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Démocraties, dictatures et élections en Afrique : bilan 2019 et perspectives 2020

11 mars 2020

            Démocraties, dictatures et élections en Afrique : bilan 2019 et perspectives 2020

Depuis 2016, la démocratie continue de reculer en Afrique

en nombre de pays mais pas en quantité de population

et cela malgré une très bonne année électorale en 2019

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant, Twitter : @Regis_Marzin

11 mars 2020

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Actualisation des principaux graphiques et principales cartes

et suite des études de 2016, 2017, 2018, 2019

du 30 mars 2016 : ‘Après 26 ans de démocratisation, dictature et démocratie bientôt à l’équilibre en Afrique

du 27 avril 2017 : 2016 : Année des coups d’Etat électoraux en Afrique, démocratisation de l’Afrique depuis 1990

du 14 janvier 2018 : ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2017 et perspectives 2018,

2017 une année supplémentaire à l’équilibre continental

du 13 février 2019 ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2018 et perspectives 2019

Nouvelle vague d’élections non démocratiques en 2018 après celle de 2016 :

à l’échelle continentale, les dictatures reprennent le dessus,

et l’écart entre Afrique anglophone et francophone se creuse.

Sommaire 

Introduction. 3

  1. Bilan 2019 : évolution de la nature des régimes politiques. 4

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2019. 4

1.2 Dictatures de parti politique : une installation et une disparition en 2019. 6

1.21 Evolution des dictatures de parti en 2019. 6

1.21 Bilan historique des dictatures de parti politique en Afrique depuis 1990. 6

1.3 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 (55 pays) 9

1.4 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 et régimes intermédiaires (Tcii) 11

1.5 L’avance de l’Afrique anglophone sur l’Afrique francophone en termes de démocratisation. 13

1.51 Un décalage structurel établi depuis 1990 en raison de la persistance des régimes post-coloniaux. 13

1.52 2019 : le décrochage des ex-colonies françaises de 2018 continue en 2019. 14

1.53 Un début de crise de la démocratie en Afrique australe ?. 15

1.54 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation. 16

1.6 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2019. 19

  1. Processus électoraux en 2019 : une année d’élections en démocratie. 20

2.1 Bilan électoral de l’année 2019 : données principales résumées. 20

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes début 2019. 24

2.3 Alternances en 2019. 26

2.4 Elections en dictature : suite des inversions de résultats de présidentielles. 28

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2019. 29

MOE-UE et politique européenne. 29

  1. Perspectives 2020 :  léger pic électoral de 24 à 28 scrutins assez équilibré. 31

3.1 Calendrier 2020 : données principales résumées. 31

3.11 Données électorales 2020. 31

3.12 Cas de la présidentielle au Togo du 22 février 2020 (déjà passée) 32

3.13 Principaux enjeux politiques autour des élections en 2020. 33

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2020 selon le type de régime en 2019 (et 2020) 34

3.3       En 2020, la suite des difficultés dans les ex-colonies françaises et en Afrique francophone. 37

Conclusion. 37

ANNEXES. 39

  1. Historique 2019 : année électorale réelle. 39
  2. Prévisions 2020 : année électorale (au 7.3.20) 42
  3. Rappel : calendrier prévisionnel 2019 des élections de l’étude du 13.2.19. 47

 

Introduction

 

Bien que l’année 2016 ait été marquée par de très choquantes inversions du résultat de présidentielle à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle dans des ex-colonies françaises, pendant trois ans entre début 2015 et fin 2017, le continent africain est resté à l’équilibre entre nombre de démocraties avérées et nombre de dictatures stables : 22 et 22 en 2015, 23 et 23 en 2016, 22 et 22 en 2017. Puis, l’année 2018 a été, elle, marquée par la régression de régimes démocratiques considérés comme relativement solides, le Bénin et les Comores, un signal de recul continental de la démocratie, et par les processus électoraux désastreux de la République démocratique du Congo aboutissant à plusieurs nouvelles inversions de résultats dans ce pays.

 

En 2019, le mouvement de transformation de régimes dictatoriaux basés sur des dirigeants en régimes dictatoriaux basés sur des partis politiques avec alternance de chef de l’exécutif, a continué. Après l’Angola en 2017 puis le Zimbabwe en 2018, la Mauritanie a subi cette même transformation en 2019. Les dictatures de parti s’appuyant souvent sur des limitations du nombre de mandats présidentiels semblaient solides mais en 2019, le recul du parti dirigeant en Algérie vient succéder au recul du parti dirigeant en Ethiopie de 2018. Ces dictatures particulières avec alternance de chef d’Etat restent méconnues et cette étude tente une nouvelle fois d’alerter sur leur présence en Afrique, présence très inquiétante pour l’éventuelle suite du processus de démocratisation continental.

 

Un net recul de la démocratie dans les anciennes colonies françaises se confirme en 2019 comme en 2018, aux Comores, au Bénin et en Guinée, alors qu’en Afrique anglophone, des failles commencent à apparaître au Nord du bloc de démocraties d’Afrique australe, au Malawi et en Zambie.

 

Au niveau des processus électoraux, en 2019, l’inversion de résultat en RDC de fin 2018-début 2019, la plus imprévisible qu’il soit parce qu’en faveur d’un candidat de l’opposition retourné par le système en place, a été suivi d’une accalmie continentale. L’effet d’un vent de renforcement des dictatures venu de Kinshasa a été retardé par une longue série de 16 élections démocratiques correctes, comme en 2011, au maximum depuis 1990. Pourtant, de la même manière qu’avec les inversions de 2016, l’absence de réaction internationale adaptée affiche la possibilité d’impunité totale dont disposent les principaux criminels électoraux, et, l’effet congolais s’est fait sentir dans un pays, la Mauritanie.

 

Le bilan global de l’année en termes de processus électoraux est positif ce qui montre malheureusement que même en phase favorable au niveau électoral, la démocratie peut continuer de reculer sur le continent. Comme en 2018, le bilan négatif en termes de qualité des régimes politiques est en décalage avec le niveau de la qualité des processus électoraux. L’année 2020 sera une année plus équilibrée avec des élections réparties entre l’espace démocratisé et l’espace non-démocratisé, mais devrait de nouveau être marquée par des crimes électoraux prévisibles dans les ex-colonies françaises, avant un retour à plus de qualité électorale dans les derniers mois de l’année.

 

Régis Marzin

Paris, 11 mars 2020

 

 

 

1.     Bilan 2019 : évolution de la nature des régimes politiques

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2019

 

Rappel méthodologique : Le classement des régimes issu de l’étude du 30 mars 2016 distingue 3 catégories : « Dictature stable, Transition vers la démocratie, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII), Démocratie. Les critères principaux de classement des régimes sont la manière d’arriver au pouvoir et la manière de conserver le pouvoir, et il se rajoute d’autres critères. La catégorie ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII)’ est aussi la catégorie de tous les régimes qui ne sont pas des Dictatures stables ou des Démocraties. »

 

Dans ce classement, en 2019, 7 pays ont changé de catégorie, positivement, le Soudan, l’Algérie, le Niger, négativement, les Comores, le Bénin, la Zambie et le Malawi :

Modif°. Etat Pays Evénements et changements Dates
Dict.S>Dict.S Mauritanie Ould Abdel Aziz respecte limitation à 2 mandats et le général Mohamed Cheikh El-Ghazouani, ex-ministre de la défense, est élu après inversion très probable du résultat par suppression du second tour à 52,01% après un 1er tour le 22.06.19. 22.06.19
TCII>Dict.S Comores Suite du processus de dictatorisation rapide après le changement de Constitution imposé par Azali Assoumani par référendum constitutionnel du 29.7.18 et la suppression de la limite de 1 mandats, lors du détournement du processus électoral de la présidentielle du 24.03.19. 29.07.18

23.03.19

TCII>Dict.S Bénin Suite du processus de dictatorisation rapide après l’élimination des concurrents de la présidentielle de 2021 par Patrice Talon, par le détournement en amont du processus électoral des législatives du 28.4.19 : 100% de l’opposition empêchée de participer, passage en ‘parti unique de fait’ sous la forme de 2 partis pro Talon, Union progressiste et Bloc républicain. 18.10.18

14.12.18

28.04.19

 

Dict.S>TCII Soudan Chute d’Omar El-Beshir le 11.4.19 arrêté par l’armée après des mois de manifestation révolutionnaire depuis décembre 2018 en raison de sa tentative de suppression de la limitation du nombre de mandats de la constitution et passage en période de transition vers la démocratie après des négociations entre armée et organisations politiques et syndicales et l’accord du 21.8.19. 01.03.19

11.04.19

21.08.19

Démo>TCII

 

Algérie Manifestations dites du Hirak à partir du 16.02.2019 contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat puis contre son projet de se maintenir au pouvoir dans le cadre de réformes, puis démission d’Abdelaziz Bouteflika le 2.4.19, intérim d’Abdelkader Bensalah sous contrôle de l’armée et du général Gaïd Salah puis élection présidentielle plus ou moins boycottée et élection d’Abdelmadjid Tebboune le 12.12.19. 16.02.19

02.04.19

12.12.19

Démo>TCII Zambie Baisse de l’Etat de droit après présidentielle du 11.8.16, élection gagnée par Edgar Lungu et contestée, puis répression de la contestation en 2017 en particulier par emprisonnement de son rival Hakainde Hichilema entre le 11.4.17 et août 2017, puis en 2019 projet de révision constitutionnelle renforçant le pouvoir présidentiel présenté le 2.9.19. 11.08.16

11.04.17

02.09.19

Démo>TCII Malawi Contestation par 6 mois de manifestations du résultat de l’élection du président Peter Mutharika (sortant) le 21.05.19 conduisant à l’annulation de cette élection par la Cour constitutionnelle le 3.2.20 pour des fraudes dues à la CENI (utilisation Tipp-Ex, mauvaise vérification PVs, doubles votes). 21.05.19

03.02.20

TCII>Démo Niger Fin de la répression de la société civile et libération des leaders associatifs emprisonnés en 2018, la dernière étant celle de l’avocat Abdourahamane Lirwana après 14 mois de prison le 13.07.19, défense des limitations du nombre de mandats par M.Issoufou. 25.03.18

24.07.18

Retour normal :

13.07.19

En 2019, au Bénin et aux Comores, la dictatorisation rapide de 2018 a continué faisant disparaître complètement la démocratie en 2 ans environ. Ces chutes concomitantes ont quelque chose d’exceptionnel dans l’histoire de l’Afrique parce que les deux présidents en cause sont arrivés au pouvoir démocratiquement en 2016. Aux Comores, le caractère évidemment non démocratique de la présidentielle du 24 mars 2019 a confirmé le mouvement commencé lors du changement de constitution non démocratique de 2018 qui pourrait permettre au président Azali Assoumani de se maintenir jusqu’en 2029. Au Bénin, l’impossibilité pour l’opposition poussée à l’exil de participer aux législatives a également confirmé un processus irréversible de passage en régime non démocratique, une surprise pour beaucoup étant donné le rôle important de ce pays dans l’histoire de la démocratisation de l’Afrique vers 1990.

 

Les manifestations massives des populations ont provoqué la chute des chefs d’Etat inamovibles au Soudan et en Algérie. Dans les deux pays, le jeu dictatorial sur le nombre de mandats a amené assez logiquement le départ du dictateur, en Algérie après une ‘remise à un’ dictatoriale de compteur à l’ajout de la limite dans la constitution en 2016, et, au Soudan, après la tentative présomptueuse de suppression de la limitation du nombre de mandats de la constitution. Au Soudan, une véritable transition vers la démocratie est maintenant en cours après une difficile négociation avec l’armée, alors qu’en Algérie, si le FLN recule, l’armée reste très influente. Alors que les manifestations continuent en 2020 dans ce pays, les élections législatives prévues en 2022 pourront confirmer ou non le recul du FLN et de ses alliés et la possibilité d’un renouvellement de la classe politique potentiellement synonyme de transition vers la démocratie.

 

En outre, positivement, pendant le mandat du Premier ministre Abiy Ahmed, l’Ethiopie a continué son mouvement vers la démocratie et l’Etat de droit en allant jusqu’à la dissolution de l’ancienne coalition unique au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF). Les élections législatives de 2020 viendront confirmer ou non la qualité de la transition vers la démocratie, alors que l’organisation de ses élections risque d’être difficile en raison de tensions entre les composantes régionales de la population.

 

Au Niger, les arrestations surprenantes de 2018 ont stoppé et tous les opposants ont été libérés. La préparation des prochaines élections ne semble pas retourner vers un conflit de processus électoral non démocratique. Le soutien affiché par Mahamadou Issoufou aux limitations de nombres de mandats dans les constitutions en Afrique de l’Ouest, en particulier face à Alpha Condé, a été remarqué positivement.

 

Au Malawi, suite à la présidentielle de 2019, les institutions de recours légaux ont montré leur indépendance du pouvoir exécutif en annulant le scrutin début 2020. L’année 2019 a été conflictuelle en raison des fraudes que la Cour constitutionnelle a reproché à la commission électorale, mais l’organisation d’un nouveau scrutin pourrait rétablir le régime démocratique ponctuellement fragilisé, à moins que Peter Mutharika ne décide du contraire comme il semble le faire en arrêtant le 8 mars 2020, les dirigeants de la Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC), leaders de la contestation.

 

En Zambie, la tendance à l’effritement de la démocratie qui a commencé lors de la contestation de la présidentielle de 2016 se poursuit dans un projet de modification constitutionnelle renforçant le pouvoir présidentiel et qui fait monter la tension, de manière de plus en plus irréversible.

 

Négativement, la crise due à la dictatorisation s’est accentuée en Guinée : le président Alpha Condé, ancien démocrate patenté déchu de ce titre, mène son pays à un conflit électoral et constitutionnel de plus en plus grave en raison de son obsession à réaliser un 3e mandat selon des objectifs personnels.

 

4 changements de type de régime sur 7 ont eu lieu dans les ex-colonies françaises contre 3 dans les ex-colonies britanniques. Les évolutions sont réparties dans toutes l’Afrique sauf en Afrique centrale toujours stable.

Colonisation Région Positif – Démocratisation Négatif – Dictatorisation
Française Ouest Niger Bénin
Australe Comores
Nord Algérie
Britannique Est Soudan
Australe Zambie, Malawi

La régression de l’Afrique de l’Ouest de 2018 s’est arrêtée alors qu’une autre commence en Afrique australe.

NB : Partie ‘Changement de type de régime et nombre d’alternances depuis 1990’ (Graphe 5.4) supprimée du bilan 2019

 

1.2 Dictatures de parti politique : une installation et une disparition en 2019

1.21 Evolution des dictatures de parti en 2019

 

Le nombre de dictatures de parti politique avec alternance du chef de l’exécutif est longtemps resté à 4, avec 4 pays-modèles des années 2000, l’Algérie, la Tanzanie, le Mozambique et l’Ethiopie. Le nombre de pays avec une limitation du nombre de mandats continue d’augmenter : 39 en 2019 contre 38 en 2018 et 37 en 2017. De plus en plus, des régimes dictatoriaux se perpétuent suite à des changements de chefs de l’exécutif. Le pouvoir se répartit alors sur un système d’acteurs à l’intérieur du parti au pouvoir au lieu de se concentrer sur un homme, une famille et un clan réduit autour. Une alternance de chef de l’Etat se fait sans démocratisation réelle, même si l’installation dans une dictature avec alternance à long terme peut se faire avec des progrès sur des points secondaires sur les processus électoraux et l’Etat de droit, qui n’affectent pas la solidité du régime.

