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Congo Brazzaville et constitutions en Afrique : François Hollande face à Sassou Nguesso

26 octobre 2015

Congo Brazzaville : François Hollande face à Sassou Nguesso, une relation à replacer dans son contexte géopolitique

Régis Marzin, 26 octobre 2015

Passer directement à la chronologie et liste de pays concernés et à la liste de citations (début ou fin de la liste).

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Le 21 octobre 2015, en conférence avec le président malien IBK, en difficulté sur l’affaire Tomi, François Hollande a créé la surprise en affirmant : « le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit ». Il ne s’agit pas d’un simple point de vue politique ; d’un point de vue juridique, la réforme de la constitution maquillée en changement de constitution est anti-constitutionnelle et illégale, en plus d’être décidée pour convenance personnelle par un président depuis 31 ans au pouvoir. Soit François Hollande était mal informé ou a commis une erreur, soit il se pliait aux pressions de Sassou Nguesso.

Sa conseillère Afrique, Hélène le Gal, après la mise au point de l’Elysée dans la soirée du 22 octobre, alors que la protestation se répandait, a dans un message très peu formel à ‘Tournons La Page’, orienté vers une espèce d’erreur de communication, une omission, du président, qui n’aurait pas pensé à l’évidence de devoir rappeler son discours de Dakar des 29 et 30 novembre 2014, alors que celui-ci serait encore dans toutes les têtes.

Dans son livre sorti mi-octobre 2015 « Hollande l’Africain »[1], à propos de la lettre de François Hollande à Blaise Compaoré, juste avant sa chute, Christophe Boisbouvier parle de « diplomatie de la loterie » selon Magaye Gaye, de « lettre à double détente », et de « tactique (avec) deux discours en poche ». Sur le Congo Brazzaville, le président français agit face à des pressions contraires et à des contraintes opposées. Le non-choix est patent : serait-ce le début d’une tactique à double détente ? La correction de la communication le lendemain ne le laisse pas penser.

En outre, le changement de point de vue du Parti Socialiste qui, du 24 septembre, passe du « viol à la fois la Charte de la démocratie de l’Union africaine et de la Constitution congolaise » à une « organisation légale d’un tel référendum », semble montrer que l’Elysée insiste pour faire reconnaître un caractère légal à ce qui est anti-constitutionnel. Entre le 22 et le 24 octobre, la mobilisation des congolais dans la rue a baissé, les doutes sont apparus. Ce qui est resté intact c’est un consensus sur le boycott du referendum, pour un peuple, habitué aux mascarades électorales depuis 1997 et donc habitué aux boycotts.

La question du respect des constitutions sur le nombre de mandats présidentielles est très présente en Afrique, à un tel point que Barrack Obama appuyé par John Kerry et de très nombreux diplomates américains, a basé toute sa politique africaine, à peu de frais, sur cette question. La liste des pays concernés depuis 2012 est connue de longue date et très médiatisée depuis au moins un an. Après le Sénégal en 2012, le Burkina Faso en 2014, le Togo en 2015, en raison de l’Accord politique global de 2006, et le Burundi en 2015, il restait, le Congo Brazzaville en 2015 et 2016, et il reste la RDC en 2016, avec un risque actuellement contenu, et le Rwanda en 2017.

La diplomatie française est aussi porteuse d’un passif non soldé, puisque les suppressions des limitations de mandats dans les ex-colonies françaises, entre 1997 et 2010 se sont faites pendant une période de soutiens constants de Chirac puis Sarkozy aux dictateurs : Togo en 2002 (Eyadéma), Gabon en 2003 (Omar Bongo), Tchad en 2005 (Idriss Déby), Cameroun en 2008 (Paul Biya), Algérie en 2008 (Abdelaziz Bouteflika), Djibouti en 2010 (Ismaïl Omar Guelleh). Plusieurs peuples sont encore sous le joug d’un dictateur qui a fortement bénéficié d’ingérence et de complaisances françaises, et observent avec attention la position du pouvoir français dans les pays actuellement victimes du même accaparement.

Une à une les grandes institutions internationales ont à partir de mi-2014 multiplié les prises de positions, toujours contre le changement des constitutions, avec plus ou moins de fermeté. Les américains sont les plus présents et les plus fermes. De l’autre côté, l’Onu joue surtout la carte du dialogue et son secrétaire général semble parfois dépendant de la personnalité et des qualités variables de ses envoyés spéciaux régionaux[2]. L’Union européenne (Ue) qui a démarré très tard après une année 2014 marquée par un changement d’exécutif affermit progressivement sa position. L’Union africaine (Ua) oscille entre la détermination de sa présidente de la commission, Nkosazana Dlamini-Zuma, associé à la défense de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et les points de vue divers et variés des chefs d’Etat. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de Michaelle Jean est hésitante, sans doute faute de moyens, en particulier depuis, au Togo en mai 2015, son échec sur la qualité du processus électoral et sa confrontation avec l’ONU et la présidence ivoirienne[3]. Acteur non politique, l’église catholique du pape François, lui-même silencieux, accompagne le débat par des prises de positions régulières décentralisées dans les Conférences épiscopales nationales. Le pouvoir français semblait être dans une position intermédiaire progressiste jusqu’au couac du 21 octobre 2015.

Une liste de citations sur les constitutions et le nombre de mandats met en évidence le côté très décalé et hors du réel de l’intervention du 21 octobre du président François Hollande, dans le contexte géopolitique africain. Son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius rencontrait le 21 octobre son homologue congolais Jean-Claude Gakosso. Laurent Fabius est parfois considéré comme le ‘gardien du temple’ de la Françafrique socialiste et de ses secrets inavouables[4]. Sassou Nguesso en sait beaucoup. Dans le contexte de crise et avec l’historique de la relation France – Congo Brazzaville, accepter de recevoir Jean-Claude Gakosso sans aucune précaution participait d’un choix politique.

En 2015, Faure Gnassingbé avait réussi l’exploit de réaliser en quelques semaines un coup d’Etat militaire, constitutionnel et électoral. Le coup d’Etat militaire de 2010 au Niger, réalisé contre le coup d’Etat constitutionnel de Mamadou Tandja mi-2009, a eu un double effet : pousser la communauté internationale et africaine à refuser catégoriquement à partir de 2010 tous les coups d’Etat militaires, quels que soient les effets positifs de certains d’entre eux, mais aussi de mettre en évidence l’importance de la question des limitations du nombre de mandats dans les constitutions et la nécessité d’empêcher leurs suppressions. Deux et demi après la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, de janvier 2007, Barack Obama dans son discours historique au Ghana marquait les esprits en insistant sur les institutions et le respect des constitutions, le 11 juillet 2009, trois semaines avant le référendum constitutionnel du 4 août au Niger.

L’expression « coup d’Etat constitutionnel », utilisée entre autres par la campagne Tournons la page dans son rapport du 4 avril 2015, ‘En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance’[5], s’est imposée en 2015. Les effets des coups d’Etat militaires, les plus dénoncés internationalement, des coups d’Etat électoraux, autre nom pour les présidentielles et législatives avec inversion de résultat, les plus nombreux, et les coups d’Etat constitutionnels se rejoignent pour empêcher et ralentir la démocratisation du continent. Actuellement, la lutte pour le respect des constitutions et l’application des limitations du nombre de mandats, est le seul levier disponible pour les populations et la communauté internationale, pour relancer un processus de démocratisation continental et ainsi « faciliter indirectement, la prévention des crises »[6].

François Hollande et Laurent Fabius, aidés par le traitement étrangement édulcoré de l’information de RFI et de Jeune Afrique[7], ont tiré le débat vers le bas. Suite à la crise du Burundi, la question qui se posait sur le Congo Brazzaville était celle d’une application plus rapide et plus ferme qu’au Burundi de sanctions contre les organisateurs d’un coup d’Etat constitutionnel. Pour éviter le même échec qu’au Burundi dans la défense de la démocratie, des organisations de société civile et politique française et africaine autour de la campagne Tournons la Page et du Collectif de Solidarité avec les luttes sociales et politiques, à Paris, avaient commencé le 13 octobre 2015 un plaidoyer actif vers l’Elysée et vers l’Union européenne, sur la nécessité de menaces de sanctions rapides contre le régime congolais en raison du coup d’Etat constitutionnel et pas uniquement en raison d’atteintes aux droits humains[8].

Le vendredi 23 octobre, la tentative de lancer un faux débat sur la légalité prouve une volonté élyséenne de résister contre vents et marées à l’évidence et à brouiller le jeu diplomatique international. La communauté internationale est arrivée au jour du referendum sans avoir précisé que le résultat serait d’avance ‘nul et non avenu’. Que ce soit volontaire ou non, le message de François Hollande et la rencontre des ministres des affaires étrangères le 21 octobre à Paris ont eu au moins quatre effets favorables à Sassou Nguesso : installer un doute sur le soutien international à la démocratie dans l’esprit des acteurs démocrates congolais, éviter que la question des sanctions contre le coup d’Etat constitutionnel n’intervienne rapidement dans le débat européen en lien avec les accords de Cotonou alors que se discutait le cas burundais[9], casser un potentiel consensus international avant l’arrivée sur place de l’émissaire de l’ONU Abdoulaye Bathily, empêcher une condamnation internationale univoque et préalable du referendum d’un point de vue qualité du processus électoral.

Si François Hollande ne veut pas que son bilan sur la démocratie en Afrique soit profondément terni, comme il l’a déjà été en 2013 par l’alliance avec Idriss Déby sans garanties sur la démocratie et l’Etat de droit au Tchad, il lui appartient de fournir rapidement une nouvelle preuve de son attachement à la démocratisation du continent africain, en montrant que l’exécutif français a définitivement lâché Sassou Nguesso, quels que puissent être ses arguments. Par défaut, toute nouvelle position française ambigüe qui ne condamnerait pas explicitement la dictature congolaise installée depuis 31 ans serait comprise par les populations africaines en attente de changement comme une continuation du néocolonialisme et de la Françafrique.

Régis Marzin, Paris, 26 octobre 2015

[1] Page 281

[2] Mohamed Ibn Chambas en Afrique de l’Ouest est un soutien de la dictature togolaise depuis 2005, https://regardexcentrique.wordpress.com/2015/05/04/togo-une-mascarade-electorale-de-plus-une-mascarade-electorale-de-trop, alors qu’Abdoulaye Bathily en Afrique centrale est connu pour son soutien du respect des limitations de nombre de mandats.

[3] https://regardexcentrique.wordpress.com/2015/05/04/togo-une-mascarade-electorale-de-plus-une-mascarade-electorale-de-trop

[4] 14.2.12, Survie, http://survie.org/francafrique/gabon/article/laurent-fabius-prepare-t-il-de

[5] http://tournonslapage.com/wp-content/uploads/2015/01/Rapport-Tournons-la-Page.pdf, La carte des « coups d’Etat constitutionnel » en Afrique, Les recommandations de la campagne « Tournons la page »

[6] 27 octobre 2014, Collectif de Solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique, Paris « Burkina Faso, Afrique : limitation du nombre de mandats présidentiels, aucune exception n’est plus acceptable », https://electionsafrique.wordpress.com/2014/10/27/communique-burkina-faso-afrique-limitation-du-nombre-de-mandats-presidentiels-aucune-exception-nest-plus-acceptable/

[7] « François Soudan, directeur de la rédaction (de JA) est marié à une nièce de Sassou Nguesso, Arlette Soudan-Nonault, membre du bureau politique du parti-État », http://survie.org/billets-d-afrique/2015/250-octobre-2015-716/article/sassou-franchit-le-pas-5032

[8] 15 octobre 2015, Lettre ouverte à François Hollande « Tournons la Page » demande une condamnation ferme par la France du coup d’État constitutionnel, http://tournonslapage.com/republique-du-congo/, 15 octobre 2015, Congo Brazzaville – Coup d’Etat constitutionnel – Lettre ouverte à l’Union européenne du , Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, https://electionsafrique.wordpress.com/2015/10/15/congo-brazzaville-coup-detat-constitutionnel-lettre-ouverte-a-lue/

[9] 26.10.15 : http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2015/10/26-burundi/?utm_source=dsms-auto&utm_medium=email&utm_campaign=Burundi%3a+l%27UE+demande+l%27ouverture+de+consultations+dans+le+cadre+de+l%27article+96+de+l%27accord+de+Cotonou+

 

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Autres dossiers et articles sur la limitation du nombre de mandats en Afrique

5 octobre 2017 : Constitutions et limitations du nombre de mandats présidentiels en Afrique : bilan 2017

5 octobre 2017 : Tableau résumé 55 pays PDF version 5.10.17 : Constitution et limitation du nombre de mandats présidentiels

29 septembre 2017 : Togo : limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique, aucune manipulation de constitution pour un profit personnel n’est plus acceptable

27 juillet 2016 : Liste de citations de la communauté internationale et africaine sur le nombre de mandats présidentiels dans les constitutions en Afrique (RDC surtout, Burundi, Congo B et autres)

26 février 2015 : Synthèse sur 54 pays (PDF) version 25.10.16 « Agenda des élections en Afrique 54 pays 2015-2016 et limitation du nombre de mandats » (ancienne version début 2015)

26 octobre 2015 : Congo Brazzaville : François Hollande face à Sassou Nguesso, une relation à replacer dans son contexte géopolitique

8 janvier 2015 : Burundi, RDC, Rwanda : les Grands Lacs : entre limitations du nombre de mandats présidentiels et accords de paix

15 octobre 2014 : En 2015 et 2016, la limitation du nombre de mandats des présidents africains, un levier pour accélérer la démocratisation ?

Plus d’article sur R*E.

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Chronologie et pays concernés par un coup d’Etat constitutionnel

et la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels dans 54 pays d’Afrique

Régis Marzin, 27 octobre 2015

Partie complétée largement le 5.10.17 dans la

 ‘Chronologie depuis 1990 des modifications de constitutions et autres événements associés

  • 2001 : Guinée Conakry : suppression par Lansana Conté après référendum le 11 novembre 2001 (oui 98,36%)
  • 2002: Tunisie : suppression par Zine el-Abidine Ben Ali après référendum le 26 mai 2002 (oui 99,52%)
  • 2002 : Togo: suppression par parlement et Eyadéma Gnassingbé le 31 décembre 2002
  • 2003 : Gabon: suppression par parlement et Omar Bongo le 19 août 2003
  • 2005 : Tchad: suppression par Idriss Déby après referendum le 6 juin 2005 (oui 65.75%)
  • 2005 : Soudan: limitation non rétroactive dans constitution intérimaire du 9 juillet 2005 adoptée par parlement le 6 juillet 2005 et prolongation de 10 (ou 15 ans) jusqu’à 2017 (ou 2022)  pour Omar El Béchir au pouvoir depuis 1989
  • 2006 : Ouganda: suppression par parlement et Yoweri Museveni le 12 juillet 2006
  • 2008 : Cameroun: suppression par parlement et Paul Biya le 10 avril 2008 après 100 à 150 morts entre 23 et 29 février 2008
  • 2008 : Algérie: suppression par parlement et Abdelaziz Bouteflika le 12 novembre 2008
  • 2009 : Niger: suppression par Mamadou Tandja après referendum le 4 août 2009 (oui 92,50% avec fraudes massives)
  • 2010 : Angola: limitation non rétroactive dans constitution du 5 février 2010 adoptée par parlement le 21 janvier 2010, prolongation de 10 ans jusqu’à 2022 pour José Eduardo dos Santos au pouvoir depuis 1979
  • 2010 : Niger: coup d’Etat militaire du 18 février 2010 conduisant ensuite à un retour de la démocratie
  • 2010 : Djibouti: suppression par parlement et Ismaïl Omar Guelleh le 19 avril 2010
  • 2010 : Guinée Conakry: retour à limite 2 fois 5 ans dans nouvelle constitution du 7 mai 2010
  • 2010 : Niger: retour à limite 2 fois 5 ans après referendum le 31 octobre 2010 dans Constitution du 25 novembre 2010
  • 2012 : Sénégal: refus par Abdoulaye Wade de la limitation à 2 mandats de la Constitution pour présidentielle des 26 février et 25 mars 2012, où Abdoulaye Wade est battu
  • 2013 : Zimbabwe: limitation non rétroactive dans constitution après referendum le 16 mars 2013 (oui 94,49%), prolongation de 10 ans jusqu’à 2023 pour Robert Mugabé au pouvoir depuis 1980
  • 2014 : Tunisie: retour à la limite 2 fois 5 ans avec nouvelle constitution du 7 février 2014
  • 2015 : Togo: refus par Faure Gnassingbé de l’application de l’Accord Politique Global de 2006 avec limite 2 fois 5 ans pour la présidentielle du 25 avril 2015
  • 2015 : Burundi : refus par Pierre Nkuruziza de la limitation à 2 mandats prévue dans l’Accord d’Arusha et la constitution, à la présidentielle du 21 juillet 2015.

En cours et à venir :

  • 2015-2016 : Congo Brazzaville : suppression ou tentative de suppression par Sassou Nguesso par referendum largement boycotté le 25 octobre 2015
  • 2016 : RDC: tentative de suppression par Joseph Kabila avant présidentielle de 2016 contenue fin 2014 et début 2015 après manifestations et contrôle international
  • 2017 : Rwanda: projet de suppression par FPR et Paul Kagamé avant présidentielle de 2017.

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Citations de la communauté internationale et africaine

sur le nombre de mandats présidentiels dans les constitutions en Afrique.

A partir du coup d’Etat constitutionnel au Niger mi-2009.

Pour chercher les citations par pays: utiliser la fonction recherche du navigateur et rechercher le nom du pays (Burundi, Rwanda, RDC, Congo B)

– 29 juin 2009, Niger : Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA) sur RFI

« La situation actuelle nous interpelle. Elle nous ferait craindre des dérapages… Nous avons d’abord le problème de la modification de la Constitution elle-même dans les articles concernés. Tout ceci nous amène à intervenir en utilisant les bons offices, c’est à dire en évitant de faire du bruit pour que la Commission (de l’UA) ne devienne pas une sorte de chien qui aboie pendant que la caravane passe. »

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/06/29/01011-20090629FILWWW00388-niger-crainte-de-derapages-ping.php

 

– 29 juin 2009, Niger : Eric Chevallier, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, point de presse

« Ce ne serait pas conforme aux engagements pris », décision par laquelle la Cour constitutionnelle a annulé le 12 juin le référendum convoqué pour le 4 août prochain par le président Tandja « très explicite » « Nous suivons avec attention et préoccupation l’évolution de la situation au Niger. La France rappelle l’importance qu’elle attache au cadre constitutionnel du Niger, à la préservation de l’acquis démocratique de ce pays et à sa stabilité ».

http://www.panapress.com/Paris-soupconne-Tandja-de-vouloir–contourner–l-arret-de-la-Cour–13-665369-18-lang4-index.html

 

– 3 août 2009, Niger : Survie

« Alors que Tandja prétend être soutenu par la population, plusieurs organisations de la société civile, toutes les centrales syndicales et nombre de partis politiques sont mobilisés depuis des mois contre cette prise de pouvoir. A l’international, des acteurs ont tenté, de désamorcer la crise : ONU, Cedeao, Union Africaine, Union européenne, en bloquant une aide budgétaire. Beaucoup d’Etats ont condamné la démarche de Tandja – les Etats-Unis, le Canada ou encore la Belgique qui menace de suspendre son aide. »

http://survie.org/francafrique/niger/article/referendum-au-niger-un-coup-d-etat

 

– 5 juillet 2015, Niger : Nicolas Sarkozy

Situation « à la fois inquiétante et décevante… un dévoiement de certaines dispositions constitutionnelles »
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/08/04/referendum-controverse-au-niger_1225544_3212.html

 

– 11 juillet 2009 : Barack Obama à Accra au Ghana, devant le Parlement ghanéen,

« Premièrement, nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables. Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas. Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse. En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès – des parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens. »

« Dans toute l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en mains et qui opèrent des changements à partir de la base. Nous l’avons vu au Kenya, où la société civile et le secteur privé se sont unis pour aider à stopper la violence postélectorale. Nous l’avons vu en Afrique du Sud, où plus des trois quarts des citoyens ont voté dans la dernière élection, la quatrième depuis la fin de l’apartheid. Nous l’avons vu au Zimbabwe, où le Réseau de soutien au vote a bravé la brutale répression pour faire valoir le principe selon lequel le droit de vote d’un citoyen est sacré. Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l’Amérique, en revanche, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition peuvent s’exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l’égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l’expertise comptable, l’automatisation des services, le renforcement des lignes d’appel d’urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

http://www.rfi.fr/contenu/20100202-discours-barack-obama-accra

 

– 11 août 2009, Niger : Karel De Gucht, Commissaire européen chargé du Développement et de l’Aide humanitaire de l’Union européenne

« Je regrette la tenue du référendum récent au Niger en dehors du cadre constitutionnel de ce pays. Un rapide retour de la part du Président Tandja aux normes constitutionnelles pourrait permettre de ne pas ouvrir de négociations entre l’Union européenne et le Niger selon l’Article 96 de l’Accord de Cotonou et par là même de ne pas mettre en danger notre coopération. »

http://eu-un.europa.eu/articles/en/article_8938_en.htm

 

– 8 décembre 2009, Niger : Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, de la Coordination pour la Sauvegarde de la Démocratie au Niger (CSD) et Survie

« Nous notons avec satisfaction que l’UE ait commencé à appliquer les articles 9 et 96 des Accords révisés de Cotonou qui prévoient la non-exécution de ceux-ci en cas de violation des principes démocratiques et lui demandons de tout faire pour peser sur le cours de la démocratie au Niger, en appliquant ces mesures jusqu’à leur terme, s’il le faut. Nous demandons à l’UE de refuser tout compromis provoqué par des considérations économiques et par une position française complaisante. Ces consultations sont une occasion et une chance pour l’Union Européenne de concrétiser son attachement à la démocratie et aux droits de l’Homme. Le retour à l’ordre démocratique au Niger serait un signe porteur d’espoir et de changement pour tous les pays africains, notamment ceux qui organisent des élections en 2010 : Togo, Tchad, Centrafrique, Burkina Faso, Madagascar. »

http://survie.org/francafrique/niger/article/pour-un-retour-a-l-ordre

NB :Tandja est ensuite renversé par un coup d’État le 18 février 2010 aboutissant au retour de la démocratie.

 

– 15-21 février 2010, Burkina Faso : évêques du Burkina, assemblée plénière à Fada N’Gourma

http://www.avenue226.com/chronique-de-larticle-37-de-la-constitution-du-burkina-faso/

 

– 19 avril 2010, Djibouti : Nicolas Sarkozy

Aucune dénonciation internationale de la suppression de la limitation à 2 mandats par Ismaïl Omar Guelleh Guelleh et le parlement djiboutien le 19 avril 2010. Nicolas Sarkozy est passé le 19 janvier 2010 à Djibouti pour rencontrer Omar Guelleh, dans unesilence complice évident : ARDHD Jean-Lou Schaal : « Guelleh a-t-il cherché la caution du président français avant de lancer son opération de viol constitutionnel ? C’est une hypothèse vraisemblable, ‘qui est privilégiée par plusieurs observateurs.’ ».

http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=12599

http://survie.org/billets-d-afrique/2010/188-fevrier-2010/article/la-visite-nocturne-de-sarkozy-a

 

– 29 juin 2011, Thomas Mélonio, futur conseiller Afrique adjoint du président François Hollande, essai ‘Quelle politique africaine pour la France en 2012 ?’, page 20 et suivantes

« Au plan pratique, la démocratisation des pays d’Afrique francophone, qui n’en était qu’à ses balbutiements en 1991, est alors nettement enclenchée. Ce processus d’ouverture politique connaît toutefois de graves soubresauts, reculs occasionnels et coups d’Etat ponctuels, ainsi que de notables exceptions, certains chefs d’Etat faisant preuve d’une « remarquable » longévité ou cédant à la tentation dynastique. En dehors de ces exceptions fâcheuses, on relèvera néanmoins des motifs d’espoir récents, puisqu’en 2010 et 2011, pas moins de trois chefs d’Etat ayant souhaité prolonger illégitimement leur présidence de la République ont été contraints de quitter leur palais et furent remplacés à terme par des régimes démocratiquement élus (Alpha Condé en Guinée, Mahamadou Issoufou au Niger et Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire). Le mouvement de modernisation et de démocratisation est sans doute trop modeste, trop lent, mais il existe. .. De manière moins connue, la France a été la première puissance, et parfois la seule, à blanchir ou à prendre acte de coups d’Etat, parfois régularisés ensuite, qu’il s’agisse de ceux survenus dans les dernières années en Guinée (Moussa Dadis Camara), en Mauritanie (Mohamed Ould Abdelaziz) ou à Madagascar (Andry Rajoelina). En 2011, la France fut à nouveau la seule puissance représentée à l’investiture de François Bozizé (République centrafricaine) malgré un rapport d’observation électorale de l’Union européenne très sévère. La France n’a pas fait non plus preuve de beaucoup de retenue dans son soutien à Idriss Déby Itno, en dépit de la situation peu enviable de l’opposition dans ce pays. .. Pour les socialistes, le respect des droits de l’Homme et l’existence d’un Etat de droit sont et doivent être des conditions préalables à toute intervention en faveur d’un Etat. Il est trop facile de se fourvoyer dans une relation de complaisance avec des régimes non démocratiques. On observera d’ailleurs que Barack Obama s’est contenté d’une visite au seul Ghana, plaçant clairement très haut sur le plan démocratique la barre d’acceptabilité d’un régime politique. .. Enfin, là où la probabilité d’évolution dans le bon sens existe et là où l’influence de la France peut être décisive, ne faut-il pas tenter d’aider à la mise en place de bonnes politiques et d’accompagner les processus démocratiques ? Il semble ainsi nécessaire d’accompagner fortement les pays dans les mois décisifs qui entourent les élections, surtout lorsqu’il s’agit de premières, comme c’est le cas actuellement en Guinée, mais aussi dans des pays qui reviennent à la démocratie ou sortent d’une grave crise, comme le Niger ou la Côte d’Ivoire. En cas d’évolution inverse, il semblerait nécessaire de faire preuve de plus de réactivité dans la critique dès lors que la situation politique se dégrade, et que la France soit aussi parfois en pointe sur l’application de sanctions, aspect sur lequel cette législature aura été particulièrement pauvre… L’Union européenne soutient également, mais de manière encore sporadique, les processus électoraux. Une systématisation de ce type de soutien serait extrêmement bienvenue, par exemple pour permettre des campagnes médiatiques pluralistes ou encore assurer des observations rigoureuses sur la base du suivi d’échantillons représentatifs. Enfin, il semblerait utile, dans les cas des transitions politiques où l’Etat civil ou le système judiciaire d’un Etat ne bénéficie pas de la confiance des principaux acteurs politiques, de renforcer le cadre juridique international, autour des Nations unies, pour légitimer celles-ci dans l’observation et la proclamation des résultats. »

http://www.jean-jaures.org/content/download/16037/155859/version/8/file/mk.pol.africaine.pdf

 

– 27 décembre 2011, Burkina Faso : Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou

« … quelle est la position de l’Eglise sur l’article 37 ? La Conférence épiscopale a déjà eu l’occasion de se prononcer et de donner sa position à notre plénière de Fada N’Gourma. Cette position est claire et n’a pas varié en ce qui concerne l’article 37. Nous privilégions l’intérêt du peuple par rapport à celui d’individus ou de groupes. »

http://www.cath.ch/newsf/l-archeveque-de-ouagadougou-presente-ses-voeux/

 

– 23 Janvier 2012, Sénégal : William Fitzgerald, sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, interview RFI Christophe Boisbouvier (introuvable),

« Il appartient au Conseil constitutionnel de décider de la candidature du président Wade. Mais, il est regrettable que le président Wade, après tellement de temps et tellement de services rendus à son pays, participe à cette élection. »

http://www.senxibar.com/Contre-un-troisieme-mandat-Le-Departement-d-Etat-americain-anticipe-la-retraite-de-Wade_a2719.html

 

– 28 janvier 2012, Sénégal : Victoria Nuland, porte-parole du Département d’Etat américain, point de presse

« Bien entendu, nous respectons le processus politique et juridique du Sénégal, nous n’allons évidemment pas prendre une décision à la place de la Cour constitutionnelle sénégalaise. Cependant, nous continuons à penser que la décision du président sénégalais de briguer un troisième mandat est une erreur qui risque de compromettre les nombreux acquis qu’il a lui-même réalisés au cours de sa présidence, y compris la disposition qu’il a lui-même introduite dans la nouvelle Constitution, limitant à deux le nombre des mandats présidentiels. Nous préférons voir en lui un dirigeant qui prépare le terrain et cède la place à une nouvelle génération de leaders africains, en agissant en accord avec ses propres principes démocratiques. … Le Sénégal est une démocratie pleine de vitalité, pourvu d’une société civile dynamique, et nous appelons tout le monde à participer de manière pacifique à ce processus. »

http://www.bdpgabon.org/articles/2012/01/28/washington-conseille-au-president-senegalais-de-renoncer-a-briguer-un-nouveau-mandat/

 

– 5 mars 2012, Burkina Faso : Alain Juppé, ministre des affaires étrangères français, interview Jeune Afrique par F.Soudan,

« Ce qui peut poser problème, par contre, c’est la durée excessive de l’exercice du pouvoir. Question : Que pensez-vous des chefs d’État qui cherchent à faire modifier les Constitutions pour briguer de nouveaux mandats ? Ce n’est pas une bonne méthode et c’est de plus en plus difficilement accepté par les peuples, sur tous les continents. Question : Le dites-vous explicitement aux chefs d’État concernés ? Oui. Question : Au président Compaoré du Burkina, par exemple ? Cela a été dit au président Blaise Compaoré depuis longtemps. Je me souviens d’une conversation téléphonique que j’ai eue avec lui en 2011, au cours de laquelle je lui ai dit de bien réfléchir avant de s’engager dans cette direction.

http://www.jeuneafrique.com/142653/politique/alain-jupp-pour-l-afrique-comme-pour-le-monde-arabe-hollande-n-a-rien-proposer/

 

– 9 octobre 2012, RDC : François Hollande, conférence de presse avec Ban Ki Moon,

« La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l’opposition »

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/conferences-de-presse/2012/point-de-presse-conjoint-de-m-le-president-de-la.14048.html

http://www.slateafrique.com/95961/rdc-la-declaration-du-president-francais-sur-la-democratie-ne-reflete-aucune-realite

http://www.rfi.fr/afrique/20121009-france-favorable-vote-une-resolution-une-intervention-militaire-mali-syrie-moon-hollande

 

– 11 octobre 2012, François Hollande, interview par France24, TV5Monde et RFI,

« Les temps ont changé, la France est maintenant désireuse à la fois de respecter tous ses interlocuteurs, mais aussi de leur dire la vérité. Cette vérité n’est pas celle de la France, c’est celle des droits fondamentaux, des libertés essentielles et de la démocratie. .. Avec une population qui aspire à la démocratie, avec des règles qui ne sont pas aujourd’hui encore complètement satisfaisantes… C’est un message envoyé à tous les chefs d’Etat africains. Je les considère, je suis conscient, lorsqu’ils ont été élus par un processus démocratique, qu’ils représentent pleinement leur pays. Quand ils n’ont pas été élus par cette procédure, je fais en sorte d’avoir de bonnes relations d’Etat à Etat, mais je reconnais aussi les opposants dès lors qu’ils s’inscrivent dans la démocratie, qu’ils veulent, concourir sans violence à ce que ce soit les urnes qui décident en Afrique comme partout ailleurs

http://www.rfi.fr/afrique/20121011-francois-hollande-afrique-francophonie-sommet-interview-nouvelle-page

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/interviews/2012/script-interview-du-president-de-la-republique.14075.html

 

12 octobre 2012, Francois Hollande, Dakar,

« Le respect, c’est la franchise. Elle doit être réciproque. Je ne cèderai pas à la tentation de la complaisance, et je n’en attends pas non plus en retour. Nous devons tout nous dire. Cette sincérité vaut en particulier pour le respect des valeurs fondamentales : la liberté des médias, l’indépendance de la justice, la protection des minorités. Car, sans Etat de droit il ne peut y avoir de fonctionnement normal de l’Etat, ni d’investissement durable des entreprises, ni de société en paix. »

http://appablog.wordpress.com/2012/10/12/dakar-discours-de-m-le-president-de-la-republique-assemblee-nationale/

 

– 20 février 2013, Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM)

‘Gouvernance, bien commun et transition démocratique en Afrique’ n°40, non disponible sur internet,

« Le refus d’un changement politique par la plupart des régimes au pouvoir complique la recherche pour l’établissement d’une démocratie qui réponde aux aspirations des peuples. Le véritable amour de notre patrie et de notre continent doivent nous obliger à préférer une gestion transparente et responsable du pouvoir, et de remettre ce pouvoir en toute douceur. Ce qui suppose un strict respect des constitutions démocratiques nationales. »

http://visnews-fr.blogspot.fr/2013/02/message-evangelique-et-droits-de-lhomme.html

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/63/82/20/Message-des-Eveques.pdf

 

– 3 février 2014, RDC : Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15

«Les élections, bien sûr de 2011, étaient assez sérieusement viciées. Elles ne répondaient pas aux normes d’élections transparentes et équitables… J’ai toujours encouragé vivement les présidents africains afin qu’ils respectent les mandats qui leur ont été assignés. La loi fondamentale, bien sûr, se portera mieux si elle n’est pas modifiée pour qu’un troisième mandat puisse être accordé. »

http://afrique.kongotimes.info/rdc/rdc_elections/7213-elections-rdc-russ-feingold-creve-abces-etats-unis-tapent-poing-table-respect-mandats-presidentiels-afrique.html

 

– 24 mars 2014, Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15, interview RFI Christophe Boisbouvier

« … nous allons essayer d’être aussi cohérents que possible avec ce que nous défendons dans nos prises de positions. Et c’est pourquoi nous appellerons instamment la RDC et ses voisins à respecter leurs Constitutions et cela inclut les dispositions sur la limitation du nombre de mandats. Le président Obama a dit que ce dont l’Afrique avait besoin, ce n’était pas d’hommes forts, mais d’institutions fortes. Je l’ai dit publiquement et dans la plupart de ces capitales, ce n’est pas une bonne pratique de modifier la Constitution simplement pour le bénéfice de celui ou de ceux qui sont au pouvoir. Question : Les présidents Kabila, Kagame et Nkurunziza en sont à leurs derniers mandats selon leurs Constitutions respectives. Comment réagiraient les Etats-Unis s’ils modifiaient d’une quelconque manière leurs Constitutions pour rester au pouvoir ? Ce n’est qu’une hypothèse pour le moment. Nous verrons comment y répondre si la situation se présente. Mais je tiens à répéter ce en quoi nous croyons : c’est notre expérience et notre conseil à nos amis dans ces pays, le respect de la Constitution est important, très important pour la population pour qu’elle ait l’impression de pouvoir participer et choisir son président, très important aussi pour la réputation internationale de ces pays, de prouver qu’ils peuvent avoir des transitions pacifiques. Ce que j’espère, c’est que chacun de ces dirigeants va voir à quel point c’est important que leur Constitution soit respectée. C’est ce qui va aussi conditionner la manière dont sera perçu leur héritage politique en tant que dirigeants de leurs pays. »

http://www.rfi.fr/emission/20140324-russ-feingold-envoye-special-etats-unis-grands-lacs

 

– 17 avril 2014, RDC + Burundi : Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15

RDC : « Le pays doit pouvoir se défendre et se gouverner lui-même. Cela signifie des élections libres, transparentes et équitables. Il n’y a pas de débat. La constitution est claire : le président le peut faire que deux mandats. Cela doit être respecté. La constitution ne doit pas être changée par quiconque est au pouvoir. Je pense que c’est une mauvaise pratique. C’est important que les élections locales, provinciales et présidentielle soient achevées d’ici 2016 dans le respect de la constitution. »

Burundi : « Nous sommes très préoccupés. Franchement, les choses ne vont pas dans le bon sens concernant l’ouverture de l’espace politique. J’ai rencontré deux fois le président Nkurunziza. Je lui ai fait part de nos préoccupations de voir l’opposition politique parfois réprimée. Washington et nos partenaires dans le monde pensent que la situation au Burundi doit changer. Il faut des élections libres et transparentes, plus de libertés pour l’opposition, etc. Nous continuerons de parler au gouvernement burundais pour qu’il poursuive les progrès réalisés dans le passé. 2015 ne doit pas être un retour en arrière. Je pense que personne ne doit changer la constitution pour prolonger son temps au pouvoir. Ce n’est pas une idée. »

http://www.voaafrique.com/content/les-etats-unis-pour-le-respect-de-la-constitution-en-rdc-et-au-burundi/1895430.html

 

– 8 avril 2014, Burundi : Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Bujumbura, après rencontre avec Pierre Nkurunziza

« Nous encourageons le respect de la Constitution et de l’Etat de droit ».

http://lefaso.net/spip.php?article60034

Washington a fait passer le même message de fermeté à Brazzaville et Ouagadougou.

http://www.jeuneafrique.com/133747/politique/rdc-burundi-quand-les-tats-unis-jouent-au-sh-rif-constitutionnel/

 

– 4 mai 2014, RDC : John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis depuis le 1ᵉʳ février 2013, visite à Kinshasa,

« Je crois que le président Kabila a clairement en tête le fait que les Etats- Unis d’Amérique sont intimement convaincus (…) que le processus constitutionnel doit être respecté ».

http://lefaso.net/spip.php?article60034

« Les États-Unis s’engagent à soutenir les Congolais […] pour qu’ils travaillent à des décisions crédibles, dans les délais et en accord avec l’actuelle Constitution »

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2783p036.xml0/tats-unis-joseph-kabila-kinshasa-john-kerry-presidentielle-rdc-2016-rdc-kerry-pour-des-elections-credibles-sans-kabila.html

 

– 4 mai 2014, RDC : Russell Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15

« Nous ne voulons pas que Joseph Kabila change la Constitution ou fasse un troisième mandat »,

http://7sur7.cd/new/washington-depeche-russ-feingold-a-kinshasa/

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-quand-kerry-pousse-kabila-vers-la-sortie/

 

– 1er juillet 2014, Tulinabo Mushingi, ambassadeur des USA au Burkina

«Nous observons ce qui se passe. La température augmente mais ce qu’il faut retenir c’est que la démocratie est un processus pas un état final. Et des élections libres, justes et transparentes sont la marque de ce processus. .. Une démocratie se trouve renforcée quand les gens montrent du respect pour leur nation et leur gouvernement lorsque le processus constitutionnel est bien exécuté et défendu par ce gouvernement… Pour être réussie, la construction d’une démocratie forte exige des institutions fortes. »

http://www.aouaga.com/m/actualites/article.asp?ID=29978

http://www.lexpressdufaso-bf.com/index.php?l_nr=index.php&l_nr_c=aeb764a6a854dd20beb97ec048c4ac14&l_idpa=892

http://www.lobservateur.bf/index.php/component/k2/item/2232-situation-nationale-une-democratie-est-renforcee-quand-le-gouvernement-respecte-la-constitution-tulinabo-mushingi-ambassadeur-des-etats-un-au-burkina

 

– 4 juillet 2014, Tulinabo Mushingi, ambassadeur des USA au Burkina, anniversaire des USA

« Au fil des années, nous avons clarifié ce que « Egalité » signifiait et formulé 27 Amendements à la Constitution. La plupart des amendements ont élargi les libertés de l’individu. Les autres ont délimité le pouvoir du gouvernement, comme le 22è Amendement limitant la présidence à deux mandats. Aujourd’hui, nous, Américains, restons unis sur la base de notre entendement que nous sommes tous créés égaux et dotés de droits inaliénables, y compris le droit de participer au gouvernement. (…) Du peu d’expérience que j’ai pu acquérir au cours de mes quelques mois de séjour ici, je vois que le Burkinabé possède non seulement la résilience, mais aussi et surtout le courage et la détermination pour atteindre ce même objectif ».

http://lefaso.net/spip.php?article60034

 

– 9 juillet 2014, Linda Thomas Greenfield, Secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires africaines pour les Etats-Unis, point de presse électronique, Washington

« Nous avons expliqué de façon très claire notre politique sur ce dossier. Le Président a dit au Ghana lors de son premier déplacement en Afrique que le continent avait besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts. Et parmi les institutions fortes il y a des Constitutions. Si des Constitutions prévoient des limites pour le nombre de mandats, eh bien, ces limites doivent être respectées. Nous avons très clairement découragé des dirigeants africains d’apporter des modifications à leurs Constitutions pour permettre à un homme ou à un parti de se maintenir au pouvoir plus longtemps que ne le permet la Constitution. Nous avons fait connaître ce point de vue à tous les dirigeants des pays où il y a des initiatives pour changer la Constitution. Le doute n’est pas permis, notre position sur ce dossier est très claire. »

http://www.lefaso.net/spip.php?article60034

« La position américaine sur les révisions constitutionnelles pour permettre à un président sortant de briguer un mandat supplémentaire, n’a pas varié d’un iota depuis les déclarations de John Kerry à Kinshasa en mai. Nous avons découragé tous les dirigeants des pays où de tels amendements sont envisagés, notre position sur ce dossier est très claire »

http://www.7sur7.cd/index.php/8-infos/7200-a-trois-semaines-du-sommet-usa-afrique-washington-reitere-sa-position-contre-joseph-kabila#.Viqov268o-g

 

– 9 juillet 2014, RDC : Barack Obama : décret (E.O., Executive Order) qui amende l’E.O. 13413 en date du 27 octobre 2006, pour prendre des mesures supplémentaires à la lumière de la menace qui continue de peser sur la paix, la sécurité et la stabilité de la République démocratique du Congo, décret pouvant déboucher sur le gel des avoirs de personnalités congolaises.

