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Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2018 et perspectives 2019 *!*

13 février 2019

Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2018 et perspectives 2019

 

Nouvelle vague d’élections non-démocratiques en 2018 après celle de 2016 :

à l’échelle continentale, les dictatures reprennent le dessus,

et l’écart entre Afrique anglophone et francophone se creuse.

 

Régis Marzin, journaliste et chercheur indépendant, Twitter : @Regis_Marzin

13 février 2019

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Actualisation des principaux graphiques et principales cartes

et suite des études de 2016, 2017, 2018

du 30 mars 2016 : ‘Après 26 ans de démocratisation, dictature et démocratie bientôt à l’équilibre en Afrique

du 27 avril 2017 : 2016 : Année des coups d’Etat électoraux en Afrique, démocratisation de l’Afrique depuis 1990

du 14 janvier 2018 : ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2017 et perspectives 2018,

2017 une année supplémentaire à l’équilibre continental

https://regardexcentrique.wordpress.com/

 

Diaporama des graphiques et de la carte de cette étude :

 

 

Sommaire

Introduction. 3

  1. Bilan 2018 : évolution de la nature des régimes politiques. 4

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2018. 4

1.2 Changement de type de régime et nombre d’alternances depuis 1990. 6

1.3 Tendance confirmée d’une augmentation du nombre de dictatures de parti politique. 8

1.4 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2018 (55 pays) 8

1.5 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2018 et régimes intermédiaires (Tcii) 10

1.6 En termes de démocratisation, un écart qui se creuse entre Afrique anglophone et francophone. 12

1.61 2018, année d’un nouveau décrochage des ex-colonies françaises. 12

1.62 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation. 13

1.7 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2018. 14

  1. Processus électoraux en 2018 : les dictatures occupent le terrain. 15

2.1 Bilan électoral de l’année 2018. 15

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes. 19

2.3 Alternances en 2018 et noyau dur des dictatures sans alternance. 21

2.4 Elections en dictature : paroxysme des inversions de résultats de présidentielles. 23

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2018. 25

  1. Perspectives 2019 : pic électoral (30) et record de démocratie depuis 1990. 27

3.1 Calendrier : 2019 année exceptionnelle pour la démocratie en Afrique. 27

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2019 selon le type de régime en 2018 (et 2019) 28

3.3 Elections en Afrique en 2019 : concentration des difficultés dans les ex-colonies françaises. 31

Conclusion. 32

ANNEXES. 33

  1. Historique 2018 : année électorale. 33
  2. Prévisions 2019 : année électorale (au 12.2.19) 37
  3. Rappel : calendrier prévisionnel des élections de l’étude du 14.1.18. 42

 

Introduction

 

Début 2018, depuis trois ans, le continent africain était à l’équilibre entre démocraties avérées et dictatures stables : 22 et 22 en 2015, 23 et 23 en 2016, 22 et 22 en 2017. Les quatre inversions de résultats de présidentielles de 2016 avaient impressionné par leur violence, à ce stade d’équilibre. L’année 2018 n’a pas été aussi marquante au niveau des présidentielles, mais de nombreuses crises électorales dans les dictatures y étaient prévisibles en raison d’un programme chargé de 8 législatives en régime non-démocratique.

 

Plusieurs régimes démocratiques considérés comme relativement solides ont dégénéré en 2018. Si la surprise positive est venu de l’Ethiopie, une nouvelle fois aucun régime non-démocratique n’a été arrêté. Comme en 2017, la tendance est restée à la transformation de dictature de leader en dictature de parti politique avec alternance de chef de l’exécutif.

 

Sur les processus électoraux, il y a un an, il était possible de dire que « l’effet des inversions de résultat s’était cristallisé, solidifié sous une nouvelle couche de vernis diplomatique » et que « le tabou s’était instauré durablement sur les inversions de résultats ». L’effet s’est fait sentir à l’occasion des élections en RDC, où la communauté internationale est restée comme paralysée, sidérée, face à une inversion de résultat, à sa manière imprévisible, parce qu’en faveur d’un candidat de l’opposition retourné par le système en place. Un trouble très éphémère s’est même fait sentir jusqu’à l’Union africaine qui jusque-là était restée inflexible face aux réclamations des démocrates victimes de détournements des processus électoraux, que ce soit en amont ou par inversion du résultat.

 

Si en 2017, un débat sur la qualité des processus électoraux avait lieu en raison des conflits dans des pays déjà relativement démocratisés et anglophones, au Kenya et au Libéria, ce débat a quasiment disparu au niveau international et africain en 2018. Les législatives ont été considérées comme secondaires, ce qui montre la faiblesse du soutien au processus de démocratisation africain à l’époque de Trump, de Poutine, de Macron et de Gutteres.

 

Le bilan de l’année en termes de régimes comme de processus électoraux est très négatif. Au niveau classement des régimes politiques, le processus de démocratisation continental a reculé sur une année comme il a rarement reculé, en raison surtout de la chute de l’Etat de droit dans des régimes précédemment intermédiaires ou en démocraties fragiles, ce qui correspond de moins en moins à l’actualité électorale. Dans certains cas, le choix des dirigeants étant électoralement impossible, une mobilisation est suivie d’une répression. La période des espoirs d’une bascule rapide de l’équilibre africain en faveur des démocraties est close. Le seul constat positif, celui de la multiplication des changements de personnalités à la tête des exécutifs est malheureusement compensé par l’augmentation du nombre de régimes en dictature de parti politique avec alternance de la tête de l’exécutif.

 

 

1.     Bilan 2018 : évolution de la nature des régimes politiques

1.1 Changements de régimes et de type de régimes en 2018

 

Rappel méthodologique : Le classement des régimes issu de l’étude du 30 mars 2016 distingue 3 catégories : « Dictature stable, Transition vers la démocratie, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII), Démocratie. Les critères principaux de classement des régimes sont la manière d’arriver au pouvoir et la manière de conserver le pouvoir, et ils se rajoutent d’autres critères. La catégorie ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII)’ est aussi la catégorie de tous les régimes qui ne sont pas des Dictatures stables ou des Démocraties. »

 

Dans ce classement, en 2018, 8 pays ont changé de catégorie, positivement, l’Ethiopie et la Gambie, négativement, la Guinée, le Maroc, la RDC, les Comores, le Bénin, et le Niger.

 

Modif°. Etat Pays Evénements et changements Dates
TCII>Dict.S Guinée Accumulation de processus électoraux très défaillants pendant un processus de transition vers la démocratie démarré en 2010. Echec de cette transition vers la démocratie dû à Alpha Condé et son parti, le RPG, visible dans le conflit des municipales du 4.2.18, en raison d’un processus électoral organisé à la manière des dictatures. Entretien volontaire d’un doute sur un projet de suppression de limite du nombre de mandats. Près de 100 morts dans la répression depuis 2011. Rapprochement avec des dictatures d’Alpha Condé pendant sa présidence de l’UA en 2017 et soutien de Faure Gnassingbé pour se maintenir au travers de la médiation de la Cedeao en 2018 avant les législatives togolaises du 20.12.18. 04.02.18

20.12.18

TCII>Dict.S RDC Après forte répression et instabilité au niveau gouvernement en 2017, organisation du processus électoral le plus conflictuel, tendu et complexe de l’histoire électorale africaine entre 2016 et 2018 en raison des blocages de Joseph Kabila et de son parti. Après les élections du 30.12.18, inversion en faveur de l’opposant retourné au dernier moment, Félix Tshisekedi, inversion de majorité des législatives sans aucun résultat compilé et inversion de majorité de multiples provinciales. Sommet historique de la criminalité électorale en Afrique. 30.12.18
TCII>Dict.S Maroc Après la forte répression du mouvement du Hirak en 2017, condamnation de nombreux militants du Hirak à des longues peines de prison en 2018 dont le principal leader, Nasser Zefzafi, à 20 ans de prison, le 27.6.18. Fin de l’amélioration du régime politique de 2011. Soutien maximal par Mohammed VI de la dictature gabonaise au travers de l’accueil d’Ali Bongo le 29.11.18 27.06.18

29.11.18

Dict.S>TCII Ethiopie Changement de Premier ministre : Abiy Ahmed nommé par l’EPRDF remplace Hailemariam Desalegn après 2 ans de manifestations le 27.3.18. Nouveau gouvernement le 16.10.18 et nombreuses réformes positives sans encore d’élection. Evolution nette vers un meilleur état de droit même si la structure de la dictature de parti de l’EPRDF, reste en place. 27.03.18

16.10.18

Démo>TCII

 

Comores Processus de dictatorisation rapide autour du changement de Constitution décidé par Azali Assoumani et imposé par le référendum constitutionnel du 29.7.18, cas exceptionnel dans l’histoire électorale africaine de détournement de processus électoral de référendum. 29.07.18
Démo>TCII Bénin Elimination des concurrents de la présidentielle de 2021 par Patrice Talon. En particulier, condamnation le 18.10.18, à 20 ans de prison de Sébastien Ajavon, dans une mascarade judiciaire digne d’une dictature, après la création d’une Cour spéciale, la CREIT. Plus d’une douzaine d’opposants sont en exil dont des candidats, dont Sébastien Ajavon du parti USL et d’autres membres de son parti, et Komi Koutché du FCBE arrêté à Madrid le 14.12.18 (libéré le 17.2.19 sans être extradé). Nouvelle loi électorale des législatives éliminant les petits partis (<10% voix). Dans ce contexte, chute progressive de l’Etat de droit et baisse de la liberté de la presse. 18.10.18

14.12.18

Démo>TCII Niger Répression de la société civile et emprisonnements de leaders associatifs dont Ali Idrissa, Moussa Tchangari, Nouhou Arzika et Me Lirwana Abdourahmane, suite à l’organisation de manifestations en mars 2018, instrumentalisation de la justice et maintiens en détention abusifs pendant 4 mois selon méthode de dictature pour casser les actions associatives. 25.03.18

24.07.18

TCII>Démo Gambie Stabilisation en démocratie après une transition vers la démocratie rapide suite à la chute de Yahya Jammeh le 20.1.17, après la présidentielle du 1.12.16. Réussite de la transition constatée lors des législatives du 6.4.17 et dans la politique mise en œuvre depuis. 01.12.16

20.01.17

06.04.17

Démo>Démo

P

Madagascar Alternance: Andry Rajoelina du parti Tanora Gasy Vonona (TGV/MAPAR) vainqueur par 55,66% des voix au 2nd tour le 19.12.18 remplace Hery Rajaonarimampianina à la présidence. 07.11.18

19.12.18

Démo>Démo

P par parlement

Afrique Sud Election par le parlement de Cyril Ramaphosa le 15 février 2018 à la présidence après la démission de Jacob Zuma le 14.2.18 après les menaces de l’ANC de le destituer en raison de plusieurs affaires. 14.02.18

15.02.18

Démo>Démo Botswana Investiture du nouveau président, Mokgweetsi Masisi, ancien vice-président, le 1er avril 2018, après une limite 2x5ans atteinte par Ian Khama. Il n’est pas élu et des législatives auront lieu en 2019, qui confirmeront ou non le choix par une élection du parlement. 01.04.18
Démo>Démo

P+L

Sierra Leone Alternance de président et de parti de président après la victoire de Julius Maada Bio (SLPP) à la présidentielle des 7 et 27 mars 2018, début de cohabitation avec le parti All People’s Congress (APC) vainqueur des législatives du 7.3.18 07.03.18

27.03.18

Démo>Démo

L

Sao Tomé-et-Principe Alternance à Assemblée et de gouvernement et cohabitation avec le président Evaristo Carvalho (ADI), après alliance du Parti de la convergence démocratique (PCD, Delfim Neves) et du MLSTP-PSD le 22.11.18 à la suite des législatives du 7.10.18. 07.10.18

22.11.18

 

En 2018, l’évolution la plus positive est celle de l’Ethiopie. Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) en désignant les 27 mars 2018 et 2 avril comme Premier ministre Abiy Ahmed issu de l’Organisation démocratique des peuples oromo (OPDO), l’un des 4 partis communautaires et régionaux de la coalition EPRDF, a permis d’arrêter une crise due à la position de parti unique de fait de l’EPRDF. Les améliorations touchent les pays voisins mais l’EPRDF risque par la suite de reprendre un fonctionnement de parti unique de fait incompatible avec de nouveaux progrès des libertés, en particulier au niveau électoral.

 

La régression la plus rapide a été celle des Comores. Le 29 juillet 2018, le président Azali Assoumani a imposé un changement de constitution d’une manière non-démocratique. Le passage d’une limitation à 1 mandat à 2 mandats de 5 ans maximum, lui permet de se maintenir jusqu’en 2029. Les 3 postes de vice-présidents sont supprimés. La Cour constitutionnelle est dissoute. Les fraudes lors du référendum constitutionnel boycotté, dont des bourrages d’urnes, ont conduit à une forme originale de coup d’état constitutionnel. Le taux de participation a été gonflé, le résultat a été inventé à la manière des dictatures. Une répression s’est abattue sur les contestataires. Des violences ont commencé. La présidentielle en a été avancée à 2019 et pourrait confirmer une dégradation rapide vers un régime dictatorial.

 

La majorité des événements permettant à posteriori de constater des évolutions de nature des régimes étaient peu prévisibles. Peu d’entre eux étaient directement liés à des élections, arrivant à une date prévisible. Seule la RDC a évolué en fonction d’un calendrier électoral et malheureusement dans la mauvaise direction.

 

Les prévisions de l’étude du 14 janvier 2018 ‘Démocraties et dictatures en Afrique : bilan 2017 et perspectives 2018’,

Modif°. Etat Pays Evénements et changements Dates
TCII>Démo

Très probable

Gambie Fin d’une transition rapide vers la démocratie après la victoire d’Adama Barrow (UDP) contre Yahya Jammeh (APRC) à la présidentielle du 1.12.16 et à l’exil de Yahya Jammeh le 20.1.17 après une intervention militaire de la CEDEAO, puis aux législatives réussies du 6.4.17 01.12.2016

20.01.2017

06.04.2017

Dict.S>TCII

Assez probable

Togo Instabilité en dictature en raison des manifestations massives à partir du 19.8.17 contre le 3e mandat et la possibilité d’un 4e mandat, et à l’approche de législatives prévues mi-2018 19.08.2017

7.2018 ?

Dict.S>TCII

Assez peu probable

Zimbabwe Possibilité de transition vers la démocratie en 2017 lors des élections après la démission forcée par l’armée le 21.11.17 de Robert Mugabe au pouvoir depuis 31.12.87 et remplacement par Emmerson Mnangagwa le 24.11.17, qui dépendra de la qualité des processus électoraux en 2018. 21.11.2017

24.11.2017

7.2018 ?

ne se sont avérées correctes que dans un cas et demi sur 3 : la Gambie s’est stabilisée positivement comme cela pouvait s’attendre. Le Zimbabwe n’a pas pris la direction d’une ‘Transition vers la démocratie’ mais celle d’une ‘Transformation de dictature de personnalité en dictature de parti’. Cette hypothèse qui était la plus probable est confirmée par la répression du début 2019. Par contre, le Togo a vu un sursaut de son dictateur pour se maintenir et essayer de tenir encore un 4e et un 5e mandat. Alors que la Cedeao aurait dû l’abandonner sur la question de la limitation du nombre de mandat, elle l’a finalement soutenu en reprenant sa propagande sur l’organisation des législatives boycottées. Comme en 2005, la Cédeao est de nouveau en partie responsable du maintien de la dictature togolaise alors que la part de la population suivant le régime est devenu très minoritaire.

