Aller au contenu principal

Démocraties, dictatures et élections en Afrique : bilan 2020 et perspectives 2021

29 mai 2021

Démocraties, dictatures et élections en Afrique :

bilan 2020 et perspectives 2021

2020 une année de statu quo

après le fort recul de la démocratie entre 2016 et 2019

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant, Twitter : @Regis_Marzin

29 mai 2021

Télécharger le dossier en format PDF

Actualisation des principaux graphiques et principales cartes

et suite des études de 2016, 2017, 2018, 2019, 2020

du 30 mars 2016 : ‘Après 26 ans de démocratisation, dictature et démocratie bientôt à l’équilibre en Afrique

du 27 avril 2017 : 2016 : Année des coups d’Etat électoraux en Afrique, démocratisation de l’Afrique depuis 1990

du 14 janvier 2018 : ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2017 et perspectives 2018, 2017 une année supplémentaire à l’équilibre continental

du 13 février 2019 ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2018 et perspectives 2019, Nouvelle vague d’élections non démocratiques en 2018 après celle de 2016 : à l’échelle continentale, les dictatures reprennent le dessus et l’écart entre Afrique anglophone et francophone se creuse.

du 11 mars 2020 ‘Démocraties, dictatures et élections en Afrique : bilan 2020 et perspectives 2021, Depuis 2016, la démocratie continue de reculer en Afrique en nombre de pays mais pas en quantité de population et cela malgré une très bonne année électorale en 2019

Diaporama des graphiques du dossier :

Sommaire

Introduction. 3

1.       Bilan 2020 : évolution de la nature des régimes politiques. 4

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2020. 4

1.2 Dictatures de parti politique : une installation en 2020, au Burundi 6

1.21 Evolution des dictatures de parti en 2020. 6

1.21 Bilan historique des dictatures de parti politique en Afrique depuis 1990. 6

1.3 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 (55 pays) 9

1.5 L’avance de l’Afrique anglophone sur l’Afrique francophone en termes de démocratisation. 13

1.51 Un décalage structurel établi depuis 1990 en raison de la persistance des régimes post-coloniaux. 13

1.52 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020 selon la colonisation. 14

1.53 2020 : le décrochage des ex-colonies françaises de 2018 établi pour durer 15

1.54 Leadership démocratique : Afrique de l’Ouest ou Afrique australe ?. 16

1.6 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation. 17

1.7 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2020. 19

2.       Processus électoraux en 2020 : une année mi-figue mi-raisin. 20

2.1 Bilan électoral de l’année 2020 : données principales résumées. 20

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes début 2020. 24

2.3 Alternances en 2020. 27

2.4 Elections en dictature : inversions de résultats de présidentielles : l’impunité assurée qui continue. 29

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020. 30

MOE-UE et politique européenne. 30

3. Perspectives 2021 :  léger pic électoral de 24 à 28 scrutins assez équilibré. 32

3.1 Calendrier 2020 : données principales résumées. 32

3.11 Données électorales 2021. 32

3.12 Principaux enjeux politiques autour des élections en 2021. 33

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2021 selon le type de régime en 2020(et 2021) 34

3.3       En 2021, l’Afrique anglophone consolidera comme tous les ans son avance démocratique. 37

Conclusion. 38

A.        Historique 2020 : année électorale réelle : données plus détaillées. 39

B.         Prévisions 2021: année électorale (au 27.5.21) et données plus détaillées. 43

C.         Rappel : calendrier prévisionnel 2020 des élections de l’étude du 11.3.20. 49

Introduction

L’année 2020 restera dans l’histoire comme la première année de pandémie de Covid-19. En mars 2019, les Nations-Unies craignait des millions de morts en Afrique faute de systèmes hospitaliers pour faire face. Finalement, au niveau santé, l’Afrique a mieux supporté le choc que le reste du monde. Deux présidents qui étaient dans un certain déni médical sont décédés au Burundi le 8 juin 2020 puis en Tanzanie le 17 mars 2021. Un candidat favori de présidentielle est aussi mort en Côte d’Ivoire le 8 juillet 2020. Mais, très peu d’élections ont été annulées ou reportées. Globalement, après les premiers soubresauts, la vie politique a repris à peu près normalement dans tous les pays.

Dans certains pays, la répression a augmenté pendant la pandémie, en particulier en Algérie. En Ouganda, des meetings de campagne électoral de l’opposition ont été interdits. Sans doute que la communauté internationale s’est un peu désintéressée de l’Afrique pendant quelques mois. Certains conflits électoraux ont perdu en intensité, au Togo en particulier, où la mobilisation contre un nouveau coup d’Etat électoral est tombée au milieu de la panique mondiale de la première vague. Le criminel électoral récidiviste qui prend en otage le Togo a eu de la chance.

Aucune tendance forte ne se dégage de l’année 2020 en faveur de la démocratie ou en faveur des régimes sans démocratie, au contraire d’autres années comme 2018 une année de fort recul de la démocratie en Afrique. Au minimum, l’hémorragie démocratique de la période 2016-2019 est provisoirement stoppée.

Certains pays se démarquent de plus en plus par des évolutions originales qui s’écartent des modèles dominants sur le continent africain. La classification des régimes politiques se complexifie avec la multiplication des régimes intermédiaires par glissement, dérive, processus progressif sans importante date marquante. Après la dictatorisation des Comores et du Bénin entre 2016 et 2019, en sens inverse, se fait sentir en Mauritanie une certaine démocratisation progressive qui s’affirme malgré l’absence de rupture complète avec l’ancien régime issu du coup d’Etat militaire. Bien qu’il n’y ait rien de définitif, ce processus mauritanien est sans doute exceptionnel dans l’histoire de l’Afrique depuis 1990. Au moment du passage au multipartisme dans 36 pays à partir de 1990, une certaine propagande a promu la « démocratisation progressive des régimes issus des partis uniques » mais cela n’est jamais arrivé. Normalement, une dictature chute et l’arrivée de la démocratie correspond à des événements historiques marquants. La lente évolution des Seychelles est restée exceptionnelle. L’idée en pratique de démocratisation d’un régime initialement non démocratique avait disparu et ne restait présente qu’en sous-entendu dans des discours diplomatiques hypocrites. La situation en Mauritanie n’a pas non plus à voir avec un coup d’Etat à visée démocratique. Le cas actuel de la Mauritanie est une nouvelle exception intéressante, qui passe certainement inaperçu. En 2021, peut-être voit-on quelque chose qui a des liens dans la logique en RDC. 

D’autres pays deviennent difficile à classer, comme le Niger qui accumulent des incidents au niveau Etat de droit tout en restant sur une base démocratique au niveau électoral. Cela rappelle ce qui se passe aux USA sous Trump et même en France sous Macron avec les violences policières, les éléments racistes incontrôlés dans la police, les atteintes aux libertés de la presse ou les interdictions de manifester. En général, les dictatures au niveau électoral regroupent l’essentiel des atteintes aux libertés et la répression, et la vertu des systèmes démocratiques au niveau électoral garantit le maximum d’Etat de droit. En Afrique, plus qu’ailleurs les deux pôles se distinguent clairement dans les régimes stables sur plusieurs années. Pour l’instant, la méthode employée dans ces études depuis mars 2016 n’est pas remise en cause, mais comme toute méthode, elle a ses limites.

En termes de processus électoraux, le bilan de l’année 2020 penche légèrement vers l’absence de démocratie. Quelques alternances ont cependant continué de renouveler les dirigeants. L’année 2021 devrait être une année plus favorable à la démocratie mais uniquement grâce à des pays en sortie de guerre, des pays où la qualité des élections est indispensable pour garantir le maintien de la paix.

Régis Marzin

Paris, 28 mai 2021

1.     Bilan 2020 : évolution de la nature des régimes politiques

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2020

Rappel méthodologique : Le classement des régimes issu de l’étude du 30 mars 2016 distingue 3 catégories : « Dictature stable, Transition vers la démocratie, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII), Démocratie. Les critères principaux de classement des régimes sont la manière d’arriver au pouvoir et la manière de conserver le pouvoir, et il se rajoute d’autres critères. La catégorie ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII)’ est aussi la catégorie de tous les régimes qui ne sont pas des Dictatures stables ou des Démocraties. »

Dans ce classement, en 2020, 4 pays ont changé de catégorie, contre 7 en 2019[1], positivement, la Mauritanie et le Malawi, et négativement, l’Algérie et le Mali :

Modif°. EtatPaysEvénements et changementsDates
TCII>Dict.SAlgérieReprise de la répression qui retourne au niveau de celle du régime d’Abdelaziz Bouteflika parti le 2.4.19 après l’élection présidentielle plus ou moins boycottée et l’élection d’Abdelmadjid Tebboune le 12.12.19, après la reprise du Hirak (commencé le 16.02.2019) à partir du 19.06.20 : arrestations de militants, répression de la liberté de la presse.16.02.19 02.04.19 12.12.19 19.06.20
Dict.S>TCIIMauritanieRemontée de l’Etat de droit et potentielle démocratisation dans une certaine rupture avec le régime Ould Abdel Aziz, suite à l’élection du général Mohamed Cheikh El-Ghazouani, ex-ministre de la défense, malgré une probable inversion du résultat par suppression du second tour à 52,01% après un 1er tour le 22.06.19, rupture visible dans les travaux d’une commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des biens publics pendant la décennie au pouvoir d’Ould Abdel Aziz (2008-2019) dont le rapport est présenté à l’assemblée le 27.07.20 et est transmis à la justice jusqu’à une première rapide mise en détention d’Ould Abdel Aziz le 17.08.20 et une inculpation pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent le 13.03.21.22.06.19 27.07.20 17.08.20    
TCII>DémoMalawiRetour à la démocratie grâce à l’organisation d’une nouvelle présidentielle le 23.06.20 après la Contestation par 6 mois de manifestations du résultat de l’élection du président Peter Mutharika (sortant) le 21.05.19 conduisant à l’annulation de cette élection par la Cour constitutionnelle le 3.2.20 pour des fraudes dues à la CENI (utilisation Tipp-Ex, mauvaise vérification PVs, doubles votes) et après arrestations par Peter Mutharika le 8 mars 2020, des dirigeants de la Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC), leaders de la contestation. Election de Lazarus Chakwera du MCP par 59,34% des voix contre Peter Mutharika du DPP et alternance le 23.06.20.21.05.19 03.02.20 08.03.20 23.06.20
Démo>TCIIMaliCoup d’Etat militaire du Comité national pour le salut du peuple contre le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) le 18.08.20 après une période de manifestations à partir de juin 2020, menées par le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) en particulier en raison des législatives du 29.03 et 19.04.20 qui aboutissent à la contestation de l’élection de 30 députés de la majorité au point qu’une Mission de Cédéao juge la Cour constitutionnelle responsable du litige le 20.06.20. Promesse d’élections en 2022 après une sorte de « transition » après un coup d’Etat au caractère démocratique douteux finalement accepté après négociation par les diplomates internationaux et africains.19.04.20 20.06.20 18.08.20

Trente-et-un an après le déclenchement du mouvement de 36 pays africains vers le multipartisme, après une phase d’affaiblissement du nombre de démocraties bien installées entre 2016 et 2019, la dégradation s’arrête globalement en 2020 sans qu’il soit facile de dire si cela correspond à une tendance ou au hasard. Des mouvements de quatre pays s’équilibrent.

Entre dictatures et régimes intermédiaires, deux pays évoluent en sens inverse sans grands événements marquants. En Algérie, la reprise de la répression facilitée par la pandémie de Covid-19 met un coup d’arrêt aux espoirs de démocratisation apparus autour du départ d’Abdelaziz Bouteflika ; en Mauritanie, Mohamed Cheikh El-Ghazouani arrivé au pouvoir comme un dauphin d’Ould Abdel Aziz dans une élection au processus électoral détourné par une inversion du résultat suppression du second tour n’a pas empêché le parlement d’enquêter sur son prédécesseur qui se retrouve inculpé début 2021. Il y a peu d’atteintes aux libertés et de répression. Ould Abdel Aziz confirme en avril 2021 qu’il n’est plus dans son ancien parti l’UPR en rejoignant un autre parti, le Ribat national. Une démocratisation est possible, bien qu’il faille attendre de nouvelles élections pour le vérifier. Le stade de la dictature suite au coup d’Etat d’Ould Abdel Aziz de 2008 s’éloigne et le régime progresse à un stade intermédiaire. Ce cas est le contraire des cas comorien et béninois depuis 2016, deux pays où une dictatorisation entre 2016 et 2019 a suivi des arrivées au pouvoir démocratiques. Le cas mauritanien de progression est sans doute même unique dans l’histoire. Il n’a rien à voir avec un coup d’Etat militaire à visée démocratique. S’il y a des espoirs, ils se verront vérifiés qu’aux prochaines élections en 2024.

Entre démocratie et régimes intermédiaires, deux autres évolutions s’équilibrent. Le Malawi revient à la démocratie au travers du retour de l’ancien parti unique jusqu’en 1993, le Malawi Congress Party (MCP). La démocratie était bien installée depuis 1995 jusqu’aux fraudes au profit de Peter Mutharika du Democratic Progressive Party (DP) lors de la présidentielle du 21 mai 2019, annulée le 3 février 20 par la Cour constitutionnelle, et jusqu’aux arrestations par Peter Mutharika le 8 mars 2020, des dirigeants de la Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC), leaders de la contestation. Cette annulation par la Cour constitutionnelle et la capacité à réorganiser rapidement un processus électoral non contesté montre une résistance forte interne à une dictatorisation, en particulier grâce aux institutions de contrôle. Ce contrôle efficace semble facilité par l’appartenance du Malawi à un espace anglophone. Dans l’autre sens, le régime démocratique malien s’effondre lors d’un coup d’Etat, qui reçoit un soutien partiel populaire après des fraudes aux législatives du parti du président IBK. Suite aux problèmes sur les législatives, peu de regrets sont formulés sur le départ d’IBK. Les militaires arrivent à négocier ce qu’il appelle une « transition », qui est censé être une transition de retour à la démocratie électorale en 2022. Dans ce contexte, la CEDEAO et l’Union africaine se font entendre sur une certaine surveillance de la « transition ». Le Mali peut revenir à la démocratie en 2022 s’il n’est pas victime d’autres coup d’Etat, comme celui du 25 mai 2021.

Parmi les autres pays qui évoluent en 2020, le régime éthiopien se dégrade en 2020 sans qu’il soit encore possible de dire si le mouvement de démocratisation existe et continue ou non. Ce n’est qu’à la fin de 2020, alors que se rapprochent les élections, que les espoirs nés à l’arrivée du Premier ministre Abiy Ahmed s’envolent définitivement et qu’une re-dictatorisation s’affiche. Rapidement début 2021, pendant la guerre avec le Tigré, l’Ethiopie retourne à un régime non-démocratique. Les législatives de 2021 n’ont plus aucune chance d’être correctement organisées.

La démocratie au Niger reste fragile et limitée par des atteintes régulières aux libertés, un maximum de problème étant survenus en 2018. Le volet électoral se maintien dans la démocratie, malgré la contestation d’éléments du processus électorales des élections du 27 décembre 2020 et du 20 février 2021.

Trois changements de type de régime sur 4 ont eu lieu dans les ex-colonies françaises contre 1 dans les ex-colonies britanniques. Les évolutions sont réparties dans toutes l’Afrique sauf en Afrique centrale toujours stable.

ColonisationRégionPositif – DémocratisationNégatif – Dictatorisation
FrançaiseOuest Mali
 Australe  
 NordMauritanieAlgérie
BritanniqueEst  
 AustraleMalawi 

La régression ponctuelle de l’Afrique australe en 2018 et 2019 (Malawi, Comores, Zambie) s’arrête en 2020.

1.2 Dictatures de parti politique : une installation en 2020, au Burundi

1.21 Evolution des dictatures de parti en 2020 

Dans une dictature de parti, le pouvoir se répartit sur un système d’acteurs à l’intérieur du parti au pouvoir au lieu de se concentrer sur un homme, une famille et un clan réduit autour. Les alternances de chef de l’Etat se font sans démocratisation, même si l’installation dans une dictature avec alternance à long terme peut se faire avec des progrès sur des points secondaires sur les processus électoraux et l’Etat de droit, qui n’affectent pas la solidité du régime et l’impossibilité d’alternance de parti. Le nombre de dictature de parti est aussi indirectement lié au nombre de de pays avec une limitation du nombre de mandats qui reste stable à 38 en 2020 (38 en 2019 contre 37 en 2018 et 36 en 2017).

