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Togo : censure d’internet après la présidentielle – OMDG France

9 mai 2015

Togo : censure d’internet après la présidentielle

Communiqué de l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance – France

(OMDG France), Paris, le 9 mai 2015.

Lire le communiqué en format PDF

English version below

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En 2015, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a mis exergue, parmi les 10 pays les plus censurés du monde, en Afrique, l’Ethiopie où la compagnie de télécom nationale Ethio Telecom censure régulièrement des sites internet, et l’Erythrée, pays sans aucune élection[1]. En Afrique francophone, très peu de pays ont osé se lancer dans une censure politique par filtrage des adresses des sites, méthode considérée comme associée aux dictatures les plus dures du monde.

C’est pendant la Journée mondiale de la Presse, que l’Etat togolais a demandé à tous les opérateurs télécom du Togo de couper l’accès à des sites de la presse libre et indépendante, en particulier à la société nationale Togo Télécom et à sa filiale Togocel[2]. Quatre jours après le coup de force à la Commission Electorale Nationale Indépendante du mercredi 29 avril, à peu près au moment où le dimanche 3 mai, la Cour constitutionnelle validait des résultats d’un scrutin très contesté, les opérateurs ont coupé les accès depuis le Togo à au moins 13 sites indispensables pour s’informer sur le processus électoral. Depuis la validation des résultats des Procès Verbaux litigieux, sous contrôle militaire, le président sortant ne veut ni manifestations, ni débat sur la manière avec laquelle il a réussi à s’imposer pour un troisième mandat.

Alors que depuis quelques jours, les yeux sont maintenant tournés vers le Burundi, la communication de la dictature togolaise fonctionne à merveille pour imposer internationalement sa version. La mascarade électorale a impliqué des complicités de politiciens africains, que la presse togolaise ne peut interroger. Le président sortant ne veut pas que la presse parle du lien qui l’unit depuis 2005 à Mohamed Ibn Chambas, qui l’avait déjà soutenu lors de son accession sanglante au pouvoir, et qui est venu imposer au nom de l’ONU sa 3e victoire grâce à une élection fraudée. Des fausses informations ont été reprises par des journalistes occidentaux sans que la presse togolaise puisse répliquer. Un silence complice de la diplomatie internationale s’est abattu sur le Togo sans que les journalistes puissent intervenir.

Le site de l’Alliance National pour le Changement du candidat Jean-Pierre Fabre est lui aussi inaccessible. Couper le site internet de son adversaire après une présidentielle est inédit même en Afrique. Couper l’accès aux principaux media indépendants à un moment clé d’une élection est aussi inédit. Techniquement, dans les 20 ex-colonies françaises, il s’agit du premier cas de filtrage des flux sortant http(s) lors d’une élection.

Les rédactions n’ont reçu « aucune notification ni de la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication) ni du gouvernement »[3]. La coupure est hors cadre légal protégeant la presse. Pour l’instant, l’affaire est étouffée par la complexité du processus électoral et les difficultés des démocrates et de la presse pour se faire entendre. Les accès aux sites seront probablement ré-ouverts quand la contestation sera jugée assez désorganisée. Les journalistes togolais resteront dans la peur d’une nouvelle censure.

Les sites censurés connus sont le media du journaliste d’investigation, ancien rédacteur en chef de Tribune d’Afrique, Max Savi Carmel, afrikaexpress.info, le site spécialisé dans la présidentielle, indispensable pour suivre le scrutin, togoelections2015.com, un site de journalistes d’analyse politique, letempstg.com, le site icilome.com, le site de diffusion de vidéos letogovi.com, 3 blogs complémentaires pour comprendre la présidentielle, togoactualite.com, togocity.fr, togosite.com, et 5 autres sites et blogs togoinfos.com, togo-online.co.uk, togovisions.net. ever-togo-diaspora.org, mtn-togo.org, au total 13 sites de media libres indépendants. Dans cette liste figure donc la plupart des sites actifs pour suivre la présidentielle, qui s’exprime entre neutralité et préférence pour l’opposition démocratique.

Alors que la censure des journaux papier est organisée structurellement depuis des années au Nord et au Centre du Togo, la censure d’internet actuelle prive encore plus d’informations les populations de ces régions qui accèdent difficilement à la presse papier indépendante faite à Lomé et très distribuée au Sud, sur ce que pourrait être une élection transparente sans fraudes selon des normes internationales. Ainsi aussi se perpétue le cercle vicieux de la non-information qui permet à la famille Gnassingbé de se maintenir au pouvoir depuis 48 ans.

