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Tournons la page ! L’église catholique congolaise réclame un soutien européen à la démocratie en Afrique

5 février 2015

Tournons la page !

L’église catholique congolaise réclame un soutien européen à la démocratie en Afrique

Régis Marzin, 4 février 2015

Voir aussi l’interview de Mgr Fridolin Ambongo pour Afrika Express

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De gauche à droite, Abbé Santedi, Mgr Fridolin Ambongo, Père Antoine Sondag, Brice Mackosso, photo Régis Marzin.

Le 15 octobre 2014 était lancé l’appel « Tournons la page », début d’une campagne internationale pour l’alternance en Afrique. De nombreuses associations et personnalités, européennes et africaines, ont signés l’appel « En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance ! » et certaines se sont ensuite organisées autour d’un noyau d’ONG à Paris, en particulier le Secours Catholique, qui soutient fortement l’initiative en lien avec ses partenaires.

Dès le départ, « Tournons la page » s’est concentrée sur le thème de la limitation du nombre de mandats présidentiels, et la révolution du Burkina Faso lui a aussitôt donné raison. Le Balai citoyen qui a eu un grand rôle dans le renversement de Blaise Compaoré participe à la campagne. Juste avant le sommet de la francophonie de Dakar, le réseau de Tournons la page commençait son plaidoyer auprès des autorités françaises pour promouvoir la défense des constitutions remises en cause par des présidents inamovibles. Il est difficile de savoir si l’Elysée a entendu l’appel du pied, mais le discours de François Hollande à Dakar contenait des idées proches.

La question des limitations du nombre de mandats présidentiels, également évoquée par les américains pour le Congo Kinshasa, a été, fin 2014, reprise par l’Onu, pour devenir un thème porteur, et peut-être un futur levier de la démocratisation du continent africain. Il permet déjà de lister diplomatiquement tous les chefs d’Etat les plus résistants à la démocratie, ceux qui veulent supprimer les limitations, au Burundi, au Congo Kinshasa, ou au Congo Brazzaville, comme ceux qui les ont déjà discrètement supprimées, entre autres, au Gabon, au Tchad, au Cameroun ou à Djibouti, tout comme au Togo ou Faure Gnassingbé refuse, contre vents et marées, l’application de l’Accord Politique Global.

A la suite du responsable Afrique centrale de l’ONU, Abdoulaye Bathily, Ban Ki-Moon s’est clairement exprimé sur le sujet au dernier sommet de l’Ua, le 30 janvier 2015 : « Je partage les craintes émises vis-à-vis des dirigeants qui refusent de quitter leurs fonctions à la fin de leur mandat. Les changements de Constitution non démocratiques et les vides juridiques ne devraient pas être utilisés pour s’accrocher au pouvoir », selon la traduction de l’AFP du discours officiel.

Dans une seconde étape de la campagne, « Tournons la page » a lancé hier son plaidoyer à Paris et à Bruxelles en faisant venir des conférenciers à la Maison de la Conférence Episcopale de France, montrant ainsi l’assentiment de l’Eglise catholique de France. La conférence était modérée par le Directeur du Service National pour la Mission Universelle de l’Eglise à la Conférence des évêques de France, le Père Antoine Sondag.

Mgr Fridolin Ambongo, le président de la commission Justice et Paix de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Abbé Santedi, secrétaire général de cette même CENCO, se sont exprimés sur la République Démocratique du Congo. Puis, Brice Mackosso, le secrétaire général de la commission Justice et Paix de Pointe-Noire a parlé du Congo Brazzaville.

Paul Amegakpo, directeur exécutif de la Concertation Nationale de la Société Civile au Togo (CNSC) aurait du être présent parmi eux, mais le consulat de France à Lomé en a décidé autrement, en lui refusant son visa. La diplomatie française n’ayant pas donné d’explication, le doute sur son intention dans ce refus à quelques semaines de la présidentielle a été exprimé. Le 21 janvier, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise, était, lui, reçu à Paris par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, où, il a pu s’exprimer sur « l’élection présidentielle et les réformes politiques », comme si de rien n’était.