2019 avait été marqué par la fin d’une dictature de parti très stable celle du FDRPE éthiopien. Cette même année, en Mauritanie, le remplacement d’Ould Abdel Aziz par Mohamed Cheikh El-Ghazouani comme chef président de l’Union pour la République (UPR), a fait monter le nombre de dictature de partis à 6.

En 2020, au Burundi, Pierre Nkuruziza respecte la limite de deux mandats après ses trois mandats et laisse le pouvoir à Évariste Ndayishimiye, ancien Secrétaire général du CNDD-FDD, lors de l’élection du 20 mai 2020. En outre, niant le danger de la Covid-19 avec des arguments religieux, Pierre Nkuruziza a l’idée d’en mourir. Le nombre de dictature de parti atteint de cette manière un maximum de 7, 7 parmi 24 dictatures, sachant que celle de l’UPR en Mauritanie commence déjà à disparaître avec la distance prise avec l’ancien système et le départ d’Ould Abdel Aziz de l’UPR en 2020, confirmé par son adhésion à un autre parti, le Ribat national, en avril 2021.

La Côte-d’Ivoire aurait pu passer en dictature de parti en 2020 si une élection non démocratique avait imposé un remplaçant à Alassane Ouattara. En lieu et place, le décès du candidat Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet 2020 a été suivi d’un coup d’Etat constitutionnel d’Alassane Ouattara qui s’est présenté une troisième fois, foulant du pied la limite.

1.21 Bilan historique des dictatures de parti politique en Afrique depuis 1990

(sans la fin des partis uniques)

PaysPériode(s)PartisListe des présidents ou chefs de gouvernements
Algérie1962-1992 1999-2019 2020-  Front de libération nationale (FLN) de manière complexe et diminuante. Egalement une dictature militaire Parti unique de 1962 à 1991. Au pouvoir entre 1962 et 1992, puis exclu du pouvoir pendant guerre civile 92-99, puis de retour au pouvoir avec alliés RND et MSP sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Très affaibli à partir de 2019. Limitation 2x5ans de 1996 à 2008 et depuis 2016.1962-1965 : Ahmed Ben Bella 1965-1978 : Houari Boumédiène 1978-1992 : Chadli Bendjedid 1992 : Mohamed Boudiaf HCE et militaires : 92-94+94-98 : 1992-1993 : Haut Comité d’État : Ali Kafi 1994-1998 : g.al Liamine Zeroual sans FLN FLN et alliés (sauf présidentielle 2004) : 1999-2018 : Abdelaziz Bouteflika 2019 : Abdelkader Bensalah, + armée Ahmed Gaïd Salah 2020 … : Abdelmadjid Tebboune
Tanzanie1962–  Chama cha Mapinduzi (CCM) 1962-1977 : Union nationale africaine du Tanganyika (Tanganyika African National Union, TANU) Parti unique de 1962 à 1992 Limitation 2x5ans depuis 1984.1964-1985 : Julius Nyerere 1985-1995 : Ali Hassan Mwinyi 1995-2005 : Benjamin Mkapa 2005-2015 : Jakaya Kikwete 2015-2021 : John Magufuli 2021…      : Samia Suluhu Hassan
Mozambique1975Front de libération du Mozambique (Frelimo) Parti unique de 1975 à 1992. Limitation 2x5ans depuis 2004.1975-1986 : Samora Machel 1986-2004 : Joaquim Chissano 2005-2014 : Armando Guebuza 2014…      : Filipe Nyusi
Angola1979-2017 2017Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) Parti unique de 1975 à 1991. Limitation 2x5ans depuis 2010.1979-2017 : José Eduardo dos Santos 2017…      : João Lourenço
Zimbabwe1980-2017 2018–  Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF) ZANU entre 1963 et 1987. Parti unique de fait entre 1990 et 2000 Limitation 2x5ans depuis 2013.1980-2017 : Robert Mugabe (de 1980 à 1987 : premier ministre) 2017- …    : Emmerson Mnangagwa
Mauritanie NB : Terminé en 20212009-2019 2019– 2021 : Fin Union pour la République (UPR) Créé en 2009 pour présidentielle 2009 après coup d’Etat militaire de 2008. Limitation 2x5ans depuis 2006.2008-2019 : Mohamed Ould Abdel Aziz 2019-2020 : Mohamed Ahmed El-Ghazouani Aziz quitte UPR en 2020 et va dans un autre parti le Ribat National le 10.4.21
Burundi2006-2019 2020Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) Créé en 1994, groupe armée de la guerre civile de 1993 à 2005 devenu parti politique en 20052006-2019 : Pierre Nkurunziza 2020-…     : Évariste Ndayishimiye

Anciennes dictatures de partis disparues :

Ethiopie Terminée1992-2018 2019 : FinFront démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) Coalition autour du TPLF. Opposant au Parti unique sous Mengistu. Parti (coalition) unique de fait entre 2010 et 2018. Très affaibli en 2018-2019. Dissout le 25.12.19. Pas de limite de mandat pour 1er min.Premiers ministres : 1994-2012 : Meles Zenawi 2012-2018 : Haile Mariam Dessalegn 2018-2019 : Abiy Ahmed (2.4.18)   NB : 2020 : Abiy Ahmed hors FDRPE

Dans les 4 premiers pays concernés par les dictatures de parti, les partis sont soit deux anciens partis uniques datant des indépendances (Algérie, Tanzanie), soit deux partis sortis dominants de guerre d’indépendance suivi de guerre civile (Mozambique) ou de guerre civile (Ethiopie). Le CCM de Tanzanie et le Frelimo en Mozambique sont les deux modèles de parti en dictature de parti basée sur des alternances de président causées par une limitation à deux mandats. A partir de 2017, apparaît en Angola une nouvelle sorte de parti de dictature de parti, basé sur la transmission du pouvoir d’un chef d’Etat ayant établi une dictature personnelle à un successeur dans son parti. La conséquence est une transformation d’une dictature de personne en dictature de parti avec limite de deux mandats de 5 ans. Cependant, le MPLA en Angola est aussi un ancien parti unique. Au moment de la transformation du régime lors du départ du dirigeant historique, en Angola, le régime s’assouplit, se libéralise mais n’est a priori pas prêt d’accepter de perdre le pouvoir. Au Zimbabwe, le parti au pouvoir fait semblant de s’assouplir mais remontre aussitôt son contrôle de la vie politique dès la première élection.

En 2020, au Burundi, le niveau de répression et de dictature diminue peut-être un peu mais reste très élevé. En Mauritanie, les progrès sur les droits humains de 2019 se confirment en 2020, l’éloignement de l’ancien système présidentielle contredit le caractère non démocratique de la présidentielle et son inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle. Il n’y a plus la continuité nécessaire pour parler d’un système dictatorial de parti stable.

Evolution du nombre de dictature de parti depuis la fin du monopartisme en Afrique vers 1990-1991

PaysPériode(s)Partis
Algérie1962-1992+ 1999-Front de libération nationale (FLN)
Tanzanie1962Chama cha Mapinduzi (CCM)
Mozambique1975Front de libération du Mozambique (Frelimo)
Ethiopie1992-2018 (fin)Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE)
Angola2017 (1979) –Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA)
Zimbabwe2018 (1980) –Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF)
Mauritanie2019 (2009)-2021(fin)Union pour la République (UPR)
Burundi2020 (2006) –Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD)

Données du début des années 90 sans considérer la fin des partis uniques

Depuis 2017, la menace d’une multiplication des dictatures des partis, toujours aussi peu dénoncé, reste très forte comme le prouve la montée de 4 à 7 du nombre de ces dictatures. La menace est d’autant plus forte qu’il reste 18 anciens partis uniques des années 80 au pouvoir, dont très peu de démocratisés, seuls 5 étant revenu au pouvoir de manière démocratique après avoir perdu le pouvoir. Les dictatures de parti sont sans doute plus stables que les dictatures de personne et constitue un danger d’autant plus fort.

1.3 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2019 (55 pays)

Après les 3 années consécutives d’équilibre, 22/22 en 2015, 23/23 en 2016, et 22/22 en 2017, en 2018 les dictatures stables (24) ont repris le dessus sur les démocraties (20) et accentuent leur ‘domination’ statistique sur le continent en 2019 à 24 contre 19. Le déclin démocratique semble s’arrêter en 2020. Il est difficile de dire vers ou va la tendance, car des signaux contradictoires se font sentir. D’un côté en 2020, la répression est facilitée par la pandémie de Covid-19, en particulier en Algérie ou en Ouganda, de l’autre, des progrès se font sentir en Mauritanie et en zone anglophone, le Malawi fournit un exemple de rétablissement démocratique grâce aux institutions de contrôle de la qualité des élections, en l’occurrence la victoire du conseil constitutionnel. Le coup d’Etat du Mali est le premier depuis 2013. Pour la première fois, l’Afrique vient de passer six ans sans coup d’Etat. Une espèce de transition est négociée avec la junte qui rassure mais la possibilité pour les coups d’Etat de recommencer en Afrique est en soi inquiétant. Les 4 évolutions de régime s’équilibrent mutuellement en 2020

Delta ‘Nombre démocraties – Nombre dictatures stables’ / année précédente

Année199019911992199319941995199619971998
Delta ‘N démocraties – N Dictatures S’ / année précédente65241-1-3-2
N dictatures – N démocraties382621191514151820
1999200020012002200320042005200620072008200920102011201220132014151617181920
14225-1050-1-2-14-10-1000-4-10
19151311677223562334000455

L’année 2018, la pire année pour le processus de démocratisation de l’Afrique, s’éloigne.

Quantité de population (millions) selon régime en 2015, 2016, 2017, 2018, 2020

Population des pays changeant de catégorie en 2019 en Millions d’habitants (chiffre de mars 2016 non mis à jour) : Algérie 39,5, Mauritanie 3,6, Malawi 18,0, Mali 17,0, pour les changements

Au niveau quantité de population, du côté des démocraties le progrès du Malawi et la régression du Mali s’équilibre et le pourcentage reste stable à 33,3%, mais du côté des dictatures, la régression de l’Algérie pèse beaucoup plus que le progrès mauritanien et le taux remonte de son minimum de 41,4 de 2019 à 44,5%.

1.4 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2020 et régimes intermédiaires (Tcii)

Classement et évolution dans le classement des régimes en 2020 avec détails des régimes en Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII).

Les pays changeant de catégories sont notés en gras.

Dictatures stables 24 au lieu 24 +1-1Erythrée, Guinée Equatoriale, Zimbabwe, Tchad, Congo Brazzaville, Cameroun, Swaziland, Ouganda, Djibouti, Togo, Gabon, Angola, Egypte, Algérie, Tanzanie, Mozambique, Burundi, Côte-d’Ivoire (2016), Rwanda (1994 suite génocide, 2003 Kagamé élu, 2017 3e mandat), RDCongo (2018 processus électoral de dictature), Guinée Conakry (2010 transition, 2011 Condé, 2018 échec transition / processus électoraux), Maroc (1999 Mohammed VI, 2011 démocratisation, 2018 répression), Bénin (2018-2019 répression opposition + législatives), Comores (2018-2019 dictatorisation + présidentielle), Algérie (2019 chute Bouteflika, 2020 répression)  
Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII) 12 au lieu 12 +1-1+1-1  Guerre et suite de guerre : Guerre (dont guerre en Etat failli) : Somalie (1991 guerre, 2000 parlement exil, 2012 Sheikh Mohamud), Libye (2011 guerre Etat failli), Suite guerre en Etat failli (dont en transition démocratique) :Soudan du Sud (2005 suite guerre, 2010 Kiir, 2011 indépendance), Centrafrique (2013 suite guerre Etat failli, 2014 transition, 2016 Touadéra) NB : En 2017, ces 2 Etats, Sud Soudan et RCA, sont à la limite de la guerre active et il y a peu de différence entre guerre et suite de guerre. Suite guerre hors Etat failli (dont suite indépendance) : – Suite génocide : –   Instabilité de gouvernement (dont suite coup d’Etat) et/ou contestation populaire : Guinée Bissau (2009 instabilité), Mali (2020 coup d’Etat),   Indéterminé : Somaliland (1991 non reconnu Onu, 2001 constitution, 2010 Mahamoud),   Transition de dictature vers démocratie : Ethiopie (2018 transition suite à manifestations), Soudan (2019 chute El-Beshir et transition), Mauritanie (2020 éloignement du système d’Aziz)   Dictatorisation, chute de l’Etat de droit : Kenya (2017 conflit électoral, 2018 soutien Kabila, 2019 baisse état de droit), Zambie (2019 dérive constitutionnelle et présidentielle),
Démocraties 19 au lieu 19 -1+1Botswana, Ile Maurice, Cap Vert, Sao Tomé-et-Principe, Afrique du Sud, Namibie, Malawi, Lesotho, Sénégal, Nigéria, Ghana, Sierra Leone, Libéria, Seychelles, Tunisie, Madagascar, Burkina Faso (2016), Gambie (2018 transition vers la démocratie réussie), Niger (2019 fin répression de 2018), Malawi (2020 élection contestée refaite),


Evolution du classement régimes en Afrique de 1990 à 2020 avec détails des régimes intermédiaires (Tcii)

En 2020, l’analyse des régimes intermédiaires permet d’avoir des espoirs de progrès démocratiques concernant des pays classés en « transition vers la démocratie », en particulier au Soudan, peut-être en Mauritanie (un pays pas reconnu internationalement comme étant en « transition » mais étant actuellement considéré comme « en transition dans cette étude ». Par contre les espoirs diminuent en 2020 en Ethiopie avant de s’effondrer à la fin de l’année. Le Mali, en instabilité lié à un coup d’Etat pourrait revenir à la démocratie en 2022. Soudan, Mali puis dans quelques années Mauritanie pourrait faire remonter le nombre de démocraties.

Dans des Etats faillis ou faibles subissant ou ayant subi des guerres, Somalie, Libye, Soudan du Sud, Centrafrique, l’évolution est lente ou très lente. Dans ces pays, la démocratie est un élément important d’une solution de maintien de la paix. En Centrafrique, la qualité des élections fin 2020 et début 2021 est une nouvelle fois moyenne, une certaine démocratie se consolidant faiblement dans un contexte d’absence de maîtrise militaire du pays.

Au niveau des dictatures, à partir de début 2021 quelque chose semble changer. La RDC évolue vers un régime intermédiaire et, en avril 2021, le Tchad devient instable et a peut-être une chance d’aller vers une transition vers la démocratie (phrase écrite le 22.5.21). Début 2021 autour de ses législatives, la Côte d’Ivoire semble également évoluer vers autre chose qu’une sorte de caricature de dictature françafricaine, ce qu’elle était depuis 2011.

En 2020, la communauté internationale et africaine est focalisée sur la gestion de la crise épidémique de la Covid-19 qui touche durement les pays du Nord influents en Afrique. Les questions politiques sont globalement négligées entre mars 2020 et avril 2021, mais ce désengagement passe presque inaperçu tant la communauté internationale et africaine a des difficultés à peser quand elle le souhaiterait. En 2020, elle joue surtout un rôle important après le coup d’Etat au Mali, surtout la CEDEAO, ce qui est possible à partir du moment où la junte militaire est conciliante.

En 2020, la négociation Post-Cotonou continue entre l’UE et l’Afrique sur les questions de démocratie en visant un accord au premier semestre 2021 et il difficile de savoir si les grands discours insistants sur la démocratie augurent d’un engagement supplémentaire comme le souhaiteraient sans doute nombre de parlementaires ou un désengagement dans le sens des compromissions voulues par des dirigeants français et en particulier Jean-Yves Le Drian.

1.5 L’avance de l’Afrique anglophone sur l’Afrique francophone en termes de démocratisation

1.51 Un décalage structurel établi depuis 1990 en raison de la persistance des régimes post-coloniaux

Le décalage structurel entre l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone s’observe facilement dans l’état des lieux des pays sans aucune alternance depuis 30 ans et plus.

