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Premières élections en Afrique entre 1792 et 1945, évolution du suffrage et personnalités historiques

14 décembre 2018

Premières élections en Afrique entre 1792 et 1945,

évolution du suffrage et personnalités historiques

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant,

Paris, 14 décembre 2018, version corrigée du 6 mai 2019, Mail, @Regis_Marzin

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Vingt-deux pays en Afrique, vingt-un colonisés et un indépendant, ont connu des élections avant la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 : Sierra Leone (1792-1799, puis 1895), Afrique du Sud (1837), Libéria (1840, indépendant), Sénégal (1848), Algérie (1848), Egypte (1883), Ile Maurice (1886), Tunisie (1896), Rhodésie du Sud – futur Zimbabwe (1899), Angola, Cap-Vert, Guinée (Bissau), Mozambique et Sao Tomé-et-Principe (5 en 1919), Kenya (1920), Nigéria (1920), Rhodésie du Nord – future Zambie (1921), Bechuanaland – futur Botswana (1921), Swaziland (1921), Côte-de-l’Or – futur Ghana (1925), Dahomey –  futur Bénin, Afrique Sud-Ouest – future Namibie (1926).

Source : Inventaire des élections en Afrique : Régis Marzin, 20.11.18

En excluant l’expérience précoce de Freetown en Sierra Leone entre 1792 et 1799, les élections arrivent en Afrique en 2 phases. La première phase se situe au XIXe siècle entre 1837 et 1899 et touche 9 pays. La seconde très rapide, de 1918 à 1926, concerne 13 pays très regroupés, 7 colonies britanniques, 5 colonies portugaises et une française, avant une période de 19 ans sans aucun nouveau pays. Comme la Sierra Leone entre 1895 et 1926 ne connaît que des municipales à Freetown, il pourrait être passé du groupe de la première phase à celui de la seconde, ce qui donnerait 8 puis 9 pays au lieu de 9 puis 8.

 

*

Le seul pays indépendant, le Libéria, utilise le suffrage censitaire, qui exclut les africains au profit des descendants d’esclaves. Quatre des vingt-deux pays sont colonisés par les français, l’Algérie, le Sénégal, la Tunisie et le Dahomey. Au Sénégal, les restrictions du suffrage sont géographiques. En Algérie et en Tunisie, le vote sous la colonisation correspond presque à un apartheid, au travers de la séparation des citoyennetés selon l’origine géographique, la culture, les mœurs et la religion, et la sélection d’africains privilégiés dans un collège séparé au vote censitaire capacitaire masculin ou équivalent. Au Dahomey, l’expérience électorale est minimale. Douze autres pays subissent une colonisation britannique : le colonisateur met en place du suffrage censitaire dans 7 pays, en Afrique du Sud, en Egypte, à l’Ile Maurice, en Sierra Leone, en Rhodésie du Sud, au Nigéria et en Côte-de-l’Or. Les cinq autres, la Rhodésie du Nord, le Bechuanaland, le Swaziland, l’Afrique Sud-Ouest et le Kenya, connaissent un suffrage européen en ségrégation totalement excluante, masculin pour les deux premiers, masculin et féminin pour le troisième. Dans les cinq colonies portugaises, le suffrage capacitaire masculin entre 1919 et 1959 exclut les africains analphabètes et toutes les femmes, avant que la dictature n’impose les premières élections de parti unique seulement en Angola entre 1934 et 1942.

 

Avant le suffrage universel et le vote des femmes, la première expérience à grande échelle de vote masculin complet et d’une forme de démocratie véritable sans les femmes, date de 1923, en Egypte. Le suffrage y est alors indirect. L’Algérie entre 1945 et 1958 a droit à la deuxième expérience de suffrage masculin complet, mais dans ce cas, celui-ci crée une pseudo-demi-démocratie basée sur une demi-Assemblée algérienne, et les fraudes organisées par l’administration française empêchent l’expression démocratique. La double assemblée est une solution de compromis précaire et, à défaut de démocratie, apparaît en 1945 en Algérie le détournement organisé de processus électoraux par une administration. Entre suffrage masculin en Egypte et en Algérie, une forme de démocratie restreinte démarre donc en Afrique du Nord mais très difficilement, puisqu’en Egypte, le colonisateur britannique limite rapidement le pouvoir issu des élections, sans s’attaquer aux élections elles-mêmes comme le font plus tard les dirigeants français.

 

En Sierra Leone à partir de 1924, en Côte-de-l’Or au Dahomey à partir de 1925, le vote censitaire limite fortement le nombre d’africains électeurs mais ils sont majoritaires parce que les européens sont peu nombreux. Une troisième expérience de vote masculin complet non-censitaire survient en Côte-de-l’Or, futur Ghana en 1951. Le suffrage censitaire n’empêche pas la progression d’une pratique démocratique partielle mais solide au Nigéria entre 1951 et 1959.

 

A petite échelle, la ville de Freetown est un lieu unique de diffusion de la démocratie incluant les africains : premières élections d’Afrique pour des anciens esclaves d’Amérique entre 1792 et 1799, puis municipales au suffrage masculin à partir de 1895[1] et suffrage universel en 1930. Quatre communes du Sénégal connaissent, elles aussi, de la démocratie locale au suffrage masculin, Saint-Louis, Dakar, à partir de 1948 puis Gorée et Rufisque à partir de 1871.

