpitaux, les commissariats, les pompes funèbres, on me dit qu’il n’y a rien. J’ai passé des journées entières devant le palais de justice pour voir s’il allait descendre d’un camion », comme des centaines de personnes interpelées et déférées devant la justice après les émeutes, assure-t-il. « Toujours rien ».

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, avait suggéré aux journalistes d’aller vérifier par eux-mêmes dans les maisons de pompes funèbres.

En centre-ville, Gabosep (Société gabonaise de sépultures) a reçu cinq personnes tuées par balles entre le 1er et le 7 septembre. La SAFF (Société africaine d’assistance funéraire) a enregistré plusieurs arrivées durant cette période, toutes des « morts naturelles », selon un responsable. L’accès de la dernière morgue, Casepga, n’est pas autorisé à la presse.

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19.9, 12h03

http://www.rfi.fr/afrique/20160919-presidentielle-gabon-opposition-sceptique-avant-une-semaine-determinante

Présidentielle au Gabon: l’opposition sceptique avant une semaine déterminante

Lecture de la déclaration de l’opposition au domicile de Jean Ping, jeudi 15 septembre 2016.
© RFI/Richard Riffonneau

Par RFI Publié le 19-09-2016 Modifié le 19-09-2016 à 12:03

L’opposition gabonaise sceptique, à propos de la mission d’observation que l’Union africaine promet d’envoyer. Des experts, des juristes, seraient chargés, selon l’Union africaine, de conseiller la Cour constitutionnelle gabonaise qui a jusqu’au 23 septembre pour trancher le contentieux électoral.

Dimanche matin sur RFI, le ministre gabonais des Affaires étrangères assurait que ces experts étaient les bienvenus, mais que les contours de leur mission étaient encore en discussion. On ne sait pas, par exemple, s’ils pourront assister aux délibérations finales.

Pour l’opposant Guy Nzouba-Ndama, ancien président de l’Assemblée nationale rallié à la candidature de Jean Ping, tout cela est trop flou et arrive bien trop tard. Il craint qu’il ne s’agisse que d’une « manœuvre dilatoire » : « Ça aurait été une excellente idée si celle-ci était apparue un peu plus tôt. Ce que je crains, c’est une manœuvre dilatoire pour montrer que finalement c’est trop tard, nous sommes le 19 aujourd’hui, il reste quatre jours. La date butoir c’est le 23 ».

Et pour Guy Nzouba Ndama, le ministre des Affaires étrangères n’a offert aucune garantie : « Il n’offre aucune garantie puisqu’il dit que maintenant les discussions sont engagées entre la Cour constitutionnelle et l’Union africaine. Je pense que dès lors que nous sommes membres de l’Union africaine, on a ratifié un certain nombre de conventions. Lorsqu’on est dans une situation de crise, on doit saisir toutes les opportunités pour pouvoir trouver une issue. Et là, je pense, l’Union africaine a trouvé la solution idoine. C’est dommage que l’on nous retarde encore avec des notions de souveraineté nationale qui ne sont que des manœuvres dilatoires ».

L’interview qui dérange

Et ce n’est pas le seul grief de l’opposition. Les partisans du candidat Jean Ping n’ont pas apprécié l’interview qu’a donnée la présidente de la Cour constitutionnelle à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Marie-Madeleine Mborantsuo rejette les critiques de « partialité » de la Cour faites par les opposants gabonais et fait remarquer, dans cette interview, que les relations qu’elle a pu entretenir avec le président Omar Bongo sont les mêmes que celles qu’ont connues les opposants actuels avec l’ancien président ou la famille Bongo.

Suite à ces déclarations, Casimir Oyé Mba, l’un des grands soutiens de Jean Ping, a convoqué une conférence de presse à Libreville, pour dénoncer cette interview : « Tous les Gabonais sont suspendus aux lèvres de madame Mborantsuo. Et c’est précisément à ce moment-là qu’elle fait ces déclarations. Pour le moins, c’est mal venu du point de vue du timing. Maintenant, sur le fond… qu’est-ce qu’elle dit ? Elle prend fait et cause pour monsieur Ali Bongo, elle répète les arguments de monsieur Ali Bongo. Ça veut dire donc qu’elle prend parti. Non, nous ne trouvons pas ça normal ».

La situation reste donc tendue à quelques jours de la décision de la Cour constitutionnelle. Et dans le pays, le climat est à l’incertitude.

A Lambaréné, la mairie du 2e arrondissement a également été incendiée.

Climat d’incertitude à Lambaréné

19-09-2016 – Par Carine Frenk

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19.9, 10h45

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/19/contentieux-electoral-au-gabon-la-cour-constitutionnelle-sera-t-elle-le-juge-de-paix_4999912_3212.html

Contentieux électoral au Gabon : la Cour constitutionnelle sera-t-elle le juge de paix ?

LE MONDE Le 19.09.2016 à 10h45 • Mis à jour le 19.09.2016 à 11h28

André Julien Mbem est l’auteur de Jean Ping, le diplomate et l’homme d’Etat (éd. L’Harmattan, 2016).

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19.9, 7h51

http://www.jeuneafrique.com/mag/356321/politique/gabon-jean-ping-ali-bongo-ondimba-beaux-freres-ennemis/

Gabon : Jean Ping et Ali Bongo Ondimba, les beaux-frères ennemis

Publié le 19 septembre 2016 à 07h51

Par Georges Dougueli

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19.9, 6h42

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/19/gabon-demissionnaire-le-garde-des-sceaux-d-ali-bongo-denonce-des-tentatives-d-assassinat_4999765_3212.html

Démissionnaire, le garde des sceaux gabonais dénonce des tentatives d’assassinat

Propos recueillis par Christophe Châtelot

LE MONDE Le 19.09.2016 à 06h42 • Mis à jour le 19.09.2016 à 10h26

La notice biographique de Séraphin Moundounga s’affiche toujours sur le site du ministère de la justice gabonais. Pour peu de temps encore, sans doute. Le garde des sceaux, démissionnaire depuis le 6 septembre du gouvernement ainsi que du Parti démocratique gabonais (PDG, ex-parti unique au pouvoir) vient de se réfugier en Europe. Il dénonce désormais avec vigueur les manœuvres du président Ali Bongo Ondimba pour, selon lui, se maintenir au pouvoir malgré une présidentielle violemment controversée.

Les ennuis du ministre de la justice ont commencé le 30 août, soit trois jours après le vote pour la présidentielle et à la veille de l’annonce des résultats par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap). Ce jour-là, il a fait entendre sa voix dissonante en appelant le président à la raison et en publiant un appel sur Facebook. Le garde des sceaux appelait alors à la transparence et au respect du résultat des urnes. Une prise de position qui sonnait déjà comme un désaveu du processus électoral.

Le lendemain, la Cenap, puis le ministre de l’intérieur déclaraient Ali Bongo Ondimba vainqueur avec quelque 6 000 voix d’avance sur Jean Ping grâce, au dernier moment, à un comptage des voix suspect dans la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo. Libreville, la capitale, et d’autres grandes villes du Gabon, s’étaient alors enflammées.

Vous avez été reçu au quai d’Orsay. Quel rôle la France peut-elle jouer dans le règlement de la crise post-électorale au Gabon ?

Séraphin Moundounga La France, membre de la communauté internationale, demande, comme l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), les Etats-Unis, le recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal, un recomptage transparent en présence d’observateurs internationaux et de représentants des deux parties en litige. C’est une demande récurrente de la communauté internationale, qui doit donc aller au bout de sa logique.

Si les recours [des deux candidats] devant la Cour constitutionnelle confirment la victoire d’Ali Bongo Ondimba, il sera conforté et il pourra mieux diriger le Gabon.

Si, en revanche, c’est Jean Ping qui est déclaré vainqueur, j’espère qu’Ali Bongo Ondimba aura la sagesse de privilégier le jeu démocratique. C’est ce que je lui ai demandé le 30 août oralement, au téléphone, puis par écrit sur ma page Facebook.

Quelle a été sa réaction lorsque vous lui avez parlé ?

Il continue de croire, et c’est dramatique, qu’un hacker ivoirien a piraté le système de transmission électronique des résultats vers la Cénap. Alors que les résultats ne sont pas transmis de façon électronique mais sur papier ! Il ne peut donc pas y avoir eu d’intervention de hacker. Il sait très bien que les procès-verbaux sont manuels.

Comment expliquez-vous ce chiffre de 99,93 % de participation dans la province du Haut-Ogooué ?

Ali Bongo était prêt à passer en force. Si la population n’était pas d’accord, alors on demandait aux forces de sécurité de mater le peuple. C’est ce qui s’est passé. Il y a eu plusieurs morts, des blessés graves, des biens privés détruits…

Le pays est entre les mains d’amateurs, qui n’ont été capables ni de courir ni de se cacher. Le roi est nu, entouré d’amateurs qui ne lui disent pas la vérité sur sa popularité ou son bilan. Ils lui ont fait croire qu’il l’emporterait aux élections. Aujourd’hui, ils sont incapables de lui dire la vérité. Ils savent qu’Ali Bongo a perdu les élections. il suffirait qu’il redevienne président du PDG, réorganisé dans l’opposition, qu’il lui fasse retrouver ses valeurs de base, de tolérance. Ou alors qu’il prenne son siège de membre de droit à la Cour constitutionnelle.

Comment sortir de cette crise ?

Ali Bongo ne sait plus comment reculer. Il sait qu’il devra répondre de l’ensemble des tueries dans le pays, des enlèvements et des tentatives d’assassinats de personnalités. Le plus sage serait qu’il se retire tranquillement et qu’il annonce que ce sont plutôt les gens de son entourage – le ministre de la communication, celui de l’intérieur, et le président de la Cénap – qui l’auraient induit en erreur.

Si l’on applique le principe de transparence, on se rendra compte qu’il a fraudé, qu’il a corrompu. On fera le décompte de morts, des blessés, des disparus, qui vont lui être imputés. Il redoute tout cela. La communauté internationale est-elle en mesure de lui assurer qu’on fera table rase de tout cela ? Est-il capable d’être rassuré ?

Qui peut l’influencer ?

La communauté internationale. Il s’est « bunkerisé » dans son palais avec ceux qui chantent ses louanges et l’ont coupé du reste du pays, ceux qui lui font croire que tout est calme et que la liesse saisira les rues quand on annoncera les résultats.

Vous faisiez partie du gouvernement, avez-vous douté de la capacité d’Ali Bongo à gagner la présidentielle ?

Le doute sur sa capacité à gérer le pays de façon démocratique remonte à 2013, date à laquelle le président sort de la trajectoire sur laquelle on l’avait mis en 2009, pour son élection. Il est sorti d’une gestion transparente et démocratique du pays au congrès du PDG de 2013. Il s’est alors autoproclamé chef suprême du parti, comme si on était dans un monde militaire, alors que son père [Omar Bongo Ondimba, président du Gabon de 1967 à 2009] n’était que président fondateur. Nous n’avions pas besoin de ça.

A partir de ce moment, le pays a totalement glissé. Le budget n’a plus été exécuté, les opérateurs économiques n’ont plus été plus payés, les retraités du privé non plus

Personne ne l’a contredit ?

A chaque débat, il acquiesçait, il disait qu’il allait remettre le PDG sur la bonne voie. Ensuite, on constatait que rien ne changeait et qu’on allait toujours dans le mur. C’est comme ça que le PDG s’est fissuré, qu’il y a eu des démissions. Il a répondu par des exclusions plutôt que de discuter et de repartir sur de nouvelles bases. Les uns et les autres étant partis, le PDG est en totale déliquescence, et il risque de disparaître de la scène politique.

D’autres démissions sont à venir ?

Ma démission n’est pas liée aux fissures dans le pouvoir. Ma démission est une prise de position en faveur du peuple gabonais, à qui la souveraineté a été refusée. Beaucoup de hauts cadres du parti étaient convaincus que s’il n’y avait pas de recomptage avant publication des résultats, le pays allait imploser et que la sous-région, même, serait déstabilisée.

Aujourd’hui, il règne le calme précaire parce que la population attend le recomptage des résultats, un recomptage transparent, crédité par les observateurs internationaux. Cela permettrait de ramener la confiance envers les institutions démocratiques. Sinon, il y aura une implosion que personne ne pourra arrêter. Même si Jean Ping décidait de se retirer personnellement de cette affaire, la population n’accepterait pas qu’Ali Bongo soit intronisé.

Existe-t-il une alternative ?

Le mieux serait de reprendre le processus électoral au niveau national ou au niveau du Haut-Ogooué. Cette option n’est pas encore en discussion, mais ce serait la meilleure. Et que cette nouvelle élection soit supervisée par la communauté internationale, pas seulement observée, dans le cadre d’une transition qui interdirait à Ali Bongo d’avoir la main sur tout le processus électoral.

La Cour constitutionnelle, qui doit annoncer le résultat final de la présidentielle du 27 août, peut-elle prendre une décision sereine ?

La Cour peut faire le travail sérieusement, mais il faut que ses membres soient en sécurité. Il faudrait une force internationale qui – au-delà de la protection de la population – assurerait la protection de la Cour et de ses membres de façon à ce qu’ils puissent travailler en toute sérénité. Ce qui n’est pas possible si la sécurité est assurée par la garde républicaine, qui est là pour faire pression sur eux et faire proclamer les résultats revolver sur la tempe.

Vous dites avoir été victime d’une tentative d’assassinat ?

Ils ont essayé de me tuer. J’ai été victime de trois tentatives d’assassinat ou d’enlèvement depuis le 30 août, immédiatement après la publication de ma déclaration. Les forces de sécurité ont débarqué à mon domicile, que je venais de quitter depuis une minute. Ils n’ont trouvé que le gardien. Je savais que le système répondrait par des mesures de représailles.

Puis le 1er septembre, ils ont encerclé le lieu où je m’étais mis en sécurité et que je venais de quitter. Ils m’ont cherché, ne m’ont pas trouvé, ils sont repartis.

La troisième fois, c’était le 6 septembre, après avoir déposé ma démission du gouvernement et du PDG. Dans la nuit, j’ai été victime d’une tentative d’assassinat par un escadron de la mort composé de gens cagoulés, habillés en civils, armés qui ont menotté mon gardien. Ils ont cru que je reviendrais dormir chez moi. Ma salle de vidéosurveillance a été saccagée, mes enregistrements emportés, ma chambre a été cassée. Malheureusement pour eux, ils ne m’ont pas trouvé. Ils n’ont rien volé, rien pris, cela signifie que c’est ma personne qui était visée. Ils sont partis en donnant des coups de crosse à mon gardien.

C’est pourquoi j’ai décidé de me mettre en sécurité en dehors du pays et de sensibiliser la communauté internationale sur la nécessité de faire respecter la souveraineté populaire. Il faut faire entendre raison à Ali Bongo, que cesse le carnage et qu’il ne se retrouve pas un bon matin devant la Cour pénale internationale. Il n’a qu’à mettre ça sur le dos du ministre de l’intérieur et du président de la Cénap qui devront en répondre devant la justice. Alors, les Gabonais lui pardonneront ce qu’ils subissent.

Ce ne serait pas très juste, non ?

Pas très juste, mais ce sont eux qui sont venus lui apporter ces résultats. Pourquoi n’ont-ils pas démissionné comme moi ?

Pourquoi n’avez-vous pas démissionné avant ?

Je suis de ceux qui ont essayé de le convaincre de changer de trajectoire pour revenir aux fondamentaux. Nous espérions qu’il accepterait sa défaite, qu’il irait siéger à la Cour constitutionnelle et que nous, les anciens, on reprendrait le PDG en main pour en faire un parti de reconquête du pouvoir. Je pensais qu’il reconnaîtrait sa défaite. Au contraire, il s’est retranché dans son palais, entouré de chars, nous rappelant le scénario ivoirien [en 2010, quand le président Laurent Gbagbo n’a pas accepté sa défaite contre Alassane Ouattara, provoquant un début de guerre civile].

Christophe Châtelot

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http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/2016/09/18/gabon-elections-presidentielles-contestation-et-repression-depuis-1990/

Gabon : élections présidentielles, contestation et répression depuis 1990

Jean-Pierre Bat 18 septembre 2016

Questions à… Wendy Appindangoye N’Guia-Kahma, doctorante en histoire de l’Afrique.

Depuis 1990, les critères de la démocratisation ont été imposés comme calendrier de la vie politique. Pourtant, au Gabon, les élections semblent avoir été adaptées au «système» créé depuis 1967 par Omar Bongo, empêchant l’émergence d’une authentique démocratie : comment expliquer ce paradoxe ?

La Constitution de 1991 a consacré le retour au multipartisme, instauré une élection présidentielle à 2 tours et un mandat présidentiel de 7 ans renouvelable une fois. Ces dispositions ont été progressivement modifiées pour brider le jeu démocratique ; au Gabon « on n’organise pas des élections pour les perdre » (Omar Bongo). Le Président de la République nomme aux postes sensibles et le mode de désignation des juges constitutionnels donne au pouvoir une majorité et lui permet ipso facto de contrôler les décisions concernant la constitutionnalité des lois, la composition de la commission électorale, les contentieux électoraux et le recensement général de la population. Enfin la limitation du nombre de mandats présidentiels a été abolie et le scrutin présidentiel est désormais à un tour.

Quels ont été les grandes contestations et répressions au Gabon depuis 1990 ?

Depuis 1990 les décomptes des voix, qui relèvent de l’arithmétique d’école primaire, font systématiquement l’objet de contentieux. Comme les autorités qui gèrent le processus électoral savent compter, on est en droit de se demander si les élections ne sont pas volontairement sabotées pour permettre au pouvoir de se perpétuer. En décembre 1993, avant la fin du dépouillement, le ministre de l’Intérieur annonce Omar Bongo vainqueur avec 51% des suffrages. Des émeutes ont lieu et 23 civils sont tués selon le gouvernement. En septembre 1994, des délégués des différents partis politiques se réunissent en France. Ils adoptent les « Accords de Paris » qui confortent de fait le président Omar Bongo à la tête du pays et organisent le partage du gâteau entre la classe politique gabonaise.

En décembre 1998, Omar Bongo est déclaré vainqueur avec 66,55% des suffrages. Pierre Mamboundou (UPG) dénonce les résultats et introduit, comme Paul Mba Abessole, un recours en annulation ; ils sont déboutés.

En 2005 Omar Bongo est déclaré vainqueur avec 79% des suffrages. Pierre Mamboundou conteste de nouveau, toujours sans succès, les résultats officiels. Des échauffourées ont lieu entre les militants de l’UPG et les forces de l’ordre, on dénombre un civil tué à Libreville et trois à Port-Gentil, ville pétrolière et bastion de l’opposition. Pierre Mamboundou et Omar Bongo se rencontrent en avril 2006 et les « Accords d’Arambo », portant sur l’amélioration de l’organisation des élections, sont signés.

Le décès d’Omar Bongo en 2009 entraîne une élection présidentielle anticipée à l’issue de laquelle Ali Bongo est déclaré vainqueur avec 41,73% des suffrages. Son élection est contestée par André Mba Obame et Pierre Mamboundou, encore une fois sans succès. La proclamation des résultats est suivie d’émeutes à Port-Gentil. La répression fait deux victimes selon les chiffres officiels, beaucoup plus selon les habitants. La contestation de l’élection de 2009 n’a jamais disparu et le décès d’André Mba Obame en 2015 est l’occasion pour une foule immense de Librevillois de crier sa frustration en scandant « AMO président élu ! » en accompagnant la dépouille. Les actions des forces de l’ordre feront des blessés graves.

Que représente l’échéance électorale de 2016 dans cette perspective ?

Les présidentielles de 2016 représentent pour le peuple gabonais l’espoir de prendre, enfin, son destin en main. De nombreux barons du parti présidentiel, le PDG, ont rejoint l’opposition avant le scrutin et la candidature de Jean Ping a été soutenue par des personnalités politiques de premier plan originaires de tout le Gabon. Les résultats annoncés par le ministre de l’Intérieur, qui donnent Ali Bongo vainqueur avec 49,85%, sont rejetés par la population notamment du fait des résultats controversés de la province Haut-Ogooué, dont est originaire le président mais aussi certains opposants : taux de participation de plus de 99% et plus de 95% des suffrages pour Ali Bongo. L’incendie de l’Assemblée nationale symbolise la défiance des gabonais pour les institutions. Les marches, expression du mécontentement populaire, ont été violemment réprimées, le QG du candidat Jean Ping a été assailli et de nombreuses personnes incarcérées, blessées, mortes ou disparues sont signalées. La contestation populaire est d’ailleurs d’une ampleur jamais égalée depuis 1990-1993 : Libreville, Port-Gentil, Bitam, Oyem, Lambaréné… ont connu des émeutes. La diaspora gabonaise s’est mobilisée comme jamais auparavant pour faire voir au monde le traitement réservé aux populations qui exigent le respect du bulletin de vote. Internet a été coupé puis bridé et l’accès aux réseaux sociaux a été bloqué. Aujourd’hui le Gabon est suspendu à la décision de la Cour Constitutionnelle, qui examine les recours et doit régler le contentieux électoral. De cette décision dépend l’avenir du pays : l’impossibilité d’une alternance politique risque d’entraîner une révolution populaire.

Voir Ndombet, Wilson-André. Processus électoraux et immobilisme politique au Gabon (1990-2009). L’Harmattan, 2015, 250 p. Études africaines.

Série «Africa4» sur les élections au Gabon

La première gorgée de bière… le système REGAB

La longue marche de l’opposition gabonaise

Les Gabonais ont conscience que le pays amorce un tournant historique pour son avenir

Les élections au Gabon en cartes

Par-delà Omar et la Françafrique

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18.9, 14h36

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-en-attendant-les-vrais-resultats-la-cartographie-electorale-18-09-2016-2069328_2365.php

Gabon : en attendant les vrais résultats, la cartographie électorale

Par Christian Bouquet* pour Theconversation.com

Publié le 18/09/2016 à 14:36 – Modifié le 19/09/2016 à 05:00 | Le Point Afrique

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18.9, 12h59

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-et-l-empire-des-bongo-vacilla-18-09-2016-2069312_2365.php

Gabon : et l’empire des Bongo vacilla…

REPORTAGE. Ils sont à la tête du pays depuis près de 50 ans. Aujourd’hui, sur fond de querelles électorales, les Bongo se déchirent et le pays avec.

Par notre envoyée spéciale à Libreville, Claire Meynial

Publié le 18/09/2016 à 12:59 – Modifié le 18/09/2016 à 16:20 | Le Point Afrique

Émilie remet son tee-shirt en place et le sein qu’elle tendait à son bébé. Il ne cesse de pleurer, il est malade. Son autre fils, 2 ans, s’obstine à lancer un ballon sur l’assise d’une chaise en plastique, jonchée de restes de poulet et de riz. Au mur d’un rose crasseux, des lettres dorées tentent d’adoucir la réalité : « La famille vous souhaite la bienvenue. » Émilie se lève du canapé défoncé, remercie pour la visite, dans ce quartier misérable de Libreville. Elle sourit bravement. Hier, elle a reconnu son fils aîné à la morgue. Une balle dans la nuque : « Il était au comité de Jean Ping, je n’étais pas d’accord, parce qu’on disait que, si Ali Bongo passait, le peuple serait dans la rue. Mais il voulait participer au changement de son pays. » Bien qu’il ait été tué lors d’une manifestation au quartier Cocotier, le 1er septembre, Bobby n’est officiellement pas mort lors des troubles postélectoraux. Le gouvernement a annoncé trois décès, il n’en fait pas partie.

Le 27 août, le Gabon vote pour son président. Les résultats de la neuvième province, le Haut-Ogooué, fief des Bongo, tombent le 31. Avec 95,46 % des voix, Ali Bongo est réélu avec 5 603 voix d’avance. Seules 47 personnes n’auraient pas voté dans la province ! La mission d’observation de l’Union européenne parlera d’« évidente anomalie ». Le 31, le pays s’enflamme. À Libreville, les manifestants érigent des barricades, brûlent l’Assemblée nationale, pillent. La répression est sans pitié.

Au QG de Jean Ping, le candidat d’opposition, quelque 500 personnes vivent une nuit d’horreur. Seize témoins, cachés à divers étages, décrivent l’hélicoptère puis l’irruption d’hommes cagoulés en noir, de la Garde républicaine. Ils parlent de jeunes gardes de la sécurité abattus au portail, de voitures criblées d’impacts de balle. Marie, infirmière, échoue à sauver deux blessés. Un ingénieur pétrolier entend, plusieurs fois : « Pardon, pitié ! » puis des tirs, puis le silence. Vers 5 heures du matin, la gendarmerie fait sortir les sympathisants de Ping, qui constatent avec stupeur qu’il n’y a aucun corps dans la cour. « Mais le sol était mouillé », souligne Chantal Myboto, opposante célèbre qui a eu deux enfants avec… Omar Bongo. « On a trouvé des armes lourdes. Les forces de l’ordre ont essuyé des tirs de kalachnikov », justifie Alain-Claude Bilié By Nze, ministre de la Communication. L’opposition jure qu’elle n’avait pas d’armes. Sollicité par des parents, le procureur de la République, Steeve Ndong, doit reconnaître que d’autres corps sont dans les morgues. Au QG de Ping, la liste des disparus compte plus de 70 noms.

Ali est un menteur, un voyou, un voleur, un tricheur

Le Gabon, pays paisible de 1,8 million d’habitants, attend le prochain épisode électoral avec angoisse. Le camp Ping a déposé un recours à la Cour constitutionnelle, demandant à recompter les votes dans le Haut-Ogooué. Verdict le 23 septembre au plus tard. Entre-temps, la guerre de l’information est lancée. L’interview d’un « jeune torturé » tourne sur les chaînes gabonaises. Les communicants de la présidence proposent aux journalistes occidentaux de le rencontrer sur un parking désert devant la mosquée Hassan-II, à la tombée de la nuit.

D’un 4 x 4 aux vitres teintées surgit un homme : « Tu dis ce que tu as vécu. Ali n’est pas prêt à céder, que Ping aille se faire foutre. Tu ne crains rien, le pays est sécurisé. À la fin, demande qu’Ali reste. » Ahmed André Kemebiel, le jeune torturé, acquiesce. Il appartient à l’armée du Mapane, des jeunes des quartiers passés de l’opposition au pouvoir. Le 31, il allait voir un ami au QG. « De 10 à 20 gars me ligotent et me frappent, raconte-t-il. Un monsieur en cagoule m’a mis un tournevis sous la plante du pied, il a tapé avec un marteau et c’est ressorti ici. » Le haut de son pied gauche est très enflé, mais il n’a pas de bandage. Il le soulève. « Vous voyez ? » Non. Pas de cicatrice. Il montre des blessures aux plombs, des griffures au cou. « J’ai attrapé un couteau et j’ai défait les liens des pieds. J’ai couru dehors et j’ai pris une balle, ils étaient armés. Je suis tombé et, quand la police est arrivée, j’ai dit Allah Akhbar. » La police était-elle à l’intérieur ? « J’étais pieds et poings liés et ils m’ont sorti du bâtiment. » Les violences subies par Ahmed sont certaines, son récit, un peu moins…

Eden pétrolier

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Gabon. L’éden pétrolier vit sous la dynastie Bongo depuis 1967, et Ali a succédé à Omar en 2009. « Omar était un diplomate remarquable, décrypte Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris. Sur le plan économique, Ali est plus moderniste, il a diversifié les partenaires. Mais sur le plan politique, il est bien moins fin que son père. Il a davantage pratiqué la répression. » On ne dit rien au téléphone, de peur d’être écouté. Les témoins ont demandé que leurs noms soient changés. Internet a été partiellement rétabli le 5 septembre, aux horaires de bureau. Les réseaux sociaux restent inaccessibles, les SMS sont bloqués. Pourtant, la colère gronde. Certes, au marché du pont d’Akébé, les « mamans » qui tiennent les étals de légumes restent fidèles au président sortant. « Il est notre frère, on le soutient jusqu’au bout parce qu’on est du Haut-Ogooué, clame Diane devant ses atangas. Ping, il a traité les gens de cafards ! » Elles ont souffert des émeutes. « J’ai fermé du 27 août au 7 septembre, on a brûlé ma table, on va manger quoi maintenant ? On veut la paix que Papa Bongo nous a laissée », renchérit Odette. Pourtant, même dans ce quartier pro-Ali, des voix discordantes fusent. « Il n’a qu’à partir, on ne veut plus de lui. Son père était bon, lui non », lance un homme. « Ce nom-là, Bongo, ça nous donne la haine ! » dit un autre. « On a voté Ping, nos enfants ne travaillent pas, on souffre », crie une poissonnière.

Derrière ce rejet, il y a le bilan. « Les gens n’ont pas voté pour Jean Ping, mais contre Ali Bongo. Le chômage est de 37,5% chez les jeunes. Globalement, il est de 29%, il a augmenté de 9 points depuis 2009 », détaille Mays Mouissi, économiste. Le plan de développement a manqué de financements, et la diversification de l’économie, par rapport au pétrole, n’est pas achevée. En 2015, il représentait 70% des exportations, 20% du PIB et 40% des recettes budgétaires. Sur les 35000 logements promis, moins de 900 ont été réalisés. Les enfants de l’élite étudient à l’étranger, et la visite à l’université Omar-Bongo vaut le détour. « Est-ce que c’est digne d’un pays pétrolier ? Et on nous appelle le Qatar de l’Afrique ! » s’esclaffe un leader étudiant. Des mares barrent les rues, l’herbe pousse dans un bâtiment brûlé, le campus est à l’abandon depuis la fin 2014. « Le président a annoncé que nous avions vingt-quatre heures pour déguerpir, pour travaux », relate-t-il. Peu avant, les étudiants avaient manifesté pour de meilleures conditions. Le jeune homme, passé quatre fois par la prison, ne dort plus chez lui.

« Tais-toi quand tu parles »

C’est tout un système qui est haï. Celui des Tudors sous les tropiques, dans un pays à la population si restreinte que tout le monde est lié. Dans la famille Bongo, je demande le père, qui a régné pendant quarante et un ans. Demander la mère serait délicat, Omar ayant fait des enfants à tout ce que le Gabon compte de familles influentes. Celle d’Ali, Joséphine Kama, Patience Dabany sur scène, qui a commis l’inoubliable tube Tais-toi quand tu parles, l’a mis au monde à Brazzaville, le 9 février 1959. « À 15 ans », persiflent certains.

Une polémique remet en question la filiation d’Ali, qui a produit cinq actes de naissance différents depuis 2009. « Dans le dossier de succession, c’est le seul qui n’en a pas », dévoile Chantal Myboto, brushing défiant la pesanteur, assise dans son immense salon décoré de peaux de bête. Sa fille, Onaïda Maisha Bongo Ondimba, figure parmi les 53 héritiers reconnus. « En 1997, Omar m’a dit : “Je regrette de ne pas avoir résisté à la France, qui m’a imposé quelque chose que je regretterai toute ma vie. La guerre du Biafra.” J’ai compris », complète-t-elle. La rumeur veut qu’Ali Bongo ait été adopté lors de la guerre civile nigériane, de 1967 à 1970, ce qui le rendrait inapte à gouverner. « D’ailleurs, la dernière fois que j’ai vu Omar Bongo, le 13 mars 2009, il m’a dit : “Ali ne peut garder ni la famille ni le village” », soutient-elle. Elle fait l’objet d’un procès en diffamation pour ses propos sur la filiation. Et d’une interdiction de sortie du territoire.

Jean Ping, lui, n’est autre que l’ex-mari de Pascaline Bongo, la fille chérie d’Omar Bongo, sa trésorière, qui a pris fait et cause pour son frère. Si les beaux-frères ont toujours eu les mêmes rapports, on imagine l’ambiance des réunions de famille. « Mes adversaires furent les barons du régime », rappelle Ali Bongo, dans une allusion à peine voilée aux 73 ans de Ping. Il reçoit dans le gigantesque salon marocain du palais du bord de mer, qu’il présentait comme le symbole de l’ère révolue où son père y distribuait les enveloppes. « Ali est un menteur, un voyou, un voleur, un tricheur », riposte Jean Ping, dans sa maison où, à côté de la piscine, trône une pagode chinoise.

« Le Gabon est maudit ! »

La gigantesque succession n’est pas réglée. La bataille pour le pouvoir non plus. Ali Bongo s’en ira-t-il, s’il perd ? « Moi, je suis un démocrate. Ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question. » Et Ping ? « Demandez-le-lui, à lui. J’ai mon bon droit. » Le pays est suspendu au verdict de la Cour constitutionnelle, présidé depuis 1998 par Marie-Madeleine Mborantsuo, qui a aussi eu deux enfants avec… Omar Bongo. Même si la nièce de Jean Ping en est aussi membre, les Gabonais la surnomment « la Tour de Pise », qui penche toujours du même côté, et a rejeté les recours contre la candidature d’Ali Bongo, malgré ses actes de naissance contradictoires.

La tension monte. Depuis le 31 août, 800 personnes ont été interpellées, surtout des jeunes. Certains ont été relâchés immédiatement, mais d’autres sont parfois restés introuvables pendant sept jours. Lorsque les défèrements commencent au tribunal, les parents sont à bout de nerfs. « Vous allez payer, le Gabon est maudit ! » vocifère une femme en pleurs. « Mon cadavre sera enterré par Ali Bongo ! Il n’a pas de papiers et il tue les Gabonais, il faut l’arrêter ! » crie une autre.

Dans la salle d’audience défilent des groupes de 10. « Vous avez été fichés, on a créé un fichier spécial émeutes et on va l’exploiter plein pot », prévient le président du tribunal, Fulgence Ongama. Le procureur, Steeve Ndong, ajoute : « Vous avez détruit des biens publics et privés. Chacun prétend qu’il a été arrêté parce qu’il devait retrouver un frère, acheter du pain, voir sa petite amie… Mais nous savons que chacun d’entre vous a posé un acte. Aujourd’hui, on a préféré vous faire ce rappel à la loi. Mais la prochaine fois que vos amis vous demandent d’ériger des barricades, vous devez leur dire non, je suis déjà fiché. »

Au point où en est le Gabonais, on ne peut plus l’intimider

Un avocat soupire : « Les dossiers sont vides. La garde à vue est de quarante-huit heures reconductible une fois, ils ont même violé ça. » Une autre avocate a « deux clients qui n’ont pas de chance, il y a flagrant délit, ils sont en prison, il y aura un procès ». Que faisaient-ils ? « Ils ont été enlevés dans leur lit… » En une semaine, d’après le procureur, 70 ont été incarcérés et 272, relâchés. Dehors, Prince, 25 ans, chauffeur, fulmine : « J’ai été pris près de l’échangeur, mercredi vers 17 heures. Ils m’ont emmené à la Force de police d’intervention, on était environ 200, par terre. Ils nous versaient de l’eau et ils nous frappaient, pendant six jours. On pissait dans des bouteilles et ils ont tenté de me faire boire ça. Dans mon propre pays, on me traite comme un animal ! » Des policiers le tirent par le bras, pour qu’il se taise. Le procureur explique la durée des détentions par le nombre de dossiers, en pleines vacances judiciaires. Les mauvais traitements ? « Peut-être, en effet, n’ont-ils pas pu se changer ou prendre une douche… »

Le père d’un autre jeune, dont l’odeur appuie les dires, pense-t-il que cette leçon dissuadera les jeunes de manifester ? « Au point où en est le Gabonais, on ne peut plus l’intimider », affirme-t-il. Dans les quartiers, les rafles continuent. « Ils ont défoncé la porte à 5 heures et pris mon frère qui dormait puis un voisin qui sortait voir ce qui se passait », témoigne Thierry, dans une ruelle de Nkembo. Il montre la chambrette, le matelas retourné : « Ils hurlaient : C’est vous les partisans ! » Une source dans la police parle de chasse aux sorcières, le procureur, d’investigation pour trouver les produits pillés ou les instigateurs des troubles. Il nie le mélange entre politique et justice. Pourtant, au moins trois témoins soutiennent qu’en prison on leur a posé trois questions : « Pourquoi êtes-vous ici ? Que reprochez-vous au président actuel ? De quoi avez-vous été témoins ? » La deuxième, convient le procureur, n’a rien à voir avec la procédure. « Curiosité de l’officier », suppose-t-il. Les Gabonais, eux, serrent les poings. « La Cour constitutionnelle, c’est de la connerie. Ping a gagné, tranche Apollinaire, au marché d’Akébé. Si on redonne Ali gagnant, le Gabon va se brûler. On va tout casser. »

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« Dallas » à Libreville

L’élection présidentielle met aux prises deux ex-beaux-frères. D’un côté, Ali Bongo Ondimba, 57 ans. A la mort de son père, Omar Bongo, en 2009, Ali est ministre de la Défense. Son élection entraîne de violents heurts. Il a produit 5 actes de naissance contradictoires, qui n’ont pas convaincu qu’il n’avait pas été adopté au Nigeria, pendant la guerre du Biafra, alors que la Constitution prévoit que seuls les Gabonais peuvent accéder au pouvoir suprême. De l’autre, un opposant issu du sérail. Jean Ping, 73 ans, de mère gabonaise et de père chinois, fut l’homme de confiance d’Omar Bongo dès les années 80. Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie de 1999 à 2008, il a présidé l’Assemblée générale des Nations unies de 2004 à 2005 et la commission de l’Union africaine de 2008 à 2012. Il a eu deux enfants avec Pascaline Bongo, confidente et directrice de cabinet de son père, qui s’est rangée du côté de son frère. Tous deux figurent dans la succession, toujours pas réglée, d’Omar Bongo, qui comprend 51 autres héritiers… reconnus.

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18.9, 6h52

http://www.rfi.fr/afrique/20160918-gabon-appel-eglises-catho-evangeliques-crise-post-electorale

Crise post-électorale au Gabon: l’appel des églises catholique et évangélique

Monseigneur Mathieu Madéga Lebouakéhan, président de la conférence épiscopale du Gabon.
© C. Frenk/RFI

Par RFI Publié le 18-09-2016 Modifié le 18-09-2016 à 06:52

Les églises catholique et évangélique du Gabon s’inquiètent de la crise que traverse le pays. Et elles le disent. Elles ont délivré samedi un message à la nation. Message qui sera repris lors des offices religieux ce dimanche 18 septembre. Un vibrant appel à tous les Gabonais mais plus particulièrement aux responsables politiques du pouvoir et de l’opposition, à la Cour constitutionnelle, aux forces de défense et de sécurité.

Deux déclarations mais un même message : les forces vives de la nation doivent se ressaisir. La vérité des urnes doit être respectée.

« Pour qu’il y ait tranquillité, il suffit que cette vérité objective, facilement vérifiable, soit proclamée. Par contre, déclarer un échoué admis, et un admis échoué, on ensemence un venin difficilement déracinable dans le temps et l’espace », estime Monseigneur Mathieu Madéga Lebouakéhan, président de la conférence épiscopale du Gabon.

L’église fera tout pour jouer un rôle d’apaisement, assure de son côté Jean Jacques Ndong Ekouaghé, pasteur président du conseil national de l’Eglise évangélique du Gabon.

« Nous restons en contact avec les deux camps. Nous rencontrons encore certaines personnes. Mais je pense que ces démarches doivent être discrètes. Evidemment l’objectif des confessions religieuses, c’est d’amener les deux parties à se mettre ensemble pour parler. » Et le pasteur d’insister : « nous n’avons pas de pays de rechange ».

Après 13 jours de recherche et d’espoir, c’est à la morgue Gabosep que Davy vient de retrouver son petit frère qui était enregistré sous X. Ecoutez son témoignage.

Gabon: les familles cherchent leurs disparus à la morgue

18-09-2016 – Par Carine Frenk

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17.9

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17.9, 13h02

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-de-memoire-de-gabonais-nous-n-avons-jamais-eu-aussi-peur-17-09-2016-2069130_2365.php

Gabon : « De mémoire de Gabonais, nous n’avons jamais eu aussi peur »

REPORTAGE. Tenaillés par l’angoisse et la peur, les Gabonais attendent la proclamation définitive des résultats de la présidentielle. Ils racontent.

Par notre correspondant à Libreville, Pierre-Eric Mbog Batassi

Publié le 17/09/2016 à 12:26 – Modifié le 17/09/2016 à 13:02 | Le Point Afrique

… Isabelle Nzang Mba, fonctionnaire, raconte : « Personnellement la situation que traverse actuellement le pays me stresse. Je vis à Nkembo, un quartier du 2e arrondissement de Libreville, où une bonne partie des habitants sont proches de l’opposition. Chaque fois qu’il y a des émeutes, nous sommes visés par les éléments des forces de sécurité, parfois dans une confusion totale. Les bandits venus d’autres quartiers y arrivent également pour semer la désolation. » Elle ajoute : « Le 31 août 2016, il ya eu beaucoup de casse dans notre quartier. Par la suite, nous avons été encerclés par les forces de l’ordre. C’est traumatisant pour les enfants et difficile pour tout le monde. Nous comptons faire des provisions en eau et nourriture avant le 23 septembre. »…

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17.9, 10h56

http://www.rfi.fr/afrique/20160917-gabon-seraphin-moundoungou-raconte-tentative-assassinat

Gabon: Seraphin Moundounga dit avoir été victime d’une tentative d’assassinat

Par RFI Publié le 17-09-2016 Modifié le 17-09-2016 à 10:56

L’annonce de sa démission avait fait grand bruit au Gabon. Séraphin Moundounga, ancien ministre de la Justice est désormais en France. Il assure qu’il craignait pour sa sécurité s’il restait au Gabon étant donné le contexte de répression. Il explique avoir subi des pressions, dès le 31 août soit avant la publication des résultats et alors qu’il tentait encore de convaincre le président Ali Bongo d’accepter un recomptage des voix. Mais surtout, Séraphin Moundounga raconte que dans la nuit du 6 au 7 septembre qui a suivi sa démission des civils cagoulés se seraient rendus à son domicile d’Angondjé dans le but de l’assassiner.

Séraphin Moundounga n’était pas sur place mais assure que c’est son gardien qui lui a raconté la scène.