 

Après l’Angola en 2017, le Zimbabwe en 2019, la Mauritanie subit la transformation en 2019 de régime dictatorial basé sur un chef en régime dictatorial basé sur un parti politique après une alternance de chef de l’état. Le général Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire en 2008 puis a créé son parti politique, l’Union pour la République (UPR), pour entrer en politique. Le général Mohamed Cheikh El-Ghazouani son ancien ministre de la défense et successeur maintient le caractère militaire du régime sous l’apparence politique, cependant, le parti au pouvoir gagne de l’importance au travers de l’alternance. Le régime ne se dirige pas exactement vers une dictature de parti politique avec limite de 2 mandats sur le modèle tanzanien, car l’empreinte militaire reste forte. Il semble plus évoluer vers le modèle algérien du FLN, vers une dictature politico-militaire où le parti au pouvoir partage le pouvoir avec l’armée (R.Marzin 3.7.19). Il est difficile d’estimer les différentes influences sur l’exécutif et cela peut maintenant évoluer dans le temps. L’utilisation du respect de la limite de deux mandats crée un mixte entre le modèle algérien et le modèle tanzanien. Joseph Kabila a voulu lui aussi placer son ministre de la défense au pouvoir en respectant la limitation de mandats, mais puisqu’il a échoué, c’est finalement Ould Abdel Aziz et Mohamed Cheikh El-Ghazouani qui ont réussi à faire fonctionner ce plan. Comme en Angola, le successeur s’éloigne ensuite de son prédécesseur en s’appuyant sur le parti.

 

Alors que les dictatures de parti semblaient très résistantes, le recul du parti dirigeant en Algérie en 2019 succède au recul du parti dirigeant en Ethiopie en 2018.

 

En 2019, Félix Tshisekedi n’a pas été totalement absorbé par le système mis en place par Joseph Kabila et l’hypothèse d’une transformation du régime de la RDC en dictature de parti s’est avérée fausse. Par contre, l’hypothèse de début 2019 d’une transformation en Mauritanie s’est avérée correcte. Pour la suite, en Côte-d’Ivoire, l’abandon en 2019 par Alassane Ouattara d’un projet de 3e mandat anticonstitutionnel fait remonter l’hypothèse d’une transformation en dictature de parti à partir d’un futur processus électoral détourné de la présidentielle prévue en octobre 2020.

 

1.21 Bilan historique des dictatures de parti politique en Afrique depuis 1990

(sans la fin des partis uniques)

Pays Période(s) Partis Liste des présidents ou chefs de gouvernements
Algérie 1962-1992

1999-2019

2020-

 

Front de libération nationale (FLN)

de manière complexe et diminuante.

Egalement une dictature militaire

Parti unique de 1962 à 1991.

Au pouvoir entre 1962 et 1992, puis exclu du pouvoir pendant guerre civile 92-99, puis de retour au pouvoir avec alliés RND et MSP sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Très affaibli à partir de 2019.

Limitation 2x5ans de 1996 à 2008 et depuis 2016.

1962-1965 : Ahmed Ben Bella

1965-1978 : Houari Boumédiène

1978-1992 : Chadli Bendjedid

1992 : Mohamed Boudiaf

HCE et militaires : 92-94+94-98 :

1992-1993 : Haut Comité d’État : Ali Kafi

1994-1998 : g.al Liamine Zeroual sans FLN

FLN et alliés (sauf présidentielle 2004) :

1999-2018 : Abdelaziz Bouteflika

2019 : Abdelkader Bensalah, + armée Ahmed Gaïd Salah

2020 … : Abdelmadjid Tebboune

Tanzanie 1962

 

Chama cha Mapinduzi (CCM)

1962-1977 : Union nationale africaine du Tanganyika (Tanganyika African National Union, TANU)

Parti unique de 1962 à 1992

Limitation 2x5ans depuis 1984.

1964-1985 : Julius Nyerere

1985-1995 : Ali Hassan Mwinyi

1995-2005 : Benjamin Mkapa

2005-2015 : Jakaya Kikwete

2015…       : John Magufuli

Mozambique 1975 Front de libération du Mozambique (Frelimo)

Parti unique de 1975 à 1992.

Limitation 2x5ans depuis 2004.

1975-1986 : Samora Machel

1986-2004 : Joaquim Chissano

2005-2014 : Armando Guebuza

2014…      : Filipe Nyusi

Ethiopie 1992-2018

2019 : Fin

Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE)

Coalition autour du TPLF. Opposant au Parti unique sous Mengistu. Parti (coalition) unique de fait entre 2010 et 2018. Très affaibli en 2018-2019. Dissout le 25.12.19.

Pas de limite de mandat pour 1er min.

Premiers ministres :

1994-2012 : Meles Zenawi

2012-2018 : Haile Mariam Dessalegn

2018-2019 : Abiy Ahmed (2.4.18)

 

NB : 2020 : Abiy Ahmed hors FDRPE

Angola 1979-2017

2017

Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA)

Parti unique de 1975 à 1991.

Limitation 2x5ans depuis 2010.

1979-2017 : José Eduardo dos Santos

2017…      : João Lourenço

Zimbabwe 1980-2017

2018

 

Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF)

ZANU entre 1963 et 1987.

Parti unique de fait entre 1990 et 2000

Limitation 2x5ans depuis 2013.

1980-2017 : Robert Mugabe

(de 1980 à 1987 : premier ministre)

2017- …    : Emmerson Mnangagwa

Mauritanie 2009-2019

2019

Union pour la République (UPR)

Créé en 2009 pour présidentielle 2009 après coup d’Etat militaire de 2008.

Limitation 2x5ans depuis 2006.

2008-2019 : Mohamed Ould Abdel Aziz

2019 …    : Mohamed Ahmed El-Ghazouani

 

Dans les 4 premiers pays concernés, les partis de dictature de partis sont soit deux anciens partis uniques datant des indépendances (Algérie, Tanzanie), soit deux partis sortis dominants de guerre d’indépendance suivi de guerre civile (Mozambique) ou de guerre civile (Ethiopie). Le CCM de Tanzanie et le Frelimo en Mozambique sont les deux modèles de parti en dictature de parti basée sur des alternances de président causées par une limitation à deux mandats.

 

A partir de 2017, apparaît une nouvelle sorte de parti de dictature de parti, basé sur la transmission du pouvoir d’un chef d’Etat ayant établi une dictature personnelle à un successeur dans son parti. La conséquence est une transformation d’une dictature de personne en dictature de parti avec limite de deux mandats de 5 ans. Cependant, le MPLA en Angola est aussi un ancien parti unique. Au moment de la transformation du régime lors du départ du dirigeant historique, en Angola, le régime s’assouplit, se libéralise mais n’est a priori pas prêt d’accepter de perdre le pouvoir. Au Zimbabwe, le parti au pouvoir fait semblant de s’assouplir mais remontre aussitôt son contrôle de la vie politique dès la première élection. En Mauritanie, le régime lâche du lest sur les droits humains mais le nouveau président montre son caractère non démocratique en gagnant la présidentielle par une inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle.

 

Evolution du nombre de dictature de parti depuis la fin du monopartisme en Afrique vers 1990-1991

Pays Période(s) Partis
Algérie 1962-1992+ 1999- Front de libération nationale (FLN)
Tanzanie 1962 Chama cha Mapinduzi (CCM)
Mozambique 1975 Front de libération du Mozambique (Frelimo)
Ethiopie 1992-2018 (fini) Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE)
Angola 2017 (1979) – Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA)
Zimbabwe 2018 (1980) – Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF)
Mauritanie 2019 (2009) – Union pour la République (UPR)

Données du début des années 90 sans considérer la fin des partis uniques

Le processus de démocratisation africain étant globalement arrêté depuis 2005 malgré l’ensemble de va-et-vient observé depuis, peu de pays connaissent maintenant des passages en démocratie clairement identifiés, comprenant une alternance de système politique complet. Des systèmes politiques vieillissent sans tomber. Des changements de chefs d’exécutif finissent par s’imposer sans lien avec des élections démocratiques. Dans cette évolution, certains partis politiques arrivent à prendre le relais des dirigeants disposant d’un pouvoir personnel. C’est pourquoi, il risque d’y avoir de plus en plus de dictature de parti avec changement de chef d’Etat en Afrique.

 

En 2019, 18 anciens partis uniques des années 80 sont encore au pouvoir dont 4 après une perte de pouvoir suivi d’un retour, 14 d’entre eux n’ont donc jamais quitté le pouvoir depuis 1990. Plus le temps passera sans départ des systèmes issus des partis uniques des années 80, plus le risque de les voir installer de nouvelles dictatures de partis avec changement de chefs d‘Etat sera grand.

 

Ne pas reconnaître l’existence des dictatures de partis en Afrique aujourd’hui facilite indirectement la transformation de dictatures de dirigeant en dictatures de parti. Les transformations se font aussi par défaut, ou plutôt par mélange de pourrissement et de structuration de récupération de contrôle. Actuellement, beaucoup d’acteurs internationaux expriment un certain déni. Pourtant, parmi les dictatures d’Europe de l’Est pendant la guerre froide, les dictatures de parti étaient reconnues et condamnées. Cette sorte de déni facilite la propagande dictatoriale sur des élections en réalité non démocratiques qui sont présentées comme démocratiques uniquement parce qu’elles permettent des changements de chef d’exécutif. Ces élections n’apportent pas d’alternance démocratique mais juste des reconfigurations d’exécutif à l’intérieur d’un système au pouvoir relativement figé.

 

Les dictatures de parti participent à habituer encore plus aux détournements de processus électoraux surtout aux détournements de processus électoraux en amont. Elles fonctionnent aussi très bien dans le mélange d’un pouvoir mixte militaire et politique, après des guerres et coups d’Etat. Bien que les partis au pouvoir aient chuté en Ethiopie ou pourrait chuter prochainement en Algérie, les dictatures de partis ne tombent pas facilement. Si elles tiennent plus longtemps que les autres dictatures, leur nombre pourrait augmenter dans les années à venir.

 

1.3 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 (55 pays)

 

Après les 3 années consécutives d’équilibre, 22/22 en 2015, 23/23 en 2016, et 22/22 en 2017, en 2018 les dictatures stables (24) ont repris le dessus sur les démocraties (20) et accentuent leur ‘domination’ statistique sur le continent en 2019 à 24 contre 19. Les régressions démocratiques dans des pays ayant vécu des années en démocratie (Bénin, Comores, Zambie, Malawi) viennent modifier l’équilibre malgré les progrès révolutionnaires au Soudan et en Algérie, et un retour à la normale au Niger.

 

Delta ‘Nombre démocraties – Nombre dictatures stables’ / année précédente

Année 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Delta ‘N démocraties – N Dictatures S’ / année précédente 6 5 2 4 1 -1 -3 -2
N dictatures – N démocraties 38 26 21 19 15 14 15 18 20

 

1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 18 19
1 4 2 2 5 -1 0 5 0 -1 -2 -1 4 -1 0 -1 0 0 0 -4 -1
19 15 13 11 6 7 7 2 2 3 5 6 2 3 3 4 0 0 0 4 5

L’année 2019 suit une année 2018 catastrophique pour le processus de démocratisation de l’Afrique.

 

Quantité de population (millions) selon régime en 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 (1.17)

Population des pays changeant de catégorie en 2019 en Millions d’habitants (chiffre de mars 2016 non mis à jour) : Algérie 39,5, Soudan 36,1, Comores 0,8, Bénin 10,4, Niger 18,0, Zambie 15,0, Malawi 18,0.

 

Au niveau quantité de population, la révolution soudanaise et la tentative révolutionnaire algérienne, dans deux pays assez peuplés, viennent fortement baisser la proportion de population en dictature stable. Au contraire, Bénin et Comores sont peu peuplés, et leur dictatorisation ne modifie pas beaucoup les proportions. En conséquence, la proportion de population en dictature n’a jamais été aussi basse avec 41,4%.

 

En raison de la Zambie et du Malawi, la proportion de population en démocratie diminue d’1% de 34,5% à 33,2% et en 2020.

 

1.4 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 et régimes intermédiaires (Tcii)

 

Classement et évolution dans le classement des régimes en 2019 avec détails des régimes en Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII).

Les pays changeant de catégories sont notés en gras.

 

Dictatures

stables

24 au lieu 24

+2-2

Erythrée, Guinée Equatoriale, Zimbabwe, Soudan, Tchad, Congo Brazzaville, Cameroun, Swaziland, Ouganda, Djibouti, Togo, Gabon, Angola, Egypte, Algérie, Tanzanie, Mozambique, Burundi, Mauritanie, Côte-d’Ivoire (2016), Rwanda (1994 suite génocide, 2003 Kagamé élu, 2017 3e mandat), RDCongo (2018 processus électoral de dictature), Guinée Conakry (2010 transition, 2011 Condé, 2018 échec transition / processus électoraux), Maroc (1999 Mohammed VI, 2011 démocratisation, 2018 répression), Bénin (2018-2019 répression opposition + législatives), Comores (2018-2019 dictatorisation + présidentielle),
Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé

(TCII)

12

au lieu 11

+2-2+2-1

 

Guerre et suite de guerre :

Guerre (dont guerre en Etat failli) : Somalie (1991 guerre, 2000 parlement exil, 2012 Sheikh Mohamud), Libye (2011 guerre Etat failli),

Suite guerre en Etat failli (dont en transition démocratique) : Soudan du Sud (2005 suite guerre, 2010 Kiir, 2011 indépendance), Centrafrique (2013 suite guerre Etat failli, 2014 transition, 2016 Touadéra)

NB : En 2017, ces 2 Etats, Sud Soudan et RCA, sont à la limite de la guerre active et il y a peu de différence entre guerre et suite de guerre.

Suite guerre hors Etat failli (dont suite indépendance) : –

Suite génocide : –

 

Instabilité de gouvernement (dont suite coup d’Etat) et/ou contestation populaire : Guinée Bissau (2009 instabilité), Malawi (2019 contestation après élection), Algérie (2019 chute Bouteflika, contestation)

 

Indéterminé : Somaliland (1991 non reconnu Onu, 2001 constitution, 2010 Mahamoud),

 

Transition de dictature vers démocratie : Ethiopie (2018 transition suite à manifestations), Soudan (2019 chute El-Beshir et transition)

 

Dictatorisation, chute de l’Etat de droit : Kenya (2017 conflit électoral, 2018 soutien Kabila, 2019 baisse état de droit), Zambie (2019 dérive constitutionnelle et présidentielle),

Démocraties

19 au lieu 20

-2+1

Botswana, Ile Maurice, Cap Vert, Sao Tomé-et-Principe, Afrique du Sud, Namibie, Malawi, Lésotho, Sénégal, Nigéria, Ghana, Mali, Sierra Leone, Libéria, Seychelles, Tunisie, Madagascar, Burkina Faso (2016), Gambie (2018 transition vers la démocratie réussie), Niger (2019 fin répression de 2018).

 

Evolution du classement régimes en Afrique de 1990 à 2019 avec détails des régimes intermédiaires (Tcii)

Malgré le soutien international et africain, il y a peu d’espoir de progrès rapides au niveau démocratisation effective dans des Etats faillis ou faibles subissant ou ayant subi des guerres : Somalie, Libye, Soudan du Sud, Centrafrique. Cependant, la qualité des élections en Centrafrique fin 2020 ou début 2021 est une nouvelle fois un enjeu essentiel.

 

Deux états en transition de dictature vers la démocratie sont susceptibles dans les années à venir d’évoluer vers la démocratie malgré des difficultés importantes prévisibles dans le processus : l’Ethiopie et le Soudan. La qualité des prochains processus électoraux sera essentielle dans ces deux pays. En outre, il est possible que le Malawi réussisse à revenir en démocratie après l’annulation de sa présidentielle de 2019 et l’organisation d’une nouvelle élection en 2020 si Peter Mutharika arrête la répression contre les leaders de la contestation en particulier contre les dirigeants de la Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC). L’analyse du détail des pays en Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII) permet d’espérer dans les années à venir une légère remontée du nombre de démocraties, au Soudan, en Ethiopie et au Malawi, mais cette hypothèse reste incertaine.

 

Le désengagement international dans le soutien à la démocratisation a été très visible en 2018 en RDC. En 2018, l’Ue, qui a le meilleur outil de soutien par ses Missions d’observations électorales, a également montré son désengagement dans le soutien à la démocratie au Gabon, à l’approche de la négociation d’un nouvel accord ACP-Ue. Cela se confirme encore le 9 mars 2020, quand Josep Borrell et Jutta Urpilainen, aux noms du SEAE et de la Commission annonce une « stratégie globale avec l’Afrique » qui fait l’impasse sur la démocratie, selon une fausse « approche globale » définie à  la manière du ministre des affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, en mettant l’accent uniquement sur la paix et en instrumentalisant les Droits humains en les détachant de la question de la démocratie.