« Le décret d’aujourd’hui ajoute les critères suivants qui peuvent être appliqués pour sanctionner les individus responsables, directement ou indirectement, de certains comportements, dont : des actions ou des politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo ; des actions ou des politiques qui sapent les processus ou les institutions démocratiques de la République démocratique du Congo ; »

http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/texttrans/2014/07/20140709303645.html

 

– 28 juillet 2014, Barack Obama, sommet de Washington, « Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders » devant près de 500 jeunes décideurs africains reçus à Maison Blanche

« Quelles que soient les ressources d’un pays, si vous n’avez un pas un ensemble de lois, le respect pour les droits civiques et les droits de l’homme, si vous n’avez pas de liberté d’expression et de rassemblement (…), il est très rare qu’un pays réussisse dans la durée. .. Vous n’éliminerez jamais la corruption à 100% (…) mais l’important est que le respect de la loi soit la norme… Un Etat de droit c’est aussi le fait que les dirigeants ne gardent pas le pouvoir éternellement. Si vous les mêmes dirigeants tout le temps, vous n’avez plus d’idées nouvelles et le respect de la loi va en diminuant. »

http://www.lalibre.be/actu/international/obama-le-monde-a-besoin-d-une-afrique-forte-et-autonome-53d6936735702004f7d9c57b

 

– 4 août 2014, RDC : John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis depuis le 1ᵉʳ février 2013, allocution devant le Forum de la société civile, à la veille de l’ouverture du sommet de Washington,

« Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques. .. Une société civile forte, le respect pour la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme, ce ne sont pas seulement des valeurs américaines, ce sont des valeurs universelles »

Le secrétaire d’État a promis que les États-Unis continueraient à défendre « la liberté de la presse, y compris pour des journalistes poursuivis pour terrorisme ou emprisonnés pour des raisons arbitraires.»

http://www.jeuneafrique.com/47513/politique/sommet-tats-unis-afrique-le-message-de-john-kerry-aux-dirigeants-africains/

John Kerry cité par Linda Thomas Greenfield : « Les États- Unis (allaient) continuer à défendre les limites constitutionnelles aux mandats, comme (ils l’ont) fait dans des pays du monde entier, y compris en Afrique. ils exhorteraient les dirigeants à ne pas modifier les Constitutions nationales au profit d’intérêts personnels ou politiques. »

http://www.forumdesas.org/spip.php?article2246

 

– 4, 5 ou 6 août 2014, RDC : Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15, conférence de presse

«Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de la RDC que la loi fondamentale soit respectée»

http://oeildafrique.com/apres-sortie-russ-feingold-kabila-se-fache-contre-les-usa/

Kongo Times : « Lors d’une conférence de presse en marge du sommet Etats-Unis – Afrique, Russ Feingold, a rappelé que le délai des mandats présidentiels doit être respecté en RDC. Le sénateur américain a prévenu que les Etats Unis vont utiliser tous les moyens pour faire respecter la constitution. Russ Feingold devant plusieurs journalistes, a répété que tout changement de la constitution sera inacceptable. Le sénateur démocrate a aussi insisté pour que la commission électorale nationale indépendante publie un calendrier global»

http://afrique.kongotimes.info/rdc/rdc_elections/7950-rdc-etats-unis-vont-utiliser-tous-moyens-pour-faire-respecter-constitution-russ-feingold-lambert-mende-livrent-bataille-mots-democratie-dangereux-virage.html

 

– 12 septembre 2014, Burkina Faso : Parti Socialiste français, Jean-Marc Germain, secrétaire national à l’International et à la Francophonie, Sandrine Mazetier, secrétaire nationale à l’Immigration, co-développement, lors du passage à Paris de Zéphirin Diabré

« Sandrine Mazetier, secrétaire nationale à l’Immigration et au co-développement du Parti socialiste, a reçu ce vendredi 12 septembre, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition burkinabè. M. Diabré a informé le Parti socialiste de la situation au Burkina Faso, notamment du projet présidentiel d’une révision de la Constitution, par la voie référendaire ou parlementaire. Le Parti socialiste exprime son inquiétude sur ce projet, également observé dans d’autres pays africains. Le Parti socialiste affirme avec vigueur que toute révision constitutionnelle d’ampleur doit se faire en plein accord avec toutes les forces politiques et dans le respect des règles de l’Union africaine et de la Charte de l’Organisation internationale de la francophonie

http://www.parti-socialiste.fr/communiques/international-rencontre-avec-zephirin-diabre-chef-de-file-de-lopposition-burkinabe

 

– 13 septembre 2014, Ban Ki Moon, message lors de la journée mondiale de la démocratie de l’ONU

« Je vous demande à vous, les jeunes, qui n’avez jamais été aussi nombreux, de faire face aux défis qui se présentent et de réfléchir aux moyens de les relever; de prendre votre destin en main et de réaliser vos rêves afin de bâtir un avenir meilleur pour tous; de contribuer à ériger des sociétés plus solides et plus démocratiques; de collaborer et d’user de votre créativité pour devenir les architectes d’un avenir sans laissés pour compte; d’offrir à l’humanité de meilleurs lendemains. En cette Journée internationale de la démocratie, j’engage tous les jeunes, où qu’ils soient, à jouer un rôle de premier plan pour promouvoir la démocratie inclusive, partout dans le monde. »

http://www.un.org/fr/events/democracyday/2014/sgmessage.shtml

 

– 16 septembre 2014, RDC : Eglise catholique, Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) depuis Rome, abbé Donatien Nshole, porte-parole

« La menace d’une modification plus fondamentale de la Constitution devient de plus en plus précise. Nous réaffirmons ainsi notre position à toute modification de l’article 220, article verrouillé de notre Constitution, qui stipule que la forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. La CENCO n’ignore pas que toute Constitution est modifiable mais elle rappelle que l’article 220 a été verrouillé par le constituant lui-même justement pour échapper à cette modification. Le modifier, c’est refaire marche en arrière sur le chemin de la construction de notre démocratie et compromettre gravement l’avenir harmonieux de la nation. »

http://www.rfi.fr/afrique/20140916-rdc-eglise-catholique-dit-non-revision-constitution-cenco-presidentielle

https://wazaonline.com/fr/liberte-dexpression/constitution-congolaise-la-lettre-des-eveques-catholiques

 

– 26 septembre 2014, Saïd Djinnit, nouvel envoyé spécial de l’ONU dans les Grands Lacs, sur RFI

«  La position de principe de l’ONU sur ce sujet, c’est d’encourager les Etats à respecter les constitutions et à créer les conditions les plus propices pour la tenue de l’élection démocratique et pacifique. »

http://www.rfi.fr/emission/20140926-said-djinnit-position-onu-est-encourager-etats/

 

– 2 octobre 2014, RDC : Wolfgang Manig, ambassadeur d’Allemagne

« Si elle (la révision de la Constitution) aura des conséquences sur la stabilité du pays, il serait mieux de s’abstenir ».

http://lepotentielonline.com/site2/index.php?option=com_content&view=article&id=10949:revision-de-la-constitution-berlin-met-en-garde-kinshasa&catid=85:a-la-une&Itemid=472

 

– 5 octobre 2014, Linda Thomas Greenfield, Secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires africaines pour les Etats-Unis, tribune dans Jeune Afrique :

« Il est important de noter que ce type de limitation offre un mécanisme de responsabilisation des dirigeants, réduit les tendances à la corruption en garantissant une alternance politique, donne aux nouvelles générations l’opportunité de se présenter à des fonctions électives et leur permet de se choisir de nouveaux leaders. La limitation du nombre de mandats est également cruciale parce que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions « , comme le disait le président Obama lors de son déplacement au Ghana en 2009. .. Dans son allocution devant le Forum de la société civile, à la veille de l’ouverture du sommet de Washington, le secrétaire d’Etat, John Kerry, a déclaré que les États- Unis « (allaient) continuer à défendre les limites constitutionnelles aux mandats, comme (ils l’ont) fait dans des pays du monde entier, y compris en Afrique », et qu’ils « exhorteraient les dirigeants â ne pas modifier les Constitutions nationales au profit d’intérêts personnels ou politiques ». »

http://www.forumdesas.org/spip.php?article2246

 

– 1er octobre 2014, Togo : Eglises Catholique, Evangélique, Méthodiste, sur les réformes attendues depuis l’APG dont la limitation à 2 mandats comme préalable à la présidentielle de 2015

«  C’est avec grand étonnement et profonde déception que la Conférence des Evêques du Togo, le Bureau Exécutif de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo et le Comité Exécutif de l’Eglise Méthodiste du Togo ont appris, le 30 juin 2014, le rejet par l’Assemblée Nationale du projet de loi introduit par le Gouvernement suite au dialogue politique entre partis parlementaires initié par le Premier Ministre au sujet des réformes institutionnelles et constitutionnelles préconisées par l’Accord Politique Global de 2006. ..  Ils considèrent cette rebuffade essuyée par le peuple comme un regrettable recul enregistré dans l’engagement pris par les mêmes acteurs d’une part depuis plus de huit ans dans le cadre de l’APG, et, d’autre part, depuis plus de deux ans dans le processus de mise en oeuvre des recommandations de la CVJR. Ils observent enfin que depuis le 30 juin, aucune autre démarche n’est entreprise pour trouver une issue à cette question capitale pour l’avenir de notre Pays. »

http://www.cevaa.org/documents/appel-commun-des-eglises-pour-les-reformes-au-togo/at_download/file

 

– 10 octobre 2014, Togo, ambassadeurs Union européenne, France, Allemagne, USA, sur les réformes attendues depuis l’APG dont la limitation à 2 mandats comme préalable à la présidentielle de 2015

« Les Chefs de missions de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, des Etats-unis d’Amérique ainsi que la coordinatrice résidente du système des Nations unies accrédités au Togo s’associent à l’appel récent des églises du Togo en faveur d’une issue positive du processus de réformes constitutionnelles, encore inachevées».

http://fr.starafrica.com/actualites/des-diplomates-occidentaux-pour-la-poursuite-du-processus-de-reformes-constitutionnelles-au-togo.html

 

– 15 octobre 2014 : Campagne « Tournons la page », appel

« L’absence de réaction de l’opinion internationale serait, pour les régimes africains concernés, un véritable blanc-seing pour imposer, y compris par la violence, une intolérable modification constitutionnelle pour se maintenir au pouvoir. Laisser l’un d’eux perpétrer ce parjure, c’est ouvrir la brèche qui les autorisera tous à s’y engouffrer. »

http://tournonslapage.com/en-afrique-comme-ailleurs-pas-de-democratie-sans-alternance/

 

– 23 octobre 2014, Burkina Faso : Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangère, conférence de presse + RFI 24.10.15

« La France réitère son attachement au respect des principes définis par l’Union africaine sur les changements constitutionnels visant à permettre aux dirigeants de se maintenir au pouvoir. Le président de la République a écrit en ce sens au président Compaoré le 7 octobre. La France a sur ce sujet un dialogue régulier avec ses partenaires africains, notamment l’Union africaine, et internationaux. Le Burkina Faso est un partenaire important pour la France et joue un rôle essentiel dans la stabilité de la région et la résolution des crises. Il est primordial qu’il envisage son propre avenir de manière consensuelle et apaisée ».

http://lefaso.net/spip.php?article61386

« Ce n’est pas à nous de nous ingérer dans ce débat. Mais la France a une position de principe qui est son attachement à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. C’est un texte que l’ensemble des Etats africains doivent respecter. Et son article 23 est très clair en matière de révision des Constitutions qui aurait pour objectif d’empêcher des alternances démocratiques. En affirmant ce principe et en rappelant ce principe, la position de la France est très claire. Et elle a cette position à l’égard de l’ensemble des Etats africains car il en va de la crédibilité de l’Union africaine et de la Charte» (RFI)

http://www.rfi.fr/afrique/20141024-burkina-projet-revision-referendum-constitution-vote-deputes-verdict-octobrecompaor

 

– 27 octobre 2014, Collectif de Solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique, Paris « Burkina Faso, Afrique : limitation du nombre de mandats présidentiels, aucune exception n’est plus acceptable »

« Les années 2015 et 2016 seront essentielles pour la démocratisation de l’Afrique : 25 présidentielles, auxquelles s’ajoutent 3 présidents élus par les parlements, 21 législatives, 46 élections dans 54 pays sur 2 ans. Plusieurs autres présidents africains se confronteront à la limitation du nombre de mandats. Comme le montre le tableau suivant des présidentielles où se pose la question, au moins quatre présidents, au Burkina Faso, au Togo, au Congo Brazzaville et en RDC, s’opposent ou s’opposeront à la limitation et aux mobilisations populaires qui ne feront que s’intensifier. A ces pays, s’ajoutent le Burundi, où le président essaye de rester face à une forte résistance de son opposition et à des pressions internationales liés aux accords de paix d’Arusha de 2000, et s’ajoutera peut-être le Rwanda. A l’échelle du continent, le respect d’une limitation à deux mandats, si possible de 5 ans, constitue l’un des rares leviers qui facilitera les alternances, le renouvellement des classes politiques, la fin des dictatures, une véritable démocratie et, indirectement, la prévention des crises. Le Collectif de Solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique soutient la population burkinabé, la société civile et les partis politiques en lutte contre la modification de la constitution, souligne le risque de violences et de répression, appelle le gouvernement français à éviter tout soutien au président burkinabé, à prendre position pour la démocratie en Afrique et pour un respect strict des limitations du nombre de mandats présidentiels.

https://electionsafrique.wordpress.com/2014/10/27/communique-burkina-faso-afrique-limitation-du-nombre-de-mandats-presidentiels-aucune-exception-nest-plus-acceptable/

 

– 3 novembre 2014, Bénin : Boni Yayi sur retrait du projet de révision de la constitution de l’Assemblée nationale.

«Je ne briguerai plus un autre mandat (…) Je ne toucherai pas à ma Constitution. Non, non, je le jure »

http://www.lanouvelleexpression.info/index.php?option=com_k2&view=item&id=420:b%C3%A9nin-yayi-boni-tire-les-le%C3%A7ons-du-burkina-faso&Itemid=665

 

– 29 novembre 2014, François Hollande, Sommet de la Francophonie de Dakar

« La Francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres. C’est ce qui vient de s’accomplir en Tunisie. C’est une belle illustration que ce soit dans un pays francophone qu’il y ait eu la réussite d’un printemps arabe. Cet accomplissement, cette transition doivent également servir de leçon. Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. Il y a quelques semaines, le peuple burkinabé a fait une belle démonstration. À lui aussi de maîtriser ce processus, de faire en sorte que les règles puissent être posées et, encore une fois, respectées, que la réconciliation vienne et que l’on évite tout règlement de compte inutile. Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabé doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas. »

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/sommet_xv_discours_inaug_3_france_dakar_2014.pdf

 

– 28 novembre 2014, Macky Sall, interview France 24 Jean-Karim Fall

« Je suis favorable à la limitation des mandats dans le temps »

http://www.france24.com/fr/20141128-macky-sall-francophonie-senegal-dakar-favorable-limitation-mandats-temps

 

– 29 ou 30 novembre 2014, Rwanda : Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangères du Rwanda après discours de François Hollande, sur France 24

« Ce qui nous préoccupe au Rwanda, c’est de pouvoir préserver le gain que le pays a eu au cours des 20 dernières années. Le reste c’est procédural, c’est mécanique, ce n’est pas une préoccupation des Rwandais, d’autant que nous sommes à trois ans des prochaines échéances… Je trouve que ce n’est pas normal que ce soit le président français, François Hollande, qui décide ce qu’il va se passer dans les pays africains par rapport à leur avenir politique… C’est une sorte de démocratie ‘Made in France’ et au Rwanda on trouve cela choquant. C’est du ressort des citoyens africains, ça ne peut pas venir de la France ».

http://www.france24.com/fr/20141130-louise-mushikiwabo-rwanda-critique-hollande-afrique-sommet-francophonie/

 

– 30 novembre 2014, François Hollande, Sommet de la Francophonie de Dakar, précision sur discours du 29

« Il peut y avoir des révisions de Constitution. Mais quand elle a été adoptée par un peuple avec des règles pour les candidatures, il ne peut pas être question, à quelques jours d’un scrutin, de changer l’ordre constitutionnel».

http://www.reuters.fr/article/topNews/idFRKCN0JE0R620141130
– 17 décembre 2014, John Mahama, président du Ghana, interview à Aljazeera

« Eh bien, je ne peux pas parler pour les autres pays. Je peux parler seulement que pour mon pays. Mon pays a une limite stricte de deux mandats et je ne pense pas qu’un Président au Ghana puisse changer cela, c’est une clause consacrée dans notre Constitution, très ancrée et je ne pense pas qu’un dirigeant soit tenté de la modifier  … les différents pays ont de différentes constitutions … Je n’aime pas porter de jugement … les gens doivent apprendre la démocratie, c’est un processus ; lorsque la société avance, la démocratie continuera de prendre ses racines dans la culture et les habitudes du peuple.»

http://www.imatin.net/article/politique/accra-limite-de-mandat-presidentiel-en-afrique-john-mahama-se-prononce_24876_1418814149.html

 

– 17 décembre 2014, Abdoulaye Bathily, représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale, interview RFI Laurent Correau

« On n’a pas besoin de modifier les constitutions pour simplement maintenir un individu à la tête d’un pays. .. je milite pour qu’il y ait des changements à la tête des pays et que les règles constitutionnelles soient respectées de manière globale. Un président qui a exercé un mandat, deux mandats dans le cadre d’une constitution, s’il s’avère nécessaire de modifier cette constitution, il ne peut pas y avoir d’effet rétroactif qui lui permette de dire, l’ancienne constitution doit être mise de côté et moi je dois reprendre un nouveau mandat, deux nouveaux mandats. Pour moi, cela n’a pas de sens. »

http://www.rfi.fr/emission/20141217-abdoulaye-bathily-boko-haram-onu-nigeria-terrorisme-securite-afrique-centrale/

 

– 8 décembre 2015, publié vers Noël, Congo B : église catholique, message de Noël des Evêques du Congo,

« Le débat sur le changement ou la révision de la constitution est politique. A ce titre, il concerne l’ensemble des Congolais, chacun selon sa situation sociale et son rang… Entre l’indifférence égoïste et la protestation violente, il y a une opinion toujours possible : le dialogue ». Le dialogue politique constitue la pierre angulaire de toute vraie démocratie. Il vous revient d’inscrire notre pays dans la modernité, la prospérité, parmi les grandes nations. .. Aussi, nous tenons à rappeler que L’Eglise a le devoir moral, de faire remarquer qu’en régime démocratique, aucune réforme qui suscite de fortes 5 tensions et oppositions n’a jamais profité au peuple. A qui et à quoi servirait un changement de la Constitution dans la division, sinon qu’à mettre en péril la paix sociale ? Ce serait un recul pour notre pays. La Constitution du 20 janvier 2002, certes peut être révisée pour des motifs légitimes et opportuns. Cependant, nous estimons qu’il y a un certain nombre de dispositions que nous trouvons fondamentales pour toute démocratie et qui méritent d’être toujours sauvegardées. Au nombre de ces dispositions, l’on peut citer: L’article 185 en ses alinéas 2 et 3 qui stipulent respectivement :«  Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire» ; « La forme républicaine, le caractère laïc de l’Etat, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que les droits énoncés aux titres I et II ne peuvent faire l’objet de révision». Nous devons considérer ces dispositions comme un acquis précieux que nous avons tous à protéger, à défendre et à promouvoir pour garantir un avenir stable et serein à notre jeune démocratie. Remettre en cause cet acquis serait provoquer un recul devant l’histoire qui ne ferait pas du tout honneur à notre cher beau pays, dans le concert des nations modernes et qui compromettrait notre avenir politique… Finalement, ce qui est en jeu dans ce débat politique actuel, c’est l’épineux problème de l’alternance au pouvoir. De manière explicite, nous Evêques du Congo, nous proposons que l’alternance au pouvoir devienne une règle intangible et immuable pour notre démocratie : un mandat renouvelable une seule fois. La grandeur d’une nation s’évalue par sa culture démocratique : organisation libre et transparente des élections, alternance pacifique au pouvoir, garantie des libertés fondamentales, équilibre des pouvoirs, accès libre aux médias, indépendance de la justice… C’est dans cette perspective qu’il est urgent de mettre en place une commission électorale indépendante et crédible, d’établir des cartes d’électeurs biométriques pour conjurer les risques de fraude, d’organiser un recensement administratif fiable, et un découpage électoral qui tienne compte de la configuration géographique du pays. C’est d’ailleurs la recommandation de l’ensemble de l’épiscopat du continent africain. A ce propos, la lettre pastorale du SCEAM déclare : « le véritable amour de notre patrie et de notre continent doit nous obliger à préférer une gestion transparente et responsable du pouvoir et à remettre ce pouvoir en toute douceur. Ce qui suppose un strict respect des constitutions démocratiques nationales » (9) ».

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/63/82/20/Message-des-Eveques.pdf

 

– 29 décembre 2014: Abdoulaye Bathily, représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale, interview Jeune Afrique, Anne Kappès-Grangé

« Il faut éviter de changer les constitutions, surtout sur une base non consensuelle. Le syndrome burkinabè guette aujourd’hui plusieurs de ces pays. Même là où la question de la constitution ne se pose pas, parce que les pouvoirs ont depuis longtemps réglé la question, l’aspiration à l’alternance est une donnée qui ne doit pas être négligée. Quel que soit le niveau de réalisations d’un pouvoir, quels que soient ses succès économiques, il y aura toujours un désir de changement. »

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2815p036.xml0/onu-diplomatie-constitution-abdoulaye-bathily-afrique-centrale-abdoulaye-bathily-on-ne-touche-pas-aux-constitutions.html

 

– 30 janvier 2015, Ban Ki Moon, sommet de l’Union africaine

« Je partage les craintes émises vis-à-vis des dirigeants qui refusent de quitter leurs fonctions à la fin de leur mandat. Les changements de Constitution non démocratiques et les vides juridiques ne devraient pas être utilisés pour s’accrocher au pouvoir ».

http://www.romandie.com/news/Ban-Kimoon-appelle-les-dirigeants-africains-a-ne-pas-saccrocher-au-pouvoir/560686.rom (Traduction AFP )

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=34173 (Discours officiel)

 

– 3 février 2015, RDC : Eglise catholique : Mgr Fridolin Ambongo, président de la commission Justice et Paix de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et Abbé Santedi, secrétaire général de la CENCO, à Paris, invité par Tournons la Page, interview Florence Morice

« Je crois que la question fondamentale pour le peuple congolais est : “Est-ce qu’il [Joseph Kabila] se présente en 2016, oui ou non ?”. Le fait qu’il ne dise rien, cela nous inquiète. Et nous pensons que le peuple doit maintenir la vigilance. […] Le pouvoir a joué deux cartes dans le but de se maintenir au pouvoir. La première, c’était la tentative de changement constitutionnel. Sa deuxième carte est [celle] de la prolongation. Comme ses deux cartes n’ont pas abouties, nous nous posons la question : « Quelle autre carte le pouvoir va jouer aujourd’hui ? » »

http://www.rfi.fr/emission/20150204-mgr-fridolin-ambongo-monusco-joue-role-tres-important-congo-loi-electorale-rdc-ceni-cenco-justice-paix/

Mgr Ambongo a souligné le lien entre la volonté actuelle de démocratie et le début des années 90, la période de l’instauration du multipartisme. Selon lui, le changement principal actuel et le basculement résident dans l’expression des peuples qui, maintenant, « sont en train de vaincre leurs peurs ». L’église, elle, « accompagne le peuple pour l’aider à consolider la démocratie ». « Sentinelle de la cité », elle est vigilante pour éviter un « embrasement » en RDC. … violence de la répression des 19 et 20 janvier, qui a provoqué « 43 morts », … une démocratie, à la fois « politique et économique ». .. Le secrétaire générale de la CENCO, l’Abbé Santedi a souligné la nécessité d’un « approche globale » de la gouvernance concernant les Grands Lacs, les 2 Congos, le Burundi et le Rwanda. La démocratie étant favorable à la paix, il souhaite un soutien international sous la forme d’« une parole forte », et une protection des acteurs de la démocratie, afin que les problèmes de paix et démocratie soient considérés de manière globale, par les acteurs nationaux et internationaux, ensemble, parce que, avec humour, « un seul doigt ne peut éplucher la banane ».

https://regardexcentrique.wordpress.com/2015/02/05/tournons-la-page-leglise-catholique-congolaise-reclame-un-soutien-europeen-a-la-democratie-en-afrique/

Interview Afrika Express, Edem Assignon : « Ce qui est fondamental et que je considère comme une révolution est le basculement et le changement de position du peuple, de nos jours. Beaucoup ont toujours vu les peuples africains surtout ceux du centre comme des passifs. Mais, nous assistons à un changement dont beaucoup de dirigeants politiques n’ont pas encore pris la mesure. Ils s’imaginent être toujours en face des mêmes peuples manipulables à dessein, qui acclament à coup de cadeaux et de corruption. Ce temps est révolu car, les mentalités ont évolué.Cela s’est vérifié d’abord au Burkina Faso. Il y a dix jours, nous en avons fait l’expérience en RDC avec les soulèvements populaires à Kinshasa, Goma, Bukavu etc. et, nous voyons déjà pointé pareille situation au Congo Brazzaville. Les peuples ont surmonté la peur et commencent à s’approprier leur destin. Ils savent maintenant où se trouvent leurs intérêts et ils osent les défendre. Et, nous n’en sommes qu’au début. .. La prise de conscience, ce basculement pour ne pas dire, cette révolution s’étendra inéluctablement vers des pays comme le Togo, le Cameroun, le Tchad, le Zimbabwe… J’en suis sûr et certain au point d’affirmer aujourd’hui que les jours sont comptés pour tous les dictateurs au pouvoir en Afrique… Nous sommes convaincus qu’une exploitation ténébreuse et mafieuse de nos ressources s’alimente de la dictature et du clientélisme. L’ordre dans le domaine politique avec l’avènement de la démocratie va de pair avec l’absolue exigence de la transparence dans l’exploitation des ressources. Si ces deux caps sont tenus, l’Afrique connaîtra des lendemains meilleurs. .. L’Eglise accompagne les peuples dans leurs efforts vers plus d’humanité et de dignité. .. L’Eglise se positionne donc en veilleur et réveilleur des peuples. Elle est la sentinelle de la cité et reste éveillée pour sonner l’alarme quand un danger pointe et menace la sérénité des habitants. L’Eglise en RDC forme et informe le peuple à travers le programme d’éducation civique et électoral. Et, l’éveil auquel nous assistons aujourd’hui est le fruit de tous ses efforts. Et, bien évidemment ce rôle prophétique nous attire des ennuis. .. il y a une insistance et un message très clair du Pape François à revenir à la mission d’élévation de l’être humain.

http://afrikaexpress.info/?p=2543

 

– 9 février 2015, RDC : Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15, conférence de presse à Kinshasa

« Le transfert du pouvoir doit se faire d’une manière pacifique à travers les élections crédibles et transparentes. Pas question de se maintenir au pouvoir en dehors du mandat constitutionnel … Les Usa demeurent un ami de la RDC et se disent prêts à soutenir la tenue des élections crédibles et transparentes, pour le transfert pacifique du pouvoir. Nous avons réitéré à maintes reprises la nécessité de publier un calendrier électoral complet. Maintenant avec l’adoption effective de la loi électorale, nous pensons que les conditions sont là pour que ce calendrier puisse être publié. Et j’aimerai particulièrement souligner le fait que ce calendrier devrait inclure d’une manière claire la tenue des élections présidentielles. .. Ce n’est pas qu’une politique que nous recommandons spécifiquement à la RDC mais c’est une manière de faire qui va s’appliquer à tous les gouvernements de la région et, au-delà, au continent africain. »

http://www.radiookapi.net/actualite/2015/02/09/rdc-le-transfert-des-pouvoirs-doit-se-faire-de-maniere-democratique-affirme-russ-feingold

http://www.rfi.fr/afrique/20150210-rdc-etats-unis-vigilents-respect-constitution-fdlr-fardc-monusco-elections-russ-feingold-joseph-kabila

http://www.forumdesas.org/spip.php?article3341

 

– 10 février 2015, RDC : Louis Michel, au parlement européen

« La situation en RDC est particulièrement préoccupante, voire explosive, à plus d’un titre, ce qui ne serait sans conséquences pour la sous-région … »

http://www.dakaractu.com/La-paix-en-Afrique-une-brouille-entre-la-RD-Congo-et-la-mission-des-Nations-Unies_a84431.html

 

– 12 février 2015, RDC : Ministère des affaires étrangères français (MAEDI)

République démocratique du Congo – Préparation des élections (12 février 2015) : La France se réjouit de la publication par la commission électorale nationale indépendante du calendrier global du prochain cycle électoral, ainsi que la promulgation de la loi électorale votée fin janvier. Il importe désormais d’assurer la mise en œuvre de ces textes dans le respect des échéances fixées, de la constitution congolaise et des principes de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007. Nous encourageons les autorités congolaises à assurer la mise à jour du fichier électoral et à présenter un budget détaillé pour l’ensemble du processus. La France rappelle son attachement à un dialogue ouvert et apaisé entre les acteurs politiques congolais, gage de crédibilité et de transparence pour le processus électoral à venir.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/republique-democratique-du-congo/la-france-et-la-republique-1219/evenements-3672/article/republique-democratique-du-congo-117951?xtor=RSS-4

 

– 24 février 2015, Russ Feingold, Envoyé spécial des USA pour les Grands Lacs jusqu’au 22.2.15 à l’U.S. Institute of Peace.

« Sustained American Attention to the Great Lakes Region of Africa… There are, however, some priorities that are especially crucial to America’s overall foreign policy objectives that should be part and parcel of our analysis of and action in the region. In my view, the Great Lakes region directly impacts our own national security, environmental, and economic challenges going into the heart of the 21st century. .. Our national interests, including our commitment to democracy political freedoms, and national security, and our international leadership position must be part of our approach to the African Great Lakes as well. Happily, these combined interests, including the moral and humanitarian, are more than sufficient to justify even more American attention to the region in the future…. E. Elections and Political Freedom in the Region I’d like to turn now to a topic that I view as critical and necessary for peace and development to take root in the Great Lakes region and that is the topic of elections, and the related issue of political freedom. Timely, credible elections are the cornerstones of democracy, and are the key to unlocking the vast potential of this region. Over the next three years, several countries in the region are scheduled to hold national elections. Much attention, however, is focused on the future of four countries in the Great Lakes region, Burundi, Republic of Congo, DRC, and Rwanda. These four countries have the opportunity to establish their place among the community of nations who defend democratic ideals and promote the free, fair, and transparent election of its leaders. On the other hand, the spillover effect of bad elections, or the postponement of national elections in these countries could have regional repercussions, as well as severe consequences for the individual countries themselves. These countries, and their leadership, can signal to their citizens, the region, and the world their commitment to the future of their countries and the value they place on the electoral process by adhering to their constitutions – including constitutional provisions regarding term limits. The peaceful transition of power is not a luxury a society should crave, but rather is a basic right. It is a principle the United States promotes in all countries across the region, and, indeed, the world. Changing constitutions and eliminating term-limits to favor current incumbents is inconsistent with democratic principles, reduces confidence in democratic institutions, often leading to serious instability, and undermines the legacy and legitimacy of any individual who demands such steps. I have spoken out about my concerns regarding deviation from the path to peaceful transition of power throughout my tenure as Special Envoy. The promotion of democracy supports universal human rights by empowering civil society and advancing the right to speak freely, peacefully assemble and associate, and by supporting the ability of people to determine their future. A peaceful opposition and civil society are key stakeholders in the electoral process, and they must be permitted to express themselves without fear of reprisals. Security force abuses against those who peacefully seek to promote the democratic process earn our condemnation and damage bi-lateral relationships. These national elections are scheduled for 2015 in Burundi, 2016 in the Republic of Congo and DRC, and 2017 in Rwanda. The presidents of these countries have the opportunity to safeguard their legacies as the leaders with the vision to ensure their countries are firmly on the path to democratization and to a future that is not scripted by the few. In the United States and Africa, former presidents continue to serve important roles as experienced leaders on the national and international stage. We are particularly encouraged by ongoing efforts to pass legislation regarding the future roles of past presidents in the DRC. .. 1. RDC … 2. Burundi : … Unlike the DRC and other countries on the continent, the Burundian constitution could be read to allow President Nkurunziza to hold a third term. The United States does not refute that there is a legal argument for a third term. Instead, as a friend and ally of Burundi, the United States is urging the Burundian government to ensure that the upcoming elections are consistent with the Arusha Accords, which state unambiguously that no president shall serve more than two terms. It is our belief that upholding Arusha, including its provision on term limits, is key to maintaining a still fragile stability in Burundi in the near-term. So, we are not making a legal argument here. President Nkurunziza has overseen Burundi’s incredible progress over the past ten years and his legacy will reflect that progress. His legacy will not be the same, however, if he runs again and violates Arusha. Furthermore, the test for Burundi is not merely in the outcome of the elections, but also in the electoral process. The credibility of an election depends not just on election day, but on the whole electoral process. 3. Rwanda We look forward to supporting Rwanda’s upcoming electoral process. We hope to see improvements to better enable political parties to register and participate in elections and to ensure that people and the press can freely converse about the electoral process. Rwanda is an example to be followed when it comes to women’s rights, the rights of the disabled, and the promotion of economic opportunities. The country’s world standing would be further strengthened by efforts to similarly lead on the protection of political freedoms and promotion of democracy, including President Kagame’s respect for term limits.

http://www.state.gov/s/greatlakes_drc/releases/2015/240838.htm

 

– 6 mars 2015, Burundi : Patrick Spirlet, ambassadeur de l’Union européenne au Burundi (belge)

« Nous pensons que ces divisions dans un moment où le pays a besoin de tout l’apaisement nécessaire pour aller aux élections de façon paisible doivent être prises en compte. Et il est certain que dans notre analyse, la présentation pour un troisième mandat du président actuel peut créer un certain nombre de tensions et présenter un certain nombre de risques. C’est pour ça que nous avons fait un appel au gouvernement pour qu’il aborde cette question avec beaucoup de prudence en essayant de favoriser une position si ce n’est consensuelle, en tout cas apaisée entre tous les points de vue pour éviter que cette question détériore le climat politique. »

http://www.rfi.fr/afrique/20150306-burundi-ue-met-garde-3e-mandat-president-pierre-nkurunziza-accord-arusha-constitution-patrick-spirlet

 

– 7 mars 2015, Burundi : Eglise catholique du Burundi, déclaration des huit évêques catholiques du Burundi en kirundi présentée à la presse par Mgr Evariste Ngoyagoye, Archevêque de Bujumbura et Vice-président de la Conférence épiscopale du Burundi

« Après analyse de l’accord de paix d’Arusha (Tanzanie) et de la Constitution qui en est issue, en interrogeant notre cœur comme des citoyens qui aiment leur pays et comme des bergers de l’Eglise qui ne veulent pas voir le Burundi retomber dans les divisions, les affrontements ou la guerre, nous disons que les Burundais ont convenu sans aucune ambiguïté que toute personne élue pour diriger le Burundi ne peut aller au-delà de deux mandats de cinq ans chacun » Les Evêques ont en outre proclamé « une Neuvaine, du 13 au 21 mars, afin de demander à Notre Seigneur Jésus Christ de donner au Burundi une alternance au sommet, dans la sérénité et la paix, au travers d’élections transparentes ». La déclaration doit être lue dans toutes les églises catholiques dimanche 8 Mars.

http://www.rnanews.com/national/9903-leglise-catholique-du-burundi-contre-un-troisieme-mandat-du-president-nkurunziza

 

– 14 mars 2015, Burundi : Conseil de sécurité de l’ONU, Bujumbura

François Delattre, l’ambassadeur de France auprès des Nations unies : « Le Burundi est à un moment important de son histoire, après dix ans d’efforts vers la paix profondément enracinée dans les accords d’Arusha dont la lettre et l’esprit doivent être au cœur de la feuille de route pour l’avenir aussi. »

Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies : « Ce que nous avons voulu faire passer comme message aujourd’hui c’est que le troisième mandat est une question extrêmement porteuse de divisions pour le Burundi, et la position des Etats-Unis est claire sur ce point : la lettre des accords d’Arusha est qu’il ne peut pas y avoir de troisième mandat»

 

– 7 avril 2015, Paul Kagamé, interview Jeune Afrique F Soudan

Q : Est-ce là votre réponse à ceux qui, comme le président François Hollande ou le secrétaire d’État John Kerry, demandent aux chefs d’État africains de ne pas modifier leur Constitution pour se faire réélire ? Absolument. D’ailleurs, nous ne nous sentons pas visés par ce genre de leçons. Il va de soi que nul ne peut nous dicter notre conduite. Q Si beaucoup de Rwandais vous demandent de vous représenter en 2017, n’est-ce pas aussi un constat d’échec de votre part ? Pourquoi n’avez-vous pas pu, ou voulu, laisser émerger un successeur crédible ? J’ai du mal à vous suivre : ce que vous préconisez là est tout simplement antidémocratique. Où avez-vous vu, en démocratie, un président élever, fabriquer puis imposer un successeur ? Cela n’est valable que pour les monarchies ou les dictatures. Le Rwanda n’est ni l’une ni l’autre. Ce n’est pas à moi de décider qui sera mon successeur, c’est au peuple de le choisir. Pour le reste, on ne peut pas à la fois nous sommer de nous conformer aux standards démocratiques et nous reprocher de ne pas les violer. C’est absurde. Q. Pour la plupart des observateurs, le programme est le suivant : le Parlement va abroger l’article 101, puis les Rwandais se prononceront par référendum. Est-ce exact ? Je n’en ai aucune idée, et vous vous adressez à la mauvaise personne. 2017, je le répète, c’est l’affaire du peuple.