Mgr Ambongo a souligné le lien entre la volonté actuelle de démocratie et le début des années 90, la période de l’instauration du multipartisme. Selon lui, le changement principal actuel et le basculement résident dans l’expression des peuples qui, maintenant, « sont en train de vaincre leurs peurs ». L’église, elle, « accompagne le peuple pour l’aider à consolider la démocratie ». « Sentinelle de la cité », elle est vigilante pour éviter un « embrasement » en RDC.

Il a rappelé les derniers événements à Kinshasa : après l’abandon du projet de réforme de la constitution, Joseph Kabila a été accusé de vouloir rester plusieurs années de plus au pouvoir, jusqu’à 5 ans, le temps d’un nouveau recensement de la population, si celui-ci était, selon la nouvelle loi électorale, un préalable à la présidentielle. Mgr Fridolin Ambongo a dénoncé la violence de la répression des 19 et 20 janvier, qui a provoqué « 43 morts », les chars étant sortis dans Kinshasa. Il réclame un calendrier électoral global incluant les législatives et la présidentielle. Enfin, il a insisté sur la transparence dans la gestion des ressources naturelles, pour une démocratie, à la fois « politique et économique ».

Interviewé le même jour par RFI, Mgr Ambongo a redonné sa position: « Je crois que la question fondamentale pour le peuple congolais est : “Est-ce qu’il [Joseph Kabila] se présente en 2016, oui ou non ?”. Le fait qu’il ne dise rien, cela nous inquiète. Et nous pensons que le peuple doit maintenir la vigilance. […] Le pouvoir a joué deux cartes dans le but de se maintenir au pouvoir. La première, c’était la tentative de changement constitutionnel. Sa deuxième carte est [celle] de la prolongation. Comme ses deux cartes n’ont pas abouties, nous nous posons la question : « Quelle autre carte le pouvoir va jouer aujourd’hui ? » »

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De gauche à droite, Abbé Santedi, Mgr Fridolin Ambongo, photo Régis Marzin.

Le secrétaire générale de la CENCO, l’Abbé Santedi a souligné la nécessité d’un « approche globale » de la gouvernance concernant les Grands Lacs, les 2 Congos, le Burundi et le Rwanda. La démocratie étant favorable à la paix, il souhaite un soutien international sous la forme d’« une parole forte », et une protection des acteurs de la démocratie, afin que les problèmes de paix et démocratie soient considérés de manière globale, par les acteurs nationaux et internationaux, ensemble, parce que, avec humour, « un seul doigt ne peut éplucher la banane ».

Le thème de la limitation du nombre de mandats présidentiels reliait les interventions ainsi cohérentes. Brice Mackosso, le secrétaire général de la commission Justice et Paix de Pointe-Noire a commencé par rappeler, lui aussi, les années 90, et la Conférence Nationale Souveraine. La Constitution de 1992 prévoyait déjà 2 mandats au plus, et la Constitution de 2002, après la guerre de 1997 à 1999, reprenait ce point, dans un même consensus, en verrouillant l’article.

L’église du Congo Brazzaville est, elle-aussi, entrée dans le débat fin 2014 par un message de Noël des Evêques du Congo, « proposant que l’alternance au pouvoir devienne une règle intangible et immuable pour notre démocratie ». Sassou Nguesso a essayé d’empêcher la publication de ce message montrant ainsi sa fragilité. Ainsi, la voix d’une partie des évêques est allé s’ajouter à celles des opposants qui se réorganisent actuellement et commencent à se faire entendre, dans un certain optimisme teinté de craintes d’un retour des violences. Selon Brice Mackosso, si un changement de constitution signifie le risque de milliers de morts, alors l’Eglise va dans le sens des Evangiles.