 

En 2019, la communauté internationale et africaine a continué à se concentrer sur les questions militaires sans mettre en avant le soutien à la démocratie, en étant focalisée sur le respect des principes de subsidiarité et de complémentarité au profit de l’Ua et des institutions régionales africaines.

 

1.5 L’avance de l’Afrique anglophone sur l’Afrique francophone en termes de démocratisation

 

1.51 Un décalage structurel établi depuis 1990 en raison de la persistance des régimes post-coloniaux

Le décalage structurel entre l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone s’observe dans l’état des lieux des pays sans aucune alternance depuis 30 ans.

 

Noyau dur des 10 dictatures en Afrique sans alternance depuis 1990 (sur 24 dictatures stables)

Cumul des années sans alternance de président (et famille) et de parti au pouvoir fin 2019

Avec la disparition du Soudan du noyau dur des pays sans alternance depuis 1990, il ne reste dans ce noyau qu’une ex-colonie britannique, une ex-colonie italienne, une ex-colonie espagnole, face à 6 ex-colonies françaises, 5 de ces 6 ex-colonies françaises occupant les 5 premières places de ce classement.

 

Population des Etats selon arrivée au pouvoir des chefs d’Etat ou de leur famille,

En Millions, 52 pays sans 2 monarchies, Population de 2016

Parmi les populations concernées par les absences d’alternance de pouvoir, en nombre, seule la population ougandaise (Museveni 1986) se remarque aux milieux des populations des ex-colonies françaises, Togo et Gabon (famille depuis 1967), Djibouti (famille 1977), Congo B (Sassou 1979), Cameroun (Biya 1982), Tchad (Déby 1990) et une ex-colonie espagnole, la Guinée équatoriale (Nguéma 1979).

1.52 2019 : le décrochage des ex-colonies françaises de 2018 continue en 2019

Rappel : Depuis la création du Sud Soudan, il y a 20 ex-colonies britanniques et 20 ex-colonies anglaises (sans la Namibie comptée comme colonisée par l’Afrique du Sud). La comparaison est ainsi facilitée.

 

Dictatures stables selon la colonisation de 1988 à 2019

Avec la disparition de la dictature d’Omar El-Beshir au Soudan, la dictatorisation rapide du Bénin et des Comores non compensée par la contestation de la dictature en Algérie, l’écart continue de se creuser entre les ex-colonies britanniques et les ex-colonies françaises au niveau ‘dictatures’. Les dictatures de l’ancien empire français forment maintenant la moitié (12) des dictatures stables d’Afrique (24), contre moins d’un quart pour les ex-colonies britanniques (5). 11 et 6 en 2018, 12 et 5 en 2019, l’écart se creuse de 2 pays en 2019, après 2 pays en 2018, soit 4 pays en 2 ans. Sur ce point, il est évident que le Brexit ne fait pas de mal à l’Afrique !

 

Démocraties selon la colonisation de 1988 à 2019

En nombre de démocraties, l’année 2019 est cependant plus favorable aux ex-colonies françaises en raison d’un retour à la normale au Niger, de l’élection fraudée au Malawi et des tensions en Zambie. L’écart diminue de 2018 à 2019, 6 et 9 démocraties contre 5 et 11 en 2018.

 

Globalement en 2018 et 2019, l’écart se creuse dans les 2 sens. Les reculs majeurs ont eu lieu dans 4 ex-colonies françaises (2018 : Guinée, Maroc, 2018 puis 2019 : Comores, Bénin : reculs maximaux) dans 2 britanniques (2019 : Malawi (provisoire ou pas), Zambie) et 1 belge (2018 : RDC). Les progrès ont eu lieu dans 1 ex-colonie française (2019 : Algérie), 2 britanniques (2018 : Gambie, 2019 : Soudan) et une italienne (2018 : Ethiopie). La qualité des évolutions montre des régressions fortes côté ex-colonies françaises (Guinée, Bénin, Comores) et des progrès majeurs côté ex-colonies britannique (Soudan) et italienne (Ethiopie). La situation niveau démocratisation-dictatorisation se dégrade côté ex-colonies françaises seulement.

 

1.53 Un début de crise de la démocratie en Afrique australe ?

Le classement des pays dans des zones géographiques est contestable : les Comores sont classées en Afrique australe alors que ce sont surtout des îles séparées de l’Afrique par la mer. Le Kenya, en difficulté en 2017, est classé en Afrique de l’Est alors que son histoire le lie beaucoup à l’Afrique australe.

 

Nombre de pays par type de régime par année en Afrique australe

L’Afrique australe a été depuis 1990 la région d’Afrique la plus démocratisée, mais à cause des Comores, de la Zambie et du Malawi, des difficultés apparaissent dans cette région. Les institutions en Afrique du Sud ont, elles, résistées à un déballage de corruption. L’effet des inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle des résultats de la RDC fin 2018-début 2019 est sans doute plus fort en Afrique australe qu’ailleurs.

 

Nombre de démocraties par région de 1988 à 2019

L’Afrique de l’Ouest compte 15 pays et l’Afrique australe 14, ce qui rend la comparaison possible. En 2019, les difficultés de l’Afrique australe et un certain retour à la normale au Niger permette à l’Afrique de l’Ouest d’afficher pour la première fois depuis 1992-1993 un plus grand nombre de démocraties, selon les comptes de cette étude. Le nombre de dictatures reste plus fort en Afrique australe (5) qu’en Afrique de l’Ouest (4). Un retour à la normale du Malawi, encore hypothétique, ne permettrait pas à l’Afrique australe de revenir vers l’équilibre. L’Afrique australe plus anglophone (7/14) perd un leadership démocratique face à l’Afrique de l’Ouest plus francophone (8/15) malgré les dictatures francophones en Côte-d’Ivoire, au Togo, en Guinée et au Bénin.

Pourcentage de démocraties par région de 1990 à 2019

Ce graphique en pourcentage sur les mêmes données, confirme l’observation que les difficultés actuelles en Afrique australe lui font perdre son leadership acquis en 1994, au moment du génocide des Tutsis au Rwanda.

1.54 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation

Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions : comparaison ex-colonies françaises et britanniques

Les espaces francophones et anglophones en Afrique ne semblent pas avoir en pratique la même compréhension de ce qu’est une constitution. Les réformes et changements de constitutions pour des intérêts personnels sont plus fréquents dans l’espace francophone alors qu’ils sont plus rares dans l’espace anglophone (rappel 2018). Pourtant, depuis 2005, l’utilisation des limites est globalement à peu près similaire dans les ex-colonies françaises et britanniques. Elles sont plus fréquentes dans les dictatures ex-colonies françaises parce que celles-ci sont plus nombreuses (12 contre 5) et dans les démocraties ex-colonies britanniques parce que celles-ci sont aussi plus nombreuses (9 contre 6).

 

Evolution du nombre de limites du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions en Afrique de 1987 à 2019 par type de régime en 2019

Attention ! Graphique trompeur : le type de régime chaque année n’est pas celui de l’année mais celui de 2019.

Alors qu’en 2019, le nombre de pays avec une limitation du nombre de mandats a atteint son maximum de 39 jamais atteint, on pouvait s’attendre à un certain consensus sur l’application des limitations du nombre de mandats. Bien au contraire ! (R.Marzin, 2017) Les conflits politiques autour du nombre de mandats continuent de provoquer des mobilisations populaires et de la répression. Les deux dernières limites ont été ajoutées dans des dictatures bien établies, au Tchad en 2018 et au Togo en 2019.

 

L‘actualité de 2019 sur les limitations du nombre de mandats a été très riche :

  • 2019 + : Togo : ajout limite 2×5 en cours de 3e mandat avec remise à zéro compteur par assemblée nationale après un long conflit entre 2017 et 2019 et boycott des législatives par opposition fin 2019,
  • 2019  : Algérie : chute d’Abdelaziz Bouteflika après sa tentative d’effectuer une 5e mandat après sa remise à 1 du compteur de mandats à l’ajout de la limite dans la constitution en 2016,
  • 2019  : Soudan : chute d’Omar El-Beshir le 11.4.19 après des manifestations massives démarrées en raison de sa tentative de suppression de la limitation du nombre de mandats de la constitution,
  • 2019   : Egypte : modification de la limite 2×4 en 2×6 avec mise à 1 du compteur par amendements constitutionnels adopté par référendum du 20-22.4.19 qui permet à Abdel Fattah al-Sissi de se représenter à l’élection présidentielle au terme de son deuxième mandat, en 2024 et de rester jusqu’en 2030,
  • 2019 : Côte d’Ivoire : début de conflit sur compteur nombre de mandat Alassane Ouattara après déclaration sur son idée de briguer 3e mandat puis abandon d’Alassane Ouattara courant 2019.

L’année 2019 se termine par une crise majeure sur un nombre de mandats en Guinée. Alpha Condé tente de modifier la constitution pour imposer un 3e mandat. La limitation resterait à deux mandats (Article 40) mais de 6 ans au lieu de 5. Ce serait la seconde fois, après l’Egypte avec Abdel Fattah al-Sissi en avril 2019, qu’un président africain baisserait son compteur de mandats à 0 ou 1 sans passer d’une constitution sans limite à une constitution avec limite du nombre de mandats. Cela signifie qu’Alpha Condé peut encore tenter de mettre son compteur de mandats à 1 et pas à 0 à la manière d’Abdel Fattah al-Sissi. La mobilisation contre la modification de la constitution pour des besoins personnels est intense : une dizaine de morts lors de manifestations en octobre 2019, une trentaine ou quarantaine de morts en 2020, et au total en raison de la dictatorisation sans doute « 140 morts depuis 2014 ».

 

En Egypte, en avril 2019, pour la première fois, un président, Abdel Fattah al-Sissi, remet à 1 un compteur de mandats sans le faire à l’occasion d’un ajout de limitation, il le fait à l’occasion du changement de durée des mandats (2×6 au lieu 2×4). Il ne s’agit presque plus d’un compromis. Fin 2019, Alpha Condé semble vouloir l’imiter. Ces deux cas évoluent vers un comble de l’appropriation de la constitution dans un but personnel et dans une certaine ‘provocation’ de la population, mais dans le 1er cas, la dictature est la plus forte et répressive d’Afrique et dans le 2nd cas, il s’agit d’une dictature assez faible et récente, que la population refuse de voir dégénérer et s’installer durablement.

 

Alassane Ouattara a abandonné courant 2019, au plus tard fin 2019, l’idée de risquer un nouveau conflit dans un 3e mandat et pas le 5 mars 2020 selon la propagande franco-ivoirienne relayée par de nombreux journalistes en mode diplomatique. Cette propagande cache sans doute un projet de détournement en amont du processus électoral de la présidentielle d’octobre 2020 au profit du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, un détournement qui se prépare déjà en particulier au niveau du fichier électoral au Nord. Amadou Gon Coulibaly était déjà assuré d’être candidat successeur fin 2019 et se préparait en conséquence. Au passage, Alassane Ouattara a favorisé en 2018 et 2019 le maintien de la dictature au Togo et la transformation en dictature en Guinée en semant la confusion dans la CEDEAO sur les compteurs de mandats, et la possibilité de les remettre à 0 ou 1, alors que cela contredit tous les principes démocratiques défendus sur la base du respect des constitutions comme garantie contre l’abus de pouvoir personnel.

 

Les conflits concernent particulièrement le compteur de mandats, que des dictateurs remettent à zéro (plus rarement à 1) contre l’opinion populaire majoritaire. Le rapport de force qui se crée alors, reflète le fonctionnement de régime en question : il peut y avoir une mobilisation forte et une répression forte ou une population qui craint la répression et évite alors les manifestations.

 

Les remises à zéro de compteurs lors d’ajout de limite se font surtout dans les ex-colonies françaises, dans  7 cas sur 12 (Sans compter 2 cas de remises à 1 du compteur en 1992 au Togo et 2016 en Algérie) : 1970 Sénégal, 1993 Seychelles, 2005 Soudan, 1991 Gabon, 1996 Cameroun, 2011 Guinée Equatoriale, 1992 Madagascar, 2000 Burkina Faso, 2010 Angola, 2013 Zimbabwe, 2018 Tchad, 2019 Togo.

 

Le respect des constitutions considérées comme des garanties contre les abus de pouvoirs personnels est un facteur de distinction des démocraties au même titre que la séparation des pouvoirs. Au contraire, la remise à zéro – dans quelques rares cas à 1 – du compteur de mandats est devenu un critère pour classer des régimes en dictature, car il reflète la volonté de s’approprier une constitution pour des intérêts personnels à la manière désormais caractéristique des régimes non démocratiques.

 

1.6 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2019

Pour comprendre cette carte, voir aussi sur le blog R*E

le diaporama de l’évolution des régimes de 1989 à 2019[1]

 

Cette carte, qui reprend les données du paragraphe 1.1, s’analyse par contraste avec la carte de 2018 dans l’étude du 13 février 2019[2], et avant avec la carte de 2017 dans l’étude du 14 janvier 2018[3] et encore avant avec la dernière carte de la série de 1990 à 2016 dans l’étude du 27 avril 2017[4].

 

 

2.     Processus électoraux en 2019 : une année d’élections en démocratie

2.1 Bilan électoral de l’année 2019 : données principales résumées

 

Ce bilan se base surtout sur les 11 législatives et 13 présidentielles, dont 3 par un parlement, de 2019. Mais d’autres élections ont eu lieu : des locales dans 6 pays, des provinciales ou d’Etats (régionales) dans 2 pays, des sénatoriales dans 1 pays et 1 référendum constitutionnel.

 

Listes des élections de 2019 autres que présidentielles et législatives :

23 février 2019 : sénatoriales Nigéria

9 mars 2019 : élections assemblées des Etats (régionales) et des gouverneurs des Etats du Nigéria

21 mai 2019 : locales Malawi

30 juin 2019 : locales Togo

15 octobre 2019 : provinciales Mozambique

23 octobre 2019 : locales Botswana

24 novembre 2019 : locales Tanzanie (civic élection for Streets or Villages Chairman’s)

27 novembre 2019 : locales/communales (et municipales) Madagascar

17 décembre 2019 : locales Ghana (élections des assemblées de ditsricts et « unit committees » : Metropolitan, Municipal and District Chief Executives) avec référendum pour rendre partisane ces élections

 

Un référendum constitutionnel a eu lieu dans les pires conditions en Egypte, du 20 au 22 avril 2019, pour permettre à Sissi de se maintenir jusqu’en 2030 au lieu de 2022 par un 3e mandat de 6 ans de 2024 à 2030.

 

De manière prévisible antérieurement, parmi les 11 législatives et 13 présidentielles dont 3 par un parlement, une majorité d’élections, 18 sur 24 ont eu lieu dans des démocraties, contre 6 seulement dans des pays non démocratiques :

Processus électoraux

démocratiques

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2019 6+3* 9 15+3* 4 2 6 10+3* 11 21+3*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement
  • NB : Avec Algérie TCII considéré comme non démocratique.