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2829p020.xml0/diplomatie-lections-paul-kagam-interviews-interview-rwanda-paul-kagam-nul-ne-peut-nous-dicter-notre-conduite.html

 

– 28 avril 2015, Burundi : Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA)

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine : « Rappelle ses responsabilités dans la prévention et le règlement des conflits aux termes du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, et demande instamment à tous les acteurs burundais de faire preuve de la plus grande retenue et d’œuvrer à la promotion de la culture du constitutionnalisme pour, dans le respect de la légalité, surmonter leurs divergences, et faciliter la tenue d’élections paisibles, libres, transparentes et crédibles. .. Prend note de la saisine du Conseil constitutionnel par le Sénat burundais pour l’interprétation de la Constitution du Burundi en ce qui concerne la recevabilité de la candidature de S.E. le Président Pierre Nkurunziza pour réélection. Le Conseil demande aux parties prenantes burundaises de respecter la décision que prendra le Conseil constitutionnel; »

https://bujanews.wordpress.com/2015/05/04/lunion-africaine-a-adopte-une-decision-sur-les-derniers-developpements-au-burundi/

 

– 7 mai 2015, Burundi : Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l’Union Africaine (UA), entretien à la télévision chinoise CCTV

« À part la Cour [constitutionnelle] burundaise, toute autre interprétation que nous avons de la Constitution est qu’il ne devrait pas y avoir de troisième mandat. .. (situation) pas propice  (à l’organisation d’élections. .. On ne peut pas aller dans un pays, rencontrer des réfugiés qui fuient, et dire [que] nous allons observer les élections. Dans l’état actuel des choses, je ne vois même pas comment des élections peuvent avoir lieu. »

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/05/07/burundi-l-union-africaine-opposee-a-un-troisieme-mandat-de-pierre-nkurunziza_4629802_3212.html

 

– 18 mai 2015, Rwanda : Peter Fahrenholtz, ambassadeur de Belgique au Rwanda

«Il ne m’appartient pas de dire qui doit être le prochain président de ce pays ni si la constitution doit être amendée. Cela ne m’appartient pas du tout. Tout dépend de ce que veut le peuple rwandais et de ce qui est le mieux pour le pays. Le Rwanda a connu d’énormes succès pendant ces 21 dernières années. Il a su réaliser une grande sécurité, stabilité, paix et progrès, la vie de tout le monde s’améliore et tel devrait être l’avenir. Politiquement, tout dépend de ce que veut la majorité du peuple. Si la majorité ou tous veulent la même chose,

qu’est-ce qui peut tourner mal? Voilà le plus important dont tous les pays ont besoin. Le problème c’est la divergence quand une partie de la population veut ceci et une autre partie veut cela ou certains leaders politiques veulent ceci tandis que la population veut cela. Au Burundi, par exemple, où est le consensus de la population? Voilà pourquoi la démocratie est le meilleur système: la volonté de la majorité. Si vous avez l’appui de la majorité, vous savez dès lors quelle direction prendre et tout ira bien. Concernant le processus, on peut s’attendre à un processus clair pour amender la constitution et les règles sont là. Je suis sûr que nous aurons un processus transparent et équitable pour amender la Constitution et pour avoir les élections. J’en suis sûr, totalement sûr et il appartient vraiment au peuple rwandais de prendre les décisions nécessaires.» concernant le président burundais Nkurunziza : « il serait mieux pour lui de ne plus se présenter » conseil «d’utiliser de la sagesse et […]de quitter et permettre au pays d’avancer».

http://www.africania-news.com/20150609-afrique-discours-diplomatique-et-mandats-presidentiels-en-afrique-centrale

 

– 20 et 21 mai 2015, Togo et Gambie : sommet de la CEDEAO

Les ministres des Affaires étrangères de la CEDEAO avaient adopté la veille une proposition pour la limitation du nombre des mandats présidentiels à deux.

http://www.bbc.com/afrique/region/2015/05/150520_ecowas_mandate

La proposition de limite du mandat a été soutenue par le Représentant spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest M. Mohammed Ibn Chambas.

http://letempstg.com/2015/05/21/cedeao-le-togo-et-la-gambie-contre-la-limitation-du-mandat-presidentiel/

John Mahama : « plan qui favorise les départs volontaires du pouvoir »

http://afrikaexpress.info/?p=2121

Faure Gnassingbé et Yahya Jammeh : Le chef d’Etat togolais Faure Gnassingbé, qui vient d’être élu pour un troisième mandat et le n°1 de la Gambie, Yahya Jammeh qui est à son quatrième mandat, estiment qu’une politique régionale visant à limiter le mandat présidentiel ne pourrait convenir, dans la mesure où chaque pays a un contexte politique qui lui est spécifique.

http://agenceafrique.com/4506-cedeao-lome-et-banjul-opposees-a-limitation-des-mandats-presidentiels.html

Hannah Tetteh, Ministre ghanéenne des affaires étrangères : « La proposition était mise à l’ordre du jour afin que les chefs d’Etat et de gouvernements décident et à la fin des délibérations d’aujourd’hui, elle n’a pas été adoptée. Ce point de vue dissident (du Togo et la Gambie) est devenu le point de vue de la majorité à la fin de la journée.»

http://letempstg.com/2015/05/21/cedeao-le-togo-et-la-gambie-contre-la-limitation-du-mandat-presidentiel/

 

– 4 juin 2015, Rwanda : Rodney Ford, le porte-parole du département d’Etat américain en charge des affaires africaines

« Nous sommes engagés à soutenir une transition pacifique et démocratique en 2017 afin qu’un nouveau président soit élu par le peuple rwandais … La Constitution rwandaise actuelle limite le nombre de mandats à deuxNous ne sommes pas pour le changement des constitutions pour des intérêts personnels ou politiques… Des institutions fortes, pas d’hommes forts ».

http://www.rfi.fr/afrique/20150605-rwanda-washington-election-nouveau-president-2017-kagame/

 

– 10 juin 2015, Burundi : Gouvernement allemand

Les « activités intergouvernementales de coopération au développement » de l’Allemagne avec le Burundi ont été rompues après que le président Nkurunziza a présenté sa candidature à un troisième mandat, contrevenant ainsi à la Constitution burundaise.

http://www.nouvelle-europe.eu/zoom-sur-la-politique-africaine-de-l-allemagne

 

– 10 juin 2015, Burundi : Louis Michel, député européen et co-président de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE dans un communiqué

Le député européen Louis Michel a appelé l’Union européenne à signifier « sans équivoque » au président burundais Pierre Nkurunziza qu’il « s’est disqualifié et a perdu tout crédit ». Il faut, a-t-il dit « empêcher ce drame humain qui risque de contaminer toute la région des grand Lacs…L’Union européenne doit agir sans délai pour prendre des mesures fortes afin de contenir la propagation des actes de violence. Il faut signifier fermement au Président Nkurunziza que le gouvernement qui serait issu d’élections organisées dans l’illégalité et contrairement aux Accords d’Arusha, ne sera pas reconnu par nos institutions… Il y a 21 ans, au Rwanda, nous avons assisté à des conséquences dramatiques et inhumaines de la distribution d’armes au sein de la population. Nous ne pouvons pas reproduire deux fois la même erreur: il est urgent de mettre un terme à l’armement de la milice « Imbonerakure » pour apaiser le climat de peur qui règne sur tout le pays ».

http://www.rtl.be/info/monde/international/burundi-louis-michel-appelle-l-ue-a-signifier-au-president-nkurunziza-qu-il-s-est-disqualifie-730247.aspx

 

– 22 juin 2015, Burundi : Conseil européen

« L’impasse politique au Burundi, la dégradation de la situation sécuritaire et économique, comportent des effets graves pour la population et des risques pour la région toute entière. Face à cette situation critique, l’UE salue la mobilisation de la région pour trouver une issue. Les décisions sur la situation au Burundi adoptées par le Sommet de l’Union Africaine (UA) le 13 juin, ainsi que les conclusions du Sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) du 31 mai dernier, fixent un cadre incontournable pour permettre au Burundi de sortir de la crise.  En rappelant les conclusions du Conseil du 16 mars et du 18 mai 2015, l’UE partage la conviction exprimée par l’UA, la CAE et les Nations Unies (NU) que seuls le dialogue et le consensus, dans le respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution du Burundi, permettront de trouver une solution politique durable dans l’intérêt de la sécurité et la démocratie pour tous les Burundais. Elle appelle, et s’engage à soutenir, tous les acteurs burundais à reprendre le dialogue sur toutes les questions faisant l’objet de divergences entre les parties. .. L’UE est déterminée à adopter, le cas échéant, des mesures restrictives ciblées à l’encontre de ceux dont l’action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’Homme, et/ou entraverait la recherche d’une solution politique dans le cadre proposé par l’UA et la CAE. A titre préventif, le Conseil demande à la Haute Représentante d’initier un travail préparatoire en ce sens. L’UE rappelle les obligations de l’accord de Cotonou en matière de respect des droits de l’homme, des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit et la possibilité d’entamer les procédures de consultations prévues dans l’accord, y compris à l’article 96. »

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/index.php?fichier=bafr2015-06-23.html#Chapitre21

 

– 7 juillet 2015, Congo B : François Hollande, communiqué Elysée lors de la visite du dictateur congolais

« Le président de la République s’est entretenu avec son homologue congolais, M. Denis Sassou Nguesso, le 7 juillet 2015, au Palais de l’Elysée. Ils ont évoqué le processus de sortie de crise en République centrafricaine, pour se féliciter des progrès importants réalisés dans la sécurisation du pays et la réconciliation nationale. Les deux présidents sont convenus qu’il convenait désormais d’assurer la pleine mobilisation de la communauté internationale pour apporter un soutien renforcé au processus électoral et permettre la tenue du scrutin présidentiel aux dates prévues. S’agissant des enjeux d’approfondissement de la démocratie en Afrique, le président français a indiqué son attachement à la préservation et à la consolidation des institutions. Il a rappelé son attachement aux principes de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de l’Union africaine, qui supposent que les réformes constitutionnelles soient fondées sur un consensus. Enfin, François Hollande a salué la mobilisation de la République du Congo en faveur du succès de la Conférence de Paris sur le climat. Il a confirmé au président congolais que l’Afrique, continent le plus exposé aux changements climatiques, devait bénéficier d’une attention particulière dans le cadre des négociations en cours pour parvenir à un accord global à Paris. »

http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/entretien-du-president-de-la-republique-avec-m-denis-sassou-nguesso/

 

– 9 juillet 2015, Burundi : Parlement européen, résolution

« Le Parlement européen, … 11.    insiste sur la nécessité de respecter les accords d’Arusha, seul moyen de garantir une paix et une unité nationale durables; rappelle la suprématie de la constitution, en vertu de laquelle nul ne saurait exercer plus de deux mandats présidentiels; … 14.    adhère pleinement aux conclusions du Conseil européen sur le Burundi du 22 juin 2015 et rappelle les obligations qui découlent de l’accord de Cotonou en ce qui concerne le respect des droits de l’homme, des valeurs démocratiques et de l’État de droit, ainsi que la possibilité d’instaurer des procédures de consultation conformément aux dispositions de ce dernier, notamment de son article 96;»

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+MOTION+B8-2015-0658+0+DOC+XML+V0//FR

 

– 9 juillet 2015, Michaëlle Jean, Secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie, interview à Yaoundé par Thierry Hot

« Q : Quel regard portez-vous sur les débats liés aux changements constitutionnels en Afrique ? Avez-vous des motifs d’inquiétudes pour la situation en RDC, au Congo et au Burundi ? Nous suivons évidemment de très près la situation dans chacun de ces pays. La Francophonie est naturellement concernée par les questions et les débats relatifs aux Constitutions qui, comme vous le savez, sont des instruments fondamentaux garants de l’ordre politique, institutionnel et démocratique de nos pays. Je vous rappelle qu’il y a maintenant près de 14 ans que nos chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté la Déclaration de Bamako, un texte fort qui constitue la référence de la Francophonie en matière de paix, de démocratie et des droits de l’Homme. L’action quotidienne de l’OIF tend à accompagner les Etats dans la mise en œuvre des engagements et à rendre effectifs les grands principes énoncés dans ce document, afin de construire durablement la paix, édifier des démocraties viables et promouvoir l’Etat de droit au sein de l’espace francophone. C’est pourquoi j’encourage le respect des Constitutions que les peuples se sont données librement en privilégiant toujours le dialogue et la recherche de consensus là où les problèmes peuvent se poser. C’est à ce prix seulement que nous pouvons prospérer, notamment dans un contexte international marqué par des menaces permanentes à la paix et à la sécurité. Q : En quoi consisterait ce consensus ? A deux valeurs fondamentales : respect des Constitutions et privilégier, en toutes circonstances, l’intérêt supérieur de la nation. Q : Votre position vous autoriserait-elle par exemple à dire aux Présidents Nkurunziza, Sassou et Kabila de ne pas toucher leurs Constitutions sans consensus ? Dans le cadre de ses discussions avec les chefs d’Etats des membres de l’OIF, la Secrétaire générale alerte, sensibilise, et écoute. Elle peut, également, dépêcher des missions et, au besoin, convoquer les instances appropriées de l’OIF pour trouver une solution à un problème devenu aigu. Q : Entendez-vous visiter ces trois pays pour désamorcer d’éventuelles crises politiques ? Je demeure à la disposition des autorités et je serai toujours prête pour me déplacer et désamorcer, comme vous le dites, d’éventuelles crises politiques. Sachez cependant que la Secrétaire générale de la Francophonie dispose d’un certain nombre d’instruments qui lui permettent de contribuer à cela. L’un d’entre eux est la nomination d’envoyés spéciaux : je viens d’ailleurs de nommer M. António Mascarenhas Monteiro, ancien Président du Cap-Vert, comme mon envoyé spécial pour les Grands Lacs. »

http://www.notreafrik.com/michaelle-jean-jencourage-le-respect-des-constitutions-que-les-peuples-se-sont-donnees-librement/

 

– 18 juillet 2015, Rwanda : Foreign Office britannique (source non explicite)

 « … approfondir la gouvernance démocratique, à travers l’ouverture de l’espace politique, une plus grande liberté d’expression et le futur transfert pacifique du pouvoir .. La Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, que le Rwanda a ratifiée, l’engage à veiller à ce qu’il ne porte pas atteinte au droit de peuple à changer démocratiquement de gouvernements. »

http://www.rfi.fr/afrique/20150718-rwanda-3e-mandat-kagame-ue-belgique-londres-alternance/

 

– 28 juillet 2015, Barack Obama devant l’Union africaine,

« Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de se retirer une fois leur mandat terminé / de quitter le pouvoir à l’issue de leur mandat. … Personne ne devrait être président à vie. La loi est la loi, et personne n’est au-dessus, pas même les présidents.» Barack Obama a appelé l’UA à condamner « les coups d’État et les changements illégitimes de pouvoir » mais aussi faire en sorte que les dirigeants africains « respectent les limitations du nombre de mandats et leurs constitutions »
« Lorsqu’un dirigeant essaie de changer les règles au milieu de la partie pour rester en poste, il s’expose à l’instabilité et à la discorde, comme nous l’avons vu au Burundi… La démocratie n’est pas seulement la tenue d’élections. Quand des journalistes sont emprisonnés parce qu’ils ont fait leur travail ou des activistes parce qu’ils ont défendu leurs idées, vous avez peut-être une démocratie sur le papier mais pas en substance... La bonne gouvernance est la meilleure arme contre le terrorisme »

http://www.jeuneafrique.com/251355/politique/barack-obama-ethiopie-points-cles-de-discours-historique-siege-de-lunion-africaine/,
http://www.france24.com/fr/20150728-democratie-corruption-terrorisme-discours-dobama-union-africaine-addis-abeba-burundi
– 5 septembre 2015, Rwanda : John Kirby, porte-parole de la diplomatie américaine

« Nous ne soutenons pas ceux qui, à des postes de pouvoir, changent les constitutions uniquement pour leurs propres intérêts politiques. Nous demeurons pour des transitions démocratiques du pouvoir dans tous les pays, par le biais d’élections libres, justes et crédibles, conformément aux Constitutions et à leurs dispositions limitant les mandats. » Washington a encore rappelé au président Kagame qu’il s’était lui même « engagé à respecter les limites constitutionnelles » de sa présidence.

http://lignedirecte.sn/rwanda-washington-dit-non-a-kagame-pour-un-3eme-mandat/

 

– 12 septembre 2015, Rwanda : Grant Shapps, ministre d’Etat britannique en charge du développement international et de l’Afrique

« Le Royaume uni n’est pas en faveur d’une réforme de la Constitution pour permettre à Paul Kagame de briguer un troisième mandat. Nous croyons que tous les pays dans le monde devraient avoir une presse libre et dynamique, a déclaré Grant Shapps. Nous pensons qu’il devrait y avoir de l’espace pour la société civile. Nous croyons qu’il devrait y avoir de la place pour du débat politique. Nous ne pensons pas que la constitution devrait être amendée. La difficulté avec les amendements de constitutions est qu’une fois qu’un pays le fait, tout le monde pense pouvoir le faire en retour. Beaucoup de pays voisins n’ont pas les mêmes standards que ceux d’ici. »

http://www.rfi.fr/afrique/20150912-royaume-uni-contre-revision-constitution-rwanda-paul-kagame/

 

– 24 septembre 2015, Congo B : Parti socialiste, 24 septembre 2015, communiqué

« En annonçant cette semaine sa décision de soumettre à référendum un projet de modification de la Constitution congolaise, le président Denis Sassou Nguesso s’engage dans une voie condamnable qui vise à priver le peuple congolais de toute alternance politique. Le Parti socialiste dénonce la stratégie du président congolais visant à préparer le terrain d’une suppression du nombre de mandats successifs et de la limite d’âge pour la fonction présidentielle. L’objectif est de violer à la fois la Charte de la démocratie de l’Union africaine et la Constitution congolaise, laquelle stipule précisément que les limites imposées aux mandats présidentiels ne peuvent être sujettes à des modifications constitutionnelles. Le Parti socialiste appelle les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne à agir pour empêcher la tenue de ce référendum et faire respecter l’ordre constitutionnel et le calendrier électoral de 2016. Soutenant les aspirations légitimes du peuple congolais et de sa jeunesse pour la démocratie, la justice et la liberté, le Parti socialiste souhaite que le rassemblement pacifique organisé le 27 septembre à Brazzaville incite le président à renoncer à son projet de coup d’Etat constitutionnel qui risquerait de faire retomber le pays dans les drames du passé et de déstabiliser la région. »

http://www.parti-socialiste.fr/communiques/republique-du-congo-le-parti-socialiste-appelle-le-president-congolais-renoncer-son

 

– 6 octobre 2015, Congo B : Abdoulaye Bathily, représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale, à Paris, interview RFI Christophe Boisbouvier

Congo B : « Q Referendum … 3e mandat ? Il ne nous appartient pas de juger de l’opportunité de telle ou telle décision. Moi mon rôle, c’est de prévenir les conflits et d’appeler les acteurs à des solutions consensuelles pour éviter des crises. Q Consensus ? Je ne suis pas là pour juger. … Je constate qu’il y en a qui estiment qu’il n’y a pas consensus, certains disent qu’il y a consensus et d’autres pas de consensus… S’il y a le dialogue, la discussion, j’espère que l’on arrivera à trouver un terrain d’attente. Je sais comment il faut s’y prendre. L’Afrique entière traverse une période de transition démocratique, et il faut tenir compte d’une nouvelle prise de conscience citoyenne qui émerge dans tous les pays. Et on ne peut plus gouverner comme avant … C’est un appel à tous les acteurs, ce n’est pas seulement au Congo Brazzaville, c’est dans tous les pays d’Afrique centrale et même au-delà. »

http://www.rfi.fr/emission/20151006-abdoulaye-bathily-bozize-djotodia-partie-prenante-crise-tres-grave-rca-onu

NB : RCA : « Je constate que dans les événements qui nous ont amenés là, il y a des responsabilités. Et moi, je parle maintenant en mon nom personnel. Il y a en politique des valeurs fondamentales : la cause du peuple, la démocratie, la paix. Et lorsque qu’à partir d’un certain moment on constate qu’on n’a pas réalisé ce pourquoi on s’est engagé, il faut avoir la générosité d’esprit de s’effacer pour laisser à d’autres d’essayer. […] Je constate, qu’ils (François Bozizé et Michel Djotodia) ont été partie prenante de cette crise très grave. […] Pendant le forum de Bangui, toutes les voix se sont élevées pour dire qu’il faut mettre fin à l’impunité. Il a même été proposé un tribunal spécial sur les crimes commis en Centrafrique. Et je crois qu’il faut aller dans ce sens là. »

http://centrafrique-presse.over-blog.com/2015/10/invite-afrique-m-bathily-il-faut-aller-vers-un-tribunal-special-sur-les-crimes-commis-en-rca.html

 

– 8 octobre 2015 : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs

Si nous insistons fermement pour qu’un dialogue politique global s’instaure entre toutes les parties prenantes au Burundi afin de résoudre la crise, nous sommes parfaitement conscients que plusieurs autres dirigeants de la région se trouvent à un tournant électoral similaire car ils approchent de la fin de leur limitation de mandat prescrite par la Constitution. Les dirigeants de plusieurs pays ont la possibilité de laisser un héritage durable avec une passation de pouvoir pacifique et d’aider la région à tourner la page après des décennies d’instabilité. La politique des États-Unis concernant la nécessité de passations de pouvoir démocratiques régulières, conformément aux limitations de mandat nationales, ne constitue pas une attaque personnelle contre des dirigeants donnés – dont beaucoup ont mené des progrès historiques au sein de la nation. Elle vise plutôt à soutenir et à renforcer les institutions qui aideront un pays à prospérer et à offrir développement et paix à son peuple pour les générations à venir. Ces principes universels seront tout aussi pertinents en République du Congo, en République démocratique du Congo et au Rwanda qu’ils le sont au Burundi et dans notre pays.

http://www.jeuneafrique.com/270555/politique/de-la-necessite-de-respecter-la-limitation-des-mandats-presidentiels/

 

– 12 octobre 2015 : RDC : Union européenne

« … L’Union européenne est également prête à apporter son concours pour permettre au gouvernement, dans le contexte électoral, d’assurer une plus grande ouverture de l’espace politique en veillant au respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, en particulier de la liberté d’expression, d’association et de manifestation, et à assurer la protection de tous les acteurs politiques, de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, conformément à la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance et aux engagements pris dans le cadre de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). »

http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2015/151012_06_fr.htm

 

– 20 octobre 2015, Rwanda : Parti socialiste français,

« Le Parti socialiste s’inquiète en outre de la tentation du pouvoir rwandais de remettre en cause l’ordre constitutionnel et la limite fixée au nombre de mandats présidentiels. A l’instar de précédentes réactions du Parti socialiste liées à des situations similaires, il demande aux autorités rwandaises de renoncer à leur projet de révision constitutionnelle ouvrant la voie à un referendum et de veiller au strict respect de la Constitution actuelle. »

http://www.parti-socialiste.fr/articles/rwanda-le-parti-socialiste-appelle-la-liberation-de-victoire-ingabire

 

– 20 octobre 2015, Congo B : Sarah Sewall, sous-secrétaire d’Etat américaine à la Société civile, la démocratie et les droits de l’homme, Kinshasa,

« La décision du président Sassou d’organiser un référendum sur une nouvelle Constitution qui lui permettrait d’exercer un autre mandat est profondément inquiétante … La Constitution proposée a été rédigée à huis clos, elle a bénéficié d’observations extrêmement limitées de la part du public et elle n’a pas été largement disponible aux électeurs pour examen pendant la campagne ».

http://www.rfi.fr/afrique/20151020-brazzaville-manifestations-affrontement-violent-sassou-pointe-noire-referendum-cong/

 

– 20 octobre 2015, Congo B : Amiral John Kirby, porte-parole du département de la Défense des États-Unis,

« Comme auparavant, nous croyons que de pacifiques, libres, et transparents transferts de pouvoir respectant la limitation existante des mandats sont essentiels pour le développement démocratique et la stabilité à long terme. Nous appelons le président SASSOU à reporter le référendum, pour désamorcer la situation actuelle, et permettre le dialogue et la discussion.»

« As before, we believe peaceful, free, and transparent transfers of power respecting existing term limits are essential to democratic development and long-term stability. We call on President Sassou to postpose the referendum, to defuse the current situation, and allow for dialogue and discussion.»

http://www.state.gov/r/pa/prs/dpb/2015/10/248390.htm#REPUBLICOFTHECONGO
– 20 octobre 2015, Congo B : Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, devant l’Union africaine, ,

« Dans sa Charte pour la démocratie, l’Afrique a fixé une bonne règle : si vous changez une constitution, c’est pour votre successeur, pas pour vous. Nous voulons que voir les pays respecter cette règle, qui est dans votre Charte

« Resilience depends on inclusive and credible elections, on democratic transitions to power. But also on what happens the day before, and after elections. Also on respecting constitutions, including on presidential term limits. In its Charter on Democracy, Africa has set a good rule: that if you change the constitution it should be for your successor, not for you.  We want to see countries respecting that rule, which is in your Charter.»

http://www.eeas.europa.eu/statements-eeas/2015/151020_01_en.htm

 

– 21 octobre 2015, Congo B : François Hollande, conférence de presse avec IBK, réponse à la question « Est-ce que le président Sassou a droit de consulter son peuple et quel est message que vous lui adressez ? »

« Sur le Congo, le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre. Ensuite, une fois que le peuple aura été consulté, cela vaut d’ailleurs pour tous les chefs d’Etat de la planète, il faut toujours veiller à rassembler, et à respecter et à apaiser.»

http://www.elysee.fr/chronologie/#e11217,2015-10-21,entretien-avec-m-ibrahim-boubacar-keita-president-de-la-republique-du-mali-3

Intégralité passage : La vidéo du point de presse : Les présidents François Hollande et Ibrahim Boubacar Keïta ont tenu un point de presse conjoint à l’issue de leur entretien. 26.00 Question de Boniface Villon RFI service Afrique (27.00) Congo Brazzaville Pays africain frère du mal, le referendum, c’est dimanche prochain. Il y a une forte tension en ce moment à Brazzaville : Est-ce que le président Sassou a droit de consulter son peuple et quel est message que vous lui adressez ? (31.30) Réponse de Hollande : Vous m’avez interrogé sur un autre pays que le Mali. Au Mali, il y a eu des élections, elles ont donné le résultat que l’on sait, élection présidentielle, élections législatives. Il y a les autorités, le président IBK les représente, il y a le gouvernement, il y a une assemblée, et nous respections les choix, toujours, des autorités légitimes. Et lorsqu’il se produit , et c’est arrivé, des coups d’Etat, comme au Burkina Faso, l’attitude de la France est toujours d’une très grande clarté, c’est-à-dire ne pas reconnaitre les actes de forces, et appeler aux élections, toujours aux élections. Et d’ailleurs, répondant à une question que vous ne m’avez pas posée, au Burkina Faso, il doit y avoir des élections, elles doivent se tenir dans le meilleur délai. En Centrafrique, là ou nous sommes également intervenu, nous tenons à ce qu’il y ait des élections, et à qu’il n’y ait pas de reports successifs, qui fassent, qu’un à moment le doute existe, et que des actions de force puisse y trouver prétexte. (32.20) Sur le Congo, le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre. Ensuite, une fois que le peuple aura été consulté, cela vaut d’ailleurs pour tous les chefs d’Etat de la planète, il faut toujours veiller à rassembler, et à respecter et à apaiser. Voilà ce que je peux vous dire sur cette question. »

 

– 21 octobre 2015 : Congo B : Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine,

La Présidente de la Commission appelle tous les acteurs concernés à faire preuve de la plus grande retenue et à ne ménager aucun effort pour éviter toute évolution de nature à aggraver la situation actuelle et à engendrer l’instabilité. Elle les exhorte à trouver, par le dialogue, une solution à leurs différences, dans le respect des instruments pertinents de l’UA, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

http://severinnews.over-blog.org/2015/10/l-union-africaine-appalle-les-acteurs-politiques-congolais-a-la-retenue.html

 

– 22 octobre 2015, Congo B : Ban-Ki-Moon,

« Le Secrétaire général encourage toutes les parties concernées à choisir la voie d’un dialogue inclusif avant la tenue de ce référendum et à résoudre pacifiquement tout différend qui pourrait naître dans cet exercice.,Le Secrétaire général appelle également les autorités à garantir le droit de manifester pacifiquement
http://severinnews.over-blog.org/2015/10/ban-ki-moon-encourage-un-dialogue-avant-la-tenue-du-referendum-au-congo-brazzaville.html

 

– 22 octobre 2015, 19h à Paris, Congo B : Union européenne, déclaration

La situation politique en République du Congo et les manifestations suite à l’annonce par le Président Sassou Nguesso de l’organisation d’un référendum constitutionnel comportent des risques pour la stabilité du pays. La liberté d’expression et d’association doit être préservée. La violence ne peut jamais constituer la réponse au défi posé au pays. Un dialogue inclusif est la seule voie pour rétablir un consensus large sur une question d’intérêt national que constitue une révision de la constitution. Ceci doit se faire dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et des engagements pris dans le cadre de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).Dans ce contexte l’Union européenne soutient pleinement la dernière déclaration de la Présidente de la Commission de l’Union africaine sur les développements en cours en République du Congo. L’UE invite le gouvernement et toutes les parties prenantes à mettre en place urgemment les conditions permettant un tel dialogue qui devrait aussi aboutir à une meilleure gouvernance électorale en vue des prochains scrutins.

http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/evenements-en-republique-du-congo/

 

– 22 octobre 2015, Congo B : Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville

« C’est maintenant le moment de la conversion, de se remettre en question, de quitter les vues étriquées de l’égoïsme. Le temps est venu de penser enfin Nation, de penser Congo, tout le Congo, tous les Congolais. Nous avons déjà perdu beaucoup de temps, mais nous pouvons encore sauver ce qui nous reste: la cohésion nationale. C’est donc au carrefour du dialogue que je vous demande de revenir. Dans la situation présente de notre pays, refuser de se parler, avec sincérité et avec désir de s’accorder, serait cynique, voire diabolique – si vous me permettez cette expression. Ce serait s’obstiner à s’enfermer sur soi-même, à s’engager dans une voie sans issue, dans un suicide collectif. La violence sous toutes ses formes, n’engendre que la violence. On sait comment elle commence, mais personne ne sait comment y mettre fin, encore moins comment recoudre les cœurs déchirés par la haine et la rancœur. Ainsi, en paraphrasant l’apôtre Paul et en me faisant le porte-parole de tous ceux et de toutes celles qui souffrent dans notre pays, je vous adresse du fond du coeur cette exhortation: » Laissez-vous réconcilier avec Dieu, avec vous-mêmes et avec vos frères! » (2 Cor 5, 20). En communion avec mes confrères Evêques et les Responsables des Eglises sœurs, j’invite toute la classe politique à mettre en place un cadre de dialogue et de concertation, pouvant être élargi à d’autres composantes de la société, en vue de trouver une issue heureuse et définitive à la crise actuelle, et je réitère la disposition et la disponibilité de l’Eglise pour suivre ce processus. »

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/10/24/referendum__larchev%C3%AAque_de_brazzaville_appelle_au_dialogue/1181825

 

– 22 octobre 2015 (en soirée), Congo B : François Hollande, communiqué rédigé par Hélène Le Gal, conseillère Afrique

Evènements en République du Congo. Le président de la République suit avec grande attention les évènements actuels en République du Congo. Il condamne toute violence et soutient la liberté d’expression. Il rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar, le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables.

http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/evenements-en-republique-du-congo/

 

– 23 octobre 2015, Congo B : Parti Socialiste français

« Le Parti socialiste estime que l’organisation d’un tel référendum est légale, mais son objet comme son opportunité sont discutables et doivent pouvoir être librement discutés. Sur le fond, le Parti socialiste a déjà exprimé ses réserves en d’autres occasions sur les changements constitutionnels dans la perspective d’élections présidentielles. .. La République du Congo ne doit pas connaître à nouveau les luttes fratricides des années passées, et des institutions stables et pérennes en sont la condition indispensable.

http://www.parti-socialiste.fr/communiques/republique-du-congo-le-parti-socialiste-condam »ne-les-violences-et-sinquiete-de-la

 

– 23 octobre 2013, Congo B : Europe Ecologie les Verts

« Congo Brazzaville : La France ne peut cautionner le coup d’Etat institutionnel en cours : … EELV dénonce également le soutien exprimé par François Hollande, le président français, à son homologue congolais lors de son point de presse du 21 octobre 2015. En reconnaissant la légitimité du projet de changement de constitution de M. Sassou Nguesso, non seulement le président français renie sa propre parole mais surtout il répète les erreurs du passé en ignorant les aspirations profondes du peuple congolais ainsi que ses souffrances, souffrances dont une grande partie trouve leur origine dans la mauvaise gouvernance et la gestion autoritaire du pouvoir de M. Sassou Nguesso. EELV demande au gouvernement français de suspendre immédiatement sa coopération militaire et policière avec le régime de M. Sassou Nguesso. EELV appelle le gouvernement français, l’Union européenne, l’Union africaine et l’ensemble de la communauté internationale à faire pression sur le pouvoir congolais en vue d’obtenir l’annulation du projet de nouvelle constitution et à accompagner la République du Congo lors des prochaines élections présidentielles afin que celles-ci puissent répondre aux standards internationaux de transparence et afin qu’elles contribuent à la mise en place et à la consolidation d’une démocratie véritable dans ce pays. »

http://eelv.fr/2015/10/23/go-brazzaville-la-france-ne-peut-cautionner-le-coup-detat-institutionnel-en-cours/

 

– 23 octobre 2015, Congo B : Abdoulaye Bathily, représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale, à Brazzaville

« … la paix ne peut venir que dans le dialogue… »

https://www.facebook.com/video.php?v=482112431971207&set=vb.109738852541902&type=2&theater

 

– 27 octobre 2015, Congo B : François Hollande, déclaration transmise par le Président aux agences de presse et aux médias accrédités à la Présidence

La France prend note des résultats du référendum en République du Congo. Les conditions dans lesquelles ce référendum a été préparé et organisé ne permettent pas d’en apprécier le résultat, notamment en terme de participation.

http://www.romandie.com/news/Congo-les-conditions-d039organisation-du-referendum/643022.rom

 

– 29 octobre 2015: John Kirby, porte-parole de la diplomatie américaine (département d’Etat)

« Les Etats-Unis sont déçus par le processus gravement entaché ayant abouti au récent référendum sur une nouvelle constitution au Congo. La crédibilité du référendum a été altérée par la violence, l’intimidation et de graves restrictions des libertés fondamentales … A la suite de ces évènements, les Etats-Unis, pressent instamment toutes les parties à se rassembler pacifiquement pour prendre part à un dialogue politique ouvert à tous (inclusif) ; ce dialogue, doit conduire à des réformes électorales à prendre de toute urgence et d’un commun accord. Nous appelons également le gouvernement congolais à respecter les droits de ses citoyens aux libertés d’expression, de réunion et d’association, qui sont essentielles à une société démocratique stable. »

http://koaci.com/congo-referendum-constitution-apres-revirement-france-etats-unis-disent-decus–92743.html

http://www.zenga-mambu.com/fiche.php?id=5666

 

– 30 octobre 2015, Congo B : Annick Girardin, secrétaire d’Etat française au Développement et à la Francophonie,

« … il faut rappeler la position de la France. Le président de la République l’a dit il y a plus d’un an ; nous étions à Dakar au sommet de la Francophonie et on a rappelé deux choses. La première, c’est que les constitutions ne doivent pas être malmenées. L’alternance ne doit pas être empêchée. Et le deuxième point, c’est que dans une République, les consultations électorales doivent se tenir dans des conditions de transparence incontestables. Parce qu’on voit bien que s’il n’y a pas de transparence, il y a une contestation de l’opposition, une contestation des populations… Et c’est tout à fait logique. Organiser un scrutin ne suffit pas pour pouvoir cocher la case démocratie… Ça veut dire tout simplement que nous avons des doutes sur les chiffres qui ont été exprimés en termes de participation. Vous savez, il faut faire attention. Il y a, avec récemment ce qui est arrivé au Burkina Faso, des exemples qui montrent que la démocratie, la transparence, doivent être toujours présentes dans les scrutins. C’est ce que nous plaidons. (Q C Boisbouvier : En pointillés, vous nous dites donc que les résultats de ce référendum de dimanche ne sont pas très crédibles. Mais ces résultats aujourd’hui sont validés par le pouvoir et tout laisse penser que l’année prochaine, Denis Sassou-Nguesso va briguer un troisième mandat. Comment va réagir la France ? Le président de la République François Hollande a appelé à rassembler, a appelé au respect et à l’apaisement. La France a largement montré dans toutes ses interventions combien le dialogue est important, mais le dialogue avec tous, pour une meilleure inclusion.

http://www.rfi.fr/emission/20151030-girardin-democratie-transparence-ebola-afrique-congo-rca-vote

 

– 4 novembre 2015, Burundi : Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine (UA),

« La Présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma réitère la profonde préoccupation de l’UA face à la situation qui prévaut au Burundi. Elle note la poursuite des actes de violence, ainsi que la multiplication de déclarations de nature à aggraver davantage la tension actuelle et à créer les conditions d’une instabilité encore plus grande, aux conséquences dévastatrices tant pour le Burundi que pour l’ensemble de la région. Elle exprime la ferme condamnation par l’UA des actes de violence et des violations des droits de l’homme, ainsi que de toutes les déclarations susceptibles d’enflammer la situation. Dans ces conditions, la Présidente de la Commission rappelle à tous les acteurs burundais concernés, que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, lors de sa 551ème réunion  tenue  le  17  octobre 2015,  a  décidé,  en  appui  aux  efforts  de recherche d’une solution rapide et consensuelle à la crise que connait le Burundi, d’imposer des sanctions ciblées à ,tous les acteurs burundais dont l’action et les propos contribuent à la persistance de la violence et entravent la recherche d’une solution. La Présidente de la Commission souligne, encore une fois, que seul un dialogue inclusif regroupant ,l’ensemble des acteurs burundais pourra permettre au Burundi de surmonter les graves difficultés actuelles  et  de  prévenir  une  évolution  qui  remettrait  totalement  en  cause  les  acquis  enregistrés grâce à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation. Elle demande aux autorités burundaises et aux autres acteurs concernés de faire preuve de l’esprit de responsabilité qu’appelle la situation et de faire prévaloir l’intérêt du peuple burundais sur toute autre considération. La Présidente de la Commission réitère le soutien de l’UA à la médiation conduite par le Président Yoweri Museveni de l’Ouganda au nom de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et demande instamment au Gouvernement du Burundi et à toutes les autres parties concernées de lui apporter leur entière coopération.»

http://www.peaceau.org/uploads/cua-burundi4-11-2015-fr.pdf

 

– 5 novembre 2015, Burundi : Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs Tom Perriello

« Cela fait longtemps que nous évoquons ce risque (de génocide). La question c’est le degré de probabilité de ce risque. Et malheureusement, des discours, comme celui prononcé par le président du Sénat le week-end dernier, nous orientent vers cette direction. Nous sommes heureux du leadership de l’Union africaine dans ce dossier. L’UA a dénoncé ces discours incendiaires qui divisent, je pense surtout à ce discours qui parle de comités qui pourraient, quartier par quartier, identifier des personnes. Tout cela soulève une inquiétude légitime à travers la région et à travers le monde. Mais il est encore temps, grâce à la mobilisation de l’Union africaine et des autres, d’empêcher le pays de prendre le chemin des violences de masse. Et il est vraiment temps que la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et que le président Museveni activent les pourparlers. On les attend depuis trop longtemps et il est temps que toutes les parties rejoignent la table des négociations à Kampala, car le pays est sur la mauvaise trajectoire et cela nous préoccupe beaucoup… Nous pensons que les réactions et les conséquences envisagées par l’Union africaine, l’Union européenne et les Etats-Unis contribuent à ce que des membres des différents camps essaient de trouver une issue négociée. Il y a ceux qui sont clairement déterminés à aller jusqu’à la guerre. Mais je pense qu’il y a des acteurs responsables qui veulent aboutir à une solution négociée. Et je pense qu’il est important que les gens au Burundi et dans la région comprennent que certains actes auront des conséquences. Et ce que les divers camps entendent de plus en plus, même de la bouche de leurs meilleurs amis, c’est : ‘Nous n’allons pas vous soutenir si vous poursuivez dans la voie de l’escalade’. On ne peut pas jouer à des jeux dangereux pour découvrir qui est le plus brave, alors que des millions de vies sont en jeu. Donc les gens doivent bien comprendre que ceux qui pensaient que des élections non inclusives et non consensuelles pouvaient malgré tout aboutir à une solution de stabilité se sont trompés, car ce n’est pas du tout le cas… Si vous prenez ne serait-ce que la pression économique actuelle au Burundi, vous avez une économie très fragile, une situation fiscale pour le gouvernement qui est très fragile, et je pense que le gouvernement est en train de se rendre compte qu’aucune cavalerie ne se manifestera pour sauver l’économie. Et donc si le gouvernement du Burundi se soucie du bien-être de son peuple – et je sais que c’est le cas – il va devoir se rendre aux pourparlers de paix à Kampala et trouver une solution à l’issue d’un dialogue politique… Vous avez vu la réaction de l’Union africaine et des autres. Il y a un consensus. Le seul processus crédible est un processus mené par l’Afrique de l’Est, soit à Kampala, soit à Addis-Abeba. Mais pour l’heure, il y a un élan en faveur de Kampala. Tout le monde sait qu’un processus crédible doit inclure toutes les parties, y compris les gens qui ont quitté le pays parce qu’ils avaient peur. Donc les pourparlers doivent se tenir dans un lieu sûr et nous voulons que les discussions commencent tout de suite à Kampala ou à Addis. Mais pour l’heure, on prend plutôt la direction d’une médiation avec Museveni aux commandesL’Union africaine a vraiment fait preuve d’un leadership très fort mardi quand elle a parlé de la nécessité d’envisager un contingent et le déploiement d’une force en attente. Et à l’heure actuelle, il est vraiment important de planifier pour le pire, tout en espérant pour le mieux. Mais oui, nous sommes prêts à identifier des moyens pour soutenir des solutions initiées par les Africains, au cas où la situation prendrait une tournure plus mauvaise encore… nous sommes extrêmement préoccupés de voir des membres de l’opposition ou des forces de l’opposition lancer des grenades aux policiers à la tombée de la nuit dans certains quartiers, des quartiers où il n’y a presque plus d’Etat de droit. Alors il faut bien faire la différence entre l’opposition pacifique qui regroupe un groupe d’organisations de la société civile et où sont représentées toutes les ethnies, et d’un autre côté, ceux qui ont choisi l’option de la violence, qu’il s’agisse de ceux mêlés à la tentative de coup d’Etat que nous avons condamnée, ou des actions violentes qui menacent d’emporter des vies dans les rues du pays. Ce n’est pas la bonne approche, et nous allons plaider pour que ceux qui se maintiennent sur cette voix rendent des comptes.

http://www.rfi.fr/afrique/20151105-burundi-etats-unis-invite-afrique-matin-tom-perriello-tire-sonnette-alarme-rfi-inte/, http://www.rfi.fr/emission/20151106-tom-periello-etats-unis-burundi-solution-dialogue-politique

 

– 5 novembre 2015, Burundi : Louis Michel, député européen et co-président de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE dans un communiqué

Le député européen Louis Michel demande à l’Union européenne et au reste du monde « d’agir sans délai pour empêcher un nouveau génocide dans la région des Grands Lacs ». Alors que le Burundi s’enfonce dans la crise et que « nous portons encore le poids de l’inaction de la communauté internationale au Rwanda, il y a 21 ans seulement, il n’est pas tolérable de reproduire deux fois la même erreur… Les morts, les intimidations et la répression à l’encontre de la population sont autant de violations des droits humains et sont les signes alarmants d’une nouvelle tragédie humaine. .. Je salue les mesures de sanctions prises par l’Union européenne et par l’Union africaine, respectivement les 1er octobre et 4 novembre 2015 et je réitère tout mon soutien à l’action de médiation menée par le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, au nom de la Communauté de l’Afrique de l’Est ».

http://www.rtbf.be/info/dossier/l-actualite-du-burundi/detail_burundi-louis-michel-demande-une-reaction-internationale-pour-eviter-un-nouveau-genocide?id=9129392

 

– 10 novembre 2015, Burundi : Louis Michel, député européen et co-président de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE sur Matin Première

« Je pense que les propos qui sont tenus par des responsables, de plus haut niveau de l’état burundais (je pense, par exemple, au président du Sénat qui est proche du président Nkurunziza), des propos repris par Nkurunziza lui-même, sont des propos qui rappellent singulièrement, dramatiquement, la sémantique qui a été utilisée au moment du génocide rwandais … la situation est gravissime, … toutes les conditions sont aujourd’hui remplies » (A propos de la déclaration du président du sénat burundais Révérien Ndikuriyo: « Le jour où on donnera l’ordre de travailler, il ne restera plus rien. On fera le travail, tout sera brûlé. Vous tomberez dans vos maisons, on vous délogera même si vous êtes sous les pierres… Il faut travailler, vous aurez des récompenses, y compris même des parcelles  » et du ministre de la Sécurité publique qui a annoncé qu’il « serait capable de faire descendre les populations rurales pour venir mettre au pas, attaquer, les contestataires »), Louis Michel : « dans la sémantique génocidaire, travailler veut dire exterminer… c’est à dire des parcelles de terrain de ceux qu’on a tué…Ce sont des mots aussi durs que ceux prononcés au moment du génocide rwandais… les adversaires étaient traités de cancrelats qu’il fallait écraser… on exhalte les populations les unes contre les autres, c’est cauchemardesque!… C’est la raison pour laquelle moi je plaide pour que le département prévention des génocides des Nations Unies se saisissent immédiatement de cette question. On ne peut pas laisser Nkurunziza mettre en place tout l’arsenal, à la fois politique, militaire, policier, mais aussi de violences qu’il est occupé à mettre en place pour mettre au pas les gens qui ne sont pas d’accord avec lui…Cela pourrait être une force d’intervention rapide. On en revient d’ailleurs toujours au même problème : les discours européens, malheureusement, n’ont pas les moyens de leurs ambitions. Nous n’avons aucune capacité militaire réelle à mettre à disposition des forces des Nations Unies, ne fut-ce que pour sécuriser la vie des gens qui sont aujourd’hui expulsés de leur maison, protéger les gens aussi contre de véritables massacres… le risque de contagion est évidemment très grand. Mais avant tout, il y a un risque pour les citoyens burundais… tous les jours des dizaines de jeunes sont enlevés… il y a 320 000 réfugiés selon les organisations des droits de l’homme… (des) « gens errent dans la rue sans savoir où aller… il y a des tués tous les jours … (avec le président burundais, Pierre Nkurunziza) on est presque au-delà de la paranoïa… Quand un chef d’état vous dit qu’il a été envoyé par Dieu pour prendre la responsabilité qui est la sienne ; quand on est dans ce registre-là, on est quand même dans un registre totalement irrationnel. A partir de là, tout est justifiable.. (il) ne gouverne pas…En réalité, il va planter des arbres dans les villages. Il se rend populaire. Il joue au football avec des jeunes de ces villages. Il se rend populaire dans les régions rurales… la marche de manœuvre est réduite à cause déjà du comportement du président (il faut mettre sur la table) la sortie du pouvoir de ce personnage qui n’a rien respecté parce qu’il est là dans des conditions illégales. Il est là totalement en contravention avec les accords d’Arusha ».

http://www.rtbf.be/info/dossier/l-actualite-du-burundi/detail_charles-michel-craint-un-genocide-au-burundi-la-situation-est-gravissime?id=9131991

 

– 5 novembre 2015, Burundi : Jan Eliasson, vice-Secrétaire général de l’ONU, Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, déclaration conjointe au sommet de Malte sur les migrations (Afrique-Europe)

« Participating in the Valetta Summit on migration, we discussed Burundi. Alarmed by the widening divisions, the threat for many more lives and a deep regional crisis, we pledged to work closely together and to mobilise all our means and instruments to prevent a further deterioration of the situation. We agreed on the urgency to convene a meeting of the Burundian government and opposition representatives in Addis Ababa, or in Kampala under the chairmanship of President Museveni. No effort can be spared to achieve an end to the violence and to foster a political solution. »

http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2015/151112_01_en.htm
– 5 novembre 2015, Burundi : Paul Kagamé, discours de remise de prix de l’Unity Club à Kigali

« Les gens meurent tous les jours, les cadavres jonchent les rues. Comment des dirigeants peuvent-ils s’autoriser à massacrer leur population du matin au soir ? … (la situation) rappelle un peu celle qui a prévalu ici (au Rwanda en 1994) … Ils (les Burundais) auraient dû tirer les leçons de ce qui s’est passé ici, … (Pierre Nkurunziza) s’enferme… se cache. Personne ne peut l’atteindre pour lui parler, comment peut-il prétendre diriger le pays… Les dirigeants du Burundi se targuent d’être des hommes de Dieu, certains sont même pasteurs… Mais en quel Dieu croient-ils? Y-a-t il un endroit dans la Bible où les dirigeants sont appelés à massacrer leur peuple?… Ce sont les Burundais eux mêmes qui sont responsables de leur situation … (évoquant) ces mauvais dirigeants qui font du mal à leur peuple. »

http://www.jeuneafrique.com/277785/politique/paul-kagame-accuse-les-dirigeants-burundais-de-massacrer-leur-population/
– 9 novembre 2015, Burundi : Alexis Lamek, ambassadeur adjoint de la France auprès des Nations unies, demande de résolution au Conseil de sécurité

… a jugé «particulièrement inquiétants» les violences et les discours de haine … a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à « agir » et à prendre « ses responsabilités ». « Nous sommes très inquiets par ce que nous voyons au Burundi, cet accroissement de violences politiques et ce discours de haine dans une région où c’est particulièrement inquiétant » « Nous devons regarder la situation en face. Si nous laissons l’escalade des tensions sans rien faire, c’est tout le pays qui risque de s’embraser, en particulier quand nous entendons les plus hautes autorités de l’Etat appeler à la haine »

Les diplomates français (RFI) : « Il fallait aller vite, expliquent-ils, car on peut encore faire de la prévention »

http://www.jeuneafrique.com/278106/politique/crise-burundi-a-lonu-france-reclame-fin-violences/

http://www.rfi.fr/afrique/20151110-burundi-onu-conseil-securite-resolution-france/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/10/onu-la-france-presente-un-projet-de-resolution-pour-mettre-fin-aux-violences-au-burundi_4806170_3212.html

 

– 9 novembre 2015, Burundi : Matthew Rycroft, ambassadeur britannique à l’ONU, suite à demande de résolution au Conseil de sécurité

… a réclamé des mesures fortes « Nous nous souvenons de ce qui s’est passé dans la région, dans le Rwanda voisin il y a 21 ans… Nous ne devons pas laisser l’histoire se répéter »… mène « dans le pire des cas à un génocide »

http://www.jeuneafrique.com/278106/politique/crise-burundi-a-lonu-france-reclame-fin-violences/

http://www.rfi.fr/afrique/20151110-burundi-onu-conseil-securite-resolution-france/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/13/l-onu-met-la-pression-sur-le-burundi_4808639_3212.html
– 9 novembre 2015, Burundi : Russie, Chine et membres africains du conseil de sécurité : Angola, Nigéria, Tchad

Sanctions :  la Russie, la Chine et les membres africains du conseil s’y opposent, considérant qu’il s’agit d’« une affaire interne au Burundi ».