 

La démocratisation avance fortement quand est discuté le mode de suffrage, souvent en plusieurs étapes. Le passage du suffrage masculin censitaire africain au suffrage masculin non-censitaire africain précède l’acceptation du suffrage féminin africain par les colonisateurs et dans le cas du Nord du Nigéria, par les chefs traditionnels. Dans la plupart des vingt-deux pays ayant connu des élections avant 1945, l’introduction du vote des femmes correspond à la mise en œuvre du suffrage universel. Mais, à l’Ile Maurice, un suffrage capacitaire continue jusqu’en 1959 après l’introduction du suffrage féminin en 1948 et au Kenya en 1956 et 1961, le premier suffrage africain est censitaire pour les hommes et les femmes. Le vote des femmes côté colons arrive avant le vote des femmes africaines dans une ville, à Freetown (1792-1797), pour des anciennes esclaves américaines, et dans 5 pays, en Rhodésie du Sud, futur Zimbabwe (1923-1957), en Rhodésie du Nord future Zambie (1926-1959), Bechuanaland futur Botswana (sans doute ‘entre 1921 et 1930’-1966), Afrique du Sud (1930-1948), en Algérie (1945-1958), 5 des 10 pays concernés par une ségrégation électorale. En pratique, le vote censitaire ou censitaire capacitaire exclut fortement les femmes africaines sans le leur interdire complètement au Libéria (1946-1955) et en Sierra Leone (1930-1961), avec entre 1957 et 1961 un vote censitaire uniquement pour les femmes. En pratique, la ségrégation plus générale contre les africains, le sexisme de l’administration et le suffrage capacitaire excluant les analphabètes exclut sans doute totalement les femmes africaines en Angola entre 1934 et 1942. Parmi les cas exceptionnels, se remarque le vote de femmes à Freetown entre 1792 et 1797 en tant que chefs de familles d’anciens esclaves, pour des femmes non-‘africaines’ au sens de femmes non-colonisées et se revendiquant éduquées chrétiennement.

 

Le droit de vote des femmes arrive dans les vingt-deux pays ayant connu des élections avant 1945 aux dates suivantes[2]:

  • Sierra Leone : 1792-1797 : anciennes esclaves chefs de famille à Freetown, 1930 municipale Freetown, censitaire pour députés de 1930 à 1961, puis 1961 à indépendance,
  • Rhodésie du Sud, futur Zimbabwe : 1919 censitaire excluant globalement en pratique les africaines, puis droit accordé progressivement entre 1957 et indépendance en 1965
  • Kenya : 1920 pour européennes, 1956 pour africaines en censitaire-capacitaire (surtout en 1961)
  • Rhodésie du Nord future Zambie : 1926 pour européennes, 1959 pour africaines
  • Bechuanaland futur Botswana : sans doute entre 1921 et 1930 pour européennes, 1966 pour africaines
  • Angola : en théorie en 1931 pour quelques femmes européennes alors le suffrage féminin s’élargit au Portugal entre 1931 et 1968, en suffrage capacitaire (lire et écrire Portugais),
  • Sénégal : 1945 pour élections françaises entre 1945 et 1960,
  • Algérie : 1945 pour françaises surtout d’origine européenne, 1958 pour algériennes,
  • Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, Sao Tomé-et-Principe (et Angola) : en théorie entre 1945 et 1975 en suffrage capacitaire (lire et écrire Portugais), très progressivement pour les femmes européennes et peut-être quelques femmes africaines éduquées,
  • Libéria : 1946 surtout pour américano-libériennes, 1955 surtout pour africaines,
  • Ile Maurice : 1948,
  • Nigéria : 1951 censitaire dans Ouest et Est, 1959 dans Ouest et Est, 1979 au Nord,
  • Côte-de-l’Or futur Ghana : 1954,
  • Egypte : 1956 (après l’indépendance en 1952),
  • Bénin (Dahomey) : 1956
  • Tunisie : 1957 (après l’indépendance en 1956),
  • Swaziland : 1967 (plutôt que 1968 selon nombres électeurs)
  • Namibie, ex Afrique Sud-Ouest : 1989
  • Afrique du Sud : 1994 longtemps après indépendance 1961, 1930 pour ‘européennes’ dites ‘blanches’.

 

Avant la guerre froide en 1947, les femmes commencent à voter en Afrique dans seulement 6 pays : entre 1792 et 1797 à Freetown en Sierra Leone pour des anciennes esclaves, en 1919 au Zimbabwe pour les européennes, en 1920 au Kenya pour les européennes (1924-1931 pour indiennes), en 1926 Rhodésie du Nord future Zambie pour les européennes, sans doute entre 1921 et 1930 Bechuanaland futur Botswana pour les européennes, en Sierra Leone en 1930, au Sénégal en 1945, en Algérie en 1945 pour les européennes, au Libéria en 1946 pour les américano-libériennes.