 

Résumé 2019 : présidentielles et législatives

24 élections :

  • 13 présidentielles dont 3 par parlement
  • 11 législatives
  • 18 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 6 processus électoraux dans un cadre non démocratique(en gras ci-dessous) (y compris Algérie TCII)

 

Liste des 11 législatives, 10 présidentielles, 3 élections de chef de l’exécutif par parlement de 2019

 

23 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars)

23 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars)

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars)

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (report du 18 novembre 2018)

24 mars 2019 (1er tour /2) : présidentielle Comores et Gouverneurs des Iles (avancée 2021)(Démo>Tcii 2018 > DS en 2019)

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril) (Démo>Tcii en 2018 > DS en 2019)

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud et élection du président par le parlement

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai)

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai)

27 mai 2019 : législatives Madagascar (reportées de tous 5 ans : oct-déc 2018)

22 juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin) (limite 2x5ans atteinte pour Aziz)

15 septembre et 13 octobre 2019 (2nd tour après législatives) présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc)

6 octobre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc)

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre)

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre)

23 octobre 2019 : législatives Botswana et élection président par parlement (tous 5 ans : octobre)

7 novembre 2019 : législatives Ile Maurice et élection 1er ministre par le parlement (tous 5 ans, décembre)

27 Novembre 2019 : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre)

27 Novembre 2019 : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre)

12 décembre 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril, report du 18 avril et du 4 juillet) (DS>Tcii2019)

24 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous 5 ans : avril, report après législatives mars)

 

Bilan de l’année électorale 2019 : liste des 10+3 présidentielles et 11 législatives (cf aussi Annexe A)

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Président ou parti victorieux Durée

pouvoir

23.02.19 Nigéria Démo P Muhammadu Buhari (APC) 55.60% 4
23.02.19 Nigéria Démo L All Progressives Congress (APC) 216 / 360 4
24.02.19 Sénégal Démo P Macky Sall (Benno Bokk Yakaar) 58,26% T1/2 7
10.03.19 Guinée Bissau TCII L PAIGC (Domingos Simões Pereira) 46,1% 5
24.03.19 Comores TCII>Dict.S P Azali Assoumani (CRC) 59,05% 3
28.04.19 Bénin TCII>Dict.S L Alternance : Union progressiste + Bloc républicain (tous les 2 Patrice Talon) 83 / 83 3
08.05.19 Afrique du Sud Démo L Congrès national africain (ANC) 57,50%, 25
08.05.19 Afrique du Sud Démo PparParl. Cyril Ramaphosa (ANC) 230 / 400 1
21.05.19 Malawi Dé>TCII P Peter Mutharika (DPP) 38.57% T1/1 5
21.05.19 Malawi De>TCII L Democratic Progressive Party 62 / 193 10
27.05.19 Madagascar Démo L IRD (Andry Rajoelina) 84 / 151 0
22.06.19 Mauritanie Dict.S P Alternance : Mohamed Cheikh El-Ghazouani (UPR) 52,01% 0 (10)
15.09.19

13.10.19

Tunisie Démo P Alternance : Ennahda (Rached Ghannouchi) 52 / 217, Qalb Tounès (Nabil Karoui) 38 … 0
06.10.19 Tunisie Démo L Alternance : Kaïs Saïed (Indépendant) 72,71 % 0
15.10.19 Mozambique Dict.S P Filipe Nyusi (FRELIMO) 73.46% 5
15.10.19 Mozambique Dict.S L FRELIMO (Filipe Nyusi) 71.28%, 184 / 250 44
23.10.19 Botswana Démo L Parti démocratique du Botswana (BDP) 52,77% 53
23.10.19 Botswana Démo PparParl. Mokgweetsi Masisi (BDP) 38 / 63 1
07.11.19 Ile Maurice Démo L Alliance Morisien (AM) (Lepep (Le Peuple) ex MSM socialistes) 42/70 5
07.11.19 Ile Maurice Démo PparParl. Pravind Jugnauth (AM) (fils Anerood Jugnauth) 42/70 3
27.11.19 Namibie Démo P Hage Geingob (SWAPO) 56.3% 5
27.11.19 Namibie Démo L SWAPO 65.5% 63 / 96 29
12.12.19 Algérie DS>TCII P Alternance : Abdelmadjid Tebboune (Indépendant) 58,13 % 0
24.11.19

29.12.19

Guinée Bissau TCII P Alternance : Umaro Sissoco Embaló (Madem) 53,55 % T2 0

 

Bilan de l’année électorale 2018 : présidentielles et législatives par type de régime

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Président ou parti victorieux Durée

pouvoir

 

Démocraties : 4 présidentielles + 3 chef exécutif par parlement + 7 législatives = 14

23.02.19 Nigéria Démo P Muhammadu Buhari (APC) 55.60% 4
23.02.19 Nigéria Démo L All Progressives Congress (APC) 216 / 360 4
24.02.19 Sénégal Démo P Macky Sall (Benno Bokk Yakaar) 58,26% T1/2 7
08.05.19 Afrique du Sud Démo L Congrès national africain (ANC) 57,50%, 25
08.05.19 Afrique du Sud Démo PparParl. Cyril Ramaphosa (ANC) 230 / 400 1
27.05.19 Madagascar Démo L IRD (Andry Rajoelina) 84 / 151 0
15.09.19

13.10.19

Tunisie Démo P Alternance : Ennahda (Rached Ghannouchi) 52 / 217, Qalb Tounès (Nabil Karoui) 38 … 0
06.10.19 Tunisie Démo L Alternance : Kaïs Saïed (Indépendant) 72,71 % 0
23.10.19 Botswana Démo L Parti démocratique du Botswana (BDP) 52,77% 53
23.10.19 Botswana Démo PparParl. Mokgweetsi Masisi (BDP) 38 / 63 1
07.11.19 Ile Maurice Démo L Alliance Morisien (AM) (Lepep (Le Peuple) ex MSM socialistes) 42/70 5
07.11.19 Ile Maurice Démo PparParl. Pravind Jugnauth (AM) (fils Anerood Jugnauth) 42/70 3
27.11.19 Namibie Démo P Hage Geingob (SWAPO) 56.3% 5
27.11.19 Namibie Démo L SWAPO 65.5% 63 / 96 29

 

TCII : 3 présidentielles + 2 législatives (0 chef exécutif par parlement) = 5

10.03.19 Guinée Bissau TCII L PAIGC (Domingos Simões Pereira) 46,1% 5
21.05.19 Malawi Dé>TCII P Peter Mutharika (DPP) 38.57% T1/1 5
21.05.19 Malawi De>TCII L Democratic Progressive Party 62 / 193 10
12.12.19 Algérie DS>TCII P Alternance : Abdelmadjid Tebboune (Indépendant) 58,13 % 0
24.11.19

29.12.19

Guinée Bissau TCII P Alternance : Umaro Sissoco Embaló (Madem) 53,55 % T2 0

 

Dictatures stables : 3 présidentielles + 2 législatives (0 chef exécutif par parlement) = 5

24.03.19 Comores TCII>Dict.S P Azali Assoumani (CRC) 59,05% 3
28.04.19 Bénin TCII>Dict.S L Alternance : Union progressiste + Bloc républicain (tous les 2 Patrice Talon) 83 / 83 3
22.06.19 Mauritanie Dict.S P Alternance : Mohamed Cheikh El-Ghazouani (UPR) 52,01% 0 (10)
15.10.19 Mozambique Dict.S P Filipe Nyusi (FRELIMO) 73.46% 5
15.10.19 Mozambique Dict.S L FRELIMO (Filipe Nyusi) 71.28%, 184 / 250 44

 

Bilan de la qualité des processus électoraux en 2019 selon le type de régime

NB : « Mascarade » signifie « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats ».

Pays Présidentielles
Type régime en 2019 Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures stables Comores

Mauritanie

Mozambique

TCII Malawi

Guinée Bissau

Algérie
Démocraties Nigéria

Sénégal

Afrique du Sud (P)

Tunisie

Botswana (P)

Ile Maurice (P)

Namibie

Totaux 7 2 1 3 0

* Mali : contestations avec exagérations, P : par parlement

Total : 13 dont 3 par parlement

 

Pays Législatives
Type régime en 2019 Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures stables Bénin Mozambique
TCII Guinée Bissau

Malawi

Démocraties Nigéria

Afrique du Sud

Madagascar

Tunisie

Botswana

Ile Maurice

Namibie

Totaux 9 0 0 1 1

B = boycott, Non-P = non partisan

Total : 11

 

Bilan 2019 de la qualité des processus électoraux

Présidentielles Législatives Total
Correctes 4+3* 9 13+3*
Douteuses 2 0 2
Mascarades en TCII 1 0 1
Mascarades 3 1 4
Mascarades ≥ 10 ans 0 1 1
13 (10+3*) 11 24

* : élection président par le parlement

 

Pays Présidentielles Législatives Totaux
Type régime en 2016 Cor Dout Masc.

En TCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc.

enTCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout. Masc. Total
Dictatures S. 3 1 1 5 5
TCII 2 1 2 2 2 1 5
Démocraties 7 7 14 14
Totaux 7 2 1 3 0 9 0 0 1 1 16 2 6 24

 

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2019

Total Mascarade Douteuses Correctes
1990-2015 499 262 19 218
2016 24 8 2 14
1990-2016 523 270 21 232
2017 17 6 1 10
1990-2017 540 276 22 242
2018 18 12 0 6
1990-2018 558 288 22 248
2019 24 6 2 16
1990-2019 582 294 24 264

 

L’année 2019 a commencé par un paroxysme de la criminalité électorale en Afrique avec les multiples inversions de résultats en janvier 2019 en RDC, qui sont dans cette étude et la précédente comptabilisée comme élections de 2018.

 

Dans les dictatures, après le pic de tension de 2016 (Ouganda, Congo Brazzaville, Djibouti, Guinée Equatoriale, Tchad et Gabon) l’accalmie de 2017, le retour d’une tension moyenne en 2018 (Cameroun, RDC, Zimbabwe, Togo, et dans une moindre mesure Djibouti, Gabon, Rwanda), l’année 2019, a été une année de faible tension, où la contestation des scrutins non démocratiques a été masquée par la plus grande quantité de scrutin en contexte démocratique et d’une autre manière par la gravité des inversions de RDC.

 

Aux Comores, le processus électoral est associé à un retour vers une dictature et affiche des méthodes de détournement en amont, des fraudes le jour de vote et en aval. Au Bénin également, les législatives correspondent au passage en dictature. En Mauritanie, depuis le coup d’Etat de 2008, la démocratie n’a jamais été rétablie, la dictature et l’opposition arrivent à se parler, le respect de la limitation de 2 mandats a calmé les tensions, malgré l’inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat par suppression du 2nd tour. Au Mozambique, toujours marqué par une histoire de guerre, et où les 2 principaux partis correspondent aux belligérants, de nouveaux scrutins non démocratiques sont venus s’ajouter à une liste déjà longue.

 

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes début 2019

 

Rappel : La qualité des processus électoraux sur un an est presque globalement prévisible l’année précédente ou en début d’année en fonction du classement par type de régime, en particulier en raison de la prédictibilité des élections en dictatures stables consubstantielles du type de régime.

La règle des élections en dictature est la suivante (rappel des études précédentes)[5] : « Il n’y a pas en dictature d’élection présidentielle ou d’élections législatives correctes ou même douteuses sans une transition vers la démocratie préalable. D’une part, il n’y a pas d’élection perdue par le chef d’Etat sortant ou le parti au pouvoir en dictature stable, sauf rares exceptions. D’autre part, il n’y a pas d’élections gagnées par un chef d’Etat sortant ou son parti en dictature stable sans détournement du processus électoral en amont ou fraudes massives le jour du vote. L’absence de processus électoraux corrects définit la dictature. Si une élection correcte était organisée, le régime tomberait. Dans les cas où le résultat n’est pas inversé à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats officiels, et où une majorité de votants a voté pour le président sortant ou son parti, le processus électoral a été détourné des règles de la démocratie en amont selon de multiples modalités disponibles. »

Cette règle correspond à l’observation de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes :

Type régime Processus électoraux

corrects

Processus électoraux

douteux

Processus électoraux

détournés et sans valeur (mascarades)

Dictatures stables Rares exceptions Aucune Toutes les élections

sauf les rares exceptions

TCII Nombreux cas Quelques cas Nombreux cas
Démocraties Grande majorité des cas Quelques cas Cas très peu nombreux

 

Comparaison entre prévisions de l’étude du 13.2.19 ‘bilan 2018 et perspectives 2019’ et la réalité :

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Prévision du type de processus électoral[6]

(selon type de régime organisateur)

Réel

/

Prévision

16.02.19 Nigéria Démocratie P+L Correct OK
24.02.19 Sénégal Démocratie P Correct (malgré actions en amont) OK
10.03.19 Guinée Bissau TCII L Correct en raison équilibre forces (?) OK
24.03.19 Comores TCII P Détourné en amont (?) OK
18.04.19 Algérie Dictature.S P Détourné en amont OK
28.04.19 Bénin TCII L Détourné en amont (ou correct ?) OK
28.04.19 Somaliland TCII L Correct (sauf 3 partis au maximum) reportées
Avril Mali Démocratie L Correct reportées
08.05.19 Afrique duSud Démocratie L+Pparl Correct OK
21.05.19 Malawi Démocratie P+L Correct erreur
27.05.19 Madagascar Démocratie L Correct OK
Mai ? Tchad Dictature.S L Détourné en amont (+JJ+aval) reportées
Juin Mauritanie Dictature.S P Détourné en amont (dauphin) Inversion
Septembre Cameroun Dictature.S L Détourné en amont (+JJ+aval) reportées
2019 Guinée C Dictature.S L Inversion de majorité en aval ? reportées
15.10.19 Mozambique Dictature.S P+L Détourné en amont OK
Octobre Botswana Démocratie L+Pparl Correct OK
Novembre ? Namibie Démocratie P+L Correct OK
Oct-Déc Tunisie Démocratie P+L Correct OK
Décembre ? Ile Maurice Démocratie L+Pparl Correct OK
Dates incertaines :
2e semestre Guinée Bissau TCII P Correct en raison équilibre force (?) erreur
2e semestre Libye TCII P Douteux (Détourné amont/correct ?) reportée

 

Au niveau calendrier 2019, aucune élection ne s’est ajoutée. 6 élections ont été reportées de 2019 à 2020, dont 3 avaient déjà été reportées de 2018 :

  • Législatives Somaliland
  • Législatives Mali
  • Législatives Tchad (déjà reportées de 2018)
  • Législatives Cameroun (déjà reportées de 2018)
  • Législatives Guinée Conakry (déjà reportées de 2018)
  • Présidentielle Libye (déjà reportée)

Ont donc été reportées 5 législatives et 1 présidentielle.

 

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
Prév° 8+3* 12 20+3* 3 4 7 11+3* 16 27+3*
Réel 7+3* 9 16+3* 3 2 5 10+3* 11 21+3*

NB : Entre janvier 2019 et janvier 2020, les classements des types de régimes ont changé ce qui fait que seuls les totaux doivent correspondre mais cela correspond.

 

Les prévisions de début 2019 étaient correctes sauf pour

  • la présidentielle du Malawi qui n’a pas été correcte mais a été très contestée puis annulée en raison des fraudes début 2020 alors que la démocratie semblait bien installée dans ce pays en 2018,
  • la présidentielle de Guinée Bissau qui n’a pas été correcte mais au minimum douteuse dans un contexte de conflit institutionnel et constitutionnel persistant dans le partage du pouvoir entre exécutif et législatif.

 

La règle des élections en dictature a fonctionné : aucune élection correcte n’a été organisée dans un pays où la démocratie n’a pas encore remplacé un régime identifié comme anti-démocratique. L’inversion de résultat par suppression du 2nd tour en Mauritanie n’a pas été prévue mais les inversions ne sont jamais ‘prévisibles’ à l’avance selon une règle. Les processus électoraux des 5 élections dans les pays classés au préalable en dictature stable ont été détournés et n’ont pas eu de valeur démocratique : P Comores, L Bénin, P+L Mozambique (4 détournements en amont), P Mauritanie (inversion de résultat par suppression du 2nd tour au lieu de détournement en amont).

 

L’année 2019 confirme une nouvelle fois que la qualité des processus électoraux en Afrique est presque totalement prévisible en fonction de la nature démocratique ou non démocratique des régimes pendant l’organisation du scrutin, avec toutes les conséquences qui en découlent par exemple sur la valeur des missions d’observation dans les pays non démocratiques, qui facilitent plus souvent le détournement du processus électoral qu’elles ne l’empêchent.