Séraphin Moundounga : J’ai été victime d’une tentative d’assassinat à mon domicile. Des personnes habillées en civil et cagoulées au nombre de cinq ont menotté mon gardien. Ils ont cassé le système de vidéosurveillance en emportant l’enregistreur de surveillance, en allant casser exclusivement ma chambre, sans toucher aux autres chambres. Ils sont rentrés dans la chambre, ils n’ont pas touché aux documents. Ils n’ont rien volé, ils n’ont rien emporté, en dehors bien sûr, du petit véhicule de mon ancien aide de camp.

RFI : Vous n’étiez pas à votre domicile ?

Je n’étais pas à mon domicile. J’étais revenu dans cette journée pour essayer de récupérer quelques affaires. Et bien sûr, comme j’ai à nouveau utilisé le téléphone, ils ont cru que j’étais dans ce domicile.

RFI : Qu’est-ce qui vous permet de penser qu’il s’agit d’une tentative d’assassinat ?

Pourquoi les gens entreraient dans une chambre, armés jusqu’aux dents, casseraient la chambre d’une personnalité, sans rien voler et sortiraient simplement parce qu’on n’a pas trouvé le monsieur ? Si on m’avait trouvé qu’est-ce qui se serait passé ? Ou on m’aurait enlevé ou on m’aurait assassiné ! Et quand on est cagoulé c’est pour qu’on commette un acte sans que la personne soit capable de vous reconnaître. Ce sont des professionnels qui ont agi.

RFI : Qui soupçonnez-vous ?

Ça ne peut être que ceux qui pensent que ma démission leur poserait quelques soucis.

Séraphin Moundounga continue de plaider pour un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et demande à ce que les membres de la Cour constitutionnelle soient placés sous protection d’une force internationale afin de les protéger contre d’éventuelles tentatives d’intimidation.

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17.9, 01h00

http://www.rfi.fr/afrique/20160916-gabon-union-africaine-envoi-experts-cour-constit

Gabon: l’UA veut envoyer des experts pour assister la Cour constitutionnelle

Par RFI Publié le 16-09-2016 Modifié le 17-09-2016 à 01:00

L’Union africaine veut envoyer « le plus rapidement possible » des observateurs juristes pour « assister » la Cour constitutionnelle gabonaise dans l’examen du recours de l’opposant Jean Ping.

Jamais l’UA n’a envoyé une mission d’experts juridiques pour se pencher sur une élection contestée. Ces juristes dont l’UA nous dit qu’ils seront au moins cinq et choisis parmi d’anciens présidents de Cour suprême et des professeurs de droit administratif, seront officiellement à disposition de la Cour constitutionnelle gabonaise pour conseiller les juges.

Dans les faits, ils seront là pour garantir que le recours déposé par Jean Ping sera jugé de manière transparente et crédible.

La Cour constitutionnelle gabonaise a accepté le principe de cette mission juridique et les négociations sont en cours. La question se pose de l’accès qui sera accordé à ces observateurs africains et s’ils pourront assister aux délibérations a huis clos.

Cette mission doit en tous cas permettre à l’UA de rester engagée sur la crise au Gabon après l’abandon du projet d’une délégation de chefs d’Etat menée par Idriss Déby.

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16.9

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16.9, 19h47

http://www.jeuneafrique.com/358079/politique/gabon-contient-reponse-deposee-camp-bongo-devant-cour-constitutionnelle/

Gabon : ce que contient la réponse déposée par le camp Bongo devant la Cour constitutionnelle

16 septembre 2016 à 19h47

Par Jeune Afrique

Suite au recours déposé auprès de la Cour constitutionnelle par le camp de Jean Ping, Ali Bongo Ondimba et ses partisans ont formulé une réponse mercredi auprès de l’instance. Jeune Afrique a pu en consulter les fac-similés.

Six jours après le recours déposé devant la Cour Constitutionnelle par Jean Ping, le camp d’Ali Bongo a répondu mercredi 14 septembre aux griefs exposés par son rival. Dans cette réponse au recours, dont Jeune Afrique a pu consulter les fac-similés (voir ci-dessous), figurent donc le contre-argumentaire du clan du président sortant face aux accusations portées par son adversaire malheureux. Les voici, exposées dans le détail :

Ali Bongo pointe du doigt des bureaux de vote où Jean Ping réalise des scores très élevés

Dans cette réponse au recours, Ali Bongo et ses avocats insistent sur les scores réalisés par Jean Ping dans les 2ème, 5ème et 6ème arrondissement de Libreville. D’après ces documents, ce dernier a remporté la majorité des suffrages dans tous les bureaux de vote des 2ème et 5ème arrondissement. Mieux, Jean Ping réalise 98% des suffrages dans le 5ème et 97% dans le 6ème.

Le clan Bongo souligne également que le 2ème arrondissement est tenu par Jean Eyeghe Ndong, un soutien fort de Jean Ping. Mieux, à Bitam (Woleu Ntem), fief de l’opposant René Ndémezo Obiang, un bureau de vote en particulier fait l’objet de toutes les attentions de la part des avocats d’Ali Bongo : et pour cause, toujours selon le président sortant, Jean Ping y aurait remporté 103% des votes.

  • Comme Jean Ping, Ali Bongo dénonce des procès-verbaux non signés pris en compte par la Cenap

Attaqué sur le terrain des procès-verbaux non signés par Jean Ping, Ali Bongo Ondimba réplique dans sa réponse au recours. Ses juristes dénoncent des PV raturés, parfois signés en l’absence des représentants de la majorité, qui ont pourtant été validés par la Commission électorale nationale autonome et indépendante.

En effet, un PV, pour être valide, doit être signé par l’assesseur et les représentants du pouvoir comme de l’opposition, ce qui n’a donc pas été le cas à en croire Ali Bongo. D’autres sources proches du parti au pouvoir affirment même qu’une partie de ces documents de la Cenap ne correspondent même pas aux originaux issus des bureaux de vote. Ce qui pousse donc le camp Bongo à demander leur annulation à la Cour constitutionnelle.

  • Jean Ping visait principalement le Haut-Ogooué

Lorsqu’il a saisi la Cour constitutionnelle jeudi 8 septembre, Jean Ping dénonçait un scrutin « totalement faux ». Il visait particulièrement les résultats mesurés dans la province du Haut-Ogooué et les 174 procès-verbaux provenant des bureaux de vote de cette région acquise à la cause d’Ali Bongo : selon ces documents, ce dernier y aurait remporté 95% des suffrages, avec un taux de participation de 99%.

Extraits des procès-verbaux déposés par le camp Bongo auprès de la Cour constitutionnelle. Pour une meilleure lecture, cliquez sur le bouton en bas à droite. 

Documents en ligne : quelques PVs

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16.9,14h41

http://www.jeuneafrique.com/357352/politique/gabon-fonctionne-cour-constitutionnelle/

Gabon : que sait-on du fonctionnement de la Cour constitutionnelle ?

16 septembre 2016 à 13h34 — Mis à jour le 16 septembre 2016 à 14h41

Par Claire Rainfroy

Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, est au centre de toutes les attentions. D’ici le 23 septembre, cette magistrate de 61 ans devra en effet rendre le verdict de la Cour concernant les résultats controversés de l’élection présidentielle du 27 août, donnant selon les chiffres officiels la victoire à Ali Bongo Ondimba face à son rival Jean Ping.

Confirmera-t-elle ces résultats provisoires, ou bien tranchera-t-elle en faveur d’un recompte des voix dans sa région natale, le Haut-Ogooué, comme le demandent à la fois l’opposition et une grande partie de la communauté internationale ?

Alors que l’opposition accuse l’instance de partialité, Jeune Afrique s’est penché sur la genèse de la plus haute juridiction du pays, les décisions déjà prises par elle, mais aussi sur le parcours de sa puissante et indétrônable présidente, Marie-Madeleine Mborantsuo.

D’où vient la Cour constitutionnelle et qui la compose ?

La plus haute juridiction du pays est née de l’esprit de la conférence nationale gabonaise, en 1990, dans la foulée de l’instauration du multipartisme. Selon la Constitution de 1991, le président de la Cour devait être élu par ses pairs. Depuis, la règle a changé : la Constitution prévoit désormais qu’il soit « nommé », une désignation qui revient dans la pratique au chef de l’État. Car depuis plus de 20 ans, le fauteuil est occupé par Marie-Madeleine Mborantsuo, nommée par Omar Bongo Ondimba.

Huit autres membres, appelés « conseillers », composent l’instance. Parmi eux, cinq hommes et trois femmes : Hervé Moutsinga, Louise Angue, Christian Baptiste Quentin, Claudine Menvoula Menze, François de Paul Adiwa-Antony, Christian Bignoumba Fernandes, Jacques Lebama, et Afriquita Dolorès Agondjo.

Sur ces neuf membres, trois sont nommés, comme la présidente, par le Palais du bord de mer, trois par le président du Sénat et trois autres l’ont été par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama, passé dans le camp de l’opposition fin mars.

Ce mode de désignation alimente les suspicions de l’opposition, dont les cadres dénoncent la mainmise du Parti démocratique gabonais [PDG, au pouvoir] sur la Cour. Des critiques qui expliquent d’ailleurs le surnom de l’instance, à savoir « la Tour de Pise », en raison de sa propension à pencher du côté du pouvoir, selon les adversaires d’Ali Bongo.

Qui est Marie-Madeleine Mborantsuo ?

Ces critiques n’épargnent pas la présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, soumise à une pression croissante à mesure que la date butoir approche. D’ici le 23 septembre, c’est en effet à cette magistrate de 61 ans qu’il reviendra de valider ou non les résultats de l’élection présidentielle du 27 août.

Une femme bardée de diplômes et de décorations étrangères, dont le parcours démontre à nouveau qu’au Gabon, les affaires de famille s’entremêlent souvent avec la politique. « C’est Dallas », avait ainsi résumé l’ambassadeur américain, évoquant les liens familiaux unissant Ali Bongo à son ancien beau-frère, Jean Ping, rapportait RFI.

Car Marie-Madeleine Mborantsuo, surnommée « 3M », est aussi connue à Libreville pour avoir été l’une des maîtresses d’Omar Bongo, qu’il avait lui-même nommée à la tête de l’Institution en 1998. Deux enfants sont nés de leur relation, ces derniers étant donc également des demi-frères du chef de l’État.

Des liens personnels qui attisent les critiques de l’opposition, mais qui ne permettent pas pour autant de présumer d’une entente cordiale entre Marie-Madeleine Mborantsuo et Ali Bongo. Au contraire, selon des bruits de couloir tenaces relayés par les médias locaux, une certaine mésentente régnerait entre le chef de l’État et la magistrate.

Que sait-on des décisions déjà prises par la Cour ?

Jean Ping a longtemps hésité avant de finalement déposer des recours. Sous la pression de la communauté internationale l’enjoignant d’épuiser les moyens légaux, l’équipe de l’ancien patron de l’Union africaine a finalement déposé des requêtes le 8 septembre, non sans avoir auparavant dénoncé la collusion existant selon elle entre la Cour et le Palais du bord de mer.

L’équipe de Jean Ping  en veut pour preuve la dernière élection présidentielle, déjà contestée par l’opposition et entachée de heurts meurtriers. En 2009, Marie-Madeleine Mborantsuo avait en effet validé l’élection d’Ali Bongo, déboutant l’opposition et les dizaines de recours déposés par les partisans des opposants d’alors, les défunts André Mba Obame et Pierre Mamboundou.

« Nous n’avons pas confiance en la Cour constitutionnelle car depuis 1991, elle penche toujours du côté du pouvoir », explique Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre passé à l’opposition, contacté par Jeune Afrique. « Ces élections ont donné un résultat clair en faveur de Monsieur Jean Ping. Nous attendons que la Cour dise la vérité des urnes », poursuit-il, réaffirmant un appel lancé par les leaders de l’opposition jeudi 15 septembre à l’adresse des neuf conseillers de la Cour.

Pour autant, la Cour présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo n’a pas toujours validé les projets portés par le palais. À commencer par « le tribunal spécial » voulu pour lutter contre les crimes rituels ou la délinquance financière. « La saisine de la Cour constitutionnelle a entraîné la suspension de l’amendement, qui n’a pas pu être ratifié par le Parlement. La Cour a donc statué de la caducité et n’a pas tranché sur le fond. Ça s’appelle user de moyens dilatoires de façon intentionnelle », décrypte une source proche du dossier.

Reste donc à attendre le verdict de la Cour. De son côté, Jean Ping a prévenu, en cas d’issue négative de ses recours : « Aucune juridiction ne peut être placée au dessus de la décision du peuple souverain et lui imposer un autre choix que le sien. Je me suis engagé à défendre le vote des Gabonais, je tiendrai ma promesse et mes engagements. Je ne reculerai pas ».

Claire Rainfroy

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16.9, 11h45

http://afrique.lepoint.fr/actualites/julie-owono-couper-internet-c-est-violer-l-etat-de-droit-16-09-2016-2068837_2365.php

Julie Owono : « Couper Internet, c’est violer l’État de droit »

DÉCRYPTAGE. Trois pays, trois scrutins contestés et à chaque fois la même méthode : couper Internet. La société civile africaine se mobilise pour dire stop.

Propos recueillis par Viviane Forson

Publié le 16/09/2016 à 10:58 – Modifié le 16/09/2016 à 11:45 | Le Point Afrique

Julie Owono est avocate, responsable du bureau Afrique de l’ONG Internet sans frontières ; ici à l’ouverture du sommet des cyberactivistes africains Africtivistes. Dakar, Sénégal, 26 novembre 2015. © FB

« Quinze jours que ça dure ! » Les Gabonais sont privés d’Internet depuis le 28 août, au lendemain du scrutin électoral. Cette coupure se remarque par une bande passante ralentie qui atteint péniblement un quart de sa capacité totale. Une coupure totale de cinq jours avait suivi l’annonce de la réélection du président sortant Ali Bongo Ondimba d’une très courte avance sur son rival Jean Ping, qui revendique lui aussi la victoire et a saisi la Cour constitutionnelle. La connexion est désormais partiellement rétablie de 6 heures (5 heures GMT) à 18 heures, avant d’être coupée de nouveau dès la nuit tombée. En revanche, les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook ou WhatsApp restent inaccessibles. Aucune explication officielle n’a été fournie sur les raisons de cette coupure, ni par des opérateurs téléphoniques, ni par les autorités. Seuls quelques membres du cercle présidentiel évoquent « la propagation de rumeurs et l’organisation des pilleurs sur ces réseaux ». Mais peu avant la proclamation des résultats, des rumeurs persistantes affirmaient déjà qu’internet allait être coupé, comme ce fut le cas au Congo-Brazzaville au moment de la présidentielle ou encore plus récemment au Tchad. Depuis le 6 septembre, Internet n’est disponible qu’à partir de l’aube, jusqu’à 18 heures. Le soir, aucune connexion n’est possible, même par VPN. Julie Owono est avocate et responsable du bureau Afrique de l’ONG-Internet sans frontières, elle détaille au Point Afrique comment cette mesure radicale produit l’effet inverse de ce qui était craint.

Le Point Afrique : Couper Internet est devenu une marque de fabrique pour les régimes qui chutent, pourquoi ?

Julie Owono : couper les télécommunucations, à l’ère du numérique et de l’économie de l’information, signifie tout simplement qu’on ne veut pas que l’information circule, et qu’on prend inutilementt le risque de paralyser l’économie. Et cela montre aussi et surtout que l’on ne comprend pas le XXIe siècle. En decidant de priver les Gabonais d’Internet, le gouvernement a voulu contenir la circulation des informations en provenance du Gabon, sans doute pour que le monde ne voie pas d’une part les irrégularités qui ont émaillé le vote, puisque les premières perturbations du reseau interviennent dès le 28 août, soit un jour après la tenue du scrutin ; d’autre part, la violente répression qui a eu cours dans le pays dès l’annonce des résultats.Mais comme je le disais, faire cela, c’est ignorer l’époque dans laquelle on vit. Plus vous voudrez cacher des informations sur Internet, plus celles-ci circuleront. Dans le cas du Gabon, ce principe s’est vérifié : aussi bien l’ONU que la France ont appelé le gouvernement à mettre fin à cette censure, les vidéos et photos de la répression qui ont pu filtrer et ont fait le tour du monde. Le monde entier parle du Gabon et de ce qui s’y passe. Bref, le contraire de ce qui avait été voulu en coupant Internet.

Du point de vue du droit, est-ce que tout cela est légal ?

Non, le Gabon, comme le Tchad, comme la République du Congo et tous ces États qui censurent Internet, ils ont tous signé la Déclaration universelle des droits de l’homme, notamment son article 19 qui protège la liberté d’expression, ainsi que l’article 33 de la Constitution de l’Union internationale des Télécommunications. Par ailleurs, le 1er juillet 2016, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution affirmant que l’État de droit doit s’appliquer en ligne et hors ligne. Dans ce même texte, l’ONU condamne fermement les coupures et perturbations du réseau.

Comment les États peuvent-ils se justifier ?

Les États qui pratiquent ces coupures de réseau se cachent derrière l’argument de l’ordre public. Cette justification ne tient pas : tous les textes internationaux qui engagent les États sur les libertés d’expression et de communication admettent que des restrictions soient apportées à ces libertés, mais à condition que les mesures de restriction soient nécessaire et proportionnées, et que la décision soit prise par un juge. Or dans tous les cas connus de coupure totale ou partielle du réseau internet, la décision est prise par le gouvernement, à aucun moment un juge n’est saisi. Il y a là une violation de l’État de droit, que se permettent les gouvernements, parce que c’est Internet et qu’ils ne risquent aucune sanction. C’est ce que les membres de la coalition Keepiton, dont Internet sans frontières fait partie aux côtés d’une centaine d’organisations de la société civile, essaient d’obtenir : si l’ONU considère que les droits et libertés doivent être protégés en ligne et hors ligne, alors il faut prévoir des sanctions contre ceux qui violent l’État de droit en ligne, comme ils seraient sanctionnés si cette situation arrivait dans le monde non virtuel.

Et concernant les coupures sur les réseaux sociaux, quelle est la procédure ?

Il y a plusieurs techniques de censure sur Internet. Pour ce qui est de bloquer l’accès à certains sites, souvent des réseaux sociaux, le gouvernement peut demander que les adresses IP des serveurs hébergeant les sites dont on ne veut pas sur son territoire soient bloqués.

Dans ce cas, quelle est l’implication des opérateurs télécoms ?

Elle est très importante : bon gré et très souvent mal gré, ils deviennent complices de ces cas de censure : dans un communiqué du mois de juillet, deux des principales associations regroupant les opérateurs télécoms ont publié un communiqué conjoint dans lequel elles disent que les ordres de couper ou limiter le service internet qu’elles recoivent des gouvernement ont des effet disproportionnés et ne sont pas nécessaires dans la très grande majorité des cas : http://globalnetworkinitiative.org/news/global-network-initiative-and-telecommunications-industry-dialogue-joint-statement-network-and. Les opérateurs n’ont aucun intérêt à priver leurs clients d’internet.

Confirmez-vous que le gouvernement est seul décisionnaire dans cet acte ?

Oui. Quand il s’agit d’Internet, la censure du réseau est un des domaines où beaucoup d’États font jouer leur souveraineté.

Combien de temps peuvent durer les coupures ?

De quelques heures à plus d’un mois, comme c’est actuellement le cas au Cachemire, en Inde.

Que dit la législation internationale sur ce point, il n’y a pas de règle ?

Les textes existant que j’ai cités plus tôt peuvent être et doivent être appliqués à la question de coupure ou perturbation du réseau internet. Mais comme tout en droit international, tout est une question de contrainte. Internet sans frontières, en tant que membre de la coalition Keepiton, espère contribuer à la mise en place de sanctions internationales contre les pays qui violent les libertés en ligne de leurs citoyens.

Peut-on se dire démocrate et couper les réseaux de communication ?

C’est absolulent antinomique : si on est pour l’État de droit dans le monde non virtuel, on ne peut pas violer ce même État de droit dans l’espace cybernétique.

Comment les populations peuvent-elles contourner ces blocages ?

Elles peuvent utiliser des logiciels de contournement, comme TOR, psiphon (tous deux sont des logiciels libres) ou encore des VPN, en gardant à l’esprit que certains vpn peuvent violer la vie privée de leurs utilisateurs. Le mieux est d’installer ces outils en amont de toute coupure quand c’est possible, en ayant bien veillé à lire les politiques d’utilisation du service que vous allez télécharger. Tous ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent nous contacter contact@internetsansfrontieres.org.

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16.9, 8h02

http://www.jeuneafrique.com/mag/356331/politique/gabon-entre-ping-bongo-chefs-detat-etrangers-soutiennent/

Gabon : entre Ping et Bongo, qui les chefs d’État étrangers soutiennent-ils ?

Publié le 16 septembre 2016 à 08h12

Par Christophe Boisbouvier

Le score est trop serré pour que l’un ou l’autre fasse l’unanimité. Tour d’horizon des alliés, plus ou moins clairement déclarés, des deux adversaires.

Entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, la chasse aux soutiens étrangers est ouverte. En septembre 2009, quelques jours après une première élection très contestée, ABO – avec le soutien du Français Nicolas Sarkozy – avait réussi à mettre la communauté internationale dans son camp. Lorsque la Commission de l’UA – présidée par un certain… Jean Ping – avait voulu envoyer à Libreville une mission, il s’y était opposé fermement et avait obtenu gain de cause.

Mais aujourd’hui, « Ali » n’est plus dans la même position de force. Le score entre Ping et lui est trop serré et les violences postélectorales ont fait trop de victimes. Le 9 septembre dernier, il a échappé de justesse à l’arrivée d’une mission de bons offices conduite par le président en exercice de l’UA, le Tchadien Idriss Déby Itno. Si la rue s’embrase à nouveau, il devra l’accueillir.

Positions divergentes des chefs d’État africains

Pour qui « votent » les trois voisins immédiats du Gabon ? À Libreville, un conseiller d’ABO ne doute pas de l’appui du Camerounais Paul Biya. « Nous savons que notre grand frère de Yaoundé est toujours là, bienveillant », dit-il. Il est vrai que déjà, en août 2009, à la veille du scrutin, le président du Cameroun avait été l’un des deux chefs d’État de la sous-région à appeler personnellement l’opposant Casimir Oyé Mba, qu’il avait pourtant soutenu, afin de le convaincre de retirer sa candidature.

En revanche, ce même conseiller ne se fait aucune illusion sur les deux autres chefs d’État voisins, l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et le Congolais Denis Sassou Nguesso. « Nous savons qu’ils soutiennent Ping », lance-t-il. De fait, en 2009, le président de la Guinée équatoriale avait apporté une aide massive à l’opposition. À tel point que Nicolas Sarkozy, à la demande d’ABO, avait dépêché à Malabo un membre de son gouvernement, Alain Joyandet, pour essayer d’infléchir cette politique.

Qu’en est-il de Denis Sassou Nguesso ? Entre Brazzaville et Libreville, les relations sont en dents de scie, surtout depuis le décès, en mars 2009, d’Édith-Lucie Bongo Ondimba. Comme elle était à la fois la fille du président du Congo et l’épouse de celui du Gabon, les deux pays se sont disputé sa mémoire et n’ont pas vraiment vidé cette querelle. Certes, en juin dernier, ABO a été longuement reçu à Oyo, le fief du président congolais. Mais entre Ping et Sassou Nguesso, le courant passe mieux.

Un proche de ce dernier confie : « Le 7 septembre, quand nous avons entendu Ali Bongo dire à nouveau “non” à tout recomptage des voix par la commission électorale, nous avons renoncé à participer à la mission de l’UA à Libreville. » Cela dit, en public, Sassou Nguesso reste d’une extrême prudence. Ses deux maîtres mots sont « réserve » et « retenue ».

Autre poids lourd d’une Afrique centrale qui a peu goûté le fait qu’Ali ait entrepris de liquider l’héritage politique de son père, Idriss Déby Itno prend un malin plaisir à ne pas montrer sa préférence. Dès le 1er septembre, au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, le président tchadien a appelé les deux frères ennemis gabonais pour les inviter à la modération. A priori, il n’a pas de raison de choisir entre les deux.

Mais comme sa propre réélection, en avril dernier, a été très contestée, il n’est pas sûr qu’il voie d’un bon œil la mobilisation de l’opposition gabonaise en faveur de la transparence électorale. Commentaire d’un diplomate français : « Je ne vois pas un grand squale comme Idriss Déby donner des leçons de démocratie à Ali Bongo. Il aurait trop peur que la vague de transparence lui retombe dessus ! »

En Afrique de l’Ouest, Ali Bongo Ondimba et Jean Ping comptent aussi fébrilement leurs amis. Un moment, ABO a craint que son grand frère d’Abidjan ne le lâche. Mais depuis qu’Alassane Ouattara a limogé Mamadi Diané, son conseiller pro-Ping, ABO semble rassuré. Le Togolais Faure Gnassingbé, qui, comme « Ali », a succédé à son père, est aussi un allié fidèle. Dans le camp Ping, on veut croire qu’un président démocratiquement élu comme le Sénégalais Macky Sall soutient naturellement l’adversaire d’ABO.

On se félicite aussi du message du chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, qui « invite l’UA et la communauté internationale à s’impliquer dans la recherche de solutions de sortie de crise dans le respect du choix du peuple gabonais ». Il faut dire que c’est un vieil ami de l’opposant gabonais Guy Nzouba-Ndama. Les deux hommes, qui ont longtemps présidé l’Assemblée nationale de leur pays, se sont beaucoup fréquentés à l’assemblée parlementaire de la Francophonie.

Paroles prudentes en France

Et la France ? À la différence de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, François Hollande n’a jamais soutenu ABO, dont le clan, à ses yeux, incarne « la Françafrique de papa ». Mais vu la forte communauté française au Gabon – environ 12 000 personnes – et le nombre d’entreprises françaises implantées dans ce pays, il essaie de rester cordial avec son partenaire de Libreville. Le 28 août, quand il a pris parti pour Ping, le Parti socialiste français a dit tout haut ce que Hollande pense tout bas, mais s’est ensuite fait rappeler à l’ordre par l’Élysée et Matignon.

Le 31 août au soir, quand Libreville s’est enflammée après l’annonce des résultats provisoires, Hollande a appelé ABO pour lui demander de jouer l’accalmie. « Le ton a été cordial », confie un proche de ce dernier. Le 1er septembre, le président français a déclaré par communiqué : « L’apaisement […] suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin. » Son ministre des Affaires étrangères est allé plus loin. Il a exprimé clairement un « doute » sur les chiffres provisoires et a réclamé un recomptage des bulletins.

En fait, Paris fait bouger le curseur vers Ping, mais pas trop. « Hollande n’a lâché Ali qu’à moitié, analyse un diplomate français. Il se dit qu’au bout du bras de fer il va peut-être gagner et qu’il ne faut pas se mettre trop mal avec lui. »

Ali Bongo Ondimba a moins d’amis aujourd’hui qu’en 2009

Pour ne pas insulter l’avenir, le président français avance donc masqué. Il laisse monter en première ligne les observateurs de l’Union européenne, qui constatent « une anomalie évidente » dans les résultats provisoires du Haut-Ogooué. Et il espère encore que, sous la pression de l’UA, la Cour constitutionnelle du Gabon la rectifiera. « Il reste un petit espoir pour que la démocratie triomphe, et après nous aviserons », lâche l’un de ses proches.

Preuve de son profond embarras, François Hollande vient de faire retirer très discrètement de l’état-major de la police gabonaise les coopérants de la police française. Ceux-ci travaillent maintenant incognito et en civil dans les locaux de l’ambassade de France à Libreville.

Au total, Ali Bongo Ondimba a moins d’amis aujourd’hui qu’en 2009. Certes, il peut toujours compter sur le Marocain Mohammed VI ou le Rwandais Paul Kagame et, plus généralement, sur cette Afrique anglophone encore traumatisée par l’épisode Gbagbo et qui redoute tout ce qui pourrait ressembler à une ingérence française. Mais Jean Ping a aussi un très bon carnet d’adresses.

Et même le fidèle Nicolas Sarkozy commence à flancher. Il y a quatre mois, par l’entremise de l’avocat franco-libanais Robert Bourgi, l’ancien président français a reçu discrètement Ping à Paris. Et aujourd’hui, il confie : « Qui pourrait être contre le recomptage ? » Les temps changent…

Christophe Boisbouvier

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16.9, 1h59

http://www.rfi.fr/afrique/20160915-france-enquete-relance-polemique-naissance-ali-bongo-gabon

Gabon: une enquête en France démonte la polémique sur les origines d’Ali BongoLe président du Gabon, Ali Bongo, lors d’une visite à l’Elysée, le 8 avril 2014.

Par RFI Publié le 15-09-2016 Modifié le 16-09-2016 à 01:59

En pleine crise électorale, alors que la Cour constitutionnelle gabonaise doit trancher la semaine prochaine sur la question de sa réélection contestée à la présidence de la République, Ali Bongo est au coeur d’une enquête publiée ce jeudi 15 septembre par un quotidien français, le Midi Libre. Ce journal a recueilli des informations selon lesquelles Ali Bongo était en France dans les années 1965-1966. Ali Bongo aurait séjourné à Alès précisément, dans le sud de la France. « J’ai d’abord retrouvé des camarades de classe de celui qui s’appelait à l’époque Alain Bongo, la famille s’étant convertie [à l’islam] en 1973, et les photos que j’ai retrouvées datent de 1965-1966, explique à RFI Caroline Froelig, la journaliste du Midi Libre qui a réalisé cette enquête. Ses « petits copains » se souviennent très bien de lui. C’était un petit peu particulier pour eux puisqu’il leur expliquait que son papa était vice-président du Gabon. Tous ne le croyaient pas d’ailleurs à l’époque. » Pour s’assurer de la fiabilité de ces témoignages et de ces photos, la journaliste explique avoir comparé avec des photos officielles. « On reconnaît tout à fait le petit garçon », assure-t-elle. Elle ajoute avoir « multiplié les témoignages » et recoupé les informations entre les différentes déclarations. On a toujours fait le lien. On a suivi le cheminement de ce gosse et on a toujours su lorsqu’il a succédé à son père que c’était bien Alain Bongo.

Roland Larguier, 83 ans

16-09-2016 – Par David Baché

La thèse de l’opposition mise à mal

Ces informations viennent en tout cas démonter une thèse chère à l’opposition gabonaise, selon laquelle Ali Bongo, fils et successeur à la présidence d’Omar Bongo, serait en fait un enfant nigérian adopté pendant la guerre du Biafra, à la fin des années 1960. Or, la loi gabonaise stipule que seul un Gabonais de naissance peut prétendre à la Présidence. Prouver qu’Ali Bongo était en France avant cette guerre, c’est prouver qu’il n’a pas été adopté pendant ou après. Une thèse qui, avant d’être reprise par les opposants politiques gabonais, a été avancée par Pierre Péan. Mais pour lui, ces révélations ne changent rien. « J’affirme de façon absolue qu’Ali Bongo n’est pas le fils biologique de Joséphine Bongo et Albert Bernard Bongo », réagit le journaliste français sur RFI. En revanche, au sujet de la guerre du Biafra, le journaliste botte en touche. « Il me faut un peu de temps pour comprendre la mécanique et comment ça peut s’articuler avec ce dont je suis encore aujourd’hui convaincu, c’est-à-dire l’affaire du Biafra », poursuit-il.

Réactions au Gabon

Du côté de Libreville, pour Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole d’Ali Bongo, cette enquête vient confirmer ce que le clan Bongo avait toujours dit. Il espère donc que cela va mettre un terme à un débat qualifié de « nauséeux ». En revanche, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, responsable de la communication de Jean Ping, l’adversaire d’Ali Bongo à la présidence, rappelle qu’Ali Bongo, de fait, a été autorisé à se présenter, et que donc ce qui compte aujourd’hui, ce n’est plus ce débat, c’est la réalité des suffrages exprimés le 27 août dernier.

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16.9, 10h44

http://www.rfi.fr/afrique/20160916-presidentielle-gabon-deux-camps-s-accusent-intimidation

Présidentielle au Gabon: pouvoir et opposition s’accusent de tentatives d’intimidation

Par RFI Publié le 16-09-2016 Modifié le 16-09-2016 à 10:44

Au Gabon, en attendant que la Cour constitutionnelle tranche le contentieux électoral, le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition continue. Les deux camps s’accusent mutuellement d’instaurer un climat d’intimidation et de harcèlement.

Ce jeudi, René Ndemezo’o Obiang, le directeur de campagne de Jean Ping, a dénoncé l’arrestation du colonel Makita Niembo Théophile. Ce militaire à la retraite aurait été arrêté, selon lui, mardi soir.

« Le colonel Makita, qui est un des responsables de notre sécurité, a été appréhendé à son domicile avec son épouse. Et son épouse a été relaxée à peu près une heure, une heure et demie après. Depuis lors, nous sommes sans nouvelles de lui. Nous avons fait l’ensemble des endroits où nous pensions qu’il pourrait être détenu, le Cédoc, le camp Roux, la brigade gendarmerie de Gros-Bouquet, et nous n’avons eu aucune trace de lui », explique René Ndemezo’o Obiang.

Une arrestation incompréhensible pour le directeur de campagne de Jean Ping : « Quelles sont les raisons qui motiveraient son arrestation aujourd’hui ? Nous sommes vraiment incapables de le dire. Et c’est pour cela que nous sommes extrêmement inquiets. En fait, l’arrestation du colonel Makita s’inscrit dans la droite ligne de tous les actes que le pouvoir pose en ce moment [et] qui sont du domaine de l’arbitraire pur et simple. Tout ce qui est contraire à l’Etat de droit. »

D’après l’opposition toujours, un autre colonel à la retraite, le colonel Dominique Kouérey, aurait été également arrêté.

Intimidations au Haut-Ogooué

De son côté, le pouvoir accuse aussi l’opposition d’harceler ses partisans. Ce jeudi, des représentants des populations de la province du Haut-Ogooué, dont Ali Bongo est originaire, se sont réunis à Libreville pour se plaindre de la stigmatisation et des violences dont ils sont l’objet depuis l’annonce de la victoire d’Ali Bongo.

« Nous sommes originaires du Haut-Ogooué et nous restons Gabonais. Personne ne peut soustraire le Haut-Ogooué du Gabon. Depuis 1993, [date de] la première élection présidentielle plurielle, le Haut-Ogooué n’a jamais voté pour le PDG [Parti démocratique gabonais au pouvoir] à moins de 90 %. C’est normal qu’on continue à stigmatiser le Haut-Ogooué. Le Haut-Ogooué est devenu célèbre à cause d’un taux de participation, à cause d’un pourcentage », regrette Jean-Pierre Oyiba, ministre des Travaux publics et surtout coordinateur de la campagne d’Ali Bongo dans cette province.

Et le ministre dénonce la poursuite de ces intimidations : « Des intimidations que nous continuons à vivre, des attaques, des atteintes physiques aux personnes, ça s’est passé à Port-Gentil et à Libreville, et ça continue. Les menaces physiques, mais quelle est la responsabilité du Haut-Ogooué dans cette affaire ? Donc il nous revient vraiment de faire très attention et de rappeler à nos amis, à nos compatriotes que stop : le Haut-Ogooué, c’est le Gabon. »

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16.9, 0h15

http://www.rfi.fr/afrique/20160915-gabon-appel-lance-leaders-opposition-cour-constitutionnelle-ping-nzouba-ndama

Gabon: les leaders de l’opposition lancent un appel à la Cour constitutionnelle

Lecture de la déclaration de l’opposition par Didjob Divungi Di Ndinge au domicile de Jean Ping, jeudi 15 septembre 2016. © RFI/Richard Riffonneau

Par RFI Publié le 16-09-2016 Modifié le 16-09-2016 à 00:15

Le Gabon attend de connaître la décision que rendra la Cour constitutionnelle d’ici le 23 septembre. Les leaders de l’opposition réunis au domicile de Jean Ping ont lu ce jeudi 15 septembre au soir une déclaration solennelle. Un message adressé aux neuf juges qui doivent trancher sur le contentieux électoral après les résultats provisoires qui donnent Ali Bongo vainqueur avec une courte avance de 6 000 voix seulement.

Autour de Jean Ping, ils sont presque tous là, ce jeudi soir. Les anciens Premier ministres Casimir Oyé Mba et Jean Eyeghe Ndong, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama ou encore l’ancien gouverneur de la banque des Etats d’Afrique centrale Philibert Andjembé.

C’est Didjob Divungi Di Ndinge, ancien vice-président, qui lit la déclaration. « Après l’annonce par le ministère de l’Intérieur des résultats provisoires du scrutin présidentiel du 27 août 2016, notre pays a plongé dans une vague de violence inédite et chemine désormais, il faut le craindre, vers une instabilité durable », rappelle-t-il.

Et de citer le nom des neuf juges de la Cour constitutionnelle. L’avenir du Gabon est entre leurs mains, déclare l’opposant. « Les Gabonais attendent que les juges constitutionnels agissent en leurs âmes et consciences. Ames et consciences qui ne sauraient être prises en otage par un homme et ses ambitions ou un clan et ses affiliés. Nous savons pouvoir compter sur des personnalités pétries d’expérience, de patriotisme et pleinement conscientes de l’intérêt supérieur de la nation. Mesdames et Messieurs, désormais les Gabonais attendent. »

Parmi ces leaders, Guy Nzouba-Ndama, l’ancien président de l’Assemblée nationale. « Ce qui nous tient à cœur, c’est que les membres de la Cour constitutionnelle prennent conscience que le destin du Gabon repose dans leurs mains, explique-t-il. Ils ont une décision lourde de conséquences à prendre. Dans notre corpus constitutionnel, les décisions de la Cour ne sont pas susceptibles de recours. Cela veut dire que c’est la dernière voix, donc nous invitons les membres de la Cour à dire le droit et s’ils disent le droit à reconnaître ce que le peuple gabonais a voulu exprimer à travers son vote du 27 août dernier»

Un message en forme de mise en garde ? « Je n’oserais pas dire que c’est une mise en garde, nuance-t-il. Nous appelons à la conscience des unes et des autres pour qu’ils comprennent que leur mission est très délicate et que nous les appelons à dire le droit, rien d’autre. »

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15.9

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15.9, 19h13 Interview Marie-Madeleine Mborantsuo !

http://www.jeuneafrique.com/357768/politique/marie-madeleine-mborantsuo-cour-constitutionnelle-gabon-examinera-recours-procedure-prevoit/

Marie-Madeleine Mborantsuo : « La Cour constitutionnelle du Gabon est capable de travailler sous la pression»

15 septembre 2016 à 19h02 — Mis à jour le 15 septembre 2016 à 19h13

Par Marwane Ben Yahmed – Envoyé spécial à Libreville

Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, revient sur les derniers développements du processus électoral gabonais. Interview exclusive.

Jeune Afrique : La Cour constitutionnelle a reçu un recours formulé par le candidat Jean Ping. Où en est son examen ?

Marie-Madeleine Mborantsuo : Le recours a été enregistré au greffe de notre juridiction et immédiatement notifié à la partie défenderesse, c’est-à-dire Monsieur Ali Bongo Ondimba, déclaré provisoirement élu par la Commission électorale nationale autonome et permanente. Les juges rapporteurs chargés de l’instruction du dossier sont à pied d’œuvre et examinent non seulement les moyens de droit et les pièces jointes au dossier mais également les mémoires en défense qui ont été communiqués hier par les avocats de la partie défenderesse.

Quand peut-on espérer une décision ?

S’agissant de l’élection présidentielle, la cour dispose de quinze jours pour statuer à compter de la date d’enregistrement au greffe. Nous espérons donc que d’ici à la semaine prochaine, la Cour pourra vider sa saisine.

Monsieur Ping vous a adressé une sorte de mise en garde. Il vous enjoint de décider en fonction de ce qu’il perçoit comme étant la vérité des urnes. Comment accueillez-vous ses propos ?

Nous pensons que ce n’est qu’un excès de langage. Vous faites bien de dire qu’il s’agit de « sa » vérité. Ici, il n’y a pas deux vérités. Nous examinons les faits à partir des procès-verbaux que la Cenap nous fait parvenir en sa qualité de principal organisateur du scrutin. Nous travaillons également en fonction des pièces que nous communiquent Monsieur Ping mais aussi Monsieur Bongo Ondimba. Les injonctions d’un candidat, quel qu’il soit, ne rentrent pas dans le cadre d’une procédure judiciaire normale. La Cour ne statue pas en fonction des injonctions de l’une ou de l’autre partie. Elle le fait au vu des dossiers qui lui sont soumis. Les membres de la Cour sont sereins. Ils examineront les recours comme la procédure le prévoit.

Quelle qu’elle soit, votre décision aura des conséquences sur l’avenir du pays. Une lourde pression pèse sur votre juridiction. Comment vivez-vous cette période ?

Chaque élection présidentielle a toujours son lot de pression. Ce ne sera pas la première fois que la Cour constitutionnelle gabonaise se retrouve dans une situation sensible. Il vous souviendra qu’en 2009, c’est cette même cour qui a eu à superviser l’élection du président de la République suite au décès d’Omar Bongo Ondimba. Nous avons de l’expérience et sommes capables de travailler sous la pression. Je ne peux pas dire qu’on s’en accommode mais le juge, de par sa formation, a toujours des éléments qui lui permettent de ne pas perdre pied, de statuer non en opportunité mais en droit.

Quelles sont les possibilités qui s’offrent à la Cour constitutionnelle ? Elle peut confirmer l’élection du président Ali Bongo Ondimba. Peut-elle inverser les résultats pour déclarer Jean Ping vainqueur ou alors demander un nouveau scrutin ?

La loi prévoit toutes ces possibilités. En l’état actuel du dossier, je ne puis me déterminer. Cependant, je dois dire qu’il est rare que la voie de l’inversion soit utilisée. La Cour étant saisie en contentieux électoral, les dossiers portent aussi bien sur les résultats annoncés dans la province du Haut Ogooué, dans le Woleu Ntem, à Libreville, à Owendo ou à Ntoum. Comme vous le constatez, il est prématuré d’envisager telle ou telle voie. Je peux tout simplement vous assurer qu’en dehors de l’aspect contentieux, la Cour va procéder au contrôle de la régularité de tous les 2 580 procès-verbaux de cette élection. Nous ne validerons pas des résultats que nous n’aurons pas préalablement vérifiés.

