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Evolution des relations France et Europe – Afrique

14 mai 2013

Evolution récente des relations France et Europe – Afrique:

Quand l’irresponsabilité diplomatique partagée renforce les acteurs illégitimes structurants

Régis Marzin, article pour Tribune d’Afrique du 12 mai 2013

Hollande_Parlement_EUL’actualité défile et nous présente ses drames et plus rarement ses progrès. Peut-on s’arrêter de regarder ce flot incessant, pour réfléchir au vide laissé entre les actes et les discours? Certains protagonistes principaux des Etats agissent selon leurs priorités. Mais, en classant et analysant, il est possible d’observer autre chose, et de distinguer les non-actes qui, eux-aussi, ont du sens. Ainsi, se révèle l’irresponsabilité. Ainsi, se révèlent des irresponsabilités partagées. Des intentions apparaissent derrière ces irresponsabilités constantes. Si la diplomatie est un art du discours pour avancer en limitant les offenses, elle est aussi un art du discours pour cacher des priorités, mais aussi pour cacher l’erreur et l’indifférence.

L’absence de légitimité des acteurs qui s’accumule a éloigné les protocoles diplomatiques des enjeux réels. Suite à une succession d’évolutions politiques depuis 20 ans, les modes opératoires se heurtent maintenant à des réalités complexes. La diplomatie occidentale ne semble pas encore être sortie du style d’échanges associé à la guerre froide et au néocolonialisme. Quand la politique ne se renouvelle pas assez et ne réussit pas à s’adapter à des mutations structurelles, les portes paroles diplomatiques sans objectifs assumables, atteints de troubles bipolaires, s’épuisent entre mutisme et logorrhée. La poursuite de programmes inopérants et la reproduction de l’existant continuent de se décider pour s’auto-justifier et ne pas se dédire. La dérive narcissique contre l’évidence des erreurs et les inquiétudes judiciaires multiplient les effets des retards pris par les actions sur les besoins.

Avec la lente fin du néocolonialisme français en Afrique, l’Etat français sort progressivement d’une politique établie depuis 50 ans sans avoir défini la suite. L’Union européenne, elle, n’a jamais défini de politique étrangère. Elle se cherche sur le long terme, et la trop visible absence institutionnelle de services diplomatiques la pousse à entamer une étape supplémentaire de sa construction. Ainsi, l’Union européenne, cherche à se structurer et reproduire les schémas institutionnels des Etats-nations, donc à se doter d’une diplomatie, sans avoir préalablement définis d’objectifs. Ce paradoxe est parfaitement compatible avec l’absence de débat démocratique transparent qui caractérise la politique étrangère dans beaucoup d’Etats membres. Les populations européennes sont rarement sensibles et sérieusement intéressées par le sort des populations d’autres continents autrement que pour avoir bonne conscience. Dans ce domaine, les électeurs contrôlent très peu les élu-e-s. Dans ce contexte, le passif du réseau complexe d’impunité issu de la Françafrique n’est pas remis en cause. Une Europe qui construit sa diplomatie sans objectifs politiques est incapable de contester l’impunité née de l’historique du néocolonialisme.

Du côté de l’Europe relativement démocratique, les conditions ne sont donc pas réunies pour aborder de manière saine une période de démocratisation en Afrique qui devrait découler de la fin du néocolonialisme français. Alors que les dictateurs haïs par les peuples sont de moins en moins soutenus, les démocrates en luttes pour des alternances ne sont pas de plus en plus soutenus. C’est l’impasse. Les processus de construction européenne, de fin du néocolonialisme, de démocratisation du continent africain, de croissance de développement africain, sont concomitants mais non coordonnés. Rien n’est prêt pour que l’Afrique puisse profiter d’une position unitaire européenne pour la soutenir dans la sortie de phase précédente. Le néocolonialisme français s’affaiblit sans qu’une politique alternative ne prenne le relais, ni au niveau français, ni au niveau européen.

Les gagnants de ce vide politique sont les forces structurantes existantes, qui sont, en l’état actuel des choses, les plus illégitimes. Quand l’influence française diminue, les premiers à en profiter sont les régimes dictatoriaux appuyés sur leurs armées. Le manque de vision politique profite aux acteurs disposants de forces militaires ou financières. Le manque de programme de réformes françaises ou européennes favorise les éléments structurants existants. Le réseau de dictateurs des anciennes colonies françaises est solide. Le fonctionnement des échanges est en partie issu de la Françafrique et a trouvé maintenant son autonomie. Les institutions africaines sont victimes de la présence de régimes non-démocratiques majoritaires. Elles ont du mal à gagner en crédibilité et à s’imposer dans les prises de décisions. L’Union africaine et les organisations sous régionales ressemblent à des syndicats de dictateurs, s’ils sont majoritaires, et elles ont peu d’intérêts au progrès sans pression extérieure, ou sans influence forte d’Etats majeurs comme l’Afrique du Sud ou le Nigéria.