 

Le tableau de 2017 corrigé début 2020 en fonction des reports, ci-dessous, reste valable :

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou absence de démocratie v7.3.20

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Bénin et Comores en DS en 2020, Algérie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 6+3* 9 15+3* 4 2 6 10+3* 11 21+3*
2020 7+1* 8 15+1* 5 7 12 12+1* 15 27+1*
2021 5+1* 4 9+1* 4 3 7 9+1* 7 16+1*
2022 3+1* 6 9+1* 1+1* 4 5+1* 4+2* 10 14+2*
Total 27+9* 35 62+9* 19+2* 28 47+2* 46+11* 63 109+11*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

2.3 Alternances en 2019

 

Six alternances ont eu lieu en 2019 :

Date Pays Type

Régime

Président ou parti victorieux Durée

pouvoir

28.04.19 Bénin TCII>Dict.S L Alternance : Union progressiste + Bloc républicain (tous les 2 Patrice Talon) 83 / 83 3 (0)
22.06.19 Mauritanie Dict.S P Alternance : Mohamed Cheikh El-Ghazouani (UPR) 52,01% 0 (10)
15.09.19

13.10.19

Tunisie Démo P Alternance : Ennahda (Rached Ghannouchi) 52 / 217, Qalb Tounès (Nabil Karoui) 38 … 0
06.10.19 Tunisie Démo L Alternance : Kaïs Saïed (Indépendant) 72,71 % 0
12.12.19 Algérie DS>TCII P Alternance : Abdelmadjid Tebboune (Indépendant) 58,13 % 0
24.11.19

29.12.19

Guinée Bissau TCII P Alternance : Umaro Sissoco Embaló (Madem) 53,55 % T2 0

 

Seules les 2 alternances de président et d’Assemblée en Tunisie se sont faites dans un cadre démocratique correct. Les nombreuses élections en démocratie de 2019 (18 dont 14 en démocratie bien établie) n’ont amené que deux alternances, ce qui est un chiffre très bas.

 

L’arrivée au pouvoir d’Umaro Sissoco Embaló (Madem) en Guinée Bissau est très contestée et crée une nouvelle crise dans ce pays, cette fois concernant le comptage des voix. Umaro Sissoco Embaló est fortement soutenu par Denis Sassou ce qui prouve déjà de sa part un défaut d’attachement à la démocratie.

 

En Algérie, la victoire d’Abdelmadjid Tebboune comme candidat indépendant à 58,13 %, lors d’un scrutin en partie boycotté par la population reflète un compromis entre l’armée, le système FLN dégradé et la contestation populaire. C’est surtout le boycott des candidats hors-système au niveau candidature qui reflète le caractère non démocratique en amont du processus même si le processus a semblé démocratique le jour de vote et à la compilation.

 

Au Bénin, les législatives d’où ont été exclus tous les partis d’opposition par des méthodes administratives ont marqué le passage en dictature, mais elles correspondent à une alternance à l’assemblée suite à la victoire de Talon en 2016 resté ensuite sans majorité claire à l’assemblée.

 

L’ « inversion de résultat par suppression du second tour » du candidat de la dictature à la présidentielle en Mauritanie est passé presque inaperçu au niveau international, l’opposition choisissant ensuite d’éviter la confrontation et le pouvoir tentant conserver une bonne image.

 

Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de président dans une élection depuis 1990 a baissé de 20 à 18, en raison des alternances en Guinée Bissau et en Mauritanie. Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de parti au gouvernement depuis 1990 est resté stable à 26. Le nombre de pays ayant vécu une alternance complète de président et de parti de gouvernement est resté stable à 30. Une nouvelle fois, aucun ancien parti unique des années 80 n’a perdu le pouvoir et au contraire. 14 ex partis uniques sont au pouvoir depuis 1990 et 4 sont revenus au pouvoir.  (cf graphe suivant)

 

Comparaison du nombre de pays sans alternance depuis 1990, gouverné par un ancien parti unique, en dictature

Du point de vue des alternances, la démocratie n’a pas encore pas gagné de nouveau pays en 2018 car les changements des présidents en Mauritanie et en Guinée Bissau ne correspondent pas à des passages en démocratie. Le nombre de dictatures (24) reste proche du nombre de pays sans alternance de parti au pouvoir (26) ou sans alternance complète (25).

 

Si des alternances sans démocratisation comme en RDC fin 2018-début 2019 puis en Mauritanie en 2019 sont jugées trop favorablement sans tenir compte des conditions d’arrivée au pouvoir dans beaucoup de cas non démocratiques, l’effet sera de favoriser volontairement ou non l’installation des dictatures de partis politiques. Les changements de chef d’Etat sans changement de parti au pouvoir se multipliant.

 

2.4 Elections en dictature : suite des inversions de résultats de présidentielles

 

L’année 2019 a brisé la glace : l’impunité est totale en ce qui concerne les inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle en Afrique francophone. Après l’innovation de Joseph Kabila qui a inventé l’inversion en faveur d’un opposant retourné juste avant le scrutin en concomitance avec les inversions de majorité des législatives et provinciales, Mohamed Cheikh El-Ghazouani a réussi à inverser un résultat en éliminant un second tour avec alliance et victoire probable de l’opposition au 2nd tour, sans que cela ne se remarque trop.

 

NB : En Février 2020, au Togo, une quinzième inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat est commise par Faure Gnassingbé, toujours en éliminant le 2nd tour où une alliance de l’opposition était probable.

 

 

Quatre présidentielles ont été gagnées par des chefs d’Etat en dictature stable, aux Comores et au Mozambique, par un détournement en amont du processus, en Mauritanie grâce à une inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat, et en Algérie par un détournement en amont avec boycott qui est spécifiquement un boycott des candidatures encore plus qu’un boycott du vote lui-même, sachant Abdelmadjid Tebboune est pour l’instant au pouvoir dans une période d’instabilité intermédiaire (TCII) sur une base structurelle de dictature avec possibilité d’évolution positive ou négative.

 

 

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2019

 

Avec 11 législatives et 13 présidentielles dont 3 par un parlement, l’année 2019 contenait un nombre assez élevé de scrutins. 5 sur 24 se sont déroulés en dictatures stables plus un équivalent en Algérie. L’année est une année record en nombre de scrutins de qualité démocratique correcte, puisque leur nombre de 16 atteint le précédent record de 2011.

 

Synthèse évolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2018, présidentielles et législatives ensemble

582 élections incluant 45 élections du président ou 1er ministre par le parlement

La diminution du nombre d’élections mal organisées dans des pays en Transition vers la démocratie, dans des situations complexes, des régimes intermédiaires ou indéterminés (TCII) continue. Une présidentielle douteuse a eu lieu en Guinée Bissau. Une mauvaise surprise est venue du Malawi ou une élection a dû être annulée dans un contexte au départ démocratique devenant ensuite instable. La présidentielle algérienne se remarque également en 2019, un détournement de processus électoral en amont ambigu car présentant sans doute aussi des aspects positifs intéressants en dépit du risque de maintien de la structure dictatoriale.

 

De 1990 à 2018, 262 présidentielles et législatives sur 582 (257 sur 558 fin 2018, 245 sur 540 fin 2017, 239 sur 523 fin 2016, 231 sur 499 fin 2015) ont été organisées dans des dictatures stables. Seulement 188 scrutins sur 558 ont été organisés dans des démocraties bien installées (174 sur 558 fin 2018, 168 sur 540 fin 2017, 163 sur 523 fin 2016, 151 sur 499 fin 2015). Les 132 derniers l’ont été dans des contextes intermédiaires et complexes ou des transitions de la dictature vers la démocratie (TCII). Quasiment tous les processus électoraux détournés ou au résultat inversé (ensemble des mascarades) sont advenus en dictature, 251 sur 294 (246 sur 288 fin 2018, 234 sur 276 fin 2017, 228 sur 270 fin 2016, 220 sur 262 fin 2015). 177 processus électoraux corrects sur 264 sont advenus en régime de démocratie (164 sur 250 fin 2018, 158 sur 244 fin 2017, 153 sur 234 fin 2016, 143 sur 220 fin 2015). NB = Données du graphe 8.8 non présenté.

 

MOE-UE et politique européenne

 

En 2019, la politique européenne a continué son désengagement démarré en 2016 dans la communication du SEAE et de Federica Mogherini. La négociation de l’accord Post-Cotonou a concentré les efforts, alors que dans cette négociation, le poids du lobby des dictateurs africains bien présent à l’Union africaine s’est fait sentir. Il est surtout resté comme action de l’Ue, les missions d’observations électorales, qui n’arrivent cependant pas à agir dans les espaces non démocratiques figés. Les MOE-UE ont été présentes pour observer 9 processus électoraux sur 24, ce qui est beaucoup :

  • la présidentielle au Sénégal (députée Elena Valenciano Martínez-Orozco) (démocratie)
  • la présidentielle et les législatives au Malawi (député Miroslav Poche) (démocratie>TCII)
  • la présidentielle et les législatives au Nigéria (députée Maria Arena) (démocratie)
  • la présidentielle et les législatives au Mozambique (député Ignacio Sánchez Amor) (dictature stable)
  • la présidentielle et les législatives en Tunisie (député Fabio Massimo Castaldo) (démocratie)

 

Les MOE-UE au Mozambique sont censées participer à un retour à la paix mais il n’est pas évident que leur apparition cyclique soit encore utile.

La MOE-UE du Malawi a été confronté à une surprise, vue d’Europe : un scrutin avec des fraudes conséquentes dans un contexte antérieurement démocratique. L’observation européenne n’a pas anticipé l’annulation du scrutin par la justice. Est-ce que la sensibilité du jugement n’a pas été trop grande en raison d’une comparaison induite avec des scrutins dans des pays où les méthodes de détournement des processus électoraux sont organisées à une beaucoup plus grande échelle ? Si les MOE-UE veulent participer à aider à poursuivre des processus de démocratisations déjà avancées dans des pays où les institutions sont assez solides, elles ne peuvent que faire varier le référentiel sous-jacent à leurs observations. Il y a nécessairement un écart de sensibilité entre les observations lors d’une inversion de résultat violente au Gabon en 2016 ou un détournement de processus en amont au Zimbabwe en 2018 et des fraudes au Malawi qui modifient un résultat proche de l’égalité dans un contexte au départ démocratique. Dans un tel cas, une contestation d’un résultat proche de l’égalité crée une tension qui peut elle-même fragiliser le système au départ démocratique. Elle implique une élimination des doutes sur les résultats, un objectif qui n’a aucun rapport avec les fraudes beaucoup plus importantes dans les pays non démocratiques avec impossibilité de recours réel selon des voies légales.

 

Processus électoraux en dictature stable et en régime ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé’ (TCII) de 1990 à 2019

Après une accalmie en 2017 et le pic de 12 occurrences en 2018, 6 élections non démocratiques marquent une nouvelle ‘accalmie’ en 2019. Il se remarque une absence d’élection non démocratique remportée par un président en place depuis plus de 10 ans, ce qui n’était pas arrivé depuis 2007 (et 1995). L’accalmie est en partie due au report de 6 élections en 2020 dont trois législatives non démocratiques au Tchad, au Cameroun et en Guinée.

 

3.     Perspectives 2020 :  léger pic électoral de 24 à 28 scrutins assez équilibré

3.1 Calendrier 2020 : données principales résumées

En raison du grand nombre de reports d’élections, 6 législatives et 1 présidentielle, l’année 2020 sera un pic électoral de niveau moyen en nombre d’élections présidentielles et législatives, avec 28 scrutins prévus, dont 2 en Libye seront probablement retardés. Avec un autre report possible en Centrafrique, le total pourrait descendre à 24.

 

L’année sera équilibrée entre présidentielles et législatives (14-14), et le nombre de processus électoraux en cadre démocratique ou en cadre de transition, instable ou complexe favorable à la démocratie (16) dépassera le nombre de ceux en cadre non démocratique bien établi (12). La première partie de l’année sera marquée par les scrutins non démocratiques alors que les scrutins démocratiques se concentreront sur la fin de l’année.

 

3.11 Données électorales 2020

 

Résumé 2020 : présidentielles et législatives

28 élections (26 probables sans Libye, 24 sans Centrafrique) :

  • 13 présidentielles dont 1 par parlement (premier ministre Ethiopie)
  • 15 législatives
  • 16 processus électoraux dans un cadre démocratique : 7 présidentielles, une élection de 1er ministre par parlement et 8 législatives
  • 12 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous) : 5 présidentielles et 7 législatives
Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2020 7+1* 8 15+1* 5 7 12 12+1* 15 27+1*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement

 

Liste des 15 législatives, 13 présidentielles et 1 élections de président par parlement :

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous les 5 ans : janvier)

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

22 février 2020 : présidentielle Togo (un tour sur 2)

Mars 2020 : législatives Guinée (tous 5ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

19 mai 2020 : présidentielle Malawi après annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous 5 ans : juin ?)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous 5 ans : juillet ?) (limite 2×5  2nde fois Nkurunziza)

29 août 2020 : législatives Ethiopie + élection 1er ministre (Conseil représentants des peuples)(tous 5 ans : mai ?) (Tcii 2018)

28 octobre 2020 : présidentielle Côte Ivoire (limite2x5 atteinte pour Ouattara)

2020 : présidentielle Guinée (tous les 5 ans : octobre ?) (limite 2×5 ans atteinte pour Condé) (DS2018)

2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

Novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

13 décembre 2020 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019)

2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

2020 : législatives Somaliland (report depuis 2010)

Potentiellement reportée en 2021 :

2020 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

Décembre 2020 ou février 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : décembre 2020 ou février 2021 ?)

Très incertaines en 2020, probablement reportées :

2020 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

2020 ? : législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

NB : Avec 2e tour présidentielle Niger en 2021

 

Présidentielles Législatives Total
Processus électoraux démocratiques (**) 7+1* 8 15+1*
Processus électoraux en régime non démocratique 5 7 12
Total 12+1* 15 27+1*
  • ** : Y compris dans des pays en régime instable, suite de guerre, transition réelle vers la démocratie (en Tcii).

 

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 7.3.20

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[7]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 6+3* 9 15+3* 4 2 6 10+3* 11 21+3*
2020 7+1* 8 15+1* 5 7 12 12+1* 15 27+1*
2021 5+1* 4 9+1* 4 3 7 9+1* 7 16+1*
2022 3+1* 6 9+1* 1+1* 4 5+1* 4+2* 10 14+2*
Total 27+9* 35 62+9* 19+2* 28 47+2* 46+11* 63 109+11*
  • NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Bénin et Comores en DS en 2020, Algérie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement
  • ** : Y compris dans pays en régime instable, en suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

Evolution de la nature du régime perceptible en 2019 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.S Comores P 2020 passe en gras OK
TCII>Dict.S Bénin L 2020 passe en gras OK
Dict.S>TCII> Soudan P+L 2022 passe en non-gras OK
Dict.S>TCII Algérie P 2019 resté idem en gras OK
Démo> TCII Zambie idem
Démo> TCII Malawi idem : annulation > +1 élection
TCII>Démo Niger idem

 

3.12 Cas de la présidentielle au Togo du 22 février 2020 (déjà passée)[8]

Les inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle ne sont pas facilement prévisibles mais celle du Togo était prévue bien avant le 22 février 2020. Après le rajout d’un second tour, il était attendu que Faure Gnassingbé aille jusqu’à s’attribuer arbitrairement plus de 50% au premier tour en empêchant ainsi un second tour où l’alliance d’une opposition aurait pu montrer la faiblesse réelle de son électorat. En outre, l’historique électoral du Togo depuis 1990 ou 2005 montre le savoir-faire du régime RPT-UNIR en criminalité électorale. En particulier, des inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat ont déjà eu lieu au Togo en 1998 et 2003.

 

Pour ce faire, Faure Gnassingbé comme en 2010 et 2015 a bénéficié du soutien d’acteurs influents à l’UA et la CEDEAO qui lui ont garanti une observation sans aucune douleur. Il a utilisé les mêmes méthodes qu’en 2010 et 2015 pour mettre des media internationaux et surtout français de son côté. Par ailleurs, depuis l’instrumentalisation de sa MOE-UE en 2010 à cause de Louis Michel, l’UE est neutralisée au Togo.

 

Le 10 mars 2020, le parti Alliance Nationale pour le Changement parle dans un communiqué de « chiffres préfabriqués par la CENI », et de « mystification » de la Cour constitutionnelle qui « ne repose sur aucun résultat provenant des procès-verbaux régulièrement validés par les 9 389 bureaux de vote » et demande l’annulation du scrutin après avoir saisi la Cour de justice de la CEDEAO. Peu de données apparaissent encore sur la répartition des modifications de scores entre fraudes en amont, bourrage d’urnes, modification des procès-verbaux à la clôture des bureaux, modifications ultérieures des procès-verbaux, modifications des résultats à la CENI, et c’est pourquoi il sera difficile dans un contexte de répression de montrer que Faure Gnassingbé ne dépassait pas les 49% au premier tour, était deuxième derrière Agbéyomé Kodjo et était en position de perdre au second tour. Comme en 2010 et 2015, le pouvoir a réussi à empêcher l’opposition de disposer d’assez de procès-verbaux pour faire une démonstration mathématique.