 

Pour ces vingt-deux pays, les femmes africaines, en les considérant globalement exclues du vote censitaire, commencent à voter au Sénégal en 1945 et en 1948 à l’Ile Maurice pour les femmes capables de signer leur nom. Il faut attendre ensuite 1948 à l’Ile Maurice, 1954 au Ghana, 1955 au Libéria, 1956 en Egypte et au Dahomey (Bénin), 1957 en Tunisie, 1958 en Algérie, 1959 dans l’Est et l’Ouest du Nigéria, 1959 en Rhodésie du Nord future Zambie, 1960 en Gambie, 1961 en Sierra Leone et au Kenya (1956 un peu), 1965 au Zimbabwe, 1966 au Bechuanaland futur Botswana, 1967 au Swaziland, 1975 dans les cinq colonies portugaises même si en théorie le vote est possibles en Angola à partir de 1934 et de 1945 dans les 4 autres pays, 1989 en Namibie, 1994 en Afrique du sud. En dehors du Sénégal, les élections précoces pré-indépendances, ne favorisent pas l’arrivée du suffrage féminin et en conséquence universel. Au final, l’histoire du vote féminin et du suffrage universel se confond avec l’histoire des indépendances.

 

Avant les indépendances des pays ayant connus des élections avant 1945, sauf pour le Libéria, le suffrage universel, c’est-à-dire non-censitaire et incluant les femmes, commence aux municipales de Freetown juste après 1930. Il est appliqué au Sénégal entre 1945 et 1958, à partir des municipales du 1er juillet 1945, puis aux législatives du 21 octobre 1945, aux législatives de juin et novembre 1946, puis 1951, 1956 et 1958 et aux municipales de 1956. A petite échelle, il démarre encore aux municipales de Lagos en 1950 au Nigéria. A grande échelle, il est instauré aux législatives ghanéennes – en Côte-de-l’Or – aux législatives des 15 juin 1954 et 17 juillet 1956, à partir de 1955 aux présidentielles et législatives au Libéria, aux législatives françaises au Dahomey en 1956, au référendum sur la Constitution française en Algérie en 1958, à partir de 1959 aux législatives à l’Ile Maurice, aux législatives nigérianes du 12 décembre 1959, dans les régions Est et Ouest alors que les femmes sont exclues au Nord.

 

*

De fortes personnalités se distinguent par leurs actions en faveur de la démocratie pendant la période de la colonisation. Concernant, la Sierra Leone, l’anglais Granville Sharp (1735-1813), connu pour avoir été un partisan londonien de l’abolition de l’esclavage, a l’idée en 1786 de créer une nouvelle société chrétienne et égalitaire d’anciens esclaves américains, une utopie qu’il a appelé ‘Province of Freedom’. Il élabore des plans et mène un plaidoyer auprès du gouvernement britannique pour arriver à la création de la colonie de Freetown à partir de 1787. Dans cette ville, entre 1792 et 1799, ont lieu les premières élections d’Afrique, celles de ‘tythingmen’ et de ‘centors’. Isaac Anderson (?-1800) est l’élu le plus charismatique à Freetown entre 1792 et 1799. Quand l’empire britannique met fin à cette première expérience électorale africaine en décembre 1800, le premier politicien et leader élu d’Afrique, Isaac Anderson, est pendu.

 

Au Libéria, le 1er décembre 1840, les premières élections sont organisées. Ce sont les premières élections en Afrique pour un poste de pouvoir exécutif. Les anciens esclaves américains et quelques africains, très peu nombreux à cause du suffrage masculin censitaire, élisent 10 conseillers et un lieutenant-gouverneur ou vice-gouverneur, qui seconde le gouverneur de l’American Colonization Society. Joseph Jenkins Roberts (1809-1876), le sheriff d’origine européenne, sans doute galloise, est élu lieutenant-gouverneur. Il devient gouverneur le 3 septembre 1841, et, après l’indépendance du Libéria le 26 juillet 1847, il est finalement le premier président élu en Afrique, le 27 septembre 1847.

 

Entre 1848 et 1850, au Cap en Afrique du sud, des colons britanniques intellectuels, entre autres, William Porter, Saul Salomon, John Fairbairn, John Charles Molteno, Andries Stockenström et Hercules Jarvis plaident pour des élections qui apportent une autonomie à la colonie en intégrant la population africaine. Ils obtiennent dans la Constitution du Cap de 1853 un suffrage censitaire pour les élections des Conseils Législatifs, qui permet aux premiers africains de voter en avril ou mai 1854.

 

En Sierra Leone, un enfant d’esclaves libéré-e-s, Samuel Lewis (1843–1903), ancien avocat à Londres, siège au Conseil législatif de Sierra Leone de 1874 à 1882, et mène un plaidoyer pour obtenir des élections municipales au suffrage masculin à Freetown, ce qu’il obtient en 1795. Ce descendant d’esclaves devient alors le premier maire élu de Freetown et le premier maire ‘africain’ en Afrique.

 

En Egypte, en 1883, le diplomate britannique Frederick Hamilton-Temple-Blackwood, Marquis de Dufferin ou Lord Dufferin (1826-1902) propose d’impliquer les Egyptiens dans la gestion de la colonie en créant des institutions représentatives sans pouvoirs législatifs réels. Il obtient la création de Conseils provinciaux, d’une partie d’un Conseil législatif et d’une partie d’un Conseil général. Il conçoit un système électoral sous forme de pyramide à 4 étages. Selon un principe censitaire, environ 800 000 hommes égyptiens acquièrent le droit de vote sur la période allant de 1883 à 1922. L’élection de 1883 en Egypte est la première élection massive d’africains à l’échelle d’un pays.