Le pouvoir togolais améliore ses techniques de répression de la presse : il a arrêté depuis plusieurs années les emprisonnements qui déclenchent les alertes des associations de droits humains internationales pour maintenant affaiblir la presse par des stratégies juridiques et techniques. Dès la coupure, l’association Reporters sans frontières (RSF) a été prévenue. En plus de la défense de la liberté de la presse à un moment clé de l’histoire d’un pays, se joue aussi la compréhension de la valeur actuelle des sites internet africains dans l’équilibre politique africain, de leur rôle indispensable pour la démocratisation du continent, que ce soient les sites les plus professionnels des journalistes d’investigation et d’analyse politique ou que ce soient les nombreux blogs qui fleurissent quand est garantie la liberté d’expression.

Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (OMDG France),

Paris, le 9 mai 2015

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[1] http://qz.com/388248/here-are-the-10-worst-countries-for-journalists-in-2015/

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[2] autre opérateur important : Moov, d’Atlantique Télécom Togo du groupe emiratie Etisalat pour l’internet sur les mobiles.

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[3] http://www.icilome.com/articles/?idnews=805903&t=iciLome-toujours-inaccessible-au-Togo

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Plus d’information sur le processus électoral : Dossier d’analyse de Régis Marzin

Une mascarade électorale de plus ! Une mascarade électorale de trop ? L’injonction paradoxale togolaise

 

 

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Description des media censurés les plus importants :

Censurer ces 8 sites a permis au gouvernement de censurer globalement la presse indépendante sur internet.

afrikaexpress.info
Le site de Max Savi Carmel, dans la suite de Tribune d’Afrique, est le plus important en termes d’investigation. Très affaibli par un harcèlement juridique depuis 2012, allant en 2014 jusqu’à la fermeture de son siège à Lomé, Afrika Express n’a pas pu faire un suivi quotidien de l’actualité électorale, et s’est réservé pour des enquêtes d’investigation poussées qui doivent permettre d’éclaircir la compréhension du processus électoral.

letempstg.com
Le temps Togo est un site récent de journalisme professionnel, avec de bonnes enquêtes quotidiennes. Sur internet, il a sans doute été le média qui le mieux suivi la présidentielle de 2015 avec de nombreux articles sérieux. Au moins deux bons journalistes ont produit des analyses et des enquêtes neutres, K. Agboglati et Joséphine Bawa. Ce site est indispensable pour suivre le processus électoral.

togoelections2015.com
Ce site est un blog qui s’est avéré essentiel pour suivre le processus électoral, comme son nom l’indique. Ce n’est pas un blog de journaliste mais un blog de reprise des articles de tous les media internet togolais, assez exhaustif, donc très utile. Toutes les dépêches et articles d’autres sites sont repris pour ne manquer aucune information. Ce site est donc indispensable.

icilome.com
Ce site est un site de facture professionnelle que l’on dit fait à Paris et à Londres. Sa qualité est très bonne en 2015. La rédaction signe des billets et de vrais articles. Le site reprend aussi des dépêches comme celle d’Afreepress, ce qui fait de lui un site complet et intéressant pour suivre l’actualité togolaise.

letogovi.com
Ce site est réservé à l’actualité du Togo en vidéo, sans textes. C’est une base de données de vidéos souvent reprises par d’autres sites. Cette approche vidéo uniquement en fait un site important. Ce site est assez proche du parti politique ANC.
Les 3 blogs suivants, qui n’ont pas l’air très d’être faits par des journalistes professionnels classiques – à vérifier – ne permettent pas de chacun de bien suivre l’actualité mais permettent de compléter son opinion en lisant des analyses originales et regardant des vidéos. Souvent, les blogs sont nécessaires en grand nombre pour suivre l’information, et ces 3 bons blogs sont donc indispensables en tant que blogs.

togoactualite.com
Ce site existe depuis assez longtemps, au moins depuis 2012. Il reprend des articles de la presse papier comme Liberté, le principal quotidien papier au Togo, les dépêches des agences  de presse comme afreepres, et la rédaction écrit des articles courts. Comme le journal Liberté, il est assez proche de l’ANC et de l’opposition démocratique.