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/10/onu-la-france-presente-un-projet-de-resolution-pour-mettre-fin-aux-violences-au-burundi_4806170_3212.html

‘…dans les faits, le projet de résolution porté par Paris a finalement perdu tout effet contraignant. Si la première mouture du texte prévoyait des sanctions contre les auteurs de violences ou contre ceux qui empêcheraient tout dialogue entre le gouvernement et l’opposition, celles-ci ont été gommées car certaines nations comme la Russie n’étaient pas prêtes à les soutenir, considérant, comme d’autres pays africains, que les violences burundaises relèvent d’une crise interne.

http://www.jeuneafrique.com/278706/politique/burundi-lonu-exige-reprise-dialogue-entre-pouvoir-lopposition/

 

– 9 novembre 2015, Burundi : Zeid Ra’ad Al-Hussein, haut-commissaire de l’ONU chargé des droits de l’homme

« Cette crise politique pourrait revêtir sous peu une dimension ethnique … Les horreurs du passé ne doivent pas se répéter… (le pays est à) un tournant décisif ».

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/10/onu-la-france-presente-un-projet-de-resolution-pour-mettre-fin-aux-violences-au-burundi_4806170_3212.html

 

– 9 novembre 2015, Burundi : Elena Valenciano, présidente commission Droits humains du Parlement européen

‘«We cannot let Burundi collapse into genocide» warns DROI Chair Elena Valenciano In view of the increasingly deteriorating human rights and security situation in Burundi, the Chair of the Subcommittee on Human Rights appeals to the Burundian government to prevent further violence, put an end to human rights violations and conduct talks with all parties involved to ensure the stability of the country and region. « As a matter of urgency, tomorrow the Subcommittee on Human Rights will discuss the escalating situation in Burundi. We are extremely concerned about the massive ongoing human rights violations, and the targeted attacks on human rights defenders, journalists and their family members. Just in the last few months, the leading Burundian human rights defender Pierre Claver Mbonimpa has survived an assassination attempt and lost two family members in violent attacks. He accepted the invitation to address the Subcommittee tomorrow, 12 November, but in the meantime his son, Welli Nzitonda, was found dead after police detained him on the streets of Bujumbura last week. The perpetrators of these heinous crimes cannot go unpunished.I call for the rapid deployment of an UN-led mission to monitor, verify and report on the human rights situation in Burundi, and all options should be envisaged, including chapter VII operations, » declared Ms Valenciano.’

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20151111IPR02316/html/Press-statement-by-DROI-Chair-Elena-Valenciano

 

– 12 novembre 2015, Burundi : Conseil de sécurité, résolution 2248 (2015) votée à l’unanimité

Rappelant les déclarations de son président sur le Burundi, en particulier celles faites les 18 février 2015 (S/PRST/2015/6), 26 juin 2015 (S/PRST/2015/13) et 28 octobre 2015 (S/PRST/2015/18), Vivement préoccupé par l’aggravation continue de l’insécurité et la montée constante de la violence au Burundi, ainsi que par l’impasse politique persistante dans le pays, caractérisée par l’absence de dialogue entre les parties prenantes burundaises, Soulignant que la situation qui règne au Burundi risque de remettre gravement en question les progrès notables qui ont été réalisés grâce à l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha, ce qui aurait des conséquences dévastatrices pour le Burundi et la région tout entière, Soulignant que c’est au Gouvernement burundais qu’il incombe au premier  chef d’assurer la sécurité sur son territoire et de protéger les populations, dans le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et du droit international humanitaire, selon le cas, Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance politique, à l’intégrité territoriale et à l’unité du Burundi, Condamnant fermement la multiplication des violations des droits de l’homme  et des atteintes à ces droits, y compris les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, les arrestations arbitraires, les détentions illégales, les actes de harcèlement et d’intimidation commis contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes, et toutes les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits perpétrées au Burundi tant par les forces de sécurité que par les milices et d’autres groupes armés illégaux, Se déclarant profondément préoccupé par l’impunité qui règne, les assassinats quotidiens, les restrictions à l’exercice de la liberté d’expression, y compris pour les journalistes, et la dégradation continue de la situation humanitaire, plus de 200 000 Burundais ayant cherché refuge dans les pays voisins, et saluant les pays hôtes pour leurs efforts, Condamnant fermement toutes les déclarations publiques, provenant du pays ou de l’étranger, qui semblent viser à inciter à la violence et à la haine contre certains groupes de la société burundaise, Exhortant le Gouvernement burundais à traduire en justice et à faire répondre de leurs actes tous les responsables de violations du droit international humanitaire ou de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, selon le cas, Saluant le rôle du Haut-Commissaire aux droits de l’homme et les efforts qu’il déploie pour évaluer la situation des droits de l’homme au Burundi et en rendre compte, Rappelant que le Burundi est un État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale et qu’il s’est engagé à lutter contre l’impunité pour ce qui est des crimes relevant de la compétence de la Cour, et soulignant que la Cour pénale internationale est complémentaire des juridictions pénales nationales, Soulignant qu’il importe au plus haut point de respecter, dans la lettre et dans l’esprit, l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha du 28 août 2000 qui a permis au Burundi de connaître une décennie de paix, Se déclarant à nouveau convaincu que seul un dialogue véritable et inclusif, fondé sur le respect de la Constitution et de l’Accord d’Arusha, permettrait aux parties prenantes burundaises de trouver une solution de consensus à la crise que connaît leur pays, de préserver la paix et de consolider la démocratie et l’état de droit, Soulignant l’urgence de tenir un dialogue interburundais en coordination avec le Gouvernement burundais et toutes les parties prenantes pacifiques concernées, qu’elles se trouvent dans le pays ou à l’étranger, afin de trouver une solution de consensus à la crise actuelle, que les Burundais s’approprieront, et prenant note de la création de la Commission nationale de dialogue interburundais, Appelant au renforcement des efforts de la médiation conduite par le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, au nom de la Communauté d’Afrique de l’Est et approuvé par l’Union africaine, se félicitant que le représentant du Médiateur se soit rendu récemment à Bujumbura pour consulter le Gouvernement burundais et les autres parties prenantes concernées, et soulignant qu’il faut accélérer les préparatifs du dialogue, notamment en tenant une consultation préalable associant tous les facilitateurs internationaux concernés, sous la direction du Médiateur, afin de garantir la bonne organisation et le succès du dialogue interburundais, Engageant instamment le Gouvernement burundais et les autres parties concernées à collaborer pleinement avec le Médiateur, Saluant la mobilisation constante de toutes les parties concernées, y compris la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix, et encourageant la poursuite de la coopération établie entre le Gouvernement burundais et la Commission, Saluant la déclaration du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en date du 17 octobre 2015 et les mesures proposées adoptées à cette occasion, et attendant avec intérêt qu’elles soient pleinement mises en œuvre, Se félicitant du déploiement d’observateurs des droits de l’homme et d’experts militaires de l’Union africaine et exhortant le Gouvernement burundais et les autre parties prenantes à collaborer pleinement avec eux pour les aider à s’acquitter de leur mandat, Prenant note de la décision de l’Union africaine d’imposer des sanctions ciblées, y compris l’interdiction de voyager et le gel des avoirs, à l’encontre des parties prenantes burundaises qui, par leurs actes ou leurs propos, concourent à perpétuer la violence et entravent la recherche d’une solution,

  1. Exhorte le Gouvernement burundais et toutes les parties à rejeter toute forme de violence et exige de toutes les parties au Burundi qu’elles s’abstiennent de tout acte qui mettrait en péril la paix et la stabilité dans le pays;
  2. Exhorte le Gouvernement burundais à protéger et garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, conformément aux obligations internationales qui sont les siennes, à adhérer à l’état de droit et à faire preuve de transparence pour ce qui est d’amener les responsables à répondre des actes de violence, et à coopérer pleinement avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dans l’exécution de son mandat;
  3. Engage le Gouvernement burundais à coopérer avec la médiation menée par la Communauté d’Afrique de l’Est et approuvée par l’Union africaine, afin de lui permettre d’organiser immédiatement un dialogue interburundais véritable et inclusif associant toutes les parties prenantes pacifiques concernées se trouvant aussi bien dans le pays qu’à l’étranger, afin de trouver une solution consensuelle, propre au Burundi, à la crise en cours;
  4. Exprime son plein appui à l’action de médiation menée par le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, au nom de la Communauté d’Afrique de l’Est, et approuvée par l’Union africaine, et souligne qu’il importe d’établir une étroite coordination entre la région et les facilitateurs internationaux pertinents;
  5. Se félicite de la décision prise par le Secrétaire général de nommer un Conseiller spécial pour la prévention des conflits, y compris au Burundi, qui travaillera avec le Gouvernement burundais et les autres parties prenantes concernées ainsi qu’avec les autres partenaires sous-régionaux, régionaux et internationaux, pour soutenir un dialogue interburundais sans exclusive et un règlement pacifique du conflit, ainsi que les efforts nationaux visant à instaurer une paix durable;
  6. Déclare son intention d’envisager des mesures additionnelles à l’encontre de tous les acteurs burundais qui, par leurs actes ou leurs propos, concourent à perpétuer la violence et entravent la recherche d’une solution pacifique;
  7. Souligne qu’il importe que le Secrétaire général suive de près la situation au Burundi et l’invite à déployer une équipe au Burundi pour se coordonner et travailler avec le Gouvernement, l’Union africaine et les autres partenaires pour évaluer la situation et envisager des options afin de régler les problèmes politiques et de sécurité;
  8. Prie le Secrétaire général de le tenir informé dans les 15 jours, notamment en présentant des options sur la présence future de l’Organisation des Nations Unies au Burundi, et régulièrement par la suite, de la situation au Burundi, en particulier de l’état de la sécurité et des violations des droits de l’homme atteintes à ces droits, et des incitations à la violence et la haine contre les différents groupes dans la société burundaise;
  9. Affirme qu’il importe que l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine disposent d’une planification en cas d’urgence, afin que la communauté internationale puisse réagir à toute nouvelle dégradation de la situation;
  10. Décide de rester activement saisi de la question.

http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2248%282015%29

 

– 13 novembre 2015, Burundi : Barack Obama, message from President Obama to the People of Burundi,

President Obama speaks directly to the people of Burundi urging them to put aside the language of hate and division and to build a peaceful and stronger country (mp3) : « Amahoro. This is President Barack Obama. Today, I want to speak directly to you—the people of Burundi. Burundi is a proud and beautiful country. But in recent months, the future of the land you love has been put at risk. Leaders have spewed hateful rhetoric. Terrible acts of violence have taken the lives of innocent men, women and children. From Burundi’s painful past, we know where this kind of violence can lead. Today, you have the chance to choose a different path. And you are not alone. For many years, your partners in the region, and the United States, have worked to help you build a peaceful and stronger country. I speak to you now as your partner and friend. To Burundi’s leaders—now is the time to put aside the language of hate and division. Follow through on your commitment to participate in an internationally-mediated dialogue outside of Burundi. After all, real strength is the ability to unify a country, not tear it apart. To Burundi’s military—you represent Burundi’s ability to overcome divisions and unite. You are Burundi’s sons and daughters. You have helped keep peace across Africa. Now, you can help keep peace at home, by staying out of political conflicts and protecting the people of Burundi. And to all Burundians—remember what you can achieve when you stand together, how you emerged from colonialism and built a new nation. After civil war and strife, you’ve worked to rebuild. You’ve seen the possibility of a better, more peaceful future. Don’t let political rivalry or the voices of hate take that away from you. You are one people, and now is the time—to stand against violence, to begin the hard work of uniting. The future of your country, the future you want for your children, is in your hands. Murakoze cane. »

http://www.redpepper.co.ug/president-obamas-message-to-the-people-of-burundi/

https://www.whitehouse.gov/photos-and-video/video/2015/11/14/message-president-obama-people-burundi

« en tant que partenaire et ami … De terribles violences ont coûté la vie à des hommes des femmes et des enfants innocents. Compte tenu du passé douloureux du Burundi, nous savons ou ce genre de violence peut conduire … Aujourd’hui vous avez l’occasion de choisir une voie différente. Et vous n’êtes pas seuls », ajoute le président des Etats-Unis qui ne mache pas ses mots quand il s’adresse ensuite aux dirigeants du pays, les exhortant « à mettre de côté le discours de la haine et de la division ». « Respectez votre engagement a participer à un dialogue hors du Burundi. Après tout, la vraie force réside en la capacité à unifier un pays, pas à la déchirer … Vous avez aidé à maintenir la paix en Afrique. Maintenant vous pouvez aider à maintenir la paix chez vous, en restant en dehors des conflits politiques et en protégeant le peuple burundais … Souvenez-vous de ce que vous pouvez accomplir quand vous êtes ensemble… Vous êtes un seul peuple. Il est temps de vous lever et de commencer le difficile travail d’unité … L’avenir de votre pays, l’avenir que vous voulez pour vos enfants, est entre vos mains. »

http://www.rfi.fr/afrique/20151115-message-paix-barack-obama-peuple-burundi-etats-unis

 

– 16 novembre 2015, Burundi : Conseil européen

« … Tout discours incendiaire et appel à la haine risque d’aggraver une situation déjà précaire et est tout à fait inacceptable. Ces développements peuvent avoir des conséquences tragiques pour le Burundi et pour la région toute entière. L’UE appelle toutes les parties, gouvernement comme opposition, à faire preuve de la plus grande retenue de langage et à éviter à tout prix d’enclencher un cycle de violence. Elle rappelle qu’il incombe en premier lieu au gouvernement burundais de protéger sa population… En rappelant les conclusions du Conseil du 22 juin 2015, l’UE réitère la conviction déjà exprimée par la Communauté des pays de l’Afrique de l’est (CAE), l’Union Africaine (UA) et les Nations Unies (NU) que seuls le dialogue et la recherche du consensus, dans le respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution du Burundi, permettront de trouver une solution politique durable dans l’intérêt de tous les Burundais. Dans cet esprit, l’UE a invité les autorités burundaises à participer aux consultations prévues par l’article 96 de l’accord de Cotonou pour rechercher une solution acceptable pour les parties afin de remédier au non-respect des éléments essentiels de l’Accord que sont les droits de l’Homme, les principes démocratiques et l’État de droit. Ces consultations, que l’UE propose dans un esprit de dialogue et de coopération, ont également pour objectif de soutenir les efforts visant à prévenir les conséquences néfastes des violences continues, à assurer une paix durable au Burundi, ainsi qu’à soutenir les décisions prises par la CAE et l’UA. L’UE souhaite que les consultations aient lieu aussi tôt que possible, afin de permettre un accord rapide sur des mesures initiales d’apaisement qui pourraient préparer le chemin pour un progrès substantiel vers la sortie de la crise… Dans ce contexte, l’UE se réserve la possibilité d’adopter de nouvelles mesures restrictives ciblées à l’encontre de ceux dont l’action ou le discours auraient conduit ou conduiraient à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’Homme, et/ou entraveraient la recherche d’une solution politique dans le cadre proposé par la CAE et l’UA. L’UE réitère qu’il ne peut y avoir d’impunité pour les personnes responsables de violations des droits de l’Homme et atteintes graves à ces droits, et que ces personnes doivent être tenues individuellement responsables et rendre des comptes devant la justice. Dans ce contexte, l’UE salue la déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, du 6 novembre 2015. En saluant et appuyant le communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA du 17 octobre 2015, l’UE réitère son appui aux efforts de médiation de la CAE menés par l’Ouganda et de l’UA, et attend du Gouvernement du Burundi que tout soit fait pour entamer sans délai un dialogue inclusif impliquant toutes les parties prenantes qui refusent la violence. Ce dialogue devrait se tenir dans le respect des critères souhaités par la communauté internationale et hors du Burundi. »

http://dsms.consilium.europa.eu/952/system/newsletter.asp?id=3935320D313633380D323135380D32363238390D383130340D300D43384231303931300D310D0D300D373431330D372E352E342E31343434350D31

 

– 17 novembre 2015, RDC : Danae Dholakia, envoyée spéciale britannique pour les Grands Lacs en visite pour 3 jours en RDC en conférence de presse.

« Nous pourrions être amenés à revoir nos options si nous voyons une détérioration de la situation liée à un glissement du calendrier électoral ou un changement constitutionnel ou ce genre de choses. Si on commence à voir ce type de situations qui pourraient déstabiliser le pays, nous devrons reconsidérer la nature et la forme de nos engagements futurs ici…  Notre grande peur, c’est qu’il y ait un tel report que cela provoque une grosse réaction de la population, qu’on se retrouve dans un scénario à la Burundi, mais à plus grande échelle, à beaucoup plus grande échelle. Dans un tel scénario, nous serons obligés d’étudier toutes nos options. Mais nous espérons ne pas en arriver là. Evidemment… « Tout ce que nous voulons, c’est d’assurer que les élections aient lieu dans les délais, que le gouvernement s’engage à autoriser des manifestations pacifiques et qu’il n’y ait pas le type de réponse de la police qui pourrait entrainer dans de nombreux morts ».

http://www.rfi.fr/afrique/20151118-rdc-royaume-uni-respect-delais-elections/

 

– 17 novembre 2015, Rwanda : Mark Toner, porte-parole adjoint du département d’Etat, suite à l’adoption par le sénat rwandais du projet de révision de la consitution,

« Les Etats-Unis notent avec une grande inquiétude le vote du Sénat rwandais aujourd’hui. Nous espérons que le Président Kagame mènera à terme ses engagements précédents de promouvoir une nouvelle génération des dirigeants au Rwanda, et quittera ses fonctions à l’issue de son mandat actuel en 2017… S’il décide de rester au pouvoir, cela pourrait avoir des conséquences sur les relations à venir entre nos deux pays. »

http://www.rnanews.com/politics/11042-2015-11-18-16-03-02

http://www.jeuneafrique.com/279650/politique/rwanda-washington-condamne-reforme-constitutionnelle-permettant-a-paul-kagame-de-briguer-3e-mandat/

About reducing U.S. assistance to Kigali, Toner replied: « Not at this time. » He said, however, that if Kagame does decide to stay beyond his current term, it could impact U.S.-Rwanda relations.

http://www.reuters.com/article/2015/11/17/us-rwanda-politics-usa-idUSKCN0T62FR20151117

 

– 20 novembre 2015, Congo B : Union européenne (SEAE), Erminia Notarangelo, Chef de division Afrique Centrale, réponse à la lettre du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique (Paris) du 15 octobre 2015

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), par la voix, à la demande de la  Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a répondu le 19 novembre. Le SEAE a bien noté les « préoccupations (du collectif) sur l’importance de l’ordre constitutionnel et sur la nécessité d’une alternance démocratique en République du Congo » et tient à l’informer « qu’un dialogue politique structuré est en place, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, entre la République du Congo et l’Union européenne, qui aborde les domaines politiques, de la justice et du respect des droits de l’homme. Dernièrement, les questions électorales (calendrier, cartes, listes, et prochaines échéances électorales) et la concertation nationale ont été à l’ordre du jour. » Ensuite, la réponse renvoie à la déclaration du Porte-parole du SEAE du 22 octobre : « La situation politique en République du Congo et les manifestations suite à l’annonce par le Président Sassou Nguesso de l’organisation d’un référendum constitutionnel comportent des risques pour la stabilité du pays. La liberté d’expression et d’association doit être préservée. La violence ne peut jamais constituer la réponse au défi posé au pays. Un dialogue inclusif est la seule voie pour rétablir un consensus large sur une question d’intérêt national que constitue une révision de la constitution. Ceci doit se faire dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et des engagements pris dans le cadre de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). Dans ce contexte l’Union européenne soutient pleinement la dernière déclaration de la Présidente de la Commission de l’Union africaine sur les développements en cours en République du CongoL’UE invite le gouvernement et toutes les parties prenantes à mettre en place urgemment les conditions permettant un tel dialogue qui devrait aussi aboutir à une meilleure gouvernance électorale en vue des prochains scrutins. » Cela renvoie à la déclaration du 21 octobre 2015 de Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine : « La Présidente de la Commission appelle tous les acteurs concernés à faire preuve de la plus grande retenue et à ne ménager aucun effort pour éviter toute évolution de nature à aggraver la situation actuelle et à engendrer l’instabilité. Elle les exhorte à trouver, par le dialogue, une solution à leurs différences, dans le respect des instruments pertinents de l’UA, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. »

https://electionsafrique.wordpress.com/2015/10/15/congo-brazzaville-coup-detat-constitutionnel-lettre-ouverte-a-lue/

 

– 23 novembre 2015, Burundi : Barack Obama, Burundi Executive Order (ordre de sanctions concernant 2 proches de Nkurunziza et 2 opposants)

President Obama today issued a new Executive Order (E.O.) declaring a national emergency with respect to the unusual and extraordinary threat to the national security and foreign policy of the United States posed by the situation in Burundi.  The Executive Order is not targeted at the people of Burundi, but rather is aimed at activities by individuals within the government and armed groups that contribute to the turmoil there, including threats to peace and security, actions that undermine democratic institutions, and human rights abuses. We will continue to support regional efforts to bring about a political resolution to the crisis in Burundi.  We call on all parties to renounce violence and to live up to their commitments to participate in an internationally-mediated dialogue outside of Burundi that can lead to the restoration of peace and security and define an inclusive path forward.  We will consider how to use this authority further to impose additional sanctions against those who are involved in actions or policies that exacerbate the situation in Burundi. … The President imposed sanctions on the following four individuals listed in the Annex to the E.O.: Alain Guillaume Bunyoni: [Minister of Public Security] Alain Guillaume Bunyoni is the Minister of Public Security in Burundi and has overseen the Government’s internal security efforts, including those of Burundi’s National Police (PNB), an entity whose members have engaged in actions or policies that threaten the peace, security, or stability of Burundi.  Under Bunyoni, the PNB has conducted operations in cooperation with the Imbonerakure youth militia to intimidate and silence those who oppose or who are perceived to oppose the Government of Burundi. 2. Godefroid Bizimana: [Deputy Director-General of the National Police] Godefroid Bizimana is a leader of the PNB, an entity whose members have engaged in actions or policies that threaten the peace, security or stability of Burundi, human rights abuses, and actions or policies that prohibit, limit, or penalize the exercise of freedom of expression or freedom of peaceful assembly.  Bizimana directed the PNB’s operations to disrupt peaceful protests of those opposed to the Government of Burundi, including a disproportionate use of force and acts of violent repression.  In response to protests, PNB officers used tear gas, water cannons, and blocked the free movement of demonstrators.  Protestors were arrested and twenty of them were reportedly transported to a location where they were beaten by police officers. 3. Godefroid Niyombare: [Major General, Former Chief of Burundi Intelligence Service (SNR)] Godefroid Niyombare is responsible for or complicit in actions or policies that threaten the peace, security, or stability of Burundi, and is a leader or official of an entity that has engaged in such activities.  As the leader of an attempt to overthrow the Government of Burundi in May 2015, Niyombare’s actions contributed to the deterioration of stability within Burundi.  After announcing the coup, Niyombare ordered the closure of Burundi’s land borders and its primary airport in an attempt to stop Nkurunziza from returning from Tanzania. 4. Cyrille Ndayirukiye: [Former Minister of Defense] Cyrille Ndayirukiye is responsible for or complicit in actions or policies that threaten the peace, security, or stability of Burundi, and is a leader or official of an entity that has engaged in such activities.  As deputy leader of an attempt to overthrow the Government of Burundi in May 2015, Ndayirukiye’s actions contributed to the deterioration of stability within Burundi.  Ndayiruke was detained in June by the Government of Burundi, which should grant full and regular humanitarian access by independent monitors to confirm Ndayiruke and other detainees are not being subjected to torture or ill-treatment.

https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2015/11/23/fact-sheet-burundi-executive-order

… L’administration Obama avait toujours été hostile à ce que Pierre Nkurunziza brigue un troisième mandat, contraire à la Constitution burundaise. Mais à l’heure de la punition, Washington frappe de façon égale partisans et adversaires du président, tous accusés d’avoir contribué aux troubles et d’atteintes aux droits de l’homme. Deux des quatre personnalités visées font partie du gouvernement : le numéro 2 du régime, Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité publique, et le directeur général adjoint de la police, Godefroid Bizimana, (Note R*E : le seul déjà visé par sanctions européennes) qui ont eu recours à un usage disproportionné de la force contre les opposants. Les putschistes aussi : Les deux autres sont des anciens du régime ayant comploté contre le président Nkurunziza lors du putsch raté de mai le général Nyombaré, ex-chef d’état-major de l’armée, en fuite, et Cyrille Ndayirukiye, ex-ministre de la Défense, qui lui est en prison. Parmi les sanctions qui leur sont imposées : restriction de leurs déplacements et gels de leurs avoirs…

http://www.rfi.fr/afrique/20151124-etats-unis-sanctions-quatre-responsables-burundais-bizimana-nyombare/

 

– 25 novembre 2015, Burundi : Tom Malinowski, secrétaire d’État américain adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail, tribune dans Jeune Afrique

Les atteintes aux droits de l’homme au Burundi s’aggravent : Les rapports quotidiens faisant état de cadavres jetés dans les rues et la rhétorique dangereuse employée par le gouvernement qui évoque les images de précédents massacres commis au Burundi ont attiré l’attention du monde sur la menace très réelle de violences collectives dans le pays. Le président du Sénat du Burundi s’est récemment adressé à des dirigeants communautaires de la capitale, Bujumbura, en ces termes : « …vous devez [les] pulvériser, vous devez [les] exterminer – ces gens ne sont bons qu’à une chose : mourir. Je vous en donne l’ordre. Allez-y ! » Ces commentaires sont assortis de mesures déjà prises par le gouvernement qui sont susceptibles de provoquer des violences collectives. La semaine dernière, le Conseil de sécurité des Nations unies a répondu par l’adoption d’une résolution condamnant la vague de violence montante et menaçant d’imposer des sanctions. Le ministre des Affaires étrangères du Burundi, Alain Nyamitwe, a minimisé les inquiétudes internationales et régionales et a souligné la conviction de son gouvernement qu’il est « sur la voie de l’application de meilleures solutions aux situations présentes dans le pays ». Toutefois, les rapports de plus en plus nombreux qui signalent la commission de violations des droits de l’homme et d’abus commandités par le gouvernement donnent à penser qu’il en est autrement et que certaines des institutions de l’État chargées de mettre fin aux violences sont en fait coupables d’un grand nombre d’entre elles. Les brutales agressions de l’opposition armée visant les forces de sécurité et les rapports indiquant l’entrée au Burundi d’éléments armés de l’extérieur ne font qu’exacerber ce cycle de violence. Le Burundi se trouve au bord d’une généralisation de la violence et d’une reprise de la guerre civile. Depuis l’annonce émise en avril par le président Nkurunziza de son intention de briguer un troisième mandat en violation de « l’accord d’Arusha », qui a défini les conditions d’un partage du pouvoir pour mettre fin à 12 ans de guerre civile au Burundi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a recensé au moins 240 homicides dans le pays. Si toutes les parties impliquées dans la crise, y compris les éléments armés de l’opposition, ont une part de responsabilité dans l’escalade de la violence et les assassinats politiques en représailles de part et d’autre au cours de ces derniers mois, des rapports toujours plus nombreux signalent que les forces de sécurité burundaises, en particulier la Police nationale et le Service national des renseignements du Burundi, sont responsables d’exécutions extrajudiciaires, de tortures, et d’arrestations et de détentions arbitraires dans le pays. L’Imbonerakure, segment jeunesse du parti majoritaire, est de même impliqué dans un grand nombre d’actes de violence, notamment à l’intérieur du pays, et s’oppose à l’exode des populations civiles qui tentent de fuir à l’étranger. Plusieurs exécutions extrajudiciaires récentes ont retenu l’attention internationale du fait de leur brutalité gratuite. En octobre, les forces de police ont tué par balle un cameraman de la télévision de l’État, puis ont ordonné à son épouse, à leurs deux fils adolescents, à leur neveu et à un garde du corps local de s’allonger à terre dans la rue et les ont tués d’une balle dans la tête. Des rapports faisant état de tortures sont tout aussi troublants. En août, Amnesty International a publié un rapport intitulé « Just Tell Me What to Confess To » [Dites-moi ce que je dois avouer], qui documente le recours de la Police nationale et du Service national des renseignements du Burundi à la torture et aux mauvais traitements, notamment à de violents passages à tabac de détenus à coups de barres de fer, pour leur extorquer des aveux. Il s’agit bien d’une crise, crise des droits de l’homme, crise humanitaire et crise de sécurité, qui se déroule actuellement au Burundi, dont la violence risque de s’accroître et qui risque de s’étendre de jour en jour. Les propos incendiaires proférés par le président Nkurunziza et d’autres hauts fonctionnaires de l’État ces derniers jours ont amené les habitants de certains quartiers à prendre la fuite, contribuant ainsi à la crise croissante des réfugiés (plus de 200 000 Burundais ont déjà fui le pays) et risque de précipiter le Burundi dans l’abîme de la violence et des tueries collectives. Nous devons tous nous efforcer de mettre fin au carnage et tenir responsables de leurs actes les auteurs d’atteintes aux droits de l’homme. Toutes les parties, et tout particulièrement les forces de police et de renseignement du Burundi, doivent s’engager publiquement et immédiatement à cesser toute action violente. Il faut que soit menée une enquête crédible et indépendante sur les violations des droits de l’homme et les abus, notamment sur les homicides et les actes de torture commis par tous les camps, et que soit pris le ferme engagement de tenir les auteurs des violations responsables. L’appel de l’Union africaine, de l’ONU et de la Communauté de l’Afrique de l’Est à l’ouverture immédiate d’un dialogue et d’un processus de médiation régional offre le meilleur espoir de résoudre la crise et de prévenir une aggravation de la violence. Le Burundi ne peut pas se permettre de repousser davantage la reprise du dialogue. Le gouvernement et l’opposition doivent manifester clairement, immédiatement et de bonne foi leur attachement au dialogue et aux pourparlers de paix. Toute partie, y compris les acteurs extérieurs, qui ne respecte pas ces conditions ou qui continue de propager la violence doit être condamnée et faire face à des conséquences internationales et régionales. Le Procureur de la Cour pénale internationale, Mme Fatou Bensouda, a averti récemment les parties responsables d’incitation à la violence collective au Burundi qu’elles s’exposaient à des poursuites de la Cour. Enfin, le président Nkurunziza devrait manifester sa volonté de résoudre la crise en appelant publiquement toutes les parties à s’abstenir d’actes de violence et en condamnant publiquement ceux qui appellent les citoyens à prendre les choses en main eux-mêmes. Les membres de l’opposition devraient en faire autant. Il nous reste une petite fenêtre d’action entr’ouverte pour rétablir la raison et le bon sens à la place du chaos et de la folie qui se répandent dans tout le pays. Nous nous tournons vers la région pour prendre immédiatement l’initiative de convoquer les parties prenantes à des pourparlers de paix à Kampala ou à Addis-Abeba. J’exhorte toutes les parties à faire le bon choix avant que le Burundi ne plonge véritablement dans l’abîme.

http://www.jeuneafrique.com/281494/politique/les-atteintes-aux-droits-de-lhomme-au-burundi-saggravent/

 

– 1er décembre 2015, Rwanda (+Burundi), Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, conférence de presse pour présenter programme présidence américaine du Conseil de sécurité en décembre

Samantha Power demande au président Paul Kagame de « montrer l’exemple » en termes de respect des mandats. « Le président Kagame a l’opportunité de montrer l’exemple, dans une région où les dirigeants semblent avoir tendance à se considérer comme irremplaçables à la tête de leurs pays… Encore une fois, nous pensons qu’il est extrêmement important pour le Rwanda, qui fait figure d’exemple en termes de santé publique, de parité et d’éducation, d’être également un exemple en matière de gouvernance démocratique et de respect de la limitation des mandats. Personne n’est irremplaçable. Nous souhaitons donc que le président Kagame se retire à la fin de son mandat en 2017…  Nous sommes informés des différentes manipulations parlementaires qui ont eu lieu ». « personne n’est indispensable… Nous souhaitons que le président Kagame se retire à la fin de son mandat », en l’appelant à « tenir sa promesse… (de) laisser une nouvelle génération de dirigeants conduire le pays lors d’une nouvelle phase »… + Burundi : Conseil de sécurité au Burundi ? dialogue…

http://www.rfi.fr/afrique/20151203-rwanda-troisieme-mandat-kagame-etats-unis-samantha-power-message-

http://www.45enord.ca/2015/12/washington-a-kagame-personne-nest-indispensable/

A 28 minutes : question sur 3e mandat au Burundi et au Rwanda, à 34 et 37 minutes 2 questions sur Burundi Vidéo : http://usun.state.gov/highlights/7017

 

– 3 décembre 2015, Rwanda : Federica Mogherini, UE – Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, déclaration au nom de l’UR sur le processus de révision constitutionnel

« The reform of a Constitution is a transformative process engaging all interests in society, which adjusts norms and rules with the aim of strengthening and adapting institutions to meet contemporary challenges.  It is a legitimate expectation of a country to revise its governance. However, the adoption of provisions that can apply only to one individual weakens the credibility of the constitutional reform process as it undermines the principle of democratic change of government enshrined in Article 23 of the African Charter of Democracy, Elections and Governance. The amendments to the Rwandan constitution recently approved by Parliament – if confirmed by referendum – would give rise to this situation. The EU strongly supports the principle of democratic transitions, based on transparent, inclusive and accountable processes as laid down in the African Charter.  In countries that have consistently respected term limits and allowed for change, societies have become more resilient and institutions more credible. There are many examples for that on the continent. »

http://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2015/12/03-hr-declaration-on-constitutional-review-in-rwanda/?utm_source=dsms-auto&utm_medium=email&utm_campaign=Declaration+by+the+High+Representative+Federica+Mogherini+on+behalf+of+the+EU+on+constitutional+review+in+Rwanda

 

– 12 décembre 2015, Burundi : Crispus Kiyonga, ministre de la Défense ougandais

RFI : ‘Le rendez-vous a duré en tout deux heures, a déclaré le ministre de la Défense. Il s’est déroulé au bureau de Crispus Kiyonga, sur les hauteurs de la capitale, à Mbuya. Cinq envoyés spéciaux étaient présents : Maman Sidikou pour la Monusco, Koen Vervaeke pour l’Union européenne, Thomas Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis, Modibo Toure, représentant les Nations unies et Kassimi Bamba de l’Union africaine.’ R*E : il manque Jamel Benomar pour l’ONU. Crispus Kiyonga : « Je les ai briefés sur la préparation du dialogue au Burundi. Et de leur côté, ils ont réitéré leur soutien pour la médiation de la communauté est africaine dans la crise au Burundi, sous le direction du président Museveni. Les envoyés ont aussi indiqué qu’ils étaient prêts à apporter une aide diplomatique, politique et matérielle pour le dialogue. .. En tant que médiation, nous avons des relations de travail avec la commission nommée par le président Nkurunziza pour conduire un dialogue interne au Burundi. Le travail de médiation se poursuit et nous travaillons aussi avec ceux qui conduisent le dialogue interne. Donc, nous allons de l’avant vers le dialogue ».

http://www.rfi.fr/afrique/20151210-burundi-mediation-ougandaise-avance-selon-kampala-crispus-kiyonga

 

– 12 décembre 2015, Burundi : Porte-parole UE sur les attaques contre des camps militaires au Burundi

« Les attaques contre des camps militaires ont fait monter encore d’un cran l’engrenage de la violence et de la répression qui secoue le Burundi depuis plusieurs mois. Ces actes inacceptables constituent un élément de déstabilisation supplémentaire du pays, affectant en premier lieu les citoyens burundais. L’Union européenne regrette les nouvelles pertes humaines qu’elles ont causées. Le dialogue sous la médiation ougandaise doit démarrer de manière urgente avec l’ensemble des acteurs concernés.  L’Union Européenne y apporte tout son soutien afin qu’une solution politique à la grave crise que traverse le Burundi soit trouvée rapidement. Elle appelle tous les acteurs burundais et tous les partenaires du Burundi à travailler dans ce sens dans les plus brefs délais. »

http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2015/151211_04_fr.htm

 

– 12 décembre 2015, Burundi : Tom Perriello, USA, envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, suite à violences des 11 et 12 décembre, à Kinshasa de retour de Kampala

RFI : ‘Le Burundi devait être LA grande affaire du mois de décembre pour le Conseil de sécurité et la représentation américaine à l’ONU qui alerte maintenant depuis des mois sur un risque de génocide. Mais l’opposition de la Russie, du Venezuela et de certains membres africains ont empêché un voyage cette semaine à Bujumbura dont le but était précisément de mettre la crise politique sur le devant de la scène médiatique et de limiter les accès de violences tels que ceux qui se sont produits vendredi à l’aube. A la place, le Conseil de sécurité s’est donc contenté d’une réunion à New York pour réclamer à tous les groupes armés de cesser les violences. Il a aussi rappelé le vote de sa résolution du 12 novembre qui prévoit la possibilité de sanction et d’envoyer une force de maintien de la paix au Burundi. Mais les dissensions n’ont permis pour l’instant qu’à une seule option d’émerger, celle a minima qui consiste à envoyer Jamel Benomar pour engager des pourparlers de paix avec une équipe politique réduite autour de lui. Samantha Power, la représentante américaine, a estimé qu’un dialogue rapide doit s’engager sans quoi la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable.’