 

Au Sénégal, entre mai 1914 et mai 1934, Blaise Diagne (1872-1934) est le premier député d’origine africaine élu en Afrique dans un parlement en Europe. Deux colonies françaises, l’Algérie et le Sénégal, envoient des députés en Europe depuis 1848, alors que dans l’Empire britannique, les élus des colonies africains siègent dans des Conseils Législatifs des pays. A côté des exécutifs sous forme de gouverneurs, les logiques législatives entre les deux grands empires sont opposées : les britanniques envisagent des lois spécifiques à leurs colonies discutées dans chaque colonie pour mieux gérer et stabiliser ces colonies.

 

En 1917, le politicien Casely Hayford (1866-1930) fonde en Côte-de-l’Or, futur Ghana, l’association d’intellectuels Congrès de l’Afrique de l’Ouest (National Congress of British West Africa, NCBWA) qui mène un plaidoyer à Londres pour le développement d’institutions démocratiques dans les colonies britanniques d’Afrique de l’Ouest, au Nigéria, en Sierra Leone et en Côte-de-l’Or. Des élections se mettent effectivement en place pour les conseils législatifs respectivement en 1920, 1924 et 1925.

 

En Algérie, Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi Ibn Hadj Abdelkader, dit émir Khaled (1875-1936), représentant du mouvement des ‘Jeunes Algériens’ ou ‘Parti des jeunes’ qui revendique des droits civiques et politiques, gagne les municipales ‘indigènes’ d’Alger le 30 novembre 1919, est élu à l’élection du Conseil général du 1er février 1920 et l’élection de la Délégation financière du 18 avril 1920. Les municipales sont annulées et en 1923 puis le leader est poussé à l’exil par les dirigeants français.

 

En 1919, des femmes d’origine européenne votent pour la première fois en Afrique, en Rhodésie du Sud, futur Zimbabwe[3]. Le 30 avril 1920, Ethel Tawse Jollie née Cookson et veuve Colquhoun (1874-1950) est élue au Conseil législatif de la British South Africa Company (BSAC) et y reste de 1920 à 1928. Cette européenne d’origine est la première femme élue dans le Commonwealth et en Afrique.

 

Le 22 février 1922, sous la pression des indépendantistes du mouvement ‘Wafd’, mené par l’égyptien Saad Zaghloul (1958-1927), le Royaume-Uni reconnaît une indépendance partielle de l’Egypte. En 1923, la couronne anglaise accepte une constitution instaurant un parlement bicaméral composé d’une Chambre des députés élue au suffrage masculin non-censitaire et d’un Sénat. Les élections législatives du 27 septembre 1923 et du 12 janvier 1924, amènent la victoire du parti ‘Wafd’ qui remporte 188 sièges sur 215. Malgré l’exclusion des femmes comme en Europe à l’époque, ces élections constituent les premières élections démocratiques d’Afrique à l’échelle d’un pays. Saad Zaghloul est le premier leader africain obtenant l’instauration de la démocratie. Il devient Premier ministre le 26 janvier 1924. Mais dès cette année, l’occupant britannique limite les pouvoirs des élus égyptiens et le pousse à la démission, qui advient dès le 24 novembre 1924.

 

Au Nigéria, en 1923, le politicien Herbert Macaulay (1864-1946) fonde en 1923, le Parti démocratique national nigérian qui domine les premières étapes de la vie politique nigériane africaine entre 1923 et 1933.

 

En Côte-de-l’Or, le politicien ghanéen Kwame Nkrumah (1909-1972), à la tête en 1947 du parti United Gold Coast Convention (UGCC), puis en 1949 du parti Convention People’s Party (CPP), mène la lutte pour des élections et l’indépendance et remporte depuis sa prison les premières élections législatives en 1951 par 34 sièges sur 38 avant de devenir chef de gouvernement.

 

Le détournement de processus électoral par une administration est expérimenté pour la première fois en Afrique par l’administration française, qui détourne le processus électoral des 60 députés africains de l’Assemblée algérienne du 11 avril 1948. L’administration est dirigée par le gouverneur Marcel-Edmond Naegelen (1892-1978) sous les ordres du Président du Conseil à Paris, Robert Schuman (1886-1963). Le détournement est réalisé le jour du vote. Les méthodes de détournement utilisés sont les pressions sur les nationalistes algériens et sur les électeurs, les arrestations des candidats le jour du vote et les bourrages d’urnes. Les partis victimes sont les partis Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj (1898-1974) et l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas (1899-1985). L’administration française continue à détourner les processus électoraux aux législatives de 1951 et à l’élection de l’Assemblée algérienne de 1954. Les détournements de processus électoraux par l’administration française en Algérie en 1948, 1951 et 1954 sont une des causes de la guerre d’Algérie qui commence en 1954.

 

Ainsi, entre 1792 et 1945, des personnalités africaines importantes s’illustrent pour lancer le processus de démocratisation africain. Le premier politicien électoral d’Afrique entre 1792 et 1800, l’ancien esclave Isaac Anderson termine pendu par les britanniques. L’avocat et descendant d’esclaves sierra léonais Samuel Lewis est en 1895 le premier maire ‘africain’ d’Afrique. En 1917, le ‘ghanéen’ Casely Hayford mène un plaidoyer victorieux pour des constitutions intégrant des élections partiellement ouvertes aux africains au Nigéria, en Sierra Léone et en Côte-de-l’Or. En 1919, l’algérien émir Khaled réussit à s’imposer dans des municipales dans une première victoire ‘indigène’ face à l’apartheid électoral français. En 1923, le leader indépendantiste égyptien Saad Zaghloul obtient des britanniques le premier épisode véritablement démocratique à l’échelle d’un pays en Afrique. A partir de 1947, le politicien ghanéen Kwame Nkrumah mène la lutte pour l’indépendance par la désobéissance civile et l’exigence d’une représentation démocratique.