 

4 changements de type de régime sur 8 ont eu lieu en Afrique de l’Ouest et 5 sur 8 dans les ex-colonies françaises. 3 évolutions négatives sur 6 ont eu lieu dans les ex-colonies françaises d’Afrique de l’Ouest :

Colonisation Région Démocratisation Dictatorisation
Française Ouest Bénin, Niger, Guinée
Australe Comores
Nord Maroc
Belge Centre RDC
Anglaise Ouest Gambie
Sans Est Ethiopie

L’Afrique de l’Ouest qui semblait pouvoir aller vers une démocratisation plus complète, en suivant l’exemple de l’Afrique australe est au contraire entrée dans une phase de régression. Les 3 pays concernés, Bénin, Guinée et Niger, peuvent encore se redresser. La Guinée qui s’éloigne encore de la démocratie en raison des mauvais processus électoraux conserve encore une limitation à deux mandats qui peut faire son effet et terminer sur une alternance en 2020. Alpha Condé peut encore se souvenir qu’il s’est battu plus jeune pour la démocratie. La majorité des passages en dictature se fait dans des processus irréversibles, mais dans le cas de la Guinée, le processus semble encore réversible.

 

1.2 Changement de type de régime et nombre d’alternances depuis 1990

 

Remarque (31.3.19) : Attention, le mot ‘alternance’ est ici utilisé au sens large pour les chefs de l’exécutif à la place de ‘changement’ des chefs de l’exécutif, ce qui inclut des changements par coup d’Etat qui sont trompeurs : par exemple au Niger dans les 4 changements de chef de l’exécutif, 2 correspondent à des coups d’Etats.

Les fortes régressions démocratiques concernent 3 pays qui ont connu un maximum d’alternances. Les Comores sont 2e sur 55 au classement du plus grand nombre d’alternances en Afrique, le Niger, 5e et le Bénin 6e. Au Comores, le président Azali Assoumani a estimé que l’ancienne constitution qui provoquait des alternances ne convenait plus. Au Bénin, bien au contraire, Patrice Talon est favorable à la limitation du nombre de mandats, puisqu’il a un temps proposé puis abandonné de passer au mandat unique. Au Niger, le niveau abusif de la répression de la société civile en 2018 n’a pas de rapport avec le maintien au pouvoir du président qui effectue son second et dernier mandat.

Pays d’Afrique ayant connu le maximum d’alternances de chef de l’exécutif et de parti au pouvoir :

Nombres d’alternance depuis 1990

De président (PR) et de Parti

Pays Remarque
Démocraties : alternances PR = 4, parti = 1 Afrique du Sud Alternance PR en 2018 / corruption
TCII : alternances PR = 4, parti = 4 Bénin Attaques judiciaires contre opposants
Démocraties : alternances PR = 4, parti = 4 Ile Maurice
TCII : alternances PR = 4, parti = 5 Niger Régression de l’Etat de de droit
Démocraties : alternances PR = 4, parti = 5 Sao Tomé-et-Principe Alternance AN 2018 et cohabitation
Démocraties : alternances PR = 5, parti = 4 Madagascar Alternance PR en 2018
TCII : alternances PR = 5, parti = 5 Comores Dictatorisation rapide en 2018
Démocraties : alternances PR = 5, parti = 5 Lésotho

 

Synthèse « alternances de président » et « alternances de parti » : selon le type de régime de 2018

Nombre de pays selon nombres d’alternances depuis 1990 fin 2018

En termes d’alternance, les cas du Bénin, des Comores et du Niger font apparaître une nouvelle catégorie de pays. Ces 3 pays en rouge à droite du graphique ci-dessous ont en commun de correspondre à des régressions à partir d’un état démocratique qui paraissait stable. Ces régressions peuvent être sans doute interprétées aussi comme un symptôme d’une crise internationale plus large de la démocratie, au-delà de l’Afrique, parce que des mouvements de baisse d’Etat de droit, de répression des opposants, de manipulations constitutionnelles deviennent plus faciles, même là où des bases démocratiques existent. Positivement, ces bases démocratiques peuvent permettent aux processus de rester réversibles, jusqu’à certains point de recul.

 

A ce stade, il semble que les institutions sont en moyenne plus solides dans les pays anglophones d’Afrique. En Afrique du Sud, la corruption a mis la démocratie en danger, mais les contre-pouvoir, en particulier la justice, ont correctement fonctionné. Au Niger, plus Mamadou Issoufou a argumenté sur l’indépendance de la justice, plus il a été considéré par beaucoup comme un menteur. En outre, le modèle de constitution plus anglophone, de l’élection du président par un parlement, favorise des alternances en limitant le pouvoir du chef de l’exécutif.

 

1.3 Tendance confirmée d’une augmentation du nombre de dictatures de parti politique

 

Les présidents vieillissent. Le nombre de pays avec une limitation du nombre de mandats continue d’augmenter, 38 en 2018 contre 37 en 2017. Le nombre de dictatures de parti politique avec alternance du chef de l’exécutif est longtemps resté stable, avec les 4 pays-modèles, l’Algérie, la Tanzanie, le Mozambique et l’Ethiopie. De plus en plus, des régimes dictatoriaux se perpétuent suite à des changements de chefs de l’exécutif. Le pouvoir se répartit alors sur un système d’acteurs.

 

L’Angola en 2017 a progressé au niveau libertés mais le pays a évolué vers un maintien de parti politique sans possibilité d’alternance. En 2018, le Zimbabwe en 2018 est devenue un sixième cas. Après les inversions de résultats début 2019 en RDC, le pays pourrait être un 7e pays à prendre la même direction, si Félix Tshisekedi est absorbé par le système mis en place par Joseph Kabila. D’une manière plus générale, les limitations du nombre de mandats poussent d’autres dirigeants à promouvoir un ministre favori comme successeur, et la probabilité de voir s’installer d’autres dictatures de parti politique avec alternance existe aussi ailleurs, par exemple en Mauritanie. En Côte-d’Ivoire par contre, la personnification du pouvoir est forte et le risque s’accentue de voir arriver un maintien au pouvoir d’Alassane Ouattara au-delà de 2 mandats.

 

L’installation dans une dictature solide à long terme peut se faire avec des progrès sur des points secondaires qui n’affectent pas la solidité du régime, ce qui est le scénario déjà initié en Angola, au Zimbabwe. Ce type d’échange entre progrès concédé et possibilité de se maintenir longtemps est peut-être déjà ce qui est en train de se mettre en place en RDC. Sans vrai multipartisme, les progrès de l’Ethiopie ne signifient pas un abandon du pouvoir par l’EPRDF.

1.4 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2018 (55 pays)

 

Après 3 années consécutives d’équilibre, 22/22 en 2015, 23/23 en 2016, et 22/22 en 2017, les dictatures stables (24) ont repris le dessus en 2018 sur les démocraties (20). La paix progresse et le nombre de pays instables diminue. Les régressions démocratiques dans des pays ayant vécu des années en démocratie (Bénin, Niger, Comores) vient pour la première fois perturber l’équilibre, sans qu’une instabilité de type sécuritaire n’apparaisse.

 

Delta ‘Nombre démocraties – Nombre dictatures stables’ / année précédente

Année 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Delta ‘N démocraties – N Dictatures S’ / année précédente 6 5 2 4 1 -1 -3 -2
N dictatures – N démocraties 38 26 21 19 15 14 15 18 20

 

1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
1 4 2 2 5 -1 0 5 0 -1 -2 -1 4 -1 0 -1 0 0 0 -4
19 15 13 11 6 7 7 2 2 3 5 6 2 3 3 4 0 0 0 4

En nombre de dictatures et de démocraties, 2018 apparaît ici comme la plus mauvaise année depuis 1990. Jamais un déclin de 4 pays ne s’était constaté depuis 1990. Cependant, les processus sont plus ou moins progressifs et sans doute réversibles au Bénin, au Niger, et en Guinée. Le déclassement de la Guinée correspond en fait à 8 années d’échec de la Transition vers la démocratie. Les événements sont plus diffus. En outre, cette mauvaise année suit 6 années de relatif équilibre (Delta ‘N démocraties – N Dictatures S’ / année précédente à 0 ou -1) , et la tendance pour les années suivantes devrait être de revenir à moins de dictatorisation ou régression de la démocratie.

Au niveau quantité de population, progrès en Ethiopie (99,5 millions d’habitants en 2016) et retour à un système dictatorial en RDC (79 Ms d’habitants en 2016) se compensent l’un et l’autre. Le Maroc (33,1 Ms d’habitants en 2016) joue également. Globalement, l’équilibre ne change pas beaucoup, mais le pourcentage de population africaine en dictature revient proche de 50%, à 47%.

 

1.5 Evolution du classement des régimes en Afrique de 1990 à 2018 et régimes intermédiaires (Tcii)

 

Classement et évolution dans le classement des régimes en 2018 avec détails des régimes en Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé (TCII).

Les pays changeant de catégories sont notés en gras.

Dictatures

stables

24 au lieu 22

+3-1

Erythrée, Guinée Equatoriale, Zimbabwe, Soudan, Tchad, Congo Brazzaville, Cameroun, Swaziland, Ouganda, Djibouti, Togo, Gabon, Angola, Egypte, Algérie, Tanzanie, Mozambique, Burundi, Mauritanie, Côte-d’Ivoire (2016), Rwanda (1994 suite génocide, 2003 Kagamé élu, 2017 3e mandat), RDCongo (2018 processus électoral de dictature), Guinée Conakry (2010 transition, 2011 Condé, 2018 échec transition / processus électoraux), Maroc (1999 Mohammed VI, 2011 démocratisation, 2018 répression),
Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé

(TCII)

11

au lieu 11

+1,-3,+3-1

Guerre et suite de guerre :

Guerre (dont guerre en Etat failli) : Somalie (1991 guerre, 2000 parlement exil, 2012 Sheikh Mohamud), Libye (2011 guerre Etat failli),

Suite guerre en Etat failli (dont en transition démocratique) : Soudan du Sud (2005 suite guerre, 2010 Kiir, 2011 indépendance), Centrafrique (2013 suite guerre Etat failli, 2014 transition, 2016 Touadéra)

NB : En 2017, ces 2 Etats, Sud Soudan et RCA, sont à la limite de la guerre active et il y a peu de différence entre guerre et suite de guerre.

Suite guerre hors Etat failli (dont suite indépendance) : –

Suite génocide : –

 

Instabilité de gouvernement (dont suite coup d’Etat) et/ou contestation populaire : Guinée Bissau (2009 instabilité), Kenya (2017 conflit électoral, 2018 soutien Kabila)

 

Indéterminé : Somaliland (1991 non reconnu Onu, 2001 constitution, 2010 Mahamoud),

 

Transition de dictature vers démocratie : Ethiopie (2018 transition suite à manifestations)

 

Dictatorisation, chute de l’Etat de droit : Bénin (2018 répression opposition), Niger (2018 répression opposition), Comores (2018 dictatorisation rapide),

Démocraties

20 au lieu 22

-3+1

Botswana, Ile Maurice, Cap Vert, Sao Tomé-et-Principe, Zambie, Afrique du Sud, Namibie, Malawi, Lésotho, Sénégal, Nigéria, Ghana, Mali, Sierra Leone, Libéria, Seychelles, Tunisie, Madagascar, Burkina Faso (2016), Gambie (2018 transition vers la démocratie réussie).

 

Evolution du classement régimes en Afrique de 1990 à 2018 avec détails des régimes intermédiaires (Tcii)

La paix progresse, les états se construisent. L’Etat et le droit se construisent avec ou sans démocratie. Au niveau continental, en 2018, la possibilité de choisir ses dirigeants et la liberté qui en découlent diminuent.

 

La communauté internationale met son énergie à faire disparaître les conflits armés en Centrafrique, au Soudan du sud, en Somalie, en Libye. Le désengagement international dans le soutien à la démocratisation a été très visible en 2018 en RDC, pays test à tous les niveaux. Suite à son acceptation remarquée des inversions de résultat en RDC en disant « les perdants se sont comportés positivement vis-à-vis des structures constitutionnelles », António Guterres‏ ajoute le 10 février 2018, « Il y a un vent d’espoir qui souffle sur l’Afrique. L’ONU est résolue à continuer de promouvoir une vague diplomatique pour la paix. » A la manière de François Hollande, il abandonne une approche globale ‘Paix et sécurité, Démocratie et Etat de droit, Economie et développement’, pour, à l’occasion du sommet de l’Ua, ne plus parler que de paix. L’hypocrisie atteint un sommet quand on commence à remercier un dictateur de n’avoir pas trop massacré son peuple.

 

L’Ue, qui a le meilleur outil de soutien par ses Missions d’observations électorales a également montré son désengagement dans le soutien à la démocratie au Gabon, à l’approche de la négociation d’un nouvel accord ACP-Ue. Avec la participation de la Cour pénale internationale, qui a abandonné son enquête au Gabon, l’accord de Cotonou a été enterré au Gabon début 2018 dans l’abandon des sanctions contre Ali Bongo suite à l’inversion des résultats de 2016 et du massacre associé. Pour le moment, niveau MOE-UE, l’Ue se concentre sur les pays plus faciles et ignore les dictatures, surtout francophones, qui d’ailleurs, a priori, ne feront plus appel à elle.

 

Les transitions vers la démocratie continuent de disparaître. Puisqu’à partir de 2006, elles sont devenues plus solides avec de meilleures chances d’aboutir, dans les plus rares cas où elles surviennent, elles peuvent être plus courtes, en Gambie par exemple. Si la courbe ‘somme des pays en transitions vers la démocratie et des démocraties’ devient alors plus intéressante pour prévoir l’évolution, il n’y a plus qu’un pays concerné, l’Ethiopie, dans une certaine mesure puisque le ‘parti unique de fait’ n’a pas bougé, dans ce pays à la constitution originale où les partis politiques sont régionaux.

 

En 2017, le nombre de pays en instabilité de gouvernement augmentait avec la RDC et le Kenya qui se rajoutaient à la Guinée Bissau. En 2017 et en 2018, les manifestations de la population togolaise pour empêcher un 4e mandat présidentiel n’ont pas réussi à ébranler la dictature à la fois faible et perverse de Faure Gnassingbé. La situation s’est arrangée au Kenya, pays où les institutions démocratiques restent solides à côté des conflits, sans qu’un retour à la démocratie ne soit encore certain. La population de RDC n’a pas pu continuer à manifester massivement. Ces manifestations massives ont repris fin 2018 au Soudan, en raison du projet d’Omar El-Beshir de supprimer la limitation du nombre de mandats de la constitution. Dans ce cas, l’usure et la vieillesse de la dictature apparaît.

 

Mais les cas ne se multiplient pas en Afrique en raison de cette même usure, car, au contraire, en 2018, en dehors du Soudan, les forces armées des Etats arrivent à conserver le dessus dans les dictatures, y compris au Togo où les manifestations ont été empêchés presque toute l’année.

 

La répression a gagné des régimes démocratiques comme le Niger. Les régressions dans des régimes démocratiques sans instabilité de gouvernement ou de manifestations massives, aux Comores, au Niger, et au Bénin, constituent l’élément nouveau en 2018.

