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Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance

29 décembre 2012

Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance: à Paris comme à Lomé

Début décembre 2012, à Lomé, vient de se mettre en place l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (OMDG). La nouvelle organisation est une association impulsée par le journal Tribune d’Afrique.  Son démarrage au Togo devrait se confronter rapidement à la réalité du contexte très tendu des élections législatives: quitte ou double, fin de la dictature ou défaite de la démocratie. Quoique l’on pense de la qualité de la démocratie, ici ou là, la dictature est insupportable. Une association est également en train de se créer à Paris pour appuyer le travail en Afrique. Sur Paris, les activités ont déjà débuté ce mois de décembre avec la l’organisation de 2 conférences-débats:

Mardi 4 décembre 2012 à Paris : la liberté de la presse en Afrique

Dimanche 9 décembre 2012 à Paris, Conférence-débat « Élections en Afrique de l’Ouest: cas du Togo et de la Guinée Conakry »

Un bon début ! et à suivre…

Régis Marzin

* * *



Mardi 4 décembre 2012 à Paris : la liberté de la presse en Afrique avec l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance


Par Régis Marzin, photo Régis Marzin, article publié sur le site de l’OMDG (du Togo): omdgmedias.com

Quelques mois avant les législatives au Togo, étape importante pour aller vers la fin de la dictature togolaise, quelques semaines après sa création, l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance a participé à une conférence sur la Liberté de la Presse en Afrique. La projection-débat a été organisée en collaboration avec les étudiant-e-s de l’association GIRAF du Centre d’études des mondes africains (CEMAF), à Paris I, c’est-à-dire, la Sorbonne.

Le documentaire « Borry Bana, le destin fatal de Norbert Zongo« , de Luc Damiba et Abdoulaye Ménès Diallo, sur l’assassinat de Norbert Zongo en 1998 au Burkina Faso, a permis de rentrer très vite dans un débat sincère,

loin des poncifs des associations de droits humains, quand elles n’associent pas à leurs discours d’analyses du contexte politique. La tragédie du journaliste burkinabé et ses suites illustrent parfaitement le lien entre politique et journalisme, face aux régimes dictatoriaux qui ne supportent aucune transparence. Le public était pour la moitié composé d’étudiant-e-s, qui ont pu oublier un instant l’aspect théorique de leurs études, pour entrer en contact avec les réalités concrètes des résistances sur le terrain.

Le journaliste sérieux ne peut éviter de s’engager. Actuellement, la situation est très variable selon les pays, et les assassinats ne continuent que dans quelques pays comme la Somalie, le Congo Kinshasa, en cas de guerre, et dans quelques autres dictatures comme le Congo Brazzaville, où Bruno Ossébi a été assassiné en 2009, ou le Cameroun. Les peines de prisons sont fréquentes dans certains pays comme Djibouti, où le despote essaye de faire taire les résistances avant une nouvelle mascarade électorale, en s’attaquant à La Voix de Djibouti. Dans d’autres pays sans état de droit et sans démocratie véritable, cela est maintenant moins violent. Les méthodes de répression se transforment et deviennent plus subtiles.

Max Savi Carmel, secrétaire général de l’OMDG a informé sur la situation au Togo en prenant l’exemple du journal Tribune d’Afrique, dont il est directeur de publication, actuellement interdit au Togo, et dont le site internet est victime de la censure. Certes, la dépénalisation des délits de presse a permis de limiter la répression et les emprisonnements, mais la censure prend de nouvelles formes, comme des attaques juridiques infondées, suivies d’amendes, ou la censure sur internet. Actuellement, le financement de la presse devient le point sensible et bloquant, comme dans les pays dits ‘développés’.

Le président d’Internet Sans Frontières, Archippe Yepmou, après avoir évoqué la situation au Cameroun, a précisé l’importance cruciale du combat pour la liberté sur internet. Ziad Maalouf, de l’atelier des médias sur RFI, a parlé de la créativité des bloggeur-se-s, qui essayent de s’organiser en créant des communautés comme Mondoblog. La qualité du travail des journalistes, la formation ont été également évoquées. En dehors de la participation des journalistes à la victoire inexorable de la démocratie en Afrique, la presse doit aussi se transformer et progresser.

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Présentation de l’événement :

Mardi 4 décembre, 18h, Conférence-débat « Liberté de la presse en Afrique » après le documentaire « Borry Bana, le destin fatal de Norbert Zongo », de Luc Damiba et Abdoulaye Ménès Diallo, Burkina Faso, 2003, 57min, dans le cadre du cycle de projections-débats (GIRAF / CEMAf) : « Continent africain : regards de chercheurs, regards d’artistes, regards de journalistes ». Avec Max Savi Carmel, directeur de la rédaction de Tribune d’Afrique, secrétaire général de l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (Togo), Archippe Yepmou, président d’Internet Sans Frontières, co-auteur d’un rapport sur la presse au Cameroun en octobre 2012, Ziad Maalouf, journaliste producteur sur RFI de l’ « Atelier des médias », organisée par l’association GIRAF de la CEMAF et regardExcentrique, Amphithéâtre du centre Malher (CEMAF), 9 rue Malher, 4e, M° St-Paul, entrée libre.