Thomas Perriello : « alarmé par la violence à Bujumbura » appelant à un « cessez-le-feu urgent ». « Cela fait un moment que nous disons que le problème d’une détérioration de la situation vers la guerre civile n’est pas seulement une possibilité, mais que cela se passerait petit à petit devant nos yeux. Nous cherchons encore à savoir ce qu’il s’est passé exactement ces dernières 24h et nous voulons croire qu’il est encore possible de détourner les deux camps d’un risque de guerre imminent… Pour moi, ce qui semble ressortir du terrain jusqu’à présent, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’un affrontement entre deux camps, mais plutôt d’une lente détérioration vers les caractéristiques d’un état défaillant. Et l’histoire a montré, dans la zone comme ailleurs, combien cela peut coûter en vie humaine et à la sécurité de la région. Nous allons donc continuer de tenter d’établir ce qui s’est passé dernièrement. Mais malheureusement nous savons déjà que la raison fondamentale c’est que les négociations de paix n’ont pas été lancées à temps. Elles doivent commencer maintenant et nous allons augmenter la pression sur le gouvernement et l’opposition pour qu’ils cessent d’utiliser la violence ».

http://www.rfi.fr/afrique/20151212-burudni-conseil-securite-onu-escalade-

 

– 17 décembre 2015, Burundi : Parlement européen

… 6.rappelle que le partenariat de l’Union européenne avec le Burundi est régi par l’accord de Cotonou, dont les conditions doivent être respectées et mises en œuvre par toutes les parties, en particulier en matière de respect des droits de l’homme; note que l’activation du mécanisme visé à l’article 96 montre également l’engagement de l’Union non seulement en faveur des droits de l’homme, de l’état de droit et de la démocratie, mais aussi en faveur du peuple burundais; 7.  se félicite de ce que l’Union africaine ait déployé des observateurs des droits de l’homme et des experts militaires chargés de surveiller la situation des droits de l’homme et souligne combien il importe de coopérer avec ceux-ci afin de les aider à mener à bien leur mission; demande à l’Union africaine et aux Nations unies d’envisager de déployer une mission de maintien de la paix dans le cas où la situation sur le plan de la sécurité et des droits de l’homme au Burundi continuerait de se détériorer; 8.  se déclare préoccupé par le flux croissant des réfugiés burundais dans les pays voisins; réaffirme son soutien et sa solidarité envers toutes les organisations humanitaires présentes sur le terrain ainsi qu’envers tous les pays voisins qui accueillent des réfugiés; salue par conséquent l’engagement pris par l’Union européenne d’accroître son aide financière et humanitaire pour répondre aux besoins urgents de ces populations; 9.  demande à l’Union africaine et à l’Union européenne d’examiner attentivement la situation régionale et d’empêcher toute nouvelle déstabilisation de la région, notamment en favorisant un dialogue politique permanent entre les pays de la région, non seulement au niveau des gouvernements, mais aussi entre les organisations de la société civile et aux niveaux politique et administratif; 10.  réaffirme son soutien aux sanctions ciblées approuvées par l’Union européenne, conformément aux décisions de l’Union africaine et de l’ONU, en réponse à la détérioration de l’état de droit et de la situation des droits de l’homme dans le pays;

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+MOTION+B8-2015-1353+0+DOC+XML+V0//FR

 

– 21 décembre 2015, Burundi : Samantha Power, USA : ambassadrice américaine à l’ONU

L’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power a dit espérer que le gouvernement burundais reviendra sur sa décision de refuser le déploiement dans le pays d’une mission de l’Union africaine (UA) pour tenter de stopper les violences. « Nos collègues africains nous disent que les discussions continuent avec le gouvernement burundais », a-t-elle déclaré à la presse. « Nous espérons que ce n’est pas la réponse finale » de Bujumbura, a ajouté Mme Power qui préside en décembre le Conseil de sécurité de l’ONU.

http://www.jeuneafrique.com/288731/politique/burundi-reuni-congres-parlement-denonce-mission-de-paix-de-lua

 

– 2 janvier 2016, Rwanda : John Kirby, USA : porte-parole de la diplomatie américaine (département d’Etat), communiqué de presse après l’annonce de la candidature de Paul Kagamé le 31.12.15 après le référendum constitutionel du 18.12.15

Reaction to Rwandan President’s Decision To Run for Third Term : The United States is deeply disappointed that President Paul Kagame has announced his intention to run for a third term in office. With this decision, President Kagame ignores an historic opportunity to reinforce and solidify the democratic institutions the Rwandan people have for more than twenty years labored so hard to establish. The United States believes constitutional transitions of power are essential for strong democracies and that efforts by incumbents to change rules to stay in power weaken democratic institutions. We are particularly concerned by changes that favor one individual over the principle of democratic transitions. As Rwanda moves toward local elections this year, presidential elections next year, and parliamentary elections in 2018, we call upon the Government of Rwanda to ensure and respect the rights of its citizens to exercise their freedom of expression, conscience, and peaceful assembly — the hallmarks of true democracies. The United States remains committed to supporting the free and full participation of the Rwandan people in the electoral processes ahead.

http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2016/01/250937.htm

Traduction AFP : Les Etats-Unis se sont dit samedi « profondément déçus » par la décision du président rwandais sortant Paul Kagame de briguer un troisième mandat… « Avec cette décision, le président Kagame rate une occasion historique de renforcer et consolider les institutions démocratiques que le peuple rwandais s’est échiné à bâtir depuis plus de 20 ansLes Etats-Unis estiment que les changements de pouvoir respectant la constitution sont essentiels aux démocraties solides et que les efforts de dirigeants sortants visant à changer les règles pour se maintenir au pouvoir affaiblissent les institutions démocratiquesLes changements qui favorisent un individu au détriment du principe de transition démocratique nous inquiètent particulièrement« , appelant « le gouvernement rwandais à garantir et protéger le droit de ses citoyens à exercer leur liberté d’expression, de conscience et de réunion pacifique – les caractéristiques des vraies démocraties ».

http://www.afp.com/fr/info/rwanda-washington-decu-par-la-decision-du-president-kagame-de-se-representer

NB : Réponse de Paul Kagamé sur Twitter le 4 janvier (en anglais traduit en français par RFI) : « Les problèmes de l’Afrique ne seront pas facilement résolus par ce que cache cette attitude qui consiste à se dire « profondément déçu » » / « Africa’s problems; poverty,disease, gov’nce,techn …etc etc will not easily be solved by what is behind this ‘deep disappt…’ attitude !!! » + « Il y a pas mal de choses très décevantes qui se produisent à travers le monde. Nous espérons porter notre propre fardeau et non être le fardeau des autres ! Je vous promets que nous n’avons pas l’intention de décevoir… surtout pas nous-mêmes » / « So,…’diappointing?’ as a people and a leader/choices?? Uhhm …it hurts!!! I promise we don’t intend to disappoint..esp ourselves!!! »

http://www.rfi.fr/afrique/20160105-rwanda-paul-kagame-rejet-critiques-etats-unis-candidatur

 

– 27 janvier 2016, Rwanda, Burundi, RDC: Tom Perriello, USA, envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, Entretien à Kinshasa, avec RFI Sonia Rolley, pendant tournée Rwanda, Est RDC, Kinshasa, Burundi.

RFI : … candidature Kagamé … ? Tom Perriello : En fait, les Etats-Unis se sont dits « profondément déçus » et publiquement par sa décision de modifier la limite constitutionnelle du nombre de mandats, mais aussi de la manière dont le référendum constitutionnel a eu lieu juste avant Noël. Et si vous avez suivi le fil Twitter du président Kagame, vous aurez noté que ce message a retenu l’attention et a reçu une réponse. J’étais à Kigali ces derniers jours. Et nous prenons au sérieux les changements constitutionnels et des règles pour maintenir un homme au pouvoir. Mais aussi le problème de la restriction de l’espace politique. RFI : … sanctions ? Nous avons beaucoup de discussions à Washington et dans la région sur les conséquences à tirer suite à des décisions dans la région relatives à la limite du nombre de mandats ou sur l’usage de la répression, et c’est également un sujet ici en RDC. Nous allons faire le tour des options pour régler cette situation comme nous allons continuer de féliciter ce pays pour les aspects positifs et notamment la contribution aux opérations de maintien de la paix et ses efforts dans la lutte contre l’extrême pauvreté. Nous avons en tout cas exprimé publiquement notre inquiétude à ce propos, comme à propos des informations crédibles faisant état de recrutement de combattants dans les camps de réfugiés, ce qui est évidemment interdit par les lois internationales. RFI : … sanctions contre le soutien à une rébellion étrangère … ? Le Rwanda est parfaitement au courant de la volonté du gouvernement américain d’imposer des mesures dans les situations similaires à celles du M23. Nous avons exprimé un certain nombre d’inquiétudes publiquement et en privé à propos de la crise au Burundi. J’ai moi-même rencontré certains des anciens enfants-soldats burundais arrêtés ici en RDC. Et nous allons continuer de garder l’œil sur cette situation et continuer de signaler à tous, amis comme ennemis, les activités qui n’aident pas à la résolution de la crise. Mais le plus important, c’est de parvenir à accélérer la reprise du dialogue voulu par la région. Nous sommes contents de voir un nouvel élan du côté de la communauté des Etats d’Afrique de l’Est et même un soutien du Rwanda pour ce processus, mais les nouvelles autorités en Tanzanie semblent sérieuses dans leur intention de tenir ces pourparlers. Parce que nous continuons de penser que la solution au Burundi, c’est de réunir les acteurs pour un dialogue crédible. RFI : … dialogue burundais ? Je pars ensuite au Burundi. Mais nous sommes restés en contact étroit avec le gouvernement du Burundi. Le côté positif, c’est que les discussions aujourd’hui portent plus sur la forme du dialogue et la date pour la prochaine rencontre que sur la nécessité du dialogue. Le gouvernement a accepté qu’un dialogue à l’extérieur du Burundi est nécessaire. Il a fait part de ses inquiétudes, certaines sont compréhensibles, d’autres un peu moins sur la manière dont les choses doivent se passer. Nous avons dit à plusieurs reprises à l’Ouganda comme à la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est que la tenue de ce dialogue était urgente. Parce que de notre point de vue, le temps n’est pas l’allié de la paix au Burundi. RFI : Le Burundi continue d’envoyer des soldats et des policiers dans les opérations de maintien de la paix. Cela signifie que les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine continuent d’appuyer financièrement le gouvernement. Or, cet argent pourrait servir à la répression. Ce que nous comprenons de l’article 96 [des accords de Cotonou, NDLR], c’est que l’Union européenne ne pourra plus financer le gouvernement du Burundi. Maintenant, c’est à l’UE et l’UA de voir ce qu’il est nécessaire de faire, parce que l’Amisom est une mission importante. Mais nous avons effectivement entendu des inquiétudes exprimées quant à la présence de ces contingents là-bas. RFI : possible d’avoir une mission d’enquête indépendante, notamment sur la question des fosses communes et des viols ? Nous pensons vraiment qu’une enquête neutre est nécessaire, qu’elle soit menée par l’UA ou par d’autres. Mais que cela devrait être couplé avec le fait de rendre des comptes que ce soit pour les crimes commis par un camp ou un autre. Il est très clair que des actes terribles ont été posés par le gouvernement, comme par l’opposition et que cela ne doit pas rester sans suite. L’absence de médias indépendants et de la société civile, à cause des fermetures des médias, des restrictions imposées par le gouvernement, est très inquiétante. Et les efforts du gouvernement pour empêcher les experts de l’UA de se déployer comme ils le devraient sur le terrain… Comme je l’ai dit au gouvernement, quand vous empêchez les gens de voir ce qui se passe sur le terrain, vous ne devriez pas être surpris que les gens se posent des questions sur ce que vous craignez qu’ils découvrent. Donc pour nous, les enquêtes, les poursuites judiciaires contre toutes les parties au conflit et la réouverture des médias sont une urgence. … RFI : RDC le dialogue convoqué par Joseph Kabila et élections cette année en RDC ?Je crois qu’avant toute chose, il faut que l’espace d’expression pour les citoyens soit protégé et que le gouvernement a une obligation particulière de permettre aux citoyens de s’exprimer, mais également de le faire sans menaces et intimidations. Nous avons trop souvent vu dans la région que quand les gouvernements essaient de criminaliser leur opposition et de la réprimer fortement, cela est non seulement mauvais pour la liberté d’expression mais pour le gouvernement lui-même. Donc notre message aujourd’hui c’est que, peu importe le processus, que ce soit le dialogue ou d’autres moyens, il faut que cela se déroule dans un environnement sans intimidation. Quand une opposition ne peut pas s’exprimer sans crainte ou par des voies légales, cela devient vraisemblable qu’ils essaient de s’exprimer par d’autres moyens. C’est pourquoi c’est important que le gouvernement, non seulement ne viole pas les droits de ses citoyens, mais de s’assurer de manière proactive qu’un espace d’expression existe et que les droits de l’homme puissent prospérer. RFI : … élections dans les délais prévus par la Constitution, … révision du fichier électoral …? Je pense qu’il y a un désaccord sur le sujet. L’opposition croit qu’il existe des sociétés crédibles qui pourraient mener ce travail en six mois. C’est aussi ce qu’on entendait du côté de la Céni [Commission électorale nationale indépendante, NDLR], même si la Céni donne aujourd’hui une autre version à ce propos. Ce que nous croyons, c’est que l’un des moyens de faire baisser la tension aujourd’hui, ce serait de commercer dès maintenant à enrôler les électeurs vu que tout le monde pense aujourd’hui que c’est l’une des opérations qui pourrait prendre le plus de temps. Mais malheureusement, il n’existe pas aujourd’hui suffisamment de confiance entre l’opposition et la majorité, ce qui empêche toute prise de décision à ce sujet. Nous pensons que c’est primordial de protéger la Constitution. Je pense que certains ont le sentiment que le dialogue en RDC, c’est une tradition qui remonte à l’époque de Mobutu. Mais le dialogue national, c’était après 40 ans de dictature. Et quand les gens se sont assis à Suncity, c’était après une guerre civile. Et je pense que parfois les gens ne donnent pas assez de crédit à la RDC. C’est une démocratie constitutionnelle. Ce serait vraiment malheureux que les gens remettent en cause tous les progrès accomplis et balaient d’un revers de la main le point auquel les Congolais sont attachés à leur Constitution. C’est ce que j’entends le plus quand je voyage à l’intérieur du pays, qu’il y avait une raison pour laquelle les gens ont fini par s’entendre et rédiger cette Constitution : ils voulaient mettre toutes ces crises derrière eux, cette époque où tout se décidait par la guerre et les pourparlers de paix, et c’est pourquoi je crois qu’on sent une résistance au sein de la population à l’idée de se démarquer du cadre constitutionnel.

http://www.rfi.fr/afrique/20160126-rwanda-burundi-rdc-pense-envoye-special-americain-tom-perriello

 

– 30 janvier 2016, RDC (Rwanda, Burundi, Congo B) : Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Onu, au Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba

Ban Ki-mon a appelé les dirigeants africains à ne « jamais utiliser des changements constitutionnels non démocratiques pour s’accrocher au pouvoir. » … « Les dirigeants ne devraient jamais utiliser des changements constitutionnels non démocratiques et des vides juridiques pour s’accrocher au pouvoir. Nous avons tous vu les conséquences tragiques quand ils le font», a-t-il déclaré. Saluant les dirigeants qui se sont engagés à quitter le pouvoir et à respecter les limites constitutionnelles de leur mandat, il a appelé « tout le monde à suivre leur exemple ». Le chef de l’ONU a également rappelé que 17 pays africains allaient organiser des élections en 2016.

https://7sur7.cd/new/grands-lacs-ladministration-obama-durcit-sa-position-contre-la-revision-des-constitutions/

 

– 3 février 2016, Burundi, RDC: Tom Perriello, USA, envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, interview à Jeune Afrique (Pierre Boisselet) pendant sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba

Burundi : JA: UA, Burundi ?cela a été une avancée assez importante puisque cela valide le leadership de l’UA pour essayer de régler une crise que le gouvernement burundais nie. Et puis l’UA fait un effort global pour la paix et la protection des civils dans ce pays. Même s’il y a eu des avancées et des reculs tout au long du week-end, l’important, c’est que l’UA continue d’exercer son leadership. JA : force africaine ? D’abord, nous avons des divergences avec l’UA sur cela. Ensuite, je pense que très peu de gens s’attendaient vraiment à ce qu’un déploiement intégral soit décidé lors de ce sommet. La question était de savoir si on allait reculer de deux pas, ou avancer d’un. Et je pense que l’UA a avancé de deux pas. Nkurunziza doit maintenant décider s’il veut adopter une position modérée ou être du côté des tenants d’une ligne dure. JA : rencontre TP et Pierre Nkurunziza il y a quelques jours et force africaine ? Je pense qu’il a le sens des responsabilités en tant que leader de son pays. Il a une vision de ce qu’il veut pour le peuple burundais. Jusque-là, il ne voit pas l’intérêt de cette force. Mais je pense que les observateurs objectifs de la situation constatent que le gouvernement y a beaucoup plus intérêt que l’opposition. En réalité, les deux groupes qui se félicitaient le plus d’un éventuel recul de l’UA étaient les faucons du gouvernement et l’opposition armée. Les progrès renforcent en réalité les modérés. Et le président Nkurunziza doit maintenant décider s’il veut adopter cette position modérée ou être du côté des tenants d’une ligne dure. JA : ingérence Rwanda ? Il faut d’abord comprendre qu’à l’origine de la crise, il y a une scission au sein du parti au pouvoir. Celle-ci s’est faite entre ceux qui, au sein du gouvernement, voulaient poursuivre avec l’accord d’Arusha, qui a permis une décennie de paix, et les tenants d’une ligne dure. Les modérés ont quitté le parti pour rejoindre la société civile et l’opposition. Il y a eu beaucoup d’interventions de la part des pays voisins. Certaines étaient constructives, d’autre pas. Avec les Rwandais, nous avons fait part de nos inquiétudes sur la question des recrutements dans les camps de réfugiés. Une grande partie de la solution réside dans une Communauté de l’Afrique de l’Est unie qui permette aux discussions régionales d’avancer. Ceci étant, c’est une crise qui vient de l’intérieur du Burundi et la solution viendra de la réunion des parties burundaises, soutenues par les pays de la région. JA : risque de génocide ? Personne ne dit qu’un génocide a déjà commencé. Mais bien sûr, il vaut mieux intervenir avant que cela ne soit le cas. Cette crise est d’abord politique. Mais il y a toujours eu une composante ethnique parce que le gouvernement suspecte certains membres de la communauté minoritaire d’être contre lui. Nous surveillons cela. À certains moments, la crise menaçait davantage de prendre une tournure ethnique. Le monde doit faire en sorte que cela n’arrive pas. Mais il y a un autre message que nous avons adressé au gouvernement concernant les cas de torture, d’exécutions extra-judiciaires et d’autres abus. Ils ne sont pas davantage acceptables quand ils concernent à égalité Hutus et Tutsis. Il y a déjà eu de graves crimes commis par le gouvernement et l’opposition.

RDC : JA  présidentielle en novembre ? Nous pensons qu’il est important que des élections se déroulent dans les temps et selon la Constitution. Beaucoup de Congolais pensent encore que cela peut être le cas, même si de plus en plus en doutent. Nous pensons que la préparation des élections doit commencer immédiatement. Ce que nous savons c’est qu’aucun des obstacles n’est insurmontable. Tous ces défis ont déjà été relevés par le passé en RD Congo. Les principaux obstacles sont politiques, plutôt que techniques. Donc il faut se concentrer sur ce problème politique. JA : dialogue politique de Kabila ? Le dialogue en tant que tel est toujours utile dans ces situations. Le premier appel au dialogue est venu de l’UDPS qui a proposé une feuille de route il y a un an. Donc la question est : quel type de dialogue ? Si un processus crédible est présenté, que les parties sont convaincues qu’il vise à préserver les intérêts du pays et la Constitution, je pense qu’ils se réuniront pour cela. Si cela n’arrive pas, je pense que ce sera réglé par d’autres moyens. L’opposition a menacé d’utiliser ses droits constitutionnels à se rassembler et manifester. Mais tout le monde comprend bien que cela crée certains risques, de même que la stratégie du « glissement ». Il vaut donc mieux trouver un processus. Et il sera difficilement crédible s’il est contrôlé par une seule partie au dialogue. Je pense que le président Kabila a un bilan remarquable. JA : Kabila alors que les présidents du Rwanda et du Burundi ont pu obtenir un troisième mandat ? Le président Obama ne dit pas que, puisque tel président a eu droit à quatre mandats, lui aussi y a droit. Chacun doit respecter sa propre Constitution. Dans le cas du président Kabila, elle est très claire. Je pense aussi que le président Kabila a un bilan remarquable. Il a permis de sortir le pays d’une guerre civile pour l’amener vers une démocratie constitutionnelle. Il a relevé des défis tels que la lutte contre l’inflation et les violences faites aux femmes par des militaires. Il peut être fier. Et être celui qui réussit, là où d’autres ont échoué, à permettre une transition constitutionnelle, permettrait d’aller encore plus loin.

http://www.jeuneafrique.com/299477/politique/crise-burundi-tom-perriello-limportant-cest-lunion-africaine-continue-dexercer-leadership

 

– 8 février 2016, Burundi, RDC : François Hollande, président de la République française et Edgar Lungu, président de la République de Zambie, Communiqué de la présidence de la République française suite à rencontre à Paris

… Les deux présidents ont aussi évoqué la situation de plusieurs pays africains. François Hollande a salué la participation de forces zambiennes aux opérations des Nations unies en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, où elles contribuent au rétablissement de la paix. S’agissant de la RCA, les deux chefs d’État ont salué la poursuite du processus électoral. En RDC, ils ont indiqué leur attachement au respect de la Constitution et à l’organisation d’élections nationales dans les délais légaux. S’agissant du Burundi, ils ont rappelé leur engagement en faveur d’un dialogue inclusif entre le gouvernement et l’opposition, afin de permettre de restaurer l’équilibre et la stabilité nés des accords d’Arusha.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=bafr2016-02-08.html#Chapitre2

Précision Elysée (orale ?) « la position française n’est pas anti-Kabila, elle est pro-Constitution ».

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Le-president-zambien-recu-a-l-Elysee-910023

http://7sur7.cd/new/elections-dans-les-delais-paris-sort-de-ses-gonds/

http://www.jeuneafrique.com/301834/politique/rd-congo-paris-washington-mettent-kabila-garde-kinshasa-repond/

 

– 10 février 2016, Burundi, France : François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, après Conseil de sécurité, remarques à la presse (New York) (en français et en anglais)

Ces consultations sont importantes. Nous avons pris, nous France, l’initiative de ces consultations qui nous permettront d’écouter Jamal Benomar, le conseiller spécial, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que nous restons très préoccupés par la situation au Burundi et par les risques de spirale négative qui sont élevés. Ensuite parce qu’il nous parait important de tirer parti des efforts récents ou en cours pour tenter de créer une dynamique positive. Je pense au récent sommet de l’Union Africaine et à la décision qu’elle a prise d’envoyer une délégation de très haut niveau à Bujumbura. Je pense à la récente visite du Conseil de sécurité au Burundi qui a été utile pour passer les messages du Conseil mais aussi pour contribuer à renforcer l’unité du Conseil de sécurité à partir de ce que ces membres ont pu voir sur place. Et puis je pense bien sûr aux efforts de médiation, aux efforts du Secrétaire général, aux efforts de Monsieur Benomar que nous soutenons pleinement. C’est la raison pour laquelle la résolution 2248 adoptée à l’unanimité à l’initiative de la France en novembre dernier, nous souhaitons tirer parti de ces consultations pour encore une fois essayer de construire sur les éléments que je viens d’évoquer et réfléchir à ce que pourrait être un texte du Conseil de sécurité, sous une forme à déterminer, à une date à déterminer, au service de nos trois objectifs essentiels que je rappelle :

– Renforcer l’engagement international et la présence internationale au Burundi afin de contribuer à y réduire les tensions et la violence ;

– Numéro deux, permettre le lancement d’un dialogue inter-burundais réellement inclusif ;

– Numéro trois, assurer le respect des droits de l’Homme dans ce pays qui est une préoccupation majeure en soi.

Le tout dans le respect de la lettre et de l’esprit des accords d’Arusha qui de notre point de vue sont plus que jamais la boussole qui doit guider l’ensemble des partenaires internationaux et des acteurs bien sûr du Burundi.

Q – Is there a date for a visit of the AU delegation to Burundi ? Doesn’t seem very eager to go there…A – According to the information I have it’s a matter of days. For us, the sooner the better, no doubt about it.Maybe just a few words in English. For us these consultations that we have asked are important for a couple of reasons : First of all, because we remain concerned by the situation in Burundi as it is, and by the risk of a down spiral in this country. Number two, because of the ongoing efforts that you all have in mind : the recent AU Summit and their decision to send a very high level delegation to Bujumbura ; the recent visit paid by the SC to Burundi, which was very useful to help pass our messages but also to reinforce our convergences within the Security Council on Burundi. Number three, to support ongoing efforts by the mediation, by the SG, by Jamal Benomar. So, you know our objectives, what we have in mind with these consultations is to help us explore with the members what a new text could include, what a new text coming soon could include based on three key objectives that you all know : Number one, to strengthen the international involvement in Burundi to help reduce violence and tensions ; Number two, to help the resumption of a true and truly inclusive inter-Burundian dialogue ; Number three, to address, ensure and promote the respect of human rights in Burundi which is a key concern in itself. All this, within the framework which has to be for us the respect of the letter and spirit of the Arusha accords which remain more than ever our compass, and must remain more than ever our compass and the compass, the guide of the key actors.

Q – When do you expect to see this resolution ? How soon ? A – Again, these consultations are important for us to – so to speak – test the waters, to consult with each and every member of the Security Council, to see where the right line may be vis-à -vis the ideas that we have, that I will discuss with my colleagues in a few minutes.

Q – Some of the ambassadors that went on the Burundi trip spoke about the fact that they did not raise the question of the Arusha accords, they seem not to have been spoken about in the recent times. Are you going back to the question of a certain illegality surrounding them ? A – Again when I say Arusha accords they are many aspects. The content of the Arusha accords is wide, is broad so there are many things that I have in mind and I do not want to go into the details of what you were referring to. But again the Arusha accords are more than ever the guide that the key actors in Burundi must have, and that we, international community, must have.

Q – What about the protection of civilians ? What is France’s position on either UN police or continuing to pursue the idea of peacekeepers ?A – I think the idea of U.N. police – and the format, the conditions, the modalities of course must be discussed – is potentially a productive idea. That is one of the ideas we must work on in our views.

Q – What sort of consensus is there in the Council around the new resolution ?A – Again, it’s a bit early because there is no text at this stage and as I told you – I believe it was in French – we will consider whether the best is a resolution or a statement. A text allowing us to build on this momentum we are trying to encourage, that is the whole idea. But it’s a bit too early to say when and how./.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=bafr2016-02-11.html#Chapitre9

 

– 10 février 2016, RDC et Burundi: Linda Thomas-Greenfield, secrétaire d’État adjointe en charge des Affaires africaines pour les États-Unis, téléconférence de presse

Linda Thomas-Greenfield a préconisé de son côté des sanctions si la présidentielle n’était pas organisée dans les délais constitutionnels en RD Congo.

http://www.jeuneafrique.com/301834/politique/rd-congo-paris-washington-mettent-kabila-garde-kinshasa-repond/

« Nous ne croyons pas que les dirigeants devraient rester longtemps au pouvoir, en changeant la Constitution … Le fait pour certains présidents de changer la Constitution est; extrêmement inadmissible ». S’agissant de cas du Burundi, La Sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines a indiqué que des sanctions sont prises sur les membres du régime Nkurunzinza.

https://7sur7.cd/new/grands-lacs-ladministration-obama-durcit-sa-position-contre-la-revision-des-constitutions/

Parlant de la situation dans la région des Grands Lacs, notamment au Burundi … la Sous-secrétaire d’Etat-adjointe a affirmé que les Etats-Unis suivent de près la situation dans la région des Grands Lacs en général et au Burundi en particulier.  Mme LindaThomas-Greenfield a exprimé ses inquiétudes face aux conséquences négatives que produisent cette décision du président Pierre Nkurunziza, non seulement pour le Burundi mais également pour tous les pays de la région des Grands Lacs. La Sous-secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines, Mme LindaThomas-Greenfield a de ce fait lancé un appel aux dirigeants africains à  respecter la constitution et  les engagements pris devant leurs peuples et à promouvoir des vertus de la démocratie.  « Nous ne croyons vraiment pas que les gouvernements devaient détruire les espoirs des peuples à la démocratie. C’est d’ailleurs quelque chose qui a été exprimé lors du sommet de l’Union Africaine ainsi que lors du sommet Etats-Unis -Afrique. La démocratie est importante pour le développement de l’Afrique », a déclaré La Sous-secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines, Mme LindaThomas-Greenfield. Elle a émis le vœu de voir des acteurs politiques africains en général, de la région des Grands Lacs en particulier à respecter la constitution et à assurer une transition démocratique apaisée. Bien entendu, La Sous-secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines n’écarte pas la possibilité du dialogue entre différents acteurs africains pour le bien-être de la population et la victoire de la démocratie.

http://www.lobservateur.cd/2016/02/soulignant-linteret-des-etats-unis-pour-lafrique-mme-linda-thomas-greenfield-encourage-la-promotion-de-la-democratie/

 

– 10 février 2016, RDC, Burundi, Rwanda: sous-commission des affaires étrangères du congrès américain (vidéo + 4 textes)

U.S. Policy in Central Africa: The Imperative of Good Governance

http://www.foreign.senate.gov/hearings/us-policy-in-central-africa-the-imperative-of-good-governance-021016

Linda Thomas-Greenfield, Assistant Secretary, Bureau of African Affairs, U.S. Department of State :

Rwanda: “As we have publicly noted, we were deeply disappointed that Rwandan President Paul Kagame missed the opportunity to set an historic example and provide the leadership to set his own country on a firm foundation of strong democratic institutions and systems that can sustain the economic and development progress that Rwanda has made in the past twenty years ,and serve as an example to the region. His decision to seek a third term in office came ,shortly after a referendum in which Rwandans agreed to modify the country’s constitution to permit Kagame to serve up to three more terms. We believe that constitutional transitions of power are essential for strong democracies, and that efforts initiated by incumbents to modify the rules so that they can remain in power ultimately weaken democratic institutions. We are particularly concerned by constitutional changes that favor one individual over the principle of peaceful democratic transitions, as was the case here.”

http://www.foreign.senate.gov/imo/media/doc/021016_Thomas-Greenfield_Testimony.pdf

Thomas Perriello, Special Envoy for the Great Lakes Region of Africa, U.S. Department of State:

Burundi “… We are working in close coordination with the European Union to maximize pressure on the Burundian government through targeted sanctions and cuts to assistance… We are prepared to consider additional sanctions and support the EU’s article 96 process which may result in the suspension of direct EU assistance. Our priorities remain pressuring all sides to 5 refrain from further violence; to commit to a full-time regionally-mediated dialogue; and to support the AU’s and the UN’s ongoing contingency planning”

RDC : “While we support efforts by the African Union to negotiate a peaceful Constitutional path forward with the DRC government and opposition groups we are also working to ensure that any protests are peaceful and that any peaceful protests are not met with the repressive force that destabilized Burundi. The most prominent elements of the DRC opposition have united under the “Citizen Front” banner and are considering national actions this month ranging from a day of prayer to work strikes to mass mobilizations. We call upon the Government of the DRC to respect its people’s rights to peaceful assembly and freedom of expression. This means the government not only must allow its citizens to exercise their rights but take responsibility to ensure that they can do so peacefully. At the same time those protesting have the responsibility to ensure that their actions remain non-violent. There will be consequences if the DRC government repeats the extreme tactics used in January 2015 when security personnel were reportedly responsible for killing dozens of people who took to the streets to protest legislation that would 7 have delay ed elect ions by a year or more. We continue to consider measures including sanctions to hold accountable individuals who threaten the peace and security of the DRC and undermine its democracy as allowed under Executive Order 13671 . Given the potential for signifi cant violence in DRC we will work closely with the UN peacekeeping mission in the DRC (MONUSCO) particularly through the upcoming March mandate renewal as well as the AU regional partners and other allies to support MONUSCO’s efforts to mitigate unrest inside the DRC and to ensure that the region is prepared to prevent any negative regional impact. Unless a clear political path forward that respects DRC’s constitution is articulated soon we are concerned that the DRC could fall into a crisis more violent and destabilizing than the current crisis in Burundi. Nevertheless there remains a shrinking window within which President Kabila can set the process in motion for timely and credible elections and avoid tipping his country into further uncertainty. Kabila has an opportunity to cement his legacy in the DRC and the region becoming not just the leader who brought his nation peace but also the father of its Constitutional democracy and a model for his peers. We continue to stress to regional and global stakeholders the distance between the massive step forward or backwards that is at stake with this electoral cycle and DRC’s first peaceful democratic transition of power.”

http://www.foreign.senate.gov/download/perriello-testimony-021016

Roger A. Meece Former United States Ambassador to the Democratic Republic of Congo Former United Nations Special Representative for the Democratic Republic of Congo

http://www.foreign.senate.gov/download/meece-testimony-021016

Sarah Margon Washington Director Human Right WatchWashington D.C.

http://www.foreign.senate.gov/download/margon-testimony-021016

RDC: Tom Perriello : « [L’année 2016] déterminera si la RD Congo tirera profit des gains importants de la décennie précédente […], ou si elle déviera de son cap en risquant de sombrer à nouveau dans le conflit et le sous-développement ». Tom Perriello a tiré, le 10 février, une sonnette d’alarme contre les risques de violence si le président congolais, Joseph Kabila, tentait de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel qui s’achève d’ici la fin de l’année. L’envoyé spécial américain a également dénoncé « les efforts déployés par le gouvernement Kabila pour fermer l’espace civique et reporter le début des préparatifs de scrutin font craindre que Kabila ait l’intention de s’accrocher au pouvoir ». Mais les autorités congolaises n’ont « pas encore franchi le point de non-retour », a-t-il expliqué, soutenant que « des élections opportunes et crédibles conformes à la Constitution de la RDC sont encore possibles ». Et d’ajouter : « Les obstacles majeurs à la tenue d’élections d’ici la fin de l’année 2016 sont d’ordre politique et non pas technique ».

http://www.jeuneafrique.com/301834/politique/rd-congo-paris-washington-mettent-kabila-garde-kinshasa-repond/

 

– 12 février 2016 RDC : Lambert Mende ministre de la communication en RDC (réponse)

Lambert Mende a dénoncé des « habitudes insensées et surannées » des États-Unis et de la France. « Des prises de position dépourvues de toute rationalité » selon le porte-parole du gouvernement congolais. « Personne ne demande à François Hollande [le président français] d’être pour ou contre la Constitution congolaise a déclaré le ministre. Le gouvernement congolais ne lui reconnaît pas le droit de s’ingérer dans les affaires intérieures de notre pays. » « La RD Congo n’est ni la province de la France ni celle des États-Unis » a-t-il rappelé. À ceux qui soupçonnent le président sortant de vouloir se maintenir au pouvoir Lambert Mende a une fois de plus soutenu que « Joseph Kabila respectera la Constitution parce qu’il est le garant de la Loi fondamentale congolaise. Mais pas parce que la France ou les États-Unis l’auraient demandé ! »

http://www.jeuneafrique.com/301834/politique/rd-congo-paris-washington-mettent-kabila-garde-kinshasa-repond/

 

– 15 février 2016, Burundi, Union européennne, Conseil affaires étrangères Conclusions, Bruxelles

  1. En dépit de tous les efforts de la communauté internationale, la situation au Burundi demeure dans l’impasse. Le pays est le théâtre d’épisodes récurrents de violence et de violations et atteintes aux droits de l’Homme. L’Union européenne (UE) condamne fermement tout recours à la force pour résoudre la crise burundaise. L’absence de perspective d’une solution politique augmente le risque de radicalisation des positions et de confrontation violente. Cette situation risque d’être aggravée par la fragilité économique du pays. Dans ce contexte, l’UE réitère la priorité qu’elle attache à la protection et au soutien à la population.
  2. Seul un dialogue politique inclusif, sous médiation internationale et dans le respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution du Burundi, permettra de trouver une solution à la crise. L’UE salue les efforts de la médiation de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), qui a permis d’organiser la première réunion du dialogue inter-burundais le 28 décembre à Entebbe. Il est urgent que le dialogue inter-burundais reprenne dans un cadre véritablement inclusif et sans conditions préalables. L’UE appelle toutes les parties et en particulier les autorités burundaises à s’inscrire dans cette logique.
  3. L’UE prend note des décisions adoptées par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), en sa 571ème réunion tenue le 29 janvier 2016, au niveau des chefs d’État et de gouvernement. L’UE salue la décision de l’UA d’envoyer une délégation de très haut niveau de l’UA au Burundi pour s’engager avec les plus hautes autorités de la République et les autres parties prenantes burundaises. Celle-ci devrait se rendre au Burundi dans les plus brefs délais, aux fins d’entreprendre des consultations sur le dialogue inclusif inter-burundais. L’UE se félicite de l’exhortation adressée à toutes les parties prenantes burundaises pour qu’elles répondent sans conditions préalables et sans délai à l’appel de la médiation pour la poursuite d’un dialogue authentique et inclusif. L’UE est aussi encouragée par la ferme condamnation par l’UA de tous les actes de violence, quels qu’en soient les auteurs, ainsi que par la condamnation de la persistance de l’impunité.
  4. L’UE salue la visite du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) au Burundi, les 21 et 22 janvier 2016, et souligne l’importance attribuée par les membres du CSNU à la nécessité d’une solution politique pour le Burundi, soutenue par une présence internationale dans le pays. Elle salue dans ce cadre le travail du Conseiller spécial du Secrétaire général. L’UE soutient le renforcement de l’implication des NU, de l’UA et de la CAE dans les efforts de médiation, et réitère son engagement à soutenir la médiation.

Rappelant la nécessité pour la communauté internationale d’être en mesure de faire face à une dégradation de la situation, l’UE souligne l’importance de poursuivre le travail à cet égard et rappelle son engagement à soutenir les actions des NU et de l’UA à disposer de plans coordonnés en cas d’urgence.

  1. L’UE adoptera les mesures appropriées qui s’imposent vu l’absence de signaux positifs. En effet, les consultations au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, tenues à Bruxelles le 8 décembre dernier, n’ont pas permis de remédier au non-respect par le Burundi des éléments essentiels du partenariat. La participation effective du gouvernement du Burundi au dialogue inter-burundais, comme demandé par le CSNU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, est essentielle. Toute autre mesure d’apaisement et d’ouverture politique constituera également un signal positif très important. L’UE, qui est l’un des principaux partenaires au développement du Burundi, confirme sa volonté de poursuivre son soutien à la population burundaise à travers ses actions de développement.
  2. L’UE reste prête à financer des actions humanitaires en faveur de la population burundaise et invite les autorités à garantir un accès immédiat, sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires oeuvrant au Burundi.
  3. Les récentes attaques de mouvements rebelles armés contre les forces de l’ordre et les institutions du pays sont inacceptables tout comme l’usage disproportionné de la force par les forces de sécurité intérieure en représailles. L’UE exprime sa solidarité avec toutes les victimes de la violence.
  4. L’UE rappelle que tout individu impliqué dans des actes de violence et des violations ou atteintes graves aux droits de l’Homme, dont l’incitation à la haine, doit être tenu responsable et devra rendre des comptes devant la justice. Rappelant les mesures restrictives qu’elle a déjà adoptées le 1er octobre 2015, l’UE se tient prête à imposer des mesures restrictives à l’encontre de ceux dont l’action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’Homme, et/ou entraverait la recherche d’une solution politique dans le cadre proposé par l’UA et la CAE.
  5. L’UE reste extrêmement préoccupée par le nombre croissant de cas rapportés de violations et atteintes aux droits de l’Homme dont certains impliquent les forces de sécurité. Les communiqués du Haut-commissaire des droits de l’Homme des Nations unies sur l’existence alléguée de fosses communes, de cas de violences sexuelles, de détentions arbitraires, de disparitions et d’exécutions sommaires sont alarmants et demandent que toute la lumière soit faite à travers la mise en place d’une enquête approfondie, impartiale et crédible.
  6. L’Union européenne exprime sa profonde préoccupation également face à l’intimidation et au harcèlement continu des représentants de l’opposition et de la société civile. Elle rappelle au gouvernement burundais ses obligations internationales découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment au sujet du respect des libertés fondamentales et de l’État de droit et du traitement des affaires judiciaires, en particulier le droit à un procès équitable et impartial. Elle encourage le gouvernement burundais à assurer la liberté d’expression ainsi que la liberté de la presse, permettant aux journalistes burundais et étrangers de mener des enquêtes et faire des reportages sans entraves ou intimidations. L’opposition doit s’abstenir de recourir à la violence.
  7. À cet égard, l’UE soutient pleinement le déploiement d’experts de l’UA et l’envoi d’une mission d’experts par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, conformément à la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU lors de sa session extraordinaire du 17 décembre 2015. L’UE appelle les autorités burundaises, compte tenu également de leur récente élection au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, à faciliter sans délai leur déploiement; elle estime que leur présence contribuera à l’apaisement et à la protection de la population.
  8. La coopération et le développement dans la région des Grands Lacs avaient fait des progrès importants ces dernières années. La crise au Burundi remet en question les acquis récents. L’UE en appelle à la responsabilité de tous les pays de la région de contribuer à une solution à la crise et à ne soutenir d’aucune manière des actions de mouvements armés.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?type=bafr#Chapitre17
RFI 15.2.16 : … « On attendait une décision ce lundi, puisque cela fait deux mois que l’Union européenne évoque la possibilité de suspendre son aide au Burundi, mais le Conseil de l’UE se donne encore quelques semaines. A l’issue de la réunion, la chef de la diplomatie européenne a simplement confirmé que l’option était bien sur la table. « La suspension de l’aide a été proposée, indique la Haute représentante de la politique extérieure de l’UE, Federica Mogherini. La position est sur la table du Conseil. Ce n’était pas la décision d’aujourd’hui, c’est pour ça que vous ne la trouvez pas dans le texte des conclusions d’aujourd’hui. Parce que ça va être reconsidéré ces prochaines semaines. » Elle n’a donné aucune autre indication sur la forme que pourrait prendre cette suspension. Pour l’instant, l’Union européenne répète qu’elle prendra les mesures appropriées face au manque de signaux positifs de la part du gouvernement burundais. Avec une aide globale de quelque 430 millions d’euros pour la période 2015-2020, l’UE est le premier donateur du Burundi. »

http://www.rfi.fr/afrique/20160215-burundi-aide-financiere-ue-toujours-suspens

 

– 16 février 2016, RDC : UA, Nations Unies, UE et OIF, communiqué commun, Addis Abéba, New York, Bruxelles et Paris,

L’UA, les Nations Unies, l’UE et l’OIF soulignent la nécessité d’un dialogue politique inclusif en RDC et leur engagement a appuyer les acteurs Congolais en vue de la consolidation de la democratie dans leur pays.