Noyau dur des 10 dictatures en Afrique sans alternance depuis 1990 (sur 24 dictatures stables)

Cumul des années sans alternance de président (et famille) et de parti au pouvoir fin 2020

De 2019 à 2020, le noyau dur des dictatures sans alternance ne change pas. Il contient toujours une ex-colonie britannique, une ex-colonie italienne, une ex-colonie espagnole, face à 6 ex-colonies françaises, 5 de ces 6 ex-colonies françaises occupant les 5 premières places de ce classement.

Population des Etats selon arrivée au pouvoir des chefs d’Etat ou de leur famille,

En Millions, 52 payssans 2 monarchies, Population de 2016

Comme en 2019, parmi les populations concernées par les absences d’alternance de pouvoir, en nombre, seule la population ougandaise (Museveni depuis 1986) se remarque aux milieux des populations des ex-colonies françaises, Togo et Gabon (famille depuis 1967), Djibouti (famille depuis 1977), Congo B (Sassou depuis 1979), Cameroun (Biya depuis 1982), Tchad (Déby depuis 1990) et une ex-colonie espagnole, la Guinée équatoriale (Nguéma depuis 1979).

1.52 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020 selon la colonisation

(française, britannique ou autres)

Du point de vue de la qualité des processus électoraux, l’année 2020 est représentative de la forte avance des anciennes colonies britanniques sur les anciennes colonies françaises en termes de qualité démocratique. Parmi les 9 processus électoraux correctes, 6 se situent dans les anciennes colonies britanniques et 3 dans les anciennes colonies françaises. Parmi les 12 processus électoraux non démocratiques, 3 se situent dans les anciennes colonies britanniques, 7 dans les anciennes colonies françaises et 2 ailleurs, dans une ancienne colonie belge.

Bilan de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020 selon la colonisation

Nombre de processus électorauxColonisation françaiseColonisation britanniqueAutre : Colonisation It + Be + Pt + Es + Afr. Sud ou sansTotal
Elections : correctes81 (+3)142 (+6)50273 (+9)
Elections : douteuses710623
Elections : Mascarades en TCII20 (+1)22244 (+1)
Elections : Mascarades en dictature126 (+6)80 (+3)57 (+2)263 (+11)
 Total234234135603

Dans le bilan depuis début 1990, l’avance des anciennes colonies britanniques augmentent encore un peu en 2020. C’est d’abord l’Afrique anglophone qui est en avance sur le reste de l’Afrique car les chiffres des anciennes colonies françaises et des autres colonisations sont comparables.

Bilan de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2019 selon la colonisation

Nombre de processus électoraux et pourcentage pour chaque qualitéColonisation françaiseColonisation britanniqueAutre : Colonisation It + Be + Pt + Es + Afr. Sud ou sansTotal
Elections : correctes81   – 34,61%142 – 60,68%50   – 37,03%273 – 45,27%
Elections : douteuses7     – 02,99%10   – 04,27%6     – 04,44%23   – 03,81%
Elections : mascarades en TCII20   – 08,55%2     – 00,85%22   – 16,30%44   – 07,30%
Elections : mascarades en dictature126 – 53,85%80   – 34,19%57   – 42,22%263 – 43,61%
Total234 – 100%234 – 100%135 – 100%603 – 100%

Depuis 1990, les élections non démocratiques sont beaucoup plus nombreuses dans les ex-colonies françaises que dans les ex-colonies britanniques : 146 (126 en dictature stable + 20 en TCII) contre 82 (80+2). Inversement, les élections démocratiques correctes sont plus nombreuses dans les ex-colonies britanniques que dans les ex-colonies françaises : 142 contre 81. Le taux d’élections correctes est de 60,68% fin 2020 (60,44% fin 2019) dans les ex-colonies britanniques et de 34, 61% fin 2020 (34,97% fin 2019) dans les ex-colonies françaises. Le taux d’élections non démocratiques en dictature stable (mascarades sur graphe) est de 34,19 fin 2020 (34,22% fin 2019) dans les ex-colonies britanniques et de 53,85% fin 2020 (53,36% fin 2019) dans les ex-colonies françaises.

Alors que le processus de démocratisation continental est bloqué depuis 2005, l’expérience démocratique continue constamment à s’accumuler plus vite dans la partie anglophone de l’Afrique que dans la partie francophone[2].

Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020 selon la colonisation : française, britannique, ou autre : Italie + Belgique + Portugal + Espagne + Afrique du Sud et sans colonisation

603 élections incluant 45 élections du président ou 1er ministre par le parlement

C’est depuis 1999 qu’une avance démocratique s’accumule côté francophone. Cela fait donc 22 ans que la qualité moyenne des processus électoraux est plus élevée en Afrique anglophone.

1.53 2020 : le décrochage des ex-colonies françaises de 2018 établi pour durer

Rappel : Depuis la création du Sud Soudan, il y a 20 ex-colonies britanniques et 20 ex-colonies anglaises (sans la Namibie comptée comme colonisée par l’Afrique du Sud). La comparaison est ainsi facilitée.

Dictatures stables selon la colonisation de 1988 à 2020

Avec les mouvements inverses de l’Algérie et de la Mauritanie, en 2020, le bilan comparatif ne change pas. Le plus grand nombre de dictatures est établi dans les anciennes colonies françaises, avec 12 pays sur 24 contre seulement 5 dans les anciennes colonies britanniques.

Démocraties selon la colonisation de 1988 à 2020

En nombre de démocraties, l’année 2020 est favorable aux anciennes colonies britanniques avec le retour du Malawi dans sa situation normale alors que le Mali en sort côté ex-colonies françaises. Globalement, l’équilibre évolue peu depuis l’arrêt du processus de démocratisation continental en 2006. Cependant, depuis 2018, la situation niveau démocratisation-dictatorisation se dégrade côté ex-colonies françaises seulement.

1.54 Leadership démocratique : Afrique de l’Ouest ou Afrique australe ?

NB Le classement des pays dans des zones géographiques est contestable : les Comores sont classées en Afrique australe alors que ce sont surtout des îles séparées de l’Afrique par la mer. Le Kenya, en difficulté en 2017, est classé en Afrique de l’Est alors que son histoire le lie beaucoup à l’Afrique australe.

En 2019, en raison du recul de la démocratie aux Comores, en Zambie et au Malawi, l’Afrique australe a perdu sa première place régionale en Afrique : nombre de dictatures plus fort en Afrique australe (5/14) qu’en Afrique de l’Ouest (4/15) et nombre de démocratie plus faible en Afrique australe (7/14) qu’en Afrique de l’Ouest (10[3]/15). L’Afrique de l’Ouest plus francophone compte 15 pays et l’Afrique australe plus anglophone 14, ce qui rend la comparaison possible.

Nombre de démocraties par région de 1988 à 2020

En 2020, alors que le Mali est en période d’instabilité, l’équilibre revient presque en Afrique australe et Afrique de l’Ouest à 8 contre 9. Là aussi, la situation a peu évolué depuis 2006.

Pourcentage de démocraties par région de 1990 à 2020

Le graphique en pourcentage sur les mêmes données montre que l’Afrique australe a retrouvé un niveau équivalent de celui de l’Afrique de l’Ouest en 2020. Le leadership de l’Afrique australe était marqué entre 1994 et 2001, puis depuis 2001 les 2 régions sont sur des trajectoires parallèles malgré de multiples soubresauts.

1.6 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation

Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions : comparaison ex-colonies françaises et britanniques

Evolution du nombre de limites du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions en Afrique de 1987 à 2019 par type de régime en 2020

Attention ! Graphique trompeur : le type de régime chaque année n’est pas celui de l’année mais celui de 2020.

En 2020, l’actualité forte sur les limitations du nombre de mandats s’est arrêtée (cf bilan sur dossier R.Marzin, 2017). En 2019, au Togo une limite 2×5 avait été ajoutée avec remise à zéro compteur, en Algérie, Abdelaziz Bouteflika a chuté près sa remise à 1 du compteur de mandats, au Soudan, Omar El-Beshir est tombé le 11.4.19 en raison de sa tentative de suppression de la limitation, en Egypte, Abdel Fattah al-Sissi a modifié la limite 2×4 en 2×6 avec mise à 1 du compteur par des par référendum, en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a abandonné son idée de briguer un 3e mandat, en Guinée, Alpha Condé a envisagé de modifier la constitution.

En 2020, en Guinée Alpha Condé a continué dans la direction d’imposer un troisième mandat. Il a fait passer la longueur des mandats à 6 ans au lieu de 5 en gardant la limite dans l’Article 40. Puis, il a remis à zéro son compteur de mandats présidentiels. Après le cas de l’Egypte en avril 2019, c’est la deuxième fois dans l’histoire de l’Afrique qu’un président se permet de faire cela sans passer d’une constitution sans limite à une constitution avec limite. La mobilisation contre la modification de la constitution pour des besoins personnels a été intense : une dizaine de morts lors de manifestations en octobre 2019, une trentaine de morts en 2020, et sans doute « 140 morts depuis 2014 ». Ces deux cas forment un comble de l’appropriation de la constitution dans un but personnel et dans une certaine ‘provocation’ de la population. Dans le 1er cas, en Egypte, la dictature est la plus forte d’Afrique et dans le 2nd cas, il s’agit d’une dictature récente, que la population refuse de voir s’installer durablement. Le coup d’Etat constitutionnel d’Alpha Condé correspond à une forte montée du niveau de dictature.

Après le décès de son candidat-successeur Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet 2020, Alassane Ouattara commet un autre coup d’Etat constitutionnel, il impose sa candidature à élection du 31 octobre 2020 pour 3e mandat. Alassane Ouattara a aussi favorisé en 2018 et 2019 le maintien de la dictature au Togo et la transformation en dictature en Guinée en semant la confusion dans la CEDEAO sur les compteurs de mandats, et la possibilité de les remettre à 0 ou 1, alors que cela contredit tous les principes démocratiques défendus sur la base du respect des constitutions comme garantie contre l’abus de pouvoir personnel.

Rappel : Les conflits concernent particulièrement le compteur de mandats, que des dictateurs remettent à zéro (plus rarement à 1) contre l’opinion populaire majoritaire. Le rapport de force qui se crée alors, reflète le fonctionnement de régime en question : il peut y avoir une mobilisation forte et une répression forte ou une population qui craint la répression et évite alors les manifestations. Les remises à zéro de compteurs lors d’ajout de limite se font surtout dans les ex-colonies françaises. Le respect des constitutions considérées comme des garanties contre les abus de pouvoirs personnels est un facteur de distinction des démocraties au même titre que la séparation des pouvoirs. Au contraire, la remise à zéro – dans quelques rares cas à 1 – du compteur de mandats est devenu un critère pour classer des régimes en dictature, car il reflète la volonté de s’approprier une constitution pour des intérêts personnels à la manière désormais caractéristique des régimes non démocratiques.

1.7 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2020

Pour comprendre cette carte, voir aussi sur le blog R*E 

le diaporama de l’évolution des régimes de 1989 à 2020[4]

Cette carte, qui reprend les données du paragraphe 1.1, s’analyse par contraste avec la carte de 2019 dans l’étude du 11 mars 2020[5], et avant avec la carte de 2018 dans l’étude du 13 février 2019[6], et avant avec la carte de 2017 dans l’étude du 14 janvier 2018[7] et encore avant avec la dernière carte de la série de 1990 à 2016 dans l’étude du 27 avril 2017[8].

2.     Processus électoraux en 2020 : une année mi-figue mi-raisin

2.1 Bilan électoral de l’année 2020 : données principales résumées

Ce bilan se base surtout sur les 11 législatives et 10 présidentielles (élection du chef de l’exécutif), dont 1 par un parlement de 2020. D’autres élections ont eu lieu : des locales dans 7 pays, des régionales, provinciales ou d’Etats dans 4 pays, des sénatoriales dans 3 pays et 3 référendums constitutionnels.

Listes des 14 élections de 2020 autres que présidentielles et législatives (et référendum) :

19 janvier 2020 : municipales/communales Comores (détournement en amont et boycott)

9 février 2020 : municipales Cameroun (détournement en amont + boycott)

17 mai 2020 : locales/communales-municipales Bénin (détournement en amont et boycott)

20 mai 2020 : communales/locales Burundi

20 juillet 2020 : sénatoriales Burundi au suffrage indirect par conseillers communaux

9 septembre 2020 : Ethiopie : régionales de l’Etat de Tigré uniquement (contre Etat fédéral)

11 et 12 août et 8 et 9 septembre 2020 : sénatoriales Egypte

25 octobre 2020 : municipales Cap-Vert

25 novembre 2020 : locales Namibie

25 novembre 2020 : régionales Namibie

6 décembre 2020 : régionales Cameroun indirectes

11 décembre 2020 : sénatoriales Madagascar (indirectes, après réduction Sénat de 63 à 18 sénateurs)

13 décembre 2020 : locales Niger

13 décembre 2020 : régionales Niger

Les régionales de l’Etat de Tigré le 9 septembre 2020 contre la volonté de l’Etat fédéral provoque la guerre de novembre-décembre avec l’Etat central qui annule ces élections remportées par le TPLF (152 sièges sur 190).

Trois référendums constitutionnels ont eu lieu en 2020 : le 22 mars, en Guinée (passage de la limitation 2×5 à 2×6 avant remise à zéro ou 1 du compteur par Alpha Condé) boycotté avec des manifestations massives faisant plusieurs morts, le 1er novembre, en Algérie (toilettage sur libertés) marqué par une faible participation à 23,20%, et, le 8 décembre, au Libéria (mandats président et députés passe de 6 à 5 ans, des sénateurs de 9 à 7 ans) en 4 questions séparées.

Parmi les 11 législatives et 10 présidentielles dont 1 par un parlement, une majorité d’élections, 10 ont eu lieu dans des démocraties, contre 11 seulement dans des pays non démocratiques :

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20204+1*59+1*56119+1*1120+1*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1 ministre) par le parlement (Lesotho en 2020

Résumé 2020 : présidentielles et législatives

21 élections dont une par un parlement :

  • 10 présidentielles dont 1 par parlement
  • 11 législatives
  • 10 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 11 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous)

Liste des 11 législatives, 9 présidentielles, 1 élections de chef de l’exécutif par parlement de 2019

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous les 5 ans : janvier)

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

22 février 2020 : présidentielle Togo (un tour sur 2)

22 mars 2020 : législatives Guinée (tous 5ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous 5 ans : juin ?)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous 5 ans : juillet ?) (limite 2×5  2nde fois Nkurunziza)

23 juin 2020 : présidentielle Malawiaprès annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20

22-24 octobre 2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre 2020 ?)

22-24 octobre 2020 : législatives Seychelles (tous les 5 ans : septembre 2021 ?)

18 octobre 2020 : présidentielle Guinée (tous les 5 ans : octobre) (limite 2×5 ans Condé) (DS2018)

28 octobre 2020 : présidentielle Côte Ivoire (limite2x5 atteinte pour Ouattara)

28 octobre 2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

28 octobre 2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

28 novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?)

7 décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

7 décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021)

Comptées en 2021 :

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 et 20 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 mars et 23 mai 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : déc 2020 ou 2.2021 ?)