Au regard des documents en votre possession, comment jugez-vous le travail effectué par la Cenap ?

Pendant près de huit mois, les membres de la Cour ont sillonné tout le pays, se sont adressé aux acteurs chargés de la bonne tenue des opérations électorales. Mais nous avons dénombré des retards, nous déplorons l’absence des scrutateurs dans les bureaux de vote. Nous déplorons également l’absence des représentants de certains candidats dans les bureaux de vote. Nous sommes au regret de dire qu’on ne s’attendait pas à ce qu’il y ait encore autant d’insuffisance dans l’organisation des scrutins. Cela ne rend pas facile la tâche du juge constitutionnel. Beaucoup reste à faire.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de partialité compte tenu des relations que vous avez entretenues avec Omar Bongo Ondimba ?

Eh oui (soupir), c’est vraiment dommage de devoir en parler. Écoutez, c’est de l’histoire ancienne. En plus, ces candidats qui en parlent ont eux-mêmes entretenu le même genre de relations avec cette même famille Bongo Ondimba. Donc je n’ai rien à leur dire. Je leur demande tout simplement de considérer que ces relations ne les ont pas empêchés, eux, de se présenter contre le fils d’Omar Bongo Ondimba ou de critiquer son action. Je suis juge, je le serai toute ma vie. J’ai mes convictions qui sont strictement personnelles. Je dois préciser que je ne suis pas seule à prendre les décisions. La Cour est composée de 9 juges parmi lesquels des personnes liées par le sang aux candidats à l’élection présidentielle. Donc, je dis que ces vieilles relations ne remettent en cause ni l’impartialité, ni la rigueur et encore moins la collégialité des décisions rendues par la Cour.

Les acteurs politiques ont privilégié les querelles de personnes au détriment de la confrontation des idées

Comment la citoyenne que vous êtes analyse-t-elle la crise que votre pays traverse actuellement ?

L’élection n’a été qu’un détonateur. Depuis un peu plus d’un an et demi, les acteurs politiques se sont engagés dans une voie faite d’invectives et de diatribes. En fait, cela n’avait rien à voir avec l’élection en elle-même. Ce sont des règlements de comptes personnels, des questions d’intérêt familial ou d’intérêt personnel qui ont conduit malheureusement le Gabon vers cette crise que nous vivons. Lorsque certains candidats se sont autoproclamés présidents de la République, les résultats n’étaient pas encore centralisés par les instances compétentes, notamment la Cenap, qui est un organe composé à parité par les représentants des partis de la majorité et ceux de l’opposition. Donc, on n’a pas attendu que l’instance compétence ait annoncé les résultats. Non seulement on s’est autoproclamé président de la République mais il y a eu des violences qui ont suivi. Et la Cour que je préside n’était même pas encore saisie. Cela pour vous dire que l’élection n’était qu’un alibi. Les acteurs politiques ont privilégié les querelles de personnes au détriment de la confrontation des idées.

Marwane Ben Yahmed

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15.9, 16h01

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/au-gabon-l-etau-se-resserre-sur-la-cour-constitutionnelle_1831058.html

Au Gabon, l’étau se resserre sur la Cour constitutionnelle

Par Vincent Hugeux, publié le 15/09/2016 à 16:01 , mis à jour à 17:23

Soumise à des pressions intenses et contradictoires, la plus haute juridiction du pays va-t-elle valider la « réélection » d’Ali Bongo? De son verdict dépend l’avenir d’une nation déchirée.

On prend les paris : présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, Marie-Madeleine Mborantsuo, alias « 3M », aurait donné cher pour que le sort lui épargne l’épreuve qui lui échoit. Volens nolens, cette juriste bardée de titres universitaires, glanés pour la plupart en France, tient l’avenir du pays entre ses mains. C’est à elle que revient l’ingrat devoir de valider ou pas, d’ici au 23 septembre, la douteuse victoire du chef de l’Etat sortant Ali Bongo Ondimba lors du scrutin à un tour du 27 août. Autant dire que l’ex-« Miss-Franceville » -du nom du chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, fief du clan Bongo-, se trouve soumise, tout comme les huit autres membres de la plus haute juridiction du pays, à des pressions aussi écrasantes que contradictoires. Et nul n’ignore combien le cocktail toxique largesses-menaces empoisonne depuis des lustres la principauté pétrolière d’Afrique centrale.

Certes, celle qui fut l’une des innombrables maîtresses semi-officielles du défunt patriarche Omar Bongo Ondimba, et demeure la mère de deux de ses enfants, dirigeait déjà la « CC » lorsque furent rejetés les onze requêtes en annulation introduites en 2009 par André Mba Obame, rival malheureux d’Ali. Les jeux sont-ils faits pour autant ? Pas si simple. Plus aigre qu’hier, le vent a tourné. « C’est du 50-50, avance un haut-fonctionnaire rompu aux intrigues du Palais du Bord de Mer. Marie-Madeleine sait très bien qu’entériner une telle imposture lui coûterait cher en terme d’image. Elle est coincée. Si on lui offrait de solides garanties quant à sa sécurité, il est probable qu’elle rétablirait la vérité des chiffres au profit du challenger Jean Ping. D’autant qu’il s’agit d’une femme très pieuse, familière du Vatican et impressionnée dit-on par le récent message du pape François. » Allusion à l’appel à la paix et au « respect de la légalité » lancé le 11 septembre à Rome par le Souverain Pontife.

L’enjeu de la composition du Conseil constitutionnel

D’autres facteurs, plus prosaïques, incitent à nuancer le pronostic. A commencer par la composition même de la CC. Trois de ses magistrats -dont 3M soi-même- ont été désignés ou reconduits par Ali. Reste que la présidente, plus proche du père que du fils, passe pour réceptive à l’argumentaire des chefs de file d’Héritage et Modernité, faction dissidente du Parti démocratique gabonais (PDG), le formation au pouvoir. Trois autres membres de la Cour doivent leur cape frangée d’hermine à Guy Nzouba Ndama, président dix-neuf années durant de l’Assemblée nationale ; mais qui a renoncé avec fracas le 31 mars à son perchoir comme à sa carte VIP du PDG, avant de rallier Ping, baron du système en rupture de ban lui aussi. « Le profil de tel ou tel du club des Neuf mérite également le détour, souligne un initié. Afriquita Agondjo, fille d’un opposant historique d’Omar Bongo aujourd’hui décédé, est la nièce de Jean Ping. Christian Bignoumba est pour sa part le neveu de l’ancien vice-président Didjob Divoungui Di Ndinge, passé comme plusieurs caciques dans le camp d’en face. »

Pensée magique ? Le « kongossa » -la rumeur-, sport national et premier produit d’exportation du Gabon devant le pétrole, le manganèse et le bois précieux, distille divers indices tendant à accréditer l’hypothèse de tensions entre le Palais et la figure de proue de la CC. Ainsi, trois des appartements parisiens de 3M, détentrice d’un enviable patrimoine immobilier, auraient été « visités » par des intrus voilà deux mois. Idem pour celui de son compagnon Lin Mombo, président de l’Autorité de régulation des Communications électroniques et des Postes, ou Arcep.

« Le piège ivoirien »

Il y a, pour le régime en place, plus inquiétant que ces on-dit : les mises en garde explicites de l’Italienne Federica Mogherini, patronne de la diplomatie de l’UE. Mardi, à la faveur d’un débat au Parlement, la « Haute Représentante » a signifié aux autorités gabonaises qu’elle les tient pour responsables de la sécurité des membres de la mission d’observation électorale, cibles d’attaques jugées intolérables. De même, Mogherini persiste à « plaider pour la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote ». « Nous espérons, insiste-t-elle, que la Cour agira en toute transparence et indépendance, conformément à son mandat ». L’espoir fait vivre.

« Ce que je crains, avoue notre haut-fonctionnaire, c’est la proclamation d’une décision conforme aux voeux de la présidence dès lundi ou mardi prochain. Isolé, otage du noyau dur des faucons, Ali est tenté de précipiter le verdict afin de prendre tout le monde de vitesse. Le seul truc que craignent les jusqu’auboutistes qui l’entourent -son demi-frère Frédéric Bongo, caïd du renseignement, le ministre de l’Intérieur Pâcome Moubelet Boubeya ou encore le porte-parole Alain-Claude Bilie-By-Nze-, c’est la perspective de sanctions ciblées, genre gel des avoirs ou interdiction de voyager à l’étranger. » Les confidences d’un diplomate sahélien proche du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et en contact régulier avec le Palais de Libreville donnent quelque consistance au scénario du passage en force. « Là-bas, témoigne-t-il, on croit dur comme fer que la France et l’Europe veulent faire tomber le Gabon dans le piège ivoirien. En clair que Paris a décidé d’évincer Bongo Fils, comme le fut Laurent Gbagbo en 2011. Mais les fidèles d’Ali jurent qu’ils ne se laisseront pas faire. »

La juriste Marie-Madeleine Mborantsuo aime-t-elle le théâtre classique? Nul doute que, confrontée à une alternative cornélienne, elle n’en finit plus de méditer le sens du mot « dilemme ». Selon le Larousse: obligation de choisir entre deux partis qui comportent l’un et l’autre des inconvénients. Il y a des « inconvénients » dont on se remet ; et d’autres dont un pays ne se relève pas sans casse.

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15.9, 12h13

http://www.rfi.fr/afrique/20160915-gabon-le-camp-bongo-le-recours-opposition-est-incomplet

Gabon: pour le camp Bongo, le recours de l’opposition est «incomplet»

Par RFI Publié le 15-09-2016 Modifié le 15-09-2016 à 12:13

Au Gabon, le camp d’Ali Bongo contrattaque : le président du comité juridique de campagne du candidat Ali Bongo, Ali Akbar Onanga Y’ Obegue, affirme avoir déposé ce mercredi devant la Cour constitutionnelle sa réponse au recours de Jean Ping. L’opposant demande un recomptage des voix pour la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo a réalisé un score de 95 % des voix avec un taux de participation de près de 100 %.

Dans son mémo de réponses, le pouvoir fait remarquer à la Cour que le dossier de l’opposition est incomplet. Il y a seulement 174 procès-verbaux sur les 297 bureaux de vote dans le Haut-Ogooué. Certains de ces PV sont illisibles, on a des doutes sur leur authenticité, souligne Ali Akbar Onanga Y’ Obegue, le président du comité juridique du candidat Ali Bongo.

Sur le principe, ajoute le juriste, le pouvoir ne s’oppose pas à un recomptage, mais seulement sur la base des PV de la Commission électorale nationale autonome et permanent (Cénap). Pas question non plus d’accepter la présence des représentants des candidats et d’experts internationaux, c’est contraire à la loi.

Le taux de participation remis en cause par l’opposition

D’autre part, le camp d’Ali Bongo relève des cas de fraudes dans plusieurs localités du pays. Mais avant tout cela, insiste Ali Akbar Onanga Y’ Obegue, « nous faisons remarquer qu’en se proclamant président élu, Jean Ping a violé l’article 3 de la Constitution qui interdit à quiconque de s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale. Il doit donc être sanctionné. Sa demande doit être jugée irrecevable»

« En quoi se proclamer vainqueur d’une élection constitue-t-il un exercice de souveraineté ? », répond Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping. « Avec nos 174 procès-verbaux, nous pouvons déjà prouver qu’il y a eu 11 000 abstentions sur 44 000 électeurs. On est loin d’un taux de participation de près de 100 %. Nous appelons la Cour au sens des responsabilités. »

Les militants pro-Bongo se font entendre

Plusieurs centaines de militants pro Ali Bongo se sont rassemblés mercredi dans l’après-midi dans le quartier d’Akébé, un quartier populaire de Libreville. Une marche qui s’est déroulée sans heurts avec un message à l’adresse des partisans de Jean Ping.

Sur les visages, la détermination, l’inquiétude aussi : « Moi, je suis là avec mes frères et sœurs parce que nous soutenons Ali Bongo Ondimba. C’est notre président. Malheureusement, on se fait attaquer par des gens de Monsieur Ping. On est obligés de cacher nos gadgets. Mais Ping et ses personnes avec leurs vêtements de campagne, ils ne sont pas attaqués. S’il s’agit de casser de gauche à droite, ce n’est pas ça la solution ». Et Steeve montre son tee-shirt aux couleurs d’Ali Bongo qu’il préfère cacher sous sa chemise.

Parmi les manifestants, Brice Laccruche Alihanga, coordinateur national de l’ensemble des associations qui soutiennent Ali Bongo : « Nous avons été appelés par nos frères d’Akébé qui nous ont dit, c’est assez. Nous en avons marre d’être stigmatisés. Nous en avons marre d’être menacés alors que nous sommes partie prenante de ce pays, nous sommes des Gabonais comme les autres. Nous avons juste voté pour un candidat et nous assumons. Il y a un arbitre, ce n’est pas nous l’arbitre qui a dit « au Haut-Ogooué, tant de pourcentage » ».

Pour Olga, ce rassemblement est aussi l’occasion d’adresser un message à l’opposition : « Dites à Ping que nous, on veut la paix. On n’a pas besoin de faire des cassures jusqu’à faire tout ce qui s’est passé. Nous ne sommes pas d’accord. On a toujours vécu dans la paix et on veut la paix. C’est tout. »

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15.9, 9h40

http://www.rfi.fr/afrique/20160915-cote-ivoire-ministre-gabonais-joue-carte-apaisement-abidjan

Un ministre gabonais à Abidjan pour dissiper tout malentendu

Par RFI Publié le 15-09-2016 Modifié le 15-09-2016 à 09:40

Le ministre de l’Intérieur gabonais, Pacôme Moubelet Boubeya, s’est entretenu, mercredi 14 septembre, pendant deux heures avec le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan. Cette visite a avant tout une vertu symbolique tant les rapports entre les deux pays ont été perturbés par l’action supposée de deux conseillers à la présidence ivoirienne. Mamadi Diané et Jean-Marc Zoé ont été limogés récemment après que le pouvoir gabonais les a soupçonnés, entre autres, de vouloir pirater les résultats de l’élection présidentielle gabonaise.

Union, unité et même fraternité entre les deux pays, c’est le message martelé par le ministre de l’Intérieur gabonais, Pacôme Moubelet Boubeya, lors de sa visite à Abidjan.

A l’entendre, ce ne sont pas les agissements supposés de deux ex-membres de la présidence ivoirienne, limogés depuis, qui pourraient entamer les liens entre Libreville et Abidjan. « Il se trouve qu’il y a certainement ces personnes, qui travaillant pour leur propre compte, posant des actions pour leur propre compte, se sont retrouvées dans les activités au sein même du processus électoral gabonais. Et le président de la République de Côte d’Ivoire a simplement pris des décisions qui s’imposaient pour qu’il n’y ait pas de doutes possibles ni d’interprétation quelconque sur le fait que certaines de ces personnes travaillaient à la présidence de la République. Sinon, les relations avec la Côte d’Ivoire et le Gabon ne pourraient être entamées par qui que ce soit », a affirmé le ministre gabonais.

Le Gabon cherche-t-il par cette visite à obtenir un soutien diplomatique en Côte d’Ivoire, demandent les journalistes ? « C’est une discussion qui est du niveau de chefs d’Etat à chef d’Etat », a répondu Pacôme Moubelet Boubeya.

Le ministre de l’Intérieur a enfin éludé une question sur le nombre exact de morts au Gabon suite à la crise. Il a préféré souligner qu’il y avait eu de nombreux pillages et arrestations, ainsi que des tirs à l’encontre des forces de l’ordre gabonaises.

J’ai tenu, comme l’a demandé le président de la république Ali Bongo, à dire au président de la Côte d’Ivoire qu’il ne peut y avoir aucun flou dans les relations entre le Gabon et la Côte d’Ivoire, et encore moins entre le peuple gabonais et le peuple ivoirien.

Les liens d’unité et de fraternité entre les deux pays réaffirmés

15-09-2016 – Par RFI

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14.9

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14.9, 23.59

https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/09/14/gabon-la-reaction-internationale-et-africaine-a-la-tentative-de-coup-detat-electoral/

La réaction internationale et africaine à la tentative de coup d’Etat électoral au Gabon :  impuissance, théâtralité, influence douce et/ou arbitrage international ferme

Régis Marzin, 14 septembre 2016

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14.9, 13h2

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-jean-ping-je-sais-que-j-ai-gagne-les-elections-14-09-2016-2068348_2365.php

Gabon – Jean Ping : « Je sais que j’ai gagné les élections »

INTERVIEW. En attendant la suite donnée à son recours, Jean Ping s’exprime sur ses certitudes du moment et son histoire avec les Bongo.

Propos recueillis par notre envoyée spéciale à Libreville, Claire Meynial

Publié le 14/09/2016 à 12:51 – Modifié le 14/09/2016 à 13:27 | Le Point Afrique

Le leader de l’opposition reçoit dans sa maison du quartier de Charbonnages, près de son QG. À côté de sa piscine, une curieuse pagode chinoise, tandis que, sous les arcades, sont suspendus des masques africains. Après les résultats du vote pour la présidentielle du 27 août, il a déposé un recours à la Cour constitutionnelle pour demander le recomptage des votes d’une province, bureau par bureau, le Haut-Ogooué. « Je me suis engagé à défendre le vote des Gabonais, je tiendrai ma promesse et mes engagements, je ne reculerai pas », a-t-il déclaré le 9 septembre. Entretien.

Le Point Afrique : Quel est votre sentiment, en cette période d’attente ?

Jean Ping : Moi, je suis serein, je suis toujours serein. Parce que je crois que j’ai le droit avec moi. C’est Napoléon qui avait dit qu’on pouvait tout faire avec les baïonnettes, sauf s’asseoir dessus. Donc, je suis serein, parce que je sais que j’ai gagné les élections. Tout le reste n’est que littérature, il faut dire le droit. Ceux qui veulent passer en force, on verra bien.

Lors d’une intervention récemment, vous avez dit que vous iriez jusqu’au bout. Qu’entendez-vous par là ?

Aller jusqu’au bout est une expression qui est consacrée ici, au Gabon. Parce que les gens ont toujours l’impression que vous commencez une lutte et que vous allez l’abandonner. Aller jusqu’au bout, c’est-à-dire, ne pas abandonner le combat. Ça ne veut rien dire d’autre, dans le contexte gabonais, que d’aller à la fin du processus. C’est ne pas quitter le bateau en cours, abandonner pour une raison ou pour une autre, c’est tout.

Ali Bongo, lui, dit que c’est un appel à l’insurrection, que vous préparez les gens à descendre dans la rue…

(Il rit) Vous croyez à ça ? Je vous dis un certain nombre de choses. D’abord, Ali, il ment comme il respire, et tout ce qu’il dit est faux. Quand un monsieur comme ça dit qu’il est un démocrate, qui peut le croire ? Vous comprenez, quand il dit que nous invitons à l’insurrection, c’est lui qui a les armes, c’est lui qui a des mercenaires, c’est lui qui tue. Nous n’avons jamais tué personne depuis que nous sommes là. De quelle insurrection s’agit-il ? Il s’agit simplement du peuple qui veut que sa volonté soit faite.

Lui, justement, dit qu’il a des gendarmes blessés et qu’il y avait des armes chez vous.

(Il rit) Je vous dis qu’il ment comme il respire. Vous avez vu les gendarmes en question, blessés, et qui les a blessés ? Nous, nous vous disons, allez visiter les morgues. Aujourd’hui, on nous a dit qu’à Casep-Ga il y a 158 morts. Et lui, il avance trois morts. Vous regardez tout ce qui circule sur Internet, maintenant que c’est libéré… 158 morts à la morgue de Casep-Ga, seulement ! Et on ne peut pas y accéder, justement, parce qu’il ne veut pas qu’on les voie. Il va les retirer avant, dit-on, pour les cacher.

Il dit que lui représente la modernité, que vous appartenez aux barons de l’ancien système.

C’est la même chose, madame. Vous croyez qu’un monsieur qui se prend pour un roi, qui a décidé de faire du Gabon sa propriété privée, qui est là avec un clan depuis 50 ans, et qui n’a pas de limitation de mandat, c’est ça, la modernité ? Où il a vu ça ? Ça n’existe plus dans aucun pays du monde, sauf ici. De quelle modernité parle-t-il ? Moi, je dis l’inverse, qu’il cherche à entrer dans le XIXe siècle à reculons. Les tyranneaux de ce genre, c’est fini. Je dis des choses très simples et vérifiables.

Le jeune homme qui dit avoir été torturé à votre QG dit qu’il est venu vous serrer la main avant pour vous saluer, vous le connaissez ?

Ça fait partie des mensonges, je n’étais pas au QG quand c’est arrivé. Je n’étais pas au QG. Vous le savez. Comment je pourrais faire torturer quelqu’un au QG, et pour quelle raison je le ferais torturer ? Qu’est-ce qu’il avait fait pour que je le torture ? Ce monsieur a le mensonge dans son ADN. Je vous jure, je ne plaisante pas, tout ce qu’il raconte est faux.

Vous le connaissez depuis longtemps…

Oui, depuis très longtemps, parce que je suis rentré au Gabon depuis 1984, j’étais directeur de cabinet civil, il y avait un cabinet politique, et lui était le haut représentant personnel du président à l’étage supérieur. Donc, évidemment, on travaillait tous au Palais. Mais dire que je le connais, peut-être, c’est trop dire. On ne se fréquentait pas, sauf pendant les réunions et des choses comme ça, mais je ne peux pas dire vraiment que je le connais. Mais j’ai appris à le connaître.

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire, ce qu’il est. Menteur, voyou, voleur, tricheur… Tout.

Vous n’avez pas du tout de contact avec lui ?

Aucun. Et je n’en aurai pas.

Pour beaucoup de monde, vous représentez l’alternance. Mais que proposez-vous aux Gabonais ?

Je pars de deux slogans : le Gabon à l’abri de la peur et à l’abri du besoin. À l’abri de la peur, c’est tout ce qu’on voit, les crimes rituels, les assassinats, la justice aux ordres, toutes les institutions aux ordres d’un homme, d’un seul homme, qui fait la pluie et le beau temps, qui dicte toutes ses volontés, qui a une armée de mercenaires… Vous voyez, le contraire de tout ça. Ça veut dire une chose très simple, bâtir un État de droit. Une démocratie, la liberté de la presse, les institutions indépendantes, une justice indépendante, des droits de l’homme respectés. Une vraie démocratie avec une vision qui conserve les valeurs que nous avons en partage avec le reste du monde entier. Les valeurs qu’on appelait avant les valeurs du monde occidental. Qui sont maintenant acceptées par l’Union africaine.

Si la Cour constitutionnelle s’en tient à ce qui a été annoncé précédemment, accepterez-vous le verdict ?

(Il rit) Est-ce que lui l’acceptera ?

Il m’a dit qu’il fallait que je vous pose la question, à vous !

Vous voyez ! Moi, je vous dis qu’il faut que vous lui posiez la question, à lui.

Donc, pas de réponse ?

Non, parce que, madame, moi, j’ai mon bon droit. Je sais que tout le monde entier sait, et à l’intérieur, que c’est moi qui ai remporté les élections. Et lui, il triche, il utilise la force, il veut passer en force, bon, c’est à lui qu’il faut poser la question. Il ne s’imagine pas en dehors du pouvoir.

Vous avez eu des soutiens de la France ?

J’ai fait depuis deux ans la navette entre Libreville, Paris, Bruxelles, Washington, New York, en expliquant pourquoi nous combattions, à la recherche de la liberté. Et nous avons enregistré des succès auprès de la droite, d’abord, j’allais dire toute la droite. Auprès de la gauche, dans beaucoup de sphères, aussi bien au Parti socialiste qu’ailleurs. Nous allons expliquer à l’Union européenne, je m’explique partout. Quand vous écoutez Valls, quand vous écoutez Ayrault, quand vous écoutez un certain nombre de gens en France, posez-leur la question. Vous avez vu Valls, récemment, faire des déclarations. Vous avez vu Fillon faire des déclarations, vous avez vu Borloo faire des déclarations. Même Juppé a fait des déclarations. Vous pouvez les regarder.

N’est-ce pas compliqué de se présenter contre son beau-frère ?

Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?

C’est une lutte qui se passe en famille, c’est compliqué…

C’est vous qui avez l’impression toujours que c’est une affaire de famille…

Ça ne l’est pas ?

Non, pas du tout ! On vous a dit que j’étais marié à quelqu’un des siens ?

Oui.

Qui ?

Vous n’étiez pas mariés ?

Jamais !

Vous avez eu deux enfants…

Oui, ça, en Afrique, on peut en avoir dans tous les coins de rue, hein…

C’est tout de même un lien intime.

Vous savez, si vous me demandez combien d’enfants j’ai, avec combien de femmes, vous verrez vous-même. Ne m’emmenez pas dans cette direction, parce qu’elle est ridicule. J’ai eu des enfants avec la fille du président, et j’en ai eu avec d’autres femmes, qui ne sont pas mes femmes.

Ce qui veut dire que le côté où elle se situe aujourd’hui vous indiffère ?

Mais elle apporte un soutien à son frère ! Ça m’est totalement égal, totalement égal.

Et vos enfants ?

Bon, ils s’en préoccupent un peu. C’est normal, hein.

Ils sont de votre côté ?

Je ne vais pas les mettre en danger à cause de vous, posez-leur la question.

Que faire pour éviter les violences que tout le monde redoute ? Les gens, sur les marchés de Libreville, ont peur…

Oui. Je crois qu’il faut qu’Ali parte. Les Gabonais ne veulent plus de lui, il insiste. Mais vous-même, vous pouvez le vérifier, vous pouvez demander ici et là, interroger le peuple gabonais.

Je l’ai fait.

Et ils vous ont dit quoi ?

Certains veulent qu’Ali parte, certains veulent le statu quo, la paix comme avant.

On vous a envoyée dans la mauvaise direction. Il faut voir les rapports de force. Beaucoup de gens imaginent, même la communauté internationale, que le Gabon est divisé en deux. Le Gabon n’est pas divisé en deux. Le Gabon ne veut plus d’Ali, c’est tout. Tout le Gabon. Quelques-uns, ceux qu’on a appelés les profito-situationnistes, défendent leurs positions, bon, c’est un peu normal. Mais le Gabon n’est pas divisé en deux. Les Gabonais veulent entrer dans la modernité, c’est tout. C’est simple.

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14.9 , 13h16
http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-ali-bongo-moi-je-suis-un-democrate-14-09-2016-2068340_2365.php

Ali Bongo : INTERVIEW = R*E : langue de bois dictatoriale

Propos recueillis par notre envoyée spéciale à Libreville, Claire Meynial

Publié le 14/09/2016 à 12:40 – Modifié le 14/09/2016 à 13:16 | Le Point Afrique

Vous avez dit que certains membres de la mission d’observation de l’Union européenne avaient outrepassé leur mandat. Qu’est-ce que cela signifie ?

Nous avions signé un accord. Et, par rapport à cela, il y a eu des comportements qui ne cadraient pas dans les missions. Je ne condamne pas toute l’Union européenne, mais les agissements de certains membres qui, notamment, se sont affichés avec le candidat de l’opposition en allant le voir chez lui. Quand vous avez certains membres qui vont rendre compte à certains candidats à leur domicile, dans des visites nocturnes, je ne sais pas comment vous appelez ça. ..

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http://www.rfi.fr/afrique/20160914-crise-post-electorale-gabon-camp-ali-bongo-proces-verbaux

Crise post-électorale au Gabon: les réponses du camp d’Ali Bongo

Par RFI Publié le 14-09-2016 Modifié le 14-09-2016 à 10:25

Au Gabon, le compte à rebours est enclenché. Les neuf magistrats de la Cour constitutionnelle ont jusqu’au 23 septembre pour instruire et trancher sur les recours déposés par l’opposition suite à la réélection contestée d’Ali Bongo. La confrontation des procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo a obtenu 95% des voix sera décisive. Le camp d’Ali Bongo a jusqu’à ce soir pour déposer, devant la Cour constitutionnelle, sa réponse argumentée aux anomalies signalées par l’opposition.

Dans le dossier du camp d’Ali Bongo, il y a les 297 procès verbaux du Haut-Ogooué que la majorité dit avoir rapporté des bureaux de vote de cette province. Les avocats d’Ali Bongo comptent également profiter de leur droit de réponse pour signaler des fraudes supposées de l’opposition, cette fois, notamment à Omboué, Bitam et certains quartiers de Libreville.

Ces pièces seront transmises au juge désigné pour examiner le recours de l’opposition.Il les remettra à son tour aux avocats de Jean Ping. Chaque camp connaîtra alors les armes de l’autre et aura, de nouveau, la possibilité de répondre aux accusations.

Une audience publique cruciale et très attendue

Après avoir épuisé les arguments des deux parties, le juge devra convoquer une audience très attendue publique et retransmise en direct à la télévision. Le magistrat devra y présenter son rapport final, avant un vote à bulletin secret des 9 juges. Ce vote permettra de trancher sur la validité ou non de la victoire du président sortant Ali Bongo.

Cette audience finale ne devrait pas avoir lieu avant la semaine prochaine, confie une source bien informée. D’ici là des rebondissements ne sont pas à exclure vu l’antagonisme des deux parties. Chaque camp accusant l’autre de fraude et de falsification de résultats. Les juges ont jusqu’au 23 septembre pour rendre leur décision.

Les arguments du camp d’Ali Bongo

Ali Akbar Onanga Yobégué, président du comité juridique d’Ali Bongo, revient sur les principaux arguments qui vont être soumis à la Cour constitutionnelle : « Monsieur Jean Ping conteste les résultats de la province du Haut-Ogooué. Nos arguments consistent simplement à dire à monsieur Jean Ping que lui n’a pas tous les procès-verbaux, nous, nous les avons tous…[…] Nous en avons 297. Lui en a 174. Vous voyez bien qu’il y a un déficit de plus d’une centaine. Et encore, je vous signale que dans les procès-verbaux, les fameux 174, du moins ce qui nous a été communiqué, nous n’avons pu exploiter que près d’une centaine. Le reste est inexploitable. Tantôt, c’est illisible ; tantôt ce sont des faux grossiers. Et nous entendons dénoncer tout cela. Deuxième angle, c’est que nous avons nous-mêmes découvert que, même dans les autres localités pour lesquelles monsieur Jean Ping ne demande pas de recomptage, il y a eu des manipulations. Nous avons un procès-verbal de bureau de vote sur la province de l’Estuaire, deuxième arrondissement de Libreville, où les voix sont reportées en faveur de monsieur Ping, et pour ce bureau, le procès-verbal a été signé d’un représentant de monsieur Ping pour le compte du président de la commission du camp de l’opposition, du camp de la majorité une seule personne a signé. Et c’est ce genre de chose que nous découvrons au fur et à mesure que nous avançons. ».

Le CND critiqué par le camp de Ping

Au Gabon, l’opposition réagit aux inquiétudes sécuritaires lancées par le Conseil national de la démocratie (CND). René Ndemezo’o Obiang, le directeur de campagne du candidat de l’opposition Jean Ping, estime que le Conseil National de la démocratie, structure relancée par Ali Bongo pour favoriser le dialogue entre les partis politiques gabonais, devrait plutôt encourager la Cour à procéder à un recomptage des voix plutôt que de lancer un appel au calme. «Je ne pense pas qu’à l’heure présente, il y ait des manifestations violentes particulières dans le pays. Je crois qu’aujourd’hui, les gens sont en attente du rendu de la Cour constitutionnelle. Et il serait tout à fait normal pour les gens du CND qui pensaient être à la tête d’une institution visant à promouvoir la démocratie de se prononcer sur la question précise de savoir si oui ou non, il est nécessaire que la Cour procède au comptage des voix. Sur cette question, monsieur Ndaot ne s’exprime pas et préfère s’exprimer sur la question des affaires locales. C’est donc une façon de se dérober…».

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14.9, 11h15

http://www.jeuneafrique.com/356945/politique/face-aux-coupures-dinternet-a-suspension-reseaux-sociaux-gabonais-temoignent/

Face aux coupures d’internet et à la suspension des réseaux sociaux, des Gabonais témoignent

14 septembre 2016 à 11h05 — Mis à jour le 14 septembre 2016 à 11h15

Par Claire Rainfroy

Depuis l’annonce contestée de la victoire d’Ali Bongo Ondimba à la présidentielle du 27 août et les violents heurts post-électoraux, l’accès à internet reste très perturbé au Gabon. Si la connexion est rétablie à certaines heures de la journée, les réseaux sociaux semblaient quant à eux toujours inaccessibles mercredi 14 septembre.

Un blocage que n’a pas commenté et expliqué le gouvernement, silencieux sur le sujet. Seuls certains membres de l’entourage du président, sous couvert d’anonymat, ont justifié cette coupure, évoquant une mesure destinée à contrer « la propagation de rumeurs et l’organisation des pilleurs sur ces réseaux ».

En attendant un retour à la normale, comment les Gabonais, d’ordinaire très connectés, font-ils face ? Alors que certains s’organisent pour contourner la censure, d’autres font part de leur exaspération d’être coupés du monde la nuit tombée. Témoignage de trois jeunes Librevilllois, entre débrouille et black-out.

Césaire, étudiant à Libreville, 27 ans

« Peu avant la proclamation des résultats, des rumeurs affirmaient qu’internet allait être coupé, comme ce fut le cas au Congo-Brazzaville au moment de la présidentielle. Un ami informaticien m’a conseillé une série d’applications à installer sur mon téléphone portable pour déjouer la censure, au cas où, en utilisant des VPN [Réseau Privé Virtuel, qui permet de se connecter en protégeant son anonymat. En d’autres termes, les internautes s’expatrient virtuellement et contournent ainsi la censure en masquant leur localisation, NDLR].

Le jour où la coupure que l’on craignait est arrivée, j’ai lancé les applications installées. Mais comme internet était entièrement bloqué, ça ne fonctionnait pas. Nous avons passé près d’une semaine sans pouvoir y accéder.

Quand le gouvernement a appelé les Gabonais à retourner au travail, le lundi 5 septembre, internet est partiellement revenu en journée. Sauf Facebook, WhatsApp, Viber et d’autres réseaux, qui restaient inaccessibles. Mon ami informaticien m’a conseillé d’installer l’application mobile Cloud VPN, et au bout de quelques minutes, j’avais accès aux réseaux sociaux. L’astuce s’est ensuite rapidement répandue à Libreville…

Mais nous n’y avons accès qu’en journée : en ce moment, internet n’est disponible qu’à partir du petit matin, jusqu’à 18h. Le soir, toute connexion est impossible, même par VPN.

Pour les jeunes Gabonais, c’est vraiment pénible de vivre sans internet. Ont-ils oublié que nous vivons au XXIe siècle ? Nous avons l’habitude de communiquer par WhatsApp ou Facebook, surtout le soir en rentrant du travail ou de l’université. Nous sommes obligés de subir. »

Jeff, entrepreneur dans les nouvelles technologies à Libreville, 29 ans

« La coupure d’internet à 18h est embarrassante, il faut bien l’avouer. Internet est mon outil de travail, c’est donc un énorme handicap. Même en utilisant un VPN pour accéder aux réseaux sociaux bloqués, ce n’est pas optimal.

La très grande majorité de nos clients utilisent les réseaux sociaux, nous ne pouvons donc pas leur fournir un service adéquat. Le chiffre d’affaires de notre entreprise va sûrement en pâtir. Et si le blocage continue, nous pourrions être amenés à mettre des gens au chômage technique.

D’autant que les factures internet, elles, ne risquent pas d’arriver tronquées. Chaque mois, je paie 39 000 Francs CFA [59,46 euros] pour avoir un accès. La facture est doublée, puisque je paie aussi un abonnement pour ma ligne professionnelle.

J’ai adhéré au Parti démocratique gabonais [PDG, au pouvoir], mais je ne comprends pas cette mesure. Couper internet est une erreur, la censure n’a jamais été la solution, et elle aboutit à l’effet inverse : quand les gens parviennent à se connecter aux réseaux sociaux à l’aide de VPN, ils parlent. Cette mesure encourage les rumeurs et les amplifie. »

Marie*, étudiante à Libreville, 23 ans

« Je n’ai pas accès à internet sur mon téléphone depuis le lendemain de la proclamation des résultats. J’ai pu me connecter lundi quelques minutes, mais la connexion était très lente. Ces coupures nous pénalisent : il faut par exemple se déplacer pour envoyer ou recevoir un document. Même les virements Western Union sont compliqués.

Ce qui me pèse le plus au quotidien, c’est de devoir attendre le soir pour m’informer par la télévision et les chaînes internationales. Je n’ai plus accès aux informations sur mon téléphone. Pour moi qui suis habituée à être connectée, c’est assez difficile.

Il y a, cela dit, un côté positif. Avant qu’internet ne soit coupé, je recevais des SMS et des messages WhatsApp contenant des listes de personnes ayant soutenu Ali Bongo, appelés « les traîtres de la République ». Certains personnes ont pu se sentir menacées. Le seul côté positif, c’est peut-être d’avoir empêché certains actes de violences. »

* Les trois personnes contactées par téléphone n’ont pas souhaité donner leur nom de famille. Dans le cas de Marie, le prénom a été modifié.

Claire Rainfroy

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14.9, 8h23

http://www.jeuneafrique.com/mag/356367/societe/can-2017-maroc-envisage-plan-b-tensions-persistent-gabon/

CAN 2017 : le Maroc envisagé en plan B si les tensions persistent au Gabon

Publié le 14 septembre 2016 à 08h23

Par Jeune Afrique

Alors que le pays est en proie à des troubles au lendemain de l’élection controversée d’Ali Bongo Ondimba à la présidence de la République, la Confédération africaine de football (CAF) se veut rassurante quant à la tenue de la CAN 2017 au Gabon (14 janvier-5 février).

Mais, en coulisses, l’instance dirigée par Issa Hayatou envisage un plan B. Elle a sondé discrètement le Maroc afin de savoir s’il pourrait suppléer le Gabon au cas où la situation y demeurerait tendue.

Le royaume chérifien, un des seuls pays d’Afrique à disposer des infrastructures nécessaires, avait refusé d’organiser l’édition 2015 de peur d’une propagation du virus Ebola, obligeant la CAF à délocaliser la compétition en Guinée équatoriale.

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13.9

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13.9, 11h31

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/13/gabon-enieme-farce-electorale_4996935_3212.html

Gabon, énième farce électorale africaine

Par Laurent Bigot (chroniqueur Le Monde Afrique)

LE MONDE Le 13.09.2016 à 11h31 • Mis à jour le 13.09.2016 à 14h52

A l’annonce, mercredi 31 août, des résultats de l’élection présidentielle au Gabon, la ficelle était vraiment grosse : Ali Bongo Ondimba l’emportait avec quelque 6 000 voix d’avance, essentiellement acquise dans son fief du Haut-Ogooué, où le taux de participation a atteint un improbable 99,83 % et les votes en sa faveur, un tout aussi improbable de 95,46 %.

L’Afrique a l’habitude des mascarades électorales. Il y en a eu en 2015 et 2016 au Togo, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Congo-Brazzaville, au Tchad… mais rarement la fraude fut aussi grossière. Il est vrai qu’au Togo, en février 2015, ce sont les travaux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui ont été interrompus par une proclamation soudaine des résultats, mais l’honneur était sauf puisque les chiffres semblaient crédibles pour une communauté internationale crédule. Au Gabon, le pouvoir semble avoir été pris de court et n’a pas maquillé la fraude comme d’autres savent si bien le faire. Du coup, l’adversaire malheureux, Jean Ping, demande un recomptage dans le Haut-Ogooué. Ironie du sort, ce dernier refusa d’envisager un recomptage en Côte d’Ivoire en 2010 quand il était président de la Commission de l’Union africaine (UA).

Nouvelle jurisprudence

La France et l’Union européenne (UE) demandent une publication des résultats par bureaux de vote. Alors que les missions d’observation électorale de l’UE ne cessent de regretter l’absence de publication des résultats par bureaux de vote (notamment en Côte d’ivoire en 2010, Togo en 2010, Guinée 2015), la France n’avait jamais rien exigé en la matière, se contentant des résultats agrégés.

Les résultats d’Ali Bongo dans le Haut-Ogooué sont évidemment peu crédibles, mais pas davantage que ceux d’Alassane Ouattara dans la région de Kabadougou en 2015 (99,23 % des voix) ou de Worodougou (99,26 %). En Côte d’Ivoire, huit régions au final avaient affiché des scores à plus de 97 % des voix en faveur du président sortant avec des taux de participation, il est vrai, « crédibles » situés entre 80 % et 90 % quand la moyenne nationale se situait à 52 %…

De la même façon, les résultats dans le Haut-Ogooué ne sont pas moins crédibles que ceux d’Alpha Condé dans la région de Kankan en 2015, son fief électoral, où le chef de l’Etat sortant avait obtenu 95 % des voix dans cette région qui a connu la plus forte progression des inscrits sur les listes électorales (+ 26,6 %) lui offrant ainsi 804 000 voix et une victoire dès le premier tour face à son principal opposant Celou Dalein Diallo.

Argent contre liberté des peuples

Bref, faisons table rase du passé et considérons la nouvelle jurisprudence en matière électorale c’est-à-dire une exigence générale de transparence et la publication des résultats par bureau de vote. Il est utile de préciser que cette jurisprudence ne s’applique pas à la Chine, l’Arabie saoudite, le Qatar et consorts, car l’argent est une norme supérieure à la liberté des peuples. On peut d’ailleurs se demander si la disgrâce d’Ali Bongo ne serait pas due en partie à des largesses moindres à l’endroit des politiques français habitués à être généreusement choyés par son auguste père, Omar.

La classe politique française reste bien silencieuse à propos de ces satrapes africains. En revanche, ses membres sont nombreux à être aperçus dans les halls des palaces parisiens où descendent lesdits satrapes… Mais revenons à la nouvelle jurisprudence ! En déclarant ce qu’a déclaré la France, elle a explicitement reconnu le caractère non transparent du scrutin. Comme il est probable que la Cour constitutionnelle gabonaise validera la victoire d’Ali Bongo, sur quoi se fonderont la France et l’Union européenne pour, au final, se faire une opinion sur la gestion du contentieux électoral ?