 

Comme cela est souligné en sous-entendu par l’ambassade des Etats-Unis, un début de preuve de la culpabilité du duo Gnassingbé-CENI réside dans le refus de publier les procès-verbaux détaillés. La presse togolaise a pu expliquer que Faure Gnassingbé voyant « les premières tendances des résultats arrivées à la Ceni » donnant « une nette avance pour Agbéyomé Kodjo » a demandé aux « préfets » et surtout à « une dizaine » de « préfets militaires » d’intervenir pour gonfler les scores. Il serait en réalité normal que Faure Gnassingbé prouve qu’il n’a pas fraudé, ce qu’il ne fera évidemment pas, puisque ces élections n’ont encore une fois de plus aucun rapport avec la démocratie. Comme en Mauritanie en 2019, au regard des informations disponibles après le scrutin, l’inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle par suppression du second tour peut être considérée comme extrêmement probable malgré l’absence de preuves formelles à disposition de l’opposition, des media ou des chercheurs dans les semaines suivant le scrutin.

 

3.13 Principaux enjeux politiques autour des élections en 2020

Les élections les plus sensibles de l’année seront sans doute les législatives en Guinée, prévues en Mars 2020 mais dont l’organisation est complètement dérangée par le boycott et par le rejet populaire d’un référendum constitutionnel en raison de la volonté d’Alpha Condé de mettre à zéro (ou un) son compteur de mandats, d’une manière contraire aux normes démocratiques, l’organisation du référendum n’étant ni consensuelle ni inclusive. Ses élections confirmeront sans doute le maintien de la dictature d’Alpha Condé ou pourrait au contraire aboutir au départ du chef de l’état maintenant rejeté par les opposants, pour le coup clairement du côté ‘démocrate’.

 

La présidentielle du 19 mai 2020 au Malawi pourrait permettre le rétablissement d’un fonctionnement démocratique si Peter Mutharika ne décide pas du contraire, comme il semble le faire en arrêtant le 8 mars 2020, les dirigeants de la Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC), leaders de la contestation. Elles seraient l’occasion de (re)lancer un débat sur l’amélioration de la qualité des processus électoraux, dans l’amélioration des voix de recours grâce à la séparation effective des pouvoirs, ce qui pourrait aboutir à afficher le grand retard pris par les pays francophones dans la construction des institutions nécessaires à la démocratie par rapport aux pays anglophones.

 

Les élections du Burundi vont probablement montrer un certain échec des efforts internationaux et africains. Si la paix est sauvée et que certains opposants rentrent, ils rentrent dans une dictature solide parmi les plus violentes d’Afrique.

 

Les élections de fin d’année en Centrafrique, pourrait montrer exactement le contraire de celles du Burundi, que des efforts internationaux et africains sur le maintien de la paix et sur le renforcement du fonctionnement démocratique peuvent être correctement menés de front, même si cela est lent et difficile.

 

En Ethiopie, les législatives prévues le 29 août 2020 vont confirmer ou pas une démocratisation réelle. L’EPRDF qui était un ‘parti unique de fait’ sans aucune concurrence a été dissout le 1er décembre 2019. Le parti de la Prospérité d’Abiy Ahmed revendique d’avoir récupéré l’essentiel des députés de l’ancienne coalition unique EPRDF. Les divisions régionales remontent à la surface et des tensions redémarrent avec la liberté d’expression et de manifestation, en particulier sur les campus universitaires.

 

L’enjeu de la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire est aussi crucial. Le régime mis en place avec l’aide de Nicolas Sarkozy en 2011 a profité d’une certaine propagande pour cacher sa nature peu démocratique depuis 2011. Les dirigeants français parrains indéracinables des présidents ivoiriens n’avaient rien à gagner à laisser un 3e mandat déstabiliser une nouvelle fois le pays et ils ne feront sans doute rien contre le scénario prévisible d’un détournement du processus électoral en amont de la présidentielle de 2020, par des manipulations sur le fichier électoral en particulier. Une alternance au sein du parti au pouvoir en 2020 sauverait les apparences pour les soutiens internationaux du régime, n’apporterait pas la démocratie, mais empêcherait que la tension ne remonte, dans un pays vu internationalement comme un pays en ‘suite de guerre’.

 

Enfin, les législatives tant attendues au Tchad montreront si le régime très militaire d’Idriss Déby très soutenu à Paris réussit comme d’habitude lors de chaque processus électoral à écraser les démocrates et si les acteurs internationaux et africains continuent de se taire.

 

L’année 2020 sera donc une année pleine d’enjeux majeurs au niveau électoral malgré les blocages instaurés par les régimes non démocratiques.

 

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2020 selon le type de régime en 2019 (et 2020)

Rappel : A partir de la nature des régimes organisateurs des élections et selon le contexte actuel entourant chaque processus électoral, il est possible d’envisager la qualité des différents processus électoraux. Le classement utilisé ci-dessous est celui de l’étude du 27 avril 2017[9], comprenant 5 catégories de processus électoraux en dictature stable étendu aux élections en période TCII et en démocratie avec ajout d’une 6e catégorie concernant uniquement les pays en TCII et en démocratie :

  • processus électoral détourné en amont avec boycott de l’opposition réelle,
  • processus électoral principalement détourné en amont, principale catégorie en dictature stable,
  • processus électoral avec principalement des fraudes massives le jour du vote,
  • processus électoral avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats
  • processus électoral douteux (en TCII et démocratie uniquement)
  • processus électoral corrects (en dictature : rares cas d’exceptions à la règle des élections en dictature).

 

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Prévision du type de processus électoral[10]

(selon type de régime organisateur)

Réel

/

Prévision

19.01.20 Comores Dictature.S L Détourné en amont + boycott <7.3.20
09.02.20 Cameroun Dictature.S L Détourné en amont + boycott <7.3.20
22.02.20 T1 Togo Dictature.S P Inversion de résultat probable <7.3.20
Mars 20 Guinée Dictature.S L Détourné en amont + boycott
29.03+19.04 Mali Démocratie L Correct
19.05.20 Malawi TCII>Démo? P Correct
20.05+19.06 Burundi Dictature.S L+P Détourné en amont
29.08.20 Ethiopie TCII L+Pparl Correct avec risque de continuité avec ancien parti unique de fait
Octobre Côte Ivoire Dictature.S P Détourné en amont : fichier +…
Octobre ? Guinée Dictature.S P Selon état pays après législatives :

détourné en amont ou correct ?

Peu prévisible
Octobre ? Tanzanie Dictature.S L+P Détourné en amont
Novembre Egypte Dictature.S L Détourné en amont
22.11.20 Burkina Faso Démocratie L+P Correct
Nov ou déc. Ghana Démocratie L+P Correct
13.12.20 Tchad Dictature.S L Détourné en amont +JJ + aval
Décembre ? Seychelles Démocratie P Correct
27.12.20 Niger Démocratie L Correct
27.12+14.2.21 Niger Démocratie P Correct (T2 14.2.2021) T2 2021
2020 ? Somaliland TCII L Correct (sauf 3 partis maximum)
Dates incertaines :
Fin 2020 ? Centrafrique TCII L+P Correct malgré manque maîtrise
Dates très incertaines :
2020 ? Libye TCII L+P Report probable ou sinon

douteux (détourné amont/correct?)

 

La qualité du processus électoral est difficile à prévoir dans des cas de régimes intermédiaires, complexes ou instables, par exemple en Libye, sachant que les élections libyennes risquent d’être repoussées en 2021 ou au-delà. L’évolution de la Guinée est imprévisible. Récent dictateur encore assez faible, Alpha Condé n’est pas encore assuré de réussir à imiter les dictateurs d’Afrique centrale en imposant son ‘droit’ au 3e mandat contre la constitution. Si les législatives prévues en mars sont sacrifiées par les démocrates qui les boycottent, la possibilité pour Alpha Condé de s’imposer ensuite en détournant un autre processus électoral à la présidentielle est aléatoire. Le pays devrait passer en période d’instabilité incertaine en raison des manifestations contre un 3e mandat.

 

Rappel : Les processus électoraux détournés en amont avec ou sans boycott de l’opposition réelle, avec principalement des fraudes massives le jour du vote, et avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, sont, dans le classement suivant, regroupés sous l’étiquette « mascarade ». « Mascarade » signifie dans cette étude « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou en amont et le jour du vote, ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats » et « ≥ 10 ans » signifie « après plus de 10 ans de pouvoir ».

Pays Présidentielles
Type régime Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10 ans

Dictatures S. Burundi

Côte Ivoire

Guinée (?) (DS>TCII)

Tanzanie

Togo

 

TCII Malawi (TCII>Démo ?)

Ethiopie *

Centrafrique

Libye (NB : Guinée en instabilité ?)
Démocraties Burkina Faso

Ghana

Seychelles

Niger

(NB : Malawi revenu en démocratie)

Totaux 7 1 0 4 1

Total : 13 dont 1 par parlement* et dont 4 avec processus électoraux détournés en amont (5 prévues au départ avec Togo finalement au résultat inversé).

 

Pays Législatives
Type régime Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures S. Comores

Egypte

Cameroun

Guinée (DS>TCII)

Burundi

Tanzanie

Tchad

TCII Ethiopie

Somaliland

Centrafrique

Libye NB : Guinée en instabilité ?)
Démocraties Mali

Burkina Faso

Ghana

Niger

Totaux 7 1 0 2 5

Total : 15 législatives dont 7 avec processus électoraux détournés en amont dont un avec un complément de fraudes prévisibles le jour du vote et en aval au Tchad.

 

Prévision du bilan de la qualité des processus électoraux en 2020

Présidentielles Législatives Total
Correctes 7 dont par parl. 7 14
Douteuses 1 1 2
Mascarades en TCII 0 0 0
Mascarades 4 2 6
Mascarades ≥ 10 ans 1 5 6
13 15 28

L’année 2020 devrait être proche d’un certain ‘équilibre’ entre processus électoraux démocratiques (14) et processus électoraux non démocratiques (12) ou contestables en raison de difficultés d’organisation (douteux) (2). L’année 2020 sera aussi marquée par la quantité de scrutins dans des phases ‘Transition vers la démocratie, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII)’, autant qu’en démocratie bien établie. Ces élections sont prévues au Malawi, en Ethiopie, au Somaliland, s’il n’y a pas de report en Centrafrique et en Libye. Les élections en Guinée seront sans doute aussi en régime instable, avec possibilité d’intervention internationale.

Pays Présidentielles Législatives Totaux
Type régime Cor Dout Masc.

En TCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc.

enTCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc Total
Dictatures S. 4 1 2 5 12 12
TCII 3 1 3 1 6 2 8
Démocraties 4 4 8 8
Totaux 7 1 0 4 1 7 1 0 2 5 14 2 12 28

 

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2020 avec prévision pour 2020

Total Mascarade Douteuses Correctes
1990-2015 499 262 19 218
2016 24 8 2 14
1990-2016 523 270 21 232
2017 17 6 1 10
1990-2017 540 276 22 242
2018 18 12 0 6
1990-2018 558 288 22 248
2019 24 6 2 16
1990-2019 582 294 24 264
2020 28 12 2 14
1990-2020 510 306 26 278

 

3.3 En 2020, la suite des difficultés dans les ex-colonies françaises et en Afrique francophone

 

Ex-colonies Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
Françaises 3 4 7 3 4 7 6 8 14
Belges 0 0 0 1 1 2 1 1 2
Britanniques 3 2 5 1 2 3 4 4 8
Portugaises 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Italiennes 1 (reportée ?) 1 (reportée ?) 2 ? 0 0 0 1 ? 1 ? 2 ?
Espagnole 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Sans 1* 1 1+1* 0 0 0 1* 1 1+1*
Total 7+1* 8 15+1* 5 7 12 12+1* 15 27+1*

 

Sur 28 élections (26 probables sans Libye, 24 sans Centrafrique et Libye), 14 auront lieu dans les ex-colonies françaises et 16 en Afrique francophone avec le Burundi, contre 8 dans les ex-colonies britanniques. Parmi les 16 processus électoraux dans un cadre démocratique, 7 auront lieu dans les ex-colonies françaises et 7 en Afrique francophone contre 5 dans les ex-colonies britanniques. Sur les 12 processus électoraux dans un cadre non démocratique, 7 auront lieu dans les ex-colonies françaises, et 9 en Afrique francophone avec le Burundi contre 3 dans les ex-colonies britanniques.

 

Côté ex-colonies britanniques, les élections non démocratiques seront remarquées en Tanzanie et en Egypte. Côté ex-colonies françaises, elles se remarqueront aux Comores, en Guinée, au Cameroun, au Togo, au Tchad, en Côte d’Ivoire. Côté francophone, se rajouteront les élections au Burundi. La concentration des crimes électoraux et des conflits va se poursuivre dans les ex-colonies françaises en 2020.  Cela devrait normalement renforcer la perception d’un retard qui se creuse entre Afrique francophone et anglophone au niveau nature des régimes politiques et qualité des processus électoraux.

 

La possibilité hors dictatures d’améliorer les processus électoraux, par du soutien technique en amont et des missions d’observation, pourra être encore visible, en Ethiopie, au Mali, peut-être en Guinée, en Centrafrique et en Libye si cela n’est pas reporté dans ces deux derniers pays.

 

Dans ce contexte, les locales vont continuer de passer inaperçues bien qu’elles permettent d’enraciner la démocratie. La question des limitations du nombre de mandat va continuer de provoquer des conflits, en Guinée principalement.

 

 

Conclusion

 

L’année 2019 a commencé par un paroxysme historique de la criminalité électorale en Afrique, lors des multiples inversions de résultats en janvier 2019 en RDC. Puis une suite d’élections démocratiques en 2019 a redonné une image plus positive des élections en Afrique. Les mobilisations populaires en Algérie et au Soudan et la transformation rapide de l’Ethiopie ont également relancé les espoirs de progrès. Le drame de Kinshasa continue d’infuser son poison mais de manière plus discrète sans que l’on puisse bien suivre cette diffusion. L’année 2019 est paradoxalement celle du constat du paroxysme de criminalité électorale à Kinshasa et de l’égalisation du record de nombre de processus électoraux de qualité démocratique correcte.

 

Une régression de la démocratie en Afrique anglophone semble maintenant apparaître au Malawi et en Zambie, après le Kenya en 2017, mais cette régression n’est pas comparable à celle brutale de certaines ex-colonies françaises en 2018 et 2019, en particulier au Bénin, aux Comores et en Guinée. La Zambie est en difficulté depuis 2016 et, au Malawi, la contestation de la présidentielle a finalement conduit à son annulation début 2020. Même si les enjeux sont importants surtout quand des scores sont proches de l’égalité, pour l’instant, ces difficultés côté anglophone mettent en évidence des sortes de réglages à améliorer dans des systèmes institutionnels plus structurés et crédibles que dans ceux présents en Afrique francophone. La contestation et les recours selon les voies légales devant des institutions indépendantes semblent de plus en plus possibles en Afrique anglophone et toujours totalement impossibles dans la plupart des pays francophones qui en auraient besoin. A ce stade, il devient difficile de comparer les Afrique anglophone et francophone selon des critères identiques. En outre, la conceptualisation internationale des processus électoraux est dominée par des travaux en langue anglaise, ce qui facilite la tâche des régimes francophones non démocratiques qui réussissent facilement à terminer des détournements de processus électoraux par des mascarades judiciaires devant de fausses Cours constitutionnelles selon une méthode criminelle peu concevable dans l’espace anglophone.