 

En outre, deux grandes étapes sont franchies grâce aux initiatives de deux européens : entre 1787 et 1792, le militant anti-esclavagiste britannique Granville Sharp conçoit le premier système électoral pour Freetown en Sierra Leone, et, en 1883, le diplomate, lui aussi britannique, Lord Dufferin, conçoit pour l’Egypte le premier système électoral permettant aux africains de voter massivement. Une femme se remarque également, Ethel Tawse Jollie, d’origine européenne, est la première femme élue dans le Commonwealth et en Afrique en 1920. Du côté des destructeurs de la démocratie, se distinguent les français Marcel-Edmond Naegelen et Robert Schuman. Ce dernier, illustre artisan de la construction européenne, s’illustre aussi sans que cela ne se voit trop, par la conception du premier détournement de processus électoraux en Algérie en 1948. Les dirigeants français expérimentent alors un mode de gestion des crises par des compromis incertains et déjà caduques, sources de pourrissements à longs termes et causes de nouvelles crises plus graves encore.

 

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant,

Paris, 14 décembre 2018. Corrigé le 2.2.19, 17.3.19, 4.4.19, 9.4.19, 18.4.19, 6.5.19

(Vérification de 56 pays terminée le 6.5.19)

Mail, @Regis_Marzin

[1] Pas de trace trouvée de vote censitaire.

[2] Voir aussi : http://www.journaldesfemmes.com/carriere/0511femmes-politique/droit-vote.shtml , http://womensuffrage.org/?page_id=203, https://en.wikipedia.org/wiki/Women%27s_suffrage

[3] Sans tenir compte de rares femmes anglaises de Freetown entre 1792 et 1797 qui auraient pu être ‘chefs de familles’ en étant veuves, par exemple.

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English Version

English version in PDF with 2-pages summary table (v6.5.19)

First elections in Africa between 1792 and 1945, evolution of the suffrage and historical personalities

Régis Marzin, journalist and independent researcher,

Paris, December 14, 2018, corrected version of May 6, 2019, Mail, @Regis_Marzin

This is an English translation of the original article. In case of a discrepancy the French original text shall prevail.

 

Twenty-two countries in Africa, twenty-one colonized and one independent, had elections before the end of the second world war in 1945: Sierra Leone (1792-1799, then 1895), South Africa (1837), Liberia (1840, independent), Senegal (1848), Algeria (1848), Egypt (1883), Mauritius (1886), Tunisia (1896), Southern Rhodesia – future Zimbabwe (1899), Northern Rhodesia – future Zambia (1918), Angola, Cape Verde, Guinea (Bissau), Mozambique and Sao Tome and Principe (5 in 1919), Kenya (1920), Nigeria (1920), Bechuanaland – future Botswana (1921), Swaziland (1921), Côte-de-l’Or – future Ghana (1925), Dahomey – future Benin, South West Africa – future Namibia (1926).

Source : Inventory of elections in Africa : Régis Marzin, 20.11.18

 

Excluding the early experience of Freetown in Sierra Leone between 1792 and 1799, elections arrive in Africa in two phases. The first phase is in the nineteenth century between 1837 and 1899 and affects 9 countries. The second very fast, from 1918 to 1926, concerns 13 countries grouped together, 7 British colonies, 5 Portuguese colonies and one French, before a period of 19 years without any new country. As Sierra Leone between 1895 and 1926 knows only municipals in Freetown, it could be moved from the first phase group to the second, which would give 8 then 9 countries instead of 9 then 8.

 

*

The only independent country, Liberia, uses tax-based suffrage with a tax-based franchise, which excludes Africans for the benefit of the descendants of slaves. Four of the twenty-two countries are colonized by the French, Algeria, Senegal, Tunisia and Dahomey. In Senegal, suffrage restrictions are geographical. In Algeria and Tunisia, the vote under colonization corresponds almost to an apartheid, through the separation of citizenships according to geographical origin, culture, morals and religion, and the selection of privileged Africans in a separate college to vote by tax-based and capability-based male suffrage or equivalent. In Dahomey, the electoral experience is minimal. Twelve countries undergo British colonization: the colonizer sets up tax-based suffrage with a censitaire franchise in 7 countries, South Africa, Egypt, Mauritius, Sierra Leone Southern Rhodesia, Nigeria andthe Gold Coast. The other five, Northern Rhodesia, Bechuanaland, Swaziland, South West Africa and Kenya has a European vote in segregation totally excluding, male for Swaziland and South West Africa, male and female for others. In the five Portuguese colonies, male capacity voting between 1919 and 1959 excludes illiterate Africans and all women, before the dictatorship imposed the first single-party elections only in Angola between 1934 and 1942.