togocity.fr
Ce site web est fait hors du Togo, semble-t-il. C’est un blog militant pour la démocratie. Il y a des petits articles, des reprises de communiqués de presse, des vidéos mises en ligne, des tribunes et lettres de personnalités.

togosite.com
Ce site est aussi un blog militant pour la démocratie, avec aussi des petits articles, des reprises d’articles par exemple de Liberté, de communiqués de presse, des vidéos…

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Autres communiqué sur le même sujet : SOS Journalistes en Danger, 5 mai 2015

http://www.icilome.com/articles/?idnews=806020&t=SOS-Journalistes-en-Danger-denonce-la-censure-des-sites-internet

SOS Journalistes en Danger dénonce la censure des sites internet

5/8/2015 8:27:05 AM

Communiqué

Dans la foulée de la proclamation des résultats de la présidentielle du 25 avril, il a été constaté une perturbation, une coupure générale de l’internet, et ensuite la censure de certains sites critiques vis-à-vis du pouvoir.
Les sites internet icilom.com, togoinfos.com, letogovi.com, togovisions.net, afrikaexpress.info, 27avril.com, mtn-togo.org, togocity.fr, togosite.com, togoactualite.com, eva-togo-diaspora.org, togo-online.co.uk, togoelections2015.com etc., plus d’une dizaine d’organes en ligne sont rendus inaccessibles à partir du Togo, sevrant des milliers d’internautes d’informations.
Outre le cas de ces sites internet, l’accès aux réseaux sociaux, notamment Facebook, Wathsapp,Twitter, You Tube et autres a été perturbé ou rendu impossible par les opérateurs publics les 27, 28, 29 et 30 avril 2015, soit juste avant et après la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle.
A ce jour, si les réseaux sociaux sont devenus accessibles, la plupart des sites internet restent toujours bloqués.

SOS Journalistes en Danger proteste vigoureusement contre cette censure qui touche la liberté d’expression en général et la liberté de presse telle que garantie par l’article 26 de la Constitution togolaise de 1992 : « La liberté de presse est reconnue et garantie par l’Etat. Elle est protégée par la loi. Toute personne a la liberté d’exprimer et de diffuser par parole, écrit ou tous les moyens, ses opinions ou les informations qu’elle détient, dans le respect des limites définies par la loi. La presse ne peut être assujettie à l’autorisation préalable, au cautionnement, à la censure ou à d’autres entraves. L’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice ».
SOS Journalistes en Danger est d’autant plus indignée que cette censure généralisée intervient dans la semaine de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse observée le 3 mai de chaque année.
Elle invite les autorités togolaises à abandonner ces pratiques d’une autre époque qui ramènent le Togo au rang des pays prédateurs de la liberté d’expression et de presse, notamment la Corée du Nord, la Chine et bien d’autres.

SOS Journalistes en Danger invite enfin les autorités togolaises à rendre de nouveau accessibles les sites internet bloqués pour permettre aux citoyens de s’informer, conformément à la loi.
Fait à Lomé le 5 mai 2015

Pour SOS Journaliste en Danger,

Président : Ferdinand Mensah AYITE

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English version

Press Release from the Media Observatory for Democracy and Good Governance (OMDG) – France

Togo : censorship of internet after the presidential election

(OMDG France), Paris, 9 May 2015.

In 2015, the Committee to Protect Journalists (CPJ) has underlined that, among the 10 most censored countries in the world, can be found Ethiopia, whose national telecommunications company Ethio Telecom regularly censors websites, and Eritrea, a country that never holds elections.[1] In Francophone Africa, very few countries have dared to engage in political censorship by filtering the addresses of web sites, a method associated with the harshest dictatorships in the world.

However, on World Press Day, the Togolese government asked all telecom operators in Togo, the national society Togo Télécom in particular, along with its subsidiary Togocel, to cut off access to free and independent online press sites. [2].Four days after the Wednesday April 29 power grab at the Independent National Electoral Commission, at about the time on Sunday 3 May, when the Constitutional Court validated the results of a highly controversial election, the operators blocked access from inside Togo to at least 13 websites that are essential for being kept up to date about the electoral process. Since the validation, under military control, of results contained in contested electoral returns, the outgoing president wants neither demonstrations nor debates on the way in which he imposed himself for a third term in office.