 

Le 4 mars 2020, le philosophe Achille Mbembe écrit dans le journal Le Monde à propos du Cameroun : « En admettant publiquement qu’il était intervenu dans la libération du principal opposant au régime en place, il (Emmanuel Macron) aurait foulé aux pieds la souveraineté d’un pays qui, en soixante ans d’indépendance, n’aura témoigné que mépris et dédain à l’égard de ceux de ses enfants qui se sacrifièrent autrefois pour sa libération du joug colonial… Ainsi fonctionnent les Etats voyous d’Afrique centrale, créatures monstrueuses de la Ve République et derniers avatars de la Françafrique, ce pacte faustien qui aura lié la France à ses anciennes possessions coloniales depuis les années 1960, et qui, mine de rien, est devenu un boulet puant pour la France… Aux yeux de beaucoup en effet, la France ayant été si profondément impliquée dans la consolidation de la tyrannie en Afrique, que l’avènement de la démocratie, la jouissance des libertés fondamentales et la réalisation du rêve panafricaniste ne seront possibles qu’au prix d’une rupture radicale des liens avec l’ancienne puissance coloniale. C’est en particulier le cas au Cameroun, où une kleptocratie à bout de souffle s’efforce activement d’instrumentaliser le ressentiment anti-français dans le but de réengranger un minimum de légitimité et de conforter son impunité. » L’écart entre bilan électoral francophone et anglophone sape la légitimité d’une influence française en Afrique et le Cameroun est devenu, en 2019, le symbole du malaise persistant dans la relation entre la France et l’Afrique parce que cohabitent dans ce pays des espaces francophone et anglophone.

 

Jusqu’où l’Afrique francophone peut-elle se permettre d’accumuler du retard sans souffrir globalement, politiquement, économiquement et sécuritairement de ce retard ? Le professeur Nic Cheeseman de l’Université de Birmingham parle le 5 mars 2020 d’une « fracture démocratique croissante » alors que les exigences augmentent dans certains pays et que dans d’autres pays la répression s’accroit. Cette « fracture démocratique croissante » est associée à l’écart qui se creuse entre Afrique anglophone et francophone parce que les régimes dictatoriaux sont de plus en plus concentrés dans l’espace francophone et que les méthodes de détournement des processus électoraux qui y sont pratiqués sont à un niveau bien plus élevé de criminalité. En y ajoutant celle de Février 2020 au Togo, 14 des 15 inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat depuis 1990 ont eu lieu en Afrique francophone, dont 13 dans les ex-colonies françaises.

 

Alors que les dictatures qui étaient menacées entre 2015 et 2017 de perdre leur majorité en nombre, se sont ressaisies et ont pu applaudir le coup majeur réussi à Kinshasa début 2019, la perte de crédibilité des institutions panafricaines et en particulier de l’Union africaine renvoie à l’observation de processus nationaux autonomes. Les démocrates du Soudan, d’Algérie, d’Ethiopie, de Guinée, savent qu’ils et elles n’ont rien à attendre de l’UA, de l’ONU ou même de l’UE quand elle s’oblige à suivre les principes de subsidiarité et de complémentarité entre Ua, Onu et Ue. L’année 2019 a été une année de statu quo au niveau de la relation entre Ue et Ua pendant que l’Europe renouvelait ses institutions et ce statu quo risque de se prolonger en 2020 pendant la suite des négociations de l’accord ACP-Ue.

 

Quand les dictatures réussissent à se maintenir par de nouveaux crimes électoraux, il se crée un décalage de plus en plus grand entre les populations et les dirigeants. Alors que depuis deux ans, la perspective d’une bascule démocratique continentale tant espérée s’éloigne, il est maintenant impossible de savoir combien de temps les régimes dictatoriaux réussiront à conserver une majorité continentale. D’un côté, la tendance est au passage en dictature de parti politique avec alternance de chef de l’Etat. D’un autre côté, les évolutions au Soudan, en Algérie, mais aussi au Cameroun, en Guinée ou au Malawi correspondent à des failles dans un système continental figé et trop peu évolutif. Ces évolutions restent principalement sous influence de facteurs nationaux spécifiques. Dans ce contexte, une autre tendance nouvelle se précise, d’une politique d’influence par bloc régionaux. La démocratie serait renforçable en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe. En Afrique de l’Ouest, les progrès s’envisagent sans vouloir toucher à l’axe Paris-Abidjan. Avec pour priorité la paix et la sécurité, l’Afrique de l’Est peut s’attendre à des progrès en termes de gouvernement qui facilite le maintien de la paix. L’Afrique du Nord conserve une gestion spécifique liée au Moyen-Orient. L’Afrique centrale est presque totalement abandonnée à son triste sort, en attendant qu’une autre faille s’y ouvre.

 

Régis Marzin,

Paris, 11 mars 2020

 

 

ANNEXES

A.    Historique 2019 : année électorale réelle

 

Résumé 2019 : présidentielles et législatives

24 élections :

  • 13 présidentielles dont 3 par parlement
  • 11 législatives
  • 18 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 6 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous)

 

Liste des 11 législatives, 10 présidentielles, 3 élections de chef de l’exécutif par parlement de 2019

23 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars)

23 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars)

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars)

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (report du 18 novembre 2018)

24 mars 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Comores et Gouverneurs des Iles (avancée 2021)(Démo>Tcii 2018)

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril) (Démo>Tcii en 2018)

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud et élection du président par le parlement

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai)

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai)

27 mai 2019 : législatives Madagascar (reportées de tous 5 ans : oct-déc 2018)

22 juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin) (limite 2x5ans atteinte pour Aziz)

15 septembre et 13 octobre 2019 (2nd tour après législatives) présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc)

6 octobre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc)

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre)

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre)

23 Octobre 2019 : législatives Botswana et élection président par parlement (tous 5 ans : octobre)

7 novembre 2019 : législatives Ile Maurice et élection 1er ministre par le parlement (tous 5 ans, décembre)

27 Novembre 2019 : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre)

27 Novembre 2019 : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre)

12 décembre 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril, report du 18 avril et du 4 juillet)

24 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous 5 ans : avril, report après législatives mars)

 

Reportées en 2020 :

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

16 février 2020 : législatives Guinée (tous 5 ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

2020 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019)

2020 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

2020 ? : législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

2020 : législatives Somaliland

Avant fin mai 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

 

Source : Historique électoral 2019 au 7.3.20 (qui continuera d’être mis à jour) :

https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#19

 

23 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars, report du 16.2.19, source16.2.19, authentification biométrique le jour du vote, src, 7e utilisation en Afrique, src, Muhammadu Buhari (APC) 15 191847 voix = 55.60%, Atiku Abubakar (PDP) 11 262 978 = 41.22%, participation 34,75%, src)

 

23 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars, report du 16.2.19, source16.2.19, authentification biométrique le jour du vote, src, 7e utilisation en Afrique, src, All Progressives Congress (APC) 216 / 360, People’s Democratic Party (PDP) 114, All Progressives Grand Alliance (APGA): 10, petits partis 10 + 10 encore à déterminer 17.3.19, src)

 

23 février 2019 : sénatoriales Nigéria (tous 4 ans : mars, report du 16.2.19, authentification biométrique le jour du vote, src, 7e utilisation en Afrique, src, All Progressives Congress 56-65 / 109, People’s Democratic Party 37-39, src, src2)

 

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous 7 ans : février-mars, date, promesse Macky Sall de ramener mandat à 5 ans sur mandat en cours abandonnée 16.2.16, src, contestation élimination des candidats Karim Wade et Khalifa Sall, src, Macky Sall (Benno Bokk Yakaar) 2.555.426 voix = 58,26 %, Idrissa Seck 20,51 %, Ousmane Sonko 15,67 %, Issa Sall 4,07%, Madické Niang 1,48 %, src, participation 66,23%, src)

 

9 mars 2019 : élections assemblée des Etats (régionales) et des gouverneurs des Etats Nigéria dans 29 Etats sur 36, src3 (tous 4 ans : avril, 3.19, state local assembly = assemblée des Etats et pas locales, malentendu posssible, src, résultat invalidés 12.3 dans 6 états sur 36 dont 5 où PDP gagnant, résultat 12-13.3 : APC 13 / 36, PDP 9, annulé 6, ? 1, src, src2, Ue11.3.19)

 

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (tous 4 ans : avril, reporté 5.18, srcmai, reportmai, src18.11, reporté 18.11.18, src, srcWP, src10.3.19), Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, Domingos Simões Pereira) 46,1 %, 47 / 102, APU-PDGB (Nuno Gomes Nabiam) 5, Union pour le changement (UM) 1, Parti de la nouvelle démocratie (PND) 1 (47+7=54, pour majorité relative ?), Madem-G15 (frondeurs du PAIGC) 27, Parti pour la rénovation sociale (PRS), 21 = 48 opposition, src1, src2, src3)

 

24 mars 2019 (un tour sur 2) : présidentielle Union des Comores et Gouverneurs des Iles : avancé de 2021 en 2018, src1, src2, src24.3, détournement en amont +JJ+aval, processus électoral associé à un retour vers une dictature, résultat officiel Azali Assoumani (CRC) 59,05%, Mahamoud Ahamada, soutenu par Juwa 15,7% + 11 autres candidats < 5%, src, MEAE-Fr,  UA+3morts, avisUE, MOE-UAcorrecte)

 

2 avril 2019 : Algérie : démission Abdelaziz Boutéflika après manifestations contre 5e mandat, remplacé par Abdelkader Bensalah, chef de l’Etat par intérim à partir du 9 avril nommé par Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation en session conjointe, le pouvoir étant plus encore possédé par le Chef d’Etat-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah

 

20 au 22 avril 2019, référendum constitutionnel Egypte (pour permettre à Sissi de se maintenir jusqu’en 2030 (3e et 4e mandats) !, annoncé 3 jours avant ?, src)

 

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril, détournement en amont : 100% opposition empêchée de participer, passage en parti unique de fait sous formes de 2 partis pro Talon, Union progressiste et Bloc républicain, 83 députés sur 83, dictatorisation rapide : répression opposition, violences (9 morts ?), contrôle institutions, presse corrompue, src)

 

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud avec élection du président par le parlement (tous 5 ans : mai, src, Congrès national africain 57,50%, 230 sièges/400, Alliance démocratique 20,77%, 84 , Combattants pour la liberté économique 10,79% 44, Parti Inkatha de la liberté 3,38% 14, Front de la liberté 2,38% 10, Cyril Ramaphosa élu président, src)

 

21 mai 2019 : présidentielle Malawi annulée le 3.2.20 (tous 5 ans : mai, src, Annulation 3.2.20 pour fraudes par Cour constitutionnelle : Tipp-Ex sur PVs + seul un quart des procès-verbaux vérifiés + des électeurs ont voté 2 fois, src : Peter Mutharika Democratic Progressive Party 1 940 709=38.57%, Lazarus Chakwera Malawi Congress Party 1 781 740 = 35.41%, Saulos Chilima United Transformation Movement 1,018,369 = 20.24%, contestations, src, MOE-UE a sans doute sous-estimé fraudes, MOE-UEpreliminaire-resume + MOE-UEprelim-complet)

 

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous 5 ans : mai, src, Democratic Progressive Party 62 / 193, Malawi Congress Party 55, United Democratic Front 10, People’s Party 5, United Transformation Movement 4, Alliance for Democracy 1, Independents 55, src)

 

21 mai 2019 : locales Malawi (tous 5 ans : mai, src, résultat cf src)

 

27 mai 2019 : législatives Madagascar (tous 5 ans : sept-déc 2018, src1, src2, report mars 2019, src, IRD plateforme de partis en soutien d’Andry Rajoelina 84 sièges / 151, TIM de Marc Ravalomanana 16, indépendants et les petits partis 51, HauteCourconstitutionnelle2-7, wikipedia) (+ Annulé : 27 mai 2019 : référendum constitutionnel Madagascar (suppression sénat), src, src)

 

22 juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin, src) (départ d’Aziz après 2x5ans selon article 28 de 2006 de la constitution de 1991 révisée en 2006, inversion de résultat par suppression du second tour (inversion potentielle : 46-48,5% gonflé à 52% selon 4 opposants unis), candidat d’Ould Abdel Aziz, Mohamed Cheikh El-Ghazouani (général, ex-ministre de la défense) (Union Pour la République (UPR)) 52,01 %, Biram Ould Dah Ould Abeid 18,58 %, Sidi Mohamed Ould Boubacar 17,87 %, Baba Hamidou Kane 8,71%, participation de 62,66%, srcRMarzin3-7)

 

30 juin 2019: locales Togo (report 2014, 2016, 2017, 2018, avec législatives en juillet 2018 ?, src7-18, src12-18, pas de locales depuis 1987 malgré Constitution de 1992, communes dirigées par délégations spéciales nommées par décret présidentiel, exigées par opposition, détournement en amont : méthode sur fichier électoral (utilisation du fichier boycotté de 2018 + circonscriptions différentes), … , src, 1 490 sièges, Unir 895, Alliance nationale pour le changement 134, coalition C14 131, src)

 

6 octobre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, src, src2, src3, Ennahda (Rached Ghannouchi) 52 / 217, Qalb Tounès (Au cœur de la Tunisie, Nabil Karoui) 38, parti social-démocrate Attayar (Courant démocrate) 22, Karama (islamo-populiste) 21, Parti destourien libre (anti-islamiste Abir Moussi) 17, Mouvement du peuple (Zouhair Maghzaoui) 16, Parti libéral Tahya Tounes (Youssef Chahed) 14 sièges, Nidaa Tounes 3 (contre 86 en 2014), + indépendants et petits partis, participation 41,7%, srce, wikipedia)

 

15 septembre et 13 octobre 2019 (2e tour après législatives) : présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, avancée du 10.11.19 après décès du président Béji Caïd Essebsi le 25.7.19, src1, src2, src3, src4 ; 1er tour : Kaïs Saïed – Indépendant, 620 711, 18,40 %, Nabil Karoui – Au cœur de la Tunisie, 525 517, 15,58 %, Abdelfattah Mourou – Ennahdha 434 530, 12,88 %, Abdelkrim Zbidi 361 864, 10,73 %, Youssef Chahed – Tahya Tounes 249 049, 7,38 %,  Safi Saïd 239 951, 7,11%, Lotfi Mraïhi – Union populaire républicaine 221 190, 6,56 %; 2nd tour : Kaïs Saïed – Indépendant, 2 777 931, 72,71 %, Nabil Karoui 1 042 894, 27,29 %, participation T1 48,98 % T2 56,80 %, wikipedia)

 

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre, src) (Suite de guerre et détournement en amont, Filipe Nyusi FRELIMO 4,639,172 =73.46%, Ossufo Momade RENAMO 1,356,786 = 21.84%, Daviz Simango MDM 273,599 = 4.33%, participation 51,84%, src1)

 

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre, src) (Suite de guerre et détournement en amont, FRELIMO (Filipe Nyusi) 4,323,298 =71.28% = 184 sièges / 250, RENAMO 1,351,659 =22.28% = 60, Democratic Movement of Mozambique 254,290 =4.19% =6, src1)

 

15 octobre 2019 : provinciales Mozambique (tous 5 ans : octobre, src) (Suite de guerre et détournement en amont, FRELIMO (Filipe Nyusi) 10 gouverneurs sur 10, src1)

 

23 octobre 2019 : législatives Botswana + confirmation ou non élection préalable président par parlement selon majorité (tous 5 ans : octobre) (Parti démocratique du Botswana (BDP) : 405 719 = 52,77% 38 / 63 =+1, 16 UDC (Coalition pour un changement démocratique) : 279 594 = 36,37 = 15 = -3, Mokgweetsi Masisi réélu président par parlement, src1, contestation résultat UDC)

 

23 Octobre 2019 : locales Botswana (tous 5 ans : octobre, src2)

 

7 novembre 2019 : législatives Ile Maurice et élection du chef de gouvernement (1er ministre) par le parlement (tous 5 ans, décembre au plus tard, src) (Alliance Morisien (Lepep (Le Peuple)) (ex socialistes (MSM)) 42/70, Alliance nationale 17, MMM de 9, Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) 2 : Pravind Jugnauth fils de Anerood Jugnauth réélu 1er ministre, src1)

 

24 novembre 2019 : locales Tanzanie (civic élection for Streets or Villages Chairman’s, tous 5 ans : décembre,  élections partielles ont eu lieu le 12.8.18, src, reactionUSA / violences et irrégularités, CP-USA, src2)

 

27 Novembre 2019 : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre, avec machines à voter électroniques, src, src2, quelques fraudes sans remise en cause du scrutin, Hage Geingob SWAPO 464 703 =56.3%, Panduleni Itula Independent 242 657  = 29.4%, McHenry Venaani Popular Democratic Movement 43 959 = 5.3%…, participation 60,8%, Wikip)

 