 

La RDC est restée en 2018 comme en 2016 et 2017, le pays où se concentre un maximum d’enjeux et de forces. Le résultat catastrophique des élections du 30 décembre 2018 risquent d’avoir des conséquences très négatives en Afrique. Face au plus grand scandale de l’histoire électorale africaine, jamais un mélange de mépris, d’impuissance et de malaise de la communauté internationale ne s’était fait autant sentir que quand il fallut avaler la couleuvre de l’élection de Félix Tshisekedi en connaissant son estimation de nombre de voix réel autour de 17%.

 

La tendance diplomatique est au surlignage des principes de subsidiarité et de complémentarité au profit de l’Ua quel qu’en soit le prix à payer en renoncement aux principes démocratiques. En réalité, l’acceptation et l’absence de réaction en 2016 sur la série d’inversion de résultats des présidentielles du Congo Brazzaville, de Djibouti, du Tchad et du Gabon a pesé dans la défaite de la démocratie en RDC en 2018, entres autres, puisque d’autres facteurs ont joué, dont celui de l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche.

 

1.6 En termes de démocratisation, un écart qui se creuse entre Afrique anglophone et francophone

1.61 2018, année d’un nouveau décrochage des ex-colonies françaises

 

Dictatures stables selon la colonisation de 1988 à 2018

Depuis la création du Sud Soudan, il y a 20 ex-colonies britanniques et 20 ex-colonies anglaises (sans la Namibie colonisée par l’Afrique du Sud). Une vague impression de retard de l’espace francophone subsistait depuis les années 90 et la grande époque de la Françafrique chiraquienne. La persistance de dictatures anglophones troublait parfois la perception. Des données objectives confirment pourtant l’évolution de l’écart dans le temps. Dans les années 90, la démocratisation a été plus rapide côté anglophone, mais cette démocratisation s’est arrêtée en 2005 en raison de la résistance des dictatures anglophones les plus dures. En 2015, le retard des ex-colonies françaises en nombre de dictatures était presque rattrapé. En 2018, à cause de la Guinée et du Maroc, l’écart se recreuse.  En 2018, les ex-colonies françaises comportent presque le double de dictatures stables que les ex-colonies anglaises, 11 contre 5.

 

Démocraties selon la colonisation de 1988 à 2018

En 2018, les ex-colonies anglaises comportent aussi presque le double de démocraties que les ex-colonies françaises, 11 contre 5. L’écart s’est donc creusé dans les 2 sens. En 2018, tous les reculs majeurs ont eu lieu dans des ex-colonies françaises (5 : Guinée, Maroc, Comores, Bénin, Niger) ou belges (1 : RDC). Tous les progrès ont eu lieu dans d’ex-colonies italiennes (1 : Ethiopie) ou anglaises (1 : Gambie). En dehors des changements de type de régime, les autres progrès ont lieu en dehors de l’espace francophone, en Angola et peut-être fin 2018 au Soudan, si Omar El-Beshir est empêché par le peuple de supprimer la limitation du nombre de mandats. Côté francophone, la seule touche positive de l’année pourrait être le fait que Ould Abdel Aziz accepte de respecter la constitution et de partir en 2020, si l’on accepte d’être presque surpris quand une constitution est respectée.

 

1.62 Limitation du nombre de mandats présidentiels dans les constitutions selon colonisation

 

Les espaces francophones et anglophones en Afrique n’ont pas la même compréhension de ce qu’est une constitution. Les réformes et changements de constitutions pour des intérêts personnels sont fréquents dans l’espace francophone alors qu’ils sont plus rares dans l’espace anglophone.

En 2018, un seul changement a eu lieu au niveau du nombre de mandats : au Tchad, Idriss Déby a concédé une limite de 2 fois 6 ans en passant le mandat de 5 à 6 ans et en imposant sans aucun débat une mise à zéro de son compteur de mandat. A cette date, le nombre de colonies françaises ayant une limite du nombre de mandats a rejoint celui des ex-colonies anglaises : 14. Depuis 2004, il n’y pas beaucoup de différences. Les limites du nombre de mandats ont été mises en place plus vite dans toutes les ex-colonies françaises dans les années 90, à l’exception de la monarchie du Maroc, dans 19 pays entre 1988 et 2001, mais dans cette période la démocratisation a été plus rapide dans l’espace anglophone. L’essentiel se situe dans les processus électoraux. La vague de suppression de 9 limites entre 2001 et 2009 (7 visibles sur le graphe + 2 compensés par 2 arrivées tardives aux Comores et au Sénégal en 2001) est pour beaucoup dans le maintien des dictatures jusqu’en 2018.

 

Le respect des textes constitutionnels étant plus fort côté anglophone, le respect des accords sur les processus électoraux l’est en moyenne aussi. Depuis 1990, presque tous les dirigeants français ont de manière structurelle constamment privilégié les relations militaires ou les échanges à l’Onu et négligé le soutien à la construction des institutions réellement démocratiques ou la mise en place de processus électoraux incontestables. La période actuelle commence à être impactée par le Brexit européen, mais ses effets en Afrique sont encore difficile à percevoir. L’écart s’est creusé en 2018 et les années à venir confirmeront ou non cette tendance.

 

1.7 Carte d’Afrique des régimes politiques, des démocraties et dictatures en 2018

 

Pour comprendre cette carte, voir aussi sur le blog R*E

le diaporama de l’évolution des régimes de 1989 à 2018[1]

Cette carte, qui reprend les données du paragraphe 1.1, s’analyse par contraste avec la carte de 2017 dans l’étude du 14 janvier 2018[2] et avant avec la dernière carte de la série de 1990 à 2016 dans l’étude du 27 avril 2017[3].

 

 

2.     Processus électoraux en 2018 : les dictatures occupent le terrain

2.1 Bilan électoral de l’année 2018

 

Ce bilan se base surtout sur les 10 législatives et 8 présidentielles (dont une par une parlement) de 2018. Mais d’autres élections ont eu lieu : 10 locales, 4 régionales, 4 sénatoriales, 2 référendums constitutionnels.

 

L’Afrique a connu en 2018 un pic d’élections locales avec 10 locales, communales ou municipales et 4 régionales (voir étude du 18.10.17 : 2018 : année des élections locales en Afrique ?’) :

4 février 2018 : locales/communales Guinée

7 mars 2018 : locales Sierra Leone

12 avril (et 12 mai) 2018 : locales Gambie

6 mai 2018 : locales/municipales Tunisie

30 juillet 2018 : locales Zimbabwe

1er et 15 septembre 2018 : locales/municipales Mauritanie

7 octobre 2018 : locales/municipales Sao Tomé-et-Principe

10 octobre 2018 : locales/municipales Mozambique

13 octobre 2018 : locales/municipales Côte d’Ivoire

6 et 27 octobre 2018 : locales Gabon

… et 4 régionales :

1er et 15 septembre 2018 : régionales Mauritanie

7 octobre 2018 : régionales Sao Tomé-et-Principe

13 octobre 2018 : régionales Côte d’Ivoire

30 décembre 2018 : provinciales RDCongo

 

Ces élections locales ou régionales ont été organisées en fonction de la nature des régimes en place. Les élections les plus marquantes ont été celles de la Guinée Conakry, le 4 février 2018, qui ont été très conflictuelles et ont montré la dérive du régime d’Alpha Condé. Ces élections ont été reportées plusieurs fois entre 2015 et 2018. Alpha Condé avait nommé des militants de son parti, comme chefs de quartier, chefs de district, maires des communes, qui étaient accusés par l’opposition de lui servir pour de la « fraude » électorale. Aux municipales, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé a devancé de peu l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), deux principaux vainqueurs. L’Union des forces républicaines (UFR) est devenu arbitre. Des contestations dans certaines villes ont été traitées par les tribunaux. Un an après, beaucoup de maires et autres élus locaux ne sont pas encore installés. De nombreux maires ont été choisis suite à des accords locaux et avec certains élus instables, et non en fonction des résultats initiaux.

 

En outre, des sénatoriales ont eu lieu dans 4 dictatures :

24 mars 2018 : sénatoriales Côte d’Ivoire

25 mars 2018 : sénatoriales Cameroun

30 juillet 2018 : sénatoriales Zimbabwe

29 décembre 2018 : sénatoriales Algérie

 

Deux référendums constitutionnels ont eu lieu, tous les deux dans de très mauvaises conditions :

17 mai 2018 : référendum constitutionnel Burundi

29 juillet 2018 : référendum constitutionnel Comores

 

Parmi les 10 législatives et 8 présidentielles dont 1 par un parlement, une majorité d’élections, 12 sur 18 ont eu lieu dans des pays non-démocratiques, contre seulement 6 dans des démocraties :

Processus électoraux

démocratiques

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement

Liste des 10 législatives, 7 présidentielles, 1 élection de président par parlement de 2018,

15 février 2018 : Afrique du Sud : élection du président par parlement

23 février 2018 : législatives Djibouti 

7 mars 2018 : législatives Sierra Leone

7 et 27 mars 2018 : présidentielle Sierra Leone

24 au 26 mars (et 24 au 26 avril 2018) : présidentielle Egypte

29 juillet 2018 : présidentielle Mali

30 juillet 2018 : législatives Zimbabwe

30 juillet 2018 : présidentielle Zimbabwe

1er et 15 septembre 2018 : législatives Mauritanie

2 et 3 septembre 2018 : législatives Rwanda

21 septembre 2018 : pseudo-législatives Swaziland

7 octobre 2018 : présidentielle Cameroun

7 octobre 2018 : législatives Sao Tomé-et-Principe

6 et 27 octobre 2018 : législatives Gabon

7 novembre et 19 décembre 2018 : présidentielle Madagascar

20 décembre 2018 : législatives Togo

30 décembre 2018 : présidentielle Congo Kinshasa (report de 2016 et 23.12.18)

30 décembre 2018 : législatives Congo Kinshasa (report de 2016 et 23.12.18)

NB : Non pris en compte : 2 changements de chef de l’exécutif sans élection :

27 mars et 2 avril 2018 : Ethiopie : désignation du nouveau premier ministre Abiy Ahmed par le l’EPRDF, trop éloignée d’une élection.

1er avril 2018 : Botswana : investiture du nouveau président, Mokgweetsi Masisi, ancien vice-président, limite 2x5ans atteinte pour Ian Khama.

 

Bilan de l’année électorale 2018 : liste des 7 présidentielles et 10 législatives (cf aussi Annexe A)

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Président ou parti victorieux Durée du

pouvoir

15.02.18 Afrique du sud Démo PparParl. Cyril Ramaphosa (ANC) 0
23.02.18 Djibouti Dict.S L Boycott. Rassemblement populaire pour le Progrès (RPP, Guelleh) 39

PR 19

07.03.18

27.03.18

Sierra Leone Démo P+L Alternance de PR et de parti de PR

Cohabitation avec parti APC idem à AN

All People’s Congress (APC) 68/132

Julius Maada Bio (SLPP) 51,81%

11

PR 0

26.03.18 Egypte Dict.S P Abdel Fattah al-Sissi : 97,08% 4
29.07.18 Mali Démo P Ibrahim Boubacar Keïta 67,16% 5
30.07.18 Zimbabwe Dict.S P+L Zanu-PF : 171/270

Emmerson Mnangagwa : 50.8%

38

1

01.09.18

15.09.18

Mauritanie Dict.S L Union Pour la République (UPR, Aziz) 89 / 157 5

PR 10

2-3.09.18 Rwanda Dict.S L FPR et 5 partis dans coalition : 40 / 53 24
21.09.19 eSwatini Dict.S L: pseudo Election non-partisane PR 32
07.10.18 Cameroun Dict.S P Paul Biya 71,28% 36
07.10.18 Sao Tomé-et-Principe Démo L Alternance et cohabitation après alliance Parti de la convergence démocratique (PCD, Delfim Neves) et MLSTP-PSD 28 / 55 = PCD 5 + MLSTP-PSD 23 0
06.10.18

27.10.18

Gabon Dict.S L Boycott. Parti démocratique gabonais (PDG) 51

PR 9

07.11.18

19.12.18

Madagascar Démo P Alternance: Andry Rajoelina (Tanora Gasy Vonona (TGV/MAPAR) 55,66% 0
20.12.18 Togo Dict.S L Boycott. Unir (Faure Gnassingbé) 49
30.12.18 RDC Dict.S P+L Alternance factice PR Félix Tshisekedi

Pseudo-Cohabitation avec FCC (PPRD)

16(17JK)

PR 0

Bilan de l’année électorale 2018 : présidentielles et législatives par type de régime

 

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Président ou parti victorieux Durée

pouvoir

Démocraties : 3 présidentielles + 2 législatives + 1 chef exécutif par parlement

15.02.18 Afrique du sud Démo PparParl. Cyril Ramaphosa (ANC) élu suite à démission Jacob Zuma 0
07.03.18

27.03.18

Sierra Leone Démo P+L Alternance Assemblée et PR dans même parti : cohabitation

All People’s Congress (APC) 68/132

Julius Maada Bio (SLPP) 51,81%

0

PR 0

29.07.18 Mali Démo P Ibrahim Boubacar Keïta 67,16% 5
07.10.18 Sao Tomé-et-Principe Démo L Alternance Assemblée et cohabitation après alliance Parti de la convergence démocratique (PCD, Delfim Neves) et MLSTP-PSD 28 / 55 = PCD 5 + MLSTP-PSD 23 0
07.11.18

19.12.18

Madagascar Démo P Alternance: Andry Rajoelina (Tanora Gasy Vonona (TGV/MAPAR) 55,66% 0

TCII : 0 présidentielles + 0 législatives (0 chef exécutif par parlement)

Dictatures stables : 4 présidentielles + 8 législatives (0 chef exécutif par parlement)

23.02.18 Djibouti Dict.S L Boycott. Rassemblement populaire pour le Progrès (RPP, Guelleh) 39

PR 19

26.03.18 Egypte Dict.S P Abdel Fattah al-Sissi : 97,08% 4
30.07.18 Zimbabwe Dict.S P+L Zanu-PF : 171/270

Emmerson Mnangagwa : 50.8%

38

1

01.09.18

15.09.18

Mauritanie Dict.S L Union Pour la République (UPR, Aziz) 89 / 157 5

PR 10

02.09.18

03.09.18

Rwanda Dict.S L FPR et 5 partis dans coalition : 40 / 53 24
21.09.19 eSwatini Dict.S L: pseudo Election non-partisane PR 32
07.10.18 Cameroun Dict.S P Paul Biya 71,28% 36
06.10.18

27.10.18

Gabon Dict.S L Boycott. Parti démocratique gabonais (PDG) 51

PR 9

20.12.18 Togo Dict.S L Boycott. Unir (Faure Gnassingbé) 49
30.12.18 RDC Dict.S P+L Alternance factice PR Félix Tshisekedi

Pseudo-Cohabitation avec FCC (PPRD)

16(17JK)

PR 0

 

Bilan de la qualité des processus électoraux en 2018 selon le type de régime

NB : « Mascarade » signifie « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats ».