The Togolese dictatorship’s communications strategy has worked wonders for getting its version of events accepted internationally, especially since international attention has become focused over the past few days on Burundi. The electoral farce has involved the collusion of African politicians, which the Togolese press no longer has the right to investigate. The outgoing president does not want the press to speak of the bond that has united him since 2005 to Mohamed Ibn Chambas, who had already supported him during his bloody rise to power, and who this time came, in the name of the UN, to impose his third victory by means of a fraudulent election. False information has been repeated by Western journalists, without the Togolese press having the possibility to reply. International diplomacy has been complicit in the silence that has fallen upon Togo without its journalists being able to intervene.

The National Alliance for Change (ANC) website of the candidate Jean-Pierre Fabre is also inaccessible. Cutting off the website of one’s opponent after a presidential election is unprecedented even in Africa. To cut off access to the main independent media at a key moment of an election is also new. From a technical point of view, this is the first time, in the 20 former French colonies, that outgoing http(s) traffic has been filtered during an election.

The editors of these sites have received « no notification, either from the HAAC (The High Authority for Broadcasting and Communications) or from the Government ». [3] This blocking of online media is totally outside the legal framework that protects the press. For now, this affair is made inaudible by the complexity of the electoral process and the difficulties Democrats and the press have in being heard. Access to the blocked sites will probably be re-established once the opposition is judged to have been sufficiently disorganized.Togolese journalists will then live in fear of new acts of censorship.

The sites known to have been censored are africakexpress.info of Max Savi Carmel, the investigative journalist and former editor of Tribune d’Afrique; Togoelections2015 a media site specializing in monitoring of the presidential elections; letempstg.com a site run by journalists concentrating on political analysis; the icilome.com site, the video broadcasting site letogovi.com; three additional blogs that can help understand the presidential elections: togoactualite.com, togocity.fr, and togosite.com, and five other sites and blogs: togoinfos.com, togo-online.co.uk, togovisions.net. ever-togo-diaspora.org, mtn-togo.org, to make a total 13 free independent media sites. In this list figure most of the sites active in monitoring the presidential elections whose expressed preference was either for neutrality or support of the democratic opposition.

The organized censorship of print journals in North and Central Togo has been a fact of life for years, it is difficult for people living in those regions to get access to the independent news papers printed in Lomé and widely distributed in the south of the country. Current Internet censorship thus adds to the deprivation of the people most in need of information about what a transparent fraud-free election, up to international standards, could look like. The vicious circle of non-information that has allowed the Gnassingbe family to stay in power for 48 years is thus perpetuated.

The Togolese regime has improved its arsenal of press repression: several years ago it halted the imprisonments that triggered alerts from international human rights associations, only to now weaken the press though legal and technical strategies. As soon as the blocking of websites became known Reporters Without Borders (RSF) was alerted. In addition to the defense of freedom of the press at a key moment in the history of a country, what is now at stake is an understanding of the value of African websites to African political balance, and of their indispensable role in the democratization of the continent, whether they be the sites of the most professional investigative journalists and political analysts or the many blogs that bloom when freedom of expression is guaranteed.

Media Observatory for Democracy and Good Governance (OMDG France)

Paris, 9 May 2015

[1] http://qz.com/388248/here-are-the-10-worst-countries-for-journalists-in-2015/

[2] Another important operator for internet on mobile phones is Moov, of Atlantique Télécom Togo, of the Emirati Etisalat group.

[3] http://www.icilome.com/articles/?idnews=805903&t=iciLome-toujours-inaccessible-au-Togo

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More information about the electoral process: Analysis (in French) by Regis Marzin

Une mascarade électorale de plus ! Une mascarade électorale de trop ? L’injonction paradoxale togolaise

Another electoral farce! One electoral farce too many? The Togolese paradoxical requirement.