Mais pour Brice Mackosso, le débat sur la constitution commence aussi à être « dépassé », car, la priorité, s’est déjà déplacé sur la qualité de l’organisation de la présidentielle de 2016. Il est question d’introduire un fichier électoral biométrique, dans un processus électoral qui devrait être dirigé par une Commission électorale nationale indépendante (CENI) vraiment indépendante, et, pour les législatives, du redécoupage électoral à revoir sans faute, parce qu’entre le Nord et le Sud, le nombre d’électeurs par circonscription peut varier du simple au double.

La délégation de Tournons la Page a rencontré la veille des représentants du gouvernement et de la présidence française, Hélène le Gall, conseillère Afrique, et Jean-Christophe Belliard, le directeur Afrique du Ministre des Affaires étrangères et du Développement international. Brice Mackosso se félicite du discours  du « président normal » à Dakar, et indique que l’absence de démocratie est également un frein pour le monde des affaires. Dans ce dialogue de plaidoyer apaisé, Hélène Le Gall a tout de même posé la question qu’elle estime fatidique, « Mais qui remplacera Kabila ou Nguesso ? » comme elle aurait demandé « Mais qui remplacera Déby ?»… une question de cercle vicieux, cercle vicieux des dictatures verrouillées ou de politique française, va savoir !

Le débat a permis de préciser la situation au Togo, grâce à une intervention des représentants de l’association Synergie Togo. Faure Gnassingbé résiste à toutes les pressions pour maintenir le système dictatorial hérité de son père, et la présidentielle s’annonce une nouvelle fois sans garantie de qualité du processus électoral. L’alternance reste impossible au Togo bien que le chef d’Etat ne soit soutenu que par une minorité de la population.

Puis, les questions du public sont revenues sur la complexité de la situation en RDC. Mgr Ambongo a précisé comment les églises rwandaises et congolaises travaillaient ensemble. Interpellé sur le rôle de l’Abbé Apollinaire Malu Malu à la tête de la CENI, il a rappelé que le lien entre l’Eglise et l’abbé est coupé depuis que celui-ci la préside contre l’avis des évêques, suite à la « corruption des autres confessions ».

Le débat s’est terminé sur des sujets plus économiques : la loi Dodd Franck et de son équivalent européen sur la transparence des industries extractives, l’argent du pétrole, Publiez-ce-que-vous-payez, l’ITIE, l’utilisation correct ou non des budgets par les gouvernements, la campagne contre les Paradis Fiscaux et Judiciaires ou encore la justice fiscale en Afrique. En Europe, la directive sur la transparence des industries extractives permettra d’obtenir des premiers chiffres en 2016 sur 2015. Le lendemain, Mgr Fridolin Ambongo et l’Abbé Santedi ont prévu de parler de ces questions de développement à l’Union européenne.

Sur l’influence française, Brice Mackosso a répondu à la salle qu’il s’agit là aussi de « tourner la page ». Alors que la conférence a permis d’informer sur les pays où se pose actuellement la question de la défense de la limitation de nombre de mandats présidentiels, il a indiqué que la campagne « Tournons la page » vise autant les pays où les présidents s’éternisent sans avoir à faire face à cette limite. Selon lui, les questions de qualité de processus électoral, alors qu’en 2015 et 2016 les scrutins seront très nombreux en Afrique, et la limitation du nombre de mandats sont à considérer ensemble.

Le Message de la 51ème Assemblée Plénière des Evêques membres de la  Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 27 juin 2014 « Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur » allait dans le même sens en associant des recommandations sur le processus électoral comme sur la défense de la constitution. Les exemples congolais montrent que cet engagement de l’Eglise pour la paix et la démocratie passe aussi par une maîtrise des dossiers acquise grâce à sa présence sur le terrain et auprès des populations. Si cet engagement à partir de mi-2014 a pu surprendre un grand nombre de personnes parce que l’Eglise était assez silencieuse ces dernières années, il est maintenant plus visible que l’Eglise catholique recommence à prendre sa part de responsabilité dans le soutien à la démocratisation de l’Afrique, un processus qui semble connaître une certaine relance visible au Burkina Faso. Dans l’équilibre du rapport de force entre démocrates et dictatures durables, en particulier en Afrique francophone, cet apport d’énergie peut avoir un rôle utile, de catalyseur, qui ne serait alors pas sans rappeler le rôle de l’Eglise catholique dans certains pays à l’époque de l’instauration du multipartisme entre 1990 et 1993, un rôle sans doute un peu oublié aujourd’hui.