Pays Présidentielles
Type régime en 2017 Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures stables Egypte

Zimbabwe

Cameroun

RDC

TCII
Démocraties Afrique du Sud (P)

Sierra Leone

Mali*

Madagascar

Totaux 4 0 0 2 2

* Mali : contestations avec exagérations, P : par parlement

Total : 8 dont 1 par parlement

 

Pays Législatives
Type régime en 2017 Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures stables Mauritanie

Zimbabwe

 

Djibouti (B)

Rwanda

eSwatini (non-P)

Gabon (B)

Togo (B)

RDC

TCII
Démocraties Sierra Leone

Sao Tomé-et-Ppe

Totaux 2 0 0 2 6

B = boycott, Non-P = non partisan

Total : 10

 

Bilan 2018 de la qualité des processus électoraux

Présidentielles Législatives Total
Correctes 3+1* 2 5+1*
Douteuses 0 0 0
Mascarades en TCII 0 0 0
Mascarades 2 2 4
Mascarades ≥ 10 ans 2 6 8
8 10 18

* : élection président par le parlement

 

Pays Présidentielles Législatives Totaux
Type régime en 2016 Cor Dout Masc.

En TCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc.

enTCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout. Masc. Total
Dictatures S. 2 2 2 6 12 12
TCII  
Démocraties 4 2 6 6
Totaux 4 2 2 2 2 6 6   12 18

 

Evolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2019 (prévision pour 2019)

Total Mascarade Douteuses Correctes
1990-2015 499 260 19 220
2016 24 8 2 14
1990-2016 523 268 21 234
2017 17 6 1 10
1990-2017 540 274 22 244
2018 18 12 0 6
1990-2018 558 286 22 250

 

Trois alternances ont eu lieu dans les 5 élections en démocratie, provoquant également deux débuts de cohabitations, en Sierra Leone et en Sao Tomé-et-Principe. L’alternance de président à Madagascar rappelle que depuis 1990, ce pays associe paradoxalement une assez forte instabilité de gouvernement et des processus électoraux d’assez bonne qualité, un cas exceptionnel qui n’a rien à voir avec les élections en dictature. L’alternance de président simulée de la RDC n’est considéré comme une vraie ‘alternance’ que pas des responsables internationaux intéressés par autre chose que la démocratie en RDC. Le président choisi par le système n’aura que très peu de marge de manœuvre par rapport à ce système auquel il est maintenant redevable.

 

Concernant les processus électoraux, 2016 avait une année de fortes tensions dans les dictatures (Ouganda, Congo Brazzaville, Djibouti, Guinée Equatoriale, Tchad et Gabon) et 2017 a été ensuite une année d’accalmie. En 2018, la tension est surtout remontée en raison de la présidentielle au Cameroun, des élections en RDC et dans une moindre mesure au Zimbabwe, et en amont des législatives boycottées au Togo. A Djibouti et au Gabon, les législatives boycottées ne correspondent à rien. Dans ces 2 pays, la population considère qu’il ne s’est rien passé parce que les élections n’avaient aucun sens. Au Rwanda, il ne s’est pas passé grand-chose non plus dans une situation de parti unique de fait. Au Togo, la lutte a été dure, a impliqué la population et finalement Faure Gnassingbé a réussi à obtenir le boycott qu’il espérait, grâce au soutien de la Cedeao et aux difficultés des opposants.

 

L’année 2018 est une année normale de domination des régimes non-démocratiques en Afrique. Leur influence va au-delà de ce que laisse supposer leur nombre, que ce soit 20 en 2017 ou 24 en 2018. Ils occupent le débat, des sièges à l’Onu ou à l’Ua, tentent de s’imposer dans les négociations avec l’Ue sur un nouvel accord Acp-Ue, et mettent la priorité sur la casse de la politique européenne de soutien à la démocratie en Afrique.

 

2.2 Prévisions de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes

 

La qualité des processus électoraux sur un an est presque globalement prévisible l’année précédente ou en début d’année en fonction du classement par type de régime, en particulier en raison de la prédictibilité des élections en dictatures stables consubstantielles du type de régime.

 

La règle des élections en dictature est la suivante (rappel des études précédentes)[4] : « Il n’y a pas en dictature d’élection présidentielle ou d’élections législatives correctes ou même douteuses sans une transition vers la démocratie préalable. D’une part, il n’y a pas d’élection perdue par le chef d’Etat sortant ou le parti au pouvoir en dictature stable, sauf rares exceptions. D’autre part, il n’y a pas d’élections gagnées par un chef d’Etat sortant ou son parti en dictature stable sans détournement du processus électoral en amont ou fraudes massives le jour du vote. L’absence de processus électoraux corrects définit la dictature. Si une élection correcte était organisée, le régime tomberait. Dans les cas où le résultat n’est pas inversé à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats officiels, et où une majorité de votants a voté pour le président sortant ou son parti, le processus électoral a été détourné des règles de la démocratie en amont selon de multiples modalités disponibles. »

Cette règle correspond à l’observation de la qualité des processus électoraux selon la nature des régimes :

Type régime Processus électoraux

corrects

Processus électoraux

douteux

Processus électoraux

détournés et sans valeur (mascarades)

Dictatures stables Rares exceptions Aucune Toutes les élections

sauf les rares exceptions

TCII Nombreux cas Quelques cas Nombreux cas
Démocraties Grande majorité des cas Quelques cas Cas très peu nombreux

 

Au niveau calendrier 2018, s’est ajoutée uniquement une élection non prévue en janvier 2018 :

  • 15 février 2018 : Afrique du Sud : élection président par parlement après la démission de Jacob Zuma.

En outre 5 élections ont été reportés de 2018 à 2019

  • Législatives Guinée Bissau
  • Législatives Guinée Conakry
  • Législatives Madagascar
  • Législatives Cameroun
  • Législatives Tchad

Et 2 élections ont été reportées en 2022 :

  • Législatives et présidentielles Sud Soudan

Ont donc été reportées 6 législatives et 1 présidentielle. Les législatives au Togo auraient pu être reportées et ont été imposées de force dans le calendrier malgré le boycott majoritaire.

 

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
Prév° 3 6 9 5 10 15 8 16 24
Réel 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*

* : Election chef de l’Etat par le parlement

** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

Entre janvier 2018 et janvier 2019, les classements des types de régimes ont changé ce qui fait que seuls les totaux correspondent.

 

Comparaison entre prévisions de l’étude du 14.1.18 ‘bilan 2017 et perspectives 2018’ et la réalité :

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Prévision du type de processus électoral en janvier 2018 (selon type de régime) Durée

pouvoir

Réalité

/prévision

23.02.18 Djibouti Dict.S L Détourné en amont (+ boycott ?) 19 ans oui
07.03.18 Sierra Leone Démo P + L Corrects + application limite 2×5 ans 10 ans oui
24-26.03.18 Egypte Dict.S P Détourné en amont (+ boycott ?) 4 ans oui
Avril 18 ? Gabon Dict.S L Détourné en amont (+ boycott ?) ou exception à règle Dict.S suite conflit sur inversion du résultat présidentielle 9 ans Amont

+boycott

Mai 18 Guinée Bissau TCII L (pas de prévision)  – reportée
Juillet ? Togo Dict.S

ou TCII 18 ?

L Détourné en amont ou exception à la règle Dict.S après lutte politique 17-18 13 ans Amont

+boycott

Juillet-août ? Zimbabwe Dict.S

ou TCII 18?

P + L Détourné en amont ou exception à la règle Dict.S après chute Mugabe Zanu-PF

38 ans

Amont

 

Juillet-août ? Mali Démo P Correct (ou douteux ?) 5 ans oui
Septembre ? Guinée C TCII L Correct (ou douteux ?) 8 ans reportée
Septembre ? Rwanda Dict.S L Détourné en amont 24 ans oui
Septembre ? Swaziland Dict.S L Détourné en amont (sans partis) 32 ans oui
Sept-oct ? Cameroun Dict.S P + L Détournés en amont 36 ans Oui + reportée
Octobre ? Sao Tomé&Ppe Démo L Correct 2 ans oui
Oct-déc Madagascar Démo P + L Corrects ou douteux ? 5 ans Correct

reportée

Novembre ? Mali Démo L Correct 5 ans oui
Nov-déc ? Mauritanie Dict.S L Détourné en amont ? 10 ans oui
23.12.18 RDC TCII P + L Détournés en amont ou douteux ? 17 ans Inversion
2018 Tchad Dict.S L Détourné en amont ou exception à règle DS suite inversion présidentielle 28 ans reportée
2018, 2019 ? Sud Soudan TCII P + L Détourné en amont ? 8 ans reportée

Les écarts entre les prévisions – fonction de la règle des élections en dictature – et la réalité se situent, d’une part, dans 2 cas ou 2 hypothèses étaient envisagées, les législatives au Gabon et les élections au Zimbabwe. Au Gabon, il y avait un fort conflit datant de l’inversion de 2016 et donc un fort rejet du pouvoir par les électeurs, mais Ali Bongo a organisé le processus électoral en poussant les opposants au boycott. La dictature se maintient à un très haut niveau. Au Zimbabwe, les progrès de l’année précédente ont été superficiels au niveau processus électoral, et le parti au pouvoir a contrôlé le processus électoral en amont pour se garantir le résultat. Les écarts entre les prévisions et la réalité se situent, d’autre part, en RDC où un détournement en amont était probable, mais où finalement Joseph Kabila a choisi de réaliser une inversion de résultat en faveur d’un candidat retourné et en imposant par la force des majorités aux législatives et provinciales.

 

Parmi ses écarts dans les prévisions, seules les inversions de RDC ont été une surprise, parce que Joseph Kabila a réellement innové dans les techniques de détournement de processus électoraux. Il n’y eut aucune exception à la règle des élections en dictature, malgré les électorats réduits de certains dictateurs, en particulier au Togo et au Gabon, qui n’ont pu échapper au boycott, et malgré des progrès au niveau Etat de droit dans un pays en transformation en dictature de parti, le Zimbabwe.

 

Sans surprise, en 2018, toutes les élections en dictature stable ont correspondu à la règle Les processus électoraux des 12 élections dans les pays classés au préalable en dictature stable ont été détournés et n’ont pas eu de valeur démocratique : Djibouti (boycott), Mauritanie, Zimbabwe, Rwanda, eSwatini (non-partisan), Gabon (boycott), Togo (boycott), RDC. Le tableau de 2017 corrigé en février 2019, ci-dessous reste valable :

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie v2.19

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 8+3* 12 20+3* 3 4 7 11+3* 16 27+3*
2020 4 5 9 6 4 10 10 9 19
2021 6+1* 5 11+1* 4 3 7 10+1* 8 18+1*
2022 2+1* 5 7+1* 2+1* 5 7+1* 4+2* 10 14+2*
Total 26+8* 35 61+8* 20+2* 28 48+2* 46+10* 63 109+10*

* : Election chef de l’Etat par le parlement ** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

2.3 Alternances en 2018 et noyau dur des dictatures sans alternance

 

Il y a eu 2 vraies alternances de présidents en 2018, toutes les 2 en démocratie : en Sierra Leone (2e depuis 1990) où Julius Maada Bio (SLPP) est arrivé au pouvoir en cohabitation et à Madagascar Andry Rajoelina (TGV/MAPAR) (5e depuis 1990), et une fausse alternance de président en RDC, par désignation par le président au pouvoir d’un successeur en inversant le résultat de la présidentielle.

 

En dehors des élections, en Ethiopie, Abiy Ahmed a été nommé Premier ministre par la coalition EPRDF et favorise maintenant une certaine démocratisation de ce pays connaissant un parti unique de fait. Dans deux démocraties, au Botswana, le vice-président Mokgweetsi Masisi (3e) a été investi président, en attendant les élections en 2019. Entre élection et nomination, en Afrique du Sud, le président de l’ANC, Cyril Ramaphosa a été élu président par le parlement (4e).

 

Il y a eu aussi 2 alternances de partis au gouvernement, toutes les 2 en démocratie, en Sierra Léone et à Sao Tomé-et-Principe.

 

Les alternances électorales ont été possibles uniquement dans les démocraties. Le nombre de pays en transition vers la démocratie ou en instabilité suite à une guerre diminue où les alternances sont aussi accessibles diminue.

 

Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de président dans une élection depuis 1990 a baissé de 21 à 20, en comptant la fausse première alternance de RDC. Le nombre de pays qui n’ont pas connu d’alternance de parti au gouvernement depuis 1990 est resté stable à 26. Le nombre de pays ayant vécu une alternance complète de président et de parti de gouvernement est resté à 30.

 

Une nouvelle fois, aucun ancien parti unique des années 80 n’a perdu le pouvoir et au contraire, un de ces partis est revenu grâce à une alliance à Sao Tomé-et-Principe. 14 ex partis uniques sont au pouvoir depuis 1990 et 4 sont revenus au pouvoir, contre 3 en 2017.  (cf graphe suivant)

 

Comparaison du nombre de pays sans alternance depuis 1990, gouverné par ancien parti unique, en dictature

Du point de vue des alternances, la démocratie n’a pas gagné de nouveau pays en 2018. Le nombre de dictatures (24) se rapproche du nombre de pays sans alternance de parti au pouvoir (26) ou sans alternance complète (26).

 

Le critère de la quantité de population en fonction des dates d’arrivée des chefs de l’Etat constitue le seul paramètre positif de l’année 2018, à cause surtout de la RDC même si Joseph Kabila reste là et de l’Ethiopie.

 

Si cette évolution positive est jugée trop favorablement sans tenir compte des conditions d’arrivée au pouvoir dans beaucoup de cas non-démocratiques, l’effet sera de favoriser volontairement ou non l’installation des dictatures de partis politiques. Les changements de chef d’Etat sans changement de parti au pouvoir se multiplient : 3 cas en démocratie, l’Afrique du sud et le Botswana, dont un cas de changement de président et de parti de président aboutissant à une cohabitation, un cas en dictature, la RDC, un cas en évolution de dictature vers un régime intermédiaire conservant son parti unique de fait, l’Ethiopie.

 

Dictatures stables TCII Démocraties Total
19 ex-colonies Fr

(sans Maroc)

Madagascar 1
19 ex-colonies Uk

(sans Swaziland)

Sierra Leone

Botswana

Afrique du sud

3
14 autres pays

(sans Libye)

RDC (Be) Ethiopie (It)
Total 1 1 4 6

 

De ce point de vue, il y a un paradoxe, les législatives continuent de moins attirer l’attention que les présidentielles, alors que le poids des partis majoritaires dans les parlement augmente dans le système de gouvernement. Le mépris international pour les législatives, très visible début 2019 en RDC, cache une réalité plus complexe, malheureusement peu favorable à la démocratie. Le rôle des parlements aurait besoin d’être renforcé pour renforcer la démocratie, à condition que les législatives soient réellement démocratiques, et pour éviter une diffusion du fonctionnement dictatorial dans un nombre de plus en plus grand d’acteurs.

 

Type d’arrivée au pouvoir des chefs d’Etat en dictature stable présents en 2018 année par année

22 chefs d’Etat, 23 arrivées

Les chefs d’Etat ou chef de l’exécutif sont de plus en plus souvent des profils sélectionnés dans le système de gouvernement. Les transmissions familiales sont rares. C’est surtout la conséquence du vieillissement de la génération des chefs d’Etats des années 90, la disparition des coups d’Etat, la diminution du nombre de guerres, le changement de nature des guerres, celle-ci étant de plus en plus des guerres liées au djihadisme, et de moins en moins des guerres liées à la présence des dictatures. Cette évolution vers des nominations souvent d’anciens ministres dans une continuité du système politique en place, favorise également les transformations en dictature de parti politique, en l’absence de liberté politique et de processus électoraux réellement démocratiques.