+

18+20 mai 2020 : Lesotho : démission 1er ministre Thomas Thabane et élection Moeketsi Majoro (tab+1*)

Bilan de l’année électorale 2020 : liste des 9+1présidentielles et 11 législatives (cf aussi Annexe A)

DatePaysType RégimeScrutin P ou LPrésident ou parti victorieuxDurée pouvoir
19.01.20ComoresDict.SLConvention pour le renouveau des Comores (CRC) : 20/244
09.02.20CamerounDict.SLRassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : 152/18039
22.02.20TogoDict.SPGnassingbe Faure 1 760 309 voix = 70,78%15
22.03.20GuinéeDict.SLRassemblement du peuple de Guinée-Arc en ciel (RPG) : 79/11410
29.03.20 19.04.20MaliDémo >TciiLRassemblement pour le Mali (IBK) 51 /147 : 30 députés litigieux avant coup d’état7
18+20.5LesothoDémoPparlAlternance : Moeketsi Majorode (ABC idem) All Basotho Convention (ABC)0 (3)
20.05.20BurundiDict.SLConseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) 70.98% 72/12315
20.05.20BurundiDict.SPÉvariste Ndayishimiye (CNDD–FDD) 71.45%0
23.06.20MalawiTcii >démoPAlternance : Lazarus Chakwera (avec Saulos Chilima) MCP 59,34%0
22-24.10SeychellesDémoPAlternance (fin de cohabitation) : Wavel Ramkalawan (LDS) 54,91%0
22-24.10SeychellesDémoLLinyon Demokratik Seselwa (LDS) 54,84% 25 /354
18.10.20GuinéeDict.SPAlpha Condé (RPG) 59,49%10
28.10.20Côte IvoireDict.SPAlassane Ouattara (RHDP) 95,31 %10
28.10.20TanzanieDict.SPJohn Magufuli (CCM) 84,40%5
28.10.20TanzanieDict.SLChama cha Mapinduzi (CCM) 253/261, 30.10, /36758
22.11.20Burkina FasoDémoPRoch Marc Christian Kaboré(MPP)57,74%5
22.11.20Burkina FasoDémoLMouvement du peuple pour le progrès (MPP) 56/1275
28.11.20EgypteDict.SLParti du futur de la nation : 316 / 5967
07.12.20GhanaDémoPNana Akufo-Addo (NPP) 51,30%5
07.12.20Ghana  DémoLAlternance – début Cohabitation : National Democratic Congress (John Mahama) 137/375 contre NPP 136 (majorité 138-136)0
27.12.20NigerDémoLParti nigérien pour la démocratie et le socialisme – (PNDS) Mohamed Bazoum, 37,03 %, 79 /16610

Bilan de l’année électorale 2020 : présidentielles et législatives par type de régime

DatePaysType RégimeScrutin P ou LPrésident ou parti victorieuxDurée pouvoir

Démocraties : 4 présidentielles + 1 chef exécutif par parlement + 4 législatives = 9

18+20.5LesothoDémoPparlAlternance : Moeketsi Majorode (ABC idem) All Basotho Convention (ABC)0 (3)
23.06.20MalawiTcii >démoPAlternance : Lazarus Chakwera (avec Saulos Chilima) MCP 59,34%0
22-24.10SeychellesDémoPAlternance (fin de cohabitation) : Wavel Ramkalawan (LDS) 54,91%0
22-24.10SeychellesDémoLLinyon Demokratik Seselwa (LDS) 54,84% 25 /354
22.11.20Burkina FasoDémoPRoch Marc Christian Kaboré(MPP)57,74%5
22.11.20Burkina FasoDémoLMouvement du peuple pour le progrès (MPP) 56/1275
07.12.20GhanaDémoPNana Akufo-Addo (NPP) 51,30%5
07.12.20Ghana  DémoLAlternance – début Cohabitation : National Democratic Congress (John Mahama) 137/375 contre NPP 136 (majorité 138-136)0
27.12.20NigerDémoLParti nigérien pour la démocratie et le socialisme – (PNDS) Mohamed Bazoum, 37,03 %, 79 /16610

TCII : 1 législatives

29.03.20 19.04.20MaliDémo >TciiLRassemblement pour le Mali (IBK) 51 /147 : 30 députés litigieux avant coup d’état7

Dictatures stables : 5 présidentielles + 6 législatives (0 chef exécutif par parlement) = 11

19.01.20ComoresDict.SLConvention pour le renouveau des Comores (CRC) : 20/244
09.02.20CamerounDict.SLRassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : 152/18039
22.02.20TogoDict.SPGnassingbe Faure 1 760 309 voix = 70,78%15
22.03.20GuinéeDict.SLRassemblement du peuple de Guinée-Arc en ciel (RPG) : 79/11410
20.05.20BurundiDict.SLConseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) 70.98% 72/12315
20.05.20BurundiDict.SPAlternance : Évariste Ndayishimiye (CNDD–FDD) 71.45%0
18.10.20GuinéeDict.SPAlpha Condé (RPG) 59,49%10
28.10.20Côte IvoireDict.SPAlassane Ouattara (RHDP) 95,31 %10
28.10.20TanzanieDict.SPJohn Magufuli (CCM) 84,40%5
28.10.20TanzanieDict.SLChama cha Mapinduzi (CCM) 253/261, 30.10, /36758
28.11.20EgypteDict.SLParti du futur de la nation : 316 / 5967

Bilan de la qualité des processus électoraux en 2020 selon le type de régime

NB : « Mascarade » signifie « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats ».

PaysPrésidentielles
Type régime en 2020CorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10ans
Dictatures stables   TanzanieTogo Guinée C (B partiel) Burundi Côte Ivoire (B)
TCII     
DémocratiesMalawi Seychelles Burkina Faso Ghana Lesotho (Parl)    
Totaux40014

Parl : par parlement

Total : 10 dont 1 par parlement

PaysLégislatives
Type régime en 2020CorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10ans
Dictatures stables   Comores (B) Egypte (B)Cameroun (B) Guinée C (B) Burundi Tanzanie
TCII  Mali  
DémocratiesSeychelles Burkina Faso Ghana Niger    
Totaux40124

B = boycott, Non-P = non partisan

Total : 11

Bilan 2020 de la qualité des processus électoraux

PrésidentiellesLégislativesTotal
Correctes4+1*48+1*
Douteuses  0
Mascarades en TCII 11
Mascarades123
Mascarades ≥ 10 ans448
Total9+1*1120+1*

* : élection président ou chef de l’exécutif par le parlement

PaysPrésidentiellesLégislativesTotaux
Type régime en 2016CorDoutMasc. En TCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.DoutMasc. enTCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.Dout.Masc.Total
Dictatures S.   14   24  1111
TCII       1    11
Démocraties5    4    9  9
Totaux5001440124901221

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2020

TotalMascaradeDouteusesCorrectes
1990-201549926318218
2016248214
1990-201652327120232
2017176110
1990-201754027721242
2018181206
1990-201855828921248
2019246216
1990-201958229523264
2020211209
1990-202060330723273

NB : correction 15.5.21 de tous les totaux précédents : + 1 mascarade (1990) – 1 douteuse (1994)

En 2020, une légère majorité de processus électoraux non démocratiques, 11 sur 21, ont eu lieu dans des régimes dictatoriaux. Parmi eux, six sur 11, étant boycottés sont passés assez inaperçus à l’échelle internationale, en Guinée (2), en Côte Ivoire, aux Comores, au Cameroun et en Egypte. Quatre autres sont aussi passés inaperçus parce qu’ils étaient largement détournés en amont malgré l’absence de boycott, en Tanzanie (2) et au Burundi.

La seule crise électorale en dictature est survenue lors de la présidentielle togolais, parce que Faure Gnassingbé a procédé très visiblement à une inversion du résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle avec suppression du second tour empêchant une victoire par alliance de l’opposition au second tour. Il s’agit de la seizième inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux bien identifiée en Afrique depuis 1990. En 2021, le scandale créé par cette inversion de résultat continue, par exemple en raison du soutien tardif qu’Emmanuel Macron a apporté au criminel électoral récidiviste dénoncé par l’Archevêque Philippe Kpodzro.

La seconde crise électorale majeure est survenue dans un contexte de démocratie affaiblie au Mali, le Rassemblement pour le Mali du président IBK a été accusé d’avoir atteint une majorité grâce à 30 députés litigieux avec la complicité du conseil constitutionnel. Cette contestation a été à la base du coup d’état militaire qui a suivi et à l’origine d’une sorte d’abandon international du président IBK.

En raison des boycotts, l’année électoral n’a pas semblé être une année majeure de crise électorale et la pandémie de covid-19 a participé à invisibilisé les luttes politiques pour la démocratie. En particulier au Togo, on peut faire l’hypothèse que la lutte aurait été beaucoup plus dure sans l’arrivée de la première vague épidémique dans le monde, alors qu’on ne savait pas encore que l’Afrique serait assez épargnée par la pandémie.

2020 a été aussi positivement marqué par le retour à la démocratie du Malawi après la réorganisation d’une présidentielle et l’intervention du conseil constitutionnel contre le premier processus fraudé. Une alternance a validé le retour de la démocratie sans fraudes.

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes début 2020

Rappel : La qualité des processus électoraux sur un an est presque globalement prévisible l’année précédente ou en début d’année en fonction du classement par type de régime, en particulier en raison de la prédictibilité des élections en dictatures stables consubstantielles du type de régime.

La règle des élections en dictature est la suivante (rappel des études précédentes)[9] : « Il n’y a pas en dictature d’élection présidentielle ou d’élections législatives correctes ou même douteuses sans une transition vers la démocratie préalable. D’une part, il n’y a pas d’élection perdue par le chef d’Etat sortant ou le parti au pouvoir en dictature stable, sauf rares exceptions. D’autre part, il n’y a pas d’élections gagnées par un chef d’Etat sortant ou son parti en dictature stable sans détournement du processus électoral en amont ou fraudes massives le jour du vote. L’absence de processus électoraux corrects définit la dictature. Si une élection correcte était organisée, le régime tomberait. Dans les cas où le résultat n’est pas inversé à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats officiels, et où une majorité de votants a voté pour le président sortant ou son parti, le processus électoral a été détourné des règles de la démocratie en amont selon de multiples modalités disponibles. »

Cette règle correspond à l’observation de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes :

Type régimeProcessus électoraux correctsProcessus électoraux douteuxProcessus électoraux détournés et sans valeur (mascarades)
Dictatures stablesRares exceptionsAucuneToutes les élections sauf les rares exceptions
TCIINombreux casQuelques casNombreux cas
DémocratiesGrande majorité des casQuelques casCas très peu nombreux

Comparaison entre prévisions de l’étude de 2020 ‘bilan 2019 et perspectives 2020’ et la réalité :

DatePaysType RégimeScrutin P ou LPrévision du type de processus électoral[10] (selon type de régime organisateur)Réel / Prévision
19.01.20ComoresDictature.SLDétourné en amont + boycott<7.3.20
09.02.20CamerounDictature.SLDétourné en amont + boycott<7.3.20
22.02.20 T1TogoDictature.SPInversion de résultat probable<7.3.20
Mars 20GuinéeDictature.SLDétourné en amont + boycottOK
29.03+19.04MaliDémocratieLCorrectERREUR
19.05.20MalawiTCII>Démo?PCorrectOK
20.05+19.06BurundiDictature.SL+PDétournés en amontOK
29.08.20EthiopieTCIIL+PparlCorrect avec risque de continuité avec ancien parti unique de faitreportée
OctobreCôte IvoireDictature.SPDétourné en amont : fichier +…OKboycott
Octobre ?GuinéeDictature.SPSelon état pays après législatives : détourné en amont ou correct ?OK amont
Octobre ?TanzanieDictature.SL+PDétournés en amontOK
NovembreEgypteDictature.SLDétourné en amontOKboycott
22.11.20Burkina FasoDémocratieL+PCorrectOK
Nov ou déc.GhanaDémocratieL+PCorrectOK
13.12.20TchadDictature.SLDétourné en amont +JJ + avalreportée
Décembre ?SeychellesDémocratiePCorrectOK
27.12.20Niger DémocratieLCorrectOK
27.12+14.2.21NigerDémocratiePCorrect (T2 14.2.2021)2021
2020 ?Somaliland TCIILCorrect (sauf 3 partis maximum)reportée
Datesincertaines :    
Fin 2020 ?CentrafriqueTCIIL+PCorrect malgré manque maîtrise2021
Dates trèsincertaines :    
2020 ?LibyeTCIIL+PReport probable ou sinon douteux (détourné amont/correct?)OK report

Au niveau calendrier 2019, 1 élection s’est ajoutée au Lesotho. 6 élections ont été reportées de 2019 à 2020, une seule officiellement en raison de la Covid-19, en Ethiopie, dont 3 avaient déjà été reportées de 2019 et 2 de 2018 et 2019 :

  • Législatives Ethiopie reportées en raison de la Covid-19
  • Législatives Somaliland (déjà reportées de 2019)
  • Législatives Tchad (déjà reportées de 2018 et 2019)
  • Législatives Guinée Conakry (déjà reportées de 2018)
  • Présidentielle et législatives Libye (présidentielle déjà reportée depuis 2011)

Ont donc été reportées 5 législatives et 1 présidentielle. En outre 2 élections en Centrafrique se sont retrouvées à cheval sur 2020 et 2021 et comptées en 2021 (8 élections en moins par rapport aux prévision +1 Lesotho= -7).

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
Prév°7+1*7 dont Mali14+1*581312+1*1527+1*
Réel4+1*4 sans Mali8+1*57 dont Mali129+1*1120+1*

NB : Avec L Guinée passée dans prévision de démocratique à non démocratique en raison changement régime en 2019 de TCII à dictature stable.

NB : Entre début 2020 et début 2021, les classements des types de régimes ont changé (Mali en 2020) ce qui fait que seuls les totaux doivent correspondre

La seule erreur des prévisions du 11 mars 2020 a été sur les législatives maliennes dans un contexte de démocratie formelle préalable : le processus électoral n’a pas été démocratique. La contestation populaire a été si forte qu’elle a participé à provoquer un coup d’Etat militaire.

Encore une foi, la règle des élections en dictatures stables qui dit qu’il n’y a pas de processus électoraux corrects en régime de dictature stables a été respectée à 100% : aucune élection correcte n’a été organisée dans un pays où la démocratie n’a pas encore remplacé un régime identifié comme anti-démocratique. L’inversion au Togo n’était pas prévisible en tant que telle car les inversions comme celle du Togo ne sont jamais ‘prévisibles’ à l’avance selon une règle. Les processus électoraux des 11 élections dans les pays classés au préalable en dictature stable ont été détournés et n’ont pas eu de valeur démocratique : six avec boycott, en Guinée (P+L), en Côte Ivoire (P), aux Comores (L), au Cameroun (L) et en Egypte (L), 4 sans boycott en Tanzanie (P+L) et au Burundi (P+L), et, un avec inversion au Togo (P).

L’année 2020 confirme comme l’année 2019 que la qualité des processus électoraux en Afrique est presque totalement prévisible en fonction de la nature démocratique ou non démocratique des régimes pendant l’organisation du scrutin, avec toutes les conséquences qui en découlent par exemple sur la valeur des missions d’observation dans les pays non démocratiques, qui facilitent plus souvent le détournement du processus électoral qu’elles ne l’empêchent.

La prévision peut se faire sur plusieurs années, par exemple un cycle de 5 ans.

Le tableau de 2017 corrigé début 2021 en fonction des reports, ci-dessous, reste valable :

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou absence de démocratie v7.3.20

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Bénin et Comores en DS en 2020, Algérie en TCII en 2020 et DS en 2021, Maroc en DS en 2021, Mauritanie en TCII en 2021

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20173+2*69+2*1+1*45+1*4+3*1014+3*
20183+1*25+1*48127+1*1017+1*
20196+3*915+3*42610+3*1121+3*
20204+1*59+1*56119+1*1120+1*
20218+1*714+1*43712+1*1022+1*
20224+1*711+1*2+1*57+1*6+2*1218+2*
Total28+9*3664+9*20+2*2848+2*48+11*64112+11*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

2.3 Alternances en 2020

Cinq alternances ont eu lieu en 2020 :

DatePaysType Régime Président ou parti victorieuxDurée pouvoir
18+20.5LesothoDémoPparlAlternance : Moeketsi Majorode (ABC idem) All Basotho Convention (ABC)0 (3)
20.05.20BurundiDict.SPAlternance : Évariste Ndayishimiye (CNDD–FDD) 71.45%0
23.06.20MalawiTcii >démoPAlternance : Lazarus Chakwera (avec Saulos Chilima) MCP 59,34%0
22-24.10SeychellesDémoPAlternance (fin de cohabitation) : Wavel Ramkalawan (LDS) 54,91%0
07.12.20Ghana  DémoLAlternance – début Cohabitation : National Democratic Congress (John Mahama) 137/375 contre NPP 136 (majorité 138-136)0

Quatre alternances sur 5 se sont faites dans un cadre démocratique correct, parmi 10 élections en régime démocratie (9 en démocratie et 1 au Mali en démocratie affaiblie). En régime dictatorial, la limitation du nombre de mandat a été respecté au Burundi et une nouvelle dictature de parti politique se met en place.