La mission d’observation européenne ne publiera son rapport qu’au terme du processus électoral et son mandat ne l’autorise pas à intervenir. La France et l’UE vont-elles déjuger la Cour constitutionnelle si la victoire d’Ali Bongo est validée alors qu’elles n’ont aucun mandat pour le faire ? Il y a bien sûr l’option des sanctions individuelles contre le président réélu et son clan (gel des avoirs et interdiction de voyager), mais sur quels éléments objectifs les motiver ? Le caractère peu crédible des résultats électoraux ? Dans ce cas, il faudra placer sous sanctions individuelles de nombreux chefs d’Etat africains ! On comprendra que les exigences de cohérence et de légalité laissent une faible marge de manœuvre.

Le philosophe camerounais Achille Mbembe disait dans un entretien à Courrier International en 2008 : « Si les Africains veulent la démocratie, c’est à eux d’en payer le prix. Personne ne le paiera à leur place. Ils ne l’obtiendront pas non plus à crédit. » C’est ce que nous enseigne l’exemple burkinabé d’octobre 2014. Le salut ne viendra pas de l’extérieur, mais de la volonté du peuple de prendre en main son destin.

Laurent Bigot est un ancien diplomate français devenu consultant indépendant.

Laurent Bigot chroniqueur Le Monde Afrique

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13.9, 8h27

Jeune Afrique et l’ambassadeur du Gabon en France

http://www.jeuneafrique.com/mag/356344/politique/lambassadeur-gabon-france-menace/

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13.9, 0h57

http://www.rfi.fr/afrique/20160912-gabon-aid-crise-politique-ali-bongo

Gabon: l’Aïd célébrée sur fond de crise politique

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12.9

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12.9, 6h44

https://theconversation.com/le-gabon-en-danger-de-mort-65061

Le Gabon en danger de mort

12 septembre 2016, 06:44 CEST

Bonaventure Mve Ondo , Professeur Université Omar Bongo (Libreville), Chercheur associé au LAM (Laboratoire des Afriques dans le monde), Sciences Po Bordeaux

… Le scénario de la crise postélectorale actuelle est quasiment le même qu’en 2009. Il faut s’emparer du pouvoir par tous les moyens pour obliger l’opposition à recourir aux voies « légales » pour toute contestation. Et ce scénario repose lui-même sur un air bien connu qu’aimait à rappeler le Président Omar Bongo lui-même : « On n’organise pas les élections pour les perdre ».

Assistance à peuple en danger

Parce qu’elle a su réaliser l’unité en son sein et faire fi des divisions pour se concentrer sur l’essentiel, l’opposition, organisée autour de Jean Ping avec ses différents leaders comme Zacharie Myboto, Guy Nzouba, Alexandre Barro-Chambrier, René Ndemezo’o et Casimir Oyé Mba, a réussi à vaincre ses peurs en réalisant l’unité. Elle s’est engagée à mettre en place une nouvelle gouvernance fondée sur le passage d’une démocratie formelle à une démocratie véritable et responsable, une démocratie fondée sur les principes de bonne gouvernance, de participation, de reddition des comptes et de transparence. Il ne s’agit donc pas d’une simple opposition entre deux hommes – Ali Bongo et Jean Ping – mais bien d’une opposition sur la conception même de l’État et la manière de le gérer.

En proposant de construire enfin un État au service réel des populations les plus vulnérables ou les plus démunies, l’opposition, alliée à la société civile, veut renverser la vapeur et impulser le développement. C’est pourquoi elle le montre déjà dans son fonctionnement en équipe, rejetant le mythe supposé de la hiérarchie des ethnies et des régions qui est au cœur du mode de gouvernance du système Bongo. Son ambition est de réinventer le vivre-ensemble, d’instaurer des règles de vie communes et justes, conditions de la paix et du développement.

La réponse à cette fracture et le retour à la paix véritable ne sont possibles que si la communauté internationale, sous l’égide de l’ONU, aide à reconstruire le cadre de paix et le capital de confiance qui s’est brisé en raison du hold-up électoral. Le chemin est étroit et difficile et il faudra à l’ONU plus que jamais la sagesse du Roi Salomon. Et cela passe par la reconnaissance des résultats des élections du 27 août et donc du nouveau Président élu.

Il faudra aussi et enfin l’appui multiforme des pays amis et de la communauté internationale pour sécuriser les populations, assurer un fonctionnement minimal du pays et aider à imprimer une dynamique nouvelle. Il ne s’agit pas ici d’un simple devoir d’ingérence, mais véritablement de la nécessaire assistance à peuple en danger de mort. Mais le comprendront-ils ?

Car aucun pays ne peut fonctionner de façon durable sans un minimum de confiance entre les individus, sans un minimum de règles admises par tous, sans un minimum de justice et sans un minimum de principes. Ceux du droit.

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12.9, 23h21

http://www.rfi.fr/afrique/20160912-gabon-potrait-presidente-cour-constitutionnelle-mboranstuo

Gabon: Marie-Madeleine Mborantsuo, la dame qui détient les clés de la crise

La président de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo (photo d’archives).

Par RFI Publié le 12-09-2016 Modifié le 12-09-2016 à 23:21

La Cour constitutionnelle est en train d’instruire les recours déposés suite à la réélection contestée d’Ali Bongo. Avec un verdict attendu d’ici le 23 septembre, la présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo, âgée de 61 ans, détient les clés du dénouement de la crise post-électorale. Portrait. Ce ne sera pas faire offense à Marie-Madeleine Mboranstuo que de rappeler ce qui est sur la place publique à Libreville : elle a été la maîtresse d’El Hadj Omar Bongo avec qui elle a eu trois enfants. Ali Bongo est donc le demi-frère de ses trois enfants. Jean Ping, lui, est l’ancien compagnon de Pascaline, la fille aînée d’Omar Bongo. Ali Bongo et Jean Ping, deux anciens beaux-frères. L’ambassadeur américain au Gabon a eu ce mot : « Ici c’est Dallas ». Marie-Madeleine Mbsoranstuo est une femme de tête, d’expérience, bardée de diplômes français. Brillante juriste, elle devient la patronne de la Cour constitutionnelle en 1998. « La Cour, dit Jean Ping, c‘est la tour de Pise. Elle penche toujours du côté du pouvoir ». Lors des élections de 2009, la Cour avait rejeté les onze requêtes en annulation déposées par l’opposition. « Nous étions là dans une succession de père en fils, dit un politologue, synonyme de stabilité et de continuité. Paris voyait cela d’un bon œil ». Mais 2016 n’est pas 2009, le PDG est affaibli, de nombreux anciens caciques ont claqué la porte et la communauté internationale demande impartialité et transparence. « Cette femme est l’homme le plus puissant du Gabon. Même le Palais craint ses décisions… », déclare un diplomate.

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12.9, 20h10 (Le media Jeune Afrique n’est plus neutre)

http://www.jeuneafrique.com/mag/356356/politique/gabon-partis-politiques-francais-divises/

Gabon : les partis politiques français divisés

Publié le 12 septembre 2016 à 19h58 — Mis à jour le 12 septembre 2016 à 20h10

Par Jeune Afrique

… Si le député Bernard Debré s’est prononcé pour le recomptage des voix, ses collègues des Républicains Alain Marsaud et Patrick Balkany prônent une prudente neutralité. Tout comme, apparemment, les socialistes François Loncle et David Habib. Ces deux derniers accompagnaient Jean-Marie Le Guen lors de sa visite à Libreville en mai, au cours de laquelle le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement avait été longuement reçu en tête à tête par Ali Bongo Ondimba…

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12.9, 11h45

http://www.rfi.fr/afrique/20160912-crise-gabon-problemes-internet-handicapent-quotidien-cyber-cafes

Crise au Gabon: les problèmes d’internet handicapent la vie quotidienne

Par RFI Publié le 12-09-2016 Modifié le 12-09-2016 à 11:45

Au Gabon, les habitants subissent depuis plusieurs jours de sérieux dysfonctionnement sur les réseaux internet et téléphonique. Les problèmes ont commencé le soir des résultats, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, internet a été complètement coupé. Même chose pour les SMS sur les opérateurs téléphoniques. Une situation qui a duré plusieurs jours jusqu’à un rétablissement partiel d’internet dans la journée, avec un débit très lent. Toujours rien du côté des SMS. Les autorités n’ont jusqu’ici pas donné d’explication sur cette situation qui agace particulièrement les Gabonais. Quartier Nombakélé, un cyber café équipé d’une vingtaine d’ordinateurs n’a quasi aucun client. Après plusieurs jours de coupure totale, internet est revenu, mais le débit est lent. Steed est étudiant, âgé de 25 ans, il déplore cette situation : « C’est plus lent que d’habitude, on est limité sur certaines données. Ça rendait les gens suspicieux parce qu’on se disait que si la messagerie est coupée, internet ne passe plus, peut-être que les appels sont sur écoute. Donc il y avait un climat vraiment de stress qui s’installait. Mais heureusement, petit à petit je crois qu’on revient sur de meilleures bases ». Même morosité au cyber café Aniam Télécom. Samba Diao est l’un des responsables. Il doit fermer l’établissement plus tôt chaque soir : « C’est-à-dire qu’à 18 heures il n’y a plus de connexion. Il n’y a plus personne. Avant on restait jusqu’à 23 heures, maintenant on ferme à 20 heures. C’est une grande perte chez nous ».Personne ne croit à une panne. Tout le monde pointe du doigt les autorités. « Ce n’est pas une panne, ça, c’est le gouvernement. C’est quoi la démocratie s’il n’y a pas la liberté d’expression ? Les réseaux sont bloqués. J’ai des frères qui sont à l’étranger, mais je ne peux pas les appeler tout le temps. Le coût, vraiment à l’international, ce n’est pas facile. Donc avec les réseaux sociaux, on arrive à prendre des nouvelles de nos frères qui sont aux Etats-Unis, à gauche et à droite », explique Willy, 25 ans, rencontré à Cité Damas. Le jour du vote, le ministère de l’Intérieur avait déclaré qu’aucune coupure des télécommunications ou des réseaux sociaux n’était prise ou envisagée. C’était trois jours avant les résultats et le début des émeutes.

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http://www.rfi.fr/afrique/20160912-phase-decisive-crise-postelectoral-gabon

Crise post-électorale au Gabon: le pays entre dans une phase décisive

Par RFI Publié le 12-09-2016 Modifié le 12-09-2016 à 04:47

La Cour constitutionnelle est en train d’instruire les recours déposés suite à la réélection contestée d’Ali Bongo. Va-t-elle confirmer ou non la victoire du président sortant ? Les neuf magistrats ont jusqu’au 23 septembre pour rendre leur verdict. L’examen des procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo a obtenu 95% des voix sera décisif.

Le compte à rebours est enclenché. Le pouvoir a jusqu’à demain pour déposer ses éléments. Son dossier devrait comporter les 297 PV du Haut-Ogooué, que la majorité affirme avoir ramené du terrain. Ainsi que des éléments sur des fraudes supposées de l’opposition dans diverses localités comme Bitam ou Omboué. Ces pièces seront communiquées aux avocats de Jean Ping, qui eux possèdent 174 procès-verbaux. Chaque camp connaîtra alors les armes de l’autre.
Un juge rapporteur entendra les deux parties, avant une audience très attendue, publique, où le magistrat présentera un rapport décisif pour l’avenir de la procédure. Une audience qui ne devrait pas avoir lieu avant la semaine prochaine, confie une bonne source. Le verdict devrait ensuite tomber au plus tard le 23 septembre. Une date que les Gabonais craignent vu le niveau de violences qui avait suivi l’annonce des résultats.

Ces quinze jours de procédure ne font que commencer. Des rebondissements ne sont pas à exclure vu l’antagonisme entre les deux parties. Chaque camp accuse l’autre de fraude, de falsification de résultats. La confrontation des procès-verbaux sera cruciale, sachant que l’opposition n’a aucune confiance en la Cour. Elle demande donc la participation d’observateurs étrangers. Ce sera aux juges d’en décider.

Diplomates en consultations

Alors que la bataille juridique à la Cour constitutionnelle, présidée par Marie Madeleine Mborantsuo, va commencer, la mission UA-ONU, ainsi que les diplomates en poste, consultent. Le constat est simple, dit l’un deux : « nous sommes en face d’un casse-tête ». Tout repose sur les épaules de Marie-Madeleine Mborantsuo. Marie-Madeleine Mborantsuo est une femme d’expérience qui ne se laissera pas intimider. Un caractère fort. Pas question d’observateurs de l’UE dans sa Cour. La pratique ne serait pas légale. Au mieux, assure-t-on, des huissiers gabonais pourraient suivre le processus de décision de la Cour. La procédure contradictoire engagée par les avocats d’Ali Bongo, dit un observateur, peut « raviver les tensions ». Un ensemble de plaintes qui va de présupposées fraudes à un geste déplacé d’un représentant de Jean Ping : « c’est la boîte de Pandore ». Un diplomate n’en revient toujours pas : « je n’ai jamais vu les affaires familiales et politiques autant mêlées qu’ici ! Ils sont tous frères, sœurs, cousins, c’est une famille qui se déchire. » L’ambassadeur américain a eu ce mot : « c’est Dallas ». La mission UA-ONU a rencontré Ali Bongo et Jean Ping depuis vendredi dernier, séparément. « Ils campent sur leurs positions », dit-on dans l’entourage de cette mission. La communauté internationale ne peut que montrer ses limites. La mission UA-ONU terminée, Smaïl Chergui ira rendre compte à Idriss Déby, le président en exercice de l’UA, pour envisager l’arrivée à Libreville de chefs d’Etats africains.

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11.9

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11.9

http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/2016/09/11/les-elections-au-gabon-en-cartes/

Les élections au Gabon en cartes

11 septembre 2016

Résultats des élections présidentielles au Gabon de 2016. Données de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente) contestées par l’opposition. Réalisation par Christian Bouquet et Valérie Alfaurt.

Depuis avril dernier, Christian Bouquet, professeur émérite de géographie politique, à l’Université Bordeaux Montaigne et chercheur à LAM (Les Afriques dans le Monde), Sciences Po Bordeaux, nous présente les travaux de leur atelier cartographique sur les récentes élections en Centrafrique au Burkina Faso et au Tchad.

Les élections au Gabon sont une nouvelle occasion de montrer les cartes réalisées par Valérie Alfaurt. Ces cartes sont basées sur les résultats donnés par la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente), résultats dénoncés par Jean Ping, la coalition qui le soutient et une partie de la communauté internationale. La corrélation entre le taux de participation et le vote pro-Bongo dans l’est du pays est ainsi plus que suspecte aux yeux de l’opposition gabonaise. En attendant que de nouvelles cartes soient produites, voici de quoi alimenter la réflexion sur le sujet.

3 CARTES

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11.9, 23h54

http://afrique.lepoint.fr/economie/gabon-et-l-economie-dans-tout-ca-11-09-2016-2067687_2258.php

Gabon : et l’économie dans tout ça ?

Pour attirer les investisseurs dont il a besoin pour diversifier son économie, le Gabon doit absolument solutionner au plus vite sa crise politique actuelle.

Par Malick Diawara

Publié le 11/09/2016 à 23:54 – Modifié le 12/09/2016 à 07:06 | Le Point Afrique

… Selon le document portant sur « les relations commerciales bilatérales France-Gabon 2015 » établi par le Trésor français, les principaux partenaires commerciaux du Gabon (import-export), sur les 6 premiers mois de 2015, étaient la Chine (281,8 milliards FCFA) suivie des États-Unis et de la France. En termes de parts de marché, la France était le premier fournisseur mais ses positions étaient attaquées et ce d’autant que « la concurrence d’un certain nombre de pays (Chine, Maroc, Turquie, Corée du Sud, Brésil, Singapour…) sur le marché gabonais a traduit d’importantes modifications en termes d’approvisionnement ».

Alors que nombre d’observateurs scrutent les relations franco-gabonaises, qu’en sera-t-il, si les troubles continuent, pour les entreprises françaises qui envoient au Gabon 7 % de leurs exportations, faisant de ce pays leur 8e marché. « Les débouchés de la France vers le Gabon » pourraient être « impactés par un repli significatif de l’investissement, probable à un moment où à un autre, puisque le secteur le plus porteur correspond aux biens d’équipement (36 % des exportations) », dit Stéphane Colliac, d’Euler Hermes. De quoi rappeler que quelque 120 filiales françaises sont établies au Gabon et que les investissements de l’Hexagone représentaient un stock de plus de 1 milliard d’euros fin 2014 (source : Banque de France), étant entendu que ces chiffres ne tiennent pas compte des flux importants en provenance des compagnies pétrolières ou de certaines des entreprises françaises sur place comme Comilog, Eramet et SEEG.

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11.9, 9h53

http://www.jeuneafrique.com/depeches/356427/politique/gabon-marche-blanche-reunit-millier-de-personnes-apres-violences-post-electorales/

Gabon : une marche blanche réunit un millier de personnes après les violences post-électorales

10 septembre 2016 à 18h16 — Mis à jour le 11 septembre 2016 à 09h53 Par AFP

Une marche blanche a réuni samedi près d’un millier de partisans de l’opposant Jean Ping dans la capitale gabonaise Libreville, en hommage aux victimes des violences post-électorales qui ont secoué le Gabon après la présidentielle du 27 août. Vêtus de blanc, des hommes, femmes et personnes âgées se sont retrouvées samedi après-midi au quartier général de M. Ping, où un pasteur évangélique a prononcé un office religieux dans une atmosphère calme de recueillement, ont constaté des journalistes de l’AFP. Jean Ping, principal rival du président sortant Ali Bongo Ondimba à la présidentielle, a allumé une bougie sur un petit autel, aménagé en hommage aux « combattants de la liberté morts pour la patrie » et entouré de gerbes de fleurs. L’opposant, chemise et pantalon blancs, était accompagné d’autres anciens caciques du pouvoir ralliés à l’opposition qui ont soutenu sa candidature, notamment l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama et l’ex-Premier ministre Casimir Oyé Mba. Les militants ont ensuite trempé leurs mains dans des pots de peinture blanche et ont marché en procession sur quelques centaines de mètres le long de la voie rapide de Libreville, levant les mains « en signe de paix » et entonnant des chants religieux. « Nos intentions ne sont pas mauvaises, c’est pour rendre hommage à tout ce sang qui a coulé (…) au nom de la libération de notre pays », a confié à l’AFP Marie-Rose, une mère de famille. M. Ping, qui se proclame « président élu », a saisi vendredi la Cour constitutionnelle pour contester les résultats officiels et provisoires du scrutin présidentiel qui donnent la victoire à Ali Bongo d’une faible avance (environ 5.000 voix). « Nous attendons avec impatience les résultats de la Cour constitutionnelle parce que nous savons que nous avons gagné, c’est le peuple gabonais qui a gagné et il installe M. Ping comme président de la République », a lancé de son côté Jean-Paul Issogui, la soixantaine, un autre participant à la marche. Malgré de précédentes crises post-électorales, ce petit pays francophone d’Afrique centrale de moins de deux millions d’habitants est peu habitué à la violence. Dès leur proclamation le 31 août, les résultats très contestés de la présidentielle avaient entraîné des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans tout le pays, qui ont fait trois morts, selon le ministre gabonais de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya. Ce bilan est contesté par l’opposition, à commencer par M. Ping qui évoque plusieurs dizaines de morts. Des familles étaient toujours à la recherche samedi d’un proche introuvable depuis ces violences post-électorales.

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11.9, 4h59

http://www.rfi.fr/afrique/20160911-gabon-crise-haut-ogooue-noeud-discorde

Crise post-électorale au Gabon: le cas du Haut-Ogooué, nœud de la discorde

Par RFI Publié le 11-09-2016 Modifié le 11-09-2016 à 04:59

Les résultats dans la province du Haut-Ogooué, où Ali Bongo a obtenu 95%, est au cœur de la discorde entre le pouvoir et l’opposition. Selon l’opposition, le pouvoir a triché et falsifié les procès-verbaux pour obtenir un score aussi élevé qui lui a permis de remporter la victoire sur Jean Ping. Le camp de l’opposant met en avant notamment un cas de corruption présumé au niveau de la centralisation des résultats dans la capitale provinciale Franceville. Trois représentants de l’opposition, deux commissaires et un vice-président, sont mis en cause.

Tout part du vice-président de la Commission électorale. L’homme contacte ses deux commissaires et leur promet de l’argent pour valider les résultats donnant 95% à Ali Bongo. Un des commissaires raconte un rendez-vous avec un homme à bord d’un 4×4.

Son vice-président monte dans la voiture puis ressort avec 50 millions de Francs CFA à partager en trois. « Le prix de notre silence », dit le commissaire, qui affirme s’être repenti. « Je me suis confessé. C’est l’argent du contribuable. Je l’ai pris mais j’ai dénoncé », confie-t-il.

Sans nouvelles des trois hommes, Rodrigue Bokoko part à leur recherche. Le coordonateur opposition pour le Haut-Ogooué ne se dit pas surpris. « Dans un pays de misère » dit-il, « 50 millions c’est beaucoup. » Tenace, l’homme retrouve les commissaires. Ils avouent et témoignent dans un acte d’huissier dont RFI a obtenu copie. Sur l’homme au 4×4, le texte parle d’un inconnu qui serait de la majorité.

Quant au vice-président d’opposition, il prend la fuite avant de pouvoir témoigner. « Nous ne sommes pas policiers, on ne peut pas garder à vue. C’est dommage, il avait des informations précieuses », déclare Pascal Oyougou, membre de l’équipe de campagne de Jean Ping.

Interrogé, le porte-parole d’Ali Bongo décrit une histoire inventée. Alain Claude Billie Bi Nze s’interroge et demande : « qui a corrompu ? Il n’y a pas de nom. A part des témoignages, il n’y a rien. Si l’opposition a des preuves, qu’elle les présente à la Cour constitutionnelle ».

Confronter les procès-verbaux

La Cour constitutionnelle, précisément, dont le travail a commencé après le recours déposé par le camp de Jean Ping. Ce dernier demande un recomptage des votes dans la province du Haut-Ogooué. Le camp Bongo est invité à répondre aux accusations de ses adversaires. Il a jusqu’à mardi pour préparer sa réponse.

Chaque camp sera ensuite convoqué pour être entendu par un juge rapporteur, avant une audience publique, où les deux parties présenteront leurs arguments. Le point crucial sera l’examen des procès-verbaux du Haut Ogooué rassemblés par les deux parties, mais qui affichent des résultats différents. Certaines pièces ont donc été falsifiées.

Ali Akbar Onanga Yobégué est le président du comité juridique de campagne d’Ali Bongo. Pour lui, il faut confronter les PV avec les originaux détenus par la Commission électorale. « Nous nous sommes prémunis en rapportant tous nos PV. Quand nous faisons la comptabilité de tous nos PV, nous n’avons pas de problème dans la province du Haut Ogooué. La Cenap ou la Cour constitutionnelle ont les originaux. Nous nous avons des copies. Donc on repartira très certainement vers les originaux, pour voir lequel est conforme à l’original. Nous sommes tout à fait favorables à ce recomptage des voix. »

Le camp Bongo envisage même éventuellement de demander la même procédure dans d’autres localités du pays, « là il y a des scores qui nous permettent de supposer qu’il y a eu manifestement des cas de fraude ». « Il est quand même douteux que dans ces localités Ali Bongo Ondimba n’obtienne aucune voix et Jean Ping 100 voix, avance Ali Akbar Onanga Yobégué. C’est ce type d’anomalies qui nous permet de supposer qu’il y a eu surement des malversations dans ces zones. En cas de fraude, nous essaierons de produire les documents qui attestent de la fraude. En cas de corruption, nous essaierons de d’obtenir le constat d’huissiers, les déclarations de personnes corrompues. Et là, en ce moment, les avocats s’occupent de tout rassembler. »

Côté opposition, on demande aussi un recomptage du Haut-Ogooué, mais dans un cadre précis car le camp de Jean Ping se méfie de la Commission électorale. Maître Jean Rémy Bantsantsa est un des avocats de Jean Ping.

« Le problème de la Cenap, c’est qu’elle a déjà démontré toute sa mauvaise foi. Tout le monde a vu que les PV de la province du Haut-Ogooué étaient falsifiés. Donc si le PDG nous sort cet argument selon lequel ils vont confronter leurs PV avec les originaux de la Cenap, nous nous attendons de les voir. Puisque, je le répète : au sortir des bureaux de vote, chaque camp reçoit une copie du procès-verbal du bureau de vote. En conséquence je ne vois pas comment le leur serait différent du notre. Nous ce que nous souhaitons c’est que ce travail se fasse en présence de toutes les parties et avec des experts internationaux. Et là nous nous inquiétons effectivement de savoir que les PV originaux que la Cenap détient seraient différents des notes. C’est pour ça que nous sollicitions en plus une expertise internationale. »

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11.9, 0h26

http://www.rfi.fr/afrique/20160910-gabon-ali-bongo-cour-constitutionnelle-replique-juridique-demande-reconventionnelle

Gabon: Ali Bongo prépare sa réplique juridique face au recours de l’opposition

Par RFI Publié le 10-09-2016 Modifié le 11-09-2016 à 00:26

Au Gabon, Ali Bongo, dont la réélection à la tête du pays est contestée, peaufine ses arguments alors que son rival, Jean Ping, a déposé un recours, le jeudi 8 septembre, pour demander le recomptage des voix. La Haute Cour de justice gabonaise a, en principe, deux semaines pour rendre son verdict. Ali Bongo prépare donc sa réplique juridique tandis que sur le terrain, la polémique sur le nombre de victimes des violences post-électorales se poursuit.

Après le recours déposé par Jean Ping, Ali Bongo prépare sa riposte. Techniquement, il ne s’agit pas d’un recours du camp d’Ali Bongo puisque le délai pour en déposer un est expiré. Il s’agit plutôt d’une réponse juridique au recours que l’opposition a présenté, jeudi, au greffier de la Cour constitutionnelle.

Selon plusieurs sources concordantes, le côté présidentiel va présenter une demande reconventionnelle dès mardi car lundi, c’est l’Aïd. Il s’agit d’une sorte de plainte qui arrive derrière le dossier déposé par l’opposition, comme une réponse.

Dans ce dossier, le pouvoir demandera d’abord l’annulation du recours de Jean Ping pour vice de forme, mais il présentera aussi des éléments à charge contre lui.

« Nous avons reçu le dossier de l’opposition. Nous allons formuler notre argumentaire. Il y a des anomalies relevées », explique Angélique Ngoma, secrétaire générale du PDG chargée des élections.

Comme anomalies, le pouvoir pointe du doigt les scores très élevés de Jean Ping dans plusieurs localités comme Bitam ou Omboué, sa localité natale. Selon le camp présidentiel, il y aurait obtenu plus de 100% de voix. Les autorités accusent également Jean Ping d’avoir tenté de falsifier les résultats. Des hackeurs ivoiriens présumés ont été arrêtés.

La Cour constitutionnelle va examiner tout cela et la bataille juridique est maintenant un peu entre ses mains.

Polémique sur le nombre de victimes

En dehors du terrain juridique, la polémique sur le nombre de victimes de ces violences post-électorales se poursuit. Le bilan officiel jusqu’à aujourd’hui, s’élève à 3 morts et 105 blessés dont 67 membres des forces de l’ordre ainsi que 38 civils. L’opposition donne des chiffres différents et parle d’au moins 50 morts dont 17 lors de l’attaque du quartier général (QG) de Jean Ping.

Dans une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur avait demandé aux journalistes d’aller vérifier par eux-mêmes et de se rendre dans les morgues. Il y en a trois à Libreville. RFI s’est rendue samedi 10 septembre dans la matinée à la Gabosep et, en regardant ses registres officiels, entre le 1er et le 7 septembre, l’établissement a récupéré cinq personnes tuées par balle. Deux cadavres ont été ramassés au QG de Jean Ping ; un au quartier Nzeng-Ayong ; un au PK 12 et un derrière la prison. RFI a pu voir ces corps.

Les employés disent que c’est la première fois qu’ils voient autant de morts par balle en si peu de temps et que c’était très dur à supporter pour eux, malgré leur expérience. Ceci étant, il est possible que certains soient morts dans des rixes ou des règlements de compte, sans lien avec les forces de l’ordre. C’est ce qu’avait dit, d’ailleurs, le ministre de l’Intérieur en conférence de presse.

En début d’après-midi de ce samedi, RFI s’est rendue, cette fois à la morgue Casepga qui, elle, a refusé l’accès aux journalistes disant qu’aujourd’hui c’était samedi, que l’administration était fermée, avant de demander de revenir lundi. Un responsable a dit que de toute façon, il ne donnerait aucun accès au registre de la morgue.

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10.9

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10.9, 20h20

http://www.rfi.fr/afrique/20160910-autorites-gabonaises-assurent-can-pourra-tenir-gabon

Les autorités gabonaises assurent que la CAN pourra se tenir au Gabon

Par RFI Publié le 10-09-2016 Modifié le 10-09-2016 à 20:20

Le ministre des Sports du Gabon assure que tout est en place pour que la Coupe d’Afrique des nations se tienne dans son pays, malgré la tension politique depuis la présidentielle du 27 août. « J’ai été à Oyem, j’ai été au stade de Port-Gentil, j’ai visité les deux stades de Libreville. Il n’y a aucune difficulté technique ou infrastructurelle à ce que la CAN se tienne au Gabon, martèle Blaise Louembe, joint au téléphone par RFI. Sur le plan sécuritaire, toutes les dispositions sont prises pour que la compétition se tienne conformément au cahier des charges de la Confédération africaine de football ». La CAF, de son côté, assure ne pas travailler à une solution de repli. Ces jours-ci, les réseaux sociaux et la presse sportive s’interrogent sur la capacité du Gabon à accueillir la CAN, du 14 janvier au 5 février 2017, en raison du bras de fer entre le président sortant Ali Bongo, proclamé vainqueur par la commission électorale, et son adversaire Jean Ping, qui affirme avoir remporté l’élection.

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10.9, 19h04

http://afrique.lepoint.fr/actualites/guy-rossatanga-rignault-les-avocats-d-ali-bongo-vont-aussi-attaquer-10-09-2016-2067496_2365.php

Guy Rossatanga-Rignault : « Les avocats d’Ali Bongo vont aussi attaquer »

INTERVIEW. Le professeur de droit et science politique de Libreville dit tout sur les différentes procédures entamées par chaque camp pour faire valoir la légalité.

Propos recueillis par Viviane Forson

Publié le 10/09/2016 à 19:04 | Le Point Afrique

Guy Rossatanga-Rignault est professeur de droit à l’université de Libreville-UOB et secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Il est un témoin direct du processus électoral qui s’achève au Gabon.  © DR

La Cour constitutionnelle gabonaise va maintenant examiner le recours déposé par le candidat Jean Ping concernant l’existence de fraudes dans la province du Haut-Ogooué. En face, le président sortant Ali Bongo, gagnant provisoire de l’élection présidentielle, va riposter via une demande reconventionnelle. Les avocats du chef de l’État disposent selon la loi gabonaise d’une période de quinze jours pour adresser à la cour cette demande reconventionnelle avant que celle-ci ne statue au bout de 15 jours sur la requête de Jean Ping. Au coeur de la stratégie d’Ali Bongo : des pièces à conviction de fraudes dans plusieurs fiefs de l’opposition. Tous les regards convergent vers la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle, qui ne serait pas neutre à en croire l’opposition. Une thèse (parmi d’autres) que balaie à renfort d’arguments juridiques et légaux Guy Rossatanga-Rignault, professeur de droit public et science politique à l’université de Libreville. Il répond aux questions du Point Afrique.

Le Point Afrique : quelle différence entre un recours et une « demande reconventionnelle » ?

Guy Rossatanga-Rignault : il s’agit de deux termes du lexique procédural dont la différence va apparaître à la définition de chacun.

S’agissant du recours, son sens courant n’est pas très différent de son sens juridique. En effet, dans la langue courante, un recours consiste à en appeler à une institution ou à un tiers pour se voir reconnaître un droit ou un avantage. En matière juridique, le recours (en l’occurrence ici le recours contentieux) est la procédure qui permet de saisir une juridiction en vue d’obtenir l’annulation, la réformation ou l’interprétation d’un acte.

Dans l’espèce qui nous intéresse, l’acte querellé est la délibération de la commission électorale nationale autonome et permanente annonçant élu Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle du 27 août 2016. Celui qui introduit un recours, ici M. Jean Ping, est en position de demandeur. Face à lui se trouve un défendeur, ici M. Ali Bongo Ondimba.

Concernant la demande reconventionnelle, il s’agit d’une procédure incidente venant se greffer sur une procédure existante. Autrement dit, le défendeur à son tour peut, au lieu de simplement se contenter de se défendre contre les prétentions du demandeur, se porter lui-même demandeur contre celui qui a introduit le recours.

Concrètement, dans le cas du Gabon, cela signifie que les avocats de M. Ali Bongo ne vont pas seulement s’opposer aux arguments de ceux de M. Ping. Ils vont aussi attaquer, donc demander le recomptage ou l’annulation des votes dans telle ou telle circonscription où M. Ping l’a emporté.

Comment la Cour constitutionnelle s’organise-t-elle durant cette période pour répondre aux contestations de chaque camp ?

Comme je l’indiquais plus haut, nous sommes en face d’un procès devant un tribunal. Chaque juridiction a ses règles de procédure. Pour ce qui est de la Cour constitutionnelle gabonaise, et en faisant simple, une fois saisie du recours déposé à son greffe, le président de la Cour désigne parmi les huit autres juges un rapporteur qui instruit contradictoirement l’affaire. Des rapporteurs adjoints et des experts peuvent aussi être désignés. Lorsque le rapporteur a achevé sa tâche d’instruction, il présente son rapport à l’ensemble de la Cour. Si ce rapport convient, l’affaire est en état d’être jugée et la Cour communique le dossier avec le rapport à celui de ses membres remplissant l’office de commissaire à la loi (qui est plus ou moins l’équivalent du parquet) pour ses conclusions.

Ensuite, on entre dans le procès comme on peut le voir dans les films. Avec les auditions, les témoignages, les plaidoiries des avocats, les recomptages, le cas échéant, etc. À la fin de cette phase, qui est publique et souvent retransmise à la télévision, l’affaire est ensuite mise en délibéré et la Cour statue et rend publique sa décision qui, il faut le rappeler, est insusceptible de recours, donc définitive.

Cette Cour et surtout sa présidente Mme Marie-Madeleine Mborantsuo suscite la méfiance de l’opposition. Pourquoi ?

Plus sérieusement, cette Cour est accusée d’être aux ordres de l’exécutif et donc de ne rendre que des décisions en faveur de l’exécutif et du parti au pouvoir, ce qui est inexact. Des décisions de la Cour retoquant des ordonnances du président de la République existent bel et bien. Il y en a eu, il y a quelques mois. Des décisions annulant l’élection de candidats du parti au pouvoir existent tout autant. Il n’est que de rappeler, à cet égard, l’annulation de l’élection en tant que député d’un ancien Premier ministre d’Omar Bongo.

Il y a donc problème…

Mme Mborantsuo est suspecte aux yeux de certains du fait d’avoir eu des enfants avec le défunt président Omar Bongo. Ayant donc des enfants qui sont les demi-frères de l’actuel chef de l’État, elle ne pourrait donc pas juger objectivement. C’est un argument qui peut être retenu, mais qui, dans les faits, est plus spécieux qu’autre chose. C’est le lieu de rappeler que la Cour constitutionnelle du Gabon se compose de 9 membres nommés à raison de 3 proposés par le président de la République, 3 par le président du Sénat et 3 par le président de l’Assemblée nationale. Précisons aussi qu’ils sont 9 parce que chacun d’entre eux est issu de l’une des 9 provinces du Gabon. Il y a 1 800 000 Gabonais. Chacun des juges, venant d’une province, est donc porteur (y compris à son corps défendant) d’une identité régionale ou ethnique. Si l’on doit se mettre à fouiller les origines et parcours personnels des uns et des autres, il risque de ne plus se trouver un seul juge crédible dans cette affaire.

Mieux. On nous dit que Mme Mborantsuo est mère de deux enfants portant le nom Bongo. Mais M. Jean Ping est aussi père de deux enfants portant le nom Bongo (ceux qu’il a eus avec la fille aînée d’Omar Bongo, et donc des neveux d’Ali Bongo).

À ce petit jeu malsain consistant à gratter sous la peau des uns et des autres, on pourrait aussi suspecter les 3 juges de la Cour qui avaient été proposés par l’ancien président de l’Assemblée nationale, M. Guy Nzouba Ndama (rangé aujourd’hui derrière Jean Ping). Mieux (ou pire), l’un des 9 juges de la Cour n’est autre que la propre nièce de M. Jean Ping, la fille de son frère aîné. Alors ?

Mais alors, que peut cacher un tel rapport à la Cour constitutionnelle ?

En réalité, il ne s’agit pas uniquement du rapport des Gabonais à leur Cour constitutionnelle. Le problème est plus grave et plus large : celui du rapport à la loi et au droit. Nous sommes un peuple chez qui tout le monde invoque la loi, mais personne n’accepte jamais de l’appliquer ou de se la faire appliquer. Nous passons notre temps à légiférer sur tout et, le moment venu, nous trouvons toujours le moyen de nous arranger avec la norme.

Tout le monde se plaint de l’inapplication de la loi et, le jour où on l’applique, celui que la loi a frappé ne l’accepte pas, et les siens avec lui. Nous sommes aussi à l’image de ces joueurs qui, au début du match, acceptent les règles du jeu et les arbitres et qui, lorsqu’ils ont perdu, remettent en cause les règles et l’arbitre.

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10.9, 12h49

http://www.rfi.fr/afrique/20160910-gabon-cote-ivoire-ingerence-mamadi-diane-jean-marc-zoe-ping

Eventuelle ingérence ivoirienne au Gabon:des «initiatives personnelles» pour Abidjan

Par RFI Publié le 10-09-2016 Modifié le 10-09-2016 à 12:49

En Côte d’Ivoire, les autorités attribuent à des «initiatives personnelles» les ramifications ivoiriennes d’éventuels fraudeurs à la présidentielle gabonaise. Le pouvoir ivoirien, un peu embarrassé tout de même de voir incriminés deux collaborateurs de la présidence dans cette supposée tentative de fraude, a mis rapidement bon ordre en limogeant immédiatement les deux fautifs. Le temps de réaction fut rapide. En effet, à peine le porte-parole de la présidence gabonaise avait-il mis, à Libreville, en exergue les agissements de Mamadi Diané en faveur du candidat Jean Ping, qu’à Abidjan, celui-ci fut remercié par la présidence ivoirienne. Mamadi Diané, homme d’affaires et conseiller à la présidence pour les relations internationales, aurait eu plusieurs conversations téléphoniques avec Jean Ping concernant la stratégie à adopter dans le cadre des élections présidentielles et de la proclamation des résultats. Une ingérence inacceptable pour le palais présidentiel d’Abidjan comme l’expliquait le ministre et porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, le 31 août dernier. « Le chef de l’Etat, évidemment, n’admet pas ce type d’intrusion dans les affaires qui concernent un pays ami, un pays frère, un pays souverain. Donc, il n’y avait absolument aucune raison pour que cette personne qui, effectivement était l’un des collaborateurs du chef de l’Etat, s’immisce dans les affaires gabonaises. Donc, il n’y a pas, ici, d’action de l’Etat. C’est l’action d’une personne et cette personne a été sanctionnée », avait-il déclaré. Jean-Marc Zoé, chargé de mission auprès d’un conseiller à la présidence, est un autre complice présumé de cette tentative supposée de piratage des résultats. Il a, lui aussi, été limogé en même temps que Mamadi Diané, le 30 août dernier. Les deux hommes refusent de s’exprimer sur cette affaire, Mamadi Diané se limitant à répondre au téléphone à RFI qu’il s’exprimerait éventuellement quand « les esprits se seront apaisés ».

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10.9, 11h28

http://www.rfi.fr/afrique/20160910-gabon-medias-violences-postelectorale-lunion-tvplus

Gabon: plusieurs médias victimes de violences post-électorales

Par RFI Publié le 10-09-2016 Modifié le 10-09-2016 à 11:28

Au Gabon, après les violences post-électorales, beaucoup d’édifices, d’institutions, d’entreprises ou d’organisations sont toujours en train d’évaluer les dégâts et d’entamer une lente reconstruction. C’est notamment le cas des médias. Plusieurs d’entre eux ont été attaqués, qu’ils soient réputés proches du pouvoir ou de l’opposition.

« C’est un paysage apocalyptique… » L’attaque contre l’ « Union » a été rapide. Des dizaines de jeunes ont ouvert une brèche dans le portail et ont caillassé le bâtiment avant d’y mettre le feu. Les employés du journal se sont réfugiés où ils ont pu. Joël Akouango, directeur d’exploitation, s’est caché près de l’imprimerie. Aujourd’hui il parle d’une rédaction traumatisée. « Quand un pareil évènement se produit, il y a quand même l’état mental des journalistes. On ne revient pas comme ça, après avoir vécu la peur de sa vie », dit-il. La rédaction a été déplacée dans une pièce annexe. Le journal – tiré à 22 000 exemplaires – pourrait ressortir dans quelques jours mais les réparations devraient durer plusieurs mois.

« Donc ça c’est une porte blindée… » TV Plus a aussi été ciblée. Franck Nguema, PDG de la chaîne, parle d’un commando d’hommes armés et encagoulés. Victime de sa sixième attaque en sept ans, l’entreprise avait pris ses précautions. « Ils ont cassé tout ce qui est possible de permettre de faire de la production audiovisuelle : les bandes de montage, les caméras, les bandes de réalisation vidéo, etc. Ils ont ainsi attaqué le nerf même de la chaîne de télévision pour pouvoir réaliser ses émissions. Manque de pot pour eux, vous savez, après sept ans, on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on s’organise. Trois jours après, on a pu réémettre ! », explique Franck Nguema.

Les médias proches des deux camps ont été touchés. Dans plusieurs rédactions, certains journalistes souhaiteraient un traitement de l’information plus impartial pour éviter les représailles.

