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Paris : la société du spectacle à un mois de l’échéance ?

30 avril 2012

Paris : la société du spectacle à un mois de l’échéance ?

On s’habitue sans hurler à la montée d’une température, et, l’on s’habitue par obligation à la montée d’une haine diffuse ou d’un abrutissement collectif. Maintenant, voilà enfin une nouvelle réalité qui se présente, dans un futur proche, et qui appelle une anticipation. C’est l’hypothèse de l’irruption du réel d’un nouveau chef de l’hexagone. Ecce homo ! Il est en tête des sondages, et il se reconnait parce que c’est le seul qui s’entraine à poser pour les photos des mairies. Il se présente comme le contraire de l’autre, comme celui qui fera baisser la température, comme celui qui arrêtera la xénophobie, la cupidité ravageuse, l’engrenage de la bêtise à laquelle l’autre nous avait habitué. Pour cela, il propose peu de choses. Parfois, il lui suffit de montrer qu’il fera moins pire et parfois il donne des gages. Il rassure,  écoute et comprend même quand on refuse de lui faire confiance. Il enveloppe de nouvelles données dans un discours qui ne donne pas encore son nom. Il s’agit peut-être d’une nouvelle version d’un vieux programme. L’important pourrait être la capacité d’adaptation à des données externes sans trop de visibilité sur la direction à tenir, en prenant en compte des signaux d’alertes sans les nommer, en récupérant des pressions multiples dans le contexte d’une remise en causes d’un système fatigué. Il s’agit peut-être enfin du remplacement enfin opératoire de l’équilibre de la moyenne principale, celle entre deux idéologies opposées obsolètes, par un équilibre d’équilibres sur des axes multiples. Pour ce faire, les aiguillons tatillons sont les bienvenu-e-s, et même les théoricien-ne-s enjoué-e-s, pourvu qu’ils-elles ne prennent pas trop de place. Il s’agit peut-être d’un projet d’orchestration de phénomènes plutôt que d’un projet pensé. L’autre jouait à Napoléon la main dans le veston debout sur sa poubelle, et avait de vrai talent d’acteur. C’est vrai qu’il ne sera pas très difficile de faire mieux en méthode de gouvernement. Avec l’autre, cela donnait envie de fuir la réalité, de patienter en s’amusant, d’attendre des temps meilleurs. En ce moment, il y a des choses qui avancent doucement, de la sueur sur les fronts de quelques impatient-e-s. Cependant, juste là, rien n’est clair. Pour certain-e-s, l’autre emportera avec lui tous les maux dont il aura été l’emblème. D’autres font la chassent aux naïf-ve-s qui seraient victimes d’illusions. Où iront les lignes de front ? La méfiance augmente même faute de vision consensuelle, nourrie par les déceptions et l’ignorance en savoir-faire. Les espoirs exaspèrent les frustrations. La mode printemps-été 2011 de la participation maximale, n’a pas fait illusion longtemps. Le futur chef sur la poubelle où finira l’autre sera celui du paradoxe entre gentils espoirs sans fantasmes et contraintes forcées soulignées, avec sa baguette de chef d’orchestre et son sifflet d’arbitre. D’autres réels continueront de faire irruption et de créer des vagues, qui useront les galets et feront reculer la dune. Les contradictions de notre vécu dans un système mutant plus vite créent le mystère qui nous intéresse. On s’habitue à lui comme à l’autre, il s’est entrainé à s’habituer à nous, chaque jour devant sa glace. Entouré de ses conseillé-e-s emplumé-e-s, il nous regarde hésiter, embourbé-e-s et fatigué-e-s.

TOhu BOhu, Paris, mars 2012

Edito d’Edith publié par le journal Tribune d’Afrique (Togo, Bénin, …) 22 mars 2012

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