Une alternance en démocratie sur 4 n’est qu’un changement de leader au sein d’un même parti, au Lesotho. Deux alternances sur 4 ont un lien avec de la cohabitation ; aux Seychelles, le changement de parti du président après la présidentielle met fin à un cohabitation. Dans ce pays, l’opposition à l’ancien parti unique des années 80 finit de conquérir le pouvoir pour la première fois depuis le passage au multipartisme en 1992.

Au Ghana, pour une même date de scrutin, les résultats de la présidentielle et des législatives sont opposés, à deux élus près à l’assemblée, avec un indépendant qui place la majorité du côté de l’opposition (des changements sont encore possible après). C’est aussi une question de découpage électoral car le parti du président, le Nouveau Parti patriotique, a 50,42% des voix aux législatives contre 46,20% au Congrès démocratique national (CDN).

Au Malawi, l’alternance signifie le retour à l’ancien parti unique des années 80 qui a eu le pouvoir entre 1966 et 1995, le Malawi Congress Party (MCP).

Ces cinq alternances n’ont pas beaucoup d’impact sur le bilan de démocratisation globale de l’Afrique mais cela avance malgré tout un peu. Aucune dictature ne disparaît et au niveau des partis uniques et anciens partis uniques revenus au pouvoir, la perte du pouvoir de l’ancien parti unique aux Seychelles est équilibrée par un retour d’ancien parti unique au Malawi. Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de président dans une élection depuis 1990 reste à 18. Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de parti au gouvernement depuis 1990 reste à 25 depuis 2017. Le nombre de pays ayant vécu une alternance complète de président et de parti de gouvernement passe de 30 à 31 (Seychelles). Un seul ancien parti unique des années 80 a perdu le pouvoir, aux Seychelles. 13 ex partis uniques sont au pouvoir depuis 1990 et 5 sont revenus au pouvoir.  (cf graphe suivant)

Comparaison du nombre de pays sans alternance depuis 1990, gouverné par un ancien parti unique, en dictature

Du point de vue des alternances, la démocratie n’a pas encore pas gagné de nouveau pays en 2018 car les 5 alternances ont lieu dans 3 démocraties bien installée et dans une démocratie bien installée qui a connu une perturbation ponctuelle d’un an environ, en raison de fraudes lors d’une présidentielle, le Malawi et dans une dictature passant en dictature de parti politique en raison de la limitation du nombre de mandats présidentiels, le Burundi. 

Le nombre de dictatures (24) reste proche du nombre de pays sans alternance de parti au pouvoir (25) ou sans alternance complète (24) (moins Seychelles). Si les changements de chef d’Etat sans changement de parti au pouvoir se multipliant, l’installation des dictatures de partis politiques est favorisée et un nouvel exemple survient en 2020 au Burundi.

2.4 Elections en dictature : inversions de résultats de présidentielles : l’impunité assurée qui continue

Après le déversement d’impunité validé internationalement en RDC début 2019, l’impunité semble totalement acquise en Afrique francophone dans la modification des résultats en sortie des urnes. Faure Gnassingbé n’a pas de difficulté à imposer un résultat sans rapport avec des procès-verbaux. Il obtient même de se faire féliciter par Emmanuel Macron qui semble penser qu’un crime électoral de plus en Afrique n’a pas d’importance. Le résultat est inversé au premier tour, le score gonflé au-delà des 50% comme l’avait fait Idriss Déby en 2016. Au second tour une victoire de l’opposition unifiée était probable ce qui crée l’inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle. Sur les 16 inversions repérées seules 2 n’ont pas eu lieu dans les anciennes colonies françaises (au Zimbabwe et en RDC).

Cinq présidentielles ont été gagnées par des chefs d’Etat en dictature stable, au Togo, en Guinée, au Burundi, en Côte Ivoire et en Tanzanie. L’inversion de résultat du Togo se remarque si l’on tient compte du maquillage de la crise sanitaire. Les autres détournements des processus électoraux sont plus simples et classiques, en amont avec boycott et Guinée (boycott partiel confus) et en Côte Ivoire, sans boycott en Tanzanie et au Burundi, deux pays avec limitations du nombre de mandats présidentiels non démocratiques, maintenant en régime de dictature de parti. Les détournements en amont sont évidents et il y a également 4 législatives boycottées, c’est pourquoi le boycott semble considéré comme ‘normal’, sans effort de la communauté internationale pour les éviter pendant la crise sanitaire.

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020

Avec 11 législatives et 10 présidentielles dont une élection 1 par un parlement (de Premier ministre), l’année 2020 contenait encore un nombre assez élevé de scrutins. 11 sur 21 se sont déroulés en dictatures stables. Au niveau de la qualité des processus électoraux, l’année 2020 est une année globalement négative sans être extrême.

Synthèse évolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2020, présidentielles et législatives ensemble

603 élections incluant 45 élections du président ou 1er ministre par le parlement

La diminution du nombre d’élections mal organisées dans des pays en Transition vers la démocratie, dans des situations complexes, des régimes intermédiaires ou indéterminés (TCII) continue. Les législatives contestées du Mali correspondent, elles, a une démocratie dégénérescente. 

De 1990 à 2020, 274 présidentielles et législatives sur 582 (262 sur 582 fin 2019, 257 sur 558 fin 2018, 245 sur 540 fin 2017, 239 sur 523 fin 2016, 231 sur 499 fin 2015) ont été organisées dans des dictatures stables. Seulement 197 scrutins sur 603 ont été organisés dans des démocraties bien installées (188 sur 582 fin 2019, 174 sur 558 fin 2018, 168 sur 540 fin 2017, 163 sur 523 fin 2016, 151 sur 499 fin 2015). Les 132 derniers l’ont été dans des contextes intermédiaires et complexes ou des transitions de la dictature vers la démocratie (TCII). Quasiment tous les processus électoraux détournés ou au résultat inversé (ensemble des mascarades) sont advenus en dictature, 263 sur 307 (251 sur 295 fin 2019, 246 sur 288 fin 2018, 234 sur 276 fin 2017, 228 sur 270 fin 2016, 220 sur 262 fin 2015). 186 processus électoraux corrects sur 273 sont advenus en régime de démocratie (177 sur 264 fin 2020, 164 sur 250 fin 2018, 158 sur 244 fin 2017, 153 sur 234 fin 2016, 143 sur 220 fin 2015). NB = Données du graphe 8.8 non présenté.

MOE-UE et politique européenne

Peut-être à cause de la crise sanitaire, les MOE-UE (liste) ont été présentes pour observer seulement 2 processus électoraux sur 21 contre 9 sur 24 en 2019, ce qui est donc peu :

  • la présidentielle et les législatives au Ghana (député Javier Nart) (démocratie)

Cette MOE-UE avait au départ peu d’enjeu, se déroulant dans un climat démocratique apaisée, mais a été utile quand le décompte des élus des deux partis principaux s’est soldé par un match nul à 137 élus chacun, pour arriver à une majorité de 2 députés pour l’opposition au président.

Comme en 2019, en 2020 la politique européenne a continué avec Josep Borrell un certain désengagement démarré en 2016 dans la communication du SEAE et de Federica Mogherini. La négociation de l’accord Post-Cotonou a continué dans un contexte de crise sanitaire. Dans cette négociation, le poids du lobby des dictateurs africains bien présent à l’Union africaine a joué, en particulier au travers du négociateur togolais.

NB : En 2021 est prévue une MOE-UE en Zambie.

Processus électoraux en dictature stable et en régime ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé’ (TCII) de 1990 à 2020

Avec 12 élections non démocratiques, l’année 2020 est une nouvelle année de grand nombre de processus électoraux non démocratiques, un pic de plus, le 9e depuis 1990.

3. Perspectives 2021 :  léger pic électoral de 24 à 28 scrutins assez équilibré

3.1 Calendrier 2020 : données principales résumées

En raison de plusieurs reports d’élections de 2020 à 2021 et en l’absence de reports encore possibles de 2021 à 2022, l’année 2021 sera sans doute un léger pic électoral avec 25 scrutins prévus, dont 2 en Libye seront peut-être une nouvelle fois retardés. L’année pourrait comprendre 14 présidentielles (12 et 2 élections par un parlement) et 11 législatives.

Le nombre de processus électoraux en cadre démocratique ou en cadre de transition, instable ou complexe favorable à la démocratie (15) dépassera le nombre de ceux en cadre non démocratique bien établi (8). Début 2021, il se fait déjà sentir que la cadre démocratique espéré en Ethiopie ne sera pas en place et que le régime se place électoralement dans une continuité avec l’ancien parti unique de fait. C’est pourquoi, Le nombre de processus électoraux en cadre démocratique prévisible est plutôt de 14 et le nombre de ceux en cadre non démocratique bien établi à 11. Comme en 2020, la première partie de l’année sera marquée par les scrutins non démocratiques alors que les scrutins démocratiques se concentreront sur la fin de l’année. Le bilan de l’année pourrait donc être marqué par un plus grand nombre de scrutins démocratiques.

3.11 Données électorales 2021

Résumé 2021 : présidentielles et législatives

25 élections (23 probables sans Libye) :

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20217+2*714+2*54912+2*1123+2*
20217+1*613+1*5+1*510+1*12+2*1022+2*

Liste des 11 législatives, 12 présidentielles et 2 élections de chef de l’exécutif par le parlement :

Trois élections à cheval sur 2020-2021 comptées en 2021 :

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 et 20 février : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 mars et 23 mai 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : 12.20 ou 2.21 ?)

14 janvier 2021 : présidentielle Ouganda (tous les 5 ans : février)

14 janvier 2021 : législatives Ouganda (tous les 5 ans : février)

6 mars 2021 : législatives Côte Ivoire (tous les 5 ans : décembre)

21 mars 2021 (T1/2) : présidentielle Congo Brazzaville (tous les 5 ans : mars, limite 3×5 atteinte en 2026)

18 avril 2021 : législatives Cap-Vert (tous les 5 ans : mars)

9 et 23 avril 2021 : présidentielle Djibouti (tous les 5 ans : avril)

10-11 avril 2021 : présidentielle Tchad (tous les 5 ans : avril)

11 avril 2021 : présidentielle Bénin (tous les 5 ans : mars)

31 mai 2021 : législatives Somaliland (report depuis 2010 et de décembre 2020)

12 juin 2021 : législatives Algérie (tous 5 ans : mai 2022, anticipées)

21 juin 2021 : législatives Ethiopie + élection 1er ministre (Conseil représentants des peuples) (report5.6.21)(non démocratique)

Report de : 1er janvier au 8 février2021 : législatives Somalie + élection président parlement (février pour fin)

18 juillet 2021 : présidentielle Sao Tomé-et-Principe (tous les 5 ans : juillet-août)

12 août 2021 : législatives Zambie (tous les 5 ans : août)

12 août 2021 : présidentielle Zambie (tous les 5 ans : août)

8 septembre 2021 : législatives Maroc (Chambre des représentants) (tous les 5 ans, octobre) (DS en 2018)

17 octobre 2021 : présidentielle Cap-Vert (tous les 5 ans : octobre)

4 décembre 2021 : présidentielle Gambie (tous 5 ans : décembre)

Incertaines en 2021 (comptées dans tableau) :

24 décembre 2021 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019, 2020)

24 décembre 2021 ? : législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019, 2020)

NB :

Annulées par coup d’Etat et reportées en 2022 (?) :

23-24 octobre 2021 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019 et 12.20)

 PrésidentiellesLégislativesTotal
Processus électoraux démocratiques (**)7+1*613+1*
Processus électoraux en régime non démocratique5+1*510+1*
Total12+2*1123+2*

Calendrier élections en Afrique 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 26.5.21 (sans correctif Ethiopie)

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[11]

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20173+2*69+2*1+1*45+1*4+3*1014+3*
20183+1*25+1*48127+1*1017+1*
20196+3*915+3*42610+3*1121+3*
20204+1*59+1*56119+1*1120+1*
20217+2*714+2*54912+2*1123+2*
20224+1*711+1*2+1*46+1*6+2*1117+2*
Total27+10*3663+10*21+2*2849+2*48+12*64112+12*

Evolution de la nature du régime perceptible en 2020 et changement de catégorie des élections :

Aucune P ou L ne passe en gras ou non gras (exemple L 2020 passe en gras OK)

TCII>Dict.SAlgérieidem
Dict.S>TCIIMauritanieidem
Démo> TCIIMaliidem
TCII>DémoMalawiidem

3.12 Principaux enjeux politiques autour des élections en 2021

En début d’année (avant la rédaction de ce dossier), il est apparu des enjeux électoraux majeurs :

Entre le 14 janvier et le 11 avril 2021 se sont déjà déroulées 6 scrutins dont les caractères non démocratiques étaient prévisibles facilement :

Le 6 mars 2021, les législatives en Côte Ivoire ont montré une complexification de la situation avec le retour de la participation de tous les grands partis politiques d’opposition, y compris le FPI pro-Gbagbo.

Actuellement (fin mai 2021), l’Ethiopie attire l’attention parce que le pays est dans une phase d’évolution rapide, avec la fin de l’ancien parti unique de fait, l’EPRDF dissout le 1er décembre 2019, la guerre au Tigré après les élections du Tigré non prises en comptes au niveau national, la reprise de la répression des opposants. Les espoirs de démocratisation sont pour l’instant abandonnés.

Si les élections se déroulent correctement (surveillée par une MOE-UE), la Zambie peut retrouver une trajectoire démocratique claire.

Au niveau maintien de la paix, la présidentielle somalienne reportée du début de l’année porte également un enjeu certain et provoque une intense surveillance internationale, après de fortes tensions entre le président Mohamed Abdullahi Mohamed et de nombreuses forces politiques en raison de sa volonté de reporter de 2 ans par le scrutin.

Les élections les plus sensibles de l’année seront sans doute les élections libyennes prévues le 24 décembre et attendues depuis le 2013 en tant que solution de pacification à long terme et de maintien d’un Etat libyen après le règne de Khadafi. Elles pourraient être une nouvelle fois reportées.

Sept élections sur 24 se dérouleront dans des contextes d’instabilité politique et militaire ou de régimes intermédiaires (TCII), 2 en Centrafrique, 2 en Somalie et 2 en Libye plus 1 au Somaliland, un pays qui se construit lentement. En outre, les 2 élections en Zambie confirmeront ou non un retour à une stabilité démocratique.

Après les coups d’Etat au Mali en 2020 et au Tchad en avril 2021, la préparation d’élections en 2022 attirera également l’attention courant 2021 et particulier des institutions africaines.

L’année 2021 sera donc surtout marqué par des enjeux de maintien de la paix autour des élections en Centrafrique et en Libye. En Ouganda, au Congo Brazzaville, à Djibouti, au Bénin, en Algérie, 5 dictateurs se maintiennent cette année sans difficulté au travers de processus électoraux sans démocratie. En Côte d’Ivoire, les législatives affichent des signaux d’apaisement du climat politique 11 ans après la guerre. Au Maroc, la monarchie est stable.