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10.9, 0h01

http://www.rfi.fr/afrique/20160910-gabon-informaticien-ivoirien-prison-camp-ping

Gabon: un informaticien ivoirien travaillant pour Ping arrêté par les autorités

Par RFI Publié le 10-09-2016 Modifié le 10-09-2016 à 00:01

Il y a 10 jours, les autorités gabonaises ont arrêté un Ivoirien de 35 ans. Yeo Sifowa Namogoh avait été recruté par l’équipe de Jean Ping, pour compiler les résultats de la présidentielle. Les autorités gabonaises, elles, accusent l’Ivoirien d’être un cybercriminel venu trafiquer les données de l’élection, envoyé par un ex-conseiller de la présidence ivoirienne Jean-Marc Zoé. Le jeune homme de 35 ans est derrière les barreaux à Libreville depuis le 31 août. Sa famille à Abidjan s’inquiète.

Comme le raconte son frère joint à Abidjan, Yeo Sifowa Namogoh serait arrivé le 11 août dernier à Libreville. Sa mission, selon lui, était de collecter les résultats des élections gabonaises pour donner en temps réel les tendances au candidat de l’opposition Jean Ping.

Le jeune informaticien aurait déjà réalisé ce même type de prestation en Guinée et au Congo-Brazzaville lors des élections là-bas, raconte encore son frère qui s’inquiète que cela puisse lui être reproché aujourd’hui. Le vote au Gabon est sur papier et non pas informatisé. Sa famille ivoirienne s’interroge : comment aurait-il alors pu falsifier électroniquement un résultat ?

Les autorités gabonaises accusent l’informaticien d’avoir fabriqué de faux procès-verbaux et truqué les résultats. « Fabrication de faux procès-verbaux, mise en place de collecte de données et falsification de résultats », font notamment partie des accusations retenues contre lui. Mais du côté de l’opposition, on dément.

L’équipe de Jean Ping confirme avoir recruté le jeune homme pour compiler et centraliser à Libreville les résultats qui remontaient des différents bureaux de vote du pays par le biais des procès-verbaux récoltés par les observateurs du parti de Jean Ping. Là encore on insiste, le vote est manuel. Et on s’interroge donc : en quoi enregistrer des résultats dans un ordinateur pourrait-il être qualifié de cybercriminalité ? L’informaticien ivoirien travaillait avec trois Gabonais dans son équipe, « aucun d’entre eux n’a été arrêté », s’étonne le porte-parole de Jean Ping. Les autorités gabonaises n’ont pas pu être jointes vendredi 9 septembre pour confirmer les chefs d’inculpation retenus contre l’informaticien de 35 ans et indiquer s’il a été présenté à la justice.

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9.9

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9.9, 21h48, Interview en langue de bois dictatoriale

http://www.jeuneafrique.com/depeches/356406/politique/ali-bongo-nai-exerce-declenche-violence/

Ali Bongo Ondimba : « Je n’ai ni exercé ni déclenché la violence »

09 septembre 2016 à 21h48 — Mis à jour le 10 septembre 2016 à 10h23

Par AFP

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a déclaré vendredi en fin de journée qu’il n’avait « pas exercé ni déclenché la violence » post-électorale dans son pays, mettant en cause son rival Jean Ping, dans un entretien à l’AFP.  « Je n’ai pas exercé ni déclenché la violence », a déclaré le président sortant, affirmant que les émeutes meurtrières et les pillages massifs étaient dus à « un climat » que l’opposant Jean Ping « a créé lui-même » après une « une campagne violente, de mensonges, de dénigrement ». Pour le président Bongo, c’est un « climat qu’il a créé lui-même par rapport à la campagne qui a été la sienne. Une campagne violente, une campagne de mensonges, de dénigrement qui n’a pas fait honneur au pays, donc je ne m’inscris pas dans ce registre du tout ». Reconnaissant qu’aucun dialogue direct n’a pas été entamé avec Jean Ping, le président a affirmé: « Ce n’est pas de ma faute ». « Moi je n’ai jamais refusé de discuter », a-t-il dit. « J’ai voulu des élections démocratiques, j’ai voulu des élections transparentes, j’ai voulu un scrutin qui soit juste, je ne suis pas rentré en fraudes », a-t-il ajouté sans autre précision. Toutefois, a-t-il concédé, « les résultats tels qu’ils ont été annoncés m’interpellent dans le sens où il y a un certain nombre de compatriotes, un grand nombre de compatriotes qui n’ont pas voté pour moi donc je dois tenir compte de ce fait là et je vais gouverner en conséquence ». A propos du recours déposé par Jean Ping devant la Cour constitutionnelle sur la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo, où le président sortant a obtenu plus de 95% des voix, il s’est dit « confiant », assurant que cela « permettrait de faire la lumière sur toutes les opérations électorales et sur la fraude massive que M. Ping a organisé » dans plusieurs provinces. Interrogé sur l’éventuelle arrivée de renforts militaires français à Libreville, où la France dispose d’une base militaire, le chef de l’Etat a répondu: « Nous sommes en mesure de rétablir l’ordre dans notre pays et de maintenir la paix, nous sommes en mesure de pouvoir le faire ».

Quelque 10.000 Français sont inscrits dans les consulats de France à Libreville et à Port-Gentil, la capitale économique. Plusieurs milliers d’autres vivent au Gabon sans être inscrits dans les services consulaires. Il s’agit de l’une des communautés françaises les plus importantes en Afrique subsaharienne.

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http://www.jeuneafrique.com/356229/politique/gabon-jean-ping-met-garde-cour-constitutionnelle-cas-de-rejet-de-recours/

Gabon : Jean Ping met en garde la Cour constitutionnelle en cas de rejet de son recours

09 septembre 2016 à 19h46

Par Jeune Afrique avec AFP

L’opposant Jean Ping a prévenu vendredi que le Gabon connaîtrait « une instabilité durable et profonde » si la Cour constitutionnelle qu’il vient de saisir ne lui donnait pas raison dans son contentieux électoral avec Ali Bongo.  « Oui, je crains fort qu’un nouveau faux pas de la Cour constitutionnelle soit le facteur d’une instabilité profonde et durable du Gabon », a déclaré Jean Ping devant des centaines de ses partisans dans la cour de son quartier général de campagne à Libreville. « Il ne fait aucun doute qu’en cas de non-respect de la réalité du vote des Gabonais par la Cour constitutionnelle, le peuple, qui n’aurait dans ce cas plus rien à perdre (…) prendra son destin en mains », a estimé Jean Ping, qui s’est de nouveau présenté comme le « président élu », qualifiant son rival de « président sorti ».

Quinze jours pour statuer

Jean Ping a saisi in extremis jeudi 8 septembre la plus haute juridiction du pays pour contester le résultat officiel provisoire de l’élection présidentielle à un tour du 27 août dernier. Ces résultats proclamés donnent la victoire à Ali Bongo d’une faible avance d’environ 5 000 électeurs, sur quelque 628 000 inscrits.

L’opposant demande un nouveau comptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, dans la province du Haut-Ogooué. Dans ce fief de l’ethnie Téké des Bongo, le président sortant a assuré sa victoire à l’échelle du pays grâce à 95% des voix pour une participation de 99,93%.

Les avocats de Jean Ping demandent une confrontation des procès-verbaux en présence d’experts internationaux. La cour dispose de quinze jours pour donner son verdict.

« Tour de Pise »

Jean Ping a reconnu qu’il avait saisi avec des « appréhensions légitimes » la Cour constitutionnelle « que les Gabonais appellent désormais la Tour de Pise, parce qu’elle penche toujours du côté du pouvoir », a-t-il dit.

« 2009 n’est pas 2016 », a-t-il déclaré à deux reprises sous les vivats de ses partisans. En 2009, Ali Bongo avait été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle après le rejet d’un recours.

Violences postélectorales

Les émeutes qui ont suivi l’annonce, la semaine dernière, de la réélection d’Ali Bongo ont fait trois morts, a répété jeudi le ministre gabonais de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, indiquant par ailleurs qu’un policier déclaré mort était en fait toujours vivant.

Ce bilan est contesté par l’opposition à commencer par Jean Ping qui évoque plusieurs dizaines de morts.

Des familles étaient toujours à la recherche ce vendredi d’un proche introuvable depuis ces violences postélectorales.

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9.9, 18h27

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/09/presidentielle-gabonaise-comment-truquer-une-election-pour-75-000-euros_4995385_3212.html

Gabon : comment truquer une élection présidentielle pour 75 000 euros ?

Par Christophe Châtelot (Libreville, Gabon, envoyé spécial)

LE MONDE Le 09.09.2016 à 18h27 • Mis à jour le 09.09.2016 à 19h31

Jeudi 8 septembre, quelques minutes seulement avant la fin du délai légal, Jean Ping a finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle afin de contester le résultat de la présidentielle du 27 août qu’il dit lui avoir été volée.

Son dossier paraît solide. Pourtant, l’ancien cacique du régime gabonais passé dans l’opposition et ex-président de la Commission de l’Union africaine a longuement hésité. Il préjuge de la partialité de cette instance présidée par l’une des belles-mères de président Ali Bongo Ondimba, déclaré vainqueur, dans le tumulte d’émeutes meurtrières, par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap).

Réajustement brutal

Dans cette région d’Afrique centrale où les présidents sortants sont passés maîtres dans l’art de frauder les élections, n’importe quel opposant rêverait sans doute d’avoir entre les mains le dossier déposé par le Gabonais Jean Ping. En effet, n’était la défiance envers la Cour constitutionnelle – surnommée par l’opposition « la tour de Pise » parce qu’elle penche toujours du côté du pouvoir –, les chiffres présentés par la Cénap pour assurer in extremis, et fort maladroitement, la victoire au président sortant résistent mal au moindre test de crédibilité.

Le nœud du problème porte sur la région du Haut-Ogooué, dont le résultat « officiel » a permis à Ali Bongo Ondimba de rattraper le retard constaté après compilation des votes dans les huit autres provinces du pays. Le problème ne date pas d’hier. « Par le passé, au temps du père [Omar Bongo Ondimba qui dirigea le pays de 1967 jusqu’à sa mort en 2009], mais aussi lors de la première élection, controversée déjà, d’Ali Bongo en 2009, ce fief familial a toujours servi de variable d’ajustement pour leur assurer la victoire. Mais là, ils [le pouvoir] ont été dépassés. Ils ne s’attendaient pas au score de Jean Ping, dopé par l’union de l’opposition et l’effritement de la majorité. Ils n’ont pas mesuré le niveau de rejet du pouvoir au sein de la population », analyse Pascal Oyougou, originaire du Haut-Ogooué, membre d’Héritage et modernité, un groupe formé par des dissidents du parti au pouvoir.

Cette année, le réajustement a donc été brutal. Un chiffre concentre tous les soupçons : 99,83 %. Soit le taux de participation astronomique publié par la Cénap. En d’autres termes, cela signifie que seulement 50 électeurs sur les 71 786 inscrits sur la liste électorale du Haut-Ogooué publiée en avril ne sont pas allés voter. « Fantaisiste », lâche un diplomate européen. Grâce aux 95,46 % des voix qui lui sont attribuées dans cette province, le candidat Ali rafle les suffrages qui lui manquaient pour finalement dépasser Jean Ping de quelque 6 000 voix au niveau national. Miracle.

Participation « nettement supérieure »

Comment en est-on arrivé à une manipulation si grossière ? Au lendemain du scrutin, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne avait jugé « satisfaisantes » les conditions du vote et la conduite du dépouillement dans les quelque 5 000 bureaux du pays où l’opposition disposait de représentants. De même en avait-elle au sein des commissions de centralisation des résultats aux niveaux départemental, régional et national.

La chef de cette mission, l’eurodéputée bulgare Mariya Gabriel, notait certes que la gestion du processus avait « manqué de transparence », soulignant que « les organes de gestion des élections omettant de mettre à la disposition des parties prenantes des informations essentielles telles que la liste électorale et la liste des centres de vote ». Elle pointait aussi « un déséquilibre des moyens en faveur du président sortant ». Les chiffres du Haut-Ogooué n’étaient pas encore tombés.

Les ennuis du pouvoir ont commencé lorsque les gouverneurs de chaque province, chargés de transmettre les procès-verbaux de dépouillement à la commission centrale, ont commencé à publier les résultats, dès le dimanche soir, soit vingt-quatre heures après le vote. Progressivement, il est alors apparu que le candidat Ali Bongo Ondimba enregistrait 60 000 voix de retard sur Jean Ping dans huit des neuf provinces du pays. Un écart quasiment impossible à rattraper alors que seul le Haut-Ogooué n’avait pas encore annoncé ses résultats.

MARCO LONGARI/AFP Accéder au portfolio

Il fallut alors attendre quarante-huit heures supplémentaires pour que le Haut-Ogooué transmette ses résultats hautement controversés. La mission d’observation de l’UE, appelant au recompte des voix bureau par bureau, a alors parlé d’« une anomalie évidente » dans la province, où « les résultats n’ont pas été annoncés publiquement », contrairement au reste du pays. Elle souligne aussi que le taux de participation, de 99,93 % rappelons-le, y est « nettement supérieure » à la moyenne, « estimée à 48 % », dans les huit autres provinces.

« 50 millions de francs CFA contre notre silence »

Il semblerait que le pouvoir s’y soit repris à deux fois pour arriver à ce chiffre. Un proche de Jean Ping nous a affirmé « disposer d’un enregistrement audio du gouverneur de la province du Haut-Ogooué sur lequel il annonce une participation de 95 % », un score insuffisant qu’il aurait ultérieurement modifié.

Un autre témoignage jette le doute sur la sincérité des résultats de la province. Selon René Ndémézoo Obiang, directeur de campagne de Jean Ping, trois représentants de l’opposition au sein de la commission électorale provinciale du Haut-Ogooué auraient été « achetés » pour fermer les yeux sur le décalage existant entre les PV arrivant des départements et ceux finalement annoncés au niveau de la province. L’un d’eux, Fabrice Simba, commissaire provincial pour le compte de l’opposition à la Cénap du Haut-Ogooué, joint au téléphone, affirme avoir « reçu 50 millions de francs CFA [environ 75 000 euros] en échange de notre silence ». « Nous avons partagé cette somme à trois : Marius Mbourou [vice-président de la CEP désigné par l’opposition], Josaphat Azzibrouk et moi ».

Dans une déclaration faite le 30 août devant un huissier de justice, dont nous avons obtenu la copie, Fabrice Simba dit avoir été informé par M. Mbourou que celui-ci « a été approché par monsieur le président de la commission provinciale électorale du Haut-Ogooué, monsieur Nguia François qui lui a dit qu’après les résultats du vote quelqu’un nous remettra une somme de 50 millions de francs CFA ». « Je n’ai pas vu la personne qui nous a remis l’argent », ajoute-t-il. Le procès-verbal de l’huissier évoque « une personne inconnue qui serait de la majorité ». Marius Mbourou se serait évanoui dans la nature et il est difficile de confirmer les accusations portées.

Ce qui semble clair, en revanche, c’est que les PV récupérés par l’opposition contredisent les chiffres de la Cénap, que ce soit au niveau de la participation ou du score des deux candidats.

Convoyage rocambolesque

Le récit du convoyage de ces PV originaux depuis Franceville (chef-lieu du Haut-Ogooué) jusqu’à la capitale (plus de 700 km) est en soi rocambolesque. « Il a fallu faire croire qu’on les acheminait par la route », assure Pascal Oyougou, qui coordonnait la campagne de Jean Ping dans la province. « Lors d’un arrêt, nous avons discrètement échangé des mallettes. Celle qui contenait les PV est finalement partie par avion et se trouve désormais en lieu sûr », affirme-t-il.
Pascal Oyougou affirme donc détenir les PV de dépouillement de 126 bureaux de vote sur les 297 que compte la province. D’après ces documents, portant sur 24 000 bulletins exprimés, Ali Bongo Ondimba obtiendrait 83 % des voix, 16 % pour son concurrent direct.

Surtout, la lecture de ces PV ferait apparaître plus de 10 000 abstentions, loin des 50 officiellement annoncées. Dans un communiqué publié mardi, la Mission européenne rappelait également que « l’abstention observée dans l’une des quinze commissions électorales locales est à elle seule supérieure à l’abstention déclarée par la Cénap pour l’ensemble de la province. L’intégrité des résultats provisoires dans cette province est par conséquence remise en cause ».

Dans sa requête à la Cour constitutionnelle, l’opposition réitère sa principale revendication : le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote pour le Haut-Ogooué, en présence de représentants de la majorité et de l’opposition « à parité égale », mais aussi d’« experts internationaux ».

Le pouvoir réfute toute malversation. Par la voix de son porte-parole, Alain-Claude Bilie By Nzé, il a annoncé que les avocats d’Ali Bongo Ondimba déposeront, à l’issue de l’examen du dossier de l’opposition par la Cour constitutionnelle, « des demandes reconventionnelles qui apporteront ses propres réponses aux contestations de l’opposition ». Parallèlement, ils déposeront des recours pour des « fraudes » commises, selon eux, par les amis de Jean Ping, dans les provinces de l’Ogooué-Maritime, de l’Estuaire et du Woleu-Ntem.

Christophe Châtelot Libreville, Gabon, envoyé spécial

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9.9,  16h36

http://www.rfi.fr/afrique/20160909-gabon-opposant-jean-ping-ferme-egard-cour-constitutionnelle

Gabon: Jean Ping reste ferme à l’égard de la Cour constitutionnelle

Par RFI Publié le 09-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 16:36

C’est une nouvelle étape de la contestation électorale au Gabon après la présidentielle et la réélection sur le fil d’Ali Bongo. L’opposition, le camp de Jean Ping, a donc finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle. Un recours pour demander le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo l’a remporté avec 95% des voix et un taux de participation de quasiment 100%. Jean Ping s’est adressé ce vendredi à ses partisans, à son quartier général, et a montré une position très ferme à l’égard de la Cour.

Selon Jean Ping, les neuf juges de la Cour constitutionnelle sont maintenant face à un choix entre la stabilité et l’instabilité du Gabon. La stabilité ce serait de déclarer Jean Ping vainqueur après un recomptage des voix du Haut-Ogooué. L’instabilité durable et profonde, selon lui, ce serait de confirmer la victoire d’Ali Bongo. D’après Jean Ping, un verdict favorable au président contraindrait le peuple à prendre son destin en mains, parce qu’il n’aurait plus rien à perdre. Il a ajouté qu’il se tiendrait alors à ses côtés, qu’il irait jusqu’au bout pour faire respecter la vérité des urnes.

L’opposant s’est adressé aux magistrats de la Cour constitutionnelle eux-mêmes, leur demandant de dire le droit, de faire preuve de grandeur, de dépasser leurs intérêts personnels. Il a rappelé qu’en déposant un recours, il se comportait en légaliste. Maintenant, il attend que le recomptage des PV bureau de vote par bureau de vote fasse jaillir la vérité et ramène la sérénité dans le pays, car, « je suis un républicain et un démocrate. Je crois en l’Etat de droit », a-t-il affirmé. Pour lui, la Commission électorale et le ministère de l’Intérieur se sont fourvoyés en affichant leur soutien au président sortant avant d’appeler Ali Bongo « le président sorti ».

Scène de liesse au QG de l’opposition

Cette allocution s’est faite devant plusieurs centaines de militants. Des partisans réunis au QG, sur fond de chants religieux, parce que la chapelle ardente installée en mémoire des victimes des violences est toujours active. Il y a une sorte de haie d’honneur qui s’est formée, acclamant les personnalités politiques une à une. Puis, lorsque le chef de file de l’opposition est arrivé en faisant le V de la victoire ça a été la liesse. Les gens ont crié : « Jean Ping président ! Jean Ping c’est dosé », ce qui est un slogan de campagne. L’hymne gabonais a été entonné à deux reprises. Puis Jean Ping est rapidement reparti après son discours dans la même ambiance.

Mais tout n’avait pas commencé dans ce climat. Un peu plus tôt, alors que la presse se rassemblait, un journaliste a été pris à parti. Il s’agissait d’un reporter de Gabon Télévision, la chaîne nationale qui s’appelait avant la RTG. Les gens lui reprochaient d’être inféodé au pouvoir, de ne pas être objectif. Il a même dû être exfiltré par le service de sécurité, alors que certains souhaitaient carrément le lyncher en criant « RT-PDG » du nom du parti au pouvoir. Dehors, l’homme a tenté de discuter en disant qu’il était là pour écouter le message, qu’en tant que démocrate, il pouvait aller du côté du pouvoir ou de l’opposition et qu’il était un citoyen d’abord. Un Gabonais comme les autres.

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9.9, 15h10

http://www.rfi.fr/afrique/20160909-presidentielle-gabon-cour-constitutionnelle-15-jours-trancher

Présidentielle au Gabon: la Cour constitutionnelle a 15 jours pour trancher

Par RFI Publié le 09-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 15:10

Au Gabon, l’équipe de Jean Ping a finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle pour contester les résultats de la présidentielle qui ont donné vainqueur le président sortant Ali Bongo. L’opposition a déposé son dossier à la dernière minute. Elle demande un recomptage des voix dans le Haut-Ogooué, province où Ali Bongo a obtenu 95 % des voix. Le pouvoir a choisi, lui, de ne pas déposer de recours. Les neuf juges doivent rendre leur verdict d’ici 15 jours.

A la Cour constitutionnelle, il y a d’abord la phase d’instruction. Le dossier constitué par l’opposition va être envoyé au camp présidentiel, puis un juge rapporteur sera désigné pour instruire l’affaire. Le camp de Jean Ping puis celui d’Ali Bongo vont être convoqués et entendus par le magistrat, qui produira un rapport sur ces audiences.

La Cour constitutionnelle tiendra ensuite une session, publique, durant laquelle le juge rapporteur lira son rapport et où pouvoir et opposition pourront faire des observations. Viendront ensuite les réquisitions du ministère public, la mise en délibéré, et enfin le verdict final.

Une avance irréversible selon l’opposition

L’opposition, qui affirme que Jean Ping lui-même sera présent durant son audience, se dit certaine de son bon droit. Dans son dossier, elle a rassemblé 174 procès-verbaux du Haut-Ogooué sur les 297 bureaux que compte la province. Elle affirme qu’il s’agit de documents authentiques. Des PV qui prouveraient que l’avance de Jean Ping acquise dans les autres provinces était irréversible, même si Ali Bongo avait remporté toutes les voix dans tous les autres bureaux du Haut-Ogooué.

Dans son dossier, l’opposition a également mis les résultats nationaux proclamés par le ministre de l’Intérieur, le procès-verbal provincial du Haut-Ogooué. Enfin, elle a ajouté un acte d’huissier avec les auditions de cinq opposants, membres de la Commission électorale, racontant comment s’est faite la validation finale controversée des résultats.

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9.9, 14h01

http://www.rfi.fr/afrique/20160908-gabon-opposition-recours-constitutionnel-jean-ping-bongo

Recours déposé par Jean Ping au Gabon: les risques et les avantages

Par Carine Frenk Publié le 08-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 14:01

L’opposant Jean Ping a déposé jeudi 8 septembre un recours devant la Cour constitutionnelle du Gabon. Huit jours après la proclamation des résultats de la présidentielle, l’opposition conteste toujours la réélection annoncée d’Ali Bongo et notamment les résultats dans la province du Haut-Ogooué, où le chef de l’Etat sortant est crédité de plus de 95 % des voix avec une participation proche de 100 %. Une décision qui a été difficile à prendre.

Depuis plusieurs jours, la décision de saisir la Cour constitutionnelle a provoqué des débats au sein de la coalition. Il faut savoir que l’institution est décriée par l’opposition. De nombreux militants la jugent « inféodée à la présidence ». Elle est même surnommée « la Tour de Pise » car, dit-on, elle pencherait toujours du même côté, celui du pouvoir.

Les neuf juges sont nommés par le président du Sénat, par celui de l’Assemblée et par le chef de l’Etat lui-même. La présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, est la belle-mère du chef de l’Etat. D’où ce problème de confiance.

D’un point de vue purement politique, l’opposition sait qu’en faisant ce choix, elle prend des risques. Si la Cour la déboute et confirme la victoire d’Ali Bongo, l’opposition pourrait se retrouver comme « liée » par cette décision de la plus haute instance juridique du pays et la base risque alors de lui reprocher sa naïveté.

Maître Jean-Rémy Bantsantsa

09-09-2016 – Par Sébastien Nemeth

« On sait d’avance qu’y aller c’est se condamner, mais si on n’y va pas, on va nous reprocher d’être des va-t-en-guerre », soulignait mercredi l’un des leaders de l’opposition. « Voilà pourquoi nous continuons à demander un recompte des voix bureau de vote par bureau de vote pour la province du Haut-Ogooué en présence des observateurs internationaux et en présence des représentants des candidats afin que les procès-verbaux de résultats soient confrontés et authentifiés avant d’être comptabilisés ».

C’est d’ailleurs ce que demande Jean Ping dans sa requête. « Une requête en reformation qui permet à une autorité supérieure de faire disparaître une décision prise par une autorité inférieure tout en lui substituant sa propre décision », peut-on lire dans le communiqué qui a été publié jeudi soir.

Les raisons du recours

Déposer ces recours, cela a deux principaux avantages : d’abord un refus aurait été difficile à justifier auprès de la communauté internationale, qui demande à ce qu’on utilise les voies légales de recours. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de ne pas être compris, surtout à l’extérieur », affirmait mercredi un proche de Jean Ping qui expliquait : « Nous savons bien qu’en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, épuiser les voies de recours, c’est quelque chose de naturel ».

Deuxième argument qui a sans doute fait pencher la balance : la Cour dispose d’un délai de 15 jours pour vider le contentieux et proclamer les résultats définitifs. Cela donne un délai aux médiations… Une chance à la négociation et l’opposition espère « que la pression internationale pourra se faire » pour un examen équitable des recours.

Une mission de l’UA reportée

Franck Emmanuel Issoze-Ngondet

09-09-2016 – Par Sébastien Nemeth

Une mission de haut niveau de l’Union africaine conduite par Idriss Déby était annoncée jeudi à Libreville. Elle a été reportée sine die selon le ministre gabonais des Affaires étrangères, qui l’a annoncé jeudi après-midi lors d’une conférence de presse. Raison invoquée : des questions d’agenda des chefs d’Etat.

Le Nigérien Issoufou, le Congolais Sassou-Nguesso, l’équato-guinéen Obiang Nguéma et peut-être le Sénégalais Macky Sall devaient accompagner Idriss Déby, tout comme les présidents du Kenya et de Namibie. Selon une source diplomatique, le mandat de la mission a également posé des problèmes : simple mission d’apaisement ou véritable médiation ? La question n’était pas tranchée. D’où peut-être aussi ce report sine die.

Comme l’analyse un diplomate de la région, Idriss Déby attendait un message fort d’acceptation de sa mission. L’assurance que l’opposition utiliserait les voies de recours légales mais surtout que les deux parties, pouvoir et opposition, seraient prêtes à dialoguer, qu’il y ait véritablement besoin d’un facilitateur. Ce signal visiblement n’est pas encore arrivé.

Restent à Libreville le Mauritanien Ahmedou Ould Abdallah, représentant de l’organisation de la Francophonie, Abdoulaye Bathily, le représentant de Ban Ki-moon en Afrique centrale et le diplomate algérien Smaïl Chergui, commissaire paix et sécurité de l’Union africaine, qui promet que la venue des chefs d’Etats est toujours à l’ordre du jour, simplement reportée et non pas enterée. Ces trois hommes vont-ils jouer un rôle en vue d’une solution politique ? Le peuvent-ils ? La question restait entière jeudi soir.

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9.9, 13h49

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-la-cour-constitutionnelle-solution-et-probleme-09-09-2016-2067172_2365.php

Gabon : la Cour constitutionnelle, solution ou problème ?

La plus haute instance juridique a désormais la lourde tâche de trancher le différend postélectoral qui oppose Ali Bongo et Jean Ping, son challenger.

Par notre correspondant à Libreville, Pierre-Éric Mbog Batassi

Publié le 09/09/2016 à 11:16 – Modifié le 09/09/2016 à 13:49 | Le Point Afrique

À gauche, le candidat Jean Ping, arrivé deuxième à la présidentielle, et à droite, le président sortant Ali Bongo, candidat à sa propre succession, ont chacun déposé des recours devant la Cour constitutionnelle.  © AFP

C’est la voie constitutionnelle qui a été officiellement choisie par le candidat Jean Ping, qui conteste des résultats publiés dans plusieurs provinces du pays, dont le Haut-Ogooué. Concernant le président Ali Bongo, l’annonce d’une saisie de la Cour n’a pas encore été rendue publique à l’heure où nous publions cet article. Surnommée « la tour de Pise », car elle pencherait toujours du même côté, celui du pouvoir, la Cour constitutionnelle se retrouve au coeur de la présidentielle avec un arbitrage attendu dans quinze jours. Au lendemain de cette annonce, de nombreuses réactions se font entendre du côté de l’opposition, venant notamment de la base, qui juge l’opposant Jean Ping « naïf » en saisissant cette Cour. En effet, les neuf juges sont nommés par le président du Sénat, par celui de l’Assemblée et par le chef de l’État lui-même. La présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, est la belle-mère du chef de l’État. D’où le manque de confiance.

« La tour de Pise »

Pour de nombreux opposants, la Cour constitutionnelle est aux ordres du pouvoir, juge et partie. C’est ce qui explique le refus et les réticences de Jean Ping à saisir cette institution dans ce bras de fer qui l’oppose à Ali Bongo Ondimba, proclamé vainqueur de la présidentielle du 27 août 2016. « Nous réclamons le recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, afin de rétablir la vérité des urnes et la paix dans notre pays », déclare René Ndemezo’O Obiang, directeur de campagne de Jean Ping. Il rejette toute idée de recourir à la Cour constitutionnelle « pour faire invalider la victoire provisoire » d’Ali Bongo Ondimba. Barro Chambrier, président du parti Héritage et Modernité, propose que le nouveau recomptage des voix se passe à la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), en présence des observateurs internationaux, des représentants des deux adversaires politiques et des leaders de la société civile. « Je suis pour le recomptage des voix, notamment dans la province du Haut-Ogooué, de manière consensuelle en dehors de la Cour constitutionnelle », a renchéri Joël Assoumou, militant de l’opposition et agent au ministère du Transport.

Force à la loi

Ali Bongo Ondimba, donné vainqueur du scrutin présidentiel du 27 août 2016 selon les résultats provisoires, ne s’oppose pas à l’exigence posée par son concurrent Jean Ping, mais il souhaite que le recomptage des voix se fasse dans un cadre légal, c’est-à-dire au sein de la Cour constitutionnelle. « Nous devons respecter les lois du pays », a-t-il dit en répondant aux questions des journalistes à propos de la requête informelle de son rival Jean Ping, qui s’est autoproclamé président de la République en estimant que la majorité des électeurs a opté pour le changement de régime. « La phase postélectorale est marquée par l’éventuel contentieux et la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle. En cas de contestation du procès-verbal de centralisation de la Cenap, il revient aux candidats ou à toute autre personne intéressée d’introduire des requêtes auprès de la Cour constitutionnelle pour solliciter, notamment, le recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote », a précisé ce 8 septembre le ministre gabonais des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze-Ngondet, lors d’une conférence de presse à Libreville. Suffisant pour calmer les esprits ? « Nous préférons la mort plutôt que de voir Ali Bongo Ondimba prendre la  direction de notre pays pour un nouveau septennat », a lâché Laurent, un militant de l’opposition rencontré au QG de Jean Ping. « Le peuple a voté massivement Jean Ping. Tout le monde le sait et nous ne pouvons plus accepter que notre vote soit volé », a-t-il ajouté.

Une épine en moins dans le pied de l’UA

La mission des chefs d’État africains attendus à Libreville vendredi est reportée sine die, selon un communiqué officiel de l’organisation. Mais elle a précisé rester attentive aux événements qui se dérouleront au Gabon dans les prochains jours. Le calme étant revenu, ce temps gagné va lui permettre d’impulser une solution privilégiant le dialogue politique. Mais seulement Jean Ping pourra-t-il seulement accepter d’entrer dans un gouvernement d’union nationale pour la reconstruction du pays et la préservation de la paix si chère aux Gabonais ? Les présidents africains pourront-ils avoir le courage de désavouer leur ancien camarade en difficulté électorale ? Quelle marge de manœuvre pour Idriss Déby et ses pairs ? Autant de questions que se posent les Gabonais au moment où tous les regards sont rivés vers la Cour constitutionnelle, laquelle doit proclamer définitivement dans les prochains jours les résultats de la présidentielle.

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9.9, 13h34

http://afriquefoot.rfi.fr/20160909-le-web-embrase-sujet-une-can-2017-ailleurs-gabon

Le Web s’embrase au sujet d’une CAN 2017 ailleurs qu’au Gabon

Par David Kalfa Publié le 09-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 13:34

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9.9, 11h11

Note R* E : Ali Bongo a empêché la venue de la délégation de l’UA

http://www.lemonde.fr/afrique/video/2016/09/09/gabon-l-union-africaine-reporte-sa-mission-de-mediation_4995065_3212.html

Gabon : l’Union africaine reporte sa mission de médiation

Le Monde.fr avec AFP Le 09.09.2016 à 11h11

Vidéo

Durée : 00:44 |

Le ministre gabonais des Affaires étrangères a annoncé jeudi le report « sine die » de la mission de l’Union africaine (UA) dans la crise post-électorale au Gabon où le président sortant Ali Bongo et son rival Jean Ping revendiquent chacun la victoire. « Cette mission a été reportée sine die pour des raisons de calendrier », a déclaré le ministre Emmanuel Isozet Ngondet lors d’une conférence de presse à Libreville.

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9.9, 11h09

http://www.jeuneafrique.com/355937/politique/gabon-ali-bongo-ondimba-va-repliquer-recours-depose-jean-ping/

Gabon : comment Ali Bongo Ondimba va répliquer au recours déposé par Jean Ping

09 septembre 2016 à 11h29

Par Mathieu Olivier

Alors que Jean Ping a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle jeudi, le camp d’Ali Bongo devrait déposer une « demande reconventionnelle » pour répondre aux accusations formulées par son opposant.

Le prochain round entre Ali Bongo Ondimba et Jean Ping se jouera bien devant la Cour constitutionnelle gabonaise. L’opposition a déposé un recours jeudi 8 septembre, apportant selon elle des preuves de fraudes dans la province du Haut-Ogooué, région d’origine du président sortant. Selon les informations de Jeune Afrique, le camp d’Ali Bongo Ondimba prépare la riposte.

Il devrait déposer « très rapidement » une « demande reconventionnelle » devant la Cour. « Selon la loi gabonaise, le premiers recours doit être déposé par celui qui s’estime lésé. Maintenant que M.Ping l’a fait, nous pouvons répondre », explique Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole du chef de l’État, qui précise qu’il n’y a pas de date butoir en ce qui concerne cette démarche. Mais elle devra évidemment être faite avant le délai de quinze jours qu’a la Cour constitutionnelle pour statuer sur le recours de Jean Ping.

Une contre-attaque qui concernera d’autres provinces

Au-delà des éléments de réponse qu’apportera le camp d’ABO sur la région du Haut-Ogooué, les services juridiques du président sortant devraient également transmettre des pièces concernant d’autres provinces, où ils estiment avoir constaté des fraudes de la part de l’opposition. Alain-Claude Bilie By Nze avait dénoncé « une fraude massive » dans la province du Woleu-Ntem, qui a la réputation d’être un fief de l’opposition.

Une délégation de chefs d’État de l’Union africaine était toujours attendue à Libreville pour tenter de désamorcer la crise. Son arrivée a été reportée sine die par l’UA dans l’après-midi, mais Smaïl Chergui, commissaire à la Paix et à la Sécurité a bien rencontré les deux candidats, jeudi 8 septembre, alors que le représentant du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale est également à pied d’oeuvre.

Mathieu Olivier

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9.9, 7h46

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-jean-ping-depose-un-recours-devant-la-cour-constitutionnelle-09-09-2016-2067114_2365.php

Gabon : Jean Ping dépose un recours devant la Cour constitutionnelle

Le camp de l’opposant demande le recomptage des résultats de la présidentielle dans la province du Haut-Ogooué.

Par Source AFP

Publié le 09/09/2016 à 07:46 | Le Point Afrique

L’opposant Jean Ping a déposé jeudi un recours devant la Cour constitutionnelle du Gabon pour contester les résultats de l’élection présidentielle du 27 août. © STEVE JORDAN / AFP/Steve Jordan

L’opposant gabonais Jean Ping a finalement déposé jeudi un recours contre la réélection du président Ali Bongo, comme le lui suggérait la communauté internationale pour gagner du temps et calmer les esprits dans la violente crise post-électorale.

« Anomalies graves »

La Cour constitutionnelle, qui inspire de la défiance à de nombreux opposants, dispose désormais de 15 jours pour trancher le contentieux électoral alors que MM. Bongo et Ping revendiquent tous deux la victoire à la présidentielle du 27 août. Le recours de M. Ping demande le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Oogoué, fief des Bongo, où le président sortant a obtenu plus de 95 % des voix avec plus de 99 % de participation. Ce score lui a permis de l’emporter au niveau national d’une très courte tête d’environ 5 000 voix, selon les résultats officiels provisoires contestés par l’opposition.

« Nous demandons à la Cour de constater qu’il y a des anomalies graves », a déclaré à la presse un des avocats de l’opposant Jean Ping, Jean-Rémy Batsantsa, reprenant les mots de l’observatrice en chef de l’Union européenne, Maryia Gabriel.

« Nous avons 174 procès-verbaux (pour le Haut-Oogoué, NDLR). Quand nous les compilons, nous nous rendons compte que dans tous les cas Ali Bongo ne peut pas gagner cette élection », a ajouté l’avocat. Une partie des opposants contestait l’opportunité d’un recours, comparant la Cour à la « Tour de Pise » qui penche toujours du côté du pouvoir. « M. Ping a respecté la légalité », a commenté son avocat.

La Cour constitutionnelle a 15 jours pour trancher

La France, ancienne puissance coloniale, a d’ailleurs clairement rappelé la position de la communauté internationale à ce sujet jeudi. Paris « souhaite que toutes les possibilités de recours soient engagées et que toutes les vérifications soient faites » sur les résultats contestés de la présidentielle à un tour du 27 août ayant précipité le pays dans la crise, a insisté le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, à l’issue du conseil des ministres. L’avocat de Jean Ping a fait état au total de trois autres recours mineurs, mais d’aucun de la part du président sortant Ali Bongo. M. Ping a annoncé son recours au dernier moment alors que la mission de l’Union africaine a été reportée sine die, selon le gouvernement. La mission de bons offices de chefs d’État africains qui devait arriver vendredi a été reportée, officiellement pour des raisons de calendrier.

L’heure des bilans

C’est toujours l’heure des bilans de l’éruption de violences enregistrés il y a une semaine au Gabon. Le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, a de son côté déclaré qu’un policier déclaré mort samedi après avoir été blessé par des manifestants était finalement toujours en vie. Le ministre répète qu’au total les violences n’ont fait que trois morts. Ce bilan est contesté par l’opposition, à commencer par M. Ping qui évoque plusieurs dizaines de morts. Des familles étaient toujours à la recherche jeudi d’un proche introuvable depuis les violences post-électorales de mercredi et jeudi derniers.

Un homme d’une quarantaine d’années a confié à l’AFP qu’il avait retrouvé jeudi le corps de son frère à la morgue après cinq jours de recherches. Il avait cherché son frère dans les commissariats, les hôpitaux et au palais de justice, comme des dizaines de familles gabonaises. D’autres témoignages reçus par l’AFP font état d’un proche retrouvé après plusieurs jours d’attente et d’angoisse.

Nombre de Gabonais redoutaient une nouvelle explosion de violence en cas de non-saisine de la Cour vu l’étroitesse des résultats et les accusations de fraudes. Pour la communauté internationale, l’attention se focalise sur la province du Haut-Ogooué (sud-est), fief de la famille Bongo, qui dirige le pays depuis près de 50 ans. « Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué », avait indiqué mardi la chef de la mission d’observation de l’UE à l’élection, Mariya Gabriel.

Mercredi, le président Bongo a sèchement répondu que certains observateurs « avaient outrepassé leur mission ».

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8.9

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8.9, 20h01

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/08/97001-20160908FILWWW00338-gabon-jean-ping-saisit-la-cour-constitutionnelle.php

Gabon: Jean Ping saisit la Cour constitutionnelle

Par lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 08/09/2016 à 20:15 Publié le 08/09/2016 à 20:01

L’opposant Jean Ping a déposé aujourd’hui un recours devant la Cour constitutionnelle du Gabon pour contester les résultats de l’élection présidentielle du 27 août remporté par le président sortant Ali Bongo Ondimba, selon un communiqué de son équipe de campagne.
« Jean Ping a déposé au greffe de la Cour constitutionnelle une requête en réformation de la proclamation (…) des résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016 dans la province du Haut-Oogoué« , fief familial des Bongo, qui a permis selon les résultats officiels la victoire sur le fil du président sortant.
Le recours porte sur « le recomptage des suffrages dans cette province, bureau de vote par bureau de vote, à travers la confrontation des procès-verbaux détenus par la Cénap (commission électorale nationale) et toutes les parties« .
« Nous demandons à la Cour de constater qu’il y a des anomalies graves« , a déclaré à la presse un des avocats de l’opposant Jean Ping, Jean-Rémy Batsantsa, reprenant les mots de l’observatrice en chef de l’Union européenne, Maryia Gabriel.
« Nous avons 174 procès-verbaux (pour le Haut Oogoué, NDLR). Quand nous les compilons, nous nous rendons compte que dans tous les cas Ali Bongo ne peut pas gagner cette élection« , a ajouté l’avocat.

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8.9, 18h14

http://afrique.lepoint.fr/actualites/anges-kevin-nzigou-la-cour-constitutionnelle-gabonaise-est-hors-la-loi-08-09-2016-2067030_2365.php

Anges Kévin Nzigou : « La Cour constitutionnelle gabonaise est hors la loi »

DÉCRYPTAGE. Le juriste gabonais plonge pour Le Point Afrique dans les méandres d’une institution dont la légitimité est régulièrement mise en cause.