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 A Presentation of the Most Important media sites that have been censored:

Blocking these eight sites has allowed the government to exercise global censorship of the independent press on the internet.

afrikaexpress.info

Max Savi Carmel’s site, a successor to Tribune d’Afrique (African Tribune), is the most important online source of investigative journalism.Much weakened by legal harassment since 2012, reaching the point in 2014 where its headquarters in Lome was closed down, Afrika Express has not been able to follow the electoral news on a daily basis, and has reserved its strength for in depth investigations which could help to clarify understanding of the electoral process.

letempstg.com

Le Temps Togo (The Togo Times) is a professional journalism site, carrying good daily investigative news. On the internet, it has without doubt been the media outlet that has done the best reporting on the 2015 presidential elections, with many serious articles. At least two good journalists have produced solid analysis and neutral investigations, K. Agboglati and and Josephine Bawa.This site is essential for following the electoral process.

togoelections2015.com

This is a blog which, as its name indicates, has been critical for monitoring the electoral process. It is not a journalists’ blog but one that tracks and disseminates articles from all Togolese internet media. It is fairly exhaustive and therefore very useful. All the dispatches and articles from other sites are picked up so as not to miss any information. This site is therefore essential.

icilome.com

This professionally designed site is said to be run from Paris and London. Its quality is very good in 2015. Th editorial team writes both brief reports and solid articles. The site also contains dispatches such as those from Afreepress, and this makes it an interesting and exhaustive site on which to follow Togolese news.

letogovi.com

This non-text website is solely for video news about Togo. Content from its video database is often picked up by other sites. The video-only approach makes it an important site. This site is fairly close to the ANC political party.

The three blogs underneath do not seem to be run by conventional professional journalists (although this information needs to be fact checked), and thus don’t allow people to follow breaking news, but they are complementary inasmuch as they allow readers to form their own opinions based on original analyses and videos. Often, it is important to have a large number of blogs so that information can be adequately tracked, and these three good blogs are therefore indispensable among their peers.

togoactualite.com

This site has been around for a fairly long time, at least since 2012. It reproduces articles from print newspapers such as Liberté, the main daily paper in Togo, dispatches from news agencies like afreepress, and its staff writes short articles.In the same way as the Liberté newspaper, it is quite close to the ANC and the democratic opposition.

togocity.fr

This website seems to be run from outside Togo. It is an activist blog for democracy. It carries its own short articles, reproduces press releases, online videos, op-ed pieces and letters from well-known people.

togosite.com

This site is also an activist blog for democracy, it carries short articles, picks up on articles from Liberté, press releases, videos…

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Another press release on the same subject: from the Togolese Organization SOS Journalistes en danger (Journalists in Danger), 5 May 2015

http://www.icilome.com/articles/?idnews=806020&t=SOS-Journalistes-en-Danger-denonce-la-censure-des-sites-internet

SOS Journalists in Danger denounces censorship of websites

05/08/2015 8:27:05 AM

Press Release

In the wake of the announcement of the presidential election results on 25 April, internet disruption was noticed, then a general failure of the internet, followed by the censorship of a certain number of sites critical of the regime in power.

The Websites icilome.com, togoinfos.com, letogovi.com, togovisions.net, afrikaexpress.info, 27avril.com, mtn-togo.org, togocity.fr, togosite.com, togoactualite.com, eva-Togo-Diaspora .org, togo-online.co.uk, togoelections2015.com etc., more than a dozen online organs had been rendered inaccessible from Togo, cutting off thousands of internet users from online information.

Apart from the above websites, access to social networks, most notably Facebook, Whatsapp, Twitter, and YouTube among others was disrupted or rendered impossible by the public operators on 27, 28, 29 and 30 April 2015, that is to say just before and after the announcement of the provisional results of the presidential election.

To date, even if the social networks have become accessible, most websites are still blocked.

SOS Journalists in Danger strongly protests against this censorship that affects freedom of expression in general and freedom of the press as guaranteed by Article 26 of the 1992 Togolese Constitution: « Freedom of the press is recognized and guaranteed by the state. It is protected by law. Every person has the freedom to express and disseminate through speech, writing or any other means, opinions or information he or she holds, in accordance with the limits set by law. The press can not be made subject to prior authorization, to seeking of permission, to censorship or to any other impediment. The distribution of any publication may be banned only on the order of a court. »

SOS Journalists in Danger is especially indignant that this widespread censorship has come during the week in which World Press Freedom Day is observed, on 3 May of each year.

SOS Journalists in Danger invites the Togolese authorities to abandon these practices from another era that bring Togo back to the ranks of countries that prey on freedom of speech and the press, such as North Korea, China and many others.

Finally, SOS Journalists in Danger, in accordance with the law, calls on the Togolese authorities to render accessible once again the websites that have been blocked so that citizens can be kept informed.

Lomé May 5, 2015

For SOS Journalistes en Danger, its President:

Ferdinand Mensah AYITE

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