 

Prior to universal suffrage and women’s voting, the first large-scale full male vote and true democracy without women occurred in Egypt in 1923. Suffrage is then indirect. Algeria between 1945 and 1958 get the second experience of complete male suffrage, but in this case, it creates a pseudo-demi-democracy based on an Algerian half-assembly, and frauds organized by the French administration prevent democratic expression. The double assembly is a precarious compromise solution and, in the absence of democracy, appears in 1945 in Algeria the organized diversion of electoral processes by an administration. Between male suffrage in Egypt and Algeria, a form of restricted democracy starts in North Africa but very difficult, since in Egypt, the British colonizer quickly limits the power resulting from the elections, without attacking the elections themselves as French leaders do it later.

 

In Sierra Leone from 1924, in the Gold Coast and in Dahomey from 1925, the voting vote strongly limits the number of African voters, but they are in the majority because the Europeans are few numerous. A third complete non-tax-based male voting experience occurs in the Gold Coast, the future of Ghana in 1951. The tax-based suffrage does not preclude the progression of a partial but solid democratic practice in Nigeria between 1951 and 1959.

 

On a small scale, the city of Freetown is a unique place for the diffusion of democracy including Africans: first elections of Africa for former slaves of America between 1792 and 1799, then municipal by male suffrage from 1895[1] and universal suffrage in 1930. Four communes in Senegal also know of local democracy by male vote, Saint-Louis, Dakar, from 1948 and Gorée and Rufisque from 1871.

 

Democratization advances strongly when the suffrage mode is discussed, often in several stages. The passage from African male taxed-based suffrage to African male non-taxed-based suffrage precedes the acceptance of African women’s suffrage by the colonizers and, in the case of Northern Nigeria, by the traditional chiefs. In most of the twenty-two countries that had elections before 1945, the introduction of women’s voting corresponds to the implementation of universal suffrage. But in Mauritius, a capability-based suffrage continues until 1959 after the introduction of women’s suffrage in 1948, and in Kenya in 1956 and 1961, the first African suffrage is tax-based for men and women. The vote of women settlers comes before the vote of African women in a city, Freetown (1792-1797), for old American slaves, and in 5 countries, Southern Rhodesia future Zimbabwe (1923-1957), Northern Rhodesia future Zambia (1926-1959), Bechuanaland future Botswana (presumably ‘between 1921 and 1930’-1966), South Africa (1930-1948), Algeria (1945-1958), 5 of the 10 countries concerned by electoral segregation. In practice, the capacity-based voting or censorship vote strongly excludes African women without banning them completely in Liberia (1946-1955) and Sierra Leone (1930-1961), and between 1957 and 1961 a taxed-based vote only for women. In practice, the more general segregation against Africans, the sexism of the administration and the capacity-based franchise excluding illiterates excludes probably totally African women in Angola between 1934 and 1942. Among the exceptional cases is the vote of women in Freetown between 1792 and 1797 as heads of families of former slaves, for non-‘african women ‘in the sense of non-colonized women claiming themselves educated christianly.

 

The right to vote for women comes in the twenty-two countries that held elections before 1945 on the following dates[2]:
– Sierra Leone: 1792-1797: women former slaves heads of families in Freetown, 1930 Freetown municipality, tax-based for legislative elections from 1930 to 1961, then 1961 with independence,
– Southern Rhodesia, future Zimbabwe: 1919 taxed-based, excluding African women in practice, then right gradually granted between 1957 and independence in 1965
– Kenya: 1920 for European, 1956 for African in tax-based and capacity-based franchise (especially in 1961)
– Northern Rhodesia future Zambia: 1926 for European, 1959 for African
– Bechuanaland future Botswana: probably between 1921 and 1930 for European, 1966 for African
– Angola: in theory in 1931 for some European women because the suffrage widens in Portugal between 1931 and 1968, in capacity suffrage (read and write Portuguese)
– Senegal: 1945 for French elections between 1945 and 1960
– Algeria: 1945 for French mainly of European origin, 1958 for Algerian,
– Cape Verde, Guinea-Bissau, Mozambique, Sao Tome and Principe (and Angola): in theory between 1945 and 1975, in capacity suffrage (read and write Portuguese), very gradually for European women and perhaps some educated African women,
– Liberia: 1946 especially for American-Liberian, 1955 especially for African,
– Mauritius: 1948,
– Nigeria: 1951 tax-based in West and East, 1959 in West and East, 1979 in North,
– Gold Coast future Ghana: 1954,
– Egypt: 1956 (after independence in 1952),
– Bénin (Dahomey): 1956
– Tunisia: 1957 (after independence in 1956),
– Swaziland: 1967 (rather than 1968 according to numbers of votings)
– Namibia, ex South West Africa: 1989
– South Africa: 1994 long after independence in 1961, 1930 for ‘European’ called ‘white’.

 

Before the cold war in 1947, women began to vote in Africa in only 6 countries : between 1792 and 1797 in Freetown in Sierra Leone for former slaves, in 1919 in Zimbabwe for the Europeans, in 1920 in Kenya for the Europeans (1924-1931 for Indian women), in 1926 Northern Rhodesia future Zambia for the Europeans, probably between 1921 and 1930 Bechuanaland future Botswana for the Europeans, in Sierra Leone in 1930, in Senegal in 1945, in Algeria in 1945 for the Europeans, in Liberia in 1946 for the American-Liberian.