Propos recueillis par Viviane Forson

Publié le 08/09/2016 à 18:14 | Le Point Afrique

Auteur du manuel « Je plaide constitutionnel », Anges Kévin Nzigou se veut un défenseur acharné des libertés publiques et du respect des lois fondamentales. © DR

Alors qu’elle a la lourde tâche de valider ou pas l’élection du président sortant Ali Bongo Ondimba, la Cour constitutionelle gabonaise voit sa légitimité régulièrement battue en brèche.

Pourquoi ? L’article 89 de la Constitution gabonaise qui porte sur l’organisation de cette institution limitait à deux le nombre de mandats de ses neuf membres, chaque mandat durant sept ans.

Problème : la présidente de la Cour, Marie Madeleine Mborantsuo, qui a participé à la création de la Cour constitutionnelle et était au cœur de l’élaboration de la Constitution transitoire de 1990 qui a réinstauré le multipartisme, a été ÉLUE à ce poste une première fois en 1991, puis le président Omar Bongo (avec lequel elle a eu deux enfants), sur décret, la NOMME à ce poste après une modification de la Constitution en 1998. En 2005, elle est reconduite dans ses fonctions alors qu’aucune disposition n’est venue modifier la Constitution quant au nombre de mandats, soit 2 fois 7 ans. La Cour constitutionnelle est ainsi régulièrement prise à partie, notamment lors des joutes électorales. En 2009, les langues se délient et la Cour est accusée d’être hors la loi.

Alors que son accession à la présidence a été validée par cette même cour en 2009, Ali Bongo Ondimba s’attaque au nombre de mandats et introduit un decret rétroactif qui supprime la limitation du nombre de mandats des membres de la Cour Constitutionnelle. Question posée dès lors : quelle est la valeur lde ce decret qui semble voler au secours de la légalité des décisions de la Cour constitutionnelle présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo qui, en 2009, avait dépassé les deux mandats prévus par la Constitution.

Anges Kévin Nzigou juriste et auteur du manuel « Je plaide constitutionnel », répond aux questions du Point Afrique sur ce point précis de la légalité des décisions prises par la Cour constitutionnelle.

Le Point Afrique : quel est le rôle de la Cour constitutionnelle dans la validation de l’élection présidentielle ?

Anges Kévin Nzigou : La Cour constitutionnelle a, dans le cadre de l’élection présidentielle, un rôle plus large que celui du contentieux et de la validation. Bien qu’elle s’abstienne bien souvent de communiquer sur ces aspects. Avant le scrutin par exemple, la Cour est consultée sur toute mesure ou décision concernant le scrutin. Et en sa qualité d’organisatrice, elle valide et dresse la liste officielle des candidats. Pendant le scrutin, c’est un aspect peu connu du grand public, la Cour est représentée sur l’ensemble du territoire et ses contrôleurs sont chargés de vérifier le bon déroulement des opérations de vote. Ce n’est qu’après le scrutin qu’il appartient à la cour de proclamer l’élection présidentielle après avoir vidé le contentieux éventuel.

On dit que cette Cour constitutionnelle est hors mandat, Pourquoi ?

Il faut relever que la durée du mandat des juges constitutionnels est de sept ans renouvelable une fois. Certains membres dont la présidente sont aujourd’hui à plus de vingt-deux ans d’exercice. Le moins à constater, sans avoir besoin d’une agrégation en mathématique, c’est que l’exercice hors mandat est patent, d’autant que depuis 2005 le mandat de la présidente était déjà sujet à caution.

Concrètement, que dit la Constitution gabonaise sur le nombre de mandats des membres la Cour constitutionnelle ?

La constitution gabonaise indique clairement le nombre de mandats des membres de la cour. De façon claire, un membre ne peut faire plus de deux mandats. Le président de la cour étant d’abord juge constitutionnel, il ne déroge pas à cette règle d’autant qu’il est nommé pour la durée du mandat par le président de la République.

Les conflits d’intérêt concernant la présidente sont-ils si nombreux que la vox populi le dit ?

Les conflits d’intérêt sont certes nombreux, mais le plus énorme d’entre eux était certainement le fait que pendant plusieurs années, la Cour Constitutionnelle avait pour siège un immeuble appartenant à sa présidente. En clair, elle décide de mettre le siège de la cour en travaux et dans l’intervalle, les seuls locaux susceptibles de servir provisoirement de siège à la cour constitutionnelle étaient la propriété de la présidente de la cour. Trouvez l’erreur !

Pourquoi ne se récuse-t-elle pas, alors ?

Je ne saurai dire précisément ce qui justifie cette volonté pour un pouvoir illégitime de s’accommoder d’une juridiction constitutionnelle illégale, l’un explique peut-être l’autre.

En 2009, vous dénonciez une décision “gravement inique” lorsque la Cour a validé l’élection d’Ali Bongo ?

J’ai souvent répété à l’envie que la Cour constitutionnelle gabonaise ne rend aucune décision en droit, elle juge en opportunité ce que lui interdisent la constitution et sa propre loi organique. L’iniquité de ses décisions se conjugue au cynisme lors des contentieux présidentiels avec la rupture de l’exigence d’un juge impartial consacré par le refus inscrit des membres de la cour de s’abstenir ou d’être récusé. Or, comment garantir une justice impartiale et équitable si celui qui rend la décision a un lien de famille avec l’une des parties. J’ajouterai, pour paraphraser un observateur aiguisé de la politique gabonaise, que la cour constitutionnelle est un théâtre d’ombres, où plane surtout celle des Bongo. Le recours à la cour est donc un jeu de dupes, car les dés sont pipés.

Cette année, il y a deux données importantes. La première est la connaissance du peuple de sa victoire à travers la publication des procès-verbaux sur les réseaux sociaux, c’est un acquis psychologique mobilisateur. La deuxième donnée est l’implication de la communauté internationale amorcée par les observateurs internationaux. Ces données me permettent de penser que cette fois-ci leur coup de dés n’abolira pas le vrai choix des Gabonais qui est celui de l’alternance et pour la cour, c’est une opportunité qu’il lui faut saisir. Ce sera, pour ainsi dire, la seule fois où sa décision en opportunité sera conforme à la loi.

Quel verdict peut-on attendre de cette cour malgré les accusations de fraudes de part et d’autre ?

J’ai relevé plus haut que la cour constitutionnelle est, au regard de la Constitution, juge de la régularité des élections. Par quelle alchimie pourra-t-elle dire au peuple gabonais et aux nations amies que le vote est transparent. La cour est aujourd’hui face à la nécessaire conciliation entre les principes de droit électoral et la liberté d’expression du peuple. Il lui appartient aujourd’hui d’en assurer la sincérité. C’est une page de l’histoire qu’elle est invitée à écrire, c’est même un honneur.

Que faut-il retenir finalement ?

Dans un contentieux qui porte sur des faux procès-verbaux, il appartient à la Cour constitutionnelle d’annuler purement et simplement le vote dans le Haut-Ogooué. L’article 108 du code électoral précise qu’immédiatement après la fin du dépouillement, le procès-verbal des opérations électorales est rédigé en autant d’exemplaires qu’il y a de candidats. Cette disposition, en même temps qu’elle permet à tout candidat d’avoir le résultat sans attendre son officialisation, facilite le contentieux. Il conviendra à la cour de constater l’absence d’identité entre les procès-verbaux sur lesquels se fonde le ministre de l’intérieur et ceux en possession de Jean Ping et même des observateurs de l’Union européenne. Le constat de l’absence d’identité doit naturellement entraîner la nullité de ces résultats, sauf à retirer à cette disposition toute sa substance. Mais comme je l’ai souligné, la Cour constitutionnelle n’inspire aucune confiance, surtout quand Ali Bongo déclare : « Je suis un démocrate, je suis pour que nous allions devant la Cour constitutionnelle qui va confirmer mon élection. » À nous de comprendre.

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8.9, 16h56

http://www.jeuneafrique.com/355838/politique/gabon-report-sine-die-de-mission-de-lunion-africaine/

Gabon : report sine die de la mission de l’Union africaine

08 septembre 2016 à 16h56 — Mis à jour le 08 septembre 2016 à 18h59

Par Jeune Afrique avec AFP

Le ministre gabonais des Affaires étrangères a annoncé jeudi un report sine die de la mission de l’Union africaine (UA) dans la crise postélectorale au Gabon où le président sortant Ali Bongo Ondimba et son rival Jean Ping revendiquent chacun la victoire. « Cette mission a été reportée sine die pour des raisons de calendrier », a déclaré le ministre Emmanuel Issoze-Ngondet lors d’une conférence de presse à Libreville.

« Il n’y a pas péril en la demeure »

L’UA avait annoncé lundi qu’elle était prête à envoyer une délégation de chefs d’État au Gabon où l’annonce de la réélection d’Ali Bongo a provoqué des violences et des arrestations par centaines. « Il n’y a pas péril en la demeure, ni de situation sécuritaire ou humanitaire explosive qui justifierait une intervention plus ou moins musclée de la communauté internationale », a estimé le ministre gabonais des Affaires étrangères. La « mission de bons offices » de l’UA était attendue vendredi 9 septembre au Gabon pour des appels au calme et pour demander aux acteurs de la crise gabonaise « de respecter les voies légales, réglementaires et constitutionnelles » pour sortir de la crise, a rappelé le ministre.

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8.9, 16h48

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/08/97001-20160908FILWWW00232-gabon-la-mission-de-l-union-africaine-reportee.php

Gabon: la mission de l’Union africaine reportée

Par lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 08/09/2016 à 17:38 Publié le 08/09/2016 à 16:48,

Le ministre gabonais des Affaires étrangères a annoncé aujourd’hui le report « sine die » de la mission de l’Union africaine (UA) dans la crise post-électorale au Gabon où le président sortant Ali Bongo et son rival Jean Ping revendiquent chacun la victoire.

« Cette mission a été reportée sine die pour des raisons de calendrier », a déclaré le ministre Emmanuel Isozet Ngondet lors d’une conférence de presse à Libreville. L’UA avait annoncé lundi qu’elle était prête à envoyer une délégation de chefs d’Etat au Gabon où l’annonce de la réélection d’Ali Bongo a provoqué des violences et des arrestations par centaines. « Il n’y a pas péril en la demeure, ni de situation sécuritaire ou humanitaire explosive qui justifierait une intervention plus ou moins musclée de la communauté internationale », a estimé le ministre gabonais des Affaires étrangères.

La « mission de bons offices » de l’UA était attendue demain au Gabon pour des appels au calme et pour demander aux acteurs de la crise gabonaise « de respecter les voies légales, règlementaires et constitutionnelles » pour sortir de la crise, a rappelé le ministre.

Son annonce intervient alors que les candidats peuvent déposer un recours devant la Cour constitutionnelle jusqu’en fin d’après-midi. Le camp de Jean Ping devrait annoncer sa décision à la presse à 16h. L’opposant, dont les partisans ne font pas confiance à la cour, demande un nouveau décompte bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Ogooué. Ali Bongo va également déposer un recours car « il y a des anomalies très fortes » dans les résultats en faveur de Jean Ping, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, lors de cette même conférence de presse.

Le ministre des Affaires étrangères est par ailleurs revenu sur les accusations de l’observatrice en chef de l’Union européenne (UE). Mariya Gabriel a dénoncé « une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué », la province qui a officiellement enregistré un taux de participation de 99,93% et a permis au président sortant Ali Bongo d’être réélu d’une courte tête. « Nous avons relevé beaucoup d’incongruité dans le comportement des observateurs. On a l’impression que la mission a voulu passer d’une mission d’observation à une mission de contrôle », a réagi jeudi le ministre.

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8.9, 16h34

http://www.jeuneafrique.com/355773/politique/gabon-lunion-africaine-prepare-mediation-a-libreville/

Gabon : l’Union africaine s’active à Libreville en vue de sa médiation

08 septembre 2016 à 16h34 — Mis à jour le 08 septembre 2016 à 16h49

Par Laure Broulard

L’Union africaine a annoncé mardi qu’une délégation « de haut niveau » devrait arriver au Gabon « dans les plus brefs délais » pour tenter un début de médiation dans la crise politique que connaît le pays depuis la réélection contestée d’Ali Bongo Ondimba. Des représentants de la communauté internationale effectuent déjà des consultations préliminaires sur place. La délégation de chefs d’États africains annoncée il y a deux jours n’est toujours pas arrivée à Libreville, mais d’après une source diplomatique, »la date du vendredi 9 septembre est évoquée ». La composition de la délégation reste elle aussi toujours inconnue, mais plusieurs membres de la commission et du secrétariat de l’Union africaine sont déjà au Gabon où ils effectuent des concertations préliminaires.

Smail Chergui attendu

Abdoulaye Bathily,  le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale est arrivé à Libreville il y a plusieurs jours. L’organisation internationale de la francophonie (OIF) a également dépêché un représentant, arrivé le 7 septembre. Dans un communiqué, Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’OIF, a précisé qu’il faut « tout mettre en oeuvre et de manière coordonnée entre les partenaires régionaux et internationaux, pour un règlement pacifique de la crise ». Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, est quant à lui attendu d’un moment à l’autre.

La question du recours

Jean Ping a jusqu’au jeudi 8 septembre, 16 heures (15h GMT) pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle afin de contester les résultats de l’élection présidentielle. C’est l’option soutenue par la communauté internationale. L’opposant ne s’est pas encore prononcé sur la question, mais sa décision pourrait être déterminante pour la venue, ou non, de la délégation de « haut-niveau » à Libreville.

Laure Broulard

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8.9, 15h05

http://www.lemonde.fr/afrique/video/2016/09/08/crise-au-gabon-que-peut-faire-l-union-africaine_4994675_3212.html

Crise au Gabon : que peut faire l’Union africaine ? = interview de Seidik Abba (journaliste au Monde)

Par Coumba Kane et Laureline Savoye,

LE MONDE Le 08.09.2016 à 15h05

Durée : 05:14 |

Au Gabon, la crise postélectorale se poursuit. Désormais, le pays vit avec deux présidents : le sortant, proclamé vainqueur avec 49,8 % des voix et son ex-beau-frère, l’opposant Jean Ping, qui dénonce des fraudes massives. « Des anomalies évidentes » soulignées également par la mission européenne d’observation. De son côté, l’Union africaine a annoncé l’envoi d’une délégation de haut niveau à Libreville, la capitale, pour sortir le pays de la crise. De quelle marge de manœuvre l’organisation panafricaine dispose-t-elle, elle qui est souvent accusée d’inaction ? Seidik Abba, spécialiste de la politique africaine, craint une mission impossible.

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8.9, 12h36

http://afrique.lepoint.fr/actualites/christian-bongo-ondimba-il-faut-proceder-au-recomptage-des-voix-08-09-2016-2066890_2365.php

Christian Bongo Ondimba : « Il faut procéder au recomptage des voix ! »

INTERVIEW. À la tête de la fratrie Bongo, le demi-frère d’Ali pense qu’il ne faut même pas attendre un recours de l’opposition pour recompter les voix, surtout dans le Haut-Ogooué.

Propos recueillis par Viviane Forson

Publié le 08/09/2016 à 12:21 – Modifié le 08/09/2016 à 12:36 | Le Point Afrique

Le Gabon dans l’attente des résultats de la présidentielle le 28 août dernier.  © DR

Recours de l’opposition ou pas, Christian Bongo Ondimba a clairement pris position pour un recomptage des voix dans la province du Haut-Ogooué, se démarquant de son demi-frère Ali, qui, selon lui, devrait ouvrir le dialogue. Ancien directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD), aujourd’hui à la tête du Fonds de garantie pour le logement, au sein du ministère de l’Économie, il confie au Point Afrique ses pistes de solutions de sortie de crise.

Le Point Afrique : Comment sortir de cette crise politique ?

Christian Bongo Ondimba : Je suis pour le recomptage des voix pour que tout cela s’arrête et qu’on puisse reprendre le débat sur les vrais sujets. Et la solution, c’est de clarifier. Je pense qu’il faut obligatoirement passer par cette clarification pour que la crise ne s’installe pas durablement. C’est nécessaire pour deux raisons : d’abord, cela permettrait oui ou non de valider les résultats finaux de la présidentielle. Deuxièmement, puisque tout le monde (pouvoir et opposition) veut connaître la vérité des urnes, allons au fond du problème, quitte à ce que les chiffres publiés soient vrais. L’opposition peut bien sûr introduire un recours. Mais selon moi, cette démarche n’est même pas nécessaire pour que l’on procède au recomptage manuel, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal, notamment dans le Haut-Ogooué.

Vous insistez sur ce point, et cette province…

Je vais insister là-dessus, car on est en train de nous entraîner dans un faux débat. Ce n’est pas un problème de province ou d’ethnie comme on l’insinue, c’est un débat d’idées sur des projets de société et les Gabonais dans leur ensemble se sont prononcés. Eh bien, pour le Haut-Ogooué, il en est de même. Malheureusement, cette province fait partie de celles qui permettent de contrebalancer les résultats de l’élection, c’était logique et prévisible. Que ce soit le pouvoir ou l’opposition, chacun avait son idée sur les chiffres qu’ils pouvaient sortir de cette province pour en faire une variable d’ajustement, mais là, ils sont on en train de stigmatiser une province et une population en l’accusant de soutenir le président Ali et d’être contre le changement. Ce n’est pas juste. D’autant plus que dans le Haut-Ogooué résident des populations venues de tout le Gabon. Je suis choqué de tout ce que j’ai entendu durant cette campagne. On a parlé de repli identitaire pour expliquer cette prise en otage, mais c’est faux.

Tant que ce débat sur le recomptage ne sera pas clarifié dans cette province, les gens vont continuer à stigmatiser ces populations qui finalement ont aussi fait un choix.

Christian Bongo lors d’un hommage à son père Omar, en 2009. © REUTERS/Albert Gea

Vous attendiez-vous à un tel déferlement de violences ?

Cette situation me touche bien évidemment. Je suis catastrophé de voir ce que vit mon pays, notre pays. On a tellement reçu, j’ai donc très mal vécu le déchaînement de violences, les tirs de balles, les arrestations, tout est maintenant anarchique.

Pourtant à l’époque où votre père était au pouvoir, il y a aussi eu des crises post-électorales ?

C’est vrai, mais c’était différent. Car chez nous, on a toujours privilégié le dialogue, à travers notre tradition de la palabre. Cette tradition veut que le président mette tout le monde autour de lui, pour trouver des solutions. Aujourd’hui, on est dans une problématique où chaque camp reste sur ses positions, ce qu’il faudrait, c’est un arbitre.

Vous pensez à un membre de votre famille ?

Oui, ça peut l’être, mais aussi la communauté internationale. Il y a beaucoup d’institutions mobilisées comme l’Union africaine, la Cémac, qui peuvent servir de relais. Il y a une dynamique qui est en place, le décor pour une sortie de crise dans le dialogue est tout à fait envisageable.

Et autour du président Ali ?

Je ne fais pas partie de l’équipe du président, je pense qu’il y a assez de personnalités privilégiées autour de lui, qui peuvent aussi le conseiller pour ouvrir le dialogue entre toutes les parties.

Qu’est-ce qui était supportable chez le père et qui ne l’est pas chez Ali ?

C’est difficile de comparer deux personnes, deux périodes, deux carrières, mais c’est clairement une question de personne. Omar bongo, notre père, avait l’expérience du politique, avec quarante ans au pouvoir, c’était un patriarche, avec une famille nombreuse, qui considérait tout le monde. Mais là, ce n’est pas le même contexte, pas le même état d’esprit : là, vous avez quelqu’un qui débute clairement, sans la même expérience. Reste que nous sommes tous Gabonais et quoi qu’il arrive nous devons ouvrir la voie du dialogue, comme nous voulons tous arrêter cette anarchie, cette dégradation de notre société doit nous pousser à nous mettre autour de la table, à l’époque ça se faisait plus facilement de manière singulière et simplifiée.

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8.9, 9h19

http://www.parismatch.com/Actu/International/Monsieur-Bongo-arretez-de-mentir-1064446

« Monsieur Bongo, arrêtez de mentir ! »

Paris Match | Publié le 08/09/2016 à 09h19

Par François de Labarre

Vidéo

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8.9, 8h20

http://www.jeuneafrique.com/355596/politique/gabon-camp-de-jean-ping-deposera-t-recours-contre-resultats-de-presidentielle/

Gabon : le camp de Jean Ping déposera-t-il un recours contre les résultats de la présidentielle ?

08 septembre 2016 à 08h20 — Mis à jour le 08 septembre 2016 à 10h55

Par Jeune Afrique avec AFP

L’opposition gabonaise a jusqu’à jeudi après-midi pour déposer un recours contre les résultats contestés de l’élection présidentielle ayant précipité le pays dans la crise, mais n’a pas encore annoncé sa décision. La date limite des recours devant la Cour constitutionnelle est fixée à jeudi, 16H00. Mais Jean Ping, le candidat de l’union de l’opposition arrivé juste derrière le président sortant Ali Bongo Ondimba selon les résultats officiels, et qui s’est autoproclamé président élu, affirme que la Cour est totalement inféodée à la présidence.

Mercredi, à la veille de la date butoir, Ali Bongo, 57 ans, a contre-attaqué, martelant que la saisine de la Cour constitutionnelle était l’unique solution envisageable de sortie de crise.

S’exprimant sur la radio française RTL, mais aussi sur RFI et Europe-1, le président sortant a également balayé d’un revers de la main toute possibilité d’un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote, demandé par Jean Ping, et par la France. M. Bongo a répété qu’une telle disposition n’était pas prévue par la loi électorale et relevait exclusivement d’une décision de la Cour.

« Nous verrons »

  1. Ping n’avait pas annoncé mercredi en fin de journée s’il avait décidé ou non de saisir le tribunal. « Nous verrons », s’est borné à répondre son coordonnateur de campagne René Ndemezo Obiang à la presse qui l’interrogeait sur ce point. L’opposition semble tiraillée : la communauté internationale est favorable à la voie de recours légale, mais si la Cour constitutionnelle, que l’opposition accuse d’être biaisée,  déboute la demande, Jean Ping sera lié par cette décision.

Une délégation de chefs d’États de l’Union africaine est toujours attendue à Libreville pour tenter de désamorcer la crise. Dans l’attente d’un dénouement, la vie tourne au ralenti, même si quelques titres de la presse – d’opposition comme proche du pouvoir – ont reparu jeudi, après plus d’une semaine de paralysie.

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8.9, 6h42

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/07/presidentielle-gabonaise-la-crise-tourne-au-casse-tete-diplomatique_4994131_3212.html

Présidentielle gabonaise : la crise tourne au casse-tête diplomatique

Par Cyril Bensimon

LE MONDE Le 07.09.2016 à 18h09 • Mis à jour le 08.09.2016 à 06h42

Aucune sortie de crise ne se dessine au Gabon. Le pays compte moins de 2 millions d’habitants, mais vit depuis une semaine avec deux présidents : Ali Bongo Ondimba, proclamé vainqueur avec 49,8 % des suffrages et de lourds soupçons de fraudes, et Jean Ping, son principal opposant, qui, avant l’annonce des résultats officiels, s’est déclaré « président élu ». Durant ses quarante et un ans de pouvoir sur cet émirat pétrolier d’Afrique centrale, Omar Bongo, le père du premier et beau-père du second, s’était fait une spécialité de racheter ses opposants. Mais aujourd’hui les deux camps semblent inconciliables.

 « Les choses se calment après les violences de la semaine passée [qui ont causé trois morts selon le pouvoir, entre 50 et 100 selon l’opposition] mais le feu couve toujours sous la cendre. Le pays est coupé en deux et l’évolution de la situation laisse craindre une rébellion identitaire », s’inquiète un diplomate africain sur place. Le nœud de la crise est à chercher dans les résultats annoncés dans la province du Haut-Ogooué, le bastion historique de la famille Bongo. Là, selon les résultats officiels, le président sortant a réussi à recueillir plus de 95 % des suffrages avec une participation frôlant les 100 %, le double de celle estimée dans les autres provinces. Un score qui ne convainc personne.

Dans son dernier communiqué, la mission d’observation de l’Union européenne (UE) insiste sur « l’opacité révélée dans la gestion du processus dans cette province » et considère qu’« une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué. »

« Cette fois, les caméras ont vu le voleur »

Au nom du respect de la légalité, les chancelleries tentent de convaincre Jean Ping de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle avant la date butoir du jeudi 8 septembre. Mais celui-ci hésite. « Nous subissons des pressions de toutes parts mais, à la Cour constitutionnelle, c’est comme si Ali Bongo était à la barre », estime-t-il.

Alors que le président sortant refuse d’accéder à la demande de l’opposition, appuyée par la France, l’UE et les Etats-Unis, d’un nouveau décompte des voix bureau de vote par bureau de vote au motif que celui-ci n’est pas prévu par la loi : « Etre un bon démocrate, ça veut dire respecter les lois de son pays », a-t-il jugé sur l’antenne de Radio France Internationale, mercredi. A Libreville, un diplomate africain confie que « la Cour constitutionnelle ne peut être mise hors jeu. Mais nous recherchons une formule qui rend ses décisions plus transparentes ».

Un casse-tête pour des diplomates qui cherchent à gagner du temps. « On suggère avec insistance à Ali [Bongo Ondimba] d’accepter la demande des Occidentaux, mais il sait que ce serait se faire hara-kiri. Quand à Ping, il ne peut pas accepter une défaite car, cette fois, les caméras ont vu le voleur », résume un officiel originaire d’un pays voisin du Gabon.

Une solution africaine à la crise gabonaise

La solution viendra-t-elle de Paris, comme ce fut le cas lors de la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire ? C’est ce que pensent la plupart des interlocuteurs en Afrique centrale. « Si la France a le courage de dire Ping a gagné, en cinq jours tout sera réglé », avance un diplomate de la région, fin connaisseur du Gabon, pays où les acteurs politiques ont encore l’œil rivé sur les bords de Seine.

« Ce n’est pas à nous, mais aux institutions gabonaises de donner le nom du vainqueur », rétorque le Quai d’Orsay. Inquiète pour ses plus de 10 000 ressortissants et ses intérêts économiques, la France surveille l’évolution de la situation mais refuse de s’impliquer ouvertement dans la crise. Mardi, Manuel Valls s’est limité à déclarer que « la sagesse commanderait de faire un nouveau décompte des résultats ».

Selon la nouvelle doxa du Quai d’Orsay, la solution à une crise africaine doit être prioritairement traitée par les Africains. A cet effet, une « mission de haut niveau » de l’Union africaine (UA) conduite par Idriss Déby était annoncée ce jeudi à Libreville. Elle a été reportée au lendemain. Le nom des chefs d’Etat qui accompagneront le président tchadien, dont la réélection a elle aussi été contestée, est scruté avec intérêt.

Dans la région, Ali Bongo Ondimba n’a que peu d’amis parmi ses pairs. Avec le Congolais Denis Sassou Nguesso et l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, les relations sont notoirement difficiles. Jean Ping, ancien chef de la diplomatie d’Omar Bongo et patron de la Commission de l’Union africaine (UA), dispose de bien meilleurs réseaux hors des frontières.

Les chefs d’Etat africains, ayant pour certains leurs propres errements avec la démocratie, iront-ils cependant jusqu’à pousser l’un des leurs vers la sortie ? « Personne ne sait ce qu’ils ont en tête, confie une source à l’UA, mais comme ils en ont l’habitude, ils devraient écouter les parties et les pousser au dialogue. » Si celui-ci est encore envisageable.

Cyril Bensimon

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8.9, 5h12

http://www.rfi.fr/afrique/20160908-recours-dilemme-cornelien-opposition-gabon-ping-cour-constitutionnelle

Déposer un recours ou pas, le dilemme cornélien de l’opposition gabonaise

Par RFI Publié le 08-09-2016 Modifié le 08-09-2016 à 05:12

L’opposition gabonaise déposera-t-elle un recours devant la Cour constitutionnelle ? La loi veut qu’en cas de litige électoral, les mécontents déposent un dossier devant la plus haute instance juridictionnelle du pays. Sauf que l’opposition ne juge pas cette option prioritaire pour l’instant, d’autant que nombre de ses partisans estiment la Cour totalement inféodée à la présidence. Elle a jusqu’à ce jeudi soir pour faire son choix.

La Cour constitutionnelle est appelée la Tour de Pise par l’opposition, car elle pencherait toujours du même côté, celui du pouvoir. Le camp de Jean Ping dénonce en premier lieu, sa composition, car ses neuf juges sont nommés par le président du Sénat, par celui de l’Assemblée et par le chef de l’Etat lui-même. La présidente de la Cour est quant à elle choisie parmi les membres désignés par le président Bongo.

Mais l’opposition ira-t-elle devant la Cour constitutionnelle ? Pour l’instant, les adversaires d’Ali Bongo exigent surtout un recomptage des voix devant la Commission électorale, sous le regard d’experts. Hors de question pour le pouvoir, qui affirme que cette option n’est pas prévue par la loi.

Car si l’opposition fait le choix du recours et que la Cour constitutionnelle la déboute, elle risque de se retrouver comme « liée » par cette décision de la plus haute instance juridique du pays et la base risque alors de lui reprocher sa naïveté. « On sait d’avance qu’y aller c’est se condamner, mais si on n’y va pas, on va nous reprocher d’être des va-t-en-guerre », souligne un des leaders de l’opposition. « Voilà pourquoi nous continuons à demander un recompte des voix bureau de vote par bureau de vote pour la province du Haut-Ogooué en présence des observateurs internationaux et en présence des représentants des candidats. »

« Quoi que nous fassions, on va nous le reprocher »

Mais même si elle n’a pas confiance, l’opposition pourra-t-elle se passer de la Cour constitutionnelle ? Une bonne source explique que ce choix serait difficile à justifier auprès de la communauté internationale, qui demande à ce qu’on utilise les voies légales de recours. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de ne pas être compris, surtout à l’extérieur », affirme un proche de Jean Ping qui explique : « Nous savons bien qu’en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, épuiser les voies de recours, c’est quelque chose de naturel. »

« Quoi que nous fassions, on va nous le reprocher, nous le savons, reconnaît Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean-Ping, mais nous prendrons nos responsabilités. »

Pour Alexandre Barro Chambrier, le chef du mouvement d’opposition Héritage et Modernité, il serait plus judicieux d’attendre l’arrivée des délégations de chefs d’Etat étrangers. « Je pense qu’il serait courtois et judicieux de laisser les chefs d’Etat arriver et pouvoir aussi donner leur avis, préconise-t-il. Parce dans cette affaire, il y a l’Union européenne qui est impliquée, il y a les Nations unies. Ce ne sont pas des organismes qui sont inféodés à tel ou tel. »

Si elle est saisie, l’institution organisera des audiences plénières où les neuf juges entendront les arguments de chaque partie. Les magistrats rendront leur verdict dans les quinze jours.

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7.9

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7.9, 23h52

http://www.rfi.fr/afrique/20160907-crise-post-electorale-gabon-camp-sarkozy

Crise post-électorale au Gabon: l’embarras dans le camp Sarkozy

Par RFI Publié le 07-09-2016 Modifié le 07-09-2016 à 23:52

Le camp Sarkozy n’avait pour l’instant pas réagi aux résultats contestés de cette élection. Le proche entourage de l’ancien président s’est confié ce mercredi 7 septembre à RFI. Comme l’avaient fait auparavant Alain Juppé et François Fillon, les proches de Nicolas Sarkozy appellent à un recomptage des voix. Explications.

Un recomptage des voix, « qui pourrait être contre ça ? », s’insurge-t-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. Un de ses plus proches soutiens émet de sérieux doutes sur la fiabilité des résultats, notamment dans le Haut-Ogooué, où Ali Bongo aurait obtenu plus de 95% des voix pour plus de 99% de participation.

« Les résultats sont quand même suspects », juge cette source qui émet également des réserves sur les résultats obtenus par Jean Ping dans certains endroits des confidences qui démontrent l’embarras du camp Sarkozy dans cette affaire. L’ancien chef de l’Etat a longtemps été proche du clan Bongo, soutenant Ali lors de la dernière présidentielle.

Mais cette fois, en pleine crise post-électorale pas question de prendre parti, du moins officiellement pour ne pas prendre le risque d’insulter l’avenir. Signe tout de même d’une possible évolution, l’entourage de Nicolas Sarkozy prend bien soin de préciser que ce dernier n’a plus aucun contact avec Ali Bongo depuis longtemps, mais qu’en revanche, il a rencontré Jean Ping il y a plusieurs mois.

Plusieurs centaines d’opposants gabonais d’Ali Bongo ont manifesté ce mercredi près du siège parisien du parti Les Républicains

La manifestation qui devait avoir lieu devant le siège a finalement été autorisée 100 mètres derrière. Qu’à cela ne tienne, les opposant gabonais ont donné de la voix en criant notamment « Sarkozy, viens chercher Ali ».

Grégory Tankes, un des organisateurs du rassemblement, explique les raison de la manifestation au micro de RFI : « Nous voulions attirer l’attention de la France et particulièrement des Républicains sur la situation de notre pays le Gabon. Nous ne voulons pas d’Ali Bongo, nous n’en avons jamais voulu. Nicolas Sarkozy nous l’a imposé en 2009. Le peuple gabonais a patiemment supporté sept ans de misère, de dictature, de torture, de maltraitance en tous genres pour la simple et bonne raison que nous voulions rester dans les clous de la Constitution. Au moment opportun, le peuple gabonais s’est exprimé massivement sur son choix. Le peuple gabonais veut sortir du bongoïsme. Nous sommes une nouvelle génération. La façon dont les Bongo et Sarkozy ont maltraité nos parents et nos grands-parents ne sera pas la façon dont nous allons nous laisser faire. Le message que nous voulons faire passer est simple : Nicolas Sarkozy, vient chercher ton copain. C’est toi qui l’a installé, c’est toi qui doit venir le récupérer, tout simplement»

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7.9, 23h11

http://www.rfi.fr/afrique/20160907-gabon-comparutions-liberations-justice

Gabon: premières comparutions, premières libérations…

Par RFI Publié le 07-09-2016 Modifié le 07-09-2016 à 23:11

Au Gabon, au moins un millier de personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre durant les violences post-électorales. Environ 800 pour les seules forces de l’ordre. Depuis mardi, ces personnes passent en audience au Palais de justice de la capitale.

Au tribunal, les audiences s’enchaînent. Parfois dix accusés comparaissent en même temps. Ils reçoivent pour la plupart un rappel à la loi avant d’être relâchés. Arrêtée au QG de Jean Ping, Monique a été retenue à la gendarmerie, puis à la Direction générale de l’immigration avec une centaine d’autres personnes. Au bout d’une semaine, la voilà libre. « On a pas vu le juge. C’est le procureur de la République et le président du tribunal qui sont venus nous donner des conseils, nous dire que c’est pas bien. Nous avons été confondus avec les casseurs. Nous avons eu le droit à une leçon de morale et une menace : on est libres mais on est fichés. Ca veut dire que l’on n’est pas libres de nos mouvements. Si on a quelque chose, ils vont nous cueillir et nous mettre en prison. »

Jacques, son frère, a remué ciel et terre, pour la retrouver. C’est finalement au tribunal qu’il l’a revue pour la première fois. « Nous avons été dans toutes les morgues. Moralement, c’était insupportable. Nous gardons espoir parce que ce sont des innocents. Nous osons espérer que les magistrats auront une lecture objective de l’innocence de ces pères et mères de famille qui ont été gardés dans ces circonstances déplorables. Ce sont des intimidations, ce sont des pressions que je pense inutiles parce que ces gens-là sortent renforcés ! Ils ne sortent pas affaiblis ! »

Pour Jacques, cette libération est un rayon d’espoir. Avant de conclure que le plus dur ce sera pour les parents qui ne retrouveront jamais leurs enfants. Lui recherche toujours deux de ses neveux.

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7.9, 20h06

http://afrique.lepoint.fr/actualites/janis-otsiemi-gabon-chronique-d-une-nuit-cauchemardesque-07-09-2016-2066653_2365.php

Janis Otsiemi – Gabon : chronique d’une nuit cauchemardesque

TRIBUNE. Considéré comme l’un des rois du polar africain, Janis Otsiemi, Gabonais, était à Libreville quand les émeutes ont commencé. Il raconte.

Par Janis Otsiemi*

Publié le 07/09/2016 à 20:06 | Le Point Afrique

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7.9, 19h49,

Article peu crédible, pro Ali Bongo, et qui confirme la philosophie énoncée la veille ?

http://www.jeuneafrique.com/mag/354482/politique/gabon-lecons-scrutin/

Gabon : les leçons du scrutin

Publié le 07 septembre 2016 à 19h49

Par Georges Dougueli

… Ces attaques d’une rare violence verbale ont définitivement été mises en échec après la confirmation de l’authenticité dudit acte et la validation de son dossier par la Cenap…Un « vote ethnique » déterminant…

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7.20, 18h20

http://www.rfi.fr/afrique/20160907-gabon-bras-fer-victimes-lors-heurts-post-electoraux

Gabon: bras de fer autour du nombre de victimes lors des heurts post-électoraux

Par RFI Publié le 07-09-2016 Modifié le 07-09-2016 à 18:20

Au Gabon, alors qu’Ali Bongo s’est exprimé ce mercredi 7 septembre pour la première fois depuis l’annonce de sa réélection, le camp de Jean Ping a organisé une conférence de presse dans la matinée. Le candidat de l’opposition évoque un bilan beaucoup plus lourd que celui annoncé par les autorités gabonaises.

Du côté de Jean Ping, on parle d’un minimum de 50 morts à travers le pays, dont 17 dans la seule attaque du QG de l’opposant, dans la nuit du 30 au 31 août. Alexandre Barro Chambrier, président du mouvement Héritage et modernité, parle d’un assaut mené par des commandos de bérets verts et d’hommes en civil contre de paisibles citoyens. Il demande une enquête internationale.

La version du pouvoir est radicalement différente. Le ministre de l’Intérieur parle de 3 morts pour tout le pays, 105 blessés, dont 67 membres des forces de l’ordre et 38 civils. Les morts supplémentaires seraient d’après lui décédés naturellement ou durant des rixes, sans aucun lien avec les forces de l’ordre.

Pacôme Moubelet-Boubeya avait décrit un assaut professionnel, justifié par la présence de voyous à l’intérieur du QG qui rendaient nécessaire une intervention afin de protéger ces civils coincés dans l’immeuble. Le ministre de la Communication avait même parlé d’une opération « juste », ajoutant que les autorités avaient retrouvé des « personnes ligotées et torturées » à l’intérieur.

Enfin, l’Agence France-Presse a fait un décompte de son côté et parle de sept victimes, dont un policier.

Recours

Les candidats ont jusqu’à ce jeudi 8 septembre pour déposer des recours devant la Cour constitutionnelle. Et sur ce point, chacun a sa stratégie. D’un côté, l’opposition dit que le recomptage des voix est autorisé par la loi et demande ce qu’il soit effectué par la Commission électorale nationale autonome et permanente puisque c’est à la Cenap que le litige est né. Une anomalie dans la proclamation des résultats, selon l’opposition. Elle réclame également une réunion de la commission plénière avec un comité ad hoc d’experts, notamment européens.

L’opposition se dit au passage certaine de sa victoire. Le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, qui a démissionné pour protester, a expliqué qu’il y avait un flou dans la loi, une sorte de vide juridique, et que dans ce cas, ce qui n’est pas interdit par le texte législatif est autorisé. Ce recomptage est d’ailleurs demandé par l’Union européenne, la France ou encore les Etats-Unis.

Le pouvoir, lui, assure que le recomptage des votes est illégal. « On me demande de violer la loi alors qu’un gouvernant est chargé de la faire appliquer », a déclaré le président Bongo ce mercredi matin sur RFI. Donc l’opposition doit suivre la voie habituelle qui est justement de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, seule habilitée à trancher. Une institution que l’opposition juge partiale. Elle l’appelle au passage « la tour de Pise » puisqu’elle pencherait toujours d’un côté, celui du pouvoir.

Piratage

Alors y aura-t-il recours ? Il faut déposer dans les huit jours après l’annonce des résultats qu’une journée. Le pouvoir en fera un, pour contester les scores de Jean Ping, notamment à Bitam et Omboué, là où il est né. Côté opposition, René Ndemezo’o Obiang, le directeur de campagne de Jean Ping laisse planer le doute sur un possible recours. En tout cas, aucun dossier n’a pour l’instant été présenté.

Sur l’angle judiciaire, le pouvoir accuse Jean Ping d’avoir tenté de falsifier des résultats à l’aide du hacker ivoirien, Sihifowa Yeo. Un homme a été arrêté dans son QG et une procédure judiciaire sera lancée.

L’opposition reconnaît avoir engagé un Ivoirien dans son staff pour compiler ces résultats transmis par ses membres à l’intérieur du pays. Quant aux soupçons de hacking, elle crie à la manipulation grossière avec des aveux arrachés sous la pression. « Comment pirater des PV qui sont écrits sur papier ? », demande Alexandre Barro Chambrier.

Une délégation de chefs d’Etat africains annoncée à Libreville

Dans ce contexte, une délégation de haut niveau est attendue à Libreville, avec à sa tête le président de l’Union africaine, le Tchadien Idriss Déby, ainsi que d’autres chefs d’Etat africains. Une visite est prévue dès que les conditions seront établies.

Ali Bongo a une réponse courte et ferme sur ce déplacement. « Suivant la tradition d’hospitalité du Gabon, nous les accueillerons, mais il faut qu’on respecte la loi », a-t-il déclaré.

Jean Ping explique de son côté qu’il rencontrera les chefs d’Etat, qu’il dira le droit pour que la délégation constate sa victoire à la présidentielle. Il n’est d’ailleurs pas opposé à leur participation au décompte des voix.

« Maintenant si les présidents africains proposent une autre alternative, nous en discuterons », confie Jean Ping. « Nous espérons en tout cas que l’UA ira dans notre sens », précise René Ndemezo’o Obiang, son directeur de campagne.