Actuellement, l’armée française est un autre élément structurant stable par son réseau de coopération militaire. Cette coopération structurelle ne tient pas compte de la nature des régimes. Après une période de doute profond entre le génocide du Rwanda en 1994 et l’intervention en Côte-d’Ivoire en 2011, l’armée française retrouve une position stratégique depuis 2011, sans que le bilan sa présence en Afrique ne soit considéré. Elle profite au maximum de l’absence de définition des politiques françaises et européennes. Muette, elle agit de manière décomplexée dans sa collaboration avec les régimes dictatoriaux et veut rester présente là où elle est sans considération pour les états de droits. L’armée française s’appuie sur deux cents ans d’histoire et pas sur les avis des parlementaires, des journalistes ou de la société civile. Elle s’adapte sans sourciller aux épiphénomènes et aux problèmes de conscience de la diplomatie.

En France, l’armée française commence à peine à se confronter à son bilan et à des juges autonomes depuis la création au 1er janvier 2012 du pôle « génocides et crimes contre l’humanité » au tribunal de Grande Instance de Paris. Après 1945, cette armée que les politiciens souhaitaient voir rester tranquille en métropole, s’était faite offrir comme terrain d’action une zone d’influence africaine, confirmée ensuite par la mise en place du système  néocolonial dans les années 60. Lui enlever son terrain d’action, serait lui faire ressentir 50 ans après les effets d’un traumatisme, lui signifier qu’elle n’est plus dominante nulle part. Les politiciens français se sont accommodés de 50 ans de ce compromis, peut-être au point de l’avoir oublié, de l’avoir rendu tabou, comme les crimes amnistiés de la guerre d’Algérie. Exiger de l’armée française de justifier ses actes, de devenir républicaine, réellement, c’est-à-dire en France et en Afrique, serait revenir sur un pacte secret sans rien donner en échange. Demain, dans les 4 années à venir, devraient probablement s’ouvrir en cascade des procès de la participation de la diplomatie et de l’armée française au génocide des Tutsis du Rwanda, qu’il n’est plus possible de repousser : présumés génocidaires protégés en France, affaire de l’avion et du déclenchement, crimes des militaires sur le terrain. Une espèce d’inconscient de l’armée française, de la relation de l’Etat à son armée sortira de l’ombre. Pour les gouvernements français à droite et au Parti Socialiste, la priorité urgente semble être de recréer l’histoire, assez d’histoire, sur laquelle se greffera le nouvel inconscient qui permettra d’encaisser le choc. Le 5 mai 2013, François Hollande en arrive à proposer « les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale » pour « resserrer les liens entre l’armée et la nation »[1]. La propagande à l’ancienne refait surface pour essayer d’éviter que le déballage sur le Rwanda n’aille trop vers une reprise de contrôle par le parlement du pouvoir régalien.

Imposer à l’armée française d’obéir à des objectifs politiques définis, transparents et démocratiquement contrôlés, serait revenir, au-delà du traumatisme rwandais, sur plusieurs siècles d’histoire occultée. C’est aussi rediscuter de la fonction de chef de l’Etat dans un pays où le peuple a eu du mal à s’éloigner d’un inconscient monarchiste qui a été relayé par l’inconscient colonial. Les électeurs préfèrent se dégager de responsabilités en les confiant à un chef unique sujet des projections, autant négatives que positives. Une Assemblée nationale globalement inactive sur la politique étrangère sert de sas entre présidence et citoyens. L’Assemblée nationale cautionne sans être créatrice d’objectifs. Il n’est pas étonnant de voir parfois se transformer cette assemblée en temple d’admirateurs de la chose militaire sans considération réelle pour les peuples africains. Le 6 février 2013, trois députés de droite, ont déposé une proposition de résolution sur l’avenir politique de la construction européenne[2]. Ils osent se baser sur la situation au Mali pour envisager l’engagement d’un ‘débat sur les objectifs politiques de la construction de l’Union européenne’ qui serait étrangement focalisé sur les questions militaires autour d’un livre blanc sur la Défense en France et en Europe. La proposition ne connaitra sans doute qu’un succès mitigé mais elle est déjà reprise par le Livre Blanc français présenté par les députés à Hollande fin avril[3]. Ainsi, un débat est déjà lancé, concernant en partie l’Afrique, dans un complet abandon de toutes considérations pour le développement, les droits-humains, la démocratie, la lutte contre la corruption. Alors que la construction européenne devrait aller vers une politique étrangère cohérente en termes de  démocratie, de développement, et de défense, seuls les aspects militaires, sont, sous la pression des lobbies, actuellement mis en avant pour justifier la guerre au Mali et le maintien du budget militaire français contestable en période de difficultés financières.