 

Noyau dur des 10 dictatures en Afrique sans alternance depuis 1990 (10 stables)

Cumul des années sans alternance de président (et famille) et de parti au pouvoir fin 2018

Après la sortie de 3 pays en 2017, la Gambie, l’Angola et le Zimbabwe, le noyau dur des dictatures accumulant le plus d’années sans alternance cumulées au parlement et à la tête de l’exécutif, a perdu son 11e élément, la RDC, d’une manière trompeuse, puisque Joseph Kabila conserve beaucoup du pouvoir et garde la possibilité de manœuvrer pour revenir. En considérant les temps de pouvoir dans une même famille au Gabon, au Togo, et à Djibouti, le poids des ex-colonies françaises continue d’augmenter dans ce noyau dur : les 5 ex-colonies françaises sont toujours en tête au niveau cumul des années sans alternance à la présidence et au parlement.

2.4 Elections en dictature : paroxysme des inversions de résultats de présidentielles

 

Les inversions de résultats de présidentielles à la compilation des procès-verbaux et la publication des résultats officiels reviennent en force grâce à Joseph Kabila qui innove en criminalité électorale en inventant l’inversion en faveur d’un opposant retourné juste avant le scrutin. Le paroxysme au niveau crime électoral mais aussi un niveau inversion provient de la concomitance avec les inversions de majorité des législatives et provinciales. Félix Tshisekedi est prisonnier de celui qui l’a placé au pouvoir parce que les résultats des législatives sont totalement inventés par la Ceni et l’oblige à accepter des ministres du clan de Kabila qui le contrôleront comme il contrôleront la société entière en continuant probablement d’empêcher la construction de l’Etat de droit.

 

En dehors de ce paroxysme congolais, un immense feuilleton depuis 3 ans, qui a coûté beaucoup d’énergie à beaucoup de monde, les autres élections en dictature ont été plus classiques. Maurice Kamto a accusé Paul Biya d’avoir inversé le résultat mais n’a jamais fourni d’éléments suffisants pour le démontrer. Dans le doute, il semble qu’il y ait eu une confusion avec un détournement de processus électoral en amont plus habituel. L’élection présidentielle égyptienne était à sa manière aussi paroxystique au point qu’elle n’a pas provoqué de commentaires, tant il était visible qu’elle n’avait aucun rapport avec une vraie élection. La dernière présidentielle en dictature, au Zimbabwe a été plus ambivalente : la structure du parti au pouvoir et de l’armée a garanti la possibilité d’un détournement du processus à certains niveaux tout en laissant la possibilité à l’opposition de se renforcer.

 

Malgré les présidentielles dans 4 pays en RDC, au Cameroun, au Zimbabwe et en Egypte, côté dictature, l’année 2018 a été marqué par les législatives, deux fois plus nombreuses. Parmi les 8 législatives, une était une fausse élection non partisane, en eSwatini (Swaziland), trois ont été boycottées, à Djibouti, au Gabon et au Togo, trois autres ont été détournées en amont, l’une radicalement au Rwanda, l’autre d’une manière beaucoup moins nette en Mauritanie, et de manière plus complexes au Zimbabwe. En RDC, la Ceni s’est servi des législatives pour montrer aux vainqueurs des élections que le rapport de force était en réalité entre l’armée et le peuple. L’inversion de majorité au parlement sans compilation des procès-verbaux montrait au peuple et aux diplomates que Joseph Kabila s’appuyant sur l’armée n’était pas disposé à entendre d’autres résultats que ceux qu’il avait inventé.

 

2.5 Evolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2018

 

Avec 10 législatives et 8 présidentielles (dont une par une parlement), l’année 2018 contenait un nombre assez faible de scrutins. 12 sur 18 se sont déroulés en dictatures stables.

 

Synthèse évolution de la qualité des processus électoraux de 1990 à 2018, présidentielles et législatives ensemble, 558 élections incluant 42 élections du président ou 1er ministre par le parlement

 

Il continue de se constater la diminution du nombre d’élections dans des pays en Transition vers la démocratie, dans des situations complexes, des régimes intermédiaires ou indéterminés (TCII).

 

De 1990 à 2018, 257 présidentielles et législatives sur 558 (245 sur 540 fin 2017, 239 sur 523 fin 2016, 231 sur 499 fin 2015) ont été organisées dans des dictatures stables. Seulement 175 scrutins sur 558 ont été organisés dans des démocraties bien installées (169 sur 540 fin 2017, 164 sur 523 fin 2016, 152 sur 499 fin 2015). Les 126 derniers l’ont été dans des contextes intermédiaires et complexes ou des transitions de la dictature vers la démocratie (TCII). Quasiment tous les processus électoraux détournés ou au résultat inversé (mascarade) sont advenus en dictature, 246 sur 286 (234 sur 274 fin 2017, 228 sur 268 fin 2016, 220 sur 260 fin 2015). 164 processus électoraux corrects sur 250 sont advenus en régime de démocratie (158 sur 244 fin 2017, 153 sur 234 fin 2016, 143 sur 220 fin 2015).

 

Comme cela était prévisible après que la MOE-UE du Gabon ait constaté l’inversion de résultat, les MOE-UE se sont concentrées sur des élections sans dictateur sortant qui auraient rendu inutile cette MOE-UE en la mettant en position pour être instrumentalisée. En 2018, en démocratie, les MOE-UE ont facilité les élections municipales en Tunisie, et la présidentielle à Madagascar. Plus difficilement, en dictature, elles ont accompagné les élections au Zimbabwe, sans pouvoir agir contre les méthodes de détournement en amont. L’abandon des sanctions selon l’accord de Cotonou à la suite de l’observation de 2016 au Gabon montre une vraie inflexion de la politique européenne, un recul très net dans la volonté politique d’accompagner la démocratisation de l’Afrique, qui est relativement conforme à la position française dans ses relations fortes avec les dictatures de son ancien empire.

 

 

Processus électoraux en dictature stable et en régime ‘Transition démocratique, complexe, intermédiaire et indéterminé’ (TCII) de 1990 à 2017

Après une accalmie en 2017, les élections non-démocratiques repartent à la hausse et 12 occurrences constituent un pic en dictature stable qui n’avait pas été atteint depuis 2010. La « passivité, l’indifférence, l’inefficacité et/ou l’hypocrisie des acteurs internationaux, qui étaient apparues au grand jour[5] au premier semestre 2016 lors des 3 premières inversions de résultats de présidentielles au Congo Brazzaville, au Tchad et à Djibouti », se confirment. Mais la tendance qui s’accentue est dans le transfert de la gestion de crise vers l’Union africaine et les institutions régionales. L’application des principes de subsidiarité et de complémentarité, si elles diminue les accusations d’ingérences, casse le soutien à la démocratie, en raison du trop grand nombre d’acteurs africains refusant la démocratie et le libre choix des dirigeants.

 

 

3.     Perspectives 2019 : pic électoral (30) et record de démocratie depuis 1990

3.1 Calendrier : 2019 année exceptionnelle pour la démocratie en Afrique

 

L’année 2019 va égaliser le maximum depuis 1990 de nombre d’élections de 2011 : 30. Après une année 2018 marquée par la domination des élections dans des régimes démocratiques, le hasard du calendrier électoral fera de l’année 2019 une année exceptionnelle pour la démocratie. 23 élections sont prévues hors dictatures et seulement 7 en dictatures. La démocratie devrait atteindre son record, entre 28 et 30 plus vraisemblablement. L’année sera aussi marquée par des nombres records de 11 présidentielles et 12 législatives hors dictatures.

 

Résumé 2019 : présidentielles et législatives

30 élections :

  • 14 présidentielles dont 3 par parlement
  • 16 législatives
  • 23 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 7 processus électoraux dans un cadre non-démocratique (en gras ci-dessous)

 

Liste des 16 législatives, 11 présidentielles et 3 élections de président par parlement :

16 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars)

16 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars)

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars)

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (report du 18 novembre 2018)

24 mars 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Union des Comores et Gouverneurs des Iles (avancée de 2021)

18 avril 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril)

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril) (Démo>Tcii en 2018)

28 avril 2019 : législatives Somaliland

2019 : législatives Mali (avril ?, tous 5 ans : novembre 2018)

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud et élection du président par le parlement

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai)

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai)

27 mai 2019 : législatives Madagascar (reportées de tous 5 ans : oct-déc 2018)

Mai 2019 ?? : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015)

Juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin) (limite 2x5ans atteinte pour Aziz)

Septembre 2019 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018)

2019 : législatives Guinée (tous 5 ans : septembre 2018) (Echec Transition (Tcii) > Dictature en 2018)

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre)

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre)

Octobre 2019 : législatives Botswana et élection président par parlement (tous 5 ans : octobre)

Novembre 2019 ? : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Novembre 2019 ? : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Entre 6 octobre et 1er décembre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc ?)

Entre 3 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, 2 tours)

2019 : législatives Ile Maurice et élection 1er ministre par le parlement (tous 5 ans, décembre ?)

Dates incertaines :

2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous les 5 ans : avril ?, reportée après législatives de mars) (Tcii)

2019 : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018) (Tcii)

 

Présidentielles Législatives Total
Processus électoraux démocratiques (**) 11 12 23
Processus électoraux en régime non-démocratique 3 4 7
Total 14 16 30
  • ** : Y compris dans des pays en régime instable, suite de guerre, transition réelle vers la démocratie (en Tcii).

 

 

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 12.1.19

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[6]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 8+3* 12 20+3* 3 4 7 11+3* 16 27+3*
2020 4 5 9 6 4 10 10 9 19
2021 6+1* 5 11+1* 4 3 7 10+1* 8 18+1*
2022 2+1* 5 7+1* 2+1* 5 7+1* 4+2* 10 14+2*
Total 26+8* 35 61+8* 20+2* 28 48+2* 46+10* 63 109+10*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement
  • ** : Y compris dans pays en régime instable, en suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

Evolution de la nature du régime perceptible en 2018 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.S Guinée L 2019

P 2020

TCII>Dict.S RDC P+L 2018 idem (restées en gras)
TCII>Dict.S Maroc L 2021
Dict.S>TCII Ethiopie L 2020

 

Les prévisions dans les pays où la nature des régimes vient d’évoluer sont plus sensibles. En Guinée Conakry, les législatives de 2019 et la présidentielle de 2020 vont confirmer ou non une stabilisation d’un régime non-démocratique. Le processus est sans doute encore réversible et une dictatorisation durable évitable, en raison de la limite de 2 mandats de la constitution et de l’équilibre électoral entre parti au pouvoir et opposition. Au Maroc, les législatives impactent peu la nature du régime dominé par le roi, mais les élections de 2021 seront dénaturées par le climat de répression des libertés.

 

En Ethiopie, les législatives de 2020 vont confirmer ou pas une démocratisation réelle, mais l’EPRDF étant un ‘parti unique de fait’ sans aucune concurrence, d’autres signaux de retour vers un multipartisme serait nécessaire, ou les élections pourront reconduire de nouveau à des conflits. En RDC, le pays est bloqué, et les conditions sont réunies pour un pourrissement politique, sans élection crédible avant longtemps en l’absence de changement majeur après les inversions de début 2019.

 

3.2 Prévision de la qualité des processus électoraux en 2019 selon le type de régime en 2018 (et 2019)

Rappel : A partir de la nature des régimes organisateurs des élections et selon le contexte actuel entourant chaque processus électoral, il est possible d’envisager la qualité des différents processus électoraux. Le classement utilisé ci-dessous est celui de l’étude du 27 avril 2017[7], comprenant 5 catégories de processus électoraux en dictature stable étendu aux élections en période TCII et en démocratie avec ajout d’une 6e catégorie concernant uniquement les pays en TCII et en démocratie :

  • processus électoral détourné en amont avec boycott de l’opposition réelle,
  • processus électoral principalement détourné en amont, principale catégorie en dictature stable,
  • processus électoral avec principalement des fraudes massives le jour du vote,
  • processus électoral avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats
  • processus électoral douteux (en TCII et démocratie uniquement)
  • processus électoral corrects (en dictature : rares cas d’exceptions à la règle des élections en dictature).

 

Date Pays Type

Régime

Scrutin

P ou L

Prévision du type de processus électoral[8]

(selon type de régime organisateur)

Réel

/

Prévision

16.02.19 Nigéria Démocratie P+L Correct
24.02.19 Sénégal Démocratie P Correct (malgré actions en amont)
10.03.19 Guinée Bissau TCII L Correct en raison équilibre forces (?)
24.03.19 Comores TCII P Détourné en amont (?)
18.04.19 Algérie Dictature.S P Détourné en amont
28.04.19 Bénin TCII L Détourné en amont (ou correct ?) ?
28.04.19 Somaliland TCII L Correct (sauf 3 partis au maximum)
Avril Mali Démocratie L Correct
08.05.19 Afrique duSud Démocratie L+Pparl Correct
21.05.19 Malawi Démocratie P+L Correct
27.05.19 Madagascar Démocratie L Correct
Mai ? Tchad Dictature.S L Détourné en amont (+JJ+aval)
Juin Mauritanie Dictature.S P Détourné en amont (dauphin)
Septembre Cameroun Dictature.S L Détourné en amont (+JJ+aval)
2019 Guinée C Dictature.S L Inversion de majorité en aval ?  
15.10.19 Mozambique Dictature.S P+L Détourné en amont  
Octobre Botswana Démocratie L+Pparl Correct
Novembre ? Namibie Démocratie P+L Correct
Oct-Déc Tunisie Démocratie P+L Correct
Décembre ? Ile Maurice Démocratie L+Pparl Correct
Dates incertaines :
2e semestre Guinée Bissau TCII P Correct en raison équilibre force (?)
2e semestre Libye TCII P Douteux (Détourné amont/correct ?) ?

 

La qualité du processus électoral est difficile à prévoir dans 2 cas de régimes intermédiaires, complexes ou instables, les législatives au Bénin, entre président prêt à tout et ‘opposition forte et institutions encore solides’, la présidentielle en Libye, pour laquelle trop de paramètres sont encore mouvants. En régime intermédiaire, en cours de dictatorisation, aux Comores les derniers signaux dans l’élimination de candidats et de partis, montre qu’un détournement du processus électoral se prépare.

 

Six scrutins non-démocratiques sur 7 risquent de se succéder autour de l’été, ce qui participera à limiter la mobilisation de contestation. Aucun boycott n’est encore prévisible.

 

Rappel : Les processus électoraux détournés en amont avec ou sans boycott de l’opposition réelle, avec principalement des fraudes massives le jour du vote, et avec inversion d’un résultat réel à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, sont, dans le classement suivant, regroupés sous l’étiquette « mascarade ». « Mascarade » signifie dans cette étude « élection au processus électoral détourné en amont ou détourné le jour du vote ou en amont et le jour du vote, ou avec inversion de résultat à la compilation et/ou à la publication des résultats » et « ≥ 10 ans » signifie « après plus de 10 ans de pouvoir ».