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7.9, 17h20

http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Au-Gabon-l-Union-africaine-ne-souleve-pas-d-espoir-2016-09-07-1200787342

Au Gabon, l’Union africaine ne soulève pas d’espoir

Laurent Larcher, le 07/09/2016 à 17h20

L’Union africaine se mobilise pour désamorcer la crise gabonaise. Acteurs et observateurs doutent toutefois de sa capacité à la résoudre.

« Nous attendons que la délégation de l’Union africaine aboutisse à la même conclusion que l’Union européenne: puisque le résultat de l’élection présidentielle n’est pas crédible, il faut donc procéder à un recomptage », espère Marc Ona Essangui, un activiste de la société civile, délégué pour le Gabon du mouvement « Tournons la page », une plate-forme internationale qui lutte en faveur de l’alternance politique en Afrique. Mais il ne se fait pas beaucoup d’illusions sur le succès de la délégation envoyée par l’Union africaine (UA) au Gabon. « Les observateurs de l’Union africaine sont les seuls à avoir reconnu la crédibilité de l’élection d’Ali Bongo. Elle nous envoie une délégation qui va nous demander de nous conformer à l’avis du Conseil constitutionnel. Ce que nous refuserons car le Conseil constitutionnel est entièrement entre les mains du clan Bongo », poursuit-il. L’idée d’une médiation africaine pour une crise africaine est cependant saluée par d’autres, comme Jean Merckaert, l’un des fondateurs de « Tournons la page ». « Il est positif de voir l’UA servir de médiation au lieu de la France et de l’Union européenne. Mais, nuance-t-il, on doit bien constater que par le passé, elle n’a pas donné de gages pour que, in fine, la voix des urnes l’emporte. »

« Tout est réuni pour un scénario du pire. »

Les réserves sur le succès futur de cette délégation sont d’autant plus fortes que la médiation de l’UA a été annoncée par le président tchadien Idriss Déby et que l’on compte, parmi les membres de l’Union africaine, des chefs d’État à l’élection également contestée. « A priori, l’UA peut jouer un rôle positif. Mais en pratique, on peut en douter. D’abord, elle est divisée entre ceux qui soutiennent Ali Bongo, comme Alassane Ouattara et Paul Kagame, et ceux, comme Denis Sassou-Nguesso, qui soutiennent Jean Ping. Et puis, l’histoire récente montre que ses entreprises de médiation se soldent le plus souvent par un échec, comme en témoigne cette année la crise burundaise », juge Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), qui vient de publier Afriques – Entre puissance et vulnérabilité (Éditions Armand Colin). Ainsi, peu de monde s’attend à une médiation constructive et efficiente de l’UA. C’est plutôt l’inquiétude qui domine les esprits au Gabon comme parmi les spécialistes. Marc Ona Essangui, ­anxieux, s’interroge : « Que va-t-il se passer, après la fin de cette médiation? Laccalmie est consécutive à la démarche de l’UA. Si elle n’aboutit pas dans le sens du vote des électeurs, alors les gens en tireront toutes les conséquences. Ils vont s’organiser pour faire aboutir leurs droits. Et l’on peut craindre la radicalisation des esprits et de la situation. » « Le Gabon est devant une impasse. Si la tentative de l’UA échoue, alors je crains une montée des violences, ajoute Philippe Hugon. Tout est réuni pour un scénario du pire. »

Laurent Larcher

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7.9, 14h48

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-quels-scenarios-de-sortie-de-crise-07-09-2016-2066568_2365.php

Gabon : comment sortir de la crise ?

Recours constitutionnel, union nationale, blocage : passage en revue des scénarios qui pourraient conduire à la fin de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis une semaine.

Le Point Afrique (avec AFP)

Publié le 07/09/2016 à 14:48 – Modifié le 07/09/2016 à 18:47 | Le Point Afrique

Plongé dans une des crises les plus graves de son histoire, le Gabon, réputé pour sa stabilité dans une Afrique centrale souvent troublée, doit trouver une porte de sortie. Plusieurs scénarios sont possibles, de l’optimiste – tout le monde accepte le verdict du juge constitutionnel – au plus sombre – le pourrissement de la situation, périlleux pour la paix civile.

La voie constitutionnelle

C’est la solution voulue par la communauté internationale, puisque le président sortant Ali Bongo Ondimba a définitivement fermé la porte à un recomptage des voix avant la saisine de la cour. Inversement, l’opposition réclame ce recomptage en préalable à la saisine de la Cour constitutionnelle pour le contentieux électoral. La date limite du dépôt des recours, fixée par la Constitution, est jeudi 16 heures.

Le président sortant Ali Bongo a confirmé mercredi qu’il déposera des recours contre son rival, Jean Ping. Ce dernier n’avait pas fait connaître sa décision mercredi matin. Nombre de ses partisans sont hostiles à la saisine de la Cour, la jugeant totalement inféodée à la présidence. Pour la communauté internationale, ces recours ont un intérêt immédiat. L’article 11a de la Constitution stipule en effet que la Cour dispose alors d’un « délai maximum de 15 jours » pour proclamer les résultats définitifs, ce qui laisse un peu de marge pour une médiation entre les protagonistes. L’acceptation du verdict de la Cour – qui sera soumise à de très fortes pressions – par les deux camps reste sujette à caution à ce jour.

Le dialogue politique

« Ouvert », « large », ou encore « inclusif », les adjectifs sont nombreux pour qualifier l’une des spécialités favorites du continent pour régler ses crises électorales. Le principe est simple : on réunit plusieurs dizaines de personnes représentant les camps en conflit et diverses composantes de la société qui doivent trouver une solution acceptable par tous. Souvent assisté d’une médiation, le conclave est généralement réuni à l’étranger – dans le cas gabonais, la France serait une destination toute trouvée -, officiellement pour préserver la sérénité des débats. C’est du moins souvent le motif avancé.

S’ensuivent alors des semaines, voire des mois, de tractations ponctuées de rebondissements – menaces de rupture, ajournements… – sur fonds de débauchages et de rabibochages. L’objectif final étant de noyer le poisson, la population finissant par se lasser de ces débats interminables. Le père d’Ali Bongo, Omar Bongo, qui a dirigé le Gabon pendant 41 ans, était un orfèvre en la matière.

Mais les temps changent. Il n’est pas certain que la nouvelle génération d’électeurs gabonais, qui n’a jamais connu le parti unique, se satisfasse d’un compromis, a priori bancal, sorti d’un tel dialogue, que ce soit un gouvernement d' »ouverture », de « large union », ou de « rassemblement ». « Ali doit partir », répètent sans cesse ses opposants.

La carotte électorale

Au Gabon, une élection en cache une autre. Des législatives sont prévues d’ici la fin de l’année (en novembre en principe) qui pourraient servir de « session de rattrapage ». L’opposition d’alors avait boycotté les précédentes élections et pourrait faire une entrée en force à l’Assemblée nationale. D’autant que depuis, ses rangs ont été renforcés par des défections au sein du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir). Dans ce contexte, une forme de cohabitation à la gabonaise – associant les deux camps quel que soit le vainqueur de la présidentielle – serait une option politique.

Le pourrissement

C’est bien évidemment, la crainte principale des Gabonais et des partenaires internationaux de Libreville. Les deux camps refusent toute ouverture ou toute concession, plongeant le pays dans une paralysie – économique et politique – durable. Dans un climat délétère de chasse aux sorcières, les tensions s’enveniment et la société se divise. Ces tensions et ces divisions peuvent toucher l’appareil d’État, menaçant alors la paix civile.

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7.9, 14h28

http://afrique.lepoint.fr/actualites/gabon-pour-ali-bongo-ondimba-sa-meilleure-defense-c-est-l-attaque-07-09-2016-2066555_2365.php

Gabon : Ali Bongo Ondimba contre-attaque

ABO dénonce les fraudes dans le camp de Jean Ping, et livre un très sévère réquisitoire contre les observateurs de la mission de l’Union européenne.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

Publié le 07/09/2016 à 14:09 – Modifié le 07/09/2016 à 14:28 | Le Point Afrique

Loin de sembler abattu par les pressions de l’opposition, de la rue et de la communauté internationale, le président gabonais Ali Bongo Ondimba est apparu plus que jamais d’attaque mercredi en martelant que la saisie de la Cour constitutionnelle est l’unique solution envisageable de sortie de crise, à la veille de la date limite des recours devant une institution décriée par son rival Jean Ping.

Théorie du complot

Renvoyant dans les cordes les observateurs de l’Union européenne (UE) au scrutin à un tour du 27 août qui ont fait état mardi d’une « anomalie évidente » dans les résultats, M. Bongo a jugé que « certains [d’entre eux] ont outrepassé leur mission ». S’exprimant sur la radio française RTL, mais aussi sur RFI et Europe 1, le président sortant a également balayé d’un revers de la main toute possibilité d’un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote, avant le contentieux électoral devant la Cour constitutionnelle. Ce recomptage est réclamé par l’opposition – qui affirme que la Cour est totalement inféodée à la présidence -, mais aussi par la France, ancienne puissance coloniale. Ali Bongo a répété qu’une telle disposition n’était pas prévue par la loi électorale et relevait exclusivement d’une décision de la Cour. Jean Ping n’avait pas annoncé mercredi s’il avait décidé ou non de saisir le tribunal. La date-butoir est jeudi 16 heures (15 heures GMT). « Ce qu’on doit me demander, c’est de faire respecter les lois […] Je ne peux pas violer la loi. En ce qui concerne le recomptage, ceci est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle », a souligné Bongo.

Tacle pour l’opposition

« Mes adversaires le savent, ils ont fait voter cette loi. Et quand cette loi a été votée, je n’étais même pas au gouvernement alors que certains d’entre eux y étaient », a-t-il poursuivi. Il faisait référence à nombre de responsables de l’opposition, dont M. Ping, qui ont travaillé durant de longues années aux côtés de son père, Omar Bongo, décédé en 2009 après avoir dirigé le Gabon pendant 41 ans. Il tacle d’ailleurs son rival à ce sujet : « Ce n’est pas à 74 ans que M. Ping va commencer une carrière de démocrate qu’il n’a jamais été. » Il a également confirmé son intention de déposer des recours devant l’institution pour contester des résultats de Jean Ping dans certains bureaux. Pour la communauté internationale, l’attention se focalise sur la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo. « Une analyse portant sur le nombre de non-votants et des bulletins blancs et nuls révèle une évidente anomalie dans les résultats finaux du Haut-Ogooué », avait indiqué mardi la chef de la mission d’observation de l’UE à l’élection, Mariya Gabriel. Cette province, selon les résultats officiels provisoires, a enregistré un taux de participation de 99,93 % et permis au président sortant d’être réélu d’une courte tête (5 594 voix d’avance) dans ce petit pays d’Afrique centrale comptant 1,8 million d’habitants.

L’annonce des résultats officiels provisoires du scrutin le 31 août a déclenché une vague d’émeutes meurtrières et de pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province.

Destructions « très importantes »

« Le bilan matériel est très important. Nous sommes encore en train d’évaluer tout ce qu’il y a eu de pillé, de brûlé, de cassé. En ce qui concerne le bilan humain, nous déplorons trois décès et une centaine de blessés », indiqué le chef de l’État, reprenant le bilan du ministère de l’Intérieur. L’AFP a recensé pour sa part sept morts, dont un policier. Il y a une confusion avec d’autres personnes qui sont mortes de mort naturelle ou dans des rixes, mais pas du fait des forces de l’ordre, a expliqué en substance le ministre de l’Intérieur. Une délégation de chefs d’État de l’Union africaine (UA) est attendue d’ici jeudi à Libreville pour tenter de désamorcer la crise et éviter que le Gabon, jusqu’à présent un des rares pays stables d’une région troublée, ne sombre à son tour dans le chaos.

Dans l’attente du dénouement de la crise, la vie tourne au ralenti, même si quelques titres de la presse – d’opposition comme proche du pouvoir – ont reparu jeudi, après plus d’une semaine de paralysie.

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7.9, 13h51

http://www.parismatch.com/Actu/International/Gabon-Le-coup-de-Com-du-president-Ali-Bongo-1063849

Gabon: Le coup de Com’ du président Ali Bongo

Paris Match | Publié le 07/09/2016 à 13h28 |Mis à jour le 07/09/2016 à 13h51

Par François de Labarre

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7.9, 12h37

http://www.jeuneafrique.com/355213/politique/gabon-hommage-aux-victimes-ping-bongo-sortent-silence/

Gabon : hommage aux victimes, Ping et Bongo sortent du silence

06 septembre 2016 à 20h55 — Mis à jour le 07 septembre 2016 à 12h37

Par Jeune Afrique avec AFP

Après plusieurs jours de silence, Ali Bongo et Jean Ping se sont exprimés dans les médias, tandis qu’à Libreville, un hommage était rendu hier soir aux victimes de la crise post-électorale, et que les audiences des personnes arrêtées se poursuivaient au palais de justice.

Les politiques sortent du silence

Après plusieurs jours de silence, durant lesquels l’information était une denrée rare au Gabon, Jean Ping et Ali Bongo se sont exprimés dans les médias français. L’opposant, qui se revendique président de la République et conteste les résultats de l’élection, a accordée une interview à la chaîne de télévision France 24 mardi après-midi, durant laquelle il a dénoncé « un pouvoir qui tue tous les jours », et a nié avoir appelé à la grève générale.

Ali Bongo s’est quant à lui exprimé sur RFI, RTL et Europe 1 mercredi matin. Restant sur sa position, il a affirmé que le nouveau décompte des votes demandé par Jean Ping serait contraire à la loi, et que les violences qui secouent le pays depuis plus d’une semaine sont pilotées par l’opposition.

En réponse aux accusations de fraude dans son fief du Haut-Ogooué, il a critiqué la mission d’observation de l’Union Européenne, et pointé des anomalies dans le camp adverse également :  « J’aurais aussi apprécié qu’on relève quelques anomalies dans le fief de monsieur Ping. Si on veut relever les anomalies, il faut être clair, équilibré et relever toutes les anomalies si on en a constaté », a-t-il précisé, alors que l’UE avait dénoncé la veille une « anomalie évidente » dans les résultats obtenus par M. Bongo le 27 août dans son propre fief.

En ce qui concerne la délégation de l’Union Africaine qui devrait arriver sous peu à Libreville, les deux adversaires ont dit qu’ils « l’accueilleraient ».

Hommage aux victimes

Les militants se sont signés un à un devant un petit autel improvisé appelé « Chapelle de la Liberté », devant le siège du parti de Jean Ping, portant encore les marques de l’assaut des forces de l’ordre. Sur fond de chants religieux, 100 à 200 personnes ont écouté des discours très politiques qui ont ponctué cet hommage, pour des victimes dont le nombre fait toujours polémique. Il y aurait eu 3 morts selon les chiffres officiels, 7 selon le comptage de l’AFP, et « entre 50 et 100 » victimes, selon Jean Ping qui s’exprimait mardi après-midi sur la chaîne de télévision France 24.

Quelques personnalités, comme Chantal Myboto, anciennement proche d’Omar Bongo et farouche adversaire du fils Ali, étaient présentes. Aucune apparition en revanche de Jean Ping, dont la maison se trouve à moins d’un kilomètre.

Audiences

A deux kilomètres du QG de Jean Ping, des familles sans nouvelles d’un proche arrêté depuis plusieurs jours étaient soulagées : elles ont pu retrouver un fils ou un frère dans la longue file de prévenus attendant de passer devant un juge. L’AFP a pu constater que certains, principalement des jeunes hommes, comparaissent parfois à dix pour un rappel à la loi énoncé par le président du tribunal. Outre le président du tribunal, toutes ces personnes arrêtées comparaissent sans avocat devant le procureur et la doyenne des juges d’instruction, avec des hommes en uniforme dans le box. Cependant de nombreuses familles sont toujours à la recherche d’un proche disparu.

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7.9, 12h33

http://www.jeuneafrique.com/355254/politique/gabon-ali-bongo-jean-ping-contre-attaquent-medias-francais-interposes/

Gabon : Ali Bongo et Jean Ping contre-attaquent par médias français interposés

07 septembre 2016 à 12h33

Par Laure Broulard

Accusé de fraudes et de répression violente, pressé par la communauté internationale, le président gabonais fraîchement réélu a donné sa version des faits mercredi matin sur les ondes de trois grandes radios françaises. Jean Ping, lui, s’est exprimé mardi après-midi sur France 24.

Une fois n’est pas coutume, mercredi matin Ali Bongo était dans tous les médias français. Les auditeurs de RTL, Europe 1 et RFI, trois des radios françaises les plus écoutées, ont pu entendre dans leur matinale le président gabonais commenter la crise post-électorale dans son pays, alors que la presse reprenait à gros titre ses propos. Un traitement médiatique exceptionnel après une élection électorale africaine.

Point par point, Ali Bongo a répondu aux accusations dont il est l’objet depuis huit jours.

D’abord à ceux, qui, comme Manuel Valls, lui suggèrent d’ordonner un nouveau décompte des votes. Restant sur sa position, il rétorque dès 6h30 (4h30TU) sur RFI, que ce serait « violer la loi ». Sur la question des fraudes lors du scrutin, il  renvoie la balle à son adversaire en l’accusant d’être à l’origine d’irrégularités. Enfin, selon lui les violences post-électorales ont été pilotées par l’opposition,  » c’est prouvé, c’est clair  » conclut-il.

« Des observateurs se sont mal comportés »

Sur RTL et Europe 1, il va plus loin, critiquant directement la mission d’observation de l’Union européenne qui a évoqué mardi « une évidente anomalie dans les résultats ». « Certains des observateurs ont outrepassé la mission qui était la leur et se sont mal comportés » déclare-t-il, annonçant qu’il n’exclut pas de déposer lui aussi des recours devant la Cour Constitutionnelle pour contester les résultats de certaines provinces remportées par Jean Ping.

Trois interviews d’environ dix minutes à une heure de grande écoute :  c’est une contre-attaque en règle d’Ali Bongo, alors qu’il était resté très discret depuis la proclamation des résultats de la présidentielle.

Cette sortie intervient au lendemain de l’annonce de l’arrivée d’une délégation de l’Union Africaine au Gabon. Mardi, Jean-Marc Ayrault, le ministre des affaires étrangères français, s’était de son côté publiquement inquiété du sort d’une quinzaine de ressortissants français à la double nationalité franco-gabonaise arrêtés à la suite de manifestations violentes.

C’est également mardi après-midi que Jean-Ping a accordé une interview à la chaîne de télévision France 24, accusant le pouvoir de « tuer tous les jours », et évoquant un bilan de 50 à 100 morts. L’opposant s’était plusieurs fois exprimé dans les médias depuis l’attaque de son QG la semaine dernière.

Laure Broulard

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7.9, 10h43

http://www.rfi.fr/afrique/20160907-gabon-ceremonie-hommage-qg-jean-ping-violences-election

[Reportage] Au QG de Jean Ping, l’opposition à l’heure du recueillement

Par RFI Publié le 07-09-2016 Modifié le 07-09-2016 à 10:43

L’opposition a organisé une cérémonie d’hommages aux personnes mortes dans les violences post-électorales au QG de Jean Ping à Libreville, mardi 6 septembre. Reportage.

Devant le QG de Jean Ping encore criblé de balles en certains endroits, l’hymne national est entonné par des dizaines de personnes. Elles se recueillent devant un autel baptisé « La Chapelle des combattants de la liberté morts pour la patrie ».

« Il est trop tôt pour parler de deuil et de catharsis », explique Anaclet Bissielo, sociologue. Et d’ajouter : « Il s’agit simplement de réaffirmer la détermination de dire aux familles endeuillées que les personnes qui sont mortes, que les corps qui ont été emportés, ne sont pas tombés en vain et que nous avons payé un prix élevé à travers leurs pertes et qu’il s’agit d’aller au bout. Le deuil viendra après. »

Une gerbe de fleurs est déposée. Les personnes présentes marchent en silence autour de la place, puis viennent une à une s’incliner, se signer ou allumer une bougie sous le drapeau gabonais.

« Le faire pour la mémoire »

« Je pense que les organisateurs ont pensé qu’il fallait bien le faire pour la mémoire de ceux qui sont partis parce que ceux qui sont morts, ils ne sont pas réellement morts, ils nous voient. C’est quand même nécessaire pour apaiser ceux qui sont partis et même les familles », explique Jean-Albert.

Enfin un homme s’avance et se déshabille entièrement pour réaliser un rite, il se met à courir en lançant des incantations et en frappant par terre des troncs d’arbre afin de conjurer le mauvais sort.

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7.9, 8h55

http://www.europe1.fr/international/presidentielle-au-gabon-jean-ping-a-fraude-denonce-ali-bongo-2839816

Présidentielle au Gabon :  » Jean Ping a fraudé » dénonce Ali Bongo

08h40, le 07 septembre 2016, modifié à 08h55, le 07 septembre 2016

AUDIO

Le président gabonais, invité mercredi sur Europe 1, accuse son adversaire à la présidentielle, Jean Ping de fraude électorale.

INTERVIEW

La meilleure défense, c’est l’attaque. Mercredi, sur Europe 1, Ali Bongo, vainqueur d’une élection présidentielle controversée au Gabon, a à son tour accusé son adversaire, Jean Ping de fraudes. « Je dis que M. Ping a fraudé ». « Nous pensons qu’il y a eu des fraudes électorales dans son fief et dans d’autres régions de son territoire. Nous sommes devant un complot qui visait à truquer une élection et prendre le pouvoir par ce biais », a-t-il dénoncé, avant de mettre clairement en cause l’intégrité de Jean Ping. « Moi je n’ai pas mis en place un système avec des cyber-criminels pour venir frauder« .

Depuis l’annonce des résultats Jean Ping, son adversaire, dénonce de son côté « une mascarade », notamment dans la province natale d’Ali Bongo, le Haut-Ogooué, où le taux de participation a atteint 99,98 % contre moins de 60 % sur l’ensemble du pays. Il exige un nouveau décompte des voix tout en fustigeant la position de Jean Ping, 74 ans et ancien cadre du régime de son père Omar Bongo, au pouvoir de 1967 à 2009. « Le renouveau, c’est moi qui l’incarne », assure-t-il.

Si recours, un recomptage. « La loi prévoit que décompte il y a lorsque la cour constitutionnelle est saisie après l’annonce des résultats », a rappelé Ali Bongo. Aussi, si la cour le décide, le président gabonais affirme qu’il ne s’y opposera pas. « Je suis un démocrate », assure-t-il. « Je suis pour que nous allions devant la cour constitutionnelle et qu’elle confirme mon élection. C’est ce que j’attends ».

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7.9, 8h05

http://www.rtl.fr/actu/international/ali-bongo-repond-a-manuel-valls-on-ne-peut-pas-me-demander-de-violer-la-loi-7784760122

Ali Bongo répond à Manuel Valls : « On ne peut pas me demander de violer la loi »

INVITÉ RTL – Réélu à la tête du pays, Ali Bongo veut désormais être « le président de tous les Gabonais » même si Manuel Valls avait appelé sur RTL à un nouveau décompte des résultats.

AUDIO

« Je fais respecter les lois dans mon pays ». La tension est maximale au Gabon après la réélection d’Ali Bongo à la tête du pays. Son adversaire, Jean Ping, a notamment dénoncé une fraude électorale, entraînant un véritable embrasement du pays lors de nombreuses manifestations pour contester les résultats. Face à cette situation, l’ONU et l’Union européenne ont appelé à un nouveau décompte des résultats. Mardi 6 septembre, Manuel Valls a également appelé à une nouvelle procédure au micro de RTL : « Il faut un processus électoral clair. La sagesse commanderait de faire un nouveau décompte des résultats ».

Invité exceptionnel de RTL, Ali Bongo répond au pensionnaire de Matignon : « On ne peut pas me demander de violer la loi. Moi, je ne me permettrais pas de demander à quelqu’un de violer la loi ». Avant de détailler : « Nous avons une loi qui a été votée en 1996 et qui régit tout le processus électoral. Je ne peux pas violer la loi. En ce qui concerne le recomptage, ceci est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle. Mes adversaires le savent, ils ont fait voter cette loi. Et quand cette loi a été votée, je n’étais même pas au gouvernement alors que certains d’entre eux y étaient ».

Ali Bongo refuse de céder du terrain et se pose dès lors en « président de tous les Gabonais ». « Je travaillerai avec tous mes compatriotes qui voudront bien travailler avec moi pour le développement de notre pays », lance-t-il comme une réponse à l’Union européenne. Ali Bongo n’a pas hésité à pointer du doigt certains observateurs : « Il y a des comportements pour lesquels on pourrait dire beaucoup de choses. Je trouve que certains ont outrepassé leur mission« .

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7.9, 8h03

Article peu crédible, globalement pro Ali Bongo, exprimant surtout la philosophie « Jeune Afrique » ?

Marwane Ben Yahmed (Jeune Afrique): « Abo n’a pas su, ou plutôt pas voulu, arrondir les angles, tendre la main à ses ennemis intimes, céder aux pressions, « acheter » tel ou tel opposant ou lobbyiste qui n’attendait pourtant que cela. Bref, il n’a pas souhaité reproduire ce que son père faisait si bien pour s’entendre avec tout le monde et avoir la paix. »

http://www.jeuneafrique.com/mag/354488/politique/gabon-rien-ne-sera-plus/

Gabon : rien ne sera plus comme avant

Publié le 07 septembre 2016 à 08h03

Par Marwane Ben Yahmed

Soupcons de fraude

ABO a donc été déclaré élu par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) avec 49,8 % des voix, Jean Ping et ses alliés – tout le monde oublie aujourd’hui que Guy Nzouba-Ndama et Casimir Oyé Mba, notamment, lui ont apporté leurs militants, leurs bastions électoraux et leurs nombreuses voix – totalisant 48,23 % des suffrages. Deux pôles qui écrasent tout sur leur passage, laissant aux huit autres prétendants de minuscules miettes, moins de 2 % des votants.

Tout le monde a triché dans son fief, reste à savoir dans quelles proportions, avance un haut fonctionnaire français

Le camp Ping crie à la fraude massive, notamment dans le Haut-Ogooué, bastion inexpugnable de l’ethnie téké des Bongo et deuxième province, après l’Estuaire, en matière de population. Réponse d’un proche du chef de l’État : « Le Haut-Ogooué avoisine les 90 % de taux de participation et vote Bongo depuis qu’il y a des élections dans ce pays. Les accusations et les menaces proférées par Ping et ses amis – Ali ne serait pas gabonais, nous sommes des cafards qu’il faut exterminer, etc. – ont achevé de mobiliser en masse nos électeurs dans cette province. Et s’ils veulent parler de fraude, nous leur rappelons que c’est devant la Cour constitutionnelle que les recours doivent être déposés, pas en incendiant les villes ou en pillant les magasins, en recrutant des casseurs ou en tentant d’ouvrir les prisons pour libérer les détenus et semer le chaos. Nous, nous sommes légalistes et déposerons nos recours devant la cour. Et ils sont nombreux, car ces soi-disant opposants démocrates ont massivement fraudé, notamment dans le Woleu-Ntem [province traditionnellement acquise à l’opposition] ou dans l’Ogooué-Maritime [région de naissance de Ping]. »

En cause, notamment, des bureaux de vote où Ping obtiendrait, voire dépasserait, les 100 % et d’autres où ABO recueillerait zéro voix. Commentaire d’un haut fonctionnaire français : « Comme en 2009, tout le monde a triché dans son fief, il ne faut pas se leurrer. Reste à savoir dans quelles proportions… »Voilà qui promet pour la prochaine étape, auprès de la Cour constitutionnelle, donc.

Ping, incarnation de la fin de l’ère Bongo ?

La guerre qui s’est ouverte ce mercredi 31 août, et dont personne ne connaît l’issue, n’est que l’énième épisode de ce remake tropicalisé des Borgia, dans lequel les héritiers d’Omar Bongo Ondimba entendent solder leurs comptes. Mais elle ne se situe plus sur le champ électoral. Chacun campera sur ses positions. C’est désormais un véritable rapport de force qui s’est engagé. Ping a pour lui un capital sympathie, intérieure, extérieure et médiatique, qu’il doit plus à son (récent) statut d’opposant et à son carnet d’adresses international qu’à son parcours de grand démocrate. Il est, comme tous les autres, une créature d’Omar, un crocodile du même marigot qui a frayé dans la même lagune trouble.

Mais, et ce fut prépondérant, aux yeux des adversaires d’Ali – sincères ou désireux, telle la girouette Robert Bourgi, de renouer avec l’époque bénie, pour leur portefeuille, d’Omar – comme d’une partie des Gabonais, il incarne surtout la meilleure chance d’en finir avec la dynastie Bongo, après quasiment cinq décennies de règnes cumulés. Ping est une arme anti-Ali, pas une icône en soi de l’alternance ni le choix du cœur des Gabonais.

Une puissante coalition autour de Ping

Enfin, Ping est puissamment soutenu. Localement, c’est désormais une évidence, mais aussi dans la sous-région, dit-on. Quant à la France, toujours influente dans son ancien pré carré, il ne faut pas être grand clerc pour identifier ses élans amoureux du moment. À moins qu’il s’agisse de nouveaux tirs de semonce adressé au président gabonais, après l’arrestation de son directeur de cabinet ou la saisie de son avion.

Il suffit de lire les communiqués officiels, parfois ahurissants comme celui du parti socialiste, qui prenait, avant même l’annonce des résultats, fait et cause pour Ping. Ou ceux du Quai d’Orsay, que l’on a connu plus diplomate avec d’autres chefs d’État africains, dans des situations similaires. Bienvenue dans le monde de la realpolitik, une donnée que semble avoir sous-estimée le camp Bongo, qui n’estime guère Jean Ping mais qui n’a pas vu venir la coalition autour de ce dernier d’un faisceau d’intérêts convergents.

Abo n’a pas su, ou plutôt pas voulu, arrondir les angles, tendre la main à ses ennemis intimes, céder aux pressions, « acheter » tel ou tel opposant ou lobbyiste qui n’attendait pourtant que cela. Bref, il n’a pas souhaité reproduire ce que son père faisait si bien pour s’entendre avec tout le monde et avoir la paix. Par conviction, disent ceux qui le connaissent, l’homme étant bien placé pour savoir ce que cette stratégie exclusivement politicienne a coûté à son pays, à l’incroyable potentiel, en matière de développement.

Bongo face à un bilan controversé et d’importants défis

Marwane Ben Yahmed

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7.9, 5h17

http://www.rfi.fr/afrique/20160906-crise-electorale-gabon-delegation-ua-ping-bongo-recours

Crise électorale au Gabon: une délégation de l’UA pour mener la médiation?

Par RFI Publié le 06-09-2016 Modifié le 07-09-2016 à 05:17 (Note R*E : puis > 6h44)

Au Gabon, pas de trouble majeur ces dernières heures, mais c’est toujours le bras de fer. Chacun campe sur ses positions après la réélection contestée d’Ali Bongo à la présidentielle. Pour tenter de débloquer la situation, l’Union africaine se dit prête à envoyer une délégation au Gabon.

Ali Bongo est l’invité de RFI ce mercredi matin à 6h44 heure de Paris (4h44 TU)

L’initiative a été annoncée dans un communiqué du président tchadien,
Idriss Déby, président en exercice de l’organisation. Il souhaite envoyer une délégation de chefs d’Etat africains et de représentants de l’UA et des Nations unies « dès que les conditions pour une visite seront établies ». Une délégation « de haut niveau » devrait donc arriver au Gabon « dans les plus brefs » délais pour tenter de jouer les bons offices.

Selon le porte-parole de l’Union africaine des consultations sont en cours sur la composition exacte de la délégation, qui sera appuyée par la CEEAC et les Nations unies, et aussi pour définir les contours exacts de cette mission. « Le président Idriss Déby est en contact avec les différentes parties prenantes qui sont en train de définir clairement l’objet de cette mission pour avoir un consensus. Mais une chose est claire : s’il y a eu des contentieux, ils vont, avec l’assistance de l’Union africaine, à avoir une solution vraiment durable. Une solution que les parties prenantes prendront entre elles. Le recomptage, si telle est leur décision », explique à RFI le porte-parole de la Commission de l’Union africaine Jacob Enoh Eben.

Les deux camps favorables

Le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie Bi Nzé, se dit d’accord avec cette proposition : « Le président Ali Bongo accepte l’arrivée de cette délégation à Libreville d’autant plus que le président Ali Bongo a des éléments légitimes à faire valoir. Et dans les traditions africaines, on ne refuse pas l’arrivée de quelqu’un. Il se propose de venir apporter sa pierre au retour au calme. Ce que nous attendons est que la voix du Gabon soit entendue et que la voix de la légalité constitutionnelle soit entendue et respectée ».

Du côté de l’opposition, on ne refuse pas non plus l’initiative de l’UA. « Si la mission peut faire entendre raison à Ali Bongo pour qu’il se plie aux résultats des urnes, ce serait l’idéal pour notre pays, explique Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, le porte-parole du camp Jean Ping. Nous regardons avec beaucoup d’optimisme l’arrivée de cette mission. Si c’est une médiation, elle n’aura de sens que si elle permet de respecter les suffrages des Gabonais. »

Recomptage des voix ?

En attendant une éventuelle délégation de l’UA, que va-t-il se passer ? La question des recours devant la Cour constitutionnelle se pose. La date limite de dépôt, c’est de jeudi. Le camp d’Ali Bongo l’a déjà dit il le fera, il présentera des recours sur des fraudes dans certains bureaux de vote. Côté opposition, le camp de Jean Ping demande toujours et avant tout le recomptage des bulletins avec une nouvelle réunion de la Commission électorale.

Un recomptage bureau de vote par bureau de vote à l’aide des procès-verbaux. Pour cela, l’opposition souhaite qu’on retourne devant la Commission électorale nationale, autonome et permanente, réunie à nouveau en plénière, c’est-à-dire une trentaine de personnes avec des représentants des deux camps, ainsi que des ministères techniques. « C’est l’instance appropriée, c’est elle qui pose problème donc il faut se concentrer sur cette Cénap », explique Jean Ping.

En plus d’une plénière, l’opposition réclame une commission ad hoc d’experts : des Gabonais, mais pourquoi pas aussi des spécialistes de l’Union européenne, puisque l’UE avait lancé sa mission électorale plusieurs semaines avant le vote. C’est une solution simple, légale et qui ne prendrait qu’une demi-journée, affirme Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Il veut se concentrer sur le recomptage du Haut-Ogooué, la province où Ali Bongo a obtenu 95% des voix avec une participation proche des 100%. L’opposition affirme détenir 156 PV de cette province et que les chiffres donnaient Jean Ping vainqueur avec une avance irrattrapable.

De son côté, le pouvoir accuse toujours Jean Ping et des ressortissants ivoiriens de complot avec tentative de falsification des résultats.

Quels recours devant la Cour constitutionnelle ?

Pour autant, l’opposition n’a pas encore déclaré si elle allait déposer des recours devant la Cour. C’est une vraie interrogation puisque, après l’annonce officielle des résultats, on a huit jours pour déposer un dossier. C’est ce que demande le pouvoir : que l’opposition suive les voies légales et porte réclamation devant les juges. Jean Ping aujourd’hui répond qu’il ne faut pas poser le problème dans ces termes. Pour lui, la façon dont Ali Bongo a été déclaré vainqueur a été irrégulière.

Rappelons comment cela s’est passé, techniquement, le 30 août 2016. La Cénap s’est rassemblée en plénière, elle a recompté les PV. Puis les 8 membres du bureau – l’instance suprême de la Cénap – se sont réunis : 4 avaient validé les résultats, 1 avait voté contre et 3 membres de l’opposition s’étaient abstenus. Dans la foulée, Ali Bongo avait été proclamé vainqueur. L’opposition dit que ces représentants n’ont pas signé le PV final, validant la victoire du chef de l’Etat. Donc sa victoire n’est pas valable et donc il faut recompter toujours devant la Cénap.

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7.9, 6h44

http://www.rfi.fr/emission/20160907-gabon-ali-bongo-critiques-opposition-violences-post-electorales-jean-ping

Critiques de l’opposition, violences post-électorales: Ali Bongo répond à RFI

Par Sébastien Nemeth

Diffusion : mercredi 7 septembre 2016

Au Gabon, pour la première fois depuis l’annonce des résultats de la présidentielle et les violences qui ont suivi sa victoire, le président Ali Bongo Ondimba s’exprime. Le chef de l’Etat campe sur ses positions. Alors que l’opposition demande un recomptage des voix devant la Commission électorale, Ali Bongo renvoie tout recours devant la Cour constitutionnelle. Quant aux violences, selon lui, elles ont été téléguidées par l’opposition. Une interview de Sébastien Németh avec Boris Vichith.

RFI : Une délégation de l’Union africaine s’apprête à arriver à Libreville. Qu’attendez-vous de cette visite ?

Ali Bongo : Selon la tradition de l’hospitalité gabonaise, nous allons l’accueillir.

Les violences postélectorales et le litige de la contestation électorale, notamment de l’opposition. Qu’allez-vous dire à cette délégation à ce propos ?

Il faut que l’on comprenne bien qu’à l’heure actuelle, il s’agit de respecter la loi. Certains noms ne peuvent pas prétendre méconnaitre la loi. Etre un bon démocrate, ça veut donc dire respecter les lois de son pays.

Pourtant l’Union européenne, l’ONU, la France, les Etats-Unis demandent à ce qu’il y ait un recomptage bureau de vote par bureau de vote. Vous n’êtes pas prêt à accéder à cette demande ?

Dois-je comprendre qu’on me demande de violer la loi ?

Est-ce que dans un souci de préservation de la paix du pays, ne faut-il pas essayer d’aller au-delà du texte ?

On est en train de me dire qu’il faut que je viole la loi, que l’on prononce les mots clairement. On me demande de violer la loi ? C’est quand même particulier parce que souvent, on fait le reproche aux Africains de ne pas suivre les lois de leur pays. Moi, je ne dicte pas les lois. Je les fais appliquer. Et c’est le rôle de tout gouvernant. C’est au niveau de la Cour constitutionnelle que l’on compte et que l’on fait le recomptage des bureaux de vote, c’est au niveau de la Cour constitutionnelle.

L’opposition dit qu’elle n’a pas confiance en cette institution, qu’elle la juge biaisée, et que les verdicts de la Cour constitutionnelle sont connus d’avance. Qu’est-ce que vous répondez à ça ?

Je réponds que lorsqu’un candidat de l’opposition gagne une élection qui est validée par la Cour constitutionnelle, curieusement cette Cour constitutionnelle ne pose pas de problème. Et pourquoi les résultats donc pourraient être biaisés ? Pourquoi ?

Vous avez emporté dans la province du Haut-Ogooué avec 95% des voix une participation proche des 100%. Beaucoup crient à la fraude. Qu’est-ce que vous répondez à ces accusations ?

C’est étonnant que l’on crie à la fraude les résultats dans le Haut-Ogooué et on n’entend pas crier à la fraude alors que nous venons de présenter un personnage dont la mission était ici d’organiser cette fraude. Je suis étonnée qu’on n’en parle pas…

Vous parlez du hacker ivoirien présumé ?

Pris la main dans le sac. Et c’est curieux qu’on n’en parle pas. En matière de résultats, c’est curieux aussi qu’on ne regarde pas les résultats dans d’autres endroits du territoire où monsieur Ping a fait les 100 %.

Là il ne s’agit que de localités, le Haut-Ogooué est une province très importante, très peuplée ?

Mais il y a plusieurs localités et provinces pour lesquelles il y a des choses à dire. En ce concerne le Haut-Ogooué, nous faisons ce résultat grâce à la compagne honteuse de Monsieur Ping, qui a stigmatisé les populations du Haut-Ogooué, qui nous a insultés et qui a fait en sorte qu’il y ait une réponse massive, une mobilisation sans précédent des populations du Haut-Ogooué. Maintenant, la loi est là. Si Monsieur Ping a un problème, il va à la Cour constitutionnelle.

Depuis longtemps, l’opposition accuse le pouvoir d’utiliser le Haut-Ogooué comme une variable d’ajustement dans les résultats. Est-ce que vous ne pensez pas qu’à l’avenir, les résultats du Haut-Ogooué devraient être publiés en premier, et non pas en dernier ?

C’est extrêmement fâcheux de stigmatiser une province. Ici, dans notre pays, la plupart des hommes politiques, ont un fief dans lequel il y a des résultats importants. Moi, je n’ai pas, en 2009, eu ce même genre de réaction alors qu’on sait très bien, par exemple, certains de mes concurrents en 2009 ont fait des scores étonnants et aussi dans leur province. Je ne m’en suis pas plaint.

Votre adversaire Jean Ping se considère comme président élu. Est-ce que vous n’avez pas l’impression qu’on est dans une impasse là ?

Nous ne sommes pas dans une impasse lorsque monsieur Ping s’est proclamé président. Il ne l’a fait que sur la base de 30% des résultats. Ensuite, lorsque ce monsieur Yao [N’Cho Yao, expert informatique ivoirien, ndlr] a été arrêté, il n’avait pu étudier que 1 500 PV à peu près. Donc Monsieur Ping n’a jamais été en possession de la globalité des PV sur l’ensemble du territoire. Pourtant il s’est proclamé président.

Néanmoins, les PV sont sur papier. Comment peut-on les hacker, les falsifier par informatique alors qu’ils existent physiquement ?

Les résultats ont été transmis à Monsieur Yao, et à partir de là, il a organisé toutes ces manipulations. C’est même pire, c’est-à-dire que Monsieur Ping n’avait même pas les PV, et pourtant il s’est déclaré vainqueur.

Est-ce qu’un dialogue est possible avec Jean Ping, avec l’opposition ?

Pour l’instant, ce qui est important et ce qui est envisageable, c’est que nous respections tous la loi.

Mais même votre ministre de la Justice Séraphin Moudounga, ex-ministre de la justice qui a démissionné lundi 5 septembre, vous avait recommandé ce décomptage des voix ?

Moi, je ne lui ai pas parlé. Donc il m’a demandé ça quand ?

Ça ne vous gêne pas qu’il ait démissionné ?

Mais il a démissionné pour d’autres raisons qui ont trait à son passé. Et son passé, le rattrape.