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2021 selon le type de régime en 2020(et 2021)

Rappel : A partir de la nature des régimes organisateurs des élections et selon le contexte actuel entourant chaque processus électoral, il est possible d’envisager la qualité des différents processus électoraux. Le classement utilisé ci-dessous est celui de l’étude du 27 avril 2017[12], comprenant 5 catégories de processus électoraux en dictature stable étendu aux élections en période TCII et en démocratie avec ajout d’une 6e catégorie concernant uniquement les pays en TCII et en démocratie :

  • processus électoral détourné en amont avec boycott de l’opposition réelle,
  • processus électoral principalement détourné en amont, principale catégorie en dictature stable,
  • processus électoral avec principalement des fraudes massives le jour du vote,
  • processus électoral avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats
  • processus électoral douteux (en TCII et démocratie uniquement)
  • processus électoral corrects (en dictature : rares cas d’exceptions à la règle des élections en dictature).
 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
Prév°7+1*613+1*5+1*510+1*12+2*1123+2*
Réel         

NB : Prévision 2021 avec Ethiopie en ‘non-démocratique’ (pas dans tableau 17-22)

DatePaysType RégimeScrutin P ou LPrévision du type de processus électoral[13] (selon type de régime organisateur)Réel / Prévision
27.12.20+14.2.21CentrafriqueTCIIPCorrect là où c’est possible<26.5.21
27.12.20+20.2.21NigerDémocratiePCorrect (avec contestation)<26.5.21
27.12.20+14.03.21 +23.05.21CentrafriqueTCIILCorrect là où c’est possible<26.5.21
14.01.21OugandaDictature.SPInversion +suppression 2nd tour?<26.5.21
14.01.21OugandaDictature.SLDétourné en amont<26.5.21
06.03.21Côte IvoireDictature.SL1 tour + amont ou correct = exception à règle ou pas ?<26.5.21
21.03.21Congo BDictature.SPDétourné en amont<26.5.21
18.04.21Cap-VertDémocratieLCorrect<26.5.21
9+23.4.21DjiboutiDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
10-11.4.21TchadDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
11.04.21BéninDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
31.05.21SomalilandTCIILCorrect (ou douteux) 
12.06.21AlgérieDictature.SLDétourné en amont + boycott 
21.06.21EthiopieTCII>DSL+PparlDétournés en amont + boycott 
?SomalieTCIIP+LCorrects (ou douteux) 
18.07.21Sao Tomé-et-PrincipeDémocratiePCorrect 
12.08.21ZambieTCII(>démo?)P+LCorrect (ou douteux ?) 
08.09.21MarocDictature.SLMonarchie : comme correcte mais orientée en amont = douteuse ? 
17.10.21Cap-VertDémocratiePCorrect 
04.12.21GambieDémocratiePCorrect 
Datesincertaines :    
24.12.21LibyeTCIIL+PReport ? ou sinon correct ou douteux (ou détourné amont)Peu prévisible

La qualité du processus électoral est difficile à prévoir dans des cas de régimes intermédiaires, complexes ou instables, par exemple en Libye, sachant que les élections libyennes risquent d’être repoussées en 2021 ou au-delà.

Rappel : Les processus électoraux détournés en amont avec ou sans boycott de l’opposition réelle, avec principalement des fraudes massives le jour du vote, et avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, sont, dans le classement suivant, regroupés sous l’étiquette « mascarade ». « Mascarade » signifie dans cette étude « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou en amont et le jour du vote, ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats » et « ≥ 10 ans » signifie « après plus de 10 ans de pouvoir ».

PaysPrésidentielles
Type régimeCorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10 ans
Dictatures S.   Bénin P parlement : Ethiopie (TCII>DS)Ouganda Congo B Djibouti Tchad
TCIICentrafrique Somalie ? ou douteux (Pparl) Zambie ? (TCII>Démo ?) Libye ? ou douteux    
DémocratiesNiger Sao Tomé-et-Principe Cap-Vert Gambie    
Totaux7 (5 à 6) + 1* (0 ou 1)0 (0 à 1+1*)01+1*4

Total : 14 dont 2 par parlement* et dont 5 avec processus électoraux détournés en amont

PaysLégislatives
Type régimeCorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10ans
Dictatures S.Côte Ivoire ? exception ? ou amont ou DS > TCII ?Maroc : en monarchie Ethiopie (TCII>DS)  Ouganda Algérie
TCIICentrafrique Somaliland ? ou douteux Somalie ? ou douteux Zambie ? (TCII>Démo ?) Libye ? ou douteux   
DémocratiesCap-Vert    
Totaux7 (3 à 7)1 (1 à 4)012 (2 ou 3)

Total : 9 législatives dont entre 2 et 4 processus électoraux détournés en amont.

Prévision du bilan de la qualité des processus électoraux en 2021

PrésidentiellesLégislativesTotal
Correctes7 + 1 par parl.7 maximum14 + 1 par parl.
Douteuses01 minimum1
Mascarades en TCII000
Mascarades1+ 1 par parl.12 + 1 par parl.
Mascarades ≥ 10 ans426
Total12 + 2 par parl1123 + 2 par parl

Exception côte d’Ivoire => total des corrects passe de 13+1* à 14+1* et mascarade baisse de 1

L’année 2021 sera aussi marquée par la quantité de scrutins dans des phases ‘Transition vers la démocratie, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII)’ des régimes instables politiquement et militairement. Depuis quelques années, les processus électoraux sont mieux maîtrisés dans ces contextes car la maîtrise des processus électoraux est considérée comme une partie de la solution de maintien de la paix. Pour cette raison, au final, les processus électoraux corrects devraient être plus nombreux en 2021 (jusqu’à 15 dont seulement 5 en démocratie bien installée, 14 + 1 en Côte Ivoire) que les processus détournés des dictatures (10, 11 moins 1 en Côte Ivoire) même s’il reste beaucoup d’incertitude sur la qualité de certains processus électoraux dans des contextes difficiles et instables. Le bilan de l’année dépend donc beaucoup de la Centrafrique (2), de la Libye (2), de la Somalie (2), du Somaliland (1) mais aussi de la Zambie (2), sachant que des élections peuvent être reportées en particulier en Libye.

Avec les situations de transition et d’instabilité au Tchad et au Mali, deux pays ou des élections sont attendues en 2022, la suite de la démocratisation de l’Afrique dépend donc beaucoup de la relation entre gestion militaire et politique des crises.

PaysPrésidentiellesLégislativesTotaux
Type régimeCorDoutMasc. En TCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.DoutMasc. enTCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.DoutMascTotal
Dictatures S.   2411 1211911
TCII4    5    9  9 max
Démocraties4    1    5  5
Totaux8002471012151925

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2020 avec prévision pour 2020

TotalMascaradeDouteusesCorrectes
1990-201549926219218
2016248214
1990-201652327021232
2017176110
1990-201754027622242
2018181206
1990-201855828822248
2019246216
1990-201958229424264
2020211209
1990-202060330723273
2021249115
1990-202162731624288

3.3 En 2021, l’Afrique anglophone consolidera comme tous les ans son avance démocratique

Ex-coloniesProcessus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
Françaises21 sans CI 2 avec CI3 443 avec CI 2 sans CI6 56410
Belges        0
Britanniques224112336
Portugaises213   213
Italiennes1+1*23+1*   1+1*23+1*
Espagnole        0
Sans   1*11+1*1*11+1*
Total7+1*613+1*5+1*49+1*12+2*1022+2*

NB : Correctif Côte d’Ivoire correct = exception à règle des élections en dictature ? ou DS > TCII ? ou ?

Total7+1*714+1*5+1*49+1*12+2*1123+2*

Sur 25 élections (23 sans Libye), 10 auront lieu dans les ex-colonies françaises et en Afrique francophone, contre 6 dans les ex-colonies britanniques. Parmi les 14 processus électoraux dans un cadre démocratique, 3 auront lieu dans les ex-colonies françaises (4 avec Côte d’Ivoire) contre 4 dans les ex-colonies britanniques. Sur les 11 processus électoraux dans un cadre non démocratique, 7 auront lieu dans les ex-colonies françaises, contre 2 dans les ex-colonies britanniques.

Côté ex-colonies britanniques, les élections non démocratiques seront remarquées Ouganda uniquement. Côté ex-colonies françaises, elles se remarqueront au Congo Brazzaville, au Tchad, au Bénin, à Djibouti et en Algérie. La concentration des crimes électoraux et des conflits se poursuit dans les ex-colonies françaises en 2020, mais la contestation en Ouganda est plus forte que dans les 5 dictatures francophones à cause des boycotts. En réalité, le retard continuera de se creuser entre Afrique francophone et anglophone au niveau nature des régimes politiques et qualité des processus électoraux.

La possibilité hors dictature d’améliorer les processus électoraux, par du soutien technique en amont et des missions d’observation, pourra être encore visible en Zambie.

Dans ce contexte, les locales vont continuer de passer inaperçues bien qu’elles permettent d’enraciner la démocratie. En 2021, la question des limitations du nombre de mandat disparaît temporairement de l’actualité après plusieurs années très chargées en conflits.

Conclusion

En 2020, en raison de la pandémie, certains événements graves en Afrique sont passés internationalement inaperçus. Au niveau des crimes électoraux, un paroxysme a bien été atteint au Togo en mars, lors d’une seizième inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle, mais elle s’est déroulée alors que la terre entière paniquait devant la première vague de coronavirus. Les 2 coups d’Etat constitutionnels d’Alpha Condé et d’Alassane Ouattara qui ont imposé des troisièmes mandats sans respecter les constitutions ont eux aussi été comme invisibilisé par la pandémie, surtout celui de la Guinée. Un nouveau pic en nombre de processus électoraux non démocratiques passe finalement ainsi, lui aussi, inaperçu.

Concernant l’Afrique, pourquoi ne parle-t-on pas plus fréquemment de crimes électoraux, de criminels électoraux, de criminalité électorale, de récidive dans ces crimes ? Ces crimes sont peu définis en droit national et international. Dans les droits nationaux, des incriminations existent sur des détails de processus électoraux sans tenir compte des détournements globaux de processus. Les incriminations sont mieux définies dans les pays qui n’en ont pas vraiment besoin. Les avis sont portés au-delà de frontières nationales, et, il y a une sorte de sous-entendu d’ingérence à évoquer des crimes dans d’autres pays. Les avis qui sont énoncés sur d’autres pays le sont par des diplomates, des chercheurs et journalistes qui ont tous des règles du jeu particulières, par exemple pour les diplomates, de ne jamais provoquer de réactions négatives des interlocuteurs qui couperaient le dialogue. Les vraies missions d’observations internationales sont peu soutenues politiquement. On attend encore des procès en démocratie africaine pour des crimes électoraux commis dans une dictatures terminée, comme il y a enquête sur les meurtres de Yahya Jammeh en Gambie actuellement. Faudra-t-il attendre que le droit progresse par un autre continent, l’Amérique du Sud peut-être ? La Bolivie peut-être après le cauchemar de la présidentielle de 2020 ? En attendant, tous les suspects sont présumés innocents.

Quand Emmanuel Macron félicite Faure Gnassingbé par « courtoisie » pour un crime électoral présumé, un coup d’Etat électoral présumé, il fait comme s’il n’était pas au courant qu’il y avait accusation de crime en état de non-droit, mais, en réalité, ses mots insultent les victimes de l’inversion de résultat, qui actuellement sont pourchassés et en exil. Quand un ambassadeur européen demande aux opposants d’arrêter de réclamer justice contre un dictateur accusé, il travaille indirectement à l’impunité des crimes électoraux en Afrique. Pour cela, peut-être s’appuie sur la position française ? N’y-at-il pas une ‘Françafrique’ électorale qui déteint parfois sur l’Europe, par exemple au Togo ? Bientôt, il sera peut-être plus facile de parler des « responsabilités françaises » dans le génocide des Tutsis du Rwanda que de tenir compte politiquement des élections sans démocratie concentrées en Afrique francophone. En attendant une nouvelle politique à Paris, la persistance de l’hypocrisie sur le maintien de chefs d’Etats et l’écart entre bilan électoral francophone et anglophone sapent la légitimité de l’influence française en Afrique. Jusqu’à quand l’Afrique francophone peut-elle se permettre d’accumuler du retard ?

L’année 2020 a été une année de statu quo entre régimes démocratiques et non démocratiques en Afrique. L’hémorragie démocratique de la période 2016-2019 est provisoirement stoppée. Faut-il attendre l’application du nouvel accord ACP-UE pour voir plus de pression en faveur de mouvements de démocratisations ? Difficile de le dire après les déceptions des dernières années sur l’application des accords, par exemple au Gabon après l’inversion de 2016. Pour l’instant, les efforts sont visibles surtout après des guerres, après des coups d’Etats, quand il n’y a plus de pouvoir sortant faisant barrage au progrès démocratique. 2021 devrait être surtout une année de soutien des pays en « transition » après des guerres ou des coups d’Etat. Etrangement, la démocratie arrive parfois aussi par nécessité en tant que moyen de construire des états et de maintenir la paix.

Régis Marzin,

Paris, 28 mai 2021

ANNEXES

A.    Historique 2020 : année électorale réelle : données plus détaillées

Résumé 2020 : présidentielles et législatives

21 élections dont une par un parlement :

Liste des 11 législatives, 9 présidentielles, 1 élections de chef de l’exécutif par parlement de 2019

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous les 5 ans : janvier)

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

22 février 2020 : présidentielle Togo (un tour sur 2)

22 mars 2020 : législatives Guinée (tous 5ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous 5 ans : juin ?)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous 5 ans : juillet ?) (limite 2×5  2nde fois Nkurunziza)

23 juin 2020 : présidentielle Malawiaprès annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20

22-24 octobre 2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre 2020 ?)

22-24 octobre 2020 : législatives Seychelles (tous les 5 ans : septembre 2021 ?)

28 octobre 2020 : présidentielle Côte Ivoire (limite2x5 atteinte pour Ouattara)

18 octobre 2020 : présidentielle Guinée (tous les 5 ans : octobre) (limite 2×5 ans Condé) (DS2018)

28 octobre 2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

28 octobre 2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

28 novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?)

7 décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

7 décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021)

Comptées en 2021 :

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 et 20 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 mars et 23 mai 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : déc 2020 ou 2.2021 ?)

+

18+20 mai 2020 : Lesotho : démission 1er ministre Thomas Thabane et élection Moeketsi Majoro (tab+1*)

Source : Historique électoral 2019 au 17.5.21 (qui continuera d’être mis à jour) :

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous 5 ans : janvier, détournement en amont + boycott de de l’union de l’opposition, src1, src2, CRC 20/24, wk)

19 janvier 2020 : municipales/communales Comores (tous les 5 ans : janvier, détournement en amont + boycott de de l’union de l’opposition ?, src1)

9 février 2020 : municipales Cameroun (tous 5 ans : septembre 2018 ?, reportées report de Sept-nov 2019, src, src3, src4, détournement en amont + boycott, RDPC 152/180, wk)

9 février 2020 : municipales Cameroun (tous 5 ans : septembre 2018 ?, reportées report de Sept-nov 2019, src, src3, src4, détournement en amont + boycott)

22 février (et ? mars) 2020 : présidentielle Togo (tous 5 ans : avril, src1, src2, au premier tour inversion du résultat à la compilation par suppression du second tour au profit de Faure Gnassingbé et aux dépends d’Agbéyomé Kodjo, Marzin1, Marzin2, ANC, score officiels falsifiés : Gnassingbe Faure 1 760 309 voix = 70,78%, Fabre Jean-Pierre : 116 336 = 4,68%, Kodjo Messan Agbéyomé Gabriel : 483 926 = 19,46 % Cour constitutionnelle)

22 mars 2020 : législatives Guinée C (tous 5 ans : sept. 18, src1, src2, nov. 19, src3, 28.12.19, src4, src5, report du 28.12.19, src6, src7, 16.2.20, src8, 1.3.20, src9, boycott et manifestations massives avec plusieurs morts, mobilisation stoppée par le Covid-19, renforcement de la dictature d’Alpha Condé, Rassemblement du peuple de Guinée-Arc en ciel 79/114, WP)

22 mars 2020 : référendum constitutionnel Guinée C (passage de la limitation 2×5 à 2×6 avec tentative de remise à zéro ou 1 du compteur par Alpha Condé, 1.3.20, src9, boycott et manifestations massives avec plusieurs morts, oui 89,76 %, WP)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : nov. 2018, src, report 28.10.18+18.11.18 src, 25.11+16.12.18 src, 2019 à mai 2020 max src, src2, chef opposition Soumaïla Cissé enlevé par djihadistes, Rassemblement pour le Mali (IBK) 51 /147 -15, Adéma-PASJ Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Tiémoko) 24 +8, Union pour la république et la démocratie (Soumaïla Cissé) 19 +2, WP, résultat contesté pour 30 députés majorité, crise ralentie par Covid-19, 20.6 : Mission Cédéao juge Cour constitutionnelle responsable litige sur 30 députés et demande législatives partielles, src)

17 mai 2020 : locales/communales-municipales Bénin (tous 5 ans : juin ?, src, src2, détournement en amont et boycott, participation contestée, partis de Talon 77% des sièges, src)

18 mai 2020 : Lesotho : démission du 1er ministre Thomas Thabane (ABC) après assassinat de son ancienne épouse en 2017 et remplacement par Moeketsi Majoro (Convention de tous les Basotho (ABC) le 20.5.20)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous les 5 ans : juillet, limitation 2×5 mandats atteinte une 2nde fois pour Pierre Nkurunziza, qui se retire, src, wp, détournement en amont, répression, 1er tour : Évariste Ndayishimiye (CNDD–FDD) 3082210=71.45%, Agathon Rwasa (CNL) 1084788 = 25.15%, WP, Pierre Nkurunziza meurt du Covid-19 le 8.6.20)