4 février 2015, Régis Marzin,

pour Afrika Express (cite disparu)

* * *

Msg Fridolin Ambongo

à propos des soulèvements contre les changements constitutionnels en Afrique

Interview réalisée à Paris la 4.2.2015 par Edem Assignon (avec le soutien de Régis Marzin)

Photo : Régis Marzin 4.2.2015

En Europe pour un plaidoyer autour des questions d’alternance et de paix dans la région des Grands lacs, Msg Fridolin Ambongo, président de la Commission justice et paix de la République démocratique du Congo (RDC), a reçu Afrikaexpress le mardi 3 février, à Paris, en marge de la conférence-débat organisée par Le Secours catholique et Caritas France. Les nouvelles donnes sociopolitiques et économiques en Afrique, les velléités de tripatouillages constitutionnelles et leurs conséquences, le rôle de l’Eglise… Afrikaexpress donne la parole à un prêtre qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Msg Ambongo, pourquoi convaincre aujourd’hui les présidents africains d’accepter la limitation de mandat ?

Ce qui est fondamental et que je considère comme une révolution est le basculement et le changement de position du peuple, de nos jours. Beaucoup ont toujours vu les peuples africains surtout ceux du centre comme des passifs. Mais, nous assistons à un changement dont beaucoup de dirigeants politiques n’ont pas encore pris la mesure. Ils s’imaginent être toujours en face des mêmes peuples manipulables à dessein qui acclament à coup de cadeaux et de corruption. Ce temps est révolu car, les mentalités ont évolué.

Cela s’est vérifié d’abord au Burkina Faso [fin octobre 2014, avec la chute du régime de Blaise Compaoré, NDLR]. Il y a dix jours, nous en avons fait l’expérience en RDC avec les soulèvements populaires à Kinshasa, Goma, Bukavu etc. et, nous voyons déjà pointé pareille situation au Congo Brazzaville. Les peuples ont surmonté la peur et commencent à s’approprier leur destin. Ils savent maintenant où se trouvent leurs intérêts et ils osent les défendre. Et, nous n’en sommes qu’au début.

Vous pensez que d’autres pays risquent de connaître des soulèvements populaires ?

Tout à fait. La prise de conscience, ce basculement pour ne pas dire, cette révolution s’entendra inéluctablement vers des pays comme le Togo, le Cameroun, le Tchad, le Zimbabwe… J’en suis sûr et certain au point d’affirmer aujourd’hui que les jours sont comptés pour tous les dictateurs au pouvoir en Afrique.

Mais, ces dictateurs roulent pour des multinationales qui les soutiennent en retour…

Notre mission de plaidoyer a justement deux objectifs. Politique, avec le processus de démocratisation en Afrique. Economique, avec la demande formulée auprès de l’Union européenne pour qu’elle adopte une loi sur le modèle Dodd Franck Act [loi américaine de régulation des secteurs bancaire et financière] pour la traçabilité et la transparence dans l’exploitation des ressources naturelles en Afrique.

Nous sommes convaincus qu’une exploitation ténébreuse et mafieuse de nos ressources s’alimente de la dictature et du clientélisme. L’ordre dans le domaine politique avec l’avènement de la démocratie va de pair avec l’absolue exigence de la transparence dans l’exploitation des ressources. Si ces deux caps sont tenus, l’Afrique connaîtra des lendemains meilleurs.

Quel doit ou peut être le rôle de l’Eglise dans ce processus ?

L’Eglise accompagne les peuples dans leurs efforts vers plus d’humanité et de dignité. L’homme est créé digne mais quand nous voyons vivre nos peuples aujourd’hui, on se demande s’ils sont des créatures à l’image de Dieu. Où est leur dignité ?