Le 13 décembre 1998, mourrait assassiné, le journaliste Norbert Zongo. Ce drame a bouleversé le Burkina Faso. 14 ans plus tard, le frère du président, François Compaoré, est actuellement présenté comme un successeur possible du président, lui-même, soupçonné du meurtre de Sankara. Pourtant, malgré l’impunité, les suites de l’affaire Zongo ont transformé le pays, et une certaine liberté d’expression est apparue grâce au combat de la société civile. Si le monde change depuis l’arrivée d’Internet, les méthodes des dictatures, enracinées sur le continent africain, elles, évoluent peu. Parmi les résistants africains, les journalistes assurent une bonne partie de travail de contre-pouvoir, d’acteurs invisibles des renversements des régimes dictatoriaux. La répression est à la hauteur de l’entêtement des journalistes à dénoncer les affaires, la corruption, la répression, ou les fraudes électorales. En Afrique du Nord, la liberté de la presse est l’un des enjeux des transformations actuelles. Le Togo, pays dans lequel un président se maintient à la tête de l’état sans légitimité, est l’un des pays d’Afrique dans lequel, la presse joue un rôle de moteur dans les luttes socio-politiques. De nouvelles entraves se développent, dans le contrôle d’internet ou dans un harcèlement juridique, plus élaboré au cœur d’un état de droit factice. Quand elle pourra enfin profiter d’une liberté d’expression réelle, la presse africaine devrait pouvoir enfin prendre son essor et sa place dans le développement du continent.

Plus d’informations :
– Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (Togo, UEMOA):omdgmedias.org;
– Tribune d’Afrique (site coupé victime de la censure) : tribunedafrique.net;
– Atelier des médias (RFI) : http://atelier.rfi.fr/;
– Internet Sans Frontière : internetsansfrontieres.com + Rapport sur la presse et internet au Cameroun;
– Reporter Sans Frontière : fr.rsf.org;
– Committe to Protect Journalists (Comité pour la Protection des Journalistes) : cpj.org/fr



Dimanche 9 décembre 2012 à Paris, Conférence-débat « Elections en Afrique de l’Ouest: cas du Togo et de la Guinée Conakry »

Conférence organisée par l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance


Par Régis Marzin, photos Régis Marzin, article publié sur le site de l’OMDG (du Togo): omdgmedias.com

L’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance, a organisé à Paris, la conférence-débat ‘Elections en Afrique de l’Ouest : cas du Togo et de la Guinée Conakry‘. Les 2 pays très différents, par leur histoire et par la nature des régimes au pouvoir, ont été associés parce qu’ils se rejoignent actuellement dans la difficulté pour les oppositions d’obtenir l’organisation d’élections législatives correctes et transparentes.

La Guinée essaye de terminer une transition démocratique qui piétine sous la présidence d’Alpha Condé, et le Togo cherche à en finir avec la dictature ‘à bout de souffle’ de Faure Gnassingbé. Dans les deux cas, la formation d’un parlement qui corresponde vraiment aux volontés des électeur-trice-s permettrait de sortir de l’impasse et de mettre la priorité sur les institutions démocratiques.

Les intervenant-e-s étaient, de gauche à droite, Agbéyomé Kodjo, président de l’Organisation pour Batir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS, Togo), Hasatou Baldé, juriste, sur les élections législatives en préparation en Guinée Conakry, et Cyril Kudjawu, président de l’Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo). Cette conférence-débat étant la première conférence organisée par l’OMDG à Paris, le nouvel observatoire a donc été présenté pas son secrétaire général, Max Savi Carmel (voir vidéo).

Le public était essentiellement composé de togolais-e-s, mais les questions portaient aussi sur la Guinée. L’évocation des 2 pays a permis d’élever le débat sur des propos plus généraux concernant la démocratie en Afrique. Nous sommes également entré-e-s dans le détail en ce qui concerne les processus électoraux et le rapport de force auxquels ils correspondent.

En Guinée, pays dans lequel l’état de droit peine à se mettre en place, des efforts sont nécessaires dans le contrôle et l’organisation au niveau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), au niveau du fichier électoral.

Au Togo, des réformes institutionnelles plus importantes s’imposent. Entre autres, pour les législatives, un redécoupage des circonscriptions est indispensable. Les membres du Collectif Sauvons le Togo que sont ANC et OBUT sont d’accord pour l’essentiel, d’organiser des législatives véritables qui ne soit pas une mascarade imposée par la force avec la complicité d’acteurs étrangers, mais ont quelques divergences sur des modalités de dialogue avec le pouvoir ou sur des points de leur stratégie.

L’ancien premier ministre Agbéyomé Kodjo est revenu sur les fraudes de 2010, et les soupçons très forts qui pèsent sur Pascal Bodjona dans l’organisation de ces fraudes. Celui-ci aurait avoué avant de se rétracter et que le démenti ne circule, ce qui se comprend aisément. Le président d’OBUTS a terminé son exposé (voir la vidéo) sur la nécessité de passer par une Assemblée Constituante et la rédaction d’une nouvelle constitution. L’ANC a insisté sur d’autres points dont, parmi les préalables pour aller aux élections, la fin de l’impunité des criminels impliqués dans les tortures.

La question de la qualité de l’opposition et de son comportement suite à une alternance politique après la fin d’un régime dictatorial a été abordée grâce aux questions très pertinentes de la salle, stimulée par la comparaison relative entre Guinée et Togo.

Le débat s’est terminé sur le rôle de l’Union Européenne, de l’état français, et sur la Françafrique. Même si les guinéen-ne-s et togolai-se-s sont maître-sse-s de leurs destins, la Communauté Internationale a été une nouvelle fois appelée à ses responsabilités, pour bien prendre en compte l’importance des enjeux et les risques, et pour ne pas être considérée comme complice des régimes dictatoriaux qui instrumentaliseraient une démocratie factice pour se maintenir.

Présentation de l’événement :

Dimanche 9 décembre, 15-18h, Conférence-débat « Elections en Afrique de l’Ouest: cas du Togo et de la Guinée Conakry », avec Hasatou Baldé, juriste, sur les élections législatives en préparation en Guinée Conakry, Agbéyomé Kodjo, président de l’Organisation pour Batir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS, membre du Collectif Sauvons le Togo), Cyril Kudjawu, président de l’Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF) (ANC membre du Collectif Sauvons le Togo et de la coalition des partis politiques FRAC), Max savi Carmel, secrétaire général Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance, organisée par l’Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (basé au Togo), AGECA, 177 rue de Charonne, 11e, M° Alexandre Dumas L2, bus 76.

Entre 2009 et 2011, l’Afrique francophone a connu une vague d’élections présidentielles : des mascarades électorales se sont succédées, montrant la capacité des régimes dictatoriaux à se ‘légitimer’ auprès d’une communauté internationale peu regardante, et à instrumentaliser une démocratie factice. Quelques pays ont aussi entamé pendant cette même période des transitions démocratiques, avec plus ou moins de succès. Fin 2012, début 2013, le hasard des calendriers électoraux amène une nouvelle vague d’élections, cette fois, législatives. La série commence le 2 décembre avec les législatives au Burkina Faso. Elle se poursuivra le 22 février à Djibouti, puis en février ou plus tard, au Cameroun. Celles du Togo, pourraient se dérouler en mars 2013 au plus tôt. Celles de Guinée Conakry sont reportées régulièrement depuis décembre 2011, et sont annoncées pour le début de l’année. En Mauritanie, où les législatives sont reportées depuis septembre 2011, le processus semble bloqué. Enfin, le 3 juillet, Madagascar élira ses députés suite à l’élection présidentielle. L’enjeu de démocratisation s’est ainsi déplacé des présidentielles aux législatives,  mettant l’accent sur le renforcement des institutions au-delà du choix des dirigeants. Malgré les différences de nature des régimes, les législatives au Togo et en Guinée Conakry ont plusieurs points communs. Elles suivent deux élections présidentielles dont les résultats sont contestés. L’organisation du processus électoral est mise en cause et fait l’objet d’un fort contentieux. L’opposition manifeste dans la rue pour la transparence et la validité du prochain scrutin et fait face à de la répression. Si l’un, la Guinée Conakry, a entamé depuis 2010 une transition démocratique qui piétine, dans l’autre, le Togo, le régime est une dictature familiale avec un fils qui, en 2005, a succédé à son père par la force. Dans les 2 pays, l’organisation d’un scrutin correct et transparent permettrait de sortir d’une impasse. La qualité de l’organisation d’un scrutin se décide en amont, dans la préparation des listes électorales, la qualité du découpage des circonscriptions, le contrôle des moyens de l’état, les moyens financiers de l’opposition, la liberté de la presse, l’indépendance et le travail de la justice en cas de répression policière. Les élections en Guinée Conakry et au Togo révèlent des enjeux importants pour la démocratisation du continent. Bien organisées, elles montreraient la capacité de ses pays à s’engager dans une alternance, ou à mettre électoralement un terme à une dictature. Il s’agit également d’un test pour la communauté internationale, qui doit sortir des compromissions historiques avec les régimes non démocratiques, et, en finir les Missions d’Observations instrumentalisées, pour aller vers un réel soutien à la démocratie. Pour que soient enfin écoutées les populations !

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De gauche à droite, Agbéyomé Kodjo, Hasatou Baldé et Cyril Kudjawu, à l’AGECA à Paris.

Plus d’informations :
– Collectif Sauvons le Togo (ANC et OBUTS sont membres de ce collectif) : collectifsauvonsletogo.com;
– Alliance Nationale pour le Changement : anctogo.com;
– Organisation pour Batir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS) : obuts.org;
– Tribune d’Afrique (site actuellement coupé victime de la censure du gouvernement togolais) : tribunedafrique.net;
– Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (Togo, UEMOA): omdgmedias.org;
– Blog Hasatou Baldé : jafricacogen.blogspot.fr