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous les 5 ans : juin ? ou avril-mai ?, wp, CNDD–FDD (Évariste Ndayishimiye) 70.98% 72/123 -5, CNL (Agathon Rwasa) 23.41% 27 +6, UPRONA (Gaston Sindimwo) 2.54% 1 -1, WP)

20 mai 2020 : communales/locales Burundi (tous les 5 ans : juin ? ou avril-mai ?, date)

8 juin 2020 : Burundi : décès de Pierre Nkurunziza, probablement de la Covid-19 avant inverstiture Évariste Ndayishimiye avancée au 18 juin (wk)

23 juin 2020 (1er tour) : présidentielle Malawi après annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20 (src1, src2, report du 19.5.20, src, avancé du 2.7.20 ; alternance Lazarus Chakwera (avec Saulos Chilima) MCP 2 604 043 =59,34%, Peter Mutharika (avec Atupele Muluzi) DPP 1 751 877 =39,92%, Peter Kuwani MMD 32 456 = 0,74%, wk, rappel : pas de majorité à assemblée depuis mai 2019, wk)

20 juillet 2020 : sénatoriales Burundi au suffrage indirect par les conseillers communaux (tous les 5 ans : juillet, WP, victoire CNDD-FDD 34/43, wk)

18 août 2020 : Mali : coup d’Etat militaire contre Ibrahim Boubacar Keïta du Comité national pour le salut du peuple, puis transition de 18 mois, wk)

9 septembre 2020 : Ethiopie : régionales de l’Etat de Tigré uniquement (contre Etat fédéral, src1, src2, TPLF 98,2%, TPLF 152 sièges sur 190, 4 autres partis 38, src, source de la guerre de novembre-décembre 2020 avec Etat central qui annule ces élections)

11 et 12 août et 8 et 9 septembre 2020 : sénatoriales Egypte (Liste nationale unifiée du Parti du futur de la nation (al-Sissi) 73/200 sièges au 1er tour / 200, 194/200 2e tour, + 100/100 au scrutin de liste en l’absence de listes concurrentes, quasi nommés, wk)

18 octobre 2020 : présidentielle Guinée Conakry (limite 2×5 ans atteinte pour Alpha Condé supprimé le 1er mars 2020, 18.10, src2, violences, répression, mascarade, semi-boycott « exclusion » de opposition réelle dont UFDG, Alpha Condé (RPG) 59,49%, Cellou Dalein Diallo (UFDG) 33,50%, wk)

22, 23, 24 octobre 2020 : présidentielle Seychelles (tous 5 ans : déc., src, alternance, Wavel Ramkalawan du Linyon Demokratik Seselwa (LDS) 35562 =54,91%, Danny Faure de United Seychelles, 28 178= 43,51%, wk)

22, 23, 24 octobre 2020 : législatives Seychelles (tous 5 ans : sept., avancée de 2021 pour économies, src, fin de cohabitation (pas d’alternance), Linyon Demokratik Seselwa (LDS) 35202 =54,84% 25 /35 +6, United Seychelles 27185 =42,35, 10 /25 –4, wk)

25 octobre 2020 : municipales Cap-Vert (tous les 4 ans : septembre, src4.8, Mouvement pour la démocratie (MpD) 19 / 22, provisoire, définitif, wk)

28 octobre 2020 (2 tours) : présidentielle Côte Ivoire (tous 5 ans : octobre, limite 2 mandats atteinte pour Alassane Ouattara qui met compteur à 0 début 2019, laisse Premier ministre Amadou Gon Coulibaly concourir, qui meurt en juillet, revient et remet compteur à 0, mascarade et boycott, Alassane Ouattara – RHDP, 3 031 483 = 95,31 %, Kouadio Konan Bertin – Indépendant, 64 011 = 2,01 %, wk, src)

28 octobre 2020 : présidentielle Tanzanie (tous 5 ans : octobre, mascarade, John Magufuli, Chama cha Mapinduzi, 12 516 252 = 84,40, Tundu Lissu, Chadema, 1 933271 =13,04 %, wk)

28 octobre 2020 : législatives Tanzanie (tous 5 ans : octobre, mascarade, provisoire : CCM 253 / 261 le 30.10 / 367, src1, src2, pas de résultat au 19.12.20, wk)

1er novembre 2020 : référendum constitutionnel Algérie (toilettage sur libertés, src1, src2, oui 66,80%, participation 23,20%, wk)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous 5 ans : novembre, src, Roch Marc Christian Kaboré(MPP)57,74%, Eddie Komboïgo (CDP) 15,54%, Zéphirin Diabré (UPC) 12,46%, wk, src)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous 5 ans : novembre, src), Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) 56 / 127 + 1, Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) 20 + 2, Nouveau Temps pour la Démocratie (NTD) 13 + 10, Union pour le Progrès et le Changement (UPC) 12 -21, Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR-PS) 5 idem, wk)

28 novembre 2020 : législatives Egypte (tous 5 ans : oct-nov-déc, src, src2, mascarade, Parti du futur de la nation 316 / 596, wk)

25 novembre 2020 : locales Namibie (tous 5 ans : novembre, résultats, wk)

25 novembre 2020 : régionales Namibie (tous 5 ans : novembre, SWAPO 88 sièges / 121, Landless People’s Movement (LPM) 11, wk)

6 décembre 2020 : régionales Cameroun indirectes (collèges électoraux choisiront 90 conseillers régionaux aux pouvoirs limités, dont 20 représentants de chefferie traditionnelles, 1eres, mascarade + boycott Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) (Paul Biya) 540 /700, Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDC) 141, + 200 chefs traditionnels = 900, wk, src)

7 décembre 2020 (1er tour) : présidentielle Ghana (tous 4 ans : décembre, contestation sur résultat proche du 50/50, Nana Akufo-Addo New Patriotic Party 6730587=51,30%, John Mahama National Democratic Congress 621318 = 47,36%, wk)

7 décembre 2020 : législatives Ghana (tous 4 ans : décembre, résultat à égalité ou très proche, à confirmer : New Patriotic Party (Nana Akufo-Addo) 137 / 375 -32, National Democratic Congress (John Mahama) 137/375 +31, indépendant 1 qui décide de majorité (137+137+1=375 !), wk, vote Président parlement 7.1.20 gagné par NDC par 138 voix contre 136 = cohabitation, src)

8 décembre 2020 : référendum constitutionnel Libéria (mandats président et députés passe de 6 à 5 ans, des sénateurs de 9 à 7 ans, quatre questions séparées, wk, src)

11 décembre 2020 : sénatoriales Madagascar (indirectes, après réduction de la composition du Sénat, qui passe de 63 à 18 sénateurs, src, wk)

13 décembre 2020: locales Niger (src10.8.15, report 9.5.16 à 10.7.16, puis report 8.1.17, src, src2, report de 2017 à 2019, src1, src2, report de 2019, src, report de 1.11.20, src, PNDS : 1 799 sièges / 4 246, MPR allié 356 + neutres MNSD 358, PJP146 + opposition : Moden 268, MPN 151, RDRn 139, wk)

13 décembre 2020: régionales Niger (src10.8.15, report 9.5.16 à 10.7.16, puis report 8.1.17, src, src2, report de 2017 à 2019, src1, src2, report de 2019, src, report de 1.11.20, src, wk)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous 5 ans : février 2021, src, Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme – Mohamed Bazoum, 37,03 %, 79 /166, Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine – Hama Amadou, 8,71 %,  19, Mouvement patriotique pour la république – Albadé Abouba, 7,59 %, 14, Mouvement national pour la société du développement – Seyni Oumarou,6,77 %, 13, wk)

2021

27 décembre 2020 et 20 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021, src, Mohamed Bazoum élu – PNDS, 1er tour 39,30 % , 2e tour 55,67 %, Mahamane Ousmane – RDR, 1er tour 16,98 %, 2e tour 44,33 %, Seyni Oumarou – MNSD, 8,95 %, Albadé Abouba – MPR, 7,07 %, Ibrahim Yacouba – MPN, 5,38 %, wk, contestation sur processus qui reste globalement correct, rapport Opele-TournonslaPage9.2)

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous 5 ans : déc. 2020, Minusca181119, Faustin-Archange Touadéra – MCU réélu, 53,92 %, Anicet-Georges Dologuélé – URCA, 21,01 %, Martin Ziguélé – MLPC, 7,46 %, wk)

27 décembre 2020, 14 mars 2021 et 23 mai : législatives Centrafrique (tous 5 ans : déc. 2020 ou février 2021 ?, wk, 2eT, 90 élus sur 140 au 3.5, wk)

B.    Prévisions 2021: année électorale (au 27.5.21) et données plus détaillées

Résumé 2021 : présidentielles et législatives

25 élections (23 probables sans Libye) :

  • 14 présidentielles dont 2 par parlement (Premier ministre Ethiopie)
  • 11 législatives
  • 14 processus électoraux dans un cadre démocratique : 8 présidentielles (dont 1 par parlement) et 6 législatives
  • 11 processus électoraux dans un cadre non démocratique (en gras ci-dessous + Ethiopie) : 5 présidentielles, 1 élection de 1er ministre par parlement (Ethiopie) et 4 législatives
 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20217+2*714+2*54912+2*1123+2*
  • Correctif prévision Ethiopie non démocratique (pas dans tableau 2017-2022):
20217+1*613+1*5+1*510+1*12+2*1123+2*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1 ministre) par le parlement

Liste des 11 législatives, 12 présidentielles et 2 élections de chef de l’exécutif par le parlement :

Trois élections à cheval sur 2020-2021 comptées en 2021 :

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 et 20 février : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 mars et 23 mai 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : 12.20 ou 2.21 ?)

14 janvier 2021 : présidentielle Ouganda (tous les 5 ans : février)

14 janvier 2021 : législatives Ouganda (tous les 5 ans : février)

6 mars 2021 : législatives Côte Ivoire (tous les 5 ans : décembre)

21 mars 2021 (T1/2) : présidentielle Congo Brazzaville (tous les 5 ans : mars, limite 3×5 atteinte en 2026)

18 avril 2021 : législatives Cap-Vert (tous les 5 ans : mars)

9 et 23 avril 2021 : présidentielle Djibouti (tous les 5 ans : avril)

10-11 avril 2021 : présidentielle Tchad (tous les 5 ans : avril)

11 avril 2021 : présidentielle Bénin (tous les 5 ans : mars)

31 mai 2021 : législatives Somaliland (report depuis 2010 et de décembre 2020)

12 juin 2021 : législatives Algérie (tous 5 ans : mai 2022, anticipées)

21 juin 2021 : législatives Ethiopie + élection 1er ministre (Conseil représentants des peuples) (report5.6.21)(non démocratique)

Report de : 1er janvier au 8 février2021 : législatives Somalie + élection président parlement (février pour fin)

18 juillet 2021 : présidentielle Sao Tomé-et-Principe (tous les 5 ans : juillet-août)

12 août 2021 : législatives Zambie (tous les 5 ans : août)

12 août 2021 : présidentielle Zambie (tous les 5 ans : août)

8 septembre 2021 : législatives Maroc (Chambre des représentants) (tous les 5 ans, octobre) (DS en 2018)

17 octobre 2021 : présidentielle Cap-Vert (tous les 5 ans : octobre)

4 décembre 2021 : présidentielle Gambie (tous 5 ans : décembre)

Incertaines en 2021 (comptées dans tableau) :

24 décembre 2021 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019, 2020)

24 décembre 2021 ? : législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019, 2020)

NB :

Annulées par coup d’Etat et reportées en 2022 (?) :

23-24 octobre 2021 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019 et 12.20)

 PrésidentiellesLégislativesTotal
Processus électoraux démocratiques (**)7+1*613+1*
Processus électoraux en régime non démocratique5+1*49+1*
Total12+2*1022+2*

Calendrier élections en Afrique 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 26.5.21 (sans correctif Ethiopie)

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[14]

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20173+2*69+2*1+1*45+1*4+3*1014+3*
20183+1*25+1*48127+1*1017+1*
20196+3*915+3*42610+3*1121+3*
20204+1*59+1*56119+1*1120+1*
20217+2*714+2*53812+2*1022+2*
20224+1*711+1*2+1*57+1*6+2*1218+2*
Total27+10*3663+10*21+2*2849+2*48+12*64112+12*
  • NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Bénin et Comores en DS en 2020, Algérie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1 ministre) par le parlement
  • ** : Y compris dans pays en régime instable, en suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

Evolution de la nature du régime perceptible en 2020 et changement de catégorie des élections :

Aucune P ou L ne passe en gras ou non gras (exemple L 2020 passe en gras OK)

TCII>Dict.SAlgérieidem
Dict.S>TCIIMauritanieidem
Démo> TCIIMaliidem
TCII>DémoMalawiidem
DatePaysType RégimeScrutin P ou LPrévision du type de processus électoral[15] (selon type de régime organisateur)Réel / Prévision
27.12.20+14.2.21CentrafriqueTCIIPCorrect là où c’est possible<26.5.21
27.12.20+20.2.21NigerDémocratiePCorrect (avec contestation)<26.5.21
27.12.20+14.03.21 +23.05.21CentrafriqueTCIILCorrect là où c’est possible<26.5.21
14.01.21OugandaDictature.SPInversion +suppression 2nd tour?<26.5.21
14.01.21OugandaDictature.SLDétourné en amont<26.5.21
06.03.21Côte IvoireDictature.SL1 tour + amont ou correct = exception à règle ou pas ?<26.5.21
21.03.21Congo BDictature.SPDétourné en amont<26.5.21
18.04.21Cap-VertDémocratieLCorrect<26.5.21
9+23.4.21DjiboutiDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
10-11.4.21TchadDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
11.04.21BéninDictature.SPDétourné en amont + boycott<26.5.21
31.05.21SomalilandTCIILCorrect (ou douteux) 
12.06.21AlgérieDictature.SLDétourné en amont + boycott 
21.06.21EthiopieTCII>DSL+PparlDétournés en amont + boycott 
?SomalieTCIIP+LCorrect (ou douteux) 
18.07.21Sao Tomé-et-PrincipeDémocratiePCorrect 
12.08.21ZambieTCII(>démo?)P+LCorrects (ou douteux ?) 
08.09.21MarocDictature.SLMonarchie : comme correcte mais orientée en amont = douteuse ? 
17.10.21Cap-VertDémocratiePCorrect 
04.12.21GambieDémocratiePCorrect 
Datesincertaines :    
24.12.21LibyeTCIIL+PReport ? ou sinon correct ou douteux (ou détourné amont)Peu prévisible
PaysPrésidentielles
Type régimeCorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10 ans
Dictatures S.   Bénin P parlement : Ethiopie (TCII>DS)Ouganda Congo B Djibouti Tchad
TCIICentrafrique Somalie ? ou douteux (Pparl) Zambie ? (TCII>Démo ?) Libye ? ou douteux    
DémocratiesNiger Sao Tomé-et-Principe Cap-Vert Gambie    
Totaux7 (5 à 6) + 1* (0 ou 1)0 (0 à 1+1*)01+1*4

Total : 14 dont 2 par parlement* et dont 5 avec processus électoraux détournés en amont

PaysLégislatives
Type régimeCorrectesDouteusesMascarade En TCIIMascaradeMascarade ≥ 10ans
Dictatures S.Côte Ivoire ? exception ? ou amont ou DS > TCII ?Maroc : en monarchie Ethiopie (TCII>DS)Ouganda Algérie
TCIICentrafrique Somaliland ? ou douteux Somalie ? ou douteux Zambie ? (TCII>Démo ?) Libye ? ou douteux   
DémocratiesCap-Vert    
Totaux7 (3 à 7)1 (1 à 4)012 (2 ou 3)

Total : 9 législatives dont entre 2 et 4 processus électoraux détournés en amont.