Le Parti Socialiste sans programme sur l’Afrique est en difficulté pour résister aux lobbies militaristes à la manœuvre. Toujours marqué par une certaine incompétence en politique étrangère, il semble globalement paralysé dans sa capacité à proposer des réformes. Un jeune député socialiste inexpérimenté est entré récemment en Françafrique en croyant qu’elle n’existait plus, en justifiant le partenariat de défense avec le dictateur djiboutien sans aucune référence à la démocratie, quelques semaines après l’inversion du résultat aux législatives[4]. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, semble parfois se considérer comme un ministre de la défense bis, imitant le style de Juppé. Il fonctionne de manière compatible avec la ‘grande muette’ parce qu’il apparaît aussi comme incapable de comprendre que la politique implique maintenant des efforts au niveau programme, communication, transparence, résultats. Il a fait venir à ses coté comme directeur Afrique, Jean-Christophe Bélliard, qui fut le représentant de la France en qualité d’observateur aux négociations d’Arusha avant le génocide du Rwanda[5]. En avril 2013, pour l’anniversaire du début du génocide des Tutsis du Rwanda, le gouvernement français n’a pas dénié faire le minimum d’hommage institué les dernières années. Est-ce que le PS ne serait pas toujours empêtré dans les affres de la Françafrique ? Il est difficile de connaître l’état des compromissions et de leurs conséquences.

Si l’on s’en tient aux actions concrètes, le gouvernement ne soutient que timidement les démocrates africains. Le responsable internationale au PS, Jean-Christophe Cambadélis semble actuellement le seul à prendre des positions sur la démocratie et les droits humains en dehors de la mollesse néo-mitterrandienne[6]. Du côté de l’Elysée, plus rien d’original ne vient contredire le conservatisme diplomatique. Début 2013, la régression vers un  fonctionnement de type Françafrique est patente. Après Idriss Déby[7] et Blaise Compaoré fin 2012, Hollande a reçu à la manière de Chirac et Sarkozy, le président camerounais Paul Biya le 30 janvier 2013, et le président congolais Sassou N’Guesso le 8 avril 2013, sans aucune allusion en faveur de la démocratie et des droits humains. Il s’est aussi déplacé au Maroc. Les discours en faveur de la démocratie, du président français à Kinshasa[8] et devant le parlement européen le 5 février 2013[9], s’effacent devant des actes de soutien à des régimes dictatoriaux. Laurent Fabius discute de diplomatie et des entreprises françaises, sans considérer que les dictateurs corrompus empêchent le développement.

Comme cela a été signalé à l’Assemblée Nationale française en février par le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique[10] (à Paris), la série des législatives en Afrique en 2013 permet de juger de l’évolution de la politique française. Pour le Togo, le communiqué du Parti Socialiste ‘Démocratie bafouée’ du 13 février 2013, est suivi d’une phase ambigüe. Il est difficile de savoir quel rôle joue l’état français pour  l’émergence de la démocratie. Son ambassadeur au Togo, Nicolas Warnery, manque de crédibilité, après trop d’hésitations compromettantes. Le Ministère des affaires étrangères français est lui aussi entraîné dans la compromission auprès du régime togolais en raison du rapport des experts français sur les incendies, qu’il n’a pas le courage de publier. Le Togo est en danger mais la diplomatie française, confrontée plus globalement aux processus électoraux instrumentalisés par des régimes dictatoriaux, continue de suivre sans réagir suffisamment sur les crises électorales, qui sont pourtant les sources de conflits et de crimes contre l’humanité. En Guinée Conakry aussi, l’Etat français se montre en difficulté face à des questions techniques dans un processus électoral, dans lequel il s’est impliqué par l’intermédiaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie. C’est maintenant positivement l’ONU qui intervient en envoyant un « représentant spécial, Saïd Djinnit, pour permettre la reprise du dialogue politique entre le Gouvernement guinéen et l’opposition », pour aider à « créer les conditions nécessaires à l’instauration d’un dialogue politique débouchant sur la tenue d’élections législatives libres, régulières, transparentes et ouvertes à tous. »[11]