27 Novembre 2019 : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre, avec machines à voter électroniques, src, src2, SWAPO 536861 = 65.5% = 63 sièges / 96 –14, Popular Democratic Movement  136576 =16.6% = 16 /96 +11, Landless People’s Movement 38956 =4.7% = 4 / 96 +4, participation 60,4%, Wikip)

 

27 novemre 2019 : locales/communales(et municipales) Madagascar (tous 4 ans : juillet ?, src, report du 28.10.19, src1, src2, src3)

 

12 décembre 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril, compteur de mandats mis à 1 pour Bouteflika en 2016 à l’ajout d’une limite de 2, src, immenses manifestations pacifiques, démission Bouteflika 2.4.19, annulation élection 18 avril 2019, Abdelkader Bensalah, président par intérim 9.4.19, report du 4 juillet 2019, boycott de nombreux partis et des manifestant-e-s du Hirak, 12.12.19, src, participation 39,88 %, Abdelmadjid Tebboune – Indépendant, 4 947 523 = 58,13 %, Abdelkader Bengrina – Al Binaa, 1 477 836 = 17,37 %, Ali Benflis– Avant-garde des libertés,Voix 897 831 = 10,55 %, Azzedine Mihoubi – RND, 619 225 = 7,28 %, Abdelaziz Belaïd – Front El Moustakbal, 568 000 = 6,67 %, srcwiki)

 

17 décembre 2019 : locales Ghana et référendum pour rendre partisane élections (élections des assemblées de ditsricts et « unit committees » : Metropolitan, Municipal and District Chief Executives (MMDCEs), tous les 4 ans : septembre, src)

 

24 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous 5 ans : avril, reportée après législatives de mars, src, fraudes à niveau mal détérminé, src, 1er tour : Umaro Sissoco Embaló – Madem-15, 153 530 = 27,65 %, Domingos Simões Pereira – PAIGC, 222 870 = 40,13 %, Nuno Nabiam – APU, 73 063 = 13,16 %, José Mário Vaz – Indépendant, 68 933 = 12,41 % ; 2e tour : Umaro Sissoco Embaló – Madem-15 (élu avec soutien Sassou), 293 359 = 53,55 %, Domingos Simões Pereira – PAIGC, 254 468 = 46,45 %, participation T1 74,37%, T274,37 % wikip)

 

B.    Prévisions 2020 : année électorale (au 7.3.20)

 

Résumé 2020 : présidentielles et législatives

28 élections (26 probables sans Libye, 24 sans Centrafrique) :

  • 13 présidentielles dont 1 par parlement (premier ministre Ethiopie)
  • 15 législatives
  • 16 processus électoraux dans un cadre démocratique : 7 présidentielles, une élection de 1er ministre par parlement et 8 législatives
  • 12 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous) : 5 présidentielles et 7 législatives
Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2020 7+1* 8 15 5 7 12 12+1* 15 27+1*

 

Liste des 15 législatives, 13 présidentielles et 1 élections de président par parlement :

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous les 5 ans : janvier)

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

22 février 2020 : présidentielle Togo (un tour sur 2)

Mars 2020 : législatives Guinée (tous 5ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

19 mai 2020 : présidentielle Malawi après annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous 5 ans : juin ?)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous 5 ans : juillet ?) (limite 2×5  2nde fois Nkurunziza)

29 août 2020 : législatives Ethiopie + élection 1er ministre (Conseil représentants des peuples)(tous 5 ans : mai ?) (Tcii 2018)

28 octobre 2020 : présidentielle Côte Ivoire (limite2x5 atteinte pour Ouattara)

2020 : présidentielle Guinée (tous les 5 ans : octobre ?) (limite 2×5 ans atteinte pour Condé) (DS2018)

2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

Novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

13 décembre 2020 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019)

2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

2020 : législatives Somaliland (report depuis 2010)

Potentiellement reportée en 2021 :

2020 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

Décembre 2020 ou février 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : décembre 2020 ou février 2021 ?)

Très incertaines en 2020, probablement reportées :

2020 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

2020 ? : législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

NB : Avec 2e tour présidentielle Niger en 2021

 

Présidentielles Législatives Total
Processus électoraux démocratiques (**) 7+1* 8 15+1*
Processus électoraux en régime non démocratique 5 7 12
Total 12+1* 15 27+1*
  • ** : Y compris dans des pays en régime instable, suite de guerre, transition réelle vers la démocratie (en Tcii).

 

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 7.3.20

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Bénin et Comores en DS en 2020, Algérie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[11]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 6+3* 9 15+3* 4 2 6 10+3* 11 21+3*
2020 7+1* 8 15+1* 5 7 12 12+1* 15 27+1*
2021 5+1* 4 9+1* 4 3 7 9+1* 7 16+1*
2022 3+1* 6 9+1* 1+1* 4 5+1* 4+2* 10 14+2*
Total 27+9* 35 62+9* 19+2* 28 47+2* 46+11* 63 109+11*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

Evolution de la nature du régime perceptible en 2019 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.S Comores P 2020 passe en gras OK
TCII>Dict.S Bénin L 2020 passe en gras OK
Dict.S>TCII> Soudan P+L 2022 passe en non-gras OK
Dict.S>TCII Algérie P 2019 resté idem en gras OK
Démo> TCII Zambie idem
Démo> TCII Malawi idem : annulation > +1 élection
TCII>Démo Niger idem

 

 

Agenda électoral détaillé 2020 au 7.3.20

qui sera mis à jour régulièrement sur :

 

https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#19

 

22 février et ? mars 2020 : présidentielle Togo (tous 5 ans : avril ?, src1, src2)

 

Mars 2020 : législatives Guinée C (tous 5 ans : sept. 18, src1, src2, nov. 19, src3, 28.12.19, src4, src5, report du 28.12.19, src6, src7, 16.2.20, src8, 1.3.20, src9, boycott et manifestations massives avec plusieurs morts)

 

Mars 2020 ? : référendum constitutionnel Guinée C (Passage de la limitation 2×5 à 2×6 avec tentative de remise à zéro ou 1 du compteur par Alpha Condé, 1.3.20, src9, boycott et manifestations massives avec plusieurs morts)

 

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : nov. 2018, src, report 28.10.18+18.11.18 src, 25.11+16.12.18 src, 2019 à mai 2020 max src, src2)

 

17 mai 2020 : locales/communales-municipales Bénin (tous 5 ans : juin ?, src, src2)

 

19 mai 2020 : présidentielle Malawi après annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20 (src1, src2)

 

20 mai et 19 juin 2020 2020 (+ ? : 2 tours) : présidentielle Burundi (tous les 5 ans : juillet, limitation 2×5 mandats atteinte une 2nde fois pour Pierre Nkurunziza, qui se retire, src, wp)

 

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous les 5 ans : juin ? ou avril-mai ?, wp)

 

2020 : communales/locales Burundi (tous les 5 ans : juin ? ou avril-mai ?)

 

2020 : sénatoriales Burundi au suffrage indirect par les conseillers communaux (tous les 5 ans : juillet ?)

 

2020 : municipales Ile Maurice (tous les 5 ans : juin ?)

 

29 août 2020 : législatives Ethiopie et élection du premier ministre par assemblée (Conseil des représentants des peuples + régionales) (tous 5 ans : mai ?, src)

 

2020 : locales/zones-districts-municipales Ethiopie (tous 5 ans, avril ?, report 2018 à 2019, src, src2)

 

2020 : régionales Ethiopie (tous les 5 ans avec législatives, mai ?)

 

2020 : municipales Cap-Vert (tous les 4 ans : septembre ?)

 

28 octobre 2020 (2 tours) : présidentielle Côte Ivoire (tous 5 ans : octobre, limite 2 mandats atteinte pour Alassane Ouattara qui refuse et met lui-même son compteur à 0 début 2019, src)

 

2020 : présidentielle Guinée Conakry (tous les 5 ans : octobre ? , limite 2×5 ans atteinte pour Alpha Condé si pas supprimé le 1er mars 2020)

 

2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

 

2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

 

1er novembre 2020: locales Niger (src10.8.15, report 9.5.16 à 10.7.16, puis report 8.1.17, src, src2, report de 2017 à 2019, src1, src2), report de 2019, src)

 

1er novembre 2020: régionales Niger (src10.8.15, report 9.5.16 à 10.7.16, puis report 8.1.17, src, src2, report de 2017 à 2019, src1, src2), report de 2019, src)

 

Novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?, src)

 

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous 5 ans : novembre, src)

 

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre, src)

 

Fin 2020 ? (en même temps que présidentielle ?) : référendum constitutionnel Burkina Faso (src, report du 24.3.19, src2, src3, wikip)

 

2020 : locales Namibie (tous les 5 ans : novembre ?)

 

2020 : régionales Namibie (tous les 5 ans : novembre ?)

 

Novembre ou décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

 

Novembre ou décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

 

2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre ?)

 

13 décembre 2020 : législatives Tchad (tous 4 ans : report de février 2015 à 2016, reporté en janvier 2016 à après la présidentielle, report sans aucun debat par Déby de 2017 à 2019 le 3.2.17, src, src2, src3, src1-2019, src2-2019, 2018-180101, src-nov18, report 11.18, Macron23.12.18, Ceni3.10.19, Ceni9.8.20, report 9.8.20, CENI14.2.20, report 9.8.20, CENI14.2.20)

 

13 décembre 2020 ? : locales Tchad, (report de 2015, reporté en janvier 2016 à après la présidentielle, src, reporté en même temps que législatives le 3.2.17, src, Macron23.12.18, Ceni3.10.19)

 

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021, src)

 

27 décembre 2020 : présidentielle Niger (tous les 5 ans : février 2021, src)

 

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous 5 ans : déc. 2020, Minusca181119)

 

Décembre 2020 ou février 2021 ? : législatives Centrafrique (tous 5 ans : décembre 2020 ou février 2021 ?)

 

*** Dates incertaines : possibles au premier semestre 2020 ***

 

Début 2020 (avant législatives) ? : municipales/locales Somaliland (report du 28 avril 2019 : src1, src2, servent de primaires en multipartisme intégral pour savoir quels sont les 3 partis autorisés aux législatives, src)

 

2020 ?, locales/municipales Egypte (report de 2016, 2017-2018, pour après présidentielle mai 2018 ?, src1, src2)

 

2020 ? : régionales Tunisie (report 30 octobre 2016 src1, src2, infosavenir, src26.3.17, report 26.3.17 src25.7.16, src10.1.17, src2018?, src, src17.12.17, report 17.12.17, src, src2moisaprès, au moins 2 mois après locales 6.5.18)

 

2020 ? : provinciales et régionales Madagascar (territoriales au suffrage universel et non suffrage indirect, source1, source2, report de 2017 ?, source), de 2019 ? pas de date 3.7.19)

 

2020 : législatives Somaliland  (avec biométrie  par reconnaissance de l’iris, report de 2010, puis 2013 pour être en même temps que présidentielle, puis du 26 juin 2015, puis de décembre 2016, src, src2, src3, report du 27.3.17 en janvier 17 à cause de la sécheresse, source, report2019, puis de 28 avril 2019, src1, src2,  biométrie : srcb1, srcb2, src27.3.17, srcb3,)

 

2020, 2021 ? : locales / conseillers de cercles et communales partielles Mali (report29.10.17, source, source, report 26.12.17, source, report d’avril 2018)

 

2020, 2021 ? : régionales Mali (report régionales du 26.4.14  puis d’octobre 2014, puis du 26 ou 28 avril 2015 pour cause insécurité et impossibilité de réviser liste au Nord, puis du 25 octobre 2015, puis du 25.9.16, puis du 26.11.17 source 1, source 2, source3, source25oct15, sourcereportoct15, source report9.16, source20.11, source26.11.17, source26.12.17, report 26.12.17, source, report d’avril 2018)

 

2020 ? : locales/villageoises et districts Ile Maurice (130 ? conseils de villages puis indirectement 9 ? conseils de districts, tous 6 ans : 12.12, reporté à 2020, src)

 

***

 

Dates très incertaines pour 2020, 2021, …

 

2020 (avant 28 mars 2021) : locales/régionales, municipales et rurales Sénégal (tous les 5 ans, juin 2019, report à 2020, src1, src2, src3)

 

2020 ? : présidentielle Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, AccordParis290518), report 10.12.18, src)

 

2020 ? : législatives Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, AccordParis290518)

 

2020 … ? : élections locales RDCongo (conseillers communaux, conseillers de secteur et chefferie) (report 2.15, 2.13, et 2013, src1, src2, src3, et 26.05.16+15.06.15+29.08.15, src13.2.15, src, report du 25 octobre 2015, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

2020 … ? : élections urbaines, communales et locales indirectes RDCongo (conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteur au suffrage indirect, src) (report de ’20.1+7.3.16’, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

2020 … ? : élections sénatoriales RDCongo en scrutin indirect (élus au second degré par les députés provinciaux) (Report de ’13-17.1.16’, report du 5.6.13, src1, report 2014 src2, src13.2.15, scrutin indirect, de nouveau reportées, src, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

 

 

C.    Rappel : calendrier prévisionnel 2019 des élections de l’étude du 13.2.19

Résumé 2019 : présidentielles et législatives

30 élections :

  • 14 présidentielles dont 3 par parlement
  • 16 législatives
  • 23 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 7 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous)

Liste des 16 législatives, 11 présidentielles, 3 élections de président par parlement

16 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars)

16 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars)

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars)

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (report du 18 novembre 2018) (Tcii)

24 mars 2019 (1er tour/ 2) : présidentielle Union Comores et Gouverneurs Iles (avancée 2021) (Démo>Tcii 2018)

18 avril 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril)

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril) (Démo>Tcii en 2018)

28 avril 2019 : législatives Somaliland

2019 : législatives Mali (avril ?, tous 5 ans : novembre 2018)

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud et élection du président par le parlement

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai)

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai)

27 mai 2019 : législatives Madagascar (reportées de tous 5 ans : oct-déc 2018)

Mai 2019 ?? : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015)

Juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin) (limite 2x5ans atteinte pour Aziz)

Septembre 2019 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018)

2019 : législatives Guinée (tous 5 ans : septembre 2018) (Echec Transition (Tcii) > Dictature en 2018)

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre)

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre)

Octobre 2019 : législatives Botswana et élection président par parlement (tous 5 ans : octobre)

Novembre 2019 ? : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Novembre 2019 ? : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Entre 6 octobre et 1er décembre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc ?)

Entre 3 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, 2 tours)

2019 : législatives Ile Maurice et élection 1er ministre par le parlement (tous 5 ans, décembre ?)

Incertaines :

2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous les 5 ans : avril ?, reportée après législatives de mars) (Tcii)

2019 : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018) (Tcii)

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 12.1.19

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[12]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 8+3* 12 20+3* 3 4 7 11+3* 16 27+3*
2020 4 5 9 6 4 10 10 9 19
2021 6+1* 5 11+1* 4 3 7 10+1* 8 18+1*
2022 2+1* 5 7+1* 2+1* 5 7+1* 4+2* 10 14+2*
Total 26+8* 35 61+8* 20+2* 28 48+2* 46+10* 63 109+10*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

Evolution de la nature du régime perceptible en 2018 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.S Guinée L 2019, P 2020
TCII>Dict.S RDC P+L 2018 idem (restées en gras)
TCII>Dict.S Maroc L 2021
Dict.S>TCII Ethiopie L 2020

 

[1] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/#jp-carousel-6201

[2] https://regardexcentrique.wordpress.com/2019/02/13/democraties-et-dictatures-en-afrique-bilan-2018-et-perspectives-2019/

[3] https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/01/14/democraties-et-dictatures-en-afrique-bilan-2017-et-perspectives-2018/

[4] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/

[5] R.Marzin, 1.2 https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/04/12/processus-electoraux-en-afrique-synthese-technique-et-politique-resume/, 6.5.2 30.3.16 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30/apres-26-ans-de-democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/, Exceptions 3.5 27.4.17 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083399

[6] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

[7] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[8] Régis Marzin, 11.3.2020, Togo : quinzième inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux en Afrique depuis 1990 https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/11/togo-quinzieme-inversion-de-resultat-a-la-compilation-des-proces-verbaux-en-afrique-depuis-1990/#more-8025

[9] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083377

[10] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

[11] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[12] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3