 

For these twenty-two countries, African women, considering them globally excluded from the tax-based vote, begin to vote in Senegal in 1945 and in 1948 in Mauritius for women able to sign their name. We must wait then 1948 in Mauritius, 1954 in Ghana, 1955 in Liberia, 1956 in Egypt and Dahomey (Benin), 1957 in Tunisia, 1958 in Algeria, 1959 in East and West Nigeria, 1959 in Northern Rhodesia future Zambia, 1961 in Sierra Leone and Kenya (1956 a little), 1965 in Zimbabwe, 1966 in Bechuanaland future Botswana, 1967 in Swaziland, 1975 in the five Portuguese colonies although in theory voting is possible in Angola from 1934 and from 1945 in the other 4 countries, 1989 in Namibia, 1994 in South Africa. Outside Senegal, the early pre-independence elections do not favor the arrival of women’s suffrage and consequently universal suffrage. In the end, the history of women’s suffrage and universal suffrage merges with the history of independence.

 

Before the independence of the countries that had held elections before 1945, except for Liberia, universal suffrage, that means non-tax-based and including women, began in the municipalities of Freetown just after 1930. It is applied in Senegal between 1945 and 1958, from the municipal elections of July 1, 1945, then to the legislative elections of October 21, 1945, to the legislative elections of June and November 1946, then 1951, 1956 and 1958 and the municipal elections of 1956. On a small scale, it starts again at of Lagos in 1950 in Nigeria. On a large scale, it was introduced in the Ghanaian legislatures – in Gold Coast – in the legislative elections of June 15, 1954 and July 17, 1956, from 1955 in the presidential and legislative elections in Liberia, in the French legislative elections in Dahomey in 1956, in the referendum on the French Constitution in Algeria in 1958, from 1959 to the legislative elections in Mauritius, in the Nigerian legislatures of 12 December 1959, in the East and West regions, while women were excluded in the North.

 

*

Main personalities are distinguished by their actions in favor of democracy during the period of colonization. Concerning, Sierra Leone, the English Granville Sharp (1735-1813), known to have been a Londonian supporter of the abolition of slavery, has the idea in 1786 to create a new Christian and egalitarian society of former American slaves, an utopia he called ‘Province of Freedom’. He developed plans and pleaded with the British government to arrive at the creation of the colony of Freetown from 1787. In this city, between 1792 and 1799, take place the first elections of Africa, those of ‘tythingmen’ and ‘centors’. Isaac Anderson (? -1800) was the most charismatic elected representative in Freetown between 1792 and 1799. When the British Empire ended this first African election experience in December 1800, the first politician and elected leader of Africa, Isaac Anderson, is hanged.

 

In Liberia, on December 1, 1840, the first elections are held. These are the first elections in Africa for an executive position. The former American slaves and some African, very few because of the male tax-based vote – owner of a house or hut in this case -, elected 10 councilors and a lieutenant-governor or vice-governor, who second the governor of the American Colonization Society. Joseph Jenkins Roberts (1809-1876), the sheriff of European origin, probably Welsh, is elected lieutenant governor. He became governor on September 3, 1841, and after the independence of Liberia on July 26, 1847, he was finally the first elected president in Africa on September 27, 1847.

 

Between 1848 and 1850, in Cape Town, South Africa, intellectual British settlers such as William Porter, Saul Salomon, John Fairbairn, John Charles Molteno, Andries Stockenström and Hercules Jarvis plead for elections that bring autonomy to the colony in integrating the African population. They obtained in the Constitution of Cape Town of 1853 a suffrage for the elections of the Legislative Councils, which allows the first Africans to vote in April or May 1854.

 

In Sierra Leone, a child of liberated slaves, Samuel Lewis (1843-1903), a former lawyer in London, sits on the Legislative Council of Sierra Leone from 1874 to 1882, and pleads for municipal elections by male vote in Freetown, which he gets in 1795. This slave descendant becomes the first elected mayor of Freetown and the first ‘African’ mayor in Africa.

 

In Egypt, in 1883, the British diplomat Frederick Hamilton-Temple-Blackwood, Marquis of Dufferin or Lord Dufferin (1826-1902) proposed to involve the Egyptians in the management of the colony by creating representative institutions without real legislative powers. It obtains the creation of Provincial Councils, part of a Legislative Council and part of a General Council. He designs an electoral system in the form of a pyramid with 4 floors. According to a tax-based principle, about 800,000 Egyptian men acquire the right to vote over the period from 1883 to 1922. The election of 1883 in Egypt is the first mass election of Africans at the scale of a country.

 

In Senegal, between May 1914 and May 1934, Blaise Diagne (1872-1934) was the first member of parliement of African origin elected in Africa in a parliament in Europe. Two French colonies, Algeria and Senegal, have sent members of parliement to Europe since 1848, while in the British Empire, elected representatives of African colonies sit on the Legislative Councils of the countries. Alongside the executives in the form of governors, the legislative logics of the two great empires are opposed: the British envisage laws specific to their colonies discussed in each colony to better manage and stabilize these colonies.

 

In 1917, the politician Casely Hayford (1866-1930) founded in Gold Coast, future Ghana, the association National Congress of British West Africa (NCBWA), pleads in London for the development of democratic institutions in the British West African colonies of Nigeria, Sierra Leone and Gold Coast. Elections are in place for legislative councils in 1920, 1924 and 1925 respectively.