C’est à Djibouti, pays où se sont installées les forces armées françaises, américaines, japonaises, allemandes, que s’observe en ce moment les tendances fortes de l’influence militariste sur les politiques françaises et européennes. Le tyran imitateur de Ben Ali, Ismaïl Omar Guelleh empêche toute démocratie de s’installer en profitant des intérêts de ses partenaires. L’inversion des résultats des législatives du 22 février 2013 a été faite avec la complicité implicite des diplomaties européennes et françaises. Pour ne pas afficher le soutien au tyran, celles-ci ont innové. Elles ont conjugué leurs actions pour mieux les rendre efficaces, discrètement. L’ambassadeur de France a, selon les media proches du pouvoir djiboutien qui n’ont pas été démentis, annoncé qu’il n’y avait pas eu de fraudes visibles dans les bureaux de vote[12], ce qui était vrai pour les grandes villes et faux dans plusieurs régions sinon. Pour l’Union européenne, le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine‎ Ashton, a demandé de  « procéder à une publication rapide et transparente des résultats du scrutin »[13] sans exiger le détail par bureau de vote, et de faire des recours par voix juridique. La dictature s’est contenté de publier les résultats par circonscriptions, sans détail par bureau de vote, et a refusé les recours. Le tour est joué : ni la diplomatie française ni la diplomatie européenne n’a insisté sur une absence de suivi de recommandations de la communauté internationale européenne et n’a condamné l’inversion du résultat. Ensuite, les chancelleries n’ont eu qu’à parler des droits humains, de demander la libération des opposants pour que la fraude soit définitivement entérinée de manière implicite, sans que le soutien à la dictature des européens ne soit trop visible. Il s’agit d’une méthode de ‘validation implicite d’une mascarade électorale par deux acteurs complémentaires dont aucun n’est responsable de la supervision de l’ensemble du processus électoral’[14].

Un comble a été atteint par la visite à Djibouti, le 4 mars 2013, du secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Maciej Popowski, venu parler des perspectives de coopération entre la République de Djibouti et l’Union européenne, qui s’est permis de faire le point sur les élections législatives, alors qu’il est depuis mai 2012, responsable pour le SEAE « de la politique de sécurité et de la prévention des conflits », donc, des questions militaires à l’UE, et qu’il n’a aucune responsabilité sur les processus électoraux, dont s’occupe la Commission européenne. A Djibouti, il est visible que le manque de transparence et le silence de l’Union européenne ou de la diplomatie française correspondent à une ‘realpolitik’ basée sur des considérations sécuritaires et militaires, que l’on peut aussi désigner comme la ‘politique de la stabilité des dictateurs contre les peuples’. Les enjeux qui préoccupent l’Europe sont en réalité bien plus en Somalie et au Moyen-Orient et le peuple djiboutien en paye le prix fort. Dès le 10 avril, les Forces Françaises et américaines ont recommencé des exercices avec les forces armées djiboutiennes[15], alors que le pays plongeait dans une crise institutionnelle grave marquée par la répression, les emprisonnements d’opposants, et la constitution d’un parlement de l’opposition basé sur des résultats plus crédibles que les résultats officiels. Seule l’ambassade des Etats-Unis a ensuite exprimé un soutien aux démocrates floués.

Au niveau européen, le débat lancé avec le ‘printemps arabe’ sur le lien entre démocratie et développement[16] s’est essoufflé sans que l’on sache pourquoi. L’organisation politique de l’Union européenne n’est pas adaptée à la réactivité nécessaire au suivi des processus électoraux, ce qui provoque un désengagement, et des risques de compromissions récurrentes comme cela se constate au Togo. La gestion des crises et l’esprit sécuritaire attirent toutes les attentions aux dépens des politiques de modification structurelle qui pourraient bénéficier elles-aussi aux populations. L’absence de cohérence entre politique française et européenne se conjugue maintenant avec une absence de cohérence entre les politiques de développement, de soutien à la démocratie et de maintien de la paix, en France comme en Europe. L’armée française et, le complexe industrialo-militaire européen profite au maximum de cette carence du politique, et agissent dans un certain mépris pour le devenir des peuples africains, même si les interventions sont maintenant politiquement et humanitairement beaucoup plus justifiées, comme cela s’observe au Mali. Côté européen, la crise est passée par là et la volonté de sauvegarder des emplois européens compte de plus en plus. Le réseau de dictateurs africains en profite aussi. La scandaleuse coopération militaire française avec une douzaine de pays dictatoriaux en Afrique semble devoir se maintenir dans la plus grande indifférence, suite à la guerre au Mali et avant le grand déballage des procès sur le génocide du Rwanda. L’Europe méconnaissant l’Afrique, inconsciente des enjeux réels, s’éloigne d’idéaux politiques, pour se refermer sur elle-même dans des obsessions économiques et une surenchère sécuritaire. La politique de stabilité des régimes contre les peuples continue de se déplacer de l’état français à l’Union européenne, en l’absence d’autre projet politique plus affirmé.