L’Eglise se positionne donc en veilleur et réveilleur des peuples. Elle est la sentinelle de la cité et reste éveillée pour sonner l’alarme quand un danger pointe et menace la sérénité des habitants. L’Eglise en RDC forme et informe le peuple à travers le programme d’éducation civique et électoral. Et, l’éveil auquel nous assistons aujourd’hui est le fruit de tous ses efforts. Et, bien évidemment ce rôle prophétique nous attire des ennuis.

D’un côté, l’Eglise accompagne, informe et forme mais de l’autre, il y a des prélats réticents, hypocrites voire même complices des dictatures…

Il a été de tradition chez moi en RDC que l’Eglise prenne position, même s’il y a, en interne, des débats contradictoires entre nous. D’autres hommes de Dieu sur le continent n’ont pas un discours clair face aux agissements des dirigeants. C’est peut-être lié à l’histoire de leurs pays mais, nous espérons voir les choses évoluer à leur niveau.

Quelle est votre perception de la situation en RDC ?

Le Congo est dans une tourmente. Nous avons vécu, il y a dix jours, une révolution autour du projet de loi électorale. Le pouvoir en place est dans la logique de s’éterniser à la tête du pays. Et, il avait deux cartes : celle de la modification constitutionnelle qui n’a pas marché et celle de la prolongation. Il l’a récemment grillée en voulant conditionner la tenue de la présidentielle de 2016 à l’organisation d’un recensement général. Or, dans un pays aussi démuni en infrastructures, comme la RDC, ce processus peut prendre entre 5 et 6 ans. Et mal lui a pris.

Maintenant, nous nous demandons quel autre tour le régime prépare. C’est la raison de notre inquiétude. Par conséquent, nous demandons au peuple de rester vigilants car, ce pouvoir est capable de mettre le feu à la maison.

L’avènement du Pape François favorise-t-il l’émergence d’une nouvelle génération de prélats en Afrique?

Je ne parlerai pas, pour ma part, de nouvelle génération. Mais, il y a une insistance et un message très clair du Pape François à revenir à la mission d’élévation de l’être humain. Le Pape prend clairement position pour le petit, le pauvre, le délaissé parce que ce sont eux qui ont perdu leur dignité dans nos sociétés aujourd’hui.

Or, la majorité des populations africaines sont dans une situation tellement misérable que l’Eglise en tant que mère est obligée de les soutenir dans leur quête de dignité et de respectabilité. Naturellement, cette prise de position a une incidence sur notre ministère car, nous ne pouvons rester insensibles à ce discours contre tout ce qui freine la promotion de l’Homme dans sa dignité.

Msg Ambongo, sans indiscrétion, est-vous un homme politique ?

Tout dépend de ce que vous entendez par ‘’homme politique’’. Si le politique est celui qui va au bureau tous les jours, le ministre, le député, le président etc., non, je ne le suis pas. En revanche, si par homme politique vous entendez celui qui a la passion de son peuple, qui s’implique dans le bonheur de ses concitoyens et ose prendre la parole quand leurs intérêts sont menacés, alors, je m’y retrouve naturellement.

L’être humain à trois dimensions: politique, économique et socioculturelle. On ne peut pas prétendre le servir dans sa globalité sans prendre en compte toutes ces aspects. L’Eglise est dans le socioculturel à travers la construction d’écoles, de centres de santé… Elle est aussi dans l’économie avec le Caritas qui, en collaboration avec le gouvernement, paie notamment des enseignants. Il n’y a jamais eu de critiques par rapport à toutes ces actions. Mais, quand il s’agit de politique, certains sont offusqués par nos prises de positions.

L’Eglise ne fait pas de la politique politicienne, misérable et dépourvue de tout intérêt général. Elle participe juste à l’accomplissement de la troisième dimension de l’être humain en lui éclairant la voie et en guidant ses pas.