 

Pays Présidentielles
Type régime Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10 ans

Dictatures S. Algérie

Mauritanie

Mozambique

TCII Guinée Bissau Libye Comores
Démocraties Nigéria

Sénégal (malgré amont)

Afrique du Sud (P.Parl)

Malawi

Botswana (P.Parl)

Namibie

Tunisie

Ile Maurice (P.Parl)

Totaux 9 1 1 3

Total : 14 dont 3 par parlement et dont 4 processus électoraux détournés en amont (Comores probable).

 

Pays Législatives
Type régime Correctes Douteuses Mascarade

En TCII

Mascarade Mascarade

≥ 10ans

Dictatures S. Guinée C Cameroun

Tchad

Mozambique

TCII Guinée Bissau

Somaliland

  Bénin (?)
Démocraties Nigéria

Mali

Afrique du Sud

Malawi

Madagascar

Botswana

Namibie

Tunisie

Ile Maurice

Totaux 11 1 1 3

Total : 16 législatives dont 3 et sans doute 4 processus électoraux détournés en amont et un processus électoral peut-être détourné en aval, à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce des résultats, une hypothèse sans certitude pour législatives en Guinée Conakry.

 

Prévision du bilan de la qualité des processus électoraux en 2018

Présidentielles Législatives Total
Correctes 9 11 20
Douteuses 1 0 1
Mascarades en TCII 1 1 2
Mascarades 0 1 1
Mascarades ≥ 10 ans 3 3 6
14 16 30

 

Avec 20 élections correctes sur 30, l’année 2019 pourrait dépasser de 4 élections son dernier maximum du nombre d’élections correctes de 2011.

 

Pays Présidentielles Législatives Totaux
Type régime Cor Dout Masc.

En TCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc.

enTCII

Masc Masc.

≥ 10ans

Cor. Dout Masc Total
Dictatures S. 3 1 3 7 7
TCII 1 1 1 2 1 3 1 2 6
Démocraties 8 9 17 17
Totaux 9 1 1 3 11 1 1 3 20 1 9 30

 

Prévision de l’évolution des totaux depuis 1990 de 2016 à 2019

Total Mascarade Douteuses Correctes
1990-2015 499 260 19 220
2016 24 8 2 14
1990-2016 523 268 21 234
2017 17 6 1 10
1990-2017 540 274 22 244
2018 18 12 0 6
1990-2018 558 286 22 250
2019 30 9 1 20
1990-2019 588 295 23 270

 

3.3 Elections en Afrique en 2019 : concentration des difficultés dans les ex-colonies françaises

 

Après le paroxysme électoral des multiples inversions en janvier 2019 en RDC, le sommet historique de la criminalité électorale en Afrique, la grande quantité d’élections démocratiques va renvoyer en début et en fin d’année 2019 une image positive des élections en Afrique.

 

Les élections non-démocratiques auront lieu essentiellement dans les ex-colonies françaises : a priori dans 7 pays sur 8, en Algérie, Mauritanie, Comores, pour les présidentielles, Cameroun, Tchad, Guinée Conakry et Bénin, pour les législatives. Le seul autre pays sera le Mozambique pour les législatives et la présidentielle. La crise au Bénin lié à la répression de l’opposition, en particulier de l’Union Sociale Libérale (USL) pourrait devenir visible internationalement. En Guinée Conakry, si les législatives se passent mal, l’échec de la transition vers la démocratie depuis 2010 deviendra de plus en plus visible, d’autant plus qu’approche une présidentielle avec une limite de 2 mandats atteinte. La concentration des crimes électoraux et des conflits dans les ex-colonies françaises en 2019 pourrait renforcer la compréhension du retard qui grandit entre Afrique francophone et anglophone au niveau nature des régimes politiques.

 

Les locales vont passer inaperçues bien qu’elles permettent d’enraciner la démocratie et ne sont pas négligeables.

 

La possibilité hors dictatures d’améliorer les processus électoraux, par du soutien technique en amont et des missions d’observation, pourra être encore visible, à Madagascar, au Mali ou même en Tunisie. Surtout, en Guinée Bissau, les élections pourraient permettre de sortir le pays de l’instabilité de gouvernement malgré l’obsolescence constitutionnelle. La mise en place d’élections en Libye est une partie d’un projet plus large de construction-sauvetage de l’Etat.

 

Le dernier pays des 4 inversions de résultats des présidentielles en 2016 devrait enfin arriver à des législatives en 2019, le Tchad. Dans ce pays, l’opposition sort beaucoup moins détruite par l’inversion et les suites de l’inversion, qu’à Djibouti, au Congo Brazzaville et à Djibouti, mais le président au pouvoir depuis 1989 n’est pas prêt à la laisser s’exprimer.

 

La question des limitations du nombre de mandat va continuer de provoquer des conflits. En 2019, le principal sera celui du Soudan. Omar El-Beshir n’est pas assuré de pouvoir changer la constitution pour pouvoir se représenter. En Algérie, la santé d’Abdelaziz Bouteflika démontre d’absurdité de mise à un du compteur au moment du rajout de la limite de mandat en 2016. En Egypte, le pire dictateur d’Afrique du moment n’aura aucune difficulté à faire sauter le verrou. Au Togo, si une limite finira par être remise en 2019, la Cedeao a aidé en 2018 Faure Gnassingbé à s’offrir une assemblée monocolore lors d’une élection boycottée pour pouvoir le faire en mettant son compteur à zéro et pouvoir retenter de détourner le processus électoral de la présidentielle de 2020. En Guinée Conakry, des doutes persistent sur la volonté du président de supprimer la limite. Alassane Ouattara début 2019 a affiché qu’il se sentait en position de force pour imposer une remise à zéro de son compteur avant la présidentielle de 2020. Un dictateur partira en 2019 en raison de la limite, Ould Abdel Aziz, en Mauritanie. Dans ce pays, la question peut devenir celle d’une transformation ou non en dictature de parti politique. La course électorale reste ouverte, même si un détournement en amont est probable en juin 2019.

 

Conclusion

 

En 2018, l’espoir de bascule rapide vers une majorité de démocraties par rapport aux dictatures a disparu. L’année se termine sur le pire. Achevant de désespérer les partisans d’une démocratisation plus rapide, le processus électoral test de la RDC a abouti au pire crime électoral de l’histoire des élections en Afrique.

 

Pourtant, l’année qui débute maintenant devrait être, par le plus grand hasard du calendrier électoral, une année record pour la démocratie en Afrique. Jamais l’Afrique n’aura autant connu d’élections démocratiques que celles qui s’annoncent en 2019. Maintenant, du point de vue politique, il y a bien deux Afriques séparées par une barrière nette, quoiqu’en disent nombre d’hypocrites, de flatteurs et de phraseurs : d’un côté les régimes démocratisés, à une date précise sans aucune contestation possible, et de l’autre, les régimes dictatoriaux dont les histoires des crimes électoraux se rallongent sans cesse.

 

Etrangement cette conjonction positive advient au moment où les faits concernant les modes de gouvernements et les élections montrent que la démocratie recule nettement en Afrique comme elle semble reculer dans le reste du monde. Les faits sont têtus, les statistiques des processus électoraux en Afrique ne s’amélioreront que quand de nouveaux états passeront l’étape de l’installation incontestable de la démocratie sans pouvoir installé se maintenant par la force. L’année électorale 2019 sera aussi exceptionnelle parce qu’elle montrera dans deux tiers des cas une image plutôt contraire à l’évolution sur un cycle électoral complet de 5 ans dans 55 pays.

 

En 2018, les espoirs de progrès de 2017 ont complètement disparu en RDC ou au Togo mais aussi au Zimbabwe. Dans ces pays, des partis politiques et les populations devront continuer de lutter. Au Soudan, également, dans un pays réputé très répressif, la population désespérée a fini par se soulever pour empêcher le président de modifier la constitution. L’avenir du Soudan est maintenant incertain.

 

En 2019, l’Union des Comores pourrait continuer de s’enfoncer dans la dictature au moment de l’élection présidentielle. Des sursauts sont encore possible en 2019 au Bénin ou en Guinée Conakry au moment des législatives, et si ce n’est pas le cas, la dictatorisation continuera. L’Ethiopie attendra 2020 pour confronter sa gouvernance nouvelle avec des élections. Centrafrique, Soudan du Sud et Libye resteront encore longtemps déstabilisés par des conflits et ces pays n’impactent pas le processus de démocratisation continental.

 

Les dictatures qui étaient menacées de perdre leur majorité en nombre, se sont ressaisies. Elles ont fait plus que résister. Profitant de la désorganisation de l’Union africaine (Ua), des principes de subsidiarité et de complémentarité entre Ua, Onu et Ue, ou de la faiblesse de la position européenne dans les négociations d’un nouvel accord ACP-Ue, les dictateurs africains ont en 2018 fortement renforcé leur influence internationale à Bruxelles ou à New-York, rendant possible ce qui n’aurait jamais dû être possible, par exemple, la validation éhontée d’une multiple inversion de résultat à Kinshasa. L’innovation en criminalité électorale dans ce paroxysme s’appuie sur une incompétence jamais atteinte dans l’analyse du processus. Le déni de l’inversion, jusqu’au sommet de certaines tours de New-York, rappelle l’inconscient colonial raciste des pires heures de l’histoire.

 

Les rapports de force entre chefs d’Etat se maintenant au pouvoir par de fausses élections – ‘fake-elections’ serait plus dans l’air du temps – et les populations se durcissent, mais les techniques de maintien de l’ordre s’améliorent. En dehors du Soudan, le rapport de force devient caché, il se crée un potentiel de violence quand s’évite la confrontation. Et l’Afrique continue d’évoluer en dehors de la politique, là où elle n’a pas de sens, avec la politique là où le choix des dirigeants est possible.

 

En toile de fond, la relation entre l’Union européenne et l’Union africaine continue sa transformation. Personne ne peut plus dire si l’Ue croit toujours à son rôle de soutien à la démocratie ou si elle navigue à vue dans une complexité qui la dépasse, faute de consensus en Europe sur les relations avec des pouvoirs non-démocratiques. La position française sur les élections en Afrique ne semble pas bouger, au point de rappeler l’invention des méthodes de fraudes par l’administration coloniale française dans les années 1945-1955. Dans un contexte de recul de la démocratie en Afrique en 2018, la renégociation des accords de Cotonou dont dépend l’utilisation de l’aide européenne à plus long terme, semble mal partie. La multiplication des réunions et la communication tout sourire peuvent-elle aider à endiguer l’influence négative des dirigeants non-démocratiques et orienter ces dirigeants vers plus d’humanité ?

 

Les dictatures issues de la période des partis uniques échappent progressivement à toute influence qu’elle soit ferme ou douce, au point que rien n’empêche plus désormais des candidats victimes des crimes électoraux de finir embastillés comme Jean-Marie Michel Mokoko ou Maurice Kamto[9]. Les ‘victoires’ des dictateurs envoient toujours plus loin vers une impasse. La bascule démocratique continentale s’éloigne dans le temps, mais, l’obsolescence des positions réactionnaires face au progrès que souhaitent les peuples n’est que plus visible. Des choses changent sans que cela se voit, des surprises se préparent dans l’ombre. Entre rationalité supposée de la diplomatie et pourrissement des situations de plus en plus rapide, l’écart est trop grand.

 

Régis Marzin,

Paris, 13 février 2019

 

ANNEXES

A.    Historique 2018 : année électorale

 

Résumé 2018 : présidentielles et législatives

18 élections :

  • 8 présidentielles dont une par parlement
  • 10 législatives
  • 6 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 12 processus électoraux dans un cadre non-démocratique (en gras ci-dessous)

 

Liste des 10 législatives, 7 présidentielles, 1 élection de président par parlement de 2018

15 février 2018 : Afrique du Sud : élection du président par parlement

23 février 2018 : législatives Djibouti 

7 mars 2018 : législatives Sierra Leone

7 et 27 mars 2018 : présidentielle Sierra Leone

24 au 26 mars (et 24 au 26 avril 2018) : présidentielle Egypte

29 juillet 2018 : présidentielle Mali

30 juillet 2018 : législatives Zimbabwe

30 juillet 2018 : présidentielle Zimbabwe

1er et 15 septembre 2018 : législatives Mauritanie

2 et 3 septembre 2018 : législatives Rwanda

21 septembre 2018 : pseudo-législatives Swaziland

7 octobre 2018 : présidentielle Cameroun

7 octobre 2018 : législatives Sao Tomé-et-Principe

6 et 27 octobre 2018 : législatives Gabon

7 novembre et 19 décembre 2018 : présidentielle Madagascar

20 décembre 2018 : législatives Togo

30 décembre 2018 : présidentielle Congo Kinshasa (report de 2016 et 23.12.18)

30 décembre 2018 : législatives Congo Kinshasa (report de 2016 et 23.12.18)

 

Source Historique électoral 2018 au 14.1.18 mis à jour sur :

https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#18

 

4 février 2018 : locales/communales Guinée Conakry (reportées 2015, src, d’avant 30.6.16, src, src12.16, 18.12.16 selon accord12.10.16, src, mars-avril 2017, src4.2.17, désignation chefs de quartier et district au prorata communales, selon opposition Alpha Condé « nomme des militants zélés de son parti, comme chefs de quartier, chefs de district, maires des communes » qui servent pour « fraude » électorale, CellouDaleinDiallo26-5-17, résultats : Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) devance Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), deux principaux vainqueurs, Union des forces républicaines (UFR) en arbitre, contestations dans certaines villes traitées par tribunaux, src1, src2)

 

15 février 2018 : Afrique du Sud : élection par le parlement de Cyril Ramaphosa à la présidence après la démission de Jacob Zuma le 14.2.18 après les menaces de l’ANC de le destituer en raison de plusieurs affaires (scr1, src2)

 

23 février 2018 : législatives Djibouti (mascarade 4*, résultat sans intérêt, procesuss électoral détourné en amont par désorganisation à 100% de l’opposition réelle et création à 100% d’un système d’opposition factice neutralisée, construit autour de 4 statuts légaux, src1, src2, date sourceIPU, source23.2)

 

7 mars 2018 : législatives Sierra Leone (report 4 mois / tous 5 ans : novembre, src, src2, début cohabitation, All People’s Congress (APC) 68/132, Sierra Leone People’s Party (SLPP) 48/132, Coalition for Change 8, NGC 4, Independents 3, Elected Chiefs (traditionnels) 12, 1 inconnu, résultat connu en même temps que présidentielle 1 mois après, CEN6-4.18, avisMOE-UE4.4.18)

 

7 mars 2018 : locales Sierra Leone (Local Council Elections, reportées de novembre 2016 à pas avant la présidentielle de 2018, même jour que présidentielle et législatives du 7 mars, source, source2)

 

24 au 26 mars (et 24 au 26 avril) 2018 : présidentielle Egypte (tous les 4 ans : mai, src, src2), mascarade 4*, sorte de boycott imposé, candidat unique ou presque, 1er tour : Abdel Fattah al-Sissi : 97,08%, participation 41,5%, selon Autorité nationale des élections, src)

 

7 et 27 mars 2018 : présidentielle Sierra Leone (report 4 mois / tous 5 ans : novembre, srce, src2 , limitation de mandat 2×5 ans atteinte pour Ernest Bai Koroma (APC), alternance de président et de parti de président et début cohabitation, 1er tour Julius Maada Bio (Parti du peuple de Sierra Leone, SLPP) 43,3 % = 1,097,482, Samura Kamara (Congrès de tout le peuple, All people’s congress, APC) 42,7% = 1,082,748, Yumkella Kandeh (NGC) 174,014 = 6.9%) Samuel Sam-Sumana (APC) 87,720 = 3,4%,2e tour : Julius Maada Bio (SLPP) 51,81% Samura Kamara (APC) 48,19 %, resultat-5.4.18, source, avisMOE-UE4.4.18)

 

24 mars 2018 : sénatoriales Côte d’Ivoire (date : src, 24mars, Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) 50 / 66 sièges, src)

 

25 mars 2018 : sénatoriales Cameroun (mascarade)

 

27 mars 2018 et 2 avril : Ethiopie désignation du nouveau premier ministre Abiy Ahmed par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), Abiy Ahmed issu de l’Organisation démocratique des peuples oromo (OPDO) un des 4 partis communautaires et régionaux de la coalition EPRDF.