 

In Algeria, Khaled El-Hassani Ben El-Hashemi Ibn Hadj Abdelkader, known as Emir Khaled (1875-1936), representative of the movement of ‘Young Algerians’ or ‘Youth Party’ which claims civic and political rights, wins the municipal natives elections of Algiers on November 30, 1919, was elected at the election of the General Council of February 1, 1920 and the election of the Financial Delegation of April 18, 1920. Municipalities were canceled and in 1923 the leader was pushed to the exile by French leaders.

 

In 1919, women of European descent vote for the first time in Africa, Southern Rhodesia, future Zimbabwe[3]. On April 30, 1920, Ethel Tawse Jollie née Cookson and widow Colquhoun (1874-1950) is elected to the Legislative Council of the British South Africa Company (BSAC) and remained there from 1920 to 1928. This European of origin is the first woman elected in the Commonwealth and in Africa.

 

On February 22, 1922, under the pressure of the independence movement ‘Wafd’, led by the Egyptian Saad Zaghloul (1958-1927), the United Kingdom recognizes a partial independence of Egypt. In 1923, the English crown accepte a constitution establishing a bicameral parliament composed of a House of Representatives elected by male non-tax-based vote and a Senate. The legislative elections of September 27, 1923 and January 12, 1924, led to the victory of the ‘Wafd’ party which won 188 seats out of 215. Despite the exclusion of women as in Europe at the time, these elections constitute the first democratic elections of Africa at the country level. Saad Zaghloul is the first African leader to get democracy. He became Prime Minister on January 26, 1924. But this year, the British occupier limits the powers of the elected Egyptian and pushes him to resign, which occurs as of November 24, 1924.

 

In Nigeria, in 1923, the politician Herbert Macaulay (1864-1946) founded the Nigerian National Democratic Party (NDP) in 1923, which dominated the early stages of Nigerian political life between 1923 and 1933.

In Côte-de-l’Or, Ghanaian politician Kwame Nkrumah (1909-1972), leader in 1947 of the United Gold Coast Convention (UGCC) party, then in 1949 of the Convention People’s Party Party (CPP), leads the struggle for elections and independence and won from his prison the first legislative elections in 1951 by 34 seats out of 38 before becoming head of government.

 

The diversion of electoral process by an administration is experienced for the first time in Africa by the French administration, which diverts the electoral process of the 60 African deputies of the Algerian Assembly of April 11, 1948. The administration is led by Governor Marcel-Edmond Naegelen (1892-1978) under the President of the Council in Paris, Robert Schuman (1886-1963). The diversion is done on the day of the vote. The methods of diversion used are the pressures on the Algerian nationalists and the voters, the arrests of the candidates on the day of the vote and the jams of ballot boxes. The victim parties are the Movement for the Triumph of Democratic Freedom (MTLD) parties of Messali Hadj (1898-1974) and the Democratic Union of the Algerian Manifesto (UDMA) of Ferhat Abbas (1899-1985). The French administration continues to divert electoral processes in the legislative elections of 1951 and the election of the Algerian Assembly of 1954. The diversion of electoral processes by the French administration in Algeria in 1948, 1951 and 1954 is one of the causes of the Algerian war that starts in 1954.

 

Thus, between 1792 and 1945, important African personalities are distinguished to launch the process of African democratization. The first electoral politician in Africa between 1792 and 1800, the former slave Isaac Anderson ends up hanged by the British. The lawyer and descendant of Sierra Leonean slaves Samuel Lewis is in 1895 the first ‘African’ mayor of Africa. In 1917, ‘Ghanaian’ Casely Hayford leads a successful advocacy for constitutions incorporating partially open elections for Africans in Nigeria, Sierra Leone and the Gold Coast. In 1919, the Algerian Emir Khaled manage to win in the municipal elections in a first victory of ‘indigenous’ against the French electoral apartheid. In 1923, the Egyptian separatist leader Saad Zaghloul obtains from the British the first truly democratic episode in a country in Africa. Beginning in 1947, Ghanaian politician Kwame Nkrumah lead the struggle for independence through civil disobedience and the demand for democratic representation.

 

In addition, two major steps are achieved thanks to the initiatives of two Europeans: between 1787 and 1792, British anti-slavery activist Granville Sharp designed the first electoral system for Freetown in Sierra Leone, and in 1883 the diplomat, also British, Lord Dufferin, conceives for Egypt the first electoral system allowing Africans to vote massively. A woman is also noticed, Ethel Tawse Jollie, of European origin, is in 1920 the first woman elected in the Commonwealth and Africa. On the side of the destroyers of democracy, stand out the French Marcel-Edmond Naegelen and Robert Schuman. The latter, an illustrious architect of the European construction, shines, without this being seen too much, in the conception of the first diversion of electoral processes in Algeria in 1948. The French leaders then experiment a mode of crisis management by uncertain and already obsolete compromises, sources of long-term deteriorations and causes of new crises even more serious.

 

Régis Marzin, independent journalist and researcher,

Paris, December 14, 2018, corrected 2.2.19, 17.3.19, 4.4.19, 9.4.19, 18.4.19, 6.5.19

(56 countries audit completed 6.5.19)

Mail, @Regis_Marzin

[1] No trace found of tax-based vote.

[2] See also : http://www.journaldesfemmes.com/carriere/0511femmes-politique/droit-vote.shtml , http://womensuffrage.org/?page_id=203, https://en.wikipedia.org/wiki/Women%27s_suffrage

[3] Excluding rare English women from Freetown between 1792 and 1797 who could have been ‘heads of families’ by being widowed, for example.

 

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