L’Union africaine (UA), les Nations unies (NU), l’Union européenne (UE) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) suivent avec attention la situation en République démocratique du Congo, particulièrement dans la perspective des prochaines élections prévues dans ce pays. Les quatre organisations partenaires soulignent l’importance cruciale que revêtent ces scrutins, dont le déroulement dans les conditions requises de paix, de transparence de régularité, et à bonne date, contribuera grandement à la consolidation des progrès enregistrés par la RDC depuis plus d’une décennie. Elles demandent instamment aux acteurs politiques congolais de ne ménager aucun effort, dans le cadre de la Constitution de leur pays, pour assurer la tenue réussie des élections, préserver la paix et approfondir la démocratie, y compris à travers un processus politique. Les quatre organisations soulignent à cet effet l’importance du dialogue et de la recherche d’un accord entre les acteurs politiques dans le respect de la démocratie et de l’Etat de droit. Dans ce contexte, les quatre organisations partenaires, se référant à la désignation par l’UA d’un Envoyé spécial, en la personne de Monsieur Edem Kodjo, pour entreprendre des consultations sur le dialogue politique envisagé en RDC, exhortent l’ensemble des acteurs politiques congolais à lui apporter leur entière coopération. Elles rappellent que la décision prise par l’UA et les efforts que déploie l’Envoyé spécial sur le terrain s’inscrivent dans le cadre des instruments pertinents de l’UA, y compris la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance. Les quatre organisations partenaires s’engagent à coordonner étroitement leurs efforts en RDC, dans le respect de leurs principes et valeurs, notamment en ce qui concerne la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit.

http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160216_04_fr.htm

 

– 18 février 2016, RDC : USA, John Kirby, Secrétaire d’Etat adjoint et Porte-parole du Département d’Etat, Communiqué de presse

Exercice du droit à la liberté d’expression en République démocratique du Congo : Les Etats-Unis sont préoccupés par le harcèlement et la détention d’activistes pacifiques et de leaders de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), comprenant les personnes détenues dans le cadre de la grève générale de cette semaine. Ces détentions étouffent la libre expression des opinions politiques diverses et contribuent au rétrécissement de l’espace politique tout en sapant la crédibilité du gouvernement de la RDC au cours de la période électorale actuelle. Nous avons fait part de nos préoccupations aux autorités de la RDC et nous appelons le gouvernement à respecter les libertés consacrées dans sa propre Constitution, qui a été promulguée il y a 10 ans. Nous appelons aussi la RDC à honorer ses obligations en matière de droits de l’homme internationaux et à libérer immédiatement toutes les personnes détenues ou, à tout le moins, leur accorder les protections et les garanties de procès équitable auxquelles elles ont droitEriger en infraction la contestation et les manifestations constitue une violation de la Constitution de la RDC ainsi qu’une menace pour l’héritage que le Président Kabila s’attache à bâtir. Nous soulignons en outre qu’il faut que tous les acteurs politiques puissent exercer leurs droits pacifiquement et encourageons les leaders à s’abstenir de tout discours incendiaire qui incite à la violence.

http://french.kinshasa.usembassy.gov/pressreleases-french-02192016.html

 

 

– 22 et 23 février 2016, Burundi : ONU : Ban Ki-moon à Bujumbura

A Bujumbura, Ban Ki-moon salue la décision du Président burundais de relâcher 1.200 détenus, 23 février 2016 – Au deuxième jour de sa visite à Bujumbura, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué mardi la décision du Président burundais, Pierre Nkurunziza, de relâcher 1.200 personnes en détention, mesure qu’il a qualifiée de pas dans la bonne direction pour une résolution pacifique du conflit actuel. « Je me trouve au Burundi au moment où le pays est en crise. Nous ne pouvons pas nous permettre de le voir sombrer », a déclaré M. Ban lors d’une conférence de presse dans la capitale burundaise, suite à son entretien dans la matinée avec M. Nkurunziza. Le Burundi traverse une grave crise politique depuis que son Président a pris la décision controversée de solliciter un troisième mandat présidentiel l’an dernier. M. Nkurunziza a ensuite été réélu en juillet 2015. Depuis le début de la crise politique, des centaines de personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres ont trouvé refuge dans les pays voisins. « La société burundaise est ébranlée et plus de 240.000 personnes sont parties chercher refuge à l’étranger », a rappelé le Secrétaire général, tout en insistant sur les graves incidences socio-économiques de la crise actuelle sur une population déjà vulnérable. M. Ban s’est toutefois félicité d’avoir pu évoquer ces problèmes avec M. Nkurunziza en tête-à-tête. Il a également, à cette occasion, renouvelé la volonté de l’ONU d’apporter au Burundi son aide dans le cadre d’un partenariat renforcé, notamment pour faciliter un règlement pacifique du conflit. « Nous devons cesser d’accorder la priorité à la gestion des crises et nous tourner vers une culture d’action précoce et de diplomatie préventive », a par ailleurs déclaré M. Ban, indiquant que ce sera là son principal message lors du futur Sommet humanitaire mondial, qui aura lieu fin mai à Istanbul, en Turquie. Le chef de l’ONU a appelé les parties prenantes à la crise burundaise à s’assoir à la table des négociations et à se comporter l’une envers l’autre comme des partenaires, tout comme, a-t-il confié, lors de la réunion qu’il avait lui-même convoqué la veille au soir, à laquelle ont assisté le parti au pouvoir et celui de l’opposition. « Rien n’empêche de continuer dans cette voie », a déclaré M. Ban, insistant sur l’esprit de dialogue dans lequel s’est déroulée cette réunion. Le Secrétaire général a par ailleurs salué la décision de M. Nkurunziza, prise au cours de leur entretien dans la matinée, de mettre fin à la censure de certains média ainsi qu’aux mandats d’arrêt, et de relâcher 1.200 personnes actuellement en détention. « C’est un pas dans la bonne direction », a déclaré le chef de l’ONU, tout en soulignant la nécessité de prendre des mesures supplémentaires. M. Ban a en outre indiqué que son Conseiller spécial pour le Burundi, Jamal Benomar, a déployé son équipe dans le pays et travaille avec le gouvernement afin d’instaurer un climat de dialogue inclusif. « Il faudra toute la détermination collective de tous les Burundais et de leurs partenaires régionaux et internationaux pour remettre le pays sur la voie de la paix, du développement et de la réconciliation », a déclaré le Secrétaire général. ..

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36687#.Vs9rQkC9E-g

Le président burundais Pierre Nkurunziza s’est engagé à ouvrir un « dialogue inclusif » avec l’opposition, a indiqué le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à l’issue de leur rencontre mardi à Bujumbura… autorisation de réémettre pour deux radios – interprétées mardi par le secrétaire général de l’ONU comme des « gestes de bonne volonté »… Lundi soir, ce dernier avait réuni à la même table les rares responsables de partis politiques d’opposition à ne pas être partis en exil et ceux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. « Rien ne les empêche de continuer sur cette voie », a estimé M. Ban mardi…  « Je me trouve au Burundi au moment où le pays est en crise… Nous ne pouvons nous permettre de le voir sombrer », a rappelé le secrétaire général de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, dont c’était la première visite au Burundi depuis 2010, a quitté Bujumbura en fin de matinée pour se rendre en République démocratique du Congo voisine.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/burundi-le-president-promet-de-relancer-le-dialogue-pour-sortir-de-la-crise_4870286_3212.html
Le patron de l’ONU doit rencontrer mardi le président Pierre Nkurunziza pour le convaincre de reprendre le dialogue avec l’opposition. Ce lundi, il a déjà rencontré des membres de la société civile et les partis politiques y compris des représentants de l’opposition. .. Le secrétaire général des Nations unies a rencontré les dirigeants des partis de l’opposition, le Front pour la démocratie du Burundi (Frodebu) et l’Union pour le progrès national (Uprona) mais aussi le chef du parti au pouvoir et Agathon Rwasa, président des Forces nationales de libération (FNL) qui est désormais le vice-président de l’Assemblée nationale… La plateforme, en exil, du Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un Etat de droit au Burundi (Cnared) considère qu’il s’agit de la dernière chance… Le ministre des Affaires étrangères burundais s’est lui aussi entretenu avec Ban Ki-moon. Un diplomate assure que lors de sa rencontre avec le président, Ban Ki-moon parlera des violations massives des droits de l’homme observées depuis le début de la crise.

http://www.rfi.fr/afrique/20160222-burundi-onu-ban-ki-moon-bujumbura

Avant sa rencontre avec Nkurunziza, le secrétaire général des Nations unies devait s’entretenir avec des responsables de partis politiques et d’ONG, ainsi qu’avec le ministre des Relations extérieures, Alain-Aimé Nyamitwe. .. Le chef de l’ONU devait tenter mardi 23 février au matin de convaincre le président Pierre Nkurunziza d’ouvrir avec l’opposition des pourparlers de sortie de crise, actuellement au point mort. « C’est une visite très importante car on espère que le secrétaire général de l’ONU va peser de tout son poids sur le président Pierre Nkurunziza pour qu’il accepte enfin un dialogue inclusif et sans conditions avec toute son opposition », a expliqué à l’AFP un haut fonctionnaire de l’ONU, sous couvert d’anonymat… M. Ban devrait également s’entretenir avec le président burundais « des violations massives des droits de l’Homme qu’on observe depuis le début de la crise », a ajouté un diplomate occidental en poste à Bujumbura. « Nous espérons qu’il parviendra à le convaincre d’accepter une véritable enquête internationale sur ces allégations », a-t-il ajouté… Le gouvernement a également consenti au « renforcement des observateurs des droits de l’Homme » de l’UA et de l’ONU sur place, selon un diplomate en poste au Burundi.

http://www.jeuneafrique.com/304473/politique/onu-ban-ki-moon-burundi-rencontrer-pierre-nkurunziza

Le secrétaire général des Nations unies a salué les récentes décisions du président Nkurunziza : levée des sanctions qui pesaient contre certains médias privés et des mandats d’arrêt imposés à 15 personnalités dont des opposants et des journalistes, tout en précisant que ces décisions devaient être suivies d’autres mesures. Lors de son entretien avec Ban Ki-moon, le président burundais a aussi promis de libérer 2 000 prisonniers, dont on ne connait pas pour le moment les identités.

http://www.rfi.fr/afrique/20160223-burundi-le-president-nkurunziza-s-engage-dialogue-inclusif

Ban Ki-moon doit ensuite rencontrer le ministre des Affaires étrangères avant de s’entretenir demain avec le président Nkurunziza. Son objectif est de lui faire accepter un dialogue sans conditions avec tous les opposants, y compris ceux qui se trouvent aujourd’hui en exil. Une option que le chef de l’Etat a toujours rejetée jusqu’à présent. Mais il faut quand même noter quelques gestes plus positifs ces derniers jours comme par exemple la levée de mandats d’arrêt internationaux qui pesaient contre 15 personnes, des opposants, des journalistes et des acteurs de la société civile. Pas assez toutefois pour rassurer le Cnared.

http://www.rfi.fr/afrique/20160222-burundi-ban-ki-moon-nkurunziza-dialogue-attaques-grenades

Avant de rejoindre la République démocratique du Congo, Ban Ki-moon a fait une étape d’un peu plus de 24h au Burundi. Il a rencontré mardi matin le président Nkurunziza qui promet selon lui d’ouvrir un « dialogue inclusif ». En fait, le chef de l’Etat maintient les conditions fixées les derniers mois : les personnes soupçonnées d’être impliquées dans les violences ne sont pas conviées aux débats. Toujours selon Ban Ki-moon, le président burundais s’engage à libérer des prisonniers. Mais une incertitude plane sur cette annonce. Les informations données par les autorités du Burundi et par les Nations unies diffèrent sur plusieurs points. D’abord, le nombre de personnes concernées : 1340 d’après l’ONU. La présidence burundaise parle de 2000, en précisant quand même que le chiffre n’est pas fixe. Le nombre de libérations peut varier en fonction de ce que diront les experts judiciaires qui examineront les grâces. Selon des sources judiciaires, une commission nommée par la ministre de la Justice est à pied d’œuvre dans les onze maisons d’arrêt du Burundi. Et elle a déjà établi une liste de ceux qui doivent bénéficier de la clémence présidentielle. Ban Ki-moon indique aussi qu’une partie des personnes libérées ont été choisies après discussions entre l’ONU et le Burundi. Mais le porte-parole du président, Gervais Abayeho, précise qu’il n’y a pas eu de négociations puisque la mesure était prévue de longue date. « En réalité, il s’agit d’une mesure qui avait été annoncée dans le message à la nation que le président de la République avait adressé aux Burundais et à la communauté internationale, le 31 décembre dernier. Il avait proclamé cette mesure de grâce présidentielle en faveur des détenus dont les jugements avaient déjà été prononcés. » Libérables si condamnés définitivement L’article premier de ce texte est en effet très clair. La mesure concerne les détenus qui sont déjà condamnés définitivement, et ça n’est pas le cas pour la plupart de ces prisonniers arrêtés au cours des neuf derniers mois. Ban-Ki-moon avait parlé d’un « geste de bonne volonté », mais si l’on s’en tient donc au décret présidentiel, aucune des milliers de personnes arrêtées en lien avec la crise au Burundi n’est concernée.

http://www.rfi.fr/afrique/20160223-burundi-incertitudes-liberation-detenus-ban-ki-moon-onu-nkurunziza

Les violences ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 240 000 personnes à quitter le pays, parmi lesquels de nombreux opposants, militants associatifs et journalistes, selon l’ONU. « Je me trouve au Burundi au moment où le pays est en crise… Nous ne pouvons nous permettre de le voir sombrer », a rappelé le secrétaire général de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, dont c’était la première visite au Burundi depuis 2010, a quitté Bujumbura en fin de matinée pour se rendre en République démocratique du Congo voisine. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/burundi-le-president-promet-de-relancer-le-dialogue-pour-sortir-de-la-crise_4870286_3212.html
– 25 février 2016, RDC : ONU : Ban Ki-moon à Kinshasa

Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Le président Kabila bien sûr, mais aussi la majorité, l’opposition et la société civile. En visite à Kinshasa, mercredi, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Il les a appelés à s’engager dans un dialogue inclusif dans le respect de la Constitution et à adopter un calendrier consensuel pour les élections. « J’ai eu la chance de rencontrer le président Kabila, les responsables du Parlement, des représentants de l’opposition et de la société civile. Je les appelle à s’engager de manière constructive dans un dialogue politique, je leur ai rappelé qu’il fallait mettre les intérêts de la population au centre des discussions, a expliqué le secrétaire général de l’ONU. Je les ai exhortés à travailler à un processus électoral inclusif et crédible dans le respect de la Constitution. » Restriction de l’espace démocratique Il a également exprimé sa préoccupation quant au processus électoral. « Les retards dans le processus électoral m’inquiètent et cela augmente les tensions politiques relatives à une possibilité d’un troisième mandat du président Kabila. J’ai continué d’encourager les acteurs politiques à se mettre d’accord sur un calendrier électoral consensuel », a indiqué le secrétaire général des Nations unies.

Ban Ki-moon a par ailleurs fait part de sa préoccupation quant à la restriction de l’espace démocratique et a appelé au respect des libertés publiques dans le pays. « Je suis également inquiet de la restriction croissante de l’espace démocratique et en particulier le fait que les membres de l’opposition, des médias et de la société civile sont ciblés. Les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont essentielles à une vie politique dynamique et à un processus démocratique », a-t-il déclaré. « S’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir » Lors de la conférence de presse, il a également été interrogé sur les enjeux auxquels le continent africain fait face. « L’an dernier, lors du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, j’ai soulevé ce problème. J’ai dit : s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et écoutez ce que vous dit votre population. Ecoutez attentivement quelles sont leurs difficultés, leurs aspirations. Mais quand la fin de votre mandat constitutionnel arrive, s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir, a-t-il rappelé. Il faut une bonne gouvernance. Pas de corruption, pas d’impunité. Il faut l’Etat de droit, rendre des comptes et être transparent. » Et d’ajouter : « L’Afrique regorge de richesses en ressources naturelles, en ressources humaines. Mais comment sont utilisées ces ressources, cela dépend de la classe dirigeante. Les dirigeants doivent montrer l’exemple, avoir une conduite exemplaire, s’assurer que cela permet d’accélérer le développement économique et social. C’est l’un des messages que j’ai répété à de multiples reprises en tant que secrétaire général. C’est ce que j’ai dit l’an dernier et répété cette année. Et il y a eu des applaudissements nourris de la part des délégations ».

http://www.rfi.fr/afrique/20160225-rdc-ban-ki-moon-appelle-acteurs-politiques-dialoguer-kabila

 

– 24 février 2016, Burundi : MAEDI France

Situation et visite du secrétaire général des Nations unies (23février 2016) : La France est très préoccupée par les violations des droits de l’Homme et les actes de violence au Burundi, dans la capitale comme en province. Elle condamne les attaques à la grenade qui frappent presque chaque jour la population civile de Bujumbura.Nous saluons l’engagement du secrétaire général des Nations unies qui s’est rendu sur place le 23 février, ainsi que les annonces faites à cette occasion par le président Pierre Nkurunziza dans le sens du dialogue et des mesures de confiance. La France restera attentive à ce que ces engagements soient pleinement tenus et rapidement suivis d’effets concrets. La France soutient les efforts de l’Union africaine et souhaite que la mission des chefs d’État (Afrique du Sud, Éthiopie, Gabon, Mauritanie et Sénégal) au Burundi les 25 et 26 février contribue à renforcer la dynamique d’un processus politique reposant sur le dialogue. Nous sommes mobilisés pour accompagner les efforts de dialogue, notamment au sein du conseil de sécurité des Nations unies, dans le cadre de la Constitution burundaise et de l’accord d’Arusha.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=bafr2016-02-24.html#Chapitre1

 

– 25 février 2016, Burundi : UA

Après Ban Ki-moon mardi, cinq dirigeants africains sont sur place, à Bujumbura dépêchés par l’Union africaine. Les présidents sud-africain, mauritanien, sénégalais, gabonais et le Premier ministre éthiopien vont eux aussi tenter de relancer le dialogue politique alors que la crise s’enlise autour de la question du 3ème mandat du président Nkurunziza. Ce jeudi 25 février, à la mi-journée, la délégation se trouvait à l’hôtel Outlook de Bujumbura pour y rencontrer les partis politiques : le CNDD-FDD au pouvoir, le FNL d’Agathon Rwasa, désormais vice-président de l’Assemblée nationale et ce qui reste l’opposition interne, à savoir l’Uprona de Charles Nditije, et le Frodebu, sachant que l’immense majorité de cette opposition se trouve en exil. Mais à 15h45 (heure locale) cette rencontre n’avait pas débuté. Dans la matinée un certain flou entourait le programme de la visite mais les choses semblaient se préciser au fil des heures. Après les partis politiques, la délégation devrait rencontrer des représentants religieux, puis de la société civile et la CNDI, la commission chargée du dialogue interne [Commission Nationale de Dialogue Interburundais]. Enfin, une rencontre avec le président Nkurunziza est prévue à 18h, suivie d’un banquet d’Etat. Mais, au rythme où vont les choses, ce programme pourrait ne pas être respecté… Rien n’a filtré encore sur la nature des échanges, mais hier soir, mercredi, le porte-parole du Cnared, la principale plateforme d’opposition était très sceptique sur les chances de réussite de l’Union africaine alors qu’à ses yeux, les Nations unies n’ont rien obtenu. Le Cnared regrette aussi que l’option d’un déploiement militaire de l’Union africaine ne soit plus sur la table, pointant une fois de plus le risque de guerre civile. Ce matin la délégation de l’Union africaine a d’ailleurs débuté sa visite par ce geste très symbolique : déposer des fleurs sur les mausolées de deux héros burundais, le prince Louis Rwagasore, père de l’indépendance et Melchior Ndadaye premier président démocratiquement élu. Deux figures de l’unité de la nation burundaise, unité aujourd’hui pour le moins menacée.

http://www.rfi.fr/afrique/20160225-burundi-delegation-ua-commence-entretiens-nkurunziza

Objectif : convaincre le président Nkurunziza d’accepter de dialoguer avec l’ensemble de l’opposition. Mais il ne devrait plus être question du déploiement, un temps envisagé, de soldats de la Maprobu, la mission africaine de prévention et de protection au Burundi. Début février, l’Union africaine annonçait que les consultations de la délégation porteraient sur deux points : le dialogue inclusif, mais aussi le déploiement de la Maprobu, « si elle est acceptée par le gouvernement du Burundi », précisait le texte.

http://www.rfi.fr/afrique/20160224-burundi-onu-delegation-ua-dialogue-cnared-nkurunziza-rwanda-ban-ki-moon

la délégation des présidents sud-africain Jacob Zuma, mauritanien Ould Abdel Aziz, sénégalais Macky Sall et gabonais Ali Bongo Ondimba, ainsi que le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, se rend ce jeudi 25 février au Burundi, a précisé mercredi un communiqué de la présidence sud-africaine.

http://www.jeuneafrique.com/305005/politique/ua-burundi-delegation-de-chefs-detat-attendue-a-bujumbura-jeudi

… La rencontre avec le président Nkurunziza a été reportée à vendredi à cause du retard pris sur le programme. La délégation a toutefois rencontré en fin d’après-midi les représentants religieux et de la société civile, mais aussi les acteurs politiques.  ..  L’opposition, en revanche, ne cache pas sa déception. Charles Nditije accuse la délégation de n’être venue qu’entériner le maintien au pouvoir de Pierre Nkurunziza. Selon le président de l’Uprona, Jacob Zuma aurait exclu que la question du 3ème mandat figure à l’agenda du dialogue, et demandé aux opposants de respecter la décision pourtant contestée de la Cour constitutionnelle, qui avait fini par valider la candidature de Pierre Nkurunziza. Charles Nditije : « Rien de concret n’a été proposé pour mettre fin aux violences, rien de concret non plus pour le dialogue. Non seulement aucune date n’a été donnée, mais les dirigeants ont très peu insisté sur la nécessité d’inclure tous les opposants » … Un membre de la délégation récuse, lui, tout penchant en faveur du pouvoir : « les discussions continuent et nous allons tenter de faire évoluer les positions pour un dialogue le plus inclusif possible » indique cette source.

http://www.rfi.fr/afrique/20160226-burundi-negos-ua-premier-jour-bilan-0

 

– 25 février 2016, Burundi : HRW, Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch

… Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait d’urgence chercher à obtenir l’accord du gouvernement burundais pour le déploiement d’une mission politique de l’ONU robuste et dotée d’une importante composante de police internationale, qui serait basée dans les quartiers les plus affectés par les violences. Sa présence pourrait dissuader ou réduire les abus et les attentats de la part des deux camps. Compte tenu d’informations concernant l’implication de commandants de haut rang de la police, de l’armée et des services de renseignement dans de graves abus commis au Burundi, l’ONU devrait redoubler d’efforts pour passer en revue le personnel burundais déployé au sein de missions de maintien de la paix et en exclure ceux connus pour des violations avérées des droits humains. L’Union africaine devrait urgemment mettre en place un mécanisme de vetting.

NB R*E : « vetting » : verification enquête sur les employés :https://en.wikipedia.org/wiki/Vetting

https://www.hrw.org/fr/news/2016/02/25/burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-repandent-la-peur
– 25 février 2016, RDC : MAEDI France

Condamnation de militants des droits de l’Homme La France est préoccupée par les condamnations à des peines de prison ferme de six défenseurs des droits de l’Homme en République démocratique du Congo. À l’approche d’échéances électorales majeures, conformément à la Constitution, il est essentiel que la société civile puisse prendre part à un débat démocratique serein et que les responsables politiques ne subissent pas d’entraves dans leurs activités. Nous appelons les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales, conformément aux engagements internationaux que la République démocratique du Congo a souscrits.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?type=bafr#Chapitre1

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/25/en-rdc-la-condamnation-de-six-militants-pro-democratie-denoncee-par-la-france_4871862_3212.html
– 25 février 2016, RDC : UE – Elena Valenciano, présidente commission des droits humains du parlement européen

Ms, Chair of the of the Subcommittee on Human Rights, expressed her grave concerns at the arrest of several activists from the youth movement, Lutte pour le Changement (LUCHA), on 16 February 2016, just before the general strike took place. The strike was called by opposition political parties and civil society organisations, to protest against delays in the preparation for the 2016 presidential elections in the Democratic republic of Congo (DRC). Among the activists who were arrested both in Goma and Kinshasa, we find Rebecca Kavugho, Justin Kambale Mutsongo, Melka Kamundu, John Anipenda, Ghislain Muhiwa, Bienvenu Matumo, Marc Heritier and Serge Kambale (Serge Sivyavugha). Ms Valenciano had met Serge Kambale last December during his visit to Brussels and discussed the worrying human rights situation in DRC. Ms Valenciano said, « I express my grave concern about these arbitrary detentions and the current judicial prosecution against the activists, and recall that the DRC authorities have an obligation to ensure that detainees are not subject to any kind of ill-treatment while under custody. I condemn any harassment and intimidation of civil society activists as they have merely exercised peacefully their civil and political rights and call for their immediate and unconditional release.’’ She added, « I hope that the UN Secretary General’s visit to the country will have an impact on how the DRC authorities are dealing with the serious political and human rights challenges that the country is facing.  I believe also that the EU must use its leverage and apply all possible ways and means, particularly within the framework of the Cotonou Partnership Agreement, to ensure that the commitments taken by the DRC with regard to democracy, the rule of law and human rights principles are upheld. I support the call for the establishment of a UN Special Envoy for human rights in the DRC in order to help address challenges in a more effective way the current multiple ordeals. »

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20160223IPR15414/Immediate-action-is-needed-to-protect-youth-activists-in-DRC-says-DROI-chair

 

– 25 février 2016, RDC : ONU – José Maria Arana, directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme à Kinshasa

Selon José Maria Arana, le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme à Kinshasa, une douzaine de personnes ont été interpellées en marge de la journée ville morte.

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-deux-ans-de-prison-pour-des-banderoles-pronant-la-democratie/

 

– 25 février 2016, RDC: UK : Nick Hurd, ministre britannique de la coopération internationale,

La Grande Bretagne a appelé au respect des dispositions de la constitution pour arriver à des élections apaisées en République démocratique du Congo. C’est le ministre britannique de la Coopération internationale, Nick Hurd, actuellement en visite au Congo qui a fait savoir la position de son pays sur le processus électoral congolais. Actuellement en visite en Rd Congo, le a rencontré vendredi 4 mars le Premier ministre ainsi que les ministres de l’Energie et de l’Intérieur. « Nous avons discuté des préoccupations au niveau de la population congolaise, préoccupations au niveau de la communauté internationale en ce qui concerne le cheminement vers les élections où nous voulons que la constitution de la RDC soit respectée pour la tenue des élections équitables en RDC. Nous croyons que la constitution devrait être respectée », a déclaré Nick Hurd à l’issue de son entrevue avec les membres du gouvernement.

http://afrique360.com/2016/03/05/elections-en-rdc-la-grande-bretagne-pour-le-respect-strict-de-la-constitution_241291.html

 

– 25 février 2016, RDC, Rwanda, Burundi : UK, Nick Hurd, ministre britannique de la coopération internationale,

La Grande-Bretagne inquiète par rapport aux évolutions politiques dans la région des Grands Lacs, en termes de démocratie et de respect des droits de l’homme. A l’occasion d’une visite au Congo, le ministre britannique de la Coopération, Nick Hurd, dit que son pays est prêt à revoir ses options. Un message adressé notamment aux deux grands partenaires de Londres dans la région, à savoir la RDC et le Rwanda, mais aussi au Burundi. Le ministre britannique de la Coopération Nick Hurd l’a répété : la région des Grands Lacs est très importante pour la Grande Bretagne. « C’est même d’une importance stratégique », insiste-t-il au micro de RFI. Car les investissements de Londres dans la région sont considérables : 2,5 milliards d’euros sur les 10 dernières années. « En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, nous sommes très impliqués dans les opérations de maintien de la paix. Et nous avons des relations très importantes en particulier avec la République démocratique du Congo et le Rwanda, mais nous apportons une assistance humanitaire au Burundi. Donc la région est importante pour nous et on a investi avec l’espoir que ces pays soient sur la voie de la stabilité et de la prospérité. C’est ce que tout le monde veut. » Pour autant, le ministre britannique s’inquiète « des actes qui vont à l’encontre de ces progrès et en particulier quand il y a un risque d’instabilité, mais aussi des atteintes au respect des textes constitutionnels ou d’accords antérieurs ». « Donc nous observons les choses de près et nous faisons part de notre inquiétude de manière directe. C’est ce que j’ai fait à Kinshasa. Et nous renvoyons les options que nous avons prises à la lumière des preuves dont nous disposons. C’est un processus en cours et c’est l’un des défis auxquels nous faisons face en travaillant dans le secteur du développement dans la région. » Le ministre britannique de la Coopération a insisté sur le respect des délais constitutionnels pour les élections législatives et présidentielles en RDC, des élections auxquelles le gouvernement et la commission électorale doivent donner la priorité, selon lui. La Grande Bretagne promet 14 millions d’euros pour soutenir le processus. Nick Hurd a également fait part de son inquiétude à propos du Rwanda et du troisième mandat que le président Kagamé entend briguer. « Nous gardons le pays sous surveillance constante, assure Nick Hurd. C’est une relation importante pour nous, nous avons l’impression d’avoir contribué à la success-story qu’est le Rwanda, car c’est une success-story. Mais nous avons dit clairement que nous étions très inquiets, de l’inquiétude et des doutes à propos à propos de cette sorte de processus politique et nous l’avons dit directement aux autorités. Mais in fine, la décision finale revient aux Rwandais eux-mêmes et ils se sont exprimés fortement en faveur du maintien au pouvoir du président et c’est quelque chose que nous devons respecter. » Comment être sûr que la population rwandaise s’est exprimée alors que des rapports des Nations unies et de Human Rights Watch disent qu’il est presque impossible pour toute voix dissidente de s’exprimer au Rwanda ? A cette question, le ministre britannique de la Coopération rappelle que Londres a déjà exprimé son inquiétude, « comme nous l’avons d’ailleurs fait au Congo où le même type d’inquiétude s’est exprimé récemment. Au Rwanda, nous avons revu notre manière de travailler, ils n’étaient pas contents. Mais nous avons dit très clairement, nous n’aimons pas ce qui se passe, donc nous avons arrêté de donner de l’argent directement au gouvernement, sans changer le niveau d’investissement mais nous avons changé par qui nous passons pour le faire. »

http://www.rfi.fr/afrique/20160305-ministre-britannique-cooperation-inquiet-region-grands-lacs
– 25 mars 2016, Burundi (RDC non cité) : Linda Thomas Greenfield, Secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires africaines pour les Etats-Unis,

This is a crucial year for democracy in Africa. Six countries have already held presidential elections in 2016, and 11 more are preparing for elections. African leaders have the opportunity to advance democracy and cement their legacies by establishing the conditions for peaceful transitions of power. Their actions will determine democracy’s trajectory across the continent and around the world. Already, some leaders have set the right tone through free, fair, and timely elections. Others, however, are not listening to the will of their people or the requirements of their constitutions. In March last year, Nigerians, against all odds, went to the polls and in an unexpectedly free, and credible election voted in an opposition candidate for the first time in their history. In December, I was honored to represent the United States at the inauguration of President Roch Marc Kabore in Burkina Faso. The election process – widely judged to be free and fair – was a tremendous success and reflected the desire of the Burkinabe people for change. Former President Compaore had been in power for 27 years until a 2014 peaceful uprising when the people said, « No more! » Last month, the people of the Central African Republic, a country emerging from a devastating civil war, embraced democratic change and voted in a peaceful presidential election. The interim president paved the way for the transition, the losing candidate respected the results, and the winning candidate pledged to unify the country. In several countries, however, we’ve seen leaders self-servingly attempt to disregard or amend their constitutions in order to stay in power. It is precisely this resistance to change and reluctance to play by the rules that leads to resentment and instability. Take Burundi, for example. President Pierre Nkurunziza ignored the objections of many Burundians, including many in his own party, and decided last year to run for a third term, in violation of the Arusha peace and reconciliation agreement that had been the foundation for stability for over a decade. Since then, the country has been racked by violence, which has led to hundreds of deaths and displaced more than a quarter of a million people, and its economy has crumbled due to the resulting instability. I must make it clear that the United States respects the right of a country’s citizens to amend their constitutions through legal means. But we do not support those in power changing constitutions or ignoring peace agreements purely as a means of extending their own tenure: this undermines the institutions of democracy and the democratic process. As President Barack Obama said in his historic address to the African Union last year, « sometimes you’ll hear leaders say, well, I’m the only person who can hold this nation together. If that’s true, then that leader has failed to truly build their nation. » Successful leaders work to foster the development of a strong civil society and institutions that can support the peaceful transitions of power; that is the way to long-term stability.Let me also be clear about where we stand: we promote peaceful and regular leadership transitions globally, not just in Africa. In fact, we have grappled with leadership transitions right here in the United States. Our first president, George Washington, started an informal tradition of presidential term limits by refusing to run for a third term. The only American president to serve more than two full terms in office was Franklin D. Roosevelt before and during World War II. That length of service, however, prompted debate about the wisdom of presidents remaining in power beyond two terms, and we amended our Constitution in 1951 to limit presidents to two terms. Similarly, the election of Thomas Jefferson, our third president, marked the first transfer of power to the opposition – and that was a bitterly contested election. Yet, at the end of the day, the party in power accepted the results and President Jefferson peacefully took over to become one of our most successful and productive presidents. Throughout our history, regular leadership transitions have brought in new ideas, new voices, and new policies that have helped us create a stronger, more inclusive democracy. My experiences in Africa convince me that Africans feel the same way about democracy. At its core, democracy is about the will of the people, and the people believe in transitions. Just last year, Afrobarometer reported that an overwhelming 75 percent of African citizens surveyed favored executive term limits. We hope that more African leaders will embrace life after the presidency. I recently visited the Carter Center in Atlanta in the U.S., where I marveled at what former President Jimmy Carter has accomplished in the 35 years since he left office, working tirelessly around the world to advance human rights, promote democracy, build peace, eradicate disease and reduce conflict. Some former African presidents have set excellent examples. Former President Festus Mogae of Botswana stepped down in 2008 following two terms in office and received the Mo Ibrahim Prize for Achievement in African Leadership. He launched and chairs the Champions for an AIDS-Free Generation, a group of former presidents and influential African leaders who are working to end the AIDS epidemic, and is leading efforts to end the violence in South Sudan. Former Ghanaian President John Kufuor also relinquished power in 2008 after two terms. He founded the John Kufuor Foundation, which is working to advance effective leadership, good governance and socioeconomic development in Africa. There are other examples that former presidents can lead a long, productive life. That’s the type of leadership we admire, and the type of leaders the people of Africa deserve. The United States will continue to promote peaceful, democratic transitions of power in Africa. We will do this because we believe they provide opportunities for Africans to enjoy democracy, peace and prosperity, and bring stability across the continent. Transitions in power have served the United States well, and they will do the same for Africa.

http://allafrica.com/stories/201603250577.html

 

– 30 mars  2016, RDC : Conseil de sécurité

30 mars 2016 – Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mercredi une résolution dans laquelle il proroge jusqu’au 31 mars 2017 le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et insiste sur la tenue des élections prévues à la fin de l’année. Le mandat de la MONUSCO étant prorogé pour une nouvelle période d’un an, le Conseil de sécurité maintient l’effectif actuel d’environ 20.000 éléments et réaffirme que toute reconfiguration de la Mission devra être arrêtée en fonction des progrès accomplis dans les priorités stratégiques, à savoir la protection des civils et la stabilisation de la situation. La MONUSCO est appelée à fournir une assistance technique et un soutien logistique pour la révision des listes électorales et pour la tenue des élections, ce soutien devant être évalué en permanence en fonction des progrès accomplis par les autorités congolaises dans la conduite des opérations électorales. Dans sa résolution, le Conseil invite donc la Commission électorale nationale indépendante à publier un calendrier complet révisé couvrant la totalité du cycle électoral et demande au gouvernement de la RDC d’élaborer rapidement un budget et un code de conduite pour les élections et d’actualiser les listes électorales en toute régularité afin que les élections puissent se tenir dans les temps, en particulier la présidentielle et les législatives de novembre 2016. Le Conseil demande aussi à toutes les parties prenantes d’engager un dialogue politique ouvert et sans exclusive sur la tenue de l’élection présidentielle, conformément à la Constitution. Il appuie, ce faisant, la décision de l’Union africaine d’engager des consultations sur ce dialogue. Dans son dernier rapport sur la situation en RDC, le Secrétaire général constate que le processus électoral est dans l’impasse, « la méfiance s’accentuant à l’égard de la proposition du Président Joseph Kabila de tenir un dialogue national pour en sortir ».

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36927#.VxUoUjG8o-g

 

– 1er avril 2016, Burundi : Conseil de sécurité, résolution + déclarations

Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de lui proposer « des options en vue du déploiement d’une présence de police des Nations Unies » au Burundi

Le Secrétaire général devrait ainsi présenter, en consultation avec le Gouvernement burundais et en coordination avec l’Union africaine, dès que possible et au plus tard dans les 15 jours après l’adoption de la présente résolution, des options en vue du déploiement d’une présence de police des Nations Unies pour renforcer la capacité des Nations Unies de surveiller les conditions de sécurité, de promouvoir le respect des droits de l’homme et de faire progresser l’état de droit. Face à cette proposition, le délégué burundais a réagi en rappelant que « la primauté de l’option d’une présence internationale non armée a été notamment une des recommandations du dernier Sommet des chefs d’État de l’Union africaine à Addis-Abeba et de la délégation de haut niveau de l’Union africaine composée de cinq présidents, à Bujumbura, les 25 et 26 mars dernier ». Le représentant de la France a expliqué que la résolution 2279 (2016) vise à soutenir les efforts africains en faveur d’une sortie de crise au Burundi, notamment les initiatives de la Communauté d’Afrique de l’Est et de l’Union africaine.  Il a également déclaré que cette présence de police des Nations Unies a pour but d’alerter le Conseil de sécurité afin qu’il puisse réagir à temps pour éviter le pire, notamment des violations graves des droits de l’homme. C’est pourquoi, le Conseil exhorte, en vertu de cette résolution, le Gouvernement burundais « à respecter, protéger et garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, à adhérer à l’état de droit, à traduire en justice et à faire répondre de leurs actes tous les responsables de violations du droit international humanitaire ou de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, y compris les violences sexuelles et les violations commises sur la personne d’enfants ». Des mesures pourraient être envisagées contre tous les acteurs, au Burundi et à l’étranger, dont les actions et les déclarations jouent pour beaucoup dans la perpétuation de la violence et entravent la quête d’une solution pacifique, prévient le Conseil. Le Gouvernement burundais et toutes les parties prenantes attachées à une solution pacifique, qu’elles se trouvent au Burundi ou à l’étranger, doivent donc coopérer pleinement avec la médiation et la facilitation menées par la Communauté d’Afrique de l’Est et approuvées par l’Union africaine.  Il a en outre demandé aux États de la région de concourir à la recherche d’une solution à la crise au Burundi et de s’abstenir de soutenir les activités des mouvements armés de quelque façon que ce soit. Plaidant également pour une solution pacifique à la crise, le représentant du Burundi a assuré l’engagement de son gouvernement en faveur de la poursuite du dialogue interburundais « inclusif, franc et sincère ».  Il a salué le fait que la résolution ait souligné « l’importance de ne dialoguer qu’avec des acteurs non violents, ce qui exclut d’office les putschistes qui ont voulu renverser les institutions démocratiques par des moyens non constitutionnels ». Le Conseil, s’est-il félicité, a « reconnu la diminution des tueries » et « condamné en même temps l’usage de la force pour atteindre les objectifs politiques quels qu’en soient ses origines ou ses auteurs ». Pour le représentant des États-Unis, les progrès accomplis par le Burundi jusqu’à présent restent insuffisants, comme en témoigne, a-t-il dit, le fait que les prisonniers politiques n’aient toujours pas été libérés. La Chine, qui entame sa présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’avril avec cette séance publique, a souhaité que la mise en œuvre des dispositions de la présente résolution se fasse dans le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Burundi.