 

1er avril 2018 : Botswana : investiture du nouveau président, Mokgweetsi Masisi, ancien vice-président, limite 2x5ans atteinte pour Ian Khama.

 

12 avril (et 12 mai) 2018 : locales Gambie (sourceIEC, Parti démocratique unifié (UDP, Adama Barrow),  62 sièges / 120, Congrès démocratique de Gambie (GDC) 23, APRC (ex Yahya Jammeh) 18, src, src2)

 

17 mai 2018 : Burundi : référendum constitutionnel (passage à mandats de 7 ans avec remise à zéro du compteur pour que Pierre Nkuruziza puisse faire 5 mandats et reste jusqu’à 2034 (29 ans de pouvoir), srce, sourceMai, src17.5, terreur, intimidation, répression, mascarade, oui 73,2% src)

 

6 mai 2018 : locales/municipales Tunisie (régions s’ajoutent aux départements et aux communes, report du 30 octobre 2016 src, src2, infosavenir, src26.3.17, report du 26.3.17 src25.7.16, src10.1.17, srcNov, srce26.11.17, src17.12.17, dossier, du 17.12.17, src, du 25.3.18, report, src060518, résultats : Ennahda en tête dans 155 communes / 350, 2135 sièges / 7212 = 28,6%, Nidaa Tounes 96+1595 = 22,17%  indépendant-e-s 83+2375  = 32,9%, abstention 64,4%, femmes 44% des élu-e-s, src, src2)

 

29 juillet 2018 : référendum constitutionnel Comores (passage de 1 mandat à 2 mandats de 5 ans maximum, Azali Assoumani peut se maintenir jusqu’en 2029, 3 postes des vice-présidents supprimés + Cour constitutionnelle est dissoute + avancement présidentielle en 2019, src1, src2, src3, mascarade en dictatorisation : accusation de bourrage d’urnes, src, oui : 92,34%, taux participation 62,71% contesté par observateurs de l’EASF (Eastern Africa Standby Force), src)

 

30 juillet 2018 : législatives Zimbabwe (date : src1, victoire Zanu-PF (Emmerson Mnangagwa)145 / 210 contre 63 pour MDC, NPF : 1, indépendant 1, src1, src, + femmes : 26 Zanu-PF + 21 MDC Total 171/270 Zanu-PF, 84 MDC, src, analyseR*E)

 

30 juillet 2018 (et 8 septembre) : présidentielle Zimbabwe (date : src1, date 2nd tour trouvée lors 1er tour, src, détournement de processus électoral en amont : analyseR*E, Emmerson Mnangagwa(ZANU-PF) au 1er tour 50.8% = 2 460 463 voix , Nelson Chamisa (MDC-T) : 44.3% = 2 147 436, scr)

 

30 juillet 2018 : sénatoriales Zimbabwe (victoire Zanu-PF)

 

30 juillet 2018 : locales Zimbabwe (59 districts, tous 5 ans : juillet, pas de traces de résultat au 8.8.18, src)

 

29 juillet et 12 août 2018 : présidentielle Mali (tous les 5 ans : juillet-août, srcdate, src2ndtourconnuelors1ertour, fraudes qui ne change a priori pas le résultat final, contestation sans doute exagérée, ISS, Cocem, 220 000 bulletin nuls, 1er tour : IBK (RPM) 41,70%, Soumaïla Cissé (URD) 17,78%, Aliou Diallo (ADP) 8,03%, Modibo Diarra (RPDM) 7,39%, participation 42,70% src; 2nd tour : Ibrahim Boubacar Keïta 67,16% contre Soumaïla Cissé 32,84%, participation 34,54%, src, MOE-UE :declaration préliminaire14.8)

 

2 au 3 + 4 septembre 2018 : législatives Rwanda (tous les 5 ans : septembre, src, 53 des 80 députés les 2 et 3 + suffrage indirect 24+3 femmes (+jeunesse, personnes handicapées) le 4, détournement en amont, MOE-UA, FPR  et 5 partis dans coalition : 40 / 53  (-1) 74% voix, 3 autres alliés Kagamé : Parti Social-Démocrate (PSD) 5 (-2), Parti Libéral (PL) = autre allié FPR 4, PS Imberakuri 2, unique parti d’opposition : Democratic Green Party of Rwanda (Frank Habineza): 2 (+2), femmes : 67,5% au lieu de 63%, src)

 

1er et 15 septembre 2018 : législatives Mauritanie (tous 5 ans : nov-déc, src1, src2, détournement en amont probable même si une partie population suit Aziz, Union Pour la République (UPR = Majorité Aziz) 89 / 157, participation 46%, src, src2, opposition dite « radicale » : 29 sièges, dont 14 parti islamiste Tawassoul, 10 autres opposition dite « modérée », src3, manquerésultatici29.9)

 

1er et 15 septembre 2018 : locales/municipales Mauritanie (tous 5 ans : nov-déc, src1, src2), Union Pour la République (UPR = Majorité Aziz) 6 communes à Nouakchott sur 9,  Nord-Nouadhibou, Zouerate, Rosso, Boghé, l’Union Pour la Démocratie et le Progrès (UDP) : Kaédi (2e parti majorité), src, UPR (942 conseiller), UDP (292), Tewassoul (106), El Karama (98), Coalition UFP, Hatem, Tewassoul et Adil (79), AND (62), El Wiam (52) … src2)

 

1er et 15 septembre 2018 : régionales Mauritanie (src1, src2, Union Pour la République (UPR = Majorité Aziz) 12 conseils /13, src, UPR (111 conseillers), Tewassoul (26), Coalition Hatem, Tewassoul et UDP (21), UDP (19), Coalition AJD-MR et Tewassoul (5), src2)

 

21 septembre 2018 : pseudo-législatives eSwatini = Swaziland (tous les 5 ans : septembre, src, mascarade !, partis politiques plus ou moins interdits (autorisés en 2005 sans pouvoir participer aux élections, src), Mswati III au pouvoir depuis le 25 Avril 1986, Tinkudla = centre de circonscriptions, boycott PUDEMO, src, src2)

 

22 septembre, refaite 29 septembre 2018 : Nigéria : élection gouverneur Etat d’Osun, (contesté / pression sur électeurs : Gboyega Oyetola, Congrès des progressistes (APC, Buhari) 255 505, Ademola Adeleke, Parti populaire démocratique (PDP) 255 023, 482 de moins, src1, src2, Ademola Adeleke avait gagné le 22.9)

 

7 octobre 2018 : présidentielle Cameroun (tous 7 ans : octobre, Paul Biya 86 ans !, src, détournement processus électoral en amont (à l’aide entre autres de la crise anglophone) + fraudes JJ et à compilation résultats Kamto dénonce ‘1 327 000 voix attribuées frauduleusement à Paul Biya’ (sur 2 521 934) = accusation d’inversion, src1, src2, src3, USA, évêques, UE-SEAE, Fr-MEAE+MEP, RSF, Paul Biya 71,28%, Maurice Kamto (Mouvement pour la renaissance du Cameroun, MRC) 14,23%), Cabral Libii (Univers) 6,28%, Joshua Osih (Social Democratic Front, SDF) 3,35%, Adamou Ndam Njoya (Union démocratique du Cameroun (UDC) 1,73%), Garga Haman Adji Alliance pour la démocratie et le développement, 1,55%, Franklin Afanwi Ndifor (MCNC), 0,67%), Serge Espoir Matomba (PURS) 0,56% et Akere Muna, qui a retiré sa candidature (FPD) 0,35%, inscrits 6 667 754, votants 3 590 681, participation 53,85%, src1, src2)

 

7 octobre 2018 : législatives Sao Tomé-et-Principe (Action démocratique indépendante (ADI) 32 805, 41,81%, 25 / 55, -2., Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe – Parti social-démocrate (MLSTP-PSD) 31 634, 40,32%, 23, -2, Alliance PCD-MDFM-UDD, Parti de convergence démocratique (PCD), Mouvement pour les forces de changement démocratique (MDFM), Union des démocrates pour la citoyenneté et le développement (UDD), 7 451, 9,50%, 5, -2, Mouvement citoyen indépendant de Sao Tomé-et-Principe (MCISTP), 1659, 2,11%, 2, src1, src2, avisUE, 22.11.18 : alternance et cohabitation après alliance opposition : Delfim Neves du Parti de la convergence démocratique (PCD), prend tête Assemblée nationale avec 28 sièges / 55 = PCD 5 + MLSTP-PSD 23 => gouvernement sera issu de la nouvelle Assemblée, src)

 

7 octobre 2018 : locales/municipales et régionales Sao Tomé-et-Principe (avec législatives, tous 4 ans : octobre, avisUE, src)

 

10 octobre 2018 : locales/municipales Mozambique (tous 5 ans : novembre, source, contestation Renamo / Frelimo sur 4 villes, src, UE13.10)

 

13 octobre 2018 : locales/municipales et régionales Côte d’Ivoire (report d’avril 2018, source, retour à avril 2018, src1, src2, boycott, victoire coalition RHDP (RDR Ouattara) qui perd PDCI (Bédié) dans sa coalition, src)

 

6 et 27 octobre 2018 : législatives Gabon (report de tous les 5 ans : décembre 2016, puis de juillet 2017, src, puis d’avril 2017, src, analyse, détournement en amont + boycott lié à inversion résultat 2016)

 

6 et 27 octobre 2018 : locales Gabon (tous les 5 ans : décembre, src, détournement en amont + boycott lié à inversion résultat 2016)

 

7 novembre et 19 décembre 2018 : présidentielle Madagascar (tous 5 ans : sept-oct-déc, srce, 24.11+24.12.18?, src2, 1er tour : Andry Rajoelina 39,23 %, Marc Ravalomanana 35,35 %, Hery Rajaonarimampianina 8,82 %, Andre Mailhol (1,27 %), taux de participation a atteint 53,9 %, src, 2nd tour : Andry Rajoelina (Tanora Gasy Vonona (TGV/MAPAR) 55,66 %, Marc Ravalomanana (TIM) 44,34 % participation 48,09 %, src)

 

20 décembre 2018 : législatives Togo (détournement en amont avec complicité Cedeao + boycott, tous 5 ans : juillet ?, date donnée par CEDEAO le 31.7.18à17’10, src2, résultat sans valeur : Unir 59 / 91, UFC 6, MPDD 3, NET 3, … src)

 

29 décembre 2018 : sénatoriales Algérie (1/2 sénat renouvelé, FLN 29/48, Rassemblement national démocratique (RND) 10, indépendants 4, Front des forces socialistes (FFS) 2, Front al-Moustakbel 2, src, src2)

 

30 décembre 2018 : présidentielle Congo Kinshasa (report du 27 novembre 2016, puis de décembre 2017, src, src13.2.15, calendrier, 29 avril 2018 selon accord 18.10.16 du pseudo dialogue national avec Vital Kamerhe, 12.17 selon accord 31.12.17, src2, src23-12-18, report23>30.12.18, limitation 2×5 ans atteinte pour Joseph Kabila (PPRD), inversion du résultat à la compilation  des procès-verbaux et à l’annonce officielle par la Ceni, avec la complicité de de la Cour constitutionnelle, plus grand scandale de l’histoire électorale africaine, première inversion en faveur d’un faux-opposant retourné au dernier moment, estimation à 1% résultat réel par Cenco : Martin Fayulu (Lamuka) 62,11%, Félix Tshisekedi 16,93%,  Emmanuel Ramazani Shadary (FCC, Kabila)16,88%, autres candidats 4,09%, résultat officiel fictif : Félix Tishekedi absorbé par le système dictatorial de Kabila, alternance fictive, src1, src2)

 

30 décembre 2018 : législatives Congo Kinshasa (report 27.11.16, puis 12.17 : src13.2.15, calendrier, 29.4.18 selon accord 18.10.16 du pseudo dialogue national avec Vital Kamerhe, 12.17 selon accord31.12.17, src2, src23-12-18, report23>30.12.18, aucun résultat vérifiable car aucune compilation, srcTv5monde, RFI, résultat officiel inventé avec majorité inversée, plus grand scandale de l’histoire électorale africaine)

 

30 décembre 2018 : élections provinciales RDCongo (députés provinciaux) (report 25 février 2013, et 2013, source1, report 2014 source2, source3, source13.2.15, source, report du 25 octobre 2015, 12.17 selon accord du 31.12.17, source2, possibilité de report de 3 mois ?, source, report de décembre 2017, source23-12-18, report23>30.12.18, aucun résultat vérifiable car aucune compilation, srcTv5monde, résultat officiel inventé avec majorité inversée)

 

B.    Prévisions 2019 : année électorale (au 12.2.19)

 

Résumé 2019 : présidentielles et législatives

30 élections :

  • 14 présidentielles dont 3 par parlement
  • 16 législatives
  • 23 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 7 processus électoraux dans un cadre non-démocratique (en gras ci-dessous)

 

Liste des 16 législatives, 11 présidentielles, 3 élection de président par parlement

16 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous 4 ans : mars)

16 février 2019 : législatives Nigéria (tous 4 ans : mars)

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars)

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (report du 18 novembre 2018) (Tcii)

24 mars 2019 (1er tour/ 2) : présidentielle Union Comores et Gouverneurs Iles (avancée 2021) (Démo>Tcii 2018)

18 avril 2019 : présidentielle Algérie (tous 5 ans : avril)

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril) (Démo>Tcii en 2018)

28 avril 2019 : législatives Somaliland

2019 : législatives Mali (avril ?, tous 5 ans : novembre 2018)

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud et élection du président par le parlement

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai)

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai)

27 mai 2019 : législatives Madagascar (reportées de tous 5 ans : oct-déc 2018)

Mai 2019 ?? : législatives Tchad (après nombreux reports depuis 2015)

Juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin) (limite 2x5ans atteinte pour Aziz)

Septembre 2019 : législatives Cameroun (report de tous 5 ans : septembre 2018)

2019 : législatives Guinée (tous 5 ans : septembre 2018) (Echec Transition (Tcii) > Dictature en 2018)

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous 5 ans : octobre)

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous 5 ans : octobre)

Octobre 2019 : législatives Botswana et élection président par parlement (tous 5 ans : octobre)

Novembre 2019 ? : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Novembre 2019 ? : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre ?)

Entre 6 octobre et 1er décembre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc ?)