Prévision du bilan de la qualité des processus électoraux en 2021

PrésidentiellesLégislativesTotal
Correctes7 + 1 par parl.7 maximum14 + 1 par parl.
Douteuses01 minimum1
Mascarades en TCII000
Mascarades1+ 1 par parl.12 + 1 par parl.
Mascarades ≥ 10 ans426
Total12 + 2 par parl1123 + 2 par parl

Exception côte d’Ivoire => total corrects passe de 13+1* à 14+1* et mascarade baisse de 1

PaysPrésidentiellesLégislativesTotaux
Type régimeCorDoutMasc. En TCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.DoutMasc. enTCIIMascMasc. ≥ 10ansCor.DoutMascTotal
Dictatures S.   2411 1911911
TCII4    5    9  9 max
Démocraties4    1    5  5
Totaux8002471012151925

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2020 avec prévision pour 2020

TotalMascaradeDouteusesCorrectes
1990-201549926219218
2016248214
1990-201652327021232
2017176110
1990-201754027622242
2018181206
1990-201855828822248
2019246216
1990-201958229424264
2020211209
1990-202060330723273
2021249115
1990-202162731624288

Agenda électoral détaillé 2021 au 27.5.21

qui sera mis à jour régulièrement sur :

14 janvier 2021 : présidentielle Ouganda (tous 5 ans : février, wk, détournement global avec accusation inversion en aval avec suppression 2nd tour, Yoweri Museveni (MNR) 58,38%, Robert Ssentamu – Bobi Wine (NUP) 35,08%, wk)

14 janvier 2021 : législatives Ouganda (tous 7 ans : février 2023 ?, au lieu de tous les 5 ans après modification constitution le 21.12.17, src, détournement global et en amont, Mouvement de résistance nationale (NRM) 41,60% 336/529, Plateforme de l’unité nationale (NUP) 13,48%,  57, Forum pour le changement démocratique (FDC) 7,30% 32, Parti démocrate (PD) 2,44%, 9, Congrès du peuple ougandais (UPC) 1,80%, 9, wk,)

14 janvier 2021 : locales Ouganda (avec présidentielle et législatives,tous les 5 ans : février ?, 5 niveaux, src)

27 décembre 2020 et 20 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021, src, Mohamed Bazoum élu – PNDS, 1er tour 39,30 % , 2e tour 55,67 %, Mahamane Ousmane – RDR, 1er tour 16,98 %, 2e tour 44,33 %, Seyni Oumarou – MNSD, 8,95 %, Albadé Abouba – MPR, 7,07 %, Ibrahim Yacouba – MPN, 5,38 %, wk, contestation sur processus qui reste globalement correct, rapport Opele-TournonslaPage9.2)

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Centrafrique (tous 5 ans : déc. 2020, Minusca181119, Faustin-Archange Touadéra – MCU réélu, 53,92 %, Anicet-Georges Dologuélé – URCA, 21,01 %, Martin Ziguélé – MLPC, 7,46 %, wk)

20 février et 5 mars 2021 : locales Rwanda (conseil des 36000 villages + chefs secteurs et districts : tous 5 ans : février-mars, wk)

6 mars 2021 : législatives Côte d’Ivoire (tous 5 ans : décembre 21, src-d, src10-3, « découpage électoral partisan » + importance de l’élection à 1 tour : le 1er parti est très avantagé, srcPG, RHDP – Alassane Ouattara, 1 313 886 = 49,18 %, 137 (−30), Coalition PDCI-RDA-EDS(FPI « GOR ») – Henri Konan Bédié, Georges Armand Ouégnin, 720 771 = 26,98 %, 81, wk, implantations partis : LAMencartes, + 1er ministre Hamed Bakayoko meurt 10.3, remplacé 26.3 Patrick Achi)

17 mars 2021, Tanzanie : décès de John Magufuli de la Covid-19 dont il niait l’existence, intérim de la vice-présidente Samia Suluhu Hassan, jusqu’en 2025

21 mars 2021 : présidentielle Congo Brazzaville (1er tour) (tous 5 ans : mars, pour 3e mandat sur 3 ?, limite 3×5 en 2015, mascarade 4*, Denis Sassou – PCT 88,40%, Guy Brice Parfait Kolélas  UDH-YUKI 7,96%, Mathias Dzon UPRN 1,92%, Guy Brice Parfait Kolélas meurt de la Covid-19 le jour du vote dans avion vers Paris, wk)

18 avril 2021 : législatives Cap-Vert (tous les 5 ans : mars, Mouvement pour la démocratie (1er ministre Ulisses Correia e Silva, 50,02% 38/72, PAICV (Janira Hopffer Almada) 39,55% 30, UCI 9,01% 4, wk)

9 et 23 avril 2021 : présidentielle Djibouti (tous les 5 ans : avril, dernier mandat pour IOG car 75 ans en 2022, cf art.23, src, src2, détournement en amont et boycott, participation officielle a priori inventée 82,24 %, Ismaïl Omar Guelleh – UMP, 97,44 %, Zakaria Ismael Farah – MDEND, 2,56 % wk)

10-11 avril 2021 (1er tour, pas de date 2nd) : présidentielle Tchad (tous 5 ans : avril, src), détournement en amont et boycott, violences contre candidats : assassinat de 5 proches de Yaya Dillo Djérou dont sa mère, Idriss Déby – MPS, 79,32 %, Albert Pahimi Padacké – RND, 10,32 %, wk)

11 avril 2021 : présidentielle Bénin (tous 5 ans : mars, src1, scrc2, détournement en amont et boycott, Patrice Talon – Indépendant 86,30 %, Alassane Soumanou – FCBE, 11,36 %, wk)

19 et 20 avril 2021, Tchad : mort par balle d’Idriss Déby pendant offensive de la rébellion FACT suivi de coup d’Etat militaire dirigé par son fils Idriss Déby Itno (coup d’Etat aussitôt soutenu à Paris par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian, src)

* * date de rédaction * *

27 décembre 2020, 14 mars 2021 et 23 mai : législatives Centrafrique (tous 5 ans : déc. 2020 ou février 2021 ?, wk, 2eT, 90 élus sur 140 au 3.5, wk)

31 mai 2021 : législatives Somaliland  (avec biométrie  par reconnaissance de l’iris, report de 2010, puis 2013 pour être en même temps que présidentielle, puis du 26 juin 2015, puis de décembre 2016, src, src2, src3, report du 27.3.17 en janvier 17 à cause de la sécheresse, source, report2019, puis de 28 avril 2019, src1, src2,  biométrie : srcb1, srcb2, src27.3.17, srcb3, report de décembre 2020 wk)

31 mai 2021 (avec législatives) : municipales/locales Somaliland (report du 28 avril 2019 : src1, src2, servent de primaires en multipartisme intégral pour savoir quels sont les 3 partis autorisés aux législatives, src, wk)

21 juin 2021 : législatives Ethiopie + élection du premier ministre par assemblée (Conseil des représentants des peuples + régionales) (tous 5 ans : mai ?, src, report du 29 août 2020, src, 5.6.21 src2, report du 5.6.21, src, src21.6.21, wk)

21 juin 2021 : régionales Ethiopie (tous 5 ans avec législatives, report de mai 2020, src2, report du 5.6.021, src, src21.6.21, wk)

21 juin 2021 : locales/zones-districts-municipales Ethiopie (tous 5 ans, avril 2020 ?, report 2018 à 2019, src, src2, report du 5.6.021, src, src21.6.21, wk)

18 juillet 2021 (2 tours) : présidentielle Sao Tomé-et-Principe (tous 5 ans : juillet-août, wk)

12 août 2021 : législatives Zambie (tous les 5 ans : août, wk, MOE-UE)

12 août 2021 : présidentielle Zambie (tous les 5 ans : août, wk, MOE-UE)

12 août 2021 ? : locales Zambie (avec présidentielle et législatives, tous les 5 ans : août ?)

8 septembre 2021 : communales et régionales Maroc (tous 6 ans, septembre, 9.21)

8 septembre 2021 : législatives Maroc (Chambre des représentants) (tous 5 ans, octobre, 9.21)

17 octobre 2021 : présidentielle Cap-Vert (tous les 5 ans : octobre, wk)

27 octobre 2021 : municipales Afrique du Sud (tous les 5 ans : août, wk)

4 décembre 2021 : présidentielle Gambie (tous 5 ans : décembre, avant fin 2019 selon accord de 2016 avant la présidentielle entre Adama Barrow et opposition à Yahya Jammeh alors fragilisée par répression et les emprisonnements en particulier de Ousseynou Darboe, le leader du Parti démocratique unifié (PDU), src1, src2, reporté à 2010 selon site CEI en 2019, wk)

Elections incertaines pour 2021

*** Dates incertaines : possibles au second semestre 2021 ***

2021 ? : législatives + élection président par parlement Somalie (tous les 4 ans : février ?, abandon suffrage universel, suffrage par groupe de 101 personnes de 28000 délégués, src, report ‘1er janvier au 8 février’, report de 2 ans par Mohamed Abdullahi Mohamed annulé 1.5.21 en raison tension et pressions internationales, wk)

2021 ?  : référendum constitutionnel Burkina Faso (src, report du 24.3.19, src2, src3, wk)

24 décembre 2021 ? : présidentielle Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, AccordParis290518, report 10.12.18, 24.12.21 selon accord à élection 1er ministre Abdel Hamid Dbeibah 5.2.21)

24 décembre 2021 ? : législatives Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, .AccordParis290518, 24.12.21 selon accord à élection 1er ministre Abdel Hamid Dbeibah 5.2.21)

Locales :

2021 ? : locales/zones-districts-municipales Ethiopie (tous 5 ans, avril 2020 ?, report 2018 à 2019, src, src2)

2021 ? : provinciales et régionales Madagascar (territoriales au suffrage universel et non suffrage indirect, source1, source2, report de 2017 ?, source), de 2019 ? pas de date 3.7.19)

2021 ? : locales/municipales Egypte (report de 2016, 2017-2018, pour après présidentielle mai 2018, src1, src2)

2021 ? : régionales Tunisie (report 30 octobre 2016 src1, src2, infosavenir, src26.3.17, report 26.3.17 src25.7.16, src10.1.17, src2018?, src, src17.12.17, report 17.12.17, src, src2moisaprès, au moins 2 mois après locales 6.5.18)

2021 ? : municipales Ile Maurice (tous les 5 ans : juin ?)

2021 ? : locales/villageoises et districts Ile Maurice (130 ? conseils de villages puis indirectement 9 ? conseils de districts, tous 6 ans : 12.12, reporté à 2020, src)

2021 (avant 28 mars 2021) : locales/régionales, municipales et rurales Sénégal (tous les 5 ans, juin 2019, report à 2020, src1, src2, src3)

2021 … ? : élections locales RDCongo (conseillers communaux, conseillers de secteur et chefferie) (report 2.15, 2.13, et 2013, src1, src2, src3, et 26.05.16+15.06.15+29.08.15, src13.2.15, src, report du 25 octobre 2015, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

2021 … ? : élections urbaines, communales et locales indirectes RDCongo (conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteur au suffrage indirect, src) (report de ’20.1+7.3.16’, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

2021 … ? : élections sénatoriales RDCongo en scrutin indirect (élus au second degré par les députés provinciaux) (Report de ’13-17.1.16’, report du 5.6.13, src1, report 2014 src2, src13.2.15, scrutin indirect, de nouveau reportées, src, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

C.    Rappel : calendrier prévisionnel 2020 des élections de l’étude du 11.3.20

Résumé 2020 : présidentielles et législatives

28 élections (26 probables sans Libye, 24 sans Centrafrique) :

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20207+1*815+1*571212+1*1527+1*

Liste des 15 législatives, 13 présidentielles et 1 élections de président par parlement :

19 janvier 2020 : législatives Comores (tous les 5 ans : janvier)

9 février 2020 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018 et de sept-nov 2019)

22 février 2020 : présidentielle Togo (un tour sur 2)

Mars 2020 : législatives Guinée (tous 5ans : sept.18, report 28.12.19) (Echec Transition Tcii>Dict18)

29 mars et 19 avril 2020 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018)

19 mai 2020 : présidentielle Malawiaprès annulation élection du 21.5.19 le 3.2.20

20 mai 2020 : législatives Burundi (tous 5 ans : juin ?)

20 mai et 19 juin 2020 : présidentielle Burundi (tous 5 ans : juillet ?) (limite 2×5  2nde fois Nkurunziza)

29 août 2020 : législatives Ethiopie + élection 1er ministre(Conseil représentants des peuples)(tous 5 ans : mai ?) (Tcii 2018)

28 octobre 2020 : présidentielle Côte Ivoire (limite2x5 atteinte pour Ouattara)

2020 : présidentielle Guinée (tous les 5 ans : octobre ?) (limite 2×5 ans atteinte pour Condé) (DS2018)

2020 : présidentielle Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

2020 : législatives Tanzanie (tous les 5 ans : octobre ?)

Novembre 2020 : législatives Egypte (tous les 5 ans : oct-nov-déc ?)

22 novembre 2020 : présidentielle Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

22 novembre 2020 : législatives Burkina Faso (tous les 5 ans : novembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : présidentielle Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

Novembre ou décembre 2020 : législatives Ghana (tous les 4 ans : décembre ?)

13 décembre 2020 : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015, dont mai 2019)

2020 : présidentielle Seychelles (tous les 5 ans : décembre ?)

27 décembre 2020 : législatives Niger (tous les 5 ans : février 2021)

27 décembre 2020 et 14 février 2021 : présidentielle Niger (tous 5 ans : février 2021)

2020 : législatives Somaliland (report depuis 2010)

Potentiellement reportée en 2021 :

2020 : présidentielle Centrafrique (tous les 5 ans : décembre ?)

Décembre 2020 ou février 2021 : législatives Centrafrique (tous 5 ans : décembre 2020 ou février 2021 ?)

Très incertaines en 2020, probablement reportées :

2020 ? : présidentielle + législatives Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

2020 ? : Libye (report 2013, 2015, 2018, 2019)

NB : Avec 2e tour présidentielle Niger en 2021

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 7.3.20

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie

 Processus électoraux démocratiques (**)Processus électoraux en régime non démocratiqueTotal
 PrésidentiellesLégislativesTotalPrésidentiellesLégislativesTotalPrés.Lég.Tot.
20173+2*69+2*1+1*45+1*4+3*1014+3*
20183+1*25+1*48127+1*1017+1*
20196+3*915+3*42610+3*1121+3*
20207+1*815+1*571212+1*1527+1*
20215+1*49+1*4379+1*716+1*
20223+1*69+1*1+1*45+1*4+2*1014+2*
Total27+9*3562+9*19+2*2847+2*46+11*63109+11*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

Evolution de la nature du régime perceptible en 2019 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.SComoresP 2020 passe en gras OK
TCII>Dict.SBéninL 2020 passe en gras OK
Dict.S>TCII>SoudanP+L 2022 passe en non-gras OK
Dict.S>TCIIAlgérieP 2019 resté idem en gras OK
Démo> TCIIZambieidem
Démo> TCIIMalawiidem : annulation > +1 élection
TCII>DémoNigeridem

[1] En 2019 : positivement, le Soudan, l’Algérie, le Niger, négativement, les Comores, le Bénin, la Zambie et le Malawi 

[2] De manière aléatoire sans doute, certaines années, au contraire, des pics de processus électoraux non démocratiques dans les ex-colonies britanniques inverse la tendance : 1990 (+1 dans les ex-colonies britanniques que dans françaises), 1996 (+5), 2000 (+6), 2006 (+1), 2008 (+1), 2010 (+2), 2015 (+4).

[3] Erreur dans Bilan 2020 de 2019 : 8 au lieu de 10 (non corrigée sur R*E et documents d’origine)

[4] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/#jp-carousel-6201

[5] https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/11/democraties-dictatures-et-elections-en-afrique-bilan-2019-et-perspectives-2020/

[6] https://regardexcentrique.wordpress.com/2019/02/13/democraties-et-dictatures-en-afrique-bilan-2018-et-perspectives-2019/

[7] https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/01/14/democraties-et-dictatures-en-afrique-bilan-2017-et-perspectives-2018/

[8] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/

[9] R.Marzin, 1.2 https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/04/12/processus-electoraux-en-afrique-synthese-technique-et-politique-resume/, 6.5.2 30.3.16 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30/apres-26-ans-de-democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/, Exceptions 3.5 27.4.17 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083399

[10] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

[11] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[12] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083377

[13] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

[14] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[15] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

%d blogueurs aiment cette page :