LA SITUATION AU BURUNDI Texte du projet de résolution S/2016/301 …

http://www.un.org/press/fr/2016/cs12315.doc.htm

 

– 2 avril 2016, Burundi : Tom Malinowski, secrétaire d’État américain adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail

Au terme d’une visite de deux jours au Burundi, le secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme,Tom Malinowski a une nouvelle fois dénoncé samedi 2 avril la situation extrêmement grave dans laquelle se trouve le pays. Tom Malinowski, secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme, s’est inquiété de la poursuite des arrestations arbitraires, de la multiplication des signalements de disparitions forcées et d’allégations crédibles de torture. « J’ai dit au gouvernement que la situation reste extrêmement grave à nos yeux. Il est évident que les atteintes aux droits de l’homme se poursuivent, a assuré Tom Malinowski. Nous avons constaté que les personnes perçues comme sympathisants de l’opposition continuent d’être mises en prison ; nous avons constaté la multiplication des signalements de disparitions forcées ; nous avons entendu de nombreuses allégations crédibles de torture de prisonniers ». S’il est vrai que les groupes armés se sont livrés à des actes de violence graves, c’est loin d’être le cas de toutes les personnes persécutées et emprisonnées par le gouvernement, ajoute Tom Malinowski. «L’arrestation il y a quelques jours de l’humoriste Alfred-Aubin Mugenzi [plus connu sous son nom de scène Kigingi et libéré vendredi après 4 jours de détention NDLR], dont le seul crime avait été de publier un dessin mettant en scène le président, montre très clairement qu’il y a des gens emprisonnés qui ne sont pas des rebelles ni des putschistes, mais simplement des citoyens burundais qui expriment pacifiquement leur point de vue ». Le secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme a également dénoncé le double discours du gouvernement, qui, selon lui, s’enfonce lui-même dans une impasse économique et politique. « Le gouvernement ne peut pas tenir un certain discours à la communauté internationale et un autre à sa population » poursuit Tom Malinowski. « Il ne peut pas nous dire qu’ils soutiennent un dialogue inclusif d’un côté et de l’autre, publier des communiqués comme celui du parti au pouvoir la semaine dernière : accuser tout le monde, de l’église catholique à la communauté internationale, en passant par la société civile, les médias, l’opposition et les pays étrangers, d’être des ennemis du peuple burundais ne va pas nous mener à dialogue réussi. Et cela fait douter de la sincérité du gouvernement ». Ce discours « fou et haineux » doit cesser, assène Tom Malinowski qui s’interroge sur le retard pris dans le dialogue avec l’opposition. « Pourquoi le dialogue est-il retardé ? C’est une question à poser au gouvernement parce que nous, nous ne voyons aucune bonne raison. Il nous semble parfois que le gouvernement essaye de jouer la montre, mais il pourrait bien être pris à son propre jeu; car il est en train de perdre le soutien de l’Union européenne à son budget et aux paiements de l’Amisom, l’économie du pays se dégrade… Comment va-t-il pouvoir se financer ? Comment va-t-il payer ses forces de sécurité, payer les Imbonerakure ? Ce ne sont pas que des questions morales, mais des questions pratiques auxquelles le gouvernement va devoir répondre. Il n’agit pas dans son propre intérêt, même s’il pense le faire ».

http://www.rfi.fr/afrique/20160403-burundi-malinowski-etats-unis-denonce-gravite-situation-droits-homme

 

– 2 avril 2016, Burundi : Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité a voté, dans la nuit de vendredi au samedi 2 avril, une résolution qui doit faciliter le déploiement d’une force de police au Burundi. .. Cette résolution, présentée par la France, confie au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le soin de dresser, dans les quinze prochains jours, une liste d’options pour le déploiement de cette trentaine de policiers. Cependant et d’ores et déjà, le texte ouvre ainsi la possibilité d’envoyer des policiers des Nations unies au Burundi.

http://www.rfi.fr/afrique/20160403-burundi-police-onu-albert-shingiro-rwanda-resolution

 

– 3 avril 2016, Burundi : Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie

La Secrétaire générale de la Francophonie, Madame Michaëlle Jean, salue l’adoption à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations unies, de la résolution 2279, en vue du déploiement d’une présence de police des Nations unies au Burundi. Elle salue le rôle décisif de la France dans l’adoption de ce texte. « Cette résolution marque une étape cruciale dans les efforts menés par la communauté internationale en vue de contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité au Burundi » a-t-elle déclaré. « Nous devons tous nous mobiliser pour traduire en actes concrets les termes de cette résolution, qui permettra l’amélioration de la situation sécuritaire et des droits de l’Homme au Burundi, et la tenue d’un dialogue politique réellement inclusif dans ce pays », a-t-elle ajouté. La Secrétaire générale souligne la détermination de la Francophonie à s’associer activement aux actions à développer pour mettre en œuvre cette résolution, dès que les modalités de son application seront précisées.

http://www.francophonie.org/CP-SG-resolution-ONU-Burundi-46874.html

 

– 8 avril 2016 : RDC : USA, Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, interview par RFI

Le but, comme vous le dites, c’est quand même la protection des civils. Quand les civils ne sont pas protégés, toutes les parties concernées doivent faire le constat qu’il y a défaillance… en dernière analyse, le principal obstacle aux opérations offensives (…) au cours de la dernière année a été l’absence de volonté d’aller de l’avant de la part du gouvernement, alors que nous avions une bonne occasion — la meilleure possibilité depuis des années ! — de combattre le FDLR, tout particulièrement, dans la foulée de la victoire contre le M-23. Au lieu de cela, nous avons vu l’ADF-Nalu gagner en capacité offensive de manière très importante et tout à fait inquiétante. .. Constitutionnellement, son mandat se termine le 19 décembre. S’il n’y a pas d’élections ou une façon de sortir de la situation actuelle, d’ici là, il s’agira d’une très grave crise constitutionnelle. Nous savons, par suite de ce qui s’est passé au Burundi, notamment, que cela peut mener à une grande instabilité. Nous sommes portés à croire que nous sommes face, à plusieurs égards, à une crise montée de toutes pièces parce que le pays s’est attelé à la tâche, depuis deux ans, de jeter les bases de la démocratie ; il s’est doté d’une constitution. Alors rien n’empêche la RDC de tenir ce qui pourrait être une transition pacifique et historique. Le principal obstacle est le gouvernement, qui se refuse à faire le nécessaire pour aller en ce sens. Tout porte à croire que ce « glissement » n’est pas fortuit, mais un choix délibéré, une stratégie à très haut risque, dans un pays qui a pourtant déjà beaucoup fait pour passer – grâce aux efforts du président Kabila – de la guerre civile, la plus sanglante de l’ère moderne, à la stabilité. Mais tout cela pourrait mis en péril, mis en péril pour des raisons tout à fait… artificielles… Ce qu’on a vu, dans le cas du président Nkurunziza, c’est que, lorsqu’un individu, peu importe sa popularité, enfreint la loi pour rester au pouvoir, il met en péril la stabilité et le progrès de son pays, auxquels, à mon avis, il tient profondément. Nous devrions déjà être en train de parler du Burundi comme d’un exemple de réconciliation post-conflit. Nous devrions être en train de parler d’investissements et non pas de sanctions. Il n’en tenait qu’à ce dirigeant, qu’à ce gouvernement, pour écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du Burundi. C’est la même chose en RDC. Nous pourrions être en train de parler d’une étape historique pour un pays qui a enduré de grandes souffrances, parmi les plus grandes de notre époque. Le président Kabila a, entre ses mains, plus que quiconque, le pouvoir de faire de cette transition une réalité… Nous avons maintes fois expliqué que nous étions prêts à adopter des sanctions économiques semblables à celles visant le Burundi, notamment, pas uniquement en raison de la répression systématique, mais aussi en raison des atteintes aux institutions démocratiques. (RFI, Michel Arseneault : Croyez-vous que le processus électoral sera crédible ?) Il peut l’être, absolument. La RDC a déjà organisé deux scrutins, de qualité certes inégale, mais elle y est arrivée ! Nous voulons croire que des élections peuvent encore avoir lieu en novembre. La question est de savoir si la volonté politique de les organiser, et de les organiser de façon crédible, existe. Nous ne sommes quand même pas en train de parler d’une démocratie balbutiante ! La société civile est audible, comme l’est l’opposition. Et j’estime que de nombreux dirigeants de la majorité présidentielle pourraient faire de bons candidats. Je suis impressionné par la qualité de mes interlocuteurs et des institutions dans tous les domaines, bien que je craigne d’avoir, moi, plus confiance en l’avenir de la RDC que ses propres dirigeants. Nous ne nous faisons pas d’illusion… Mais nous voulons dire clairement qu’il appartient au président et aux dirigeants de ce pays de déterminer si cette histoire connaîtra un dénouement heureux.

http://www.rfi.fr/emission/20160408-rdc-tom-perriello-monusco-protection-civils-kabila

 

NB : 8 avril 2016, RDC : Raymond Tshibanda, chef de la diplomatie congolaise, réaction aux décisions du conseil de sécurité le 30 mars

http://www.jeuneafrique.com/316731/politique/rdc-exiger-presidentielle-delais-cest-faire-lit-de-violence-selon-kinshasa/

 

– 12 avril 2016 : Burundi et Rwanda : Paul Kagame, interview par Jeune Afrique

Lorsque je vous ai dit cela, j’avais ajouté que la politique n’était pas seulement une affaire de choix ou de souhait personnels, mais qu’il fallait tenir compte de l’opinion du peuple et qu’en définitive c’était le peuple qui décidait. La limitation des mandats est une chose : nous l’avons d’ailleurs portée à deux mandats de cinq ans au lieu de sept ans auparavant. Mais avant d’appliquer cette disposition, le peuple rwandais, dans son écrasante majorité, a voulu que j’effectue un septennat de plus. Ce n’est pas moi qui l’ai voulu, ce sont les Rwandais, compte tenu de la situation historique exceptionnelle du Rwanda, d’où nous venons et des risques inhérents à tout changement de cette nature. En d’autres termes, les Rwandais ont fait savoir, en se prononçant à 98 % en faveur de la réforme de la Constitution, qu’ils ne se sentaient pas prêts à changer de leadership. Ce qui était à l’opposé de ce que j’aurais, à titre personnel, souhaité.Nous avons discuté de cela pendant près de trois ans et jusqu’à la dernière heure, j’ai demandé à mon parti, le Front patriotique rwandais [FPR], d’étudier des solutions alternatives en tenant compte de trois impératifs : la poursuite du progrès économique et social, le maintien de la stabilité et l’inéluctabilité de l’alternance au pouvoir. Sa réponse a été claire : oui, le changement est inévitable à terme, mais non, le moment n’est pas encore venu ; Kagame doit, pendant une période de transition de sept ans, continuer de diriger le pays pour l’ancrer définitivement dans la modernité économique et démocratique. (JA Soudan : Avez-vous l’intention de rester au pouvoir jusqu’en 2034 ?) L’esprit et le but de cette réforme sont de permettre et de préparer une alternance dans les meilleures conditions possibles. Cela n’est donc pas mon intention. Et puis, comprenez bien ceci : je sais que le fait de me porter candidat à ma succession en 2017 peut être perçu par une partie de l’opinion extérieure au Rwanda comme une mauvaise chose. Cela, je l’assume. Car je le fais pour de bonnes raisons. Et peu m’importe si mon nom est associé à ces critiques, tant que je suis convaincu de correspondre aux volontés du peuple. … il serait peut-être utile, pour la clarté intellectuelle du débat, de faire la différence entre ceux qui restent au pouvoir parce que leur peuple le veut et ceux qui restent parce qu’ils l’ont eux-mêmes décidé. (JA Soudan : Vous n’êtes apparemment pas parvenu à faire émerger un successeur. N’est-ce pas un échec ?) Non. Car ce n’est pas mon affaire. Le Rwanda est une démocratie, pas une monarchie. Mon successeur, ce seront les Rwandais qui le choisiront, pas moi. Ceux qui me reprochent cela au nom de la démocratie sont en totale contradiction avec eux-mêmes. S’en rendent-ils seulement compte ? Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de faire émerger un individu mais de faire émerger un peuple et un pays. C’est de ce peuple que viendra la femme ou l’homme qui me succédera parce qu’elle ou il en aura les capacités reconnues aux yeux de tous. Ne me demandez pas qui : je l’ignore… L’efficacité d’un président en début de mandat se mesure à sa capacité de décider de tout et de tout contrôler. Cela a été mon cas. Puis, une fois les institutions mises en place et les responsabilités déléguées, le leader devient une référence, un arbitre, un symbole et un agrégateur de la nation. C’est là que réside désormais son efficacité. Le problème est de savoir reconnaître le moment où la longévité devient contre-productive. Si le chef ne s’en rend pas compte de lui-même, le peuple saura le lui dire. C’est lui qui fixe le moment, en aucun cas les puissances étrangères. Un leader fort n’est pas nécessairement un mauvais leader. .. Je suppose qu’en parlant d’hommes forts, Barack Obama visait les dictateurs et non les leaders forts. Un leader fort n’est pas nécessairement un mauvais leader. Et mieux vaut un leader fort qu’un leader faible, aux États-Unis comme au Rwanda. En ce qui nous concerne, je ne sais pas où nous en serions aujourd’hui si une direction faible avait, il y a vingt-deux ans, pris le pouvoir dans ce pays. Au chaos aurait succédé le néant. (JA Soudan : Selon les chiffres officiels, 98,4 % des électeurs rwandais ont voté oui au référendum de décembre 2015. Comment expliquez-vous un taux aussi politiquement incorrect ?) Et personne, contrairement à ce qui a pu être dit par des médias et ONG étrangers, n’a été contraint de voter oui… C’est un pourcentage unique, effectivement, parce que notre situation est unique. Le génocide, quand le voisin tue son voisin, quand l’oncle tue son neveu, quand le marie tue sa femme, était inexplicable, exceptionnel. Cette force négative exceptionnelle qui a poussé le Rwanda jusqu’aux rives du néant, nous l’avons transformée en une force positive, une force d’unité tout aussi exceptionnelle. Il faut avoir connu ce que nous avons vécu pour le comprendre. Quand vous sortez vivant du chaos, vous n’avez qu’une seule chose en tête : ne plus y retourner. Et pour cela, s’unir, au-delà de ce que le monde extérieur peut imaginer. (JA Soudan : Il n’y a pratiquement aucune opposition en mesure d’émerger aujourd’hui au Rwanda. Est-ce sain pour la démocratie ?) Ce n’est pas à moi de créer une opposition, pas plus que de fabriquer un successeur. Mon job est de permettre à une opposition d’exister dans le cadre de la loi – et c’est ce que nous avons fait. La place existe, au Rwanda, pour des partis politiques – il en existe d’ailleurs une douzaine -, à condition que leur objectif ne soit pas de nous ramener vingt-deux ans en arrière. Sur ce point, nous sommes et serons toujours extrêmement vigilants. … Nkurunziza a pris cette décision contre l’avis de ses compagnons de lutte, contre l’avis de la majorité au sein de son propre parti, contre l’avis du Parlement, contre l’avis d’une partie des juges de la Cour constitutionnelle et malgré les avertissements de toutes les personnalités, généraux, ambassadeurs, membres de la société civile, qui lui ont écrit en ce sens. Il a forcé les élections et tout a dérapé pour aboutir au désastre que nous voyons aujourd’hui. La différence entre lui et moi, elle est là. Sans parler de nos bilans économiques et sociaux respectifs. .. Nous ne participons pas à cette guerre des mots. Leur objectif est de nous provoquer. Les problèmes du Burundi viennent du Burundi : ne pas vouloir le reconnaître fait partie du problème… C’est ce qu’il pense, ou ce que certains l’incitent à penser. Cela l’arrange sans doute d’éviter de regarder la réalité en face. Les problèmes du Burundi viennent du Burundi : ne pas vouloir le reconnaître fait partie du problème. C’est peut-être même le problème principal. .. Il y aurait beaucoup à dire sur ces prétendus rapports d’experts de l’ONU dans la région. Nous en avons connu tellement, souvent aussi infondés et irresponsables les uns que les autres. Le Rwanda a ses propres problèmes, il n’a jamais cherché à en rejeter la responsabilité sur les autres ni à en susciter chez les autres. Je conseille au Burundi d’en faire de même. .. Notre dernier entretien a eu lieu quelques semaines avant la tentative de coup d’État à Bujumbura, en mai 2015. Nous nous sommes vus non loin de la frontière. .. Il y a encore une place pour la négociation et la médiation au Burundi. À condition que ses dirigeants reconnaissent qu’ils ont besoin d’aide. Si cela empire, comme vous dites, ce sera à l’ONU de faire le job. .. Si ceux dont vous parlez, qui écrivent des rapports ou font des déclarations, continuent de prétendre à tort que le Rwanda arme ou entraîne les réfugiés burundais, alors qu’ils prennent leurs responsabilités ! Ces réfugiés, nous les accueillons par devoir, mais nous ne les avons pas invités à venir chez nous. Ils fuient une situation de crise, et c’est à cette situation qu’il faut s’attaquer, pas au Rwanda. .. Cette extradition ne signifie pas que les FDLR ont cessé d’exister en RD Congo ni que ces rebelles ont renoncé à tenter de franchir la frontière rwandaise – ce qu’ils ont d’ailleurs essayé de faire il y a peu, trois jours après que le ministre congolais des Affaires étrangères a déclaré à l’ONU qu’ils avaient quasiment disparu. D’un côté une extradition, de l’autre une tentative d’incursion. Difficile, dans ces conditions, d’en tirer la conclusion que vous avancez. (JA Soudan : Maintenez-vous l’accusation selon laquelle des éléments FDLR combattraient aux côtés des forces armées burundaises ?) Ce n’est pas une accusation, c’est une évidence. Il existe des liens étroits, antérieurs à l’éclatement de la crise au Burundi et qui se sont renforcés depuis. … (implication de français dans le génocide des Tutsis du Rwanda, CPI…)

http://www.jeuneafrique.com/mag/315233/politique/paul-kagame-rwanda-democratie-monarchie

 

– 15 avril 2016, Burundi : FIDH et Ligue burundaise des droits de l’Homme ITEKA,

« Face au risque d’une nouvelle guerre civile et la perpétration de crimes de masse, nos organisations exhortent la communauté internationale à ce qu’une force de police internationale  soit déployée dans le pays pour garantir la protection des civiles et oeuvrer pour la tenue d’un dialogue politique inclusif  dans les plus brefs délais. En outre, nous demandons au Conseil de Sécurité de mandater une commission d’enquête internationale indépendante sur les crimes perpétrés depuis avril 2015», a déclaré Dismas Kitenge, vice-président de la FIDH. Le 1er avril 2016, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2279 exhortant toutes les parties à la crise à s’accorder sur un chronogramme des négociations. Elle demande également au Secrétaire général des Nations unies, de présenter avant le 15 avril au Conseil de sécurité des « options » pour le déploiement d’une force de police internationale. Au regard de la situation sécuritaire et des droits humains qui prévaut dans le pays, la FIDH et ITEKA exhortent les Nations unies à s’assurer que cette force ait le mandat et les moyens nécessaires pour jouer un rôle stabilisateur, de dissuasion et de surveillance et d’intervenir dans le cas où des violations graves des droits humains seraient commises.

https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/burundi/repression-aux-dynamiques-genocidaires-la-reponse-de-l-onu-doit-etre

 

– 17 avril 2016, Burundi : ONU, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Onu

Rapport 11 page du 15 avril non trouvé sur internet : le 18 avril, l’ONU communique sur les droits humains

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=37041#.VxUvqTG8o-g

et le précédent article concerne le Conseil de sécurité le 1er avril

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36948#.VxUxBzG8o-g

Le secrétaire général a dévoilé ce week-end trois projets très distincts pour l’envoi de forces de police, de quelques dizaines d’officiers jusqu’à 3 000 hommes, qui serviront de base de travail pour déterminer l’action à venir. Car si l’Union africaine a renoncé à intervenir fin janvier à cause de ses réticences internes, l’ONU ne veut pas laisser la situation se dégrader davantage. L’option la plus ambitieuse serait de déployer 3 000 hommes, et dans son rapport, Ban Ki-moon estime que ce serait la seule manière de fournir une certaine protection physique à la population. Inconvénients : une logistique compliquée nécessitant une préparation longue, et surtout, le fait que l’arrivée d’une telle force apparaisse comme intolérable pour le président Pierre Nkurunziza. Alors que sa réélection est à l’origine de la crise, lui serait plutôt prêt à accueillir quelques dizaines de policiers. Une autre option du secrétaire général de l’ONU serait justement l’envoi de 20 à 50 officiers pour aider à l’amélioration du respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit. Inconvénient : après 400 morts et 250 000 réfugiés, difficile de croire à une mesure si minimaliste. Reste, comme souvent, la solution intermédiaire, sur laquelle les diplomates plancheront en priorité : l’envoi de 228 officiers, pour collaborer avec les responsables des droits de l’homme, voire avec l’Union africaine.

http://www.rfi.fr/afrique/20160418-crise-burundi-3-options-ban-ki-moon-une-intervention-policiere

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, propose trois options pour une nouvelle mission policière de l’ONU au Burundi, dont il a qualifié la situation de « précaire », ses préconisations allant de 3 000 officiers à quelques dizaines d’agents. « La situation sécuritaire au Burundi demeure précaire, au point d’en être alarmante », s’est inquiété Ban Ki-moon dans un rapport de 11 pages envoyé au Conseil de sécurité tard vendredi, et obtenu samedi par l’AFP. Différentes options Le rapport détaille les différentes options d’envoi d’officiers de police au Burundi, deux semaines après que le conseil a accepté d’envoyer une présence policière onusienne dans le pays, pour aider à mettre un terme à près d’un an de violences. Dans ce rapport, M. Ban déclare que déployer une force pouvant aller jusqu’à 3 000 hommes constitue « la seule option qui pourrait fournir une certaine protection physique à la population », mais que la préparation de la mission pourrait prendre des mois et présenter des défis logistiques. Une deuxième option serait d’envoyer 228 officiers de police onusiens pour travailler avec les responsables des droits de l’Homme et peut-être les observateurs de l’Union africaine (UA), qui pourraient lancer l’alerte mais ne protègeraient pas les civils. Toujours selon Ban Ki-moon, le conseil pourrait aussi décider d’envoyer un groupe de 20 à 50 officiers qui évalueraient la police burundaise et « aideraient à la mise en place d’améliorations concrètes et mesurables du respect des droits de l’Homme et de l’état de droit »… Selon des diplomates, l’envoi de 228 officiers de police semble la meilleure option, mais l’accord de Bujumbura pour une mission aussi importante est à ce stade incertain. Le gouvernement burundais a déclaré à l’ONU être prêt à accueillir une vingtaine d’experts policiers non armés, mais qu’il s’opposerait à une « grande » présence policière onusienne.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/18/burundi-l-onu-propose-trois-options-pour-une-nouvelle-mission-policiere_4904140_3212.html

Dans un rapport de 11 pages transmis au Conseil de sécurité le 15 avril, …  Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, propose dans son rapport trois options pour une nouvelle mission policière de l’ONU au Burundi, dont il a qualifié la situation de « précaire ». Transmis vendredi 15 avril au Conseil de sécurité, le document propose d’envoyer jusqu’à 3 000 hommes. « La situation sécuritaire au Burundi demeure précaire, au point d’en être alarmante », s’est inquiété Ban Ki-moon, deux semaines après que le conseil a accepté d’envoyer une présence policière onusienne dans le pays, pour aider à mettre un terme à près d’un an de violences. Déployer une force constitue, selon le secrétaire général des Nations unies « la seule option qui pourrait fournir une certaine protection physique à la population ». Il précise toutefois que la préparation de la mission pourrait prendre des mois et présenter des défis logistiques importants. Une deuxième option serait d’envoyer 228 officiers de police onusiens pour travailler avec les responsables des droits de l’Homme et peut-être les observateurs de l’Union africaine (UA), qui pourraient lancer l’alerte mais ne protégeraient pas les civils. Toujours selon Ban Ki-moon, le conseil pourrait aussi décider d’envoyer un groupe de 20 à 50 officiers qui évalueraient la police burundaise et « aideraient à la mise en place d’améliorations concrètes et mesurables du respect des droits de l’Homme et de l’état de droit ». Selon des diplomates, l’envoi de 228 officiers de police semble la meilleure option, mais l’accord de Bujumbura pour une mission aussi importante est à ce stade incertain. Le gouvernement burundais a déclaré à l’ONU être prêt à accueillir une vingtaine d’experts policiers non armés, mais qu’il s’opposerait à une « grande » présence policière onusienne.

http://www.jeuneafrique.com/318715/politique/burundi-ban-ki-moon-propose-denvoyer-jusqua-3-000-policiers-proteger-population

 

– 19 avril 2016 : Burundi : USA : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, point de presse à Bujumbura

Thomas Perriello, a accusé le gouvernement burundais « de ne pas tenir ses promesses ». « La crise au Burundi persiste car le gouvernement burundais ne réalise pas ses engagements. Nous faisons un pas en avant, deux pas en arrière. Nous avions eu, il y a quelques semaines, des engagements fermes du président lui-même pour libérer les prisonniers politiques. Cela n’est pas réalisé. Nous avions eu des engagements du président pour l’arrivée de 200 observateurs de l’Union Africaine. Ça continue d’être comme un jeu ». En visite pour la septième fois dans le pays, Thomas Perriello a déploré la recrudescence de la torture, dont fait état le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme. « Le gouvernement dit s’engager pour que les Burundais puissent se sentir en sécurité pour revenir dans leur pays et dans le même temps nous voyons des documentations systématiques sur la torture et des exécutions extrajudiciaires. C’est ce genre de double langage qui ne bâtit pas la confiance et n’aide pas à aller de l’avant », … « Ce qui compte pour nous, c’est d’avoir des observateurs sur place qui pourront vérifier si des personnes sont tuées ou ont disparu ». Pour Thomas Perriello, les Etats-Unis attendent plutôt des résultats. Pour mener à bien sa mission, l’envoyé spécial du président américain dans la région des Grands Lacs se rendra à Dar Es Salam, en Tanzanie pour traiter des questions relatives à la crise inter-burundaise avec Benjamin William Mkapa, le nouveau facilitateur.

http://adiac-congo.com/content/burundi-thomas-perriello-exhorte-au-respect-des-engagements-49403

L’envoyé spécial du président américain dans la région des Grands Lacs a appelé, le gouvernement burundais à respecter ses promesses. « La crise au Burundi persiste car le gouvernement burundais ne réalise pas ses engagements« , a constaté Thomas Perriello, en visite pour la septième fois à Bujumbura et à l’intérieur du pays. « Nous faisons un pas en avant, deux pas en arrière. Nous avions eu, il y a quelques semaines, des engagements fermes du président lui-même pour libérer les prisonniers politiques. Cela n’est pas réalisé. Nous avions eu des engagements du président pour l’arrivée de 200 observateurs de l’Union Africaine. Ça continue d’être comme un jeu », a-t-il déclaré. Pour lui, les Etats-Unis attendent plutôt des résultats. « Ce qui compte pour nous, c’est d’avoir des observateurs sur place qui pourront vérifier si des personnes sont tuées ou ont disparu », a-t-il soutenu. « Et nous en sommes là. Le gouvernement dit s’engager pour que les Burundais puissent se sentir en sécurité pour revenir dans leur pays et dans le même temps nous voyons des documentations systématiques sur la torture et des exécutions extrajudiciaires. C’est ce genre de double langage qui ne bâtit pas la confiance et n’aide pas à aller de l’avant ».

http://www.voaafrique.com/a/bujumbura-ne-tient-pas-a-ses-engagements-deplore-perriello/3292407.html

… Ce dernier a aussi insisté sur la situation économique très dégradée du pays en raison de la crise, estimant que le gouvernement avait pris récemment des mesures, notamment dans le secteur bancaire, susceptibles de favoriser la fuite des capitaux vers l’étranger et d’aggraver la situation. « Le gouvernement fait tout pour faire en sorte qu’il nous soit impossible, ainsi que pour nos partenaires, de continuer à aider le peuple burundais et l’économie burundaise », a jugé Thomas Perriello,

http://www.jeuneafrique.com/319399/politique/burundi-washington-hausse-contre-gouvernement-accuse-detre-lelement-moteur-de-crise

 

– 9 mai 2016 : RDC : USA : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs à Kinshasa ? (pas de déclaration publique trouvée sur internet)

https://7sur7.cd/new/thomas-perriello-a-kinshasa/

 

– 12 mai  2016, RDC : MAEDI France

La France est préoccupée par la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire. Il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard. La France appelle également au respect de l’État de droit afin qu’un débat serein s’engage dans la perspective des élections.

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=bafr2016-05-12.html#Chapitre1

 

– 12 mai  2016, RDC : UK : Danae Dholakia, envoyée spéciale de la Grande-Bretagne dans les Grands Lacs

Résumé : « Parfois entre amis, de dures vérités doivent être dites et aucun vrai ami de la RDC ne dirait aujourd’hui que tout va bien au Congo … Le temps passe et il n’y a pas de dialogue. Les préparations de la Céni [Commission électorale nationale indépendante] ont commencé mais il reste toujours beaucoup de choses à faire … S’il y a des bons gestes, s’il y a des dialogues, ce n’est pas trop tard. Oui, j’espère que la situation va s’améliorer et que la RDC ne va pas devenir comme le Burundi … Il faut la démocratie, il faut le processus électoral. Il faut que ce soit un processus vraiment démocratique. Si cela se passe ainsi, je crois que l’avenir pour la RDC sera un très bel avenir » L’envoyée spéciale de la Grande-Bretagne dans les Grands Lacs a également plaidé pour la libération de tous les prisonniers politiques.

http://www.rfi.fr/afrique/20160514-rdc-grande-bretagne-grands-lacs-danae-dholakia

Londres et ses partenaires européens envisagent des « sanctions ciblées » contre des responsables « d’actes de répression » politique en République démocratique du Congo, a déclaré vendredi 13 mai à Kinshasa l’envoyée spéciale de la Grande-Bretagne pour la région des Grands Lacs, Danae Dholakia. « Pour la Grande-Bretagne, nous parlons avec nos collègues européens sur des sanctions ciblées contre ceux qui ont la responsabilité de l’action ou de la décision dans la violence contre les citoyens et dans l’intimidation de l’opposition », a dit Mme Dholakia lors d’une conférence de presse tenue en français. « La position du Royaume-Uni est que les personnes responsables des actes de répression ou de violence porteront la responsabilité de leurs actions ou décisions », a ajouté M. Dholakia. L’émissaire britannique a fait référence aux récents ennuis judiciaires de l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle et visé depuis une dizaine de jours par une enquête pour « recrutement de mercenaires ». « J’espère sincèrement que les récentes accusations portées contre Moïse Katumbi » ne constituent pas un « resserrement de [l’] espace politique » en RDC, a encore dit Mme Dholakia, ajoutant que « les risques de s’écarter de l’ordre constitutionnel sont réels ».

http://www.radiookapi.net/2016/05/13/actualite/politique/rdc-londres-envisage-des-sanctions-ciblees-contre-les-responsables

Déclaration à la presse de l`envoyée spéciale du Royaume-Uni pour les Grands-Lacs, Danae Dholakia au cours de sa visite en RDC, le 13 mai 2016

Mais parfois entre amis de dures vérités doivent se dire, et aucun vrai ami de la RDC ne dirait aujourd’hui que tout va bien au Congo. En particulier, il y a un risque que les gains économiques et sociaux réalisés au cours des dix dernières années puissent être compromis, si la Constitution qui a été la toile de fond de ces gains n’est pas respectée. En plus, l’insécurité dans l’Est du pays ne cesse de croître avec des impacts terribles comme nous le démontrent les massacres atroces commis ces derniers jours. Cela nous préoccupe énormément…. Alors que toutes les élections sont importantes, l’avis unanime du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et de plusieurs personnes que j’ai rencontrées ici est que la priorité devrait être accordée aux élections présidentielles et législatives. Mais beaucoup des personnes que j’ai rencontrées au cours des deux derniers jours sont pessimistes pour l’avenir. Avant tout, ils craignent que le gouvernement, qui est ultimement responsable, n’a aucune intention d’organiser les élections dans un futur proche. Ce n’est peut-être pas le cas, mais ces spéculations néfastes sont inévitables en cas de manque de clarté. En tout état de cause, le Dialogue officiellement convoqué il y a six mois n’a pas encore commencé, et il existe clairement beaucoup de méfiance de tous les côtés. Pendant ce temps, l’espace politique continue de se refermer, et j’ai entendu une préoccupation particulière sur la récente répression politique dans la province de Haut-Katanga. J’espère sincèrement que les récentes accusations portées contre Moise Katumbi, le candidat de l’opposition, ne sont pas une extension du resserrement de cet espace politique. Au Burundi, nous avons constaté que les actions du gouvernement a conduit à des sanctions contre un certain nombre de personnalités au sein du gouvernement et des services de sécurité. La position du Royaume-Uni est que les personnes responsables des actes de répression ou de violence porteront la responsabilité de leurs actions ou décisions. Il est évident que la classe politique congolaise doit s’unir sous une certaine forme pour décider sur une date pour la tenue des élections présidentielles. Mais pour un dialogue devant aboutir à une solution durable à l’impasse actuelle, doit être inclusif. Un dialogue qui ne reflète pas les vues de la grande majorité de la population congolaise perdrait un temps précieux et risquerait d’être un pas en arrière. Par conséquent, dans l’esprit de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies, j’exhorte la majorité présidentielle et l’Opposition à faire preuve de souplesse. Dans ce cadre, le gouvernement doit libérer, dans les meilleurs délais, tous les prisonniers politiques et prisonniers d’opinion. Lors de ma dernière visite, j’ai dit clairement que le Royaume-Uni serait en mesure de décaisser sa contribution financière aux élections, pour autant que l’engagement politique à la tenue desdites élections soit clair. Cette contribution a été fixée à 17 millions $US. Depuis ce temps, il a été encourageant de voir que le gouvernement continue à verser des fonds à la CENI, et que les projets de loi électorale ont été envoyés au Parlement pour examen. Dès qu’il y a des signes clairs de progrès quant à la tenue des élections conformément à la résolution 2277, nous serons ravis d’apporter une contribution. Le Président Kabila a été très clair que c’est au bout du compte la responsabilité du gouvernement d’assurer que les élections aient lieu en RDC. Pendant de nombreuses années, la stabilité macroéconomique et la croissance de la RDC a fait l’envie de la région. Des mesures concrètes en vue de la tenue de ces élections, non seulement qu’elles apaiseront la situation politique mais elles stimuleront au plan national et international la confiance en l’économie congolaise, qui a été affaiblie ces derniers mois. Dans l’intérêt de tous, une voie de sortie de cette impasse politique doit être trouvée rapidement. Sinon, comme le Burundi continue à le démontrer, les risques de s’écarter de l’ordre constitutionnel sont réels pour toutes les parties”.

https://www.gov.uk/government/world-location-news/press-statement-from-uk-special-envoy-for-the-great-lakes-danae-dholakia.fr

Le Royaume-Uni, pour sa part, explique que « l’émission d’un mandat d’arrêt provisoire contre Moïse Katumbi semble faire partie d’une campagne croissante d’intimidation des opposants politiques ».

http://www.rfi.fr/afrique/20160522-rdc-inquietude-internationale-climat-politique-kabila

 

– 22 mai 2016 : RDC : USA : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs

L’envoyé spécial des Etats-Unis pour Les Grands Lacs renchérit. Pour lui, les autorités « ne peuvent pas appeler au dialogue pendant que les personnes supposés y participer sont harcelées, arrêtées et emprisonnées ». Tom Perriello fait savoir que les Etats-Unis sont en train de réexaminer les possibilités d’imposer des sanctions en réaction au climat de répression de plus en plus fort.

http://www.rfi.fr/afrique/20160522-rdc-inquietude-internationale-climat-politique-kabila

 

– 22 mai 2016 : RDC : Monusco : Maman Sidikou

Le patron de la Monusco, Maman Sidikou, s’inquiète de « la multiplication des procédures judiciaires qui peuvent avoir pour effet de rétrécir l’espace politique », « exacerber les tensions et rendre encore plus difficile la tenue d’un dialogue politique », indique-t-il. Il appelle « au respect scrupuleux de l’Etat de droit et des libertés fondamentales ».

http://www.rfi.fr/afrique/20160522-rdc-inquietude-internationale-climat-politique-kabila

 

– 22 mai 2016 : RDC : Belgique : Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères Belge

Didier Reynders a lui réitéré son appel au « maintien d’un espace politique ouvert ». Il se dit aussi inquiet du « démarrage des opérations concrètes pour l’organisation des élections présidentielle et législatives ». Des élections prévues en principe d’ici la fin de l’année. D’après le chef de la diplomatie belge, la situation en RDC sera évoquée lundi par les ministres européens des Affaires étrangères lors de leur réunion mensuelle à Bruxelles.

http://www.rfi.fr/afrique/20160522-rdc-inquietude-internationale-climat-politique-kabila

 

– 6 juin 2016, Burundi, RDC – UE : Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil de Sécurité de l’ONU

On this and on many other files the unity of the Security Council is one of the most powerful assets in our hands, for promoting peace. For instance, a greater involvement of the Council to monitor the security situation in Burundi would be most welcome. A UN police mission could deter further threats to peace in the country, and the EU stands ready to cooperate with the United Nations to this end… In the Democratic Republic of Congo, our European Union keeps supporting the work of MONUSCO and of UN agencies. The current political uncertainty risks to evolve into a full blown crisis, with spill-overs in an already fragile region. In fact, our common work cannot be limited to crisis management. Even if these difficult times require much of it. Still, the best way to address a crisis is to prevent it. And this is a field where the UN and our European Union can do so much together.

http://eeas.europa.eu/statements-eeas/2016/160606_02_en.htm

 

– 6 juin 2016, Burundi, RDC – ONU + UA + UE + OIF, communiqué

les organisations partenaires de la République démocratique du Congo réaffirment leur soutien au dialogue politique dans ce pays et appellent tous les acteurs congolais a œuvrer à la tenue et au succès de ce dialogue
Addis-Abeba, Bruxelles, New York et Paris, le 6 juin 2016: L’Union africaine (UA), les  Nations  unies,  l’Union  européenne  (UE)  et  l’Organisation  internationale  de  la Francophonie  (OIF)  continuent  de  suivre  de  près  l’évolution  de  la  situation  en République démocratique du Congo (RDC). Les quatre organisations opèrent  dans le  cadre  de  leur  partenariat  au  service  de  la  paix  et  de  la  sécurité  en  Afrique,  ainsi que de leur engagement collectif à aider la RDC à consolider les acquis enregistrés au cours de la décennie écoulée. Les quatre organisations partenaires soulignent à nouveau l’importance cruciale que revêtent la  tenue  et  la  conclusion  réussie  d’un dialogue  politique  entre  tous  les acteurs  congolais  pour  leur  permettre d’arriver  à  un  consensus  permettant  la  tenue, dans   le   cadre   de   la   Constitution   congolaise,   d’élections   libres,   régulières, transparentes et crédibles. Il s’agit, ce faisant, de préserver la paix et la stabilité dans le pays, mais aussi d’approfondir le processus démocratique et l’État de droit. Les  quatre  organisations  réaffirment  leur  plein  soutien  aux  efforts  de  facilitation conduits par M. Edem Kodjo, au nom de l’UA. Elles ont convenu, dans ce contexte, de mettre en place un groupe de soutien à la facilitation, comprenant également des représentants de la Conférence internationale de la région des grands lacs (CIRGL) et  de  la  Communauté  de  développement  de  l’Afrique  australe  (SADC),  et  de mobiliser  l’expertise  et  les  ressources  requises  pour  maximiser  les  chances  de réussite du dialogue. Les  quatre  organisations  soulignent  la  responsabilité  primordiale  qui  incombe au Gouvernement  et  à  toutes  les parties  congolaises concernées pour  la  préservation de  la  paix  et  de  la  stabilité  en  RDC,  la  consolidation  des  acquis  obtenus  de  haute lutte et l’approfondissement de la démocratie et de l’Etat de droit. À cet égard, elles exhortent  tous  les acteurs congolais  à  se  joindre  au  dialogue  et  à  apporter  leur entière coopération au Facilitateur, ayant à l’esprit que celui-ci agit dans le cadre des instruments pertinents de l’UA et de la résolution 2277. Les  quatre  organisations demandent  instamment au  Gouvernement  et à tous  les acteurs  politiques  en  RDC de  s’abstenir  de  toute  action  de  nature  à  accroître  la tension  politique  et à  conduire  à  la  violence.  La  retenue  et  l’esprit  de  responsabilité sont plus que jamais nécessaires en cette étape particulière de l’histoire de la RDC. Elles  appellent  dans  le  même  temps  le  Gouvernement  à  continuer  à  promouvoir  le respect  des  droits  et  libertés prévus  par  la  Constitution,  y  compris  par  la libération des détenus politiques, conscientes  qu’elles  sont  de  ce  que  la  préservation  de l’espace   politique, et   l’exercice   des   droits   fondamentaux   garantis   par   la   Loi fondamentale sont une condition sine qua non pour permettre la réussite du dialogue politique que le Président Joseph Kabila appelle de ses vœux.

http://www.peaceau.org/uploads/cua-nu-ue-oif-joint-com-05-06-2016.pdf

 

– 21 juin 2016 : RDC : USA : Barack Obama, message de vœux au président Joseph Kabila à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RDC (publié le 29 juin)

Votre pays est sorti des ravages de la guerre et a atteint une stabilité et une prospérité accrues … Le peuple des États-Unis se joint à moi pour vous exprimer ainsi qu’au peuple de la RD Congo les meilleurs voeux (…), … Nous sommes aux côtés du peuple de la RD Congo et nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir… Nous attendons avec impatience nos relations futures avec une République démocratique du Congo stable, démocratique et prospère.

http://www.jeuneafrique.com/337798/politique/barack-obama-a-ecrit-a-joseph-kabila-a-loccasion-festivites-de-lindependance-de-rd-congo

 

– 23 juin 2016 : RDC : USA : Trésor américain sur sanctions contre le général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa

Treasury Sanctions High-Ranking Government Security Official for Role in Violence in the Democratic Republic of the Congo 6/23/2016 Action Targets Kinshasa Police Commissioner for Police Violence Against DRC Civilians. WASHINGTON – Today, the U.S. Department of the Treasury’s Office of Foreign Assets Control (OFAC) sanctioned a Congolese government official, Céléstin Kanyama, pursuant to Executive Order (E.O.) 13413, as amended by Executive Order 13671, which authorizes the designation of persons for specified conduct “contributing to the conflict” in the Democratic Republic of the Congo (DRC).  Specifically, OFAC designated Kanyama for being responsible for or complicit in, or having engaged in, directly or indirectly, the targeting of women, children, or any civilians through the commission of acts of violence, abduction, or forced displacement in the DRC, and for being a leader of an entity that has, or whose members have, engaged in such conduct.  As a result of today’s actions, all assets of the individual designated that are based in the United States or in the control of U.S. persons are frozen, and U.S. persons are generally prohibited from engaging in transactions with him. Today’s action is not directed at the people of DRC.  It is intended to alter the behavior of individuals involved in violence against civilians.  The United Nations Joint Human Rights Office reported that the beginning of 2015 was marred by “an increase in the number of violations of political rights and public freedoms” committed by DRC government agents, particularly by police.  In several provinces, security forces violently repressed demonstrations organized to oppose a new draft electoral law that many feared would allow President Kabila to run for a third term. Clashes between police and protestors have continued this year. “As President Kabila’s constitutionally limited term nears its end in December, the regime has engaged in a pattern of repression, including the arrest of opposition members and violent suppression of political protests, all to avoid scheduling national elections,” said John E. Smith, Acting OFAC Director.  “Treasury’s action today sends a clear message that the United States condemns the regime’s violence and repressive actions, especially those of Céléstin Kanyama, which threaten the future of democracy for the people of the Democratic Republic of the Congo.” Céléstin Kanyama General Céléstin Kanyama is the Congolese National Police (PNC) Provincial police commissioner for Kinshasa.  Under his leadership, police forces engaged in the targeting of civilian protestors through acts of violence. Kanyama was the primary commander of Operation Likofi, a police operation between late 2013 and early 2014 that was set up to combat criminal delinquency in Kinshasa.  However, the operation reportedly did not enforce the law in Kinshasa, but instead used unlawful violent tactics to establish a climate of fear.  During this operation, Kanyama was responsible for extrajudicial killings and forced disappearances.  In raids across the city, uniformed police wearing black masks dragged suspects out of their homes at night at gunpoint with no arrest warrants.  At least 50 young men and boys were reportedly killed, and over 30 were reported to be forcibly “disappeared” during the operation. In January 2015, during Kanyama’s tenure as Kinshasa police commissioner, over 40 people were killed during demonstrations in Kinshasa, including at least 20 people fatally shot by security forces.  The demonstrators were protesting proposed changes to the electoral law that many Congolese believed would permit President Joseph Kabila to stay in office beyond his mandated two-term limit. For identifying information on the individual designated today, click here.