Entre 3 novembre et 29 décembre 2019 : présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, 2 tours)

2019 : législatives Ile Maurice et élection 1er ministre par le parlement (tous 5 ans, décembre ?)

Incertaines :

2019 : présidentielle Guinée Bissau (tous les 5 ans : avril ?, reportée après législatives de mars) (Tcii)

2019 : présidentielle Libye (report 2013, 2015, 2018) (Tcii)

 

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – 12.1.19

NB : Avec RDC en DS en 2018, Guinée en DS en 2019, Ethiopie en TCII en 2020, Maroc en DS en 2021

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[10]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3+1* 2 5+1* 4 8 12 7+1* 10 17+1*
2019 8+3* 12 20+3* 3 4 7 11+3* 16 27+3*
2020 4 5 9 6 4 10 10 9 19
2021 6+1* 5 11+1* 4 3 7 10+1* 8 18+1*
2022 2+1* 5 7+1* 2+1* 5 7+1* 4+2* 10 14+2*
Total 26+8* 35 61+8* 20+2* 28 48+2* 46+10* 63 109+10*

* : Election chef de l’Etat par le parlement

** : Y compris dans pays en régime instable, suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie.

 

Evolution de la nature du régime perceptible en 2018 et changement de catégorie des élections :

TCII>Dict.S Guinée L 2019

P 2020

TCII>Dict.S RDC P+L 2018 idem (restées en gras)
TCII>Dict.S Maroc L 2021
Dict.S>TCII Ethiopie L 2020

 

Agenda électoral 2019 au 12.2.19

qui sera mis à jour régulièrement sur :

https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#18

 

16 février 2019 : présidentielle Nigéria (tous les 4 ans : mars, source16.2.19, authentification biométrique le jour du vote, src, 7e utilisation en Afrique, src)

 

16 février 2019 : législatives Nigéria (tous les 4 ans : mars, source16.2.19, authentification biométrique le jour du vote, src, 7e utilisation en Afrique, src)

 

24 février 2019 (1er tour / 2) : présidentielle Sénégal (tous les 7 ans : février-mars ?, date) (promesse Macky Sall de ramener le mandat à 5 ans sur mandat en cours abandonnée le 16.2.16, source2)

 

2 mars 2019 : élections assemblée des Etats (régionales) et des gouverneurs des Etats Nigéria (avec présidentielle et législatives, tous les 4 ans : avril, source2.3.19, state local assembly = assemblée des Etats et pas locales, malentendus posssible, source)

 

10 mars 2019 : législatives Guinée Bissau (tous 4 ans : avril, reporté de 5.18, srcmai, reportdemai, src18.11, reporté de 18.11.18, src, srcWP, src10.3.19)

 

24 mars 2019 : référendum constitutionnel Burkina Faso (src)

 

24 mars et ? 2019 (2 tours) : présidentielle Union des Comores et Gouverneurs des Iles : avancé de 2021 en 2018, src1, src2, src24.3)

 

18 avril 2019 : présidentielle Algérie (tous les 5 ans : avril, compteur de mandats mis à 1 pour Bouteflika en 2016 à l’ajout d’une limite de 2, src)

 

28 avril 2019 : législatives Bénin (tous 4 ans : avril, src)

 

28 avril 2019: législatives Somaliland  (avec biométrie  par reconnaissance de l’iris, report de 2010, puis 2013 pour être en même temps que présidentielle, puis du 26 juin 2015, puis de décembre 2016  source, source2, source3, biométrie : sourceb1, sourceb2, source27.3.17, source2, report du 27.3.17 en janvier 17 à cause de la sécheresse, source, report2019)

 

28 avril 2019 : municipales/locales Somaliland (source)

 

Avril 2019 : législatives Mali (tous 5 ans : novembre 2018, src, report de 28.10.18+18.11.18 src, puis de 25.11+16.12.18 src)

 

2019 ? : régionales Mali (report régionales du 26.4.14  puis d’octobre 2014, puis du 26 ou 28 avril 2015 pour cause insécurité et impossibilité de réviser liste au Nord, puis du 25 octobre 2015, puis du 25.9.16, puis du 26.11.17 source 1, source 2, source3, source25oct15, sourcereportoct15, source report9.16, source20.11, source26.11.17, source26.12.17, report 26.12.17, source, report d’avril 2018)

 

2019 ? : locales / conseillers de cercles et communales partielles Mali (report29.10.17, source, source, report 26.12.17, source, report d’avril 2018)

 

8 mai 2019 : législatives Afrique du Sud avec élection du président par le parlement (tous 5 ans : mai, src)

 

27 mai 2019 : législatives Madagascar (tous 5 ans : sept-déc 2018, src1, src2), report mars 2019, src)

 

2019 ? : provinciales et régionales Madagascar (territoriales au suffrage universel et non suffrage indirect, source1, source2, report de 2017 ?, source)

 

21 mai 2019 : présidentielle Malawi (tous 5 ans : mai, src)

 

21 mai 2019 : législatives Malawi (tous les 5 ans : mai ?)

 

21 mai 2019 : locales Malawi (tous les 5 ans, avec législatives et présidentielle : mai ?)

2019 Mai ?? : législatives Tchad (tous 4 ans : report de février 2015 à 2016, reporté en janvier 2016 à après la présidentielle, report sans aucun debat par Déby de 2017 à 2019 le 3.2.17, src, src2, src3, src1-2019, src2-2019, 2018-180101, src-nov18, report 11.18, Macron23.12.18)

 

2019 Mai ?? : locales Tchad, (report de 2015 avec 1ere fois biométrie ? reporté en janvier 2016 à après la présidentielle, source, reporté en même temps que législatives le 3.2.17 faute d’argent ?, source, Macron23.12.18)

 

Juin 2019 : présidentielle Mauritanie (tous 5 ans : juin, src) (départ d’Aziz après 2x5ans selon article 28 de 2006 de la constitution de 1991 révisée en 2006)

 

2019 ? : législatives Guinée C (tous 5 ans : septembre 2018, src1, src2)

 

2019 ? : locales Ghana (élections des assemblées de ditsricts et « unit committees », tous les 4 ans : septembre ?)

 

Septembre 2019 : législatives Cameroun (tous 5 ans : septembre 2018?, report à 2019, src1, src2)

 

Septembre 2019 ? : municipales Cameroun (tous 5 ans : septembre ?, reportées de 2018, src)

 

Octobre 2019 : législatives Botswana + confirmation ou non élection préalable président par parlement selon majorité (tous les 5 ans : octobre) (mandats Ian Khama se termine 31 mars 2018, 18 mois avant, si 2 fins de mandats sont séparés depuis 1998 à cause de la démission de Quett Masire en 1998, source, Ifri11.18)

 

Octobre 2019 : locales Botswana (tous 5 ans : octobre)

 

2019 ? : locales/zones-districts-municipales Ethiopie (tous les 5 ans, avril ?, report 2018 à 2019, src)

 

2019 : Ethiopie : élection président (fonction symbolique) élection président par Conseil des représentants des peuples (tous les 6 ans : octobre ?)

 

15 octobre 2019 : présidentielle Mozambique (tous les 5 ans : octobre, src)

 

15 octobre 2019 : législatives Mozambique (tous les 5 ans : octobre, src)

 

15 octobre 2019 : provinciales Mozambique (tous les 5 ans : octobre, src)

 

Novembre 2019 ? : présidentielle Namibie (tous 5 ans : novembre ?, avec machines à voter électroniques, src)

 

Novembre 2019 ? : législatives Namibie (tous 5 ans : novembre ?, avec machines à voter électroniques, src)

 

Entre 6 octobre et 1er décembre 2019 : législatives Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, src, src2)

 

Entre 3 novembre et 29 décembre 2019 (2 tours) : présidentielle Tunisie (tous 5 ans : nov-déc, src1, src2)

 

2019 ? : régionales Tunisie (report 30 octobre 2016 src1, src2, infosavenir, src26.3.17, report 26.3.17 src25.7.16, src10.1.17, src2018?, src, src17.12.17, report 17.12.17, src, src2moisaprès, au moins 2 mois après locales 6.5.18)

 

2019 : législatives Ile Maurice et élection du chef de gouvernement (1er ministre) par le parlement (tous les 5 ans, décembre au plus tard ?)

 

2019 : locales Tanzanie (civic élection for Streets or Villages Chairman’s, tous les 5 ans : décembre ? – élections partielles ont eu lieu le 12.8.18, src, reactionUSA / violences et irrégularités, CP-USA)

 

2019 au plus tard : locales Niger (source10.8.15, report 9.5.16 à 10.7.16, puis report 8.1.17, source, source2, report de 2017 à 2019, source1, source2)

 

2019 ? : locales/régionales, municipales et rurales Sénégal (tous les 5 ans, juin ?, source)

 

* * * Elections incertaines pour 2019, 2020, … * * *

 

2019 ? : présidentielle Guinée Bissau (tous les 5 ans : avril ?, reportée après législatives de mars)

 

2019 ? : présidentielle Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, AccordParis290518), report 10.12.18, src)

 

2019 ? : législatives Libye (report avant 23.10.11+22 mois = juin 2013, report 2015, src, AccordParis290518)

 

2019 ? : locales/municipales Egypte (report de 2016, 2017-2018, pour après présidentielle mai 2018 ?)

 

2019, 2020 ? : locales Togo (report de 2014, 2016, 2017 puis à 2018, avec législatives en juillet 2018 ?, source-juillet2018, source-déc2018, pas de locales depuis 1987 malgré Constitution de 1992, communes dirigées par délégations spéciales nommées par décret présidentiel, exigées par opposition)

 

2019, 2020 … ? : élections locales RDCongo (conseillers communaux, conseillers de secteur et chefferie) (report 2.15, 2.13, et 2013, src1, src2, src3, et 26.05.16+15.06.15+29.08.15, src13.2.15, src, report du 25 octobre 2015, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

2019, 2020 … ? : élections urbaines, communales et locales indirectes RDCongo (conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteur au suffrage indirect, src) (report de ’20.1+7.3.16’, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

2019, 2020 … ? : élections sénatoriales RDCongo en scrutin indirect (élus au second degré par les députés provinciaux) (Report de ’13-17.1.16’, report du 5.6.13, src1, report 2014 src2, src13.2.15, scrutin indirect, de nouveau reportées, src, report au-delà de décembre 2017 selon accord du 31.12.17)

 

 

C.    Rappel : calendrier prévisionnel des élections de l’étude du 14.1.18

 

Résumé 2018 (résumé de l’Annexe B) : présidentielles et législatives

25 élections (sans la Libye) :

  • 8 présidentielles
  • 17 législatives
  • 9 processus électoraux dans un cadre démocratique
  • 16 processus électoraux dans un cadre non-démocratique (en gras ci-dessous)

 

Calendrier des élections en Afrique du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 – Au 14 janvier 2018

Prévision des processus électoraux entre 2017 et 2022 selon la présence ou l’absence de démocratie[11]

Processus électoraux

démocratiques (**)

Processus électoraux

en régime non-démocratique

Total
Présidentielles Législatives Total Présidentielles Législatives Total Prés. Lég. Tot.
2017 3+2* 6 9+2* 1+1* 4 5+1* 4+3* 10 14+3*
2018 3 6 9 5 10 15 8 16 24
2019 7+3* 9 16+3* 3 2 5 10+3* 11 21+3*
2020 5 4 9 5 5 10 10 9 19
2021 6+1* 6 12+1* 4 2 6 10+1* 8 18+1*
2022 2+1* 5 7+1* 1+1* 4 5+1* 3+2* 9 12+2*
Total 26+7* 36 62+7* 19+2* 27 46+2* 45+9* 63 108+9*
  • * : Election du chef de l’Etat (président ou 1er ministre) par le parlement
  • ** : Y compris dans pays en régime instable, en suite de guerre, en transition réelle vers la démocratie (en Tcii).

 

23 février 2018 : législatives Djibouti 

7 mars 2018 : présidentielle Sierra Leone

7 mars 2018 : législatives Sierra Leone

24 au 26 mars et 24 au 26 avril 2018 : présidentielle Egypte

2018 : législatives Gabon (avril ?)

Mai 2018 : législatives Guinée Bissau (tous les 4 ans : avril ?)

2018 : législatives Togo (tous les 5 ans : juillet ?)

2018 : législatives Zimbabwe (tous les 5 ans : juillet ?)

2018 : présidentielle Zimbabwe (tous les 5 ans : juillet ?)

2018 : présidentielle Mali (tous les 5 ans : juillet-août ?)

2018 : législatives Guinée C (tous les 5 ans : septembre ?)

2018 : législatives Rwanda (tous les 5 ans : septembre ?)

2018 : pseudo-législatives Swaziland (tous les 5 ans : septembre ?)

2018 : législatives Cameroun (tous les 5 ans : septembre ?)

2018 : présidentielle Cameroun (tous les 7 ans : octobre ?)

2018 : législatives Sao Tomé-et-Principe (tous les 4 ans : octobre ?)

2018 : législatives Madagascar (tous les 5 ans : oct-déc ?)

2018 : présidentielle Madagascar (tous les 5 ans : oct-déc ?)

2018 : législatives Mali (tous les 5 ans : novembre ?)

2018 : législatives Mauritanie (tous les 5 ans : nov-déc ?)

23 décembre 2017 : présidentielle Congo Kinshasa

23 décembre 2017 : législatives Congo Kinshasa

Très incertaines pour 2018 :

2018 ? : présidentielle Sud Soudan

2018 ? : législatives Sud Soudan

NB : Probablement en 2019 (comptée en 2019) :

2018, 2019 ? : présidentielle Libye (report 2013, 2015)

 

*** Notes de bas de page ***

 

[1] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/#jp-carousel-6201

[2] https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/01/14/democraties-et-dictatures-en-afrique-bilan-2017-et-perspectives-2018/

[3] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/democratisation-de-lafrique-cartes-de-1989-a-2017-extrait-de-letude-du-27-4-17/

[4] R.Marzin, règle : partie 1.2 12.4.18 https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/02/04/les-processus-electoraux-dans-la-democratisation-de-lafrique, partie 6.5.2 30.3.16 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/30/apres-26-ans-de-democratisation-dictature-et-democratie-bientot-a-lequilibre-en-afrique/, Exceptions partie 3.5 27.4.17 : https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083399

[5] https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/07/05/les-elections-sans-democratie-de-mars-et-avril-2016-en-afrique/

[6] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[7] https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/04/27/2016-annee-des-coups-detat-electoraux-en-afrique-et-democratisation-de-lafrique-depuis-1990/#_Toc481083377

[8] Note du 14.1.18 : Quand il y a plusieurs possibilités envisagées, est noté, dans tableau ci-dessous, la plus probable, et, en dictature stable le plus souvent la plus négative, et, en démocratie la plus positive. En TCII, dans cas d’absence prévision, catégorie notée est celle intermédiaire, ‘douteuse’.

[9] 13.2.19 Maurice Kamto inculpé de « rébellion » par un tribunal militaire, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/02/13/cameroun-l-opposant-maurice-kamto-inculpe-de-rebellion-par-un-tribunal-militaire_5422856_3212.html, https://www.jeuneafrique.com/734459/societe/cameroun-lopposant-maurice-kamto-place-en-detention-a-la-prison-de-kondengui/

[10] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

[11] Régis Marzin, 21.11.17,  https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/#3

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