Est-ce que vous n’avez pas des craintes qu’une nouvelle vague de violences survienne après le verdict de la Cour constitutionnelle ?

Je voudrais d’abord faire un commentaire. Ce qui est quand même surprenant, c’est que Monsieur Ping s’est déclaré vainqueur et ça n’a donné lieu à aucune scène de liesse et de célébration. Et par contre, quand il est déclaré battu, aussitôt nous voyons des scènes incroyables se produire dans la ville, avec la violence organisée non seulement à Libreville, mais dans d’autres villes du pays.

Vous entendez que c’est un mouvement piloté ?

Mais bien sûr. Je ne le sous-entends pas. C’est prouvé. C’est clair. Quelle est cette réaction spontanée de population qui serait mécontente et qui irait brûler l’Assemblée nationale ? Vouloir s’attaquer à la télévision, attaquer certains édifices. Les magasins, les commerces ont été pillés, cassés. Nous avons arrêté ceux qui l’ont fait. Et qu’on m’explique : quel est le lien entre perdre une élection, protester et aller attaquer une prison pour délivrer les prisonniers, et surtout les prisonniers non pas politiques – il n’y a pas de prisonniers politiques au Gabon -, mais les prisonniers de droit commun, donc les grands criminels que l’on veut relâcher et les mettre dans la nature. Expliquez-moi quel est le lien ?

Donc pour vous, ces séries de violences, de pillages, ce n’est pas un mécontentement politique face aux résultats ?

Pas du tout. Encore une fois, je viens de vous parler des prisons qui ont été attaquées. Presque en simultanée. Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas une consigne. Nous sommes là devant des pillages qui ont eu lieu, où on est allé brûler, voler, vandaliser.

Est-ce que vous considérez qu’aujourd’hui le Gabon est toujours une démocratie ?

Mais le Gabon est une démocratie. Je rappelle encore une fois que notre code électoral est l’un des plus sévères, strictes et que notre processus a été connu jusqu’au bout, jusqu’au jour où même nous avons voté dans le calme. Vous l’avez vu. Quand un candidat perd, il a des voix de recours pour contester et il préfère envoyer des personnes aller brûler, mettre en danger, et tirer sur les forces de l’ordre.

Il y a eu également des tirs de la part de ces forces de l’ordre. Est-ce que vous ne trouvez pas que l’action des forces de l’ordre a été trop brutale ?

Je peux vous dire que si l’action des forces de l’ordre avait été brutale, nous n’en serions pas là et que les forces de l’ordre sont à recommander pour le service qu’elles ont accompli. Quand on vous tire dessus, vous vous défendez. Moi, j’ai visité l’hôpital militaire, j’ai vu beaucoup de gendarmes et de policiers blessés, touchés. J’ai vu des gens qui ont été blessés par balles. Alors qu’on ne vienne pas nous dire que c’était des manifestations pacifiques. Est-ce que la contestation politique doit mener à cela ?

Est-ce qu’il n’y a pas un message de votre part pour obtenir un apaisement ?

Mais nous ne faisons que ça. Moi, j’ai fait ces gestes. Ce ne sont pas mes militants qui sont allés dans la rue, ce ne sont pas mes sympathisants qui sont allés dans la rue pour piller et casser. On sait d’où ils viennent, on sait qui en a donné l’ordre. Et encore illustré par le dernier ordre qui demandait à ce que l’on bloque l’économiquement du pays. Est-ce que ça doit nous amener à tout cela ? C’est la question qu’on se pose.

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6.9

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6.9, 19h38

http://www.rfi.fr/afrique/20160906-crise-electorale-gabon-delegation-ua-ping-bongo-recours

Crise électorale au Gabon: une délégation de l’UA pour faire la médiation?

Par RFI Publié le 06-09-2016 Modifié le 06-09-2016 à 19:38 (Note R*E : republié le lendemain corrigé)

Au Gabon, pas de trouble majeur ces dernières heures, mais c’est toujours le bras de fer. Chacun campe sur ses positions après la réélection contestée d’Ali Bongo à la présidentielle. Pour tenter de débloquer la situation, l’Union africaine se dit prête à envoyer une délégation au Gabon.

L’initiative a été annoncée dans un communiqué du président tchadien,
Idriss Déby, président en exercice de l’organisation. Il souhaite envoyer une délégation de chefs d’Etat africains et de représentants de l’UA et des Nations unies « dès que les conditions pour une visite seront établies ».

Le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie Bi Nzé, se dit d’accord avec cette proposition : « Le président Ali Bongo accepte l’arrivée de cette délégation à Libreville d’autant plus que le président Ali Bongo a des éléments légitimes à faire valoir. Et dans les traditions africaines, on ne refuse pas l’arrivée de quelqu’un. Il se propose de venir apporter sa pierre au retour au calme. Ce que nous attendons est que la voix du Gabon soit entendue et que la voix de la légalité constitutionnelle soit entendue et respectée ».

Du côté de l’opposition, on ne refuse pas non plus l’initiative de l’UA. « Si la mission peut faire entendre raison à Ali Bongo pour qu’il se plie aux résultats des urnes, ce serait l’idéal pour notre pays, explique Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, le porte-parole du camp Jean Ping. Nous regardons avec beaucoup d’optimisme l’arrivée de cette mission. Si c’est une médiation, elle n’aura de sens que si elle permet de respecter les suffrages des Gabonais. »

Recomptage des voix ?

En attendant une éventuelle délégation de l’UA, que va-t-il se passer ? La question des recours devant la Cour constitutionnelle se pose. La date limite de dépôt, c’est de jeudi. Le camp d’Ali Bongo l’a déjà dit il le fera, il présentera des recours sur des fraudes dans certains bureaux de vote. Côté opposition, le camp de Jean Ping demande toujours et avant tout le recomptage des bulletins avec une nouvelle réunion de la Commission électorale.

Un recomptage bureau de vote par bureau de vote à l’aide des procès-verbaux. Pour cela, l’opposition souhaite qu’on retourne devant la Commission électorale nationale, autonome et permanente, réunie à nouveau en plénière, c’est-à-dire une trentaine de personnes avec des représentants des deux camps, ainsi que des ministères techniques. « C’est l’instance appropriée, c’est elle qui pose problème donc il faut se concentrer sur cette Cénap », explique Jean Ping.

En plus d’une plénière, l’opposition réclame une commission ad hoc d’experts : des Gabonais, mais pourquoi pas aussi des spécialistes de l’Union européenne, puisque l’UE avait lancé sa mission électorale plusieurs semaines avant le vote. C’est une solution simple, légale et qui ne prendrait qu’une demi-journée, affirme Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Il veut se concentrer sur le recomptage du Haut-Ogooué, la province où Ali Bongo a obtenu 95% des voix avec une participation proche des 100%. L’opposition affirme détenir 156 PV de cette province et que les chiffres donnaient Jean Ping vainqueur avec une avance irrattrapable.

De son côté, le pouvoir accuse toujours Jean Ping et des ressortissants ivoiriens de complot avec tentative de falsification des résultats.

Quels recours devant la Cour constitutionnelle ?

Pour autant, l’opposition n’a pas encore déclaré si elle allait déposer des recours devant la Cour. C’est une vraie interrogation puisque, après l’annonce officielle des résultats, on a huit jours pour déposer un dossier. C’est ce que demande le pouvoir : que l’opposition suive les voies légales et porte réclamation devant les juges. Jean Ping aujourd’hui répond qu’il ne faut pas poser le problème dans ces termes. Pour lui, la façon dont Ali Bongo a été déclaré vainqueur a été irrégulière.

Rappelons comment cela s’est passé, techniquement, le 30 août 2016. La Cénap s’est rassemblée en plénière, elle a recompté les PV. Puis les 8 membres du bureau – l’instance suprême de la Cénap – se sont réunis : 4 avaient validé les résultats, 1 avait voté contre et 3 membres de l’opposition s’étaient abstenus. Dans la foulée, Ali Bongo avait été proclamé vainqueur. L’opposition dit que ces représentants n’ont pas signé le PV final, validant la victoire du chef de l’Etat. Donc sa victoire n’est pas valable et donc il faut recompter toujours devant la Cénap.

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6.9, 15h32

http://www.jeuneafrique.com/355009/politique/gabon-delegation-de-lunion-africaine-attendue-a-libreville/

Gabon : une délégation de l’Union africaine attendue à Libreville

06 septembre 2016 à 15h01 — Mis à jour le 06 septembre 2016 à 15h32

Par Laure Broulard

L’Union africaine a annoncé mardi qu’une délégation « de haut niveau » devrait arriver au Gabon « dans les plus brefs délais » pour tenter un début de médiation dans la crise politique que connaît le pays depuis la réélection contestée d’Ali Bongo Ondimba.

Selon le porte-parole de la présidente de la commission de l’Union africaine joint par Jeune Afrique, la délégation devrait rencontrer les différentes parties prenantes à la crise. Des consultations sont cependant toujours en cours entre les membres de l’Union africaine, la CEEAC (Communauté économique des États d’Afrique centrale) et les différentes personnalités de la scène politique gabonaise pour déterminer la composition exacte de la délégation, ainsi que sa mission.

Possible représentation de l’ONU

L’ONU pourrait être également associée à cette médiation selon le porte-parole de l’UA. Abdoulaye Bathily, représentant du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale est déjà à Libreville où il effectue des consultations.

La question du recours

Les pressions internationales se multiplient face au bras de fer qui oppose Ali Bongo Ondimba, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, et son principal opposant Jean Ping, qui conteste les résultats du scrutin. Mardi 6 septembre, le Premier ministre français Manuel Valls a suggéré un nouveau décompte des voix, reprenant une des revendications de l’opposition.

Jean Ping a en tout cas jusqu’au jeudi 8 septembre pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle afin de contester les résultats de l’élection présidentielle. Passée cette date, plus aucun recours légal ne sera possible. L’opposant ne s’est pas encore prononcé sur la question, mais il a annoncé mardi dans une interview accordée à France 24 qu’il était ouvert à une médiation sous l’égide de l’Union africaine.

Laure Broulard

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6.9, 15h05

http://www.rfi.fr/afrique/20160905-gabon-ministre-justice-moudounga-demission-ayrault-france

Gabon: le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, annonce sa démission

Par RFI Publié le 05-09-2016 Modifié le 06-09-2016 à 15:05

Le ministre de la Justice Séraphin Moudounga a annoncé ce lundi après-midi sa décision de démissionner. Il explique sur RFI vouloir « bénéficier de sa totale liberté ». Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fait part de sa vive préoccupation quant au sort de « plusieurs de nos compatriotes » dont on est « sans nouvelles ». Du côté du pouvoir, on continue d’accuser Jean Ping d’être mêlé à un complot. Le ministre de l’Intérieur a refait le bilan des violences de la semaine dernière. Enfin, les accusations de fraudes réciproques continuent. Le point sur la situation.

Le ministre de la Justice du Gabon démissionne

Le deuxième vice-Premier ministre gabonais, Séraphin Moundounga, a annoncé ce lundi qu’il démissionnnait. Il s’agit de la première défection de haut niveau depuis le début des troubles mercredi dernier.

« J’ai redouté que le Gabon puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu’il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n’ayant pas pas eu lieu, le pays a basculé dans la violence et cette violence se poursuit de façon latente jusqu’à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. Il a été répondu que le recomptage n’était pas prévu par la loi électorale gabonaise », a indiqué M. Moudounga à RFI.

Ayant constaté que, du côté du pouvoir, on n’apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix et du nécessaire affermissement de la démocratie, j’ai pris la décision de prendre congé, d’une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, je puisse bénéficier de ma totale liberté.

Séraphin Moundounga

05-09-2016 – Par Sébastien Nemeth

Il dit vouloir « oeuvrer au côté du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays ». M. Moundounga est l’invité d’Afrique matin ce mardi 6 septembre.

C’est un véritable coup de poignard dans le dos pour Ali Bongo car Séraphin Moundounga était un homme clé de son dispositif. L’un des rares à l’avoir accompagné depuis 2009 et durant tout son septennat. Un homme considéré comme l’un des plus durs du régime et volontiers perçu comme orgueilleux du fait de sa proximité avec le chef de l’Etat. Au point d’être élevé au rang de second vice-Premier ministre lors du dernier remaniement en 2014.

Seraphin Moundounga était aussi un vétéran du parti au pouvoir dont il prend également congé. Membre du PDG depuis les années 70, élu député du parti en 1990, il était au bureau politique.

Je prends personnellement acte de la décision du camarade Séraphin Moundounga. C’est une décision tout à fait souveraine.

Faustin Boukoubi

06-09-2016 – Par Florence Morice

C’était aussi un proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama dont il était considéré comme l’un des filleuls politiques. Ses ennuis au gouvernement ont d’ailleurs commencé lorsque ce dernier a démissionné du perchoir en avril dernier pour briguer le fauteuil présidentiel contre Ali Bongo. Au sein du régime, certains s’attendaient à son départ, qui fait les affaires de l’opposition.

Le pouvoir gabonais refait le bilan des violences post-électorales

Le pouvoir entend afficher sa fermeté vis-à-vis des fauteurs de troubles. Un nouveau bilan a été communiqué aujourd’hui par le ministère de l’Intérieur : trois morts et 150 blessés (67 membres des forces de l’ordre et 38 civils). L’opposition parle, elle, d’un bilan plus lourd, mais le ministre de l’Intérieur estime que ces victimes supplémentaires présumées sont des morts naturelles ou des gens tués lors de rixes, et non suite à l’intervention des autorités.

Pacôme Moubelet Boubeya, ministre de l’Intérieur

05-09-2016 – Par Sébastien Nemeth

Quant aux personnes arrêtées, accusées d’être des « délinquants » et des « criminels » – il y en aurait 800 à Libreville -, Pacôme Moubelet Boubeya affirme qu’elles seront « sanctionnées avec la plus grande force ». Plusieurs dizaines ont commencé à être auditionnées au palais de justice aujourd’hui alors qu’environ 200 proches totalement désespérés attendaient dehors, ne sachant pas ce qui allait leur arriver.

Aujourd’hui, le ministre a aussi estimé que l’ordre et le calme étaient revenus dans la capitale, que les Gabonais étaient en confiance et que maintenant « la peur » était dans le camp des casseurs. Interrogé sur l’attaque du QG de Jean Ping où se trouvaient des centaines de personnes, M. Moubelet Boubeya a affirmé que des voyous avaient investi les lieux, et que pour lui, les forces de l’ordre se devaient de sécuriser les civils et les partisans de Jean Ping à l’intérieur.

Il reconnaît un assaut à balles réelles de la part des forces de l’ordre, mais selon lui, il s’agissait d’une réponse à des tirs au AK-47 provenant du QG. Il affirme au passage que du matériel a été saisi et que ces preuves seront données en temps voulu à la justice. Ce qui contredirait des témoignages de personnes ayant vécu l’assaut, qui  parlent de tirs durant toute la nuit de la part des forces de l’ordre.

Le ministre de la Communication a renchéri. Alain-Claude Bilie-By-Nze a parlé d’une opération juste des forces de l’ordre qui a permis une accalmie dans la capitale. Il affirme que le bâtiment était en fait le quartier général coordonnant la contestation à Libreville. Pour le ministre donc, l’Etat devait imposer la sécurité.

Les autorités gabonaises continuent d’accuser Jean Ping d’être mêlé à un complot

Il s’agirait selon elles d’un complot avec des ressortissants ivoiriens pour déstabiliser le processus électoral. Le gouvernement accuse de nouveau Jean Ping d’être un donneur d’ordres et d’avoir même impliqué des hackers ivoiriens.

Le ministre de la Communication parle d’une action destinée à « fabriquer des faux procès-verbaux de bureaux de vote » avec la mise en place d’un système de collectes de données et de falsification des résultats. Rappelons qu’Ali Bongo a été réélu notamment grâce aux voix de la province du Haut-Ogooué où il a obtenu 95% des votes. Depuis, l’opposition crie à la fraude.

Alain-Claude Bilie-By-Nze ajoute qu’un Ivoirien a été arrêté au QG de Jean Ping lors de l’assaut, que de l’équipement informatique a été saisi grâce auquel cet homme « travestissait » les chiffres. Il mêle une autre personne dans ce complot, un chargé de mission à la présidence ivoirienne, tout en affirmant que l’Etat ivoirien lui-même n’était pas en cause. L’opposition répond : Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi reconnaît qu’un Ivoirien a bien été arrêté. Il faisait partie de l’équipe informatique chargée de collecter les résultats dans le pays après le vote. Pour le responsable de la Communication du camp Ping, il s’agit d’accusations ridicules : comment modifier, se demande-t-il, des PV qui sont à la base remplis manuellement ? Selon lui, il s’agit là d’une diversion du pouvoir.

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, responsable de la Communication du camp Ping

06-09-2016 – Par Sébastien Nemeth

En tout cas, lorsqu’on demande au ministre de la Communication si Jean Ping pouvait être arrêté, M. Bilie-By-Nze répond que ce n’est pas à l’ordre du jour, mais qu’une procédure va être engagée puisque selon lui, l’opposant serait fortement impliqué dans ce qu’il appelle « un complot contre le Gabon ».

Le pouvoir crie lui aussi à la fraude, mais contrairement à l’opposition, déposera des recours

Accusé de fraude massive dans le Haut-Ogooué ou Ali Bongo l’emporte officiellement avec 95% des voix pour une participation dépassant les 99%, le camp du président sortant crie également à la fraude. « Nous présenterons des recours qui vont de la question de la fraude observée dans certains bureaux de vote, à la falsification des procès-verbaux jusqu’à l’introduction de matériel illicite au Gabon », explique Alain Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement.

En cause notamment, selon les pro-Bongo, l’Ogooué maritime, et la ville de Bitam dans la province du Woleu-Ntem. Sur notre antenne, il y a quelques jours Alain-Claude Bilie-By-Nze parlait de bourrage d’urnes à Bitam où l’on dépassait les 100% en faveur de Jena Ping. Totalement faux, répond le député de Bitam, issu de l’opposition, Patrick Eyogo Edzang : « Il n’y a eu aucun bourrage d’urnes à Bitam. Les résultats sont connus. On a parlé de 104% de score sur Bitam, alors que la réalité est que Jean Ping a eu 69,55% [des voix] pour cette circonscription. Sur le département, Jean Ping a eu 77,64% contre 21,26% pour M. Ali Bongo. »

Les partisans de Jean Ping ne déposeront pas de recours. Leur revendication reste la même : ils exigent la reprise des travaux de la commission électorale pour examiner les résultats du Haut-Ogooué dans le détail.

Le Quai d’Orsay inquiet pour une dizaine de « compatriotes »

La France est « sans nouvelles de plusieurs de ses compatriotes » après les troubles violents qu’a connus le Gabon, a fait savoir lundi le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué.

« Des arrestations ont eu lieu ces derniers jours. La France est sans nouvelles de plusieurs de ses compatriotes », a déclaré le ministre, qui exprime « sa vive préoccupation ». Une dizaine de personnes, possédant toutes la double nationalité franco-gabonaise, ne peuvent être localisées, a précisé une source diplomatique à l’AFP.

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6.9, avant 15h

http://www.rfi.fr/emission/20160906-moundounga-passe-pas-opposition-me-mets-cote-peuple-gabonais-presidentielle-ping

Séraphin Moundounga: «Je me mets du côté du peuple gabonais»

Par Sébastien NemethDiffusion : mardi 6 septembre 2016

Audio

C’est une interview exclusive sur RFI, ce mardi 6 septembre : le ministre gabonais de la Justice Séraphin Moundounga, qui a annoncé sa démission, critique le processus électoral et demande un recomptage des bulletins de vote de la présidentielle du 27 août. Selon lui, dans la mesure où le pouvoir joue la sourde oreille, il n’est pas possible de rester dans le gouvernement.

Quel est votre sentiment aujourd’hui sur cette crise au Gabon ?

Séraphin Moundounga : Je redoutais que le Gabon ne puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu’il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n’ayant pas eu lieu, vous avez constaté que le pays a basculé dans la violence, et cette violence qui se poursuit de façon latente jusqu’à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. J’ai fait hier une nouvelle déclaration dans laquelle j’ai indiqué quelles devraient être les modalités d’une négociation politique avec des alternatives. Il a été répondu que le recomptage n’était pas prévu par la loi, ce qui est une toute petite fuite en avant et une volonté manifeste de faire en sorte que nous puissions continuer à faire en sorte que le pays sombre dans une violence la plus absolue. Et en même temps, ayant constaté que du côté du pouvoir, on n’apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix, j’ai pris la décision de prendre congé, d’une part du Parti démocratique gabonais et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, de pouvoir bénéficier de ma totale liberté et d’œuvrer aux côtés du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays, que la démocratie soit affirmée.

Avec cette démission, est-ce qu’il faut comprendre que vous passez à l’opposition ?

Je ne passe pas dans l’opposition. Je me mets du côté du peuple gabonais.

Le pouvoir affirme qu’on ne peut pas recompter bureau par bureau parce que ce n’est pas prévu par la loi ?

Il y a un principe de loi qui dit clairement que ce qui n’est pas formellement dit, n’est pas interdit. Il est donc possible de faire en sorte que, dans le silence de la loi, on puisse procéder au recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal. Ça signifie qu’on peut le faire puisqu’on ne viole aucune disposition de la loi. Et si nous avons gagné au niveau du Parti démocratique gabonais les élections, pourquoi nous n’avons pas accepté qu’on puisse recompter si c’est cela qu’il faut payer pour que la paix puisse régner au niveau du Gabon ? Le refuser, c’est à la limite pousser le peuple vers la révolte. Et ceux qui cassent, ceux qui tuent, ceux qui pillent sont autant coupables et condamnables que ceux qui poussent par l’oppression le peuple à la révolte. Les dirigeants sont plus condamnables parce qu’ils connaissent mieux la loi et ils ont la responsabilité d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Dès que le recomptage confirme la victoire du Parti démocratique gabonais, l’opposition n’aura plus rien à redire. Si le recomptage infirme le résultat publié, à partir de ce moment il reviendra au Parti démocratique gabonais de tirer les conséquences de la situation. Nous nous organisons pour que dans le futur, le PDG maintenant s’organise en tant que parti installé dans l’opposition à la reconquête d’un pouvoir qu’il n’a pas été capable de conserver en raison d’un ensemble de divisions internes au Parti démocratique gabonais. Et d’ailleurs, j’ai interpelé le chef de l’Etat en lui disant, s’il est établi que les résultats des urnes vous donnent perdant, il faut prendre de la hauteur, prendre votre téléphone, appeler Monsieur Jean Ping, l’en féliciter et faire en sorte que la démocratie et la paix puissent triompher au Gabon.

Est-ce que vous ne craignez pas, avec cette démission, signer la fin, du moins temporaire, de votre carrière politique ?

Ma préoccupation, ce n’est pas ma personne. Ma préoccupation, c’est le peuple. J’invite l’ensemble de toutes les personnes qui me font confiance de prendre fait et cause pour la démocratie et pour la paix au Gabon en quittant le Parti démocratique gabonais, peu importe les carrières politiques ou les carrières professionnelles des uns ou des autres.

Concernant cette attaque du QG, vous êtes un homme de droit. Est-ce que cette attaque vous semble légale ?

Je souhaite simplement que la justice, le moment venu, puisse faire son travail, que ceux qui se sentent lésés par ces attaques puissent saisir la justice. Toute personne, même accusée, est présumée être innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par un jugement devenu définitif.

Maintenant que les résultats ont été annoncés, il y a des recours possibles, notamment auprès de la Cour constitutionnelle. L’opposition accuse cette institution d’être biaisée. Est-ce que vous pensez qu’il faut quand même déposer des recours ?

Il ne faut pas exclure les pistes des solutions. Les recours sont prévus par les lois gabonaises. Si la date butoir expire, nous serions dans une situation où la personne qui a été annoncée élue, sera donc forcément proclamée élue force de recours et immédiatement, il sera procédé à la prestation de serment. Je voudrais simplement dire que si les recours sont déposés, les délais de 15 jours dont dispose la Cour constitutionnelle pour rendre sa décision donne une marge de manœuvre à tous ceux qui pensent que le recomptage était nécessaire pour continuer à négocier et à obtenir que ce recomptage soit fait dans cet intervalle.

Est-ce que vous avez des inquiétudes ? Est-ce que vous pensez que de nouvelles flambées de violence sont possibles ?

D’une façon comme d’une autre, même sur la dernière ligne droite, un sursaut d’orgueil et faire en sorte que le président de la République, chef de l’Etat, puisse se raviser et qu’il ne se laisse pas pris dans l’étau par un petit groupe de fondamentalistes politiques qu’il y a autour de lui et qui le poussent malheureusement à ne pas pouvoir accepter ceux qui lui prodiguent les véritables conseils allant dans le sens de la paix. Et c’est d’ailleurs de cette manière que le Parti démocratique gabonais s’est délité, c’est de cette même manière que les mêmes fondamentalistes veulent déliter la nation gabonaise.

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6.9, avant 15h ?

http://www.france24.com/fr/20160906-video-exclusive-jean-ping-gabon-violences-electorales-morts-bongo-libreville

Gabon : Ping déplore entre « 50 et 100 morts », le camp Bongo dément

Texte par FRANCE 24 Dernière modification : 06/09/2016

Les camps du président réélu Ali Bongo Ondimba et celui de son rival Jean Ping, qui conteste le résultat du scrutin, poursuivaient mardi leur bras de fer. Interrogés en exclusivité sur France 24, les adversaires se contredisent, point par point.

L’opposant gabonais Jean Ping s’est exprimé, mardi 6 septembre, sur l’antenne de France 24. Joint par téléphone, le candidat à la présidentielle, qui conteste la victoire de son adversaire Ali Bongo Ondimba, a d’abord affirmé ne pas être « libre de [ses] mouvements ».

Il a ensuite nié être à l’origine de l’appel à la grève générale pourtant publié sur ses comptes Facebook et Twitter. « Je n’ai pas demandé une grève générale. Les documents qui circulent n’émanent pas de moi. […] Les syndicats de la société civile sont les seuls habilités à demander une grève générale. […] Et oui, je pense que ce sont des manipulations probablement qui sont faites par les uns ou par les autres. D’ailleurs le pouvoir est habitué à ce type de manipulations. »

Jean Ping a par ailleurs estimé que le bilan des violences électorales s’élève à « entre 50 et 100 morts ». « Vous voyez, a-t-il interpellé, le pouvoir tue tous les jours. L’ONU, la France, l’Union européenne, l’Union africaine, m’ont demandé de lancer un appel au calme. Je l’ai fait, et immédiatement, les difficultés que l’on observait ici et là, se sont arrêtées. […] On a fait le même appel du côté d’Ali, au pouvoir, et il a continué à tuer nuit et jour. » L’AFP donne pour l’heure un bilan de 7 morts, tandis que le ministère gabonais de l’Intérieur n’en compte que trois.

Concernant la médiation proposée par l’Union africaine (UA), qui a annoncé être prête à envoyer une délégation « composée de chefs d’État africains, accompagnés par de hauts responsables de la Commission de l’UA et des Nations unies » au Gabon, Jean Ping a dit être prêt à participer à toutes médiations : « Nous acceptons toutes les médiations ! Parce que nous voulons que la démocratie et la paix triomphent ».

« Monsieur Ping est dans des affabulations »

Interviewé quelques heures plus tard sur France 24, le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain Claude Bilie-By-Nze, a, lui, répondu point par point à son opposant qu’il accuse non seulement de mensonge mais surtout d’être à l’origine de la violence dans le pays. « M. Ping est dans des affabulations, il est depuis le départ dans une stratégie de violence visant à plonger le pays dans le chaos », dénonce le porte-voix d’Ali Bongo Ondimba, allant jusqu’à accuser son opposant d’ »attitude génocidaire ».

« C’est lui [Jean Ping] la violence, avec ses mots comme ‘cafard’ qui appellent au génocide, à la haine. […] Les médias internationaux parlent de l’attaque du QG de M. Ping mais personne ne parle de ce jeune homme qui a été retrouvé dans ce même QG ligoté, torturé, attaché », renchérit-il, dénonçant une couverture biaisée des événements.

Alain Claude Bilie-By-Nze conteste le bilan des morts évoqué par Jean Ping. « Lorsqu’il parle de 50 à 100 morts, il serait bien incapable de les identifier et de les localiser », estime-t-il. Il réfute également les allégations concernant la disparition d’une quinzaine de ressortissants français annoncée lundi soir par le Quai d’Orsay. « L’ambassadeur de France au Gabon a été reçu par le ministre des Affaires étrangères et il est venu avec 6 noms de personnes identifiées comme des Gabonais. Manifestement, ils ont été pris parmi les casseurs dans la nuit du 30 au 31 », justifie-t-il, rappelant que la double nationalité n’est pas reconnue au Gabon.

Il balaye ensuite les déclarations de l’UE, qui a annoncé mardi avoir relevé « une évidente anomalie » dans les résultats de l’élection du 27 août. « La première anomalie, c’est que les observateurs européens ont passé du temps avec l’opposition. Ils ont voulu transporter des urnes et participer au décompte, ce qui n’était pas prévu dans le contrat avec l’État gabonais », note M. Bilie-By-Nze, déniant toute autorité aux observateurs internationaux, considérés comme « partie prenante ».

Appelant à un retour au calme « par la voie légale », M. Bilie-By-Nze enjoint Jean Ping à saisir la Cour constitutionnelle pour obtenir un recomptage des voix – un recours rejeté par ce dernier qui accuse l’institution d’être soumise au camp Bongo. Seul point de concorde entre les deux camps : la médiation de l’UA. Comme Jean Ping, M. Bilie-By-Nze se dit ouvert à cette option. « Si l’UA souhaite venir à Libreville, nous n’allons pas refuser », assure-t-il.

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6.9, 14h35

http://afrique.lepoint.fr/actualites/billie-by-nze-la-loi-gabonaise-doit-etre-respectee-de-tous-06-09-2016-2066199_2365.php

Billie-By-Nze : « La loi gabonaise doit être respectée de tous »

INTERVIEW. Le ministre de la Communication fait de la Constitution gabonaise, qui ne permet pas un recomptage des voix bureau par bureau, un tabou face à la pression internationale.

Propos recueillis par Viviane Forson et Malick Diawara

Publié le 06/09/2016 à 09:27 – Modifié le 06/09/2016 à 14:35 | Le Point Afrique

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.      © jpdg-france.vefblog.net

Jusqu’au bout, et comme en 2009, Ali Bongo Ondimba a choisi de légitimer sa victoire contestée par les principaux opposants en jouant la carte constitutionnelle. À Libreville, où règne un calme précaire, ses adversaires n’ont plus que deux jours pour saisir la Cour Constitutionnelle pour un recomptage des voix. En attendant un éventuel recours, Jean Ping a choisi le blocage économique. Il faut dire que ses partisans doutent de l’impartialité de cette institution à la tête de laquelle se trouve une juriste trop proche d’Ali Bongo Ondimba et, avant lui, de l’ancien président Omar Bongo. Alors que le pays a connu des violences, que des interpellations ont eu lieu à Libreville et en province, que la communauté internationale (France, Union européenne, Union africaine, ONU…) a appelé à la retenue et à la transparence, Ali Bongo Ondimba et ses partisans essaient de contenir la polémique consécutive au taux de participation et aux votes favorables à ABO dans le Haut-Ogooué, région d’origine de la famille Bongo. Porte-parole d’Ali Bongo Ondimba pendant la campagne et ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas hésité à faire le voyage de Paris pour intervenir dans des médias internationaux afin de délivrer un message d’ouverture et de main tendue aux opposants, Jean Ping compris. Regard ferme, sourire amical, l’homme, habile stratège, a montré qu’il maîtrisait parfaitement le droit gabonais. Son credo : la transparence, oui, mais dans la légalité. Et d’expliquer la position des autorités quant au recomptage bureau par bureau souhaité par Jean Ping et ses partisans auxquels s’est jointe, entre autres, l’Union européenne. Recomptage, violences, répression, coupure d’Internet et des médias sociaux, Alain-Claude Billie-By-Nze a exposé la vision de son camp, celui d’ABO.

Le Point Afrique : À ce stade de la crise, ne faut-il pas tout simplement recompter les voix bureau par bureau, comme demandé par l’opposition et la communauté internationale ?

Alain-Claude Billie-By-Nze : S’il suffisait qu’un groupe de personnes contestent pour qu’on revoie le vote et qu’on fonctionne à la marge de la loi, rien ne serait possible. Manuel Valls a voulu, en France, faire passer la loi travail dite El Khomri par le 49.3. Malgré les mobilisations de la rue, il l’a fait passer conformément à la loi française. Il faut que les uns et les autres comprennent que les lois gabonaises existent. On nous dit « pour la transparence, faites-le », mais demain on pourra aussi nous demander de ne plus élire de président, ce que nous nous empresserons d’exécuter ? Si, pour les besoins de l’Europe, nous devons violer la loi gabonaise, jusqu’où cela ira-t-il ? Pour le gouvernement, il s’agit d’apaiser les tensions et de faire en sorte que la loi gabonaise soit respectée, sinon nous risquons de ne plus appartenir à la communauté internationale, mais à son tour la communauté internationale doit respecter notre Constitution.

Quelle est aujourd’hui la voie de la légalité et de la transparence pour que, finalement, la paix revienne dans les esprits des Gabonais ?

La demande de recomptage est prévue dans notre Constitution, lorsqu’il y a contentieux. On saisit la juridiction concernée qu’on appelle Cour constitutionnelle et on introduit sa demande. Au vu de cette demande, on peut refaire le comptage sur les éléments contestés, et non sur l’ensemble du vote. Et ça, monsieur Ping et ses partisans le savent très bien, car cette loi électorale, ce sont eux qui l’ont conçue telle qu’elle existe aujourd’hui. En tout cas, de notre côté, nous allons aussi présenter une requête devant la Cour. En attendant, nous demandons que la procédure soit appliquée jusqu’au bout.

Un recomptage des voix selon la Constitution gabonaise est-il donc possible pour le Haut-Ogooué ?

La Cour constitutionnelle est une juridiction et, comme devant toutes les juridictions, il faut apporter des éléments motivés. Le gouvernement ne peut pas se prononcer à sa place. Vous ne pouvez pas aller en contentieux sur le principe que « parce qu’il y a trop de votants, c’est suspect ». Quelle est la loi qui a alors été violée à cet instant ? Un peu de sérieux tout de même.

En cas de contentieux, qu’est-ce que la Cour constitutionnelle va examiner ?

La Cour examine en fonction de ce qui est présenté comme élément de contestation. C’est à ce moment-là qu’on détermine s’il faut recompter ou pas, comme on l’a fait en 2009 ! Dans la loi gabonaise, le dépouillement se fait publiquement, mais ensuite les bulletins de vote sont incinérés. De fait, on n’a plus l’élément bulletin de vote pour recompter. On n’a que les procès-verbaux parce que nous avons, d’une part, la loi générale et, d’autre part, une loi spécifique pour l’élection du président de la République. Cette loi a certes fait son temps, mais elle doit encore s’appliquer. Nous sommes ouverts pour la modifier et la faire évoluer, et c’est dans ce sens que nous pouvons solliciter l’accompagnement de la communauté internationale.

Jusqu’où la répression contre l’opposition va-t-elle aller ?

La répression ? Elle est où au Gabon ? Je comprends qu’il soit plus simple pour tous qu’il y ait deux camps : celui du bien et celui du mal. Mais c’est un peu plus compliqué. De la part du gouvernement, il y a la volonté d’éviter que les magasins, les institutions continuent à être pillés et saccagés, mais il n’y a pas de répression. Prenez le cas de la France : lorsqu’il y a des débordements, la police agit, ça ne fait pas de la France une dictature. Prenez encore l’affaire de Notre-Dame-des-Landes. Le gouvernement a fini par faire un passage en force et il y a eu un mort. Est-ce pour autant que la France est une dictature ? Pourquoi lorsqu’un État qui dispose d’une police républicaine agit avec les moyens légaux de l’État, on appelle ça répression contre l’opposition ? Elle est où, la répression ? Ici, nous n’avons pas affaire à des militants ou opposants. Ceux qui ont été arrêtés n’ont pas de carte de parti, pas tous en tout cas, et, comme ça se fait partout dans le monde, leur arrestation va permettre de les inscrire dans les fichiers de police. Et là, on verra si ces personnes sont encartées, parce qu’il faut quand même être partisan ou militant pour revendiquer la victoire de son camp. Je vous signale qu’il y a même des mineurs qui ont été arrêtés. Pourquoi vont-ils manifester alors qu’ils n’ont même pas le droit de vote ? Donc nous ne sommes pas dans une position de répression par rapport à l’opposition au Gabon. C’est vrai qu’il est plus facile d’avoir, d’un côté, Ali Bongo, le dictateur, et, de l’autre, Jean Ping, le démocrate. Il a été ministre plus longtemps qu’Ali, durant vingt-cinq ans exactement, et en plus c’est un membre de la famille.

Mais dites-moi, en quoi Jean Ping est-il un démocrate ? Parce qu’il est entré dans l’opposition par revendication sur sa situation personnelle et celle de ses enfants qui se sont retrouvés sans contrat dans le pays ? C’est uniquement par vengeance qu’il s’est lancé en politique avec le mot d’ordre de la violence en disant publiquement : « Il reste des cafards à nettoyer. »

Quelle est votre part de vérité sur ce scrutin présidentiel ?

Pour nous, ce scrutin a rendu le verdict des urnes, avec un résultat très serré, 49,80 % d’un côté et 48,26 % de l’autre. C’est très serré, nous le reconnaissons, mais ce que nous reconnaissons aussi, c’est une progression de sept points pour Ali Bongo par rapport à 2009 partout dans le pays. Nous comprenons qu’il y a des demandes qui n’ont pas été satisfaites, qui sont à la fois sociales, économiques et politiques. Nous allons travailler à améliorer cela.

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6.9, 14h21

http://www.jeuneafrique.com/355014/politique/gabon-dizaine-de-citoyens-franco-gabonais-interpelles/

Gabon : une dizaine de citoyens franco-gabonais interpellés

06 septembre 2016 à 14h21 — Mis à jour le 06 septembre 2016 à 16h05

Par Jeune Afrique avec AFP

Le ministère gabonais des Affaires étrangères a confirmé dans la nuit de lundi à mardi l’interpellation de citoyens franco-gabonais, après que Paris eut déclaré être sans nouvelle d’une dizaine de ses ressortissants.

« La France déclare dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères du 5 septembre 2016 être sans nouvelle de plusieurs de ses compatriotes »,  a rappelé dans un communiqué le ministère gabonais.

« Les services du ministère de la Justice se tiennent à la disposition des familles pour répondre à leurs questions », poursuit le texte.

« Les autorités gabonaises rappellent que — selon la législation gabonaise — les citoyens binationaux établis au Gabon, ne peuvent se prévaloir d’une autre nationalité au Gabon et par conséquent, sont assujettis aux lois et règlements gabonais ».

« Le ministère des Affaires étrangères, ayant entendu les préoccupations des autorités françaises, se tient à la disposition de celles-ci pour faire toute la lumière sur cette situation », conclut le communiqué.

Disparitions

Des manifestations et des pillages ont éclaté dans tout le pays après l’annonce mercredi dernier de la réélection du président sortant, Ali Bongo Ondimba, contestée par son rival, Jean Ping, qui s’est proclamé « président élu ».

Selon le ministre de l’Intérieur Pacôme Moubelet-Boubeya, les violences ont fait trois morts et 105 blessés, dont 67 parmi les forces de sécurité. Selon un comptage de l’AFP, sept morts sont à déplorer, dont un policier. Jean Ping a quant à lui estimé mardi sur France 24 que les violences avaient fait entre 50 et 100 morts.

Plusieurs centaines de personnes ont aussi été arrêtées, selon les autorités, et de nombreuses familles étaient toujours à la recherche de leurs proches mardi matin.

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6.9, 10h28

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/06/gabon-le-calme-revient-la-crise-s-installe_4993198_3212.html

Gabon : le calme revient, la crise s’installe

Par Christophe Châtelot (Libreville, envoyé spécial)

LE MONDE Le 06.09.2016 à 10h28

Ces derniers jours, dans la villa de Jean Ping, principal opposant au président gabonais Ali Bongo Ondimba proclamé vainqueur d’un scrutin hautement contestable, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Sûre de s’être fait voler la victoire, l’opposition se demande si elle doit jouer la confrontation directe ou déposer, au plus tard jeudi 8 septembre, des recours devant une Cour constitutionnelle qu’elle accuse d’être aux ordres du Palais du bord de mer, le siège de la présidence. Les réunions se succèdent donc à Libreville dans la salle de réunion aux allures de pagode chinoise, une référence au père de Jean Ping venu de Chine entre les deux guerres. En attendant, la plupart des forces de l’ordre sont rentrées dans leur caserne. La vie reprend doucement son cours, mais la situation est bloquée dans un calme très précaire.

Dimanche, les principaux leaders de son camp n’arrêtaient pas de changer d’avis. René Ndémézo’o Obiang expliquait, dans un premier temps, qu’aller devant la Cour constitutionnelle présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo reviendrait « à tomber dans un piège ». « A-t-on jamais vu une cour invalider la réélection d’un président africain ? », demandait-il. Sous couvert d’anonymat, un ancien juge constitutionnel exprimait le même doute. « La présidente est d’une grande probité, mais elle est prisonnière d’un environnement totalement hostile. Elle et sa famille sont originaires du Haut-Ogooué [la province qui a fait gagner Ali Bongo Ondimba grâce à un taux de participation de 99,93 %] où tous les yeux sont braqués…

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Gabon : le calme revient, la crise s’installe

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5.9

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5.9, 20h53

http://www.lepoint.fr/monde/gabon-la-france-sans-nouvelles-de-plusieurs-de-ses-compatriotes-05-09-2016-2066135_24.php

Gabon : la France sans nouvelles de « plusieurs de ses compatriotes »

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a exprimé sa « vive préoccupation » concernant des personnes ayant la double nationalité franco-gabonaise.

Source AFP

Modifié le 06/09/2016 à 06:06 – Publié le 05/09/2016 à 20:53 | Le Point.fr

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