La réforme de la politique française et la définition d’une politique étrangère commune européenne devraient se concevoir collectivement, le plus rapidement possible. L’Europe a connu elle aussi les dictatures au 20e siècle, pas seulement des guerres. Elle ne pourra se construire aux dépens des peuples africains, sans dommage à long terme et sans confrontation interne. Définir une politique de soutien européen à la démocratie engageant les Etats membres, impliquerait de questionner le rôle de l’industrie militaire et des lobbies de la défense européens, de dénoncer les régimes non-démocratiques en Afrique, d’arrêter de les renforcer par des actions et des silences, de mettre fin à la coopération militaire avec les dictatures, de soutenir sans ambigüité un processus de démocratisation du continent africain, d’éviter que la gestion des crises et que le maintien de la paix ne se fassent aux dépens de la démocratisation et ne renforce les dictatures, de rendre cohérent les politiques de démocratie, développement et défense, et, de moderniser le fonctionnement la diplomatie autour de ses nouveaux objectifs. Dans l’attente d’une mise en œuvre pratique, les urgences sont toujours d’agir concrètement pour la liberté de la presse, les droits humains, la protection des démocrates, de mettre la diplomatie au service de la démocratie en condamnant toutes les mascarades électorales, en mettant fin aux actes et discours ambigus qui renforce les pouvoirs en place, ou en soutenant des initiatives concrètes telles que la création d’une justice internationale sur les processus électoraux[17].

Régis Marzin, 8 mai 2013, article pour Tribune d’Afrique du 12 mai 2013

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[1] 5 mai 2013, point 60 des engagements : La Défense : http://bilan-engagements.fr/

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[2] Pierre Lellouche, Axel Poniatowski et Thierry Mariani : http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0672.asp

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[3] Donnant donnant. Les 10 préconisations de Paris pour l’Europe de la défense, 29.4.13 : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/donnant-donnant-les-10-preconisations-de-paris-pour-la-politique-europeenne-de-defense.html

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[4] Nicolas Bays, Commission de la défense nationale et des forces armées, mardi 16 avril 2013 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cdef/12-13/c1213070.asp

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[5] Mission d’information sur le Rwanda, 1998, http://www.assemblee-nationale.fr/dossiers/rwanda/auditi04.asp

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[6] http://www.parti-socialiste.fr/l-equipe/jean-christophe-cambadelis/communique

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[7] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/entretien-entre-le-president-de-la-republique-et-le-president-de-la-republique-du-tchad/

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[8] François Hollande, interview France24, TV5Monde, RFI, http://www.rfi.fr/afrique/20121011-francois-hollande-afrique-francophonie-sommet-interview-nouvelle-page

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[9] http://www.elysee.fr/videos/intervention-devant-le-parlement-europeen-2/

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[10] Février 2013, Djibouti, Togo, Cameroun, Guinée, élections législatives : lettre ouverte à Assemblée Nationale :

http://www.electionsafrique.org/Elections-legislatives-a-Djibouti.html

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[11] http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/SC10992.doc.htm

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[12] 4 mars 2013, ‘Ambassade de France à Djibouti Une prise de position objective’ : http://www.assajog.com/ambassade-de-france-a-djibouti-une-prise-de-position-objective/

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[13] C. Ashton,12 mars 2013: http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/FR/foraff/136033.pdf

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[14] https://regardexcentrique.wordpress.com/2013/02/25/djibouti-legislatives-mascarade-du-22-fevrier-2013/#analyse

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[15] L’exercice amphibie et aéroterrestre « Tonnerre d’acier» à Arta : http://www.lanation.dj/m-news2.php?ID=1990

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[16] https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/04/30/afrique-et-democratisation-le-parlement-europeen-et-la-commission-europeenne-en-2011/

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[17] La proposition tunisienne de créer une Cour constitutionnelle internationale approuvée par le sommet de l’UA : http://www.maghrebemergent.info/actualite/fil-maghreb/20579-la-proposition-tunisienne-de-creer-une-cour-constitutionnelle-internationale-approuvee-par-lua.html

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