https://www.treasury.gov/press-center/press-releases/Pages/jl0496.aspx

L’administration américaine a annoncé jeudi 23 juin des sanctions financières contre le chef de la police de Kinshasa pour sa responsabilité dans des violences et des disparitions « ciblant des civils, des femmes et des enfants ». Le Trésor a notamment décidé de geler les avoirs de Célestin Kanyama aux Etats-Unis. Il est interdit à toute entité américaine de faire des transactions avec lui.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/23/washington-sanctionne-le-chef-de-la-police-de-kinshasa_4956897_3212.html

 

– 23 juin 2016 : RDC : USA : John Smith, directeur du Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC)

Alors que la limite constitutionnelle du mandat du président Kabila touche à sa fin en décembre, le régime s’est engagé dans une vague de répression, comprenant l’arrestation des membres de l’opposition et la suppression violente de manifestations politiques, afin d’éviter la tenue d’élections nationales programmées… L’initiative du Trésor envoie le message clair de la condamnation par les Etats-Unis des actions violentes et répressives du régime, en particulier celles de Célestin Kanyama, qui menacent l’avenir de la démocratie pour le peuple de la RDC.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/23/washington-sanctionne-le-chef-de-la-police-de-kinshasa_4956897_3212.html

Alors que le dernier mandat constitutionnel du président Kabila approche de sa fin, en décembre, le régime est engagé dans un schéma répressif, avec des arrestations d’opposants et la répression violente de manifestations politiques afin de d’éviter la programmation des élections nationales

http://www.jeuneafrique.com/336364/politique/etats-unis-gelent-avoirs-de-celestin-kanyama-chef-de-police-de-kinshasa

 

– 23 juin 2016 : RDC : USA : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs à propos des sanctions du Trésor américain contre le général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa

Il est très important de comprendre qu’il s’agit de sanctions individuelles basées sur ses décisions et ses activités et qu’il y a des conséquences à ses actions. Et nous allons continuer à surveiller la situation, nous verrons si d’autres personnalités peuvent être tenues responsables de la même chose. Nous sommes vraiment très préoccupés par la violence politique permanente autour de cette crise politique en République démocratique du Congo. Cette année pourrait être historique, la première transition démocratique pacifique qui, de la longue et difficile histoire de la RDC. Je pense que c’est ce que tout le monde souhaite, et nous continuerons à faire pression sur ceux qui accentuent les violences, donc qui font obstacle à ce processus politique.

http://www.rfi.fr/emission/20160624-rdc-etats-unis-crise-politique-kabila-droits-homme-transition-constitution-kanyama

 

– 23 juin 2016 : RDC : USA : revue de presse complémentaire sur général Célestin Kanyama : Trésor américain, Tom Perriello (Barack Obama)

Tom Perriello estime que les Etats-Unis ont laissé suffisamment de temps aux personnalités impliquées dans des violences pour changer de voie… Selon le Trésor américain, le régime Kabila s’est engagé dans un schéma de répression à l’approche de la fin du mandat du président, et ce pour éviter d’organiser les élections… Et une fois de plus, le gouvernement américain se dit très préoccupé par le retard accumulé dans le processus électoral. Il faut absolument que les élections puissent avoir lieu, a rappelé jeudi soir l’envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, et surtout qu’elles se déroulent dans un climat serein. Tom Perriello ne dit pas si d’autres hauts responsables seront bientôt visés à leur tour par des sanctions, mais il explique qu’il s’agit d’un signal fort : il y aura des conséquences si la situation évolue dans la mauvaise direction.

http://www.rfi.fr/afrique/20160623-rdc-general-kanyama-chef-police-sanctionne-tresor-americain-repression

Général Kanyama  … Commissaire provincial de Kinshasa, il lance en novembre 2013 l’opération Likofi contre les gangs des rues, les kulunas. Une opération loin d’être impopulaire dans la capitale tant ces gangs perturbent la vie des habitants, mais vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme. Elle se solde par au moins 51 morts, selon Human Rights Watch, plusieurs dizaines de morts et de disparus, selon l’ONU. Depuis, la communauté internationale avait exigé une enquête au gouvernement congolais. Et finalement, après plus d’un an et demi de silence, le rapport de l’inspection générale de la police congolaise a été publié il y a quelques jours, dénonçant un certain nombre de violations et de manquements. Ce qui selon des sources diplomatiques occidentales n’est sans doute pas une coïncidence. Ce rapport tant attendu reconnaissait 16 disparitions et deux exécutions sommaires. Son nom est parfois cité dans des chansons lors des manifestations hostiles au gouvernement. Et c’est aussi pour sa gestion des manifestations politiques qu’il se retrouve aujourd’hui sanctionné, notamment celles de janvier 2015 à Kinshasa contre le glissement du calendrier électoral. Des manifestations au cours desquelles, selon le Trésor américain, plus de 40 personnes ont été tuées, dont au moins 20 par les forces de sécurité. Un bilan contesté par le gouvernement congolais.

http://www.rfi.fr/afrique/20160623-vise-sanctions-est-celestin-kanyama-esprit-mort-rdc

NB : Bernabé Kikaya Bin Karubi, un des principaux conseillers du chef de l’État congolais, en séjour à Washington où il conduit une mission de plaidoyer : Dès mon arrivée à Washington, le 21 juin, les autorités américaines m’avaient déjà fait savoir qu’il s’agissait d’une décision du président Barack Obama lui-même. Un executive order qui n’était pas soumis à l’appréciation de la Chambre des représentants ni du Sénat. En vérité, pour les États-Unis, sanctionner le général Kanyama n’est qu’une décision symbolique. D’autant que ce commandant de la police dans la ville de Kinshasa – d’après lui-même – ne dispose pas d’avoirs aux États-Unis, ni d’ailleurs en Europe. Il ne lui y est par ailleurs pas demandé de voyager aux États-Unis ou en Europe dans l’exercice de ses fonctions. .. Comme la réciprocité constitue le principe premier en relations internationales, nous étudions déjà comment nous allons réagir…

http://www.jeuneafrique.com/336571/politique/kikaya-bin-karubi-sanction-etats-unis-contre-general-kanyama-na-dimpact-rd-congo/

 

– 23 juin 2016 : RDC : Conseil de sécurité

Le conseil de sécurité de l’ONU a voté jeudi 23 juin une résolution qui renouvelle le mandat du groupe d’experts sur la République démocratique du Congo (RDC) et le régime de sanctions auquel est soumis Kinshasa. Le régime de sanctions est aussi étendu pour couvrir toutes les violations des droits de l’homme dans le contexte pré-électoral. La mise en garde du conseil de sécurité à Kinshasa est claire : la RDC est sous le radar de l’ONU durant cette période pré-électorale. Si l’organisation internationale se montre toujours réticente à de nouvelles sanctions ciblées contre les autorités congolaises accusées d’enliser le processus politique, celle-ci a voté un texte qui renforce la pression sur le gouvernement de Joseph Kabila. L’ONU exhorte en effet le pays à tenir ses élections avant la fin de l’année selon le calendrier prévu par la Constitution. L’ONU s’inquiète également de la tendance accrue à la répression, aux violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité nationale ainsi qu’aux liens entre les groupes armés et les réseaux criminels dans l’exploitation des ressources naturelles dans l’est du pays. Pression sur la protection des civils Mais le texte de la résolution est surtout renforcé sur un point crucial : la protection des civils. Jusqu’à présent seuls les meurtres des femmes et des enfants pouvaient donner lieu à des sanctions. Désormais toute violation des droits fondamentaux et des droits de l’homme pourra conduire leurs responsables à être lourdement sanctionnés. Les récentes arrestations arbitraires et enlèvements d’opposants pourraient donc conduire les Nations unies à emboiter très rapidement le pas du gouvernement américain qui a voté dès jeudi des sanctions contre le chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama.

http://www.rfi.fr/afrique/20160624-rdc-onu-joseph-kabila-sanctions-droit-homme-electorale-gouvernement-constitution

 

– 23 juin 2016 : RDC : Parlement européen (Relations extérieures)

Lors de la 31e session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE des 13-15 juin, les députés européens et leurs homologues des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont approuvé à l’unanimité une résolution qui condamne tous les actes de violence politique et appelle à un « déroulement réussi et en temps opportun des élections, qui seront cruciales pour la stabilité et le développement à long terme du pays et de la région entière ». Dans les deux textes, les députés ont souligné que le Président Kabila, au pouvoir depuis 2001, est tenu de démissionner le 20 décembre 2016 étant donné que le mandat du Président de la RDC est limité à deux mandats en vertu de la Constitution congolaise. En n’ayant pas encore déclaré qu’il le ferait, le Président Kabila contribue à exacerber les tensions politiques dans le pays.

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20160622IPR33209/Arr%C3%AAtez-les-massacres-dans-l’est-du-Congo-et-traduisez-les-coupables-en-justice

 

– 23 juin 2016 : RDC : Maria Arena, eurodéputée membre de l’Assemblée interparlementaire Union européenne / Afrique sur position UE/SEAE

Aujourd’hui, l’Europe tente toujours d’être un partenaire du dialogue et essaie donc de mettre, autour de la table, les interlocuteurs par rapport à l’organisation de ces élections. Si cette voie du dialogue reste fermée indéfiniment, alors la question des sanctions devra être mise sur la table. Au Parlement européen, nous avons donc évoqué la question des sanctions. La réponse qui nous est donnée, par le service d’action extérieure et par le Conseil, est : nous tentons encore de mettre autour de la table les différents interlocuteurs parce que nous pensons que c’est par le dialogue qu’on pourra y arriver … Moi, je dis tout simplement qu’il faut qu’on fasse attention parce que c’est ce qu’on avait essayé de faire avec le Burundi et ça a échoué. Donc, attention de ne pas se réveiller trop tard par rapport à ce qui est en train de se passer aujourd’hui au Congo.

http://www.rfi.fr/afrique/20160625-rdc-sanctions-etats-unis-celestin-kanyama-chef-police-kinshasa-ue-europeens-pronent

 

– 25 juin 2016 : RDC : Délégation de l’Union européenne et Chefs de mission des pays membres en RDC

Déclaration locale de l’Union européenne sur la situation des droits de l’Homme en République démocratique du Congo (25/06/2016) Kinshasa, le 25 juin 2016 – La Délégation de l’Union européenne (DUE) publie cette déclaration en accord avec les Chefs de mission des pays membres de l’Union européenne en République démocratique du Congo (RDC). La DUE est vivement préoccupée par le récent rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme faisant état d’une hausse des violations des droits de l’Homme, commises en particulier par des représentants des forces de l’ordre. Rappelant les conclusions du Conseil de l’Union européenne du 23 mai 2016, la DUE note avec inquiétude les actes de harcèlements et d’intimidations en nombre croissant, visant des responsables politiques, des défenseurs des droits de l’Homme, des professionnels des médias, ainsi que des membres de la société civile. La DUE exprime son attachement à une justice impartiale, et rappelle à cet égard l’appui qu’elle offre au gouvernement congolais dans ses efforts pour réformer ce secteur et accorder à tous les Congolais un traitement équitable et conforme aux règles de droit, par tous les tribunaux, évitant toute instrumentalisation de la justice. Dans ce contexte, la DUE réaffirme son soutien à la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations-Unies ainsi que le communiqué de presse conjoint Union européenne, Union africaine, Organisation des Nations Unies et Organisation internationale de la Francophonie du 5 juin 2016 par lequel les quatre organisations partenaires soulignent à nouveau l’importance cruciale que revêtent la tenue et la conclusion réussie d’un dialogue politique entre tous les acteurs congolais pour leur permettre d’arriver à un consensus permettant le tenue, dans le cadre de la Constitution congolaise, d’élections libres, régulières, transparentes et crédibles et réaffirment leur plein soutien aux efforts de facilitation conduits par M. Edem Kodjo au nom de l’Union africaine. La DUE appelle en conséquence le gouvernement congolais, ainsi que toutes les autres parties concernées, à créer les conditions nécessaires pour préserver un espace politique ouvert. L’UE souhaite approfondir son dialogue avec le gouvernement de la RDC, dans le cadre d’un dialogue article 8 de l’Accord de Cotonou, en conformité avec la qualité et l’intensité de nos relations.

http://www.eeas.europa.eu/delegations/congo_kinshasa/press_corner/all_news/news/2016/20160625_fr.htm

Article 8 accord de Cotonou, p25, Dialogue politique

http://www.europarl.europa.eu/intcoop/acp/03_01/pdf/mn3012634_fr.pdf

http://www.rfi.fr/afrique/20160627-delegation-ue-kinshasa-inquiete-droits-homme-rdc

 

– 25 juin 2016 : RDC : USA : Tom Perriello envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, interview au journal Le Monde par  Elise Barthet et Serge Michel

Q – Pourquoi, avec ces sanctions, viser un homme et non le système en place, qui à l’origine de la répression que vous dénoncez ? Les sanctions sont basées sur les ressources et les responsabilités de certains individus. Elles sont conçues pour viser en priorité les responsables de certains abus. Le chef de police Kanyama a ordonné et supervisé pendant longtemps des opérations qui ont entraîné de très graves violations des droits humains. Cela inclut, pour ce qui est de la période récente, la fermeture de l’espace politique, des exécutions extrajudiciaires, l’intimidation des manifestants pacifiques. Nous espérons, bien sûr, que la République démocratique du Congo (RDC) connaîtra la première transition pacifique et démocratique de son histoire. C’est ce que veulent les Congolais. Q – Cela ressemble pourtant à un avertissement envoyé au président Joseph Kabila. Les Etats-Unis ont une position claire, exprimée depuis longtemps : nous appuyons et défendons la Constitution, qui dit clairement que des élections doivent se tenir avant la fin de l’année. La RDC avait, jusqu’à récemment, une société civile foisonnante, une opposition et des médias indépendants. C’était une grande force. Nous sommes très inquiets des conséquences de la fermeture du champ politique. Nous l’avons dit, en public et en privé. Q – Les Etats-Unis défendent une ligne ferme face au pouvoir de Kinshasa alors que les Européens peinent à s’accorder sur d’éventuelles sanctions. Les Occidentaux parviendront-ils à agir de concert ? Nous travaillons ensemble. Nous partageons un objectif commun très clair avec nos homologues européens et africains : soutenir les Congolais pour que se tienne cette élection historique. Chacun a son approche, je laisse les Européens parler pour eux-mêmes. Les Etats-Unis ont dit il y a longtemps qu’ils envisageaient des sanctions financières contre certains individus responsables de violations des droits humains et faisant obstacle au processus politique. Un premier pas a été franchi cette semaine. Nous espérions que ce ne serait pas nécessaire. Mais malheureusement, ces derniers mois, nous avons observé une hausse des actes de répression et des restrictions aux libertés d’expression et de rassemblement pourtant gravées dans la Constitution congolaise et dans la Charte de l’Union africaine. La violence de responsables policiers comme Célestin Kanyama a des conséquences immédiates, et crée aussi une réaction en chaîne. Q – Pourquoi adopter des sanctions maintenant alors que les arrestations de proches de l’opposition et de militants des droits de l’homme se sont multipliées depuis 2015 ? C’est un processus long. Nous continuons à enquêter pour mettre au jour les responsabilités individuelles qui seraient passibles de sanctions financières. Q – Moïse Katumbi a été condamné le 22 juin à trois ans de prison ferme. Le lendemain, les Etats-Unis annoncent des sanctions contre Célestin Kanyama. La coïncidence n’a pas échappé aux observateurs. Les deux décisions sont-elles liées ? Les gens ne se rendent pas compte du temps qu’il faut pour décider de ce genre de choses [adopter des sanctions] au sein de l’administration américaine ! Q – Regrettez-vous la condamnation de M. Katumbi ? Les Etats-Unis ne soutiennent pas un candidat ou un parti en particulier. Nous voulons seulement que les Congolais puissent choisir leur prochain dirigeant au terme d’un processus démocratique et ouvert. Il ne s’agit pas seulement d’organiser une élection mais aussi de créer un environnement politique sûr pour que s’expriment une diversité de candidatures et de points de vue. Nous sommes inquiets des méthodes utilisées pour intimider les uns et les autres, même si nous croyons encore qu’il y a une chance que l’histoire se finisse bien… Q – Il est pourtant à peu près certain aujourd’hui que l’élection présidentielle prévue le 27 novembre ne pourra se tenir dans les délais. C’est ce que prévoit la Constitution et cela reste la base de toutes nos discussions. Des élections devront se tenir quand le mandat du président sera terminé, ou avant cette date. Q – Pensez-vous que la situation de M. Katumbi peut encore évoluer, que la condamnation et l’inégibilité qui le frappent peuvent être levées ? Oui, c’est possible. La question est : à quelles conditions cela pourrait-il se produire ? Des mois tendus s’annoncent. Une incertitude exacerbée par une situation économique de plus en plus fragile, liée à la hausse des prix des produits de base, aux fluctuations monétaires, etc. Tout le monde a conscience que c’est un moment tendu pour la RDC et qu’il va falloir des qualités d’homme d’Etat et un leadership fort pour créer un espace politique ouvert et démocratique. Malheureusement, ce n’est pas l’approche que nous observons. Q – Quand avez-vous rencontré le président Kabila en tête à tête pour la dernière fois ? Il y a deux mois environ. Q – Quel est son état d’esprit ? Je ne vais pas spéculer sur son état d’esprit. Nous espérons toujours qu’il sera à la hauteur de ce moment historique, comme il l’a été par le passé à Sun-City [où ont été signés les accords qui ont mis fin à la deuxième guerre du Congo] ou lors de l’adoption de la Constitution. Il est capable d’avoir cette stature d’homme d’Etat [et de se retirer]. Les Congolais ont beaucoup souffert ces vingt dernières années. Les gens ont le sentiment que le pays est à un tournant. Les Etats-Unis ont massivement investi dans les opérations de maintien de la paix, le développement économique, la défense des droits humains et l’aide humanitaire. Nous continuerons de soutenir les Congolais qui veulent écrire un nouveau chapitre de leur histoire.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/25/rdc-les-etats-unis-esperent-que-m-kabila-sera-a-la-hauteur-et-se-retirera-avant-la-fin-de-l-annee_4958235_3212.html

 

– 11 juillet 2016 : RDC : USA : Thomas Perriello, envoyé spécial États-Unis pour la région des Grands Lacs,

RDC: les États-Unis rejettent les critiques du gouvernement congolais. Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a vivement critiqué les Occidentaux, jeudi 7 juillet 2016. Thomas Perriello, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, a rejeté en bloc les critiques émises par le porte-parole du gouvernement congolais à l’égard de ses partenaires occidentaux, jeudi 7 juillet. Pour ce représentant américain, son pays « ne soutient pas un candidat ou un parti, mais simplement le droit du peuple congolais à continuer de jouir d’une stabilité constitutionnelle ». Et de cibler « les individus qui minent ces efforts ». « Proconsuls autoproclamés » aux « prétentions impérialistes » ; « ingérences inacceptables ». Le porte-parole du gouvernement congolais n’a pas mâché pas ses mots à l’égard des partenaires occidentaux de la République démocratique du Congo, lors d’une conférence de presse organisée jeudi 7 juillet. Ces critiques de Lambert Mende sont largement rejetées par Thomas Perriello, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, qui affirme que les Américains n’agissent que pour « le droit du peuple congolais à continuer de jouir d’une stabilité constitutionnelle ». « Nous n’imposons rien, dit-il, c’est la Constitution du peuple congolais. Et il en est fier. L’action du président Kabila doit être reconnue, le Congo vient de vivre une période de paix et de démocratie constitutionnelle. Mais notre politique est simple, il faut respecter la Constitution du Congo et la volonté du peuple de choisir son prochain président. » « Nous sommes partenaires du Congo depuis longtemps » « Nous avons été très clairs, ajoute M. Perriello, il y aura des conséquences ciblées. Non pas contre le peuple congolais, non pas contre le gouvernement du Congo, mais contre des individus qui continuent de violer les droits de l’homme et sapent la Constitution démocratique. » « Nous sommes partenaires du Congo depuis longtemps, nous avons investi des centaines de millions de dollars chaque année sur le maintien de la paix et la bonne gouvernance. Il y a eu de réels progrès, et c’est bien ! Mais nous assistons à des reculs dans l’ouverture de l’espace politique par exemple », explique le représentant américain. Et Thomas Pierrello de conclure : « Les États-Unis ne soutiennent pas un candidat ou un parti, nous soutenons simplement le droit du peuple congolais à continuer de jouir d’une stabilité constitutionnelle, et nous ciblons dans nos sanctions les individus qui minent ces efforts. » Nouvelle chicote coloniale, racisme et impérialisme Qu’il s’agisse des critiques sur la situation des droits de l’homme en RDC, ou encore des sanctions prises par les États-Unis contre le chef de la police de Kinshasa, le porte-parole du gouvernement congolais avait eu des mots très durs à l’égard des partenaires occidentaux de son pays ce jeudi. Lambert Mende n’a pas hésité à parler d’une nouvelle chicote coloniale, de racisme et d’impérialisme. Il accuse notamment les Occidentaux de vouloir mettre « le grappin » sur la RDC. Une référence aux États-Unis, qui demandent l’ouverture de l’espace politique et la fin de la répression. « Des gouvernements étrangers s’érigent en régents des affaires de la RDC, allant jusqu’à donner des injonctions et asséner des sanctions dites  » ciblées  » aux fonctionnaires de nos administrations », accuse le porte-parole du gouvernement de RDC. L’opposition congolaise pointée du doigt par Mende Cette attaque des autorités de Kinshasa, à mots couverts, concerne également le Parlement européen, le Sénat américain et la Chambre des représentants américaine. Le porte-parole du gouvernement a parlé « des institutions parlementaires d’entités nationales et régionales auxquelles la RDC n’appartient pas (et) qui s’autorisent à délibérer, statuer, légiférer sur ses affaires intérieures ». « Ces ingérences avilissantes et inacceptables (sont) malheureusement défendues par une certaine opposition congolaise », regrette encore Lambert Mende. Certains opposants « ont notoirement trempé dans les complots et pogroms les plus sordides de notre histoire », conclut le ministre. L’opposant congolais Moïse Katumbi n’est pas épargné

http://www.rfi.fr/afrique/20160708-rdc-etats-unis-rejettent-critiques-gouvernement

NB : http://www.rfi.fr/emission/20160708-une-charge-gouvernement-congolais-rdc-contre-communaute-internationale

 

– 11 juillet 2016 : RDC : groupe de soutien à la facilitation du dialogue en RDC, Smaïl Chergui UA, Saïd Djinnit ONU, Koen Vervaeke UE : rencontre à Bruxelles avec Etienne Tshisekedi sur les conditions à créer pour le lancement du dialogue national.

La délégation était composée du commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smaïl Chergui, de l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit et du directeur général pour l’Afrique de l’UE, Koen Vervaeke. Cette rencontre fait suite à une première réunion du groupe de soutien le 4 juillet au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. Félix Tshisekedi, secrétaire national aux relations extérieures de l’UDPS, s’est dit rassuré et satisfait de cette rencontre mais il insiste : l’opposition n’ira pas au dialogue avant d’avoir obtenu un climat favorable dans le pays.

http://www.rfi.fr/afrique/20160711-rdc-delegation-opposition-tshisekedi-groupe-soutien-dialogue

 

– 18 juillet 2016 : RDC : direction Afrique MAEDI France + Koen Vervaeke Ue + Thomas Perriello USA, Danae Dholakia Grande-Bretagne : réception au MAE France d’ Étienne Tshisekedi, Moïse Katumbi et Martin Fayulu.

C’est au ministère des Affaires étrangères français que se sont donné rendez-vous, le 18 juillet, les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs – Koen Vervaeke de l’Union européenne, Thomas Perriello des États-Unis, Danae Dholakia (Grande-Bretagne) notamment – et les opposants congolais regroupés au sein du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement », issu des assises de Genval, dans la banlieue bruxelloise. La délégation du « Rassemblement » était conduite par Étienne Tshisekedi, président du conseil des sages de la plateforme, qu’accompagnaient Moïse Katumbi et Martin Fayulu, candidats déclarés à la présidentielle, ainsi que plusieurs autres figures de l’opposition congolaise, notamment Raphaël Katebe Katoto, Olivier Kamitatu, Kyungu wa Kumwaza, Freddy Matungulu et Delly Sesanga.

http://www.jeuneafrique.com/342695/politique/rd-congo-tshisekedi-katumbi-alles-chercher-quai-dorsay/

Une délégation de l’opposition de République démocratique du Congo (RDC) a été reçue, ce lundi 18 juillet, au Quai d’Orsay. Les représentants du rassemblement issu du Conclave de Bruxelles sont venus plaider leur cause à la direction Afrique du ministère, deux semaines seulement avant le grand meeting de l’opposition prévu à Kinshasa, le 31 juillet. La délégation était présidée par Etienne Tshisekedi, opposant historique et président de l’UDPS. L’opposition est sortie confiante et affirme avoir été entendue. Etienne Tshisekedi est entré au Quai d’Orsay soutenu par son fils, Félix Tshisekedi. Il y est resté environ une heure. C’est la première sortie publique, à l’étranger, du président de l’UDPS depuis son installation à Bruxelles, il y a près de deux ans. Aujourd’hui, il présidait une délégation d’une dizaine de représentants des coalitions politiques présentes à Genval, le mois dernier. Parmi eux, Olivier Kamitatu, du G7, et Martin Fayulu, de la Dynamique de l’opposition. Cette fois-ci, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, était également présent. Reçus par la direction Afrique du ministère, les opposants congolais disent avoir abordé la situation politique en RDC ainsi que l’organisation du dialogue national. Ils ont une nouvelle fois exprimé leurs conditions pour aller au dialogue, à savoir la mise en œuvre officielle de la médiation élargie, le respect de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies et le départ du président Joseph Kabila, en décembre prochain. Ils sont sortis satisfaits L’opposition assure avoir rencontré non seulement la direction Afrique du ministère des Affaires étrangères, mais aussi des représentants des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de l’Allemagne et de la Belgique. Selon Freddy Matungulu, l’actuel modérateur de la Dynamique de l’opposition, qui a participé à la réunion, la délégation cherchait leur soutien. « Nous avons parlé de la disponibilité de cette communauté internationale à nous accompagner dans les efforts nous amenant prochainement à la préparation et à la tenue de l’élection présidentielle. Je pense qu’aujourd’hui, ce qui est important, c’est qu’’il y a un certain nombre de pas nouveaux dans la bonne direction », a-t-il déclaré. Parmi ces avancées, il y a la création récente du groupe de soutien à la médiation d’Edem Kodjo, saluée par le rassemblement de l’opposition. Au terme de la réunion, les opposants se disaient confiants du soutien de la communauté internationale sans toutefois des garanties précises quant à la suite des évènements après le retour en RDC d’Etienne Tshisekedi, le président de l’UDPS. « Nous n’avons pas demandé des garanties pour le président. Le président rentre dans son pays après une période de convalescence, c’est tout. Regardez simplement ; observez la suite des choses ; vous verrez que nous ne sommes pas venus parler de la pluie et du beau temps », a expliqué Félix Tshisekedi, son fils, et cadre de son parti. Le Quai d’Orsay n’a, quant à lui, pas souhaité commenter cette rencontre.

http://www.rfi.fr/afrique/20160718-france-rdc-etienne-tshisekedi-delegation-opposition-quai-orsay-ministere-affaires-e

 

– 20 juillet 2016 : RDC : parlement belge

Une résolution votée par les députés belge mercredi et soumise à l’exécutif propose de couper l’aide bilatérale directe à la RD Congo, si le pays n’organisait pas l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, avant la fin 2016. … Dans ce document de 15 pages, les députés affirment à nouveau la nécessité de la « tenue d’élections législatives et présidentielles inclusives, libres, transparentes et sereines en 2016 » en RD Congo et appellent la Commission électorale indépendante (Ceni) à tout faire pour que ce soit le cas. Car si le scrutin ne se tenait pas d’ici la fin de l’année, il ne respecterait pas les délais constitutionnels et ouvrirait la porte à une rallonge du mandat de Joseph Kabila. Or, pour la chambre des Représentants, « il reste tout à fait possible de revoir le fichier électoral dans un délai rapproché afin d’organiser des élections législatives et présidentielles, tout en assurant une représentativité satisfaisante du corps électoral  sur base d’une volonté effective des autorités congolaises, de l’opposition et de la société civile et dans le cadre d’un soutien international. » Outre le timing de l’élection, les parlementaires exigent que cette dernière se déroule dans de bonnes conditions. C’est pourquoi ils plaident « en faveur du dialogue entre les autorités congolaises et d’autres parties prenantes, notamment l’opposition, la Ceni et la société civile » pour assurer la transparence du scrutin. Dans la même veine, ils demandent en conséquence la libération de plusieurs leaders de la société civile actuellement incarcérés comme Yves Makwambala, Fred Bauma, Christopher Ngoyi, Jean-Claude Muyambo, Vano Kiboko ou encore Cyrille Dowe. Les moyens de pression envisagés Ces exigences auraient un poids limité si elles n’étaient pas accompagnées de menaces très claires. Dans leur texte, les parlementaires belges demandent donc à leur gouvernement de faire pression sur Kinshasa en menaçant la RDC de « geler l’aide bilatérale directe » purement et simplement. Une mesure de rétorsion qui s’accompagnerait de « sanction ciblées » comme les interdictions d’entrée sur le territoire et le gel des avoirs bancaires. … texte intégral de la proposition de résolution

http://www.jeuneafrique.com/343545/politique/presidentielle-rd-congo-deputes-belges-pression-respect-delais-constitutionnels/

 

– 20 juillet 2016 : RDC : Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme

AFP : À l’issue de sa visite en RDC, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a estimé que les avancées enregistrées par le pays étaient en danger si rien n’était fait pour apaiser la tension qui monte à l’approche de la fin du mandat du président Joseph Kabila. « Les avancées importantes réalisées dans le domaine de lutte contre l’impunité des violences sexuelles reflètent des progrès plus larges réalisés en RDC » depuis la dernière décennie, a déclaré le 21 juillet le Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, lors d’une conférence de presse à Kinshasa. Parmi ces avancées, ce dernier a notamment relevé l’organisation de « deux élections présidentielles » en 2006 et 2011, remportées par l’actuel président congolais Joseph Kabila.« Il semble toutefois qu’aujourd’hui ces avancées puissent être en danger. Alors que des échéances électorales cruciales approchent, la tension monte », s’est-il cependant inquiété, au terme d’une visite de quatre jours en RDC, au cours de laquelle il s’est rendu notamment dans les provinces troublées du Nord et Sud-Kivu avant l’étape finale de Kinshasa. À ce titre, Zeid Ra’ad Al Husseina a regretté « de n’avoir pas avoir pu rencontrer » le chef de l’État. Rétrécissement de l’espace politique Le diplomate jordanien s’est également dit « très préoccupé » par le « harcèlement croissant des représentants de la société civile et des journalistes, de la répression des voix qui s’opposent au gouvernement et des dispersions excessives et parfois mortelles de manifestations » alors que la RDC traverse une crise politique. Ces déclarations font écho à la résolution votée mercredi par les députés belges qui proposent de couper l’aide bilatérale directe de la Belgique à la RD Congo, si le pays n’organisait pas d’élections dans les délais constitutionnelles, avant fin 2016.

http://www.jeuneafrique.com/343712/societe/rd-congo-lonu-juge-progres-realises-matiere-de-droits-de-lhomme-danger/

RFI : Pour sa première visite officielle depuis le début de son mandat, Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein s’est rendu dans les Kivus, à Goma, Bukavu, pour terminer par Kinshasa, la capitale. Il a rencontré le Premier ministre, le président de l’Assemblée, les responsables des services de sécurité et la société civile. Mais pas le président Kabila. C’est pourtant officiellement à son invitation que le haut-commissaire est venu. Au cours de sa rencontre avec les médias, il a appelé à la libération des prisonniers politiques, à l’ouverture de l’espace politique, des mesures sans lesquelles il n’y aurait aucun dialogue crédible, tout en reconnaissant des avancées. .. Au cours de sa conférence de presse, Zeid Al-Hussein a commencé par dérouler les points positifs… Oui au dialogue politique, mais pas sans des avancées Le haut-commissaire dit avoir visité pour la première fois le pays en 2004 et apprécie les progrès. Toutefois, dit-il, ces progrès seraient en danger. La restriction de l’espace politique, le double standard majorité opposition, l’instrumentalisation de la justice.

Zeid Al-Hussein dit soutenir l’initiative de dialogue du président Kabila, mais ce dialogue est « tout simplement impossible dans une atmosphère qui étouffe la discussion et où les médias indépendants et le respect des libertés fondamentales sont menacés ». Le haut-commissaire estime également que les jeunes devraient être encouragé à y participer et ceux qui s’expriment ne doivent pas être forcé « de se taire, ni punis pour avoir exprimé une opinion dissidente ». « Le peuple congolais a les mêmes droits que tout autre peuple, de se faire entendre et de participer aux décisions », conclut-il.

http://www.rfi.fr/afrique/20160722-rdc-fin-visite-haut-commissaire-droits-homme-onu-dialogue-prisonniers-politique

Interview de Sonia Rolley – RFI-SR Au vu de la restriction de l’espace politique que vous dénoncez, la multiplication des violations des droits de l’homme à caractère politique, pensez-vous qu’il peut y avoir un dialogue ou même des élections crédibles dans le pays ? Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein : Je pense qu’il sera extrêmement difficile d’avoir un dialogue qui ait du sens. Un dialogue crédible ne peut se dérouler que quand toutes les parties pourront exprimer leur sentiment, sans risque de représailles ou d’être emprisonnées. Donc, même si je soutiens l’appel du président à un dialogue inclusif, il est inconcevable qu’il puisse se tenir sans que les conditions ne changent. J’ai reçu l’assurance de la part des chefs des différents services de sécurité qu’ils respectent les droits de l’homme. Et ma réponse a été que, quand je verrai dans les marchés, les rues, les différentes villes du pays, une ouverture de l’espace politique, je serai le premier à me féliciter de ces déclarations. Mais pour le moment, non, je ne pense pas que la restriction de l’espace politique actuelle permette un dialogue viable tel que requis. RFI-SR : Quelles sont les mesures que vous avez recommandées aux autorités pour permettre l’ouverture d’un dialogue crédible ? Vous avez notamment évoqué la libération de prisonniers. ZRZAH : Effectivement et les autorités avec lesquelles j’ai parlé ont dit qu’elles accueilleraient favorablement une liste de noms que nous allons leur soumettre. Nous nous sommes également concentrés sur un certain nombre de problèmes comme le besoin de ne pas faire un usage excessif de la force dans le contrôle de la foule et notamment l’utilisation d’armes létales. Et ils nous ont parlé d’une nouvelle réglementation sur le contrôle des masses. Comme je le dis, nous avons bien accueilli les déclarations qui nous ont été faites, mais on ne pourra réellement s’en féliciter que quand il y aura un réel changement. RFI-SR : S’il n’y a pas ce changement que vous souhaitez, est-ce que vous seriez favorable à des sanctions ciblées contre des responsables des services de sécurité ? ZRZAH : Je suis bien placé pour en parler puisque j’étais à la tête du comité de sanctions pour la RDC, tous les moyens, dans le respect de la loi, qui peuvent permettre de changer les comportements, doivent être envisagés. Nous aimerions plutôt avoir un dialogue positif, persuader, mais si les droits de l’homme sont violés et qu’on pense que des pressions sous forme de sanctions ciblées sont nécessaires, je n’ai aucune objection, et parfois je pense même que c’est nécessaire. RFI-SR : Au mois de juin, selon l’ONU, 70 % des violations recensées dans le pays par vos services sont du fait des agents étatiques. Or on sait que la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) collabore, coopère avec ces mêmes forces de sécurité. Si la tendance se poursuit, ne faudra-t-il pas revoir cette coopération ? ZRZAH : Je comprends votre question. Je crois que ce qui est clair, c’est que les Nations unies sont soumises à la politique de diligence voulue en matière de respect des droits de l’homme. Nous attendons que toutes les composantes des Nations unies la respectent scrupuleusement et soient vigilantes dans leurs interactions avec les acteurs étatiques. C’est vrai qu’il faut qu’on soit vigilant sur le fait de ne pas être complice, ou perçu comme étant de mèche avec les auteurs de ces violations. Mais je ne peux pas parler au nom de la Monusco, mais je pense que sur toutes les opérations de maintien de la paix, ces relations doivent faire l’objet d’une attention particulière. ..

http://www.rfi.fr/emission/20160722-zeid-ra-ad-zeid-al-hussein-rdc-nations-unies-onu-droits-homme-societe-ong-monusco

 

– 21 juillet 2016 : RDC : Jacob Zuma à Paris avec François Hollande

Le maintien de Joseph Kabila à la tête de la RD Congo au-delà de la fin de son mandat, le 19 décembre ? « Laissez-nous gérer cette question entre Africains ».

http://www.jeuneafrique.com/mag/342199/politique/afrique-sud-zuma-choisit-kabila-linstant/

 

– 22 juillet 2016 : Congo Brazzaville : ONU : Jeffrey Feltman,  secrétaire général adjoint des Nations-unies aux Affaires politiques avec Abdoulaye Bathily Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale

On the Republic of Congo, Mr. Feltman invited the Government and Congolese political stakeholders to engage in an inclusive political dialogue, in particular on issues of electoral governance ahead of the legislative elections scheduled for 2017. Furthermore, he encouraged the authorities to commit the required resources to the National Human Rights Commission to strengthen its ability to fully implement its mandate and pleaded for a continued humanitarian access to the Pool region.

http://www.un.org/sg/offthecuff/index.asp?nid=4640

NB Message identique pour Idriss Déby ensuite au Tchad: M. Feltman a appelé ses interlocuteurs à soutenir un dialogue inclusif, notamment en vue des prochaines élections législatives. Il a souligné l’importance pour tous les acteurs concernés à s’engager dans un processus électoral pacifique et à  s’abstenir de tout acte de violence. Il a aussi appelé à des progrès continus en matière de gouvernance et de droits de l’homme dans le pays.

http://www.un.org/sg/offthecuff/index.asp?nid=4641

 

– 24 juillet 2016 : RDC : Edem Kodjo récusé par le « rassemblement »

Environ six mois après sa nomination, Edem Kodjo semble avoir trouvé une voie de sortie. Le facilitateur désigné par l’Union africaine pour la RDC a annoncé samedi 23 juillet le début des travaux préparatoires du dialogue pour le 30 juillet. Selon l’ancien Premier ministre togolais, tous les obstacles à la tenue du dialogue tombent d’eux-mêmes. Mais l’opposition sous l’égide d’Etienne Tshisekedi n’a pas encore dit son dernier mot.

http://www.rfi.fr/afrique/20160724-rdc-union-africaine-joseph-kabila-travaux-preparatoire-tshisekedi-kodjo

Nous étions à Bruxelles avec les autres membres de la communauté internationale le 9 juillet et nous nous sommes mis d’accord sur certains préalables pour l’organisation des pourparlers selon la résolution 2277. Et nous nous sommes mis d’accord que le groupe de soutien s’est transformé en groupe de facilitation. On n’a pas un facilitateur, mais on a un groupe. Nous nous sommes mis d’accord que l’on n’a pas besoin d’un comité préparatoire ; que ce groupe de facilitation devait conduire des réunions avec les deux parties prenantes, c’est-à-dire le pouvoir en place et le « rassemblement », afin de nous proposer un ordre du jour. Mais subitement, monsieur Kodjo décide que le comité préparatoire va commencer ses travaux sans consulter les membres du « rassemblement ». Et nous disons « trop, c’est trop », monsieur Kodjo ne veut pas respecter l’opposition congolaise, monsieur Kodjo travaille visiblement pour satisfaire monsieur Kabila et nous ne pouvons pas avoir confiance à un tel monsieur. C’est pour cela que nous le récusons.

http://www.rfi.fr/afrique/20160724-rdc-le-rassemblement-opposition-recuse-le-facilitateur-edem-kodjo

Dans son communiqué, l’opposition demande à l’Union africaine de tirer « toutes les conséquences qui découlent de cette situation afin de sauver le processus de mise en oeuvre de la résolution 2277 du Conseil de sécurité » de l’ONU.

http://www.jeuneafrique.com/344257/politique/rd-congo-facilitateur-edem-kodjo-recuse-rassemblement-de-lopposition/

ce qui a agacé l’opposition, c’est surtout l’annonce prématurée du comité préparatoire par Kodjo « alors qu’aucun prisonnier politique n’avait été libéré, explique à Afrikarabia un membre du Rassemblement. « Cette déclaration a constitué une provocation de plus du facilitateur. Pour nous, Kodjo, c’est désormais du passé »… Concernant l’autre leader de l’opposition, qui doit être présent au grand meeting du 31 juillet, Moïse Katumbi, les autorités se sont montrées plus intransigeantes. Condamné à trois ans de prison pour spoliation de biens et accusé d’avoir recruté des mercenaires (accusations que l’intéressé récuse), l’ancien gouverneur du Katanga, actuellement soigné en Europe, devrait être arrêté à sa descente d’avion, selon le ministre de la justice, Alexis Thambwe Mwamba. L’appel demandé par les avocat de l’homme d’affaires n’est pas suspensif de la peine prononcée à Lubumbashi, estime le ministre. La guerre des nerfs continue donc à Kinshasa avant les retours de Tshisekedi et Katumbi. Une « guerre » qui a pour conséquence d’éloigner un peu plus l’ouverture du dialogue politique dans des délais raisonnables.

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-guerre-des-nerfs-avant-le-retour-de-tshisekedi/

 

– 25 juillet 2016 : RDC : UA : Smaïl Chergui, commissaire Paix et Sécurité de l’UA pour le dialogue avec Kodjo

« Je me félicite que l’opposition d’une manière ou d’une autre a émis des signaux positifs en direction de ce dialogue et que monsieur Tshisekedi rentre bientôt à Kinshasa. Conjugué avec les dernières mesures d’apaisement prises par le gouvernement, il me semble que les conditions sont réunies pour engager ce dialogue. Quelle que soit la mission du facilitateur, ce sont les Congolais qui vont se parler entre eux … Nous allons attendre que ce dialogue commence. Nous écouterons tous les Congolais. Du moment qu’ils sont tous animés d’une véritable volonté pour faire avancer ce dialogue, le rôle du facilitateur devient secondaire. »

http://www.rfi.fr/afrique/20160725-rdc-blocage-autour-dialogue-politique-voulu-kabila-recusation-kodjo

 

 

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Fin de la liste de citations le 27 